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Contenu rédigé par Bruce Tringale
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Bruce Tringale (France)

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Thunderbolts Volume 2: Red Scare (Marvel Now)
Thunderbolts Volume 2: Red Scare (Marvel Now)
par Daniel Way
Edition : Broché
Prix : EUR 14,91

1.0 étoiles sur 5 Thunderstruck !, 29 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Thunderbolts Volume 2: Red Scare (Marvel Now) (Broché)
Retrouvez cet article en intégralité et en images sur le blog Bruce Lit ( brucetringale.com), le rendez vous des amoureux des Comics Mangas Bd.

Ces pauvres Thunderbolts….Créé par Kurt Busiek dans les 90′s juste après l’épisode Onslaught pour palier à l’absence des FF et des Avengers, cette équipe de super-vilains repentis opérant pour le gouvernement, aura connu tellement de moutures différents, que, comme pour les membres de Deep Purple, il est devenu impossible pour le profane de savoir qui faisait partie de la formation initiale…

Chez Busiek et Nicieza, les Thunderbolts étaient des super-vilains opérant sous la direction du Baron Zemo. Certains comme Radioactive Man et Songbird finiront par se prendre au jeu et assureront la caution morale de la deuxième mouture de l’équipe au moment de Civil War lors du run sensationnel de Warren Ellis (équipe constituée de Norman Osborn, Venom, Penance,Bullseye, Moon Stone et Sword Man).

Au départ de Ellis, le casting est remanié pour assouvir les caprices de Brian Bendis qui intègre Bullseye, Osborn, Venom et Moonstone chez les Dark Avengers. Ce faisant, il videra les Thunderbolts de leur substance pour accoucher d’une souris tandis que Andy Diggle, autre habitué du carnage Marvel (Shadowland, c’est lui…), fit tomber la licence si bas qu’elle finit par trouver du pétrole….

Après que Luke Cage ait briévement dirigé l’équipe nous avons donc à faire ici à une quatrième mouture des Thunderbolts. Celle qui devait enfin achever la rédemption d’une série qui n’aura finalement eu que 12 épisodes d’anthologie, ceux de Ellis, en 20 ans d’existence.

Pour ce faire, le casting était des plus intriguant: dirigés par le général Thaddeus « Thunderbolt » Ross (ah ! ah ! Un Thunderbolt à la tête des Thunderbolts) aka Red Hulk, Venom (aka Flash Thompson), l’indéboulonnable Deadpool, Elektra et le Punisher ! Ne nous leurrons pas, Castle est la star de cette série, la plupart des moments lui étant consacrés….
Enfin, au fur et à mesure de la progression de la série, Samuel Sterns (aka The Leader), le pire ennemi de Hulk intègre l’équipe.

Pourtant, il n’était pas gagné d’avance que la franchise reprenne pied avec Daniel Way l’auteur de l’inénarrable Wolverine Origins, Charles Soule qui dans sa toute jeune carrière multiplie déjà des oeuvres fascinantes (La mort de Wolverine, Civil War 2) et Steve Dillon dont le style graphique est loin de faire l’unanimité. De quoi se demander si qui a bien pu passer dans ce qui reste de cervelle de Joe Quesada et Axel Alonso pour confier ce titre à cette ribambelle de vilains losers…Une certaine alchimie avec le concept des Thunderbolts sans doute…

Tout d’abord, je vous avouerai avoir été plutôt indulgent. Si l’histoire est bonne, qu’importe si le personnage n’agit pas en cohérence avec les canons de sa mythologie…
Frank Castle accepte donc d’être utilisé par un général qui le fait chanter pour assassiner un tyran, lui qui avait clairement envoyé balader le gouvernement américain qui lui proposait de tuer Ben Ladden en toute impunité. Ah ?
Ce stratège génial qui mène seul une guerre de 50 ans, accepte d’être commandé par un vieillard qui foire tous ses plans et clairement responsable de morts civiles…euh…soit !
Et le loup solitaire de l’univers Marvel est désormais capable de travailler avec une équipe de nazes ?

Parce que, au secours, ce Daniel Way, c’est un vrai cauchemar ! En terme de caractérisation de l’action et des personnages, le gars n’en touche pas une ! C’est ainsi que durant la série, tous nos anti-héros se réunissent dans un lieu inconnu, disposent de technologie et de moyens financiers énigmatiques sans rendre de compte à personne ! Fini, le sel des opérations marketing de chez Warren Ellis où un fiasco était transformé en victoire, où le marketing télévisé ressemblait à une opération bourage de crâne !

