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Contenu rédigé par Bruce Tringale
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Commentaires écrits par
Bruce Tringale (France)
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The Walking Dead Volume 21: All Out War Part 2
The Walking Dead Volume 21: All Out War Part 2
par Robert Kirkman
Edition : Broché
Prix : EUR 11,80

3.0 étoiles sur 5 The sleeping read..., 21 août 2014
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Ce commentaire dévoilera des moments clés de l’intrigue.

Ça commence à sentir le pourri chez les zombies.Que ce soit pour la série TV qui nous a gratifié de la saison la plus médiocre depuis lancement du show avec des monuments d’incohérence et d’idiotie.

Ou, et c’est le plus grave, côté Comics, le matériel de base qui nous a fait rêver depuis tant d’années. Car cette marche vers la guerre, finalement aura pris 10 épisodes, l’équivalent de presque un an aux Etats-Unis pour ne pas raconter grand chose.

Les intentions de Kirkman sont les bonnes pourtant. Depuis le début, il refuse la répétition de l’affrontement avec le Gouverneur.
Son psychopathe Negan est une vraie réussite : vicieux, brutal, sadique mais aussi intelligent, drôle et non dénué de bon sens.

Il transfigure chacune des scènes où il apparaît et chacune de ses scènes, notamment le duel final l’opposant à Rick Grimes tire le lecteur de sa somnolence. Les personnages secondaires sont toujours insignifiants et il y a bien longtemps que le lecteur s’est désintéressé de ce qui pouvait leur arriver.

Cette tension permanente qui animait le lecteur dans les plus grands moments de la série a disparue et les personnages ne sont plus à égalité. On suit avec toujours d’interêt le noyau historique : Andréa, Rick, Carl, Michonne et Maggie. Eugène se taille ici la part du lion avec des moments d’héroïsme crédibles et forts.

Mais à côté Kirkman échoue à nous rendre attachants Heath, Denise, Jesus, Nicholas et Ezechiel véritable boulet dont Kirkman peine à définir l’évolution. La résolution du conflit avec Negan est plutôt satisfaisante. Kirkman prend le contre-pied de ce que son lecteur attendait. Il y a certes un assaut sanglant mais pas aussi traumatisant que celui du gouverneur.

Le choix final de Rick de stopper la loi du talion est pleine de bon sens, et surprenante de celui qui proclamait le fameux : You kill, you die !

On perçoit ce que Kirkman a en tête. Voilà bien longtemps que la lutte contre les zombies est devenue secondaire. Kirkman souhaite décrire maintenant la longue marche vers la reconstruction de la civilisation. Il attribue cette vision à Rick Grimes qui a donc désormais un poids énorme sur les épaules.

On peut d’ailleurs sourire au fait que notre charismatique leader semble toujours réussir là où tout le monde a échoué. Kirkman brode une fable sur la confiance et la fidélité que l’intelligence et le courage de notre héros inspire à ses compagnons voire à son ennemi.

Le prochain coup de génie de Kirkman, ne serait ce pas de se débarrasser de ce Rick devenu trop encombrant, trop increvable qui, à l’instar d’un Jack Bauer de la série 24 a toujours tout bon avant les autres, mieux que les autres et reste increvable en dépit des nombreuses blessures physiques et psychologiques.

C’est là la déception. Kirkman avait prévenu qu’après cet arc, nos amis connaîtraient un point de non retour. C’est en partie vrai, puisque la clémence relative à l’égard de Negan tranche avec la violence des décisions antérieures. C’est malheureusement faux, puisque une fois de plus Rick s’en sort à bon compte malgré le nombre de morts environnants.

Kirkman n’ a pas la culture d’un Ennis, Moore ou Morrison. Alors qu’il pourrait enrichir le concept de reconstruction d’une société autour de principe philosophiques ( Rousseau, Hobbes, Kant ) , littéraires ( Golding, B.E.Ellis, Machiavel) ou religieux ( John Milton ), il se contente d’affrontements de plus en plus sporadiques, vides de toute intensité dramatiques et finalement prévisibles.

Un comble pour cette série qui s’est toujours targué du contraire. Cette guerre terminée, on laisse encore à Kirkman le bénéfice du doute eu égard au plaisir qu’il nous a donné depuis des années.

Cette histoire décompressée de 5 épisodes aurait été excellente. Mais toutes ces parenthèses ouvertes autour des stratégies des deux camps paraissent aujourd’hui bien vaines au regard de ce qui était promis et du résultat.

A noter que pour la première fois depuis le début de la série, Charlie Adlard bénéficie d’une encreur. Le résultat donne un trait plus fin que d’habitude et une attention plus travaillée sur certains décors.

Le prochain tome sera donc déterminant pour savoir si cette transition était maîtrisée par son auteur ou signe de la fin des haricots !

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Vertigo, N° : Vertigo essentiels Sandmann
Vertigo, N° : Vertigo essentiels Sandmann
par Neil Gaiman
Edition : Relié
Prix : EUR 35,00

5.0 étoiles sur 5 Comme des marionnettes, les hommes dansent sur la symphonie de la destruction !, 20 août 2014
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Attention, ce commentaire révèle des passages clés de l'intrigue.

Il est indispensable de lire cette histoire pour apprécier la conclusion de la saga puisque Gaiman y insère une vignette du destin de Dream qui se produire quelques trente numéros plus tard.

Le gros de ce volume revient sur le destin de Orpheus qui, dépité par la mort d'Eurydice, retourne la chercher bredouille jusqu'aux enfers. Révolté par l'attitude passéiste et froidement résolue de son père Morpheus, Orphéus le renie avant d'être sauvagement décapité par les Bacchantes.

Etant immortel, notre tête coupée est alors confiée aux soins d'une famille sur une île Grecque. Il a l’éternité devant lui pour réfléchir au courroux de son père. Entre temps commence un étrange périple. Delirium, la plus jeune des éternels emmène Dream avec elle à la recherche de leur frère disparu : Destruction. Celui-ci a déserté son poste et fait désormais de la peinture caché sur ... une île grecque.

Dream, comme Preacher, veut le retrouver pour le mettre face à ses responsabilités. Un Dieu, ça quitte pas son boulot ! Delirium, elle veut juste retrouver son frère. Commence alors un étrange Road Trip où Dream apprendra à ses dépends qu'on ne ressort pas indemne du chemin croisé du délire et de la destruction ! Et bien entendu, sa route va croiser celle de son fils qu'il avait abandonné à son sort cruel.

Alors que Gaiman nous avait bailler pendant l'arc précédent, le voila revenu au mieux de sa forme dans une histoire où Dream reprend le devant de la scène. Le lecteur se régale ! Le scénariste a d'abord l'idée géniale de faire d'Orpheus, figure mythologique connue, le fils de Morpheus.

L'anecdote veut que l'idée lui soit venue en une de convention de comics. Il annonce à ses fans qu'il prépare une histoire sur Orpheus ! Et nos geeks d'entendre Morpheus ! Il réalise alors qu'une seule lettre sépare le mythe du personnage de papier et décide de rattacher leurs destins.
Quelle habileté ! Tout en ravissant le lecteur de la tragédie d' Eurydice et d'Orphée, Gaiman fait de la mythologie dans la mythologie.

C'est ainsi qu'Orphée est présenté comme un idéaliste romantique. Sa chaleur humaine vient s'opposer à la froideur de son père. Et pourtant leur destin est similaire. Orphée, privé de son corps est prisonnier de ce qu'il lui en reste. Dream est resté 70 ans dans une cage de verre !

Orphée va chercher Eurydice en enfer ! Dream y a envoyé Nada, une mortelle qui avait osé le repoussé. Orpheus est mutilé par les bacchantes ? Il est dit dès le début de la saga que Dream finira par avoir les Furies sur le dos !