Avec des dialogues longs, ennuyeux, inutiles, Way réalise une prouesse en soi ! Écrire une bande dessinée où les dialogues détruisent le peu d’intérêt d’une intrigue qui s’étire sur 11 épisodes pour n’arriver à rien, Soule, autre tâcheron hors compétition, prenant totalement le contre-pied de ce qui était raconté auparavant…

Lorsque Soule arrive sur le titre, il ne dispose que de deux épisodes pour ranger le bazar de Way. Parce que le grand méchant des Thunderbolts n’est autre qu’Orestez Natchios, le frère d’Elektra, qui meurt aussi vite qu’apparu de nulle part avec une personnalité de moule sur un rocher (grec)…

Quant à la gestion des personnages ,Way et Soule rivalisent d’incompétence. Le général Ross est à mille lieux de l’ambiguité fascinante de Norman Osborn que même Bendis était parvenu à bien écrire !
Ross n’est qu’un vieux moustachu sans aucun charisme, qui radote sur ses missions passées et dont on se demande comment il parvient à juguler ces fortes têtes. Même en tant que Hulk, il ne brille pas, les deux scénaristes étant incapables de rendre les affrontements physiques intéressants et d’imaginer des situations mettant en valeur les pouvoirs de chacun… Ce pauvre Venom ne sert quasiment à rien, Deadpool n’a rarement été aussi peu drôle et pour cause: il est jaloux: fou amoureux d’Elektra (!), il envisage de tuer Frank Castle qui lui a volé sa belle (!!).

Parce que, oui, en terme de direction inédite, nos comparses ont immaginé un running gag imparable: durant chaque mission, excités par l’adrénaline, Frank et Elektra copulent à même le champ de bataille sous le regard jaloux de leurs collègues…
Frank Miller n’est pas encore mort, mais il aurait de quoi se retourner dans sa tombe en constatant que sa fière guerrière taciturne s’est transformée en nymphomane complètement idiote et dénuée de personnalité…

Face à ce carnage, il ne reste plus qu’à aborder le volet graphique et force est de constater que les dessins de Steve Dillon sont plutôt plaisants. Etant donné le volet involontairement comique de cette agence too prick, ses planches sont agréables, aérées et réussissent à faire oublier les logorrhées verbales des uns et des autres en se recentrant sur les personnages.

Oh ! Bien sûr, Dillon fait du Dillon: Hulk change de morphologie entre deux séquences, les décors sont toujours lézardés de fissures et les héros se pincent toujours les lèvres à la moindre contrariété. Mais lorsque le dessinateur de Preacher tire sa révérence, le titre perd étonnamment le rare charme qui lui restait, desservi par les planches hideuses de Jefte Palo.

Au final, cette révolution Marvel aura encore fait pschitt et à l’heure qu’il est, nul ne sait ce qu’il est advenu des Thunderbolts qui ne nous auront foudroyé que par leur sottise. Ce qui est sûr, c’est que Frank Castle et Elektra sans Miller, Ennis et Aaron pour les écrire continuent de traverser des mines de sel à la merci de minables capables de flinguer les plus indestructibles des héros Marvel.

Pour préparer cet article, j’ai appris que Quesada considérait Daniel Way comme faisant partie des meilleurs scénaristes de Marvel….Quant à ce Charles Soule, aux dernières nouvelles, Marvel continue de s’auto-mutiler en lui confiant les Inhumans et Daredevil ! Affligeant !


Thunderbolts Vol. 1: No Quarter
Thunderbolts Vol. 1: No Quarter
Prix : EUR 5,49

1.0 étoiles sur 5 Thunderstruck !, 29 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Thunderbolts Vol. 1: No Quarter (Format Kindle)
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Ces pauvres Thunderbolts….Créé par Kurt Busiek dans les 90′s juste après l’épisode Onslaught pour palier à l’absence des FF et des Avengers, cette équipe de super-vilains repentis opérant pour le gouvernement, aura connu tellement de moutures différents, que, comme pour les membres de Deep Purple, il est devenu impossible pour le profane de savoir qui faisait partie de la formation initiale…

Chez Busiek et Nicieza, les Thunderbolts étaient des super-vilains opérant sous la direction du Baron Zemo. Certains comme Radioactive Man et Songbird finiront par se prendre au jeu et assureront la caution morale de la deuxième mouture de l’équipe au moment de Civil War lors du run sensationnel de Warren Ellis (équipe constituée de Norman Osborn, Venom, Penance,Bullseye, Moon Stone et Sword Man).

Au départ de Ellis, le casting est remanié pour assouvir les caprices de Brian Bendis qui intègre Bullseye, Osborn, Venom et Moonstone chez les Dark Avengers. Ce faisant, il videra les Thunderbolts de leur substance pour accoucher d’une souris tandis que Andy Diggle, autre habitué du carnage Marvel (Shadowland, c’est lui…), fit tomber la licence si bas qu’elle finit par trouver du pétrole….

Après que Luke Cage ait briévement dirigé l’équipe nous avons donc à faire ici à une quatrième mouture des Thunderbolts. Celle qui devait enfin achever la rédemption d’une série qui n’aura finalement eu que 12 épisodes d’anthologie, ceux de Ellis, en 20 ans d’existence.

Pour ce faire, le casting était des plus intriguant: dirigés par le général Thaddeus « Thunderbolt » Ross (ah ! ah ! Un Thunderbolt à la tête des Thunderbolts) aka Red Hulk, Venom (aka Flash Thompson), l’indéboulonnable Deadpool, Elektra et le Punisher ! Ne nous leurrons pas, Castle est la star de cette série, la plupart des moments lui étant consacrés….
Enfin, au fur et à mesure de la progression de la série, Samuel Sterns (aka The Leader), le pire ennemi de Hulk intègre l’équipe.

Pourtant, il n’était pas gagné d’avance que la franchise reprenne pied avec Daniel Way l’auteur de l’inénarrable Wolverine Origins, Charles Soule qui dans sa toute jeune carrière multiplie déjà des oeuvres fascinantes (La mort de Wolverine, Civil War 2) et Steve Dillon dont le style graphique est loin de faire l’unanimité. De quoi se demander si qui a bien pu passer dans ce qui reste de cervelle de Joe Quesada et Axel Alonso pour confier ce titre à cette ribambelle de vilains losers…Une certaine alchimie avec le concept des Thunderbolts sans doute…

Tout d’abord, je vous avouerai avoir été plutôt indulgent. Si l’histoire est bonne, qu’importe si le personnage n’agit pas en cohérence avec les canons de sa mythologie…
Frank Castle accepte donc d’être utilisé par un général qui le fait chanter pour assassiner un tyran, lui qui avait clairement envoyé balader le gouvernement américain qui lui proposait de tuer Ben Ladden en toute impunité. Ah ?
Ce stratège génial qui mène seul une guerre de 50 ans, accepte d’être commandé par un vieillard qui foire tous ses plans et clairement responsable de morts civiles…euh…soit !
Et le loup solitaire de l’univers Marvel est désormais capable de travailler avec une équipe de nazes ?

Parce que, au secours, ce Daniel Way, c’est un vrai cauchemar ! En terme de caractérisation de l’action et des personnages, le gars n’en touche pas une ! C’est ainsi que durant la série, tous nos anti-héros se réunissent dans un lieu inconnu, disposent de technologie et de moyens financiers énigmatiques sans rendre de compte à personne ! Fini, le sel des opérations marketing de chez Warren Ellis où un fiasco était transformé en victoire, où le marketing télévisé ressemblait à une opération bourage de crâne !

Avec des dialogues longs, ennuyeux, inutiles, Way réalise une prouesse en soi ! Écrire une bande dessinée où les dialogues détruisent le peu d’intérêt d’une intrigue qui s’étire sur 11 épisodes pour n’arriver à rien, Soule, autre tâcheron hors compétition, prenant totalement le contre-pied de ce qui était raconté auparavant…

Lorsque Soule arrive sur le titre, il ne dispose que de deux épisodes pour ranger le bazar de Way. Parce que le grand méchant des Thunderbolts n’est autre qu’Orestez Natchios, le frère d’Elektra, qui meurt aussi vite qu’apparu de nulle part avec une personnalité de moule sur un rocher (grec)…

Quant à la gestion des personnages ,Way et Soule rivalisent d’incompétence. Le général Ross est à mille lieux de l’ambiguité fascinante de Norman Osborn que même Bendis était parvenu à bien écrire !
Ross n’est qu’un vieux moustachu sans aucun charisme, qui radote sur ses missions passées et dont on se demande comment il parvient à juguler ces fortes têtes. Même en tant que Hulk, il ne brille pas, les deux scénaristes étant incapables de rendre les affrontements physiques intéressants et d’imaginer des situations mettant en valeur les pouvoirs de chacun… Ce pauvre Venom ne sert quasiment à rien, Deadpool n’a rarement été aussi peu drôle et pour cause: il est jaloux: fou amoureux d’Elektra (!), il envisage de tuer Frank Castle qui lui a volé sa belle (!!).