La première partie de cette saga est brillamment dessinée par Bryan Talbot. En quelques pages, le britannique parvient à emmener son lecteur dans la Grèce antique peuplée de Satyres, de Bachantes, d'Hadès et Perséphone.
Orphée traverse le Styx, fait pleurer les damnés et perd définitivement Eurydice en violant la règle que Hadès avait fixé : ne jamais regarder en arrière. Lorsque Orphée chante devant l'assemblée, son public de damnés a de vraies expressions de souffrances sur le visage.

Et lorsque Orphée est mutilé, sa mise à mort sous forme d'orgie dionysiaque est réellement terrifiante ! Son idéalisme romantique est littéralement déchiquetée par la violente irruption de la réalité qui le met à mort.

La dessinatrice Jill Thompson rentre alors en scène pour la suite de l'histoire des milliers d'années plus tard. Neil Gaiman lui a offert précédemment un galop d'essai dans une histoire où un petit garçon Daniel, visite dans son sommeil le royaume de Dream.

Il y rencontre Cain, Abel et Eve la première femme qui lui racontent leur histoire. Encore une fois, il est essentiel de ne pas perdre de vue ce petit Daniel qui jouera un rôle crucial dans la conclusion de la série.
A l’occasion d'une séquence où Thompson dessine les Infinis version Hello Kitty, elle devient une des artistes les plus populaires de la saga .Et offre inconsciemment un superbe prologue à l'arc Vie Brèves : Dream, tout immortel soit il, est un enfant qui refuse le changement !

Car cet arc est celui de la renonciation à la toute puissance infantile et divine ! Dream accomplit ce voyage guidé par Delirium, la plus jeune des Infinis. Représentée comme une adolescente, elle s’exprime comme une enfant dans des propos décousus mais non dénués de sagesse.

Son apparence, inspirée directement par une amie intime de Gaiman, la chanteuse Tori Amos fera des milliers d'émules à travers le monde. Comme un enfant, elle est polymorphe et change d'apparence entre chaque épisode. Lorsque l'histoire commence, elle ressemble à une Punk issue de la scène Londonienne. Cheveux hirsute, collant déchiré, sale.

On se rappelle que dans Season of Mist, Gaiman représentait déjà l'incarnation du Chaos par une enfant avec un ballon inspiré de sa..fille ! Au fur et à mesure que sa quête de Destruction avance, Delirium s'embellit jusqu'à obtenir une apparence harmonieuse, rousse, lunaire et poétique. Comme si cette quête avait rassemblé cette déesse schizophrène.

Delirium, on sent que Gaiman l'adore. Il lui file les meilleures répliques et lui fait l'honneur d’apparaître dans un arc entier tandis que les autres Infinis n'apparaissent qu'en filigrane tout au long de la série. Il faut saluer au passage le travail remarquable de Todd Klein, le lettreur de la série qui personnalise les phylactères de chaque personnages.

Pour Delirium, ce sont des phylactères de couleurs dont les lettres change de taille et de couleurs pour en souligner l’instabilité mentale. Delirium est le vilain petit canard des Infinis : Dream, Despair, Desire, Destiny la rejettent totalement, lassés par ses propos incohérents. Delirium, part à la recherche de Destruction, le seul de la famille à lui témoigner de l'amour.

A son contact, Dream va s'humaniser. D'abord parce que Gaiman applique la formule du Road Movie : deux personnages dysfonctionnels se rapprochent au cours d'un voyage dans un espace clos. Mais aussi, parce que surnaturel oblige, Dream comme Martin Sheen à la recherche de Marlon Brando dans Apocalypse Now, médite sur la défection de Destruction et aux conséquences de ces actes sur la vie des mortels.

Cette recherche de Destruction n'est pas sans effets sur les mortels. Lors de cette quête, tous ceux qui croise la route des Infinis décèdent ou deviennent fous. Dream, auparavant insensible, apprend que ces créatures ne sont pas qu'un public pour les audiences nocturne qu'il leur offre. Ce sont des êtres de chair et de sang, dont la vie brève est interrompue simplement parce qu'ils ont croisé sa route. Pour la première fois Dream doute !

D'autant plus que sur la route il croise de nombreuses divinités déchues ! De Babylone à l'ancienne Egypte, de la Déesse des Chats à celle de l'Amour, ces divinités en qui plus personne ne croit ont été démis de leurs fonctions et vivent désormais infiltrées parmi les humains!

Les voici tentant de grappiller quelques miettes de l'adoration qui leur était vouée autrefois. Ainsi, Ishtar, la Déesse de l'amour cherche l'adoration masculins en finissant strip-teseause dont le final est...explosif! La déesse des Chats quant à elle, en réduite à manger des rats sans saveurs dans des égouts puisque plus personne ne croit en elle !

Gaiman illustre à merveille l'interdépendance entre un Dieu et ses créatures. Sandman raconte le destin d'immortels qui ont fini par se rapatrier sur notre existence et victimes comme les mortels de coups du sort ! Ce qui nous amène à cet aphorisme de Gainsbourg : Les hommes ont crée les Dieux, l'inverse reste à prouver.

Depuis le début, Gaiman prend le lecteur à rebrousse poil : l'incarnation de la Mort est une jeune femme avenante pleine de compassion, le Rêve un individu pompeux et sinistre, Le Délire une enfant psychotique et Destruction un artiste chaleureux !

Destruction dessiné dans sa version antique évoque Henri V et laisse transparaître derrière sa bonhomie, une puissance inquiétante. Son exil terrien l'adoucit et le voici très proche de Piotr Raspoutine des Xmen : un grand balèze qui aime la cuisine, la poésie et la peinture.

Destruction a accepté l'idée de l'inexorabilité du changement. Au contraire de Dream, arc bouté sur des règles, des responsabilités et des principes cachant son immaturité plus subtile que celle de Delirium.
Celui-ci est d'ailleurs tourné en dérision par son serviteur, l'hilarant Melvin Potiron qui ne loupe pas une occasion de dégommer les attitudes adolescentes et poseuses de son patron.

Au fur et à mesure, de son aventure intérieure Dream s'humanise : il remercie son personnel, fait preuve d'indulgence envers Melvin qui se fout de lui, pardonne à Nuala d'avoir désobéi à ses ordres. Le Griffon qui garde sa porte ne le reconnait pas l'espace d'un instant.

Et surtout, lorsque il est amené à prendre la vie de son fils, loin de poser sous la pluie à la vue de tous comme à son habitude, il se retire seul dans ses appartements en proie à un remord poignant superbement rendu par Jill Thompson. Son désarroi n'est pas sans rappeler.... Michael Corleonne à la toute fin du Parrain 2 et 3 !

C'est personnellement la séquence que je préfère dans toute la saga du Sandman, l’enchaînement implacable qui amène Dream à tuer son fils unique. Dream est ici confronté pour la deuxième fois à la cruauté de ses actes. Si avec Nada, la femme qu'il avait condamné à la souffrance éternelle, il avait pu trouver une forme de rédemption, Dream n' a pas ici d'autres choix que de verser le sang de son enfant.

Gaiman et Thompson mettent ici en scène une véritable tragédie où l'on arrive à plaindre Dream pour le mal qu'il essaie de réparer. Lui, qui comme Pilate, s'est souvent lavé les mains des souffrances qu'il infligeait, voit les siennes couvertes du sang d'Orpheus. Ce sang qui donne la vie à ses pieds à des fleurs ; ce sang guérisseur serait t'il aussi à l'origine des émotions humaines de Dream ?

Le fils aurait il fait renaître le père ou l'a t'il condamné à mort ? en sachant que depuis le début de la saga, il est dit que verser le sang de la famille est puni de mort, même chez les Infinis. Il est clair que Dream connaît ces règles et que cet acte est un acte d'amour.

Avec ce volume 4, le lecteur de Sandman est aux anges et retrouve une fresque certes parfois verbeuse mais à la puissance incomparable. Aidé par Jill Thompson, Gaiman parvient à mélanger tragédie, ruminations mystiques et soap opéra avec des conflits de famille ....infinis.

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Uncanny X-Men Volume 3: The Good, The Bad, the Inhuman (Marvel Now)
Uncanny X-Men Volume 3: The Good, The Bad, the Inhuman (Marvel Now)
par Brian Michael Bendis
Edition : Relié
Prix : EUR 19,49

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Coup de grâce !, 17 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Uncanny X-Men Volume 3: The Good, The Bad, the Inhuman (Marvel Now) (Relié)
Ce commentaire portera sur les trois premiers arcs de la série soit Révolution, Broken et The good, the bad and the inhumans.

Lorsque j’ai commencé l’année, jamais je n’aurai pensé devoir détruire Bendis pour chaque article le concernant.En ce qui me concerne l’homme est artistiquement perdu depuis sa fin du run de Daredevil où pointait déjà son goût pour les partouzes marveliennes.

Entendons par là détruire les familles des héros Marvel pour créer des équipes qui ne font rien, balancent des blagues et s’en vont.Jusque là rien de grave… Bendis n’est rien d’autre qu’un tâcheron spécialisé dans événementiel comme l’histoire des Comics en est parsemé.

Tout ceci serait bien anodin, si ce type ne détruisait pas égoïstement le travail des autres plus talentueux que lui pour livrer des histoires insipides.Les habitués de la maison se rappelleront tout le mal que l’on pense de ses nouveaux Xmen. On ne rentrera pas dans les détails d’arguments développés ici et là.

Comme Chris Claremont et Scott Lobdell avant lui, Brian Bendis a donc l’honneur de superviser les deux séries principales des mutants.All New Xmen est censé suivre le destin des anciens Xmen tandis qu’ Uncanny Xmen porterait sur la fuite et les projets révolutionnaire de Scott Summers et ses potes Magnéto, Emma Frost et Illyana Raspoutine.

Sauf que comme d’habitude Bendis est incapable de respecter son cahier des charges et recommence son échangisme éreintant. Lorsque la série commence, le jeune Angel rejoint l’équipe, tout le monde est ravi de le voir et il prononce à peine 10 mots en 10 épisodes. Puis plus aucun pour les épisodes restants.

Après le crossover Battle of Atom Bendis rapatrie ses nouveaux Xmen pique l’adorable Kitty Pryde à Jason Aaron et brise par là même l’adorable idylle avec Bobby Drake, sûrement la plus joliment écrite depuis les amours contrariées de Rogue et Gambit. Pour quoi ? Encore une fois pour rien…

On apprend que pour échapper au SHIELD et et à Wolverine, Cyclops se planque dans le laboratoire de Weapon X.
Encore un tour de passe-passe dont Bendis a le secret. Se cacher dans un lieu classé Top Secret et au passé si chargé c’est un peu comme si après la guerre des nazis s’étaient planqués à Auschwitz…

Bendis multiplie les pistes qu’il n’arrive pas à exploiter : Magnéto, agent double avec le Shield, vraiment ? Maria Hill est elle si stupide qu’elle oublie que Magnus déteste les humains ? Et de croire qu’il serait prêt à trahir Scott Summers qui a accompli ce qu’il a toujours rêvé sous prétexte qu’il a tué Charles Xavier son vieil ami qu’il a souvent essayé de trucider ?

Bendis écrit plutôt bien Cyclope : malin, charismatique, capable de soulever les foules lors de manifestation politique. Encore faudrait il qu’il rouvre son dictionnaire à la page Révolution et applique à son leader un projet politique défini. Cette révolution Cyclope la prône à longueur d’épisodes, les gens le suivent ou le détestent sans qu’il explique une seconde en quoi consiste sa vision politique.

Illyana Raspoutine est peut être la plus gâtée dans tout ce foutoir. Deux épisodes lui sont consacrés au début du run.

Emma Frost sert définitivement de potiche, son rôle consistant à rappeler à Scott Summers qu’elle reste son ex dévouée, à des années lumières de la femme excentrique que sa personnalité suppose. Tout comme les Cuckoos Sisters dont la grande évolution est qu’une des trois choque ses frangines en se teignant en brune…

Bendis, avec l’aide de Bachalo ne se contente pas de massacrer ses personnages sur le papier. Son dessinateur se fait une joie de les affubler de look improbable. Magneto se rase la tête façon Charles Xavier tout ça pour maintenir le suspense durant le premier épisode : qui est ce chauve vu de dos qui veut trahir les Xmen ?

Son costume blanc (qu’il a déjà porté chez Claremont il y a 30 ans ) va totalement à l’encontre de la mouvance révolutionnaire de Scott Summers. Le rouge du costume de Magnus a toujours symbolisé le sang des victimes de la guerre raciale et la colère de l’ancien Sonderkommando. Que fait il fringué en blanc à l’aube d’une nouvelle guerre idéologique. Peut-être a t’il perdu un pari avec la reine blanche habillée en…noir…

Et Cyclope ? Le malheureux est affublé d’un costume grotesque où ses yeux ne sont pas alignés sur son costume et sans visière de quartz rubis apparente…Ses rafales semblent être situées…près de son nez…

Enfin carton rouge pour le créateur de Generation X. Sans la frange sur les yeux, il n’y a aucun moyen de différencier l’Emma Frost de Bachalo d’Illyana Raspoutine. Les deux semblent avoir une vingtaine d’année et être des sœurs jumelles.

En guise d’armée révolutionnaire Bendis nous offre des mutants aux pouvoirs les plus absurdes les uns que les autres, le pompon revenant bien évidement à celui qui balance des boulets en or dont Bendis ne nous fait même l’honneur de nous expliquer la provenance.

Alors que Scott Summers a vécu, combattu et couché avec des mutants alpha, il doit vraiment ne pas y voir clair pour penser accomplir une révolution avec des tocards pareils…Et les vilains ? Ils ne servent à rien !

Bendis ne prend même pas la peine de se centrer sur un vilain qui viendrait contrer les projets de Scott. Il essaie sporadiquement avec Mystique et des machinations gouvernementales qui doivent être aussi opaques pour son créateur que son lecteur.
Lorsque Mystique et Sabretooth serrent la paluche de Magneto en tentant de le recruter dans la confrérie, on croit rêver…

Comment Erik Leinsherr, un vilain aux principes moraux si forts pourrait il se compromettre avec une barbouze comme Raven qui représente tout ce qu’il déteste ?

Comment lui qui condamna Gambit pour son implication dans le mutant massacre pourrait il pactiser avec Sabretooth ? Bendis s’en fout et écrit cette scène comme si le trio se connaissait de longue date.

Uncanny Xmen paradoxalement se lit agréablement et s’oublie tout aussi vite. Alors que je pourrai vous réciter par coeur des histoires lues il y a 30 ans, je serai bien incapable de vous résumer les Xmen de Bendis lus il y a 40 minutes. Un run qui se veut politique sans jamais insinuation à la dimension raciale de la série,sans aucune métaphore ou double lecture.

Une série appelé Xmen alors qu’il s’agit d’avantage d’un quatuor. En héritant de la série historique des mutants sans en maîtriser la mythologie, Bendis confirme une fois de plus qu’il est le Mc Donald de Marvel, expert en fast writing, fast reading et dieu merci en fast forgetting…

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Uncanny X-Men Volume 2: Broken (Marvel Now)
Uncanny X-Men Volume 2: Broken (Marvel Now)
par Brian Michael Bendis
Edition : Broché
Prix : EUR 15,78

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Coup de grâce !, 17 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Uncanny X-Men Volume 2: Broken (Marvel Now) (Broché)
Ce commentaire portera sur les trois premiers arcs de la série soit Révolution, Broken et The good, the bad and the inhumans.