Parce que, oui, en terme de direction inédite, nos comparses ont immaginé un running gag imparable: durant chaque mission, excités par l’adrénaline, Frank et Elektra copulent à même le champ de bataille sous le regard jaloux de leurs collègues…
Frank Miller n’est pas encore mort, mais il aurait de quoi se retourner dans sa tombe en constatant que sa fière guerrière taciturne s’est transformée en nymphomane complètement idiote et dénuée de personnalité…

Face à ce carnage, il ne reste plus qu’à aborder le volet graphique et force est de constater que les dessins de Steve Dillon sont plutôt plaisants. Etant donné le volet involontairement comique de cette agence too prick, ses planches sont agréables, aérées et réussissent à faire oublier les logorrhées verbales des uns et des autres en se recentrant sur les personnages.

Oh ! Bien sûr, Dillon fait du Dillon: Hulk change de morphologie entre deux séquences, les décors sont toujours lézardés de fissures et les héros se pincent toujours les lèvres à la moindre contrariété. Mais lorsque le dessinateur de Preacher tire sa révérence, le titre perd étonnamment le rare charme qui lui restait, desservi par les planches hideuses de Jefte Palo.

Au final, cette révolution Marvel aura encore fait pschitt et à l’heure qu’il est, nul ne sait ce qu’il est advenu des Thunderbolts qui ne nous auront foudroyé que par leur sottise. Ce qui est sûr, c’est que Frank Castle et Elektra sans Miller, Ennis et Aaron pour les écrire continuent de traverser des mines de sel à la merci de minables capables de flinguer les plus indestructibles des héros Marvel.

Pour préparer cet article, j’ai appris que Quesada considérait Daniel Way comme faisant partie des meilleurs scénaristes de Marvel….Quant à ce Charles Soule, aux dernières nouvelles, Marvel continue de s’auto-mutiler en lui confiant les Inhumans et Daredevil ! Affligeant !


HAPPY !
HAPPY !
par Grant Morrison
Edition : Album
Prix : EUR 16,50

2.0 étoiles sur 5 Peau d'âne..., 29 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : HAPPY ! (Album)
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Happy raconte en moins de quatre épisodes la chute et la rédemption de Nick Sax, ancien flic reconverti dans la tuerie à gages. Misanthrope, cynique, impitoyable et surtout très c**, Sax a des tueurs de la mafia aux trousses et va devoir faire équipe avec un cheval ailé imaginaire pour sauver le soir de noël des enfants victimes de pornographie. Tout un programme...

On se sera assez plaint que l'auteur d'Arkham Asylum multiplie les récits surréalistes où peu entendent de-quoi-qu'y-cause-, pour ne pas se réjouir que, pour une fois, il ait choisi la voie de la simplicité pour un scénario très linéaire. Avec WE 3, c'est d'ailleurs son récit le plus accessible avec un sous-texte analogue: sous fond de poursuite sanglantes, il s'agit de préserver les symboles de l'innocence victime de la perversion adulte : les animaux domestiques transformés en machines de guerre pour We3 et les enfants utilisés en esclaves sexuels.

Le récit est construit de manière très professionnelle avec un prologue, un épilogue efficace, un flashback expliquant la déchéance de Nick Sax et même un deuxième épisode entièrement construit sur une partie de poker. Mais très vite, le lecteur sent que quelque chose cloche (et pas forcément celle de noël). Tout d'abord, il est évident que Morrison a construit son scénario autour de scènes chocs, une par épisode, et qu'il a brodé par la suite : le poker avec la pègre donc, mais aussi un massacre dans un hôpital et la scène d'ouverture avec fellation d'un gars déguisé en cafard et éjaculation faciale.

Happy s'inscrit typiquement dans les récits potaches auxquels Warren Ellis, Mark Millar et Garth Ennis nous ont habitués. Rien de choquant à ça donc. Sauf que jamais les moments Morrison n'égalent les moments Ennis, ceux-ci servant toujours de contrepoint à des histoires tragicomiques avec une vraie fibre sociale et un sens de la dramaturgie faisant que, même dans une grosse farce comme The Pro, il y a toujours un minimum de consistance.

Ici, le seul élément Morissonesque (= écriture chimique influencé par autre chose que par un régime sans gluten) reste la présence dans un récit à la Sin City d'un cheval volant imaginaire censé remettre notre antihéros sur la voie de la rédemption.
Dans les faits, c'est très embarrassant; le résultat n'étant ni comique, ni poétique. Morrison tente de trouver la synergie des Buddy Movies façon Arme Fatale sans jamais y arriver. Car la réaction devant Happy reste plutôt celle de n'importe quel quidam face à Jar Jar Binks : ce qui devait être une créature mignonne et rigolote devient rapidement matière à fantasme d'extermination impitoyable...

Pour le reste, on se demande ce qu'est la légendaire originalité de Morrison devenue... Tout se passe comme s'il voulait se détendre entre deux séries en écrivant une histoire à la Frank Miller où un gros dur à la résistance physique invraisemblable affronte plus pourri que lui, à la Warren Ellis pour mettre en scène un homme imprégné de mépris envers lui même et à l'hygiène corporelle douteuse, à la Garth Ennis pour les jurons .

Mais en disposant de tous ces ingrédients et d'un éditeur prêt à imprimer cette pochade, Morrison ne parvient jamais à faire gicler la mayonnaise... Nick Sax n'a l'étrange poésie du laid de Marv', le bagout et l'ambivalence de John Constantine ou la science du juron de Garth Ennis. Ce n'est qu'un pauvre con vulgaire au sens Berlusconni, antipathique et dont la mort est attendue avec ferveur. Sa logorrhée d'insultes et de jurons tombent à plat et donnent plus dans un pathétique syndrome de Tourette que dans le génie de l'argot de Ennis, d'Hergé ou de San Antonio.

Enfin, comme son copain Millar jamais en retard pour utiliser le viol féminin comme ressort dramatique paresseux, on attendait plus de finesse de Morrison sur la traitement de la pornographie infantile utilisé ici comme un ressort dramatique bidon histoire de changer de la sempiternelle demoiselle en détresse.
Happy est donc un immense gâchis, peut être le Nemesis de Morrison et c'est d'autant plus dommageable que Darick Robertson est en forme: sont trait gras et sale colle parfaitement à la crasse médiocrité des personnages, leur méchanceté et leur idiotie. Robertson arrive à faire passer la pilule graphique de la coexistence d'une brute épaisse tout en muscles et sparadrap avec un cheval volant, ce qui n'est pas le moindre de ses mérites.
Il s'est rarement autant appliqué sur les décors et on aurait tellement préféré qu'il consacre cette énergie à 4 épisodes de The Boys supplémentaires plutôt qu'à...cette ânerie ! Restent les personnages féminins qui semblent toujours frappées de calvitie frontale...


Transperceneige : Terminus
Transperceneige : Terminus
par Jean-Marc Rochette
Edition : Album
Prix : EUR 25,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 A eux de vous faire préférer le train, 29 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Transperceneige : Terminus (Album)
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Attention Spoilers !

Lorsque commence cet opus, le train parvient à une étrange destination: un parc d’attraction ! Accueillis par d’autres survivants recouverts de masques de souris en carton, les passagers du Transperceneige abandonnent leur tonnerre mécanique pour la première fois en cent ans !
Alors que le train reproduisait la distinction sociale entre première et seconde classe, que le quotidien était basé sur le confinement d’une surpopulation dans un huis-clos exigu, que la lutte était constante pour manger et boire, nos amis arrivent en un lieu où les fruits et légumes sont énormes, les logements individuels et l’égalité sociale acquise !
Bien entendu, le paradis n’est que de façade et l’envers du décor, comme il se doit dans tout parc d’attractions, dénote d’une inhumanité criminelle qui va bientôt faire regretter aux rescapés la vie à bord du train.

Les raisons d’admirer ce récit sont aussi multiples que ses couches de lectures.
Tout d’abord le lieu de l’action: le parc d’attraction comme dernier havre de paix de l’humanité rappelle le pénitencier de Walking Dead: une inadéquation entre la conception du lieu et son utilisation factuelle. Chez Kirkman, la prison,synonyme d’espoir, protégeait les survivants de la dévoration zombie. Ici le parc d’attraction offre aux réfugiés un cadre infantile dans un monde sans enfants, dont l’héritage est le culte de la fausseté, et où les meilleures intentions du monde dissimulent des expériences à la Mengele !