Lorsque j’ai commencé l’année, jamais je n’aurai pensé devoir détruire Bendis pour chaque article le concernant.En ce qui me concerne l’homme est artistiquement perdu depuis sa fin du run de Daredevil où pointait déjà son goût pour les partouzes marveliennes.

Entendons par là détruire les familles des héros Marvel pour créer des équipes qui ne font rien, balancent des blagues et s’en vont.Jusque là rien de grave… Bendis n’est rien d’autre qu’un tâcheron spécialisé dans événementiel comme l’histoire des Comics en est parsemé.

Tout ceci serait bien anodin, si ce type ne détruisait pas égoïstement le travail des autres plus talentueux que lui pour livrer des histoires insipides.Les habitués de la maison se rappelleront tout le mal que l’on pense de ses nouveaux Xmen. On ne rentrera pas dans les détails d’arguments développés ici et là.

Comme Chris Claremont et Scott Lobdell avant lui, Brian Bendis a donc l’honneur de superviser les deux séries principales des mutants.All New Xmen est censé suivre le destin des anciens Xmen tandis qu’ Uncanny Xmen porterait sur la fuite et les projets révolutionnaire de Scott Summers et ses potes Magnéto, Emma Frost et Illyana Raspoutine.

Sauf que comme d’habitude Bendis est incapable de respecter son cahier des charges et recommence son échangisme éreintant. Lorsque la série commence, le jeune Angel rejoint l’équipe, tout le monde est ravi de le voir et il prononce à peine 10 mots en 10 épisodes. Puis plus aucun pour les épisodes restants.

Après le crossover Battle of Atom Bendis rapatrie ses nouveaux Xmen pique l’adorable Kitty Pryde à Jason Aaron et brise par là même l’adorable idylle avec Bobby Drake, sûrement la plus joliment écrite depuis les amours contrariées de Rogue et Gambit. Pour quoi ? Encore une fois pour rien…

On apprend que pour échapper au SHIELD et et à Wolverine, Cyclops se planque dans le laboratoire de Weapon X.
Encore un tour de passe-passe dont Bendis a le secret. Se cacher dans un lieu classé Top Secret et au passé si chargé c’est un peu comme si après la guerre des nazis s’étaient planqués à Auschwitz…

Bendis multiplie les pistes qu’il n’arrive pas à exploiter : Magnéto, agent double avec le Shield, vraiment ? Maria Hill est elle si stupide qu’elle oublie que Magnus déteste les humains ? Et de croire qu’il serait prêt à trahir Scott Summers qui a accompli ce qu’il a toujours rêvé sous prétexte qu’il a tué Charles Xavier son vieil ami qu’il a souvent essayé de trucider ?

Bendis écrit plutôt bien Cyclope : malin, charismatique, capable de soulever les foules lors de manifestation politique. Encore faudrait il qu’il rouvre son dictionnaire à la page Révolution et applique à son leader un projet politique défini. Cette révolution Cyclope la prône à longueur d’épisodes, les gens le suivent ou le détestent sans qu’il explique une seconde en quoi consiste sa vision politique.

Illyana Raspoutine est peut être la plus gâtée dans tout ce foutoir. Deux épisodes lui sont consacrés au début du run.

Emma Frost sert définitivement de potiche, son rôle consistant à rappeler à Scott Summers qu’elle reste son ex dévouée, à des années lumières de la femme excentrique que sa personnalité suppose. Tout comme les Cuckoos Sisters dont la grande évolution est qu’une des trois choque ses frangines en se teignant en brune…

Bendis, avec l’aide de Bachalo ne se contente pas de massacrer ses personnages sur le papier. Son dessinateur se fait une joie de les affubler de look improbable. Magneto se rase la tête façon Charles Xavier tout ça pour maintenir le suspense durant le premier épisode : qui est ce chauve vu de dos qui veut trahir les Xmen ?

Son costume blanc (qu’il a déjà porté chez Claremont il y a 30 ans ) va totalement à l’encontre de la mouvance révolutionnaire de Scott Summers. Le rouge du costume de Magnus a toujours symbolisé le sang des victimes de la guerre raciale et la colère de l’ancien Sonderkommando. Que fait il fringué en blanc à l’aube d’une nouvelle guerre idéologique. Peut-être a t’il perdu un pari avec la reine blanche habillée en…noir…

Et Cyclope ? Le malheureux est affublé d’un costume grotesque où ses yeux ne sont pas alignés sur son costume et sans visière de quartz rubis apparente…Ses rafales semblent être situées…près de son nez…

Enfin carton rouge pour le créateur de Generation X. Sans la frange sur les yeux, il n’y a aucun moyen de différencier l’Emma Frost de Bachalo d’Illyana Raspoutine. Les deux semblent avoir une vingtaine d’année et être des sœurs jumelles.

En guise d’armée révolutionnaire Bendis nous offre des mutants aux pouvoirs les plus absurdes les uns que les autres, le pompon revenant bien évidement à celui qui balance des boulets en or dont Bendis ne nous fait même l’honneur de nous expliquer la provenance.

Alors que Scott Summers a vécu, combattu et couché avec des mutants alpha, il doit vraiment ne pas y voir clair pour penser accomplir une révolution avec des tocards pareils…Et les vilains ? Ils ne servent à rien !

Bendis ne prend même pas la peine de se centrer sur un vilain qui viendrait contrer les projets de Scott. Il essaie sporadiquement avec Mystique et des machinations gouvernementales qui doivent être aussi opaques pour son créateur que son lecteur.
Lorsque Mystique et Sabretooth serrent la paluche de Magneto en tentant de le recruter dans la confrérie, on croit rêver…

Comment Erik Leinsherr, un vilain aux principes moraux si forts pourrait il se compromettre avec une barbouze comme Raven qui représente tout ce qu’il déteste ?

Comment lui qui condamna Gambit pour son implication dans le mutant massacre pourrait il pactiser avec Sabretooth ? Bendis s’en fout et écrit cette scène comme si le trio se connaissait de longue date.

Uncanny Xmen paradoxalement se lit agréablement et s’oublie tout aussi vite. Alors que je pourrai vous réciter par coeur des histoires lues il y a 30 ans, je serai bien incapable de vous résumer les Xmen de Bendis lus il y a 40 minutes. Un run qui se veut politique sans jamais insinuation à la dimension raciale de la série,sans aucune métaphore ou double lecture.

Une série appelé Xmen alors qu’il s’agit d’avantage d’un quatuor. En héritant de la série historique des mutants sans en maîtriser la mythologie, Bendis confirme une fois de plus qu’il est le Mc Donald de Marvel, expert en fast writing, fast reading et dieu merci en fast forgetting…

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Uncanny X-Men Volume 1: Revolution (Marvel Now)
Uncanny X-Men Volume 1: Revolution (Marvel Now)
par Brian Michael Bendis
Edition : Broché
Prix : EUR 15,59

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Coup de grâce !, 17 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Uncanny X-Men Volume 1: Revolution (Marvel Now) (Broché)
Ce commentaire portera sur les trois premiers arcs de la série soit Révolution, Broken et The good, the bad and the inhumans.

Lorsque j’ai commencé l’année, jamais je n’aurai pensé devoir détruire Bendis pour chaque article le concernant.En ce qui me concerne l’homme est artistiquement perdu depuis sa fin du run de Daredevil où pointait déjà son goût pour les partouzes marveliennes.

Entendons par là détruire les familles des héros Marvel pour créer des équipes qui ne font rien, balancent des blagues et s’en vont.Jusque là rien de grave… Bendis n’est rien d’autre qu’un tâcheron spécialisé dans événementiel comme l’histoire des Comics en est parsemé.