Car Terminus ne fait ni plus ni moins que raconter à la sauce futuriste le déroulement de la Shoah: une humanité en voie d’extinction passe d’une catastrophe à une autre en regrettant la précédente. Lorsque on lit les récits des survivants de cette époque, la vie dans le Ghetto de Varsovie était préférable après coup aux baraquements d’Auschwitz. Tout comme les marches de la mort encore plus épuisantes que la vie en camp d’extermination. La survie oblige à penser au moins pire: vivre enfermés sans nourriture, ni eau, sans compassion, dépossédé de ses biens était préférable à dormir dans des étables, séparés à jamais de sa famille et voué à une mort lente et certaine.

Terminus évoque sans ambages ce cauchemar: les bourreaux s’empressent de rassurer leurs victimes à la descente du train pour mieux les soumettre et les conduire dans d’étranges blocus d’où nul ne ressort jamais. On leur fait miroiter une vie meilleure où les enfants seraient enfin choyés et la nourriture garantie après une étape de quarantaine. Outre leur obsession délirante pour l’hygiène, on se rappelle que les officiers nazis s’excusaient poliment auprès des déportés pour le voyage inconfortable en train et leur promettaient une douche chaude en compensation; la perversion allant jusqu’à installer dans les chambres à gaz de faux pommeaux de douches pour éviter les mouvements de panique et être plus efficace dans l’anéantissement des unités.

Si vous trouverez que votre serviteur y va de son couplet obsessionnel sur le sujet, feuilletez attentivement cet album et vous y verrez que les tortionnaires vantent le travail qui rend libre (le sinistre Arbeit Macht Frei à l’entrée d’Auschwitz), que la traversée du train dans la neige rappelle bien évidemment le no man’s land polonais. Et enfin, impossible de ne pas rapprocher les visages de souris issues de la plus célèbre BD portant sur le sujet Maus. Les souris passant ici du statut de victimes à celui de complice de l’épuration sur rail….

Il m’a fallu du temps pour apprécier les dessins de Rochette. Les décors y sont pratiquement inexistants, l’identité visuelle des personnages n’est pas des plus évidentes mais force est de constater que le trait charbonneux du dessinateur servent à merveille la sainte loco ! Lorsque l’humanité disparaît, le vaste blanc menace d’engloutir les corps meurtris des héros. Leurs réactions n’en devient que plus intéressante. Pour les amateurs de Comics, le style de Rochette peut parfois donner un métissage inédit entre Bill Sienkiewicz, David Lloyd (V pour Vendetta, qui, tiens ! parle aussi d’un rescapé de camps….) et Bilal. Une urgence dans le dessin allant souvent à l’épure totalement adaptée au récit. A noter que la postface émouvante d’Olivier Bocquet signale que cette urgence fut bien réelle puisque Rochette continua à dessiner cette histoire le coude cassé !

Terminus évoque aussi parfois la franchise videoludique Fallout où l’humanité décimée par une guerre atomique trouve refuge dans des endroits les plus ubuesques et doit lutter contre l’omniprésence de radiations dans l’eau et la nourriture. Les expériences des aiguilleurs (les deux scientifiques à l’origine de la purification de la race humaine) ne semblent pas dénuées de mauvaises intentions. Pour sauver et perpétuer la race humaine des radiations, il s’agit d’encourager la reproduction. Sauf que les méthodes pour arriver à une cellule pure sont dignes du IIIe Reich: sélections des individus bien portants, experience sur les enfants, suppression du libre arbitre dans une scène insensée d’orgie organisée.

Rien qu’avec tout ça, Terminus aurait mérité son ticket pour l’immortalité, mais ce qui aurait pu tourner au survival sanglant et déprimant s’avère finalement une belle oeuvre pétrie d’humanisme, d’espoir…et de pacifisme ! Face à des génocidaires en puissance, à des conditions de vies réduites au zéro absolu , Terminus met en scène un couple, Puig et Val (déjà héros des deux derniers opus) qui refusent de se soumettre, qui sentent confusément que les valeurs doivent prendre à un moment le dessus sur la survie animale et que la vengeance est une perte d’énergie inutile dans un monde au bord du gouffre.

Terminus se termine sans un coup de feu, de manière fluide à la fois poétique et réaliste avec une belle illustration de la main tendue en place et lieu du poing fermé. Il ne s’agit pas de réciter son catéchisme mais d’une logique brutale: la survie de l’espèce humaine ne peut se perpétrer sur fond de Vendetta. Terminus se…termine sur cette prise de conscience et sur le rapprochement entre bourreaux et victimes. Montent dans ce train de Noë monstres et malades, tout ce qui pourrait lester la progression humaine, pour le grand saut vers l’inconnu.

Les héros de Terminus réalisent que la vie est un mouvement qui ne peut rester figé dans la glace, un mouvement inconfortable, périlleux, où se forge la solidarité et l’esprit d’appartenance à la communauté humaine quand bien même les vivres viennent à manquer. Une allusion tout à fait assumée à la crise des réfugiés actuelle qui nous ramène 70 ans en arrière à l’heure des justes et de l’égoïsme criminel. Nos humanistes associés donnent ici, sans jamais choisir la facilité, une formidable leçon de dignité totalement déserté par nos héros Marvel qui incarnent désormais les crispations d’une société succombant aux démons de la guerre civile et trop préoccupée de conserver ses (supers) pouvoirs.

Métaphore du progrès social, de la liberté (Runaway Train), de l’industrialisation criminelle (Il était une fois dans l’Ouest) et de génocides, le train a toujours filé droit la métaphore dans l’imaginaire collectif. Celui de Rochette et Bocquet réussit la gageure d’être tour à tour; tout ça à la fois. Et lorsque l’exode de Puig et Val se termine avec un habile clin d’oeil à l’exode de Moïse et une belle note d’espoir, ce Terminus là semble être bien proche de la porte du Paradis.


UNCANNY X-FORCE T02
UNCANNY X-FORCE T02
par Rick Remender
Edition : Album
Prix : EUR 20,00

5.0 étoiles sur 5 Par delà le bien et le mal, 19 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : UNCANNY X-FORCE T02 (Album)
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Attention cet article dévoile des éléments clés de la saga Dark Angel.

Quand Remender reprend Xforce, Angel n’est plus que l’ombre de lui-même massacré par des années de mauvaise continuité avec son amante Psylocke d’ailleurs. Ce n’est pas le moindre mérite de Remender de remettre de l’ordre dans tout ça et de reprendre les choses là où Lobdell les avait laissé il y a ….20 ans.

Donc voilà : Apocalypse n’a pas choisi Worthington par hasard. Archangel est une personnalité implantée dans le subconscient de Warren pour succéder à Apocalypse. Lorsque commence le run de Remender, Angel est un héros diminué, vulnérable qui tente de lutter contre ce parasite qui ronge son âme. Il est aidé par Psylocke qui tente par tous les moyens psychiques dont elle dispose pour protéger son amant de l’aura maléfique d’Archangel. Dès le premier épisode, X-Force commet des actes horribles en préméditant des assassinats et en exécutant froidement un enfant susceptible de devenir le tyran.

Face aux remords et à la violence que déchaînent ces actes, Angel va sombrer du côté obscur. Définitivement. Contrairement à la culture super héroïque classique, Warren ne parviendra jamais à triompher du mal qui le ronge. Malgré lui. Malgré ses amis. Malgré les efforts bouleversants de Psylocke pour le sauver, Warren devient complètement dingue. Dingue ? Pas vraiment ! Car Remender pour la première fois tente d’expliquer les motivations d’Apocalypse qui s’exprimait auparavant en quelques phrases génériques pour justifier ses actes : » L’âge d’Apocalypse commence, que les plus forts survivent« .

Warren tue des milliers de personne en les brûlant vives. On comprend que la rédemption de notre ami est impossible lorsque le lecteur médusé assiste encore à la mort d’un enfant dans les bras de sa mère. Pour autant, les motivations d’Angel ne sont pas infondées. Les mutants à l’époque ont été victimes d’un génocide propre. Tous ont perdu leurs pouvoirs à l’exception de 200 individus pendant House of M. L’ambition d’Angel est de rétablir un ordre naturel fondé sur l’évolution des espèces et non sur la magie. Ses pouvoirs lui permettent de recréer une humanité lavée des péchés des pères et des luttes raciales pour lesquelles les Xmen se sont sacrifiés. Mais cette évolution forcée, froide et scientifique se fait bien évidement au détriment de vies innocentes et de tout sentiment humain.

L’ancien X-Man accomplit son devoir de purification sans cruauté, ni sadisme. Mais sans aucune humanité ni d’état d’âme. En moins de 10 épisodes, Remender écrit une histoire incroyable plein de sous textes et fort d’un suspense insoutenable. Il commet une faute de script monumentale en ramenant les Xmen d’Age of Apocalypse. Ceux-ci ne sont pas issus d’une réalité alternative mais altérée. Et le Healing Factor de Wolverine continue de le guérir au delà du raisonnable. Et tous ces Xmen qui grouillent font souvent du featuring, péché mignon de ce scénariste. Pour autant, Remender construit une fable souvent philosophique mettant en lumière les notions fondamentales des dangers du pouvoir absolu, du mal, du bien et d’une science sans conscience.