Tout ceci serait bien anodin, si ce type ne détruisait pas égoïstement le travail des autres plus talentueux que lui pour livrer des histoires insipides.Les habitués de la maison se rappelleront tout le mal que l’on pense de ses nouveaux Xmen. On ne rentrera pas dans les détails d’arguments développés ici et là.

Comme Chris Claremont et Scott Lobdell avant lui, Brian Bendis a donc l’honneur de superviser les deux séries principales des mutants.All New Xmen est censé suivre le destin des anciens Xmen tandis qu’ Uncanny Xmen porterait sur la fuite et les projets révolutionnaire de Scott Summers et ses potes Magnéto, Emma Frost et Illyana Raspoutine.

Sauf que comme d’habitude Bendis est incapable de respecter son cahier des charges et recommence son échangisme éreintant. Lorsque la série commence, le jeune Angel rejoint l’équipe, tout le monde est ravi de le voir et il prononce à peine 10 mots en 10 épisodes. Puis plus aucun pour les épisodes restants.

Après le crossover Battle of Atom Bendis rapatrie ses nouveaux Xmen pique l’adorable Kitty Pryde à Jason Aaron et brise par là même l’adorable idylle avec Bobby Drake, sûrement la plus joliment écrite depuis les amours contrariées de Rogue et Gambit. Pour quoi ? Encore une fois pour rien…

On apprend que pour échapper au SHIELD et et à Wolverine, Cyclops se planque dans le laboratoire de Weapon X.
Encore un tour de passe-passe dont Bendis a le secret. Se cacher dans un lieu classé Top Secret et au passé si chargé c’est un peu comme si après la guerre des nazis s’étaient planqués à Auschwitz…

Bendis multiplie les pistes qu’il n’arrive pas à exploiter : Magnéto, agent double avec le Shield, vraiment ? Maria Hill est elle si stupide qu’elle oublie que Magnus déteste les humains ? Et de croire qu’il serait prêt à trahir Scott Summers qui a accompli ce qu’il a toujours rêvé sous prétexte qu’il a tué Charles Xavier son vieil ami qu’il a souvent essayé de trucider ?

Bendis écrit plutôt bien Cyclope : malin, charismatique, capable de soulever les foules lors de manifestation politique. Encore faudrait il qu’il rouvre son dictionnaire à la page Révolution et applique à son leader un projet politique défini. Cette révolution Cyclope la prône à longueur d’épisodes, les gens le suivent ou le détestent sans qu’il explique une seconde en quoi consiste sa vision politique.

Illyana Raspoutine est peut être la plus gâtée dans tout ce foutoir. Deux épisodes lui sont consacrés au début du run.

Emma Frost sert définitivement de potiche, son rôle consistant à rappeler à Scott Summers qu’elle reste son ex dévouée, à des années lumières de la femme excentrique que sa personnalité suppose. Tout comme les Cuckoos Sisters dont la grande évolution est qu’une des trois choque ses frangines en se teignant en brune…

Bendis, avec l’aide de Bachalo ne se contente pas de massacrer ses personnages sur le papier. Son dessinateur se fait une joie de les affubler de look improbable. Magneto se rase la tête façon Charles Xavier tout ça pour maintenir le suspense durant le premier épisode : qui est ce chauve vu de dos qui veut trahir les Xmen ?

Son costume blanc (qu’il a déjà porté chez Claremont il y a 30 ans ) va totalement à l’encontre de la mouvance révolutionnaire de Scott Summers. Le rouge du costume de Magnus a toujours symbolisé le sang des victimes de la guerre raciale et la colère de l’ancien Sonderkommando. Que fait il fringué en blanc à l’aube d’une nouvelle guerre idéologique. Peut-être a t’il perdu un pari avec la reine blanche habillée en…noir…

Et Cyclope ? Le malheureux est affublé d’un costume grotesque où ses yeux ne sont pas alignés sur son costume et sans visière de quartz rubis apparente…Ses rafales semblent être situées…près de son nez…

Enfin carton rouge pour le créateur de Generation X. Sans la frange sur les yeux, il n’y a aucun moyen de différencier l’Emma Frost de Bachalo d’Illyana Raspoutine. Les deux semblent avoir une vingtaine d’année et être des sœurs jumelles.

En guise d’armée révolutionnaire Bendis nous offre des mutants aux pouvoirs les plus absurdes les uns que les autres, le pompon revenant bien évidement à celui qui balance des boulets en or dont Bendis ne nous fait même l’honneur de nous expliquer la provenance.

Alors que Scott Summers a vécu, combattu et couché avec des mutants alpha, il doit vraiment ne pas y voir clair pour penser accomplir une révolution avec des tocards pareils…Et les vilains ? Ils ne servent à rien !

Bendis ne prend même pas la peine de se centrer sur un vilain qui viendrait contrer les projets de Scott. Il essaie sporadiquement avec Mystique et des machinations gouvernementales qui doivent être aussi opaques pour son créateur que son lecteur.
Lorsque Mystique et Sabretooth serrent la paluche de Magneto en tentant de le recruter dans la confrérie, on croit rêver…

Comment Erik Leinsherr, un vilain aux principes moraux si forts pourrait il se compromettre avec une barbouze comme Raven qui représente tout ce qu’il déteste ?

Comment lui qui condamna Gambit pour son implication dans le mutant massacre pourrait il pactiser avec Sabretooth ? Bendis s’en fout et écrit cette scène comme si le trio se connaissait de longue date.

Uncanny Xmen paradoxalement se lit agréablement et s’oublie tout aussi vite. Alors que je pourrai vous réciter par coeur des histoires lues il y a 30 ans, je serai bien incapable de vous résumer les Xmen de Bendis lus il y a 40 minutes. Un run qui se veut politique sans jamais insinuation à la dimension raciale de la série,sans aucune métaphore ou double lecture.

Une série appelé Xmen alors qu’il s’agit d’avantage d’un quatuor. En héritant de la série historique des mutants sans en maîtriser la mythologie, Bendis confirme une fois de plus qu’il est le Mc Donald de Marvel, expert en fast writing, fast reading et dieu merci en fast forgetting…

Ce commentaire en images et bien d'autres sur Bruce Lit le blog comics-mangas-bd (brucetringale.com)


Pride of Baghdad
Pride of Baghdad
par Niko Henrichon
Edition : Relié

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Vivre libre ou mourir, 12 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pride of Baghdad (Relié)
Pride of Baghdad ( POB ) est une graphic novel sortie en 2006 chez Vertigo puis publiée en France d’abord par Panini puis Urban Comics sous le titre Les Seigneurs de Bagdad.

C’était une autre époque ! Ni meilleure, ni pire. Simplement celle de la deuxième guerre du golfe où la notion de camps était devenue impossible entre un tyran Irakien genocidaire et un abruti américain qui se lança dans une guerre illégitime en traînant dans le sang le concept de démocratie.

Que ce soit le monde de la musique, du cinéma, des séries Tv ou de la littérature, chacun y allait de son couplet anti Bush.
A tel point que ce qui était une expression d’indignation légitime se transforma bientôt en un empilement de lieux communs, le pompon étant décerné à Madonna, une artiste à l’authenticité avérée,qui encourageait toute milliardaire fut elle, à la résistance habillée en Che Guevara, un mec hyper cool aux positions pacifiques reconnues…

Brian K Vaughan auteur de comics à succès décide lui aussi de filer l’allégorie de l’absurdité, de la violence et de l’injustice de la guerre en Irak en brossant le portrait de 4 lions échappés du zoo de Bagdad. Il reconnaît en postface s’être inspiré d’un fait divers où des lions affamés dans les rues irakiennes avaient été abattus par des soldats américains.

A partir de là, il brosse le portrait de cette féline famille composée du lion Zill, sa compagne Noor, leur lionceau Ali et Safa vieille amante borgne et bourrue. Lorsqu’un missile tombe sur leur zoo, ces animaux qui n’ont plus que de vagues souvenirs de la liberté, de la chasse et des couchés de soleil dans la savane.

Vaughan est un scénariste doué et sympathique. On ne peut guère l’accuser d’opportunisme, à l’inverse de la Madonne si conne. Voilà un type qui a écrit Y The Last Man, une histoire où le seul homme vivant sur terre pensait à retrouver sa fiancée plutôt de forniquer la planète entière.

Voila un auteur qui,chaque fois qu’il le peut embauche des dessinatrices, population rarissime dans l’industrie alpha mâle des comics.Et voici un scénariste qui se donne souvent la peine de donner une épaisseur psychologique crédible à ses histoires et ses personnages.

Ici Vaughan file bon la métaphore de la liberté. Il donne à chacun de ses lions une voix intérieure, un point de vue respectable sur l’avantage et les dangers de cette liberté.

Alors que Noor ne pense qu’à s’enfuir du zoo quitte à fomenter des alliances contre nature avec des singes et des impalas, Safa, vieille lionne fatiguée préfère la sécurité du zoo plutôt que de risquer sa peau. Plus en retrait les personnages masculins Zill et Ali incarnent respectivement la force et la paresse masculine ainsi que l’innocence de l’enfance.

On retrouve dans POB certaines thématiques que Vaughan abordait dans Y The Last Man : un monde en ruine, une société désagrégée où une famille tente de retrouver une place.

Comme souvent chez cet auteur, on accroche immédiatement avec ses personnages, leurs personnalités et l’ambiance de l’histoire. Vaughan est un scénariste cultivé qui s’est souvent servi de son médium pour poser des questions philosophiques, notamment ici autour de la valeur d’une liberté acquise sans que l’on ait à se battre pour elle.

Malheureusement, Vaughan cède une fois de plus à son péché mignon : l’expédition de ses intrigues. Une fois libres, nos lions rencontrent d’autres habitants de la savane, dissertent sur la folie des hommes et se rendent compte qu’il est plus facile de dévorer une carcasse dans un zoo que de chasser et libérer un instinct animal entravé par des années de captivité.

Dans ces moments, Vaughan peint de charmantes vignettes remplies d’humour et d’affection pour ses personnages. Dans la dernière partie de son récit, il cède à l’action spectaculaire alors que la première partie plus contemplatives lui permettait de traiter son sujet. Quelques pages avant la fin, il met en scène un duel avec un Grizzly pervers aussi idiot qu’inutile.

Ceci serait pardonnable si Vaughan ne tombait pas dans tous les pièges du récit anthropomorphique. On sait depuis Esope et La Fontaine que cette forme de récit permet de disserter sur la nature humaine en prenant la place d’animaux.

Or très vite, il est flagrant que Vaughan ne maitrise pas cette forme de récit. Pour comprendre les raisons de la cécité de Safa, on apprend que celle-ci a été victime de viol de la part du mâle dominant de sa tribu. C’est un peu réducteur, facile et le viol féminin permet encore une fois à un scénariste paresseux de mettre en scène la souffrance d’une femelle.

Mais lorsque l’on voit dans la séquence suivante un troupeau de lions se préparant à un viol collectif, on se demande où Vaughan a la tête. Pourquoi ne pas mettre en scène de vraies humaines dans un récit de guerre plutôt que de nous raconter l’histoire d’une lionne traumatisée ?

Vaughan dit avoir passé beaucoup de temps à se documenter dans un zoo américain. Quelqu’un pourrait il lui dire qu’il n’existe pas de tortues marines dans Le Tigre ? Que des oiseaux ne peuvent pas s’envoler d’un zoo qui leur brise les ailes ? Qu’un Lion n’a pas de sens de l’honneur ? Qu’une Lionne avec deux yeux crevés ne se ballade pas tranquillement comme si de rien n’était ?

Et puis, c’est quoi ces dialogues ? Un Lion qui lorsqu’il s’énerve traite les autres "d’animaux" ? Un Ours qui menace de violer des lionnes ? Le même qui se moque de nos amis en leur reprochant de scier la branche sur laquelle elles sont assises?

Vaughan se plante sur toute la ligne. Il veut mettre en scène des animaux innocents victimes de la folie des hommes. Il décrit finalement des hommes qui agissent et s’expriment sous la forme de lions et autres bêtes sauvages !

Heureusement Pride of Bagdad est moins pénible à regarder qu’à lire. Les dessins de Niko Henrichon sont tout simplement magnifiques.
Le plaisir de lecture est immédiat et le dessinateur sait trouver l’équilibre entre les expressions humaines ( un lion qui se bouche les oreilles) et animales. Lorsque les avions US passe au dessus de Zill, il pense au vent sur crinière de l’animal et des fleurs à ses pattes.

Les couleurs choisies constituent à elle seule une indication de chapitres. L’orange pour la captivité, le vert pour la liberté, le rouge pour le destin final de nos félins.

Ambitieux et généreux sur la forme, maladroit et hésitant sur le fond, POB reste un album attachant aux dessins magnifiques. Brian Vaughan est bourré de bonnes intentions mais, comme pour son final de Y The Last Man, il ne va pas jusqu’au bout de son projet, et ce qui commençait magnifiquement tombe finalement à plat.

Çà me fait mal de l’écrire mais Grant Morrison dans WE3 s’en sort mieux…. Et puisqu’on est dans la contrition, oui, l’édition Panini avec son grand format et son papier glacé est plus agréable que celle d’Urban !


Les Seigneurs de Bagdad
Les Seigneurs de Bagdad
par Brian K. Vaughan
Edition : Relié
Prix : EUR 15,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Vivre libre ou mourir !, 12 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Seigneurs de Bagdad (Relié)
Pride of Baghdad ( POB ) est une graphic novel sortie en 2006 chez Vertigo puis publiée en France d’abord par Panini puis Urban Comics sous le titre Les Seigneurs de Bagdad.

C’était une autre époque ! Ni meilleure, ni pire. Simplement celle de la deuxième guerre du golfe où la notion de camps était devenue impossible entre un tyran Irakien génocidaire et un abruti américain qui se lança dans une guerre illégitime en traînant dans le sang le concept de démocratie.

Que ce soit le monde de la musique, du cinéma, des séries Tv ou de la littérature, chacun y allait de son couplet anti Bush.A tel point que ce qui était une expression d’indignation légitime se transforma bientôt en un empilement de lieux communs, le pompon étant décerné à Madonna, une artiste à l’authenticité avérée,qui encourageait toute milliardaire fut elle, à la résistance habillée en Che Guevara, un mec hyper cool aux positions pacifiques reconnues…

Brian K Vaughan auteur de comics à succès décide lui aussi de filer l’allégorie de l’absurdité, de la violence et de l’injustice de la guerre en Irak en brossant le portrait de 4 lions échappés du zoo de Bagdad. Il reconnaît en postface s’être inspiré d’un fait divers où des lions affamés dans les rues irakiennes avaient été abattus par des soldats américains.

A partir de là, il brosse le portrait de cette féline famille composée du lion Zill, sa compagne Noor, leur lionceau Ali et Safa vieille amante borgne et bourrue. Lorsqu’un missile tombe sur leur zoo, ces animaux qui n’ont plus que de vagues souvenirs de la liberté, de la chasse et des couchés de soleil dans la savane.

Vaughan est un scénariste doué et sympathique. On ne peut guère l’accuser d’opportunisme, à l’inverse de la Madonne si conne. Voilà un type qui a écrit Y The Last Man, une histoire où le seul homme vivant sur terre pensait à retrouver sa fiancée plutôt de forniquer la planète entière.

Voila un auteur qui,chaque fois qu’il le peut embauche des dessinatrices, population rarissime dans l’industrie alpha mâle des comics.Et voici un scénariste qui se donne souvent la peine de donner une épaisseur psychologique crédible à ses histoires et ses personnages.

Ici Vaughan fleure bon la métaphore de la liberté. Il donne à chacun de ses lions une voix intérieure, un point de vue respectable sur l’avantage et les dangers de cette liberté. Alors que Noor ne pense qu’à s’enfuir du zoo quitte à fomenter des alliances contre nature avec des singes et des impalas, Safa, vieille lionne fatiguée préfère la sécurité du zoo plutôt que de risquer sa peau.

Plus en retrait les personnages masculins Zill et Ali incarnent respectivement la force et la paresse masculine ainsi que l’innocence de l’enfance. On retrouve dans POB certaines thématiques que Vaughan abordait dans Y The Last Man : un monde en ruine, une société désagrégée où une famille tente de retrouver une place.

Comme souvent chez cet auteur, on accroche immédiatement avec ses personnages, leurs personnalités et l’ambiance de l’histoire. Vaughan est un scénariste cultivé qui s’est souvent servi de son médium pour poser des questions philosophiques, notamment ici autour de la valeur d’une liberté acquise sans que l’on ait à se battre pour elle.

Malheureusement, Vaughan cède une fois de plus à son péché mignon : l’expédition de ses intrigues. Une fois libres, nos lions rencontrent d’autres habitants de la savane, dissertent sur la folie des hommes et se rendent compte qu’uil est plus facile de dévorer une carcasse dans un zoo que de chasser et libérer un instinct animal entravé par des années de captivité.

Dans ces moments, Vaughan peint de charmantes vignettes remplies d’humour et d’affection pour ses personnages.

Dans la dernière partie de son récit, il cède à l’action spectaculaire alors que la première partie plus contemplatives lui permettait de traiter son sujet. Quelques pages avant la fin, il met en scène un duel avec un Grizzly pervers aussi idiot qu’inutile. Ceci serait pardonnable si Vaughan ne tombait pas dans tous les pièges du récit anthropomorphique. On sait depuis Esope et La Fontaine que cette forme de récit permet de disserter sur la nature humaine en prenant la place d’animaux.

Or très vite, il est flagrant que Vaughan ne maîtrise pas cette forme de récit. Pour comprendre les raisons de la cécité de Safa, on apprend que celle-ci a été victime de viol de la part du mâle dominant de sa tribu. C’est un peu réducteur, facile et le viol féminin permet encore une fois à un scénariste paresseux de mettre en scène la souffrance d’une femelle.

Mais lorsque l’on voit dans la séquence suivante un troupeau de lions se préparant à un viol collectif, on se demande où Vaughan a la tête. Pourquoi ne pas mettre en scène de vraies humaines dans un récit de guerre plutôt que de nous raconter l’histoire d’une lionne traumatisée ?

Vaughan dit avoir passé beaucoup de temps à se documenter dans un zoo américain. Quelqu’un pourrait il lui dire qu’il n’existe pas de tortues marines dans Le Tigre ? Que des oiseaux ne peuvent pas s’envoler d’un zoo qui leur brise les ailes ? Qu’un Lion n’a pas de sens de l’honneur ? Qu’une Lionne avec deux yeux crevés ne se ballade pas tranquillement comme si de rien n’était ?

Et puis, c’est quoi ces dialogues ? Un Lion qui lorsque s’énerve traite les autres "d’animaux" ? Un Ours qui menace de violer des lionnes ? Le même qui se moque de nos amis en leur reprochant de scier la branche sur laquelle elles sont assises ?

Vaughan se plante sur toute la ligne. Il veut mettre en scène des animaux innocents victimes de la folie des hommes. Il décrit finalement des hommes qui agissent et s’expriment sous la forme de lions et autres bêtes sauvages !

Heureusement Pride of Bagdad est moins pénible à regarder qu’à lire. Les dessins de Niko Henrichon sont tout simplement magnifiques.

Le plaisir de lecture est immédiat et le dessinateur sait trouver l’équilibre entre les expressions humaines ( un lion qui se bouche les oreilles) et animales. Lorsque les avions US passe au dessus de Zill, il pense au vent sur crinière de l’animal et des fleurs à ses pattes.

Les couleurs choisies constituent à elle seule une indication de chapitres. L’orange pour la captivité, le vert pour la liberté, le rouge pour le destin final de nos félins.

Ambitieux et généreux sur la forme, maladroit et hésitant sur le fond, POB reste un album attachant aux dessins magnifiques. Brian Vaughan est bourré de bonnes intentions mais, comme pour son final de Y The Last Man, il ne va pas jusqu’au bout de son projet, et ce qui commençait magnifiquement tombe finalement à plat.

Çà me fait mal de l’écrire mais Grant Morrison dans WE3 s’en sort mieux…. Et puisqu’on est dans la contrition, oui, l’édition Panini avec son grand format et son papier glacé est plus agréable que celle d’Urban !


Alice Cooper Super Duper Alice Cooper
Alice Cooper Super Duper Alice Cooper
DVD ~ Alice Cooper
Prix : EUR 16,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Alice au pays de l'arnaque..., 1 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Alice Cooper Super Duper Alice Cooper (DVD)
Tiens ! Encore une video d'Alice.

L'histoire en musique de l'inventeur du Shock Rock parsemé d'images d'archives, de photos de familles et bien sûr des commentaires du Coop' lui-même.

La mise en scène est soignée avec un montage animé et des chansons d'Alice adaptées à chaque situation qui rend la vision du rockumentaire incroyablement fun.
Maintenant, pour votre serviteur qui considère Alice Cooper comme un Dieu, cette production est à l'image du manque d'ambition artistique de l'homme au prénom de fille.

Alice est un conteur remarquable. Il raconte toujours les mêmes histoires avec un enthousiasme et une bonne humeur communicative le pourquoi du comment concernant son nom de scène, l'incident du poulet et les rencontres avec Dali et Zappa.

Sauf que ces histoires, il les raconte depuis 40 ans avec les mêmes mots à la virgule près...

Le rockumentaire décrit sans ambages l'ascension et la chute d'Alice. La chronologie le voit passer du statut de Shock Rocker au beautiful people dans des émissions familiales : Le muppet's ( cette vision de son héros chez les marionnettes fit pleurer Joey Ramone), Johnny Carson et autres talk show où Alice, fidèle à sa réputation de type le plus sympa du monde ruine son image pour se faire aimer.

L'info de ce film est d'apprendre que Cooper était accro à la cocaïne et qu'il faillit en mourir, lui qui n'avait toujours juré que par l'alcool.

On parlait de manque d'ambition tout à l'heure. C'est flagrant à la fin du film. Les témoignages de Bob Ezrin, d'Iggy, d'Elton John et de John Lydon tant vantées sur le sticker ? Une phrase chacun !

Seul un membre de l'Alcie Cooper Group témoigne ! Dick Wagner n'est pas invité ! Aucune allusion à la mort de Glenn Buxton !

Rien sur intronisation au Rockn'roll Hall of Fame, sur le culte que lui vouent des musiciens respectés comme Kurt Cobain, Trent Reznor ou Marilyn Manson.
Et pour cause ! Cette story s'arrête en...1983 lorsque Cooper faisait son retour auprès de la scène hair métal... Il manque donc 30 ans de carrière à la story de documentaire qui se voulait définitif.

Pour ceux qui découvre Alice aujourd'hui, ce documentaire est synthétique est plutôt bien fichu. Pour les autres qui l’écoutent depuis toujours, on se dira que décidément Alice est nul sur le plan marketing et qu'il ferait mieux de remasteriser ses disques...

On est très loin du résultat d'un film comme Lemmy malgré le plaisir que l'on peut avoir à revoir les grandes heures du Coop'.

La vraie story d'Alice avec plus de rigueur historique avec d'avantage de bonus est toujours disponible : Cooper, Alice - Prime Cuts [Édition Spéciale]. Et elle est sortie il y a ....20 ans ...

Ce commentaire est dédié à Dick Wagner et sa guitare magique mort aujourd'hui.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 18, 2014 10:35 AM MEST


Bob Dylan
Bob Dylan
Prix : EUR 10,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Bob is Dylan, 30 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bob Dylan (CD)
Une voix vibrante d’énergie, des rafales d'harmonica impressionnantes dès le premier titre, un débit impressionnant qui rappelle que les rappers n'ont rien inventé : le premier Bob Dylan.
Très agréable, varié en mélodie, ce qui impressionne c'est la morgue de Zimmerman qui n'a que 20 ans, une culture blues incroyable et une technique rythmique incroyable.
Dylan, c'est pas Hendrix, mais tout au long de cet album, l’énergie est telle que l'on oublie l'absence d'une section rythmique !
Et lorsque deux ans avant les Animals, il reprend de manière dépouillée The House of The Rising Sun de manière bouleversante, le frisson s'installe.
Assurément le disque qui plaira à ceux qui vénèrent le Working Class Hero de Lennon.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 12, 2014 8:41 AM MEST


Habibi
Habibi
par Craig Thompson
Edition : Relié
Prix : EUR 26,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Philosophique et sensuel, 22 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Habibi (Relié)
5 ans après Blankets , Graig Thompson revient avec une histoire de 665 pages . Un pavé où l'écriture et le dessin rivalisent de virtuosité au service d'une histoire d'amour belle comme un coucher de soleil , âpre comme un jour sans eau .

Âmes sensible soyez prévenus ! Habibi vous fera rêver , pleurer , frissonner mais risque également de vous ecoeurer : Pedophilie , viol , prostitution alimentaire , ventes d'esclaves et d'enfants , énucléation , humiliation psychologique , rien ne sera épargné à nos héros et au lecteur qui les suit sur 20 ans .

En Orient , Dodola est mariée de force à 9 ans ; son mari est scribe . En se passionnant pour les récits et légendes fantastiques de la Bible et du Coran , elle va développer une intelligence , une maturité et une liberté hors du commun mise à mal par des esclavagistes qui la capturent .

En s'échappant , elle parvient à délivrer un petit garçon , Cham qu'elle va élever comme son fils dans le désert à bord d'un bateau .

La première partie d'Habibi est d'une poésie sans égal et évoque le Le Petit Prince et Peter Pan . Deux enfants vivent dans une épave et se lèvent chaque jour avec un nouveau paysage de dunes sous les yeux alors qu'ils n'ont pas voyagé .

Dans ce paysage fantastique la jeune Dodala élève ce petit garçon en le faisant rêver avec la mythologie des textes sacrés .
Mais comme dans tout conte de fée , l'envers du décor est abominable : pour survivre , notre amie devient la courtisane du désert auprès des caravaniers qui passent .

Un jour , elle est capturée pour intégrer le harem du sultan local . Cham va devoir alors partir à sa recherche et entamer une véritable Odyssée d'une dizaine d'années avant de la retrouver .

Via ces deux personnages attachants , Thomson renoue avec ses thèmes de prédilections :la puissance de l'amour platonique et impossible , l'obsession , la solitude existentielle , la violence de l'être humain face à la pureté et l'innocence de ses protagonistes . Comme à son habitude il ponctue son récit de légendes religieuses qu'il met en parallèle avec le destin de ses héros .

Dans Blankets , son autobiographie , il racontait son enfance , son adolescence et son éducation religieuse pour devenir prêtre .
Ici , il fascine par son érudition et sa maîtrise du Coran . Tous les rapprochements avec les textes catholiques sont d'une incroyable pertinence .

Tout est Américain soit il , on est bien loin des propos réactionnaire d'un autre maître , Frank Miller dans Holy Terror.

Et pourtant la violence est là : La plupart des personnes que Cham et Dodola croisent sont guidés par leurs pulsions sexuelles , leur convoitise de la vie d'autrui, le mépris de la liberté de chacun .

La sensualité de Dodola , parfaite de corps et d'âme , entraine à la fois sa perte et son salut . Les passions se déchaînent contre cette femme exceptionnelle qui envoûte, bien malgré elle ceux qui la côtoient . Cham à son adolescence va nourrir à son tour un désir sensuel envers celle qui l'a élevé .

C'est cette exploration des pulsions érotiques qui fait d'Habibi une oeuvre puissante qui parle à la fois de ses personnages , des autres , de Thompson lui même mais aussi de nous .

En cela son graphisme joue un rôle primordial dans la portée du récit .Dodola est d'une beauté saisissante : fière , noble , vertueuse même nue . De son regard perçant à sa plante de pieds , Thompson ne néglige aucun détail pour que son héroïne crève littéralement les planches .

Comme pour Raina , son exacte opposée dans Blankets , on a envie de se blottir contre elle , respirer son odeur , caresser ses cheveux , masser son corps magnifique et bien sûr partager une relation charnelle ( consentie...) avec elle.

Le langage corporel est très élaboré avec une puissance incroyable dans les regards . Que ce soit dans des poses mythologiques , dans des bains qu'elle prend interminablement , enceinte , mourante et malade , Dodola est fascinante à regarder . Il faut voir son regard audacieux et triomphant , lorsque au prix d'une ruse digne d'Ulysse , elle réussit à mettre son tortionnaire à sa merci en le persuadant avoir changé une carafe d'eau en or .

L'odyssée de Cham est également très forte en symbole : pour se punir d'avoir éprouvé du désir pour la femme qui l'a élevé , Cham souhaitera atteindre la pureté en supprimant ses organes génitaux . Thomson en cela est toujours du côté des minorités , des faibles , des proscrits en livrant une vision non manichéenne de l'existence . L'immersion de Cham dans la communauté des Transexuels puis des eunuques vaut son pesant d'or .

Enfin la portée symbolique d'Habbi est importante . Pour parler de la liberté , Thhomson chosit une femme et un jeune noir et les plante dans un désert puis dans une mégalopole polluée et oppressante . il n'est pas un lieu qui ne souhaite pas la peau de nos héros . Malgré cela , leur véritable de force est de rester humains et altruistes quand d'autres auraient sombré dans l'amertume et la haine .

On reconnait ici le versant moraliste , ascète même de l'auteur . Cham et Dodola sont un oasis d'humanité dans un vaste désert d'hommes. Cham a une relation avec l'eau tandis que Dodola incarne les autres éléments : le feu du désir , la légèreté de l'air , la protection de la terre.

Comme Mazzuchelli dans Asterios Polyp , Thomson laisse parfois son trait prendre le contrôle ; il transforme progressivement le lit d'une rivière en lettrage arabe . Il livre une foule de détails sur le rebords des pages chargées d'enluminures , il explique la richesse de la calligraphie musulmane .

Et pour une fois , il livre une fin réussie qui m'a fait quitter à grands regrets et quelques larmes Dodola et Cham . Malgré tout ce qu'ils subissent , le monde sans eux m' a paru tout à coup bien fade ...

Entre les Les Mille et une nuits - Tome premier , les contes de Dickens, L'Odyssée et le Voyage en orient de Nerval , , Habibi trouvera une place de choix pour les amateurs de récits à la fois réalistes et oniriques pour un voyage est aussi bien physique que spirituel .

Bruce Lit : le blog des amoureux de la BD- Mangas- Comics ( brucetringale.com)
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 28, 2014 9:08 AM MEST


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