Les Xmen alternatifs, aussi gratuites soient leurs apparitions permettent à Remender de démontrer que rien n’est jamais acquis et que nous sommes maîtres de nos choix. Et que comme chez Gaiman pour Sandman, certains choix semblent parfois s’imposer à nous. Wolverine en voulant contrer le tyran découvre que dans une autre réalité il est devenu lui-même le tyran. Le gentil, pur comme la neige, Bobby Drake devient une ordure aux pouvoirs terrifiants. Angel renonce à combattre ses démons. Et Fantomex en exécutant un enfant innocent a précipité le monde dans le chaos. Autrement dit, en voulant forcer l’ordre des choses, nos super héros amènent l’humanité vers l’Apocalypse qu’ils tentaient d’éviter !

Remender écrit ici une histoire plus grande que les personnages qu’il met en scène. The Dark Angel Saga, c’est une fable sur le renoncement de l’être humain à ses idéaux. Chez Scott Lobdell, c’était la mort de Xavier, véritable Christ qui plongeait les Super Héros en enfer. Chez Remender c’est la renonciation volontaire aux idéaux pacifiques des X-Men qui les conduit au chaos. En tuant, en complotant, en renonçant au pacifisme de leur mentor, X-Force renonce à toute notion d’amour et de compassion envers l’autre. Et se trouve dans la même position qu’Angel : Tuer quelques individus pour le bien commun. Plus rien ne les différencient des vilains qu’ils affrontent sinon des consciences salies et meurtries ainsi que le souvenir de leurs idéaux héroïques.

Pour autant Remender ne plonge pas ses héros dans de la violence gratuite. Et finalement cette histoire pleine de sang et de violence est étonnamment morale. Elle montre que le bien et l’amour ne sont pas que des notions abstraites, ni une faiblesse. Mais bien un état contre nature à l’opposé des lois naturelles édictées par Warren. Le bien est un choix difficile, l’amour un sacrifice contre nature impliquant de renoncer à toute notion d’égo, de bonheur ou de plaisir durable pour maintenir l’humanité en vie. En y renonçant, l’homme cède à ses pulsions violentes qu’il planque derrière des notions des théories justifiant ses crimes. Le plus fort n’est jamais assez fort s’il ne transforme pas sa force en droit écrivait Rousseau dans le Contrat Social. La pureté du rêve de Xavier a été souillé par l’usure de ses soldats, par le principe de réalité. Et quoi de mieux que d’illustrer la chute de ce paradis utopique par la chute du Xman nommé Angel ?

Warren ne revient pas vivant de ce voyage au bout de la nuit. Sa résurrection serait scandaleuse. Et Remender écrit des pages souvent bouleversantes où Psylocke, une femme habitée par un amour douloureux, impossible, mais loyal, refuse de renoncer à la mort de cet homme qu’elle aimait. Elle quitte le registre de pimbêche sexy des années 90 pour incarner une femme forte prisonnière de ses sentiments, déchirée entre la loyauté et l’obligation de mettre à mort le danger que Warren incarne.

Son acharnement à le sauver rappelle bien sûr celui de Scott Summers à aider Jean Grey alors que tout l’accable dans la saga du Phénix Noir. Psylocke fait littéralement des allers et retours en enfer pour sauver son amant. Comme un médecin, elle s’acharne avec l’énergie du désespoir mêlé à l’aveuglement à soigner la tumeur mortelle que l’X-Man est devenu. Il est d’ailleurs beaucoup question de cancer dans cette histoire.

Et alors que Cyclope assistait au suicide de Jean, Psylocke dans une séquence marquante tue son amour pour le libérer. Aucune joie sur son visage. De la tristesse , de l’amertume et du dégoût dans ce superbe moment dramatique capté par Jerôme Opena. Les dernières séquences où elle soulage Warren à l’agonie en lui projetant la vie imaginaire qu’ils n’auront jamais sont sûrement les plus lyriques jamais lues chez les Xmen.

L’écriture de Remender peut être irritante. Elle s’encombre de détours agaçants et de tics scénaristiques parsemés de monstres de foires, de créatures grotesques et d’une psychologie des vilains assez sommaire. Techniquement, Remender ne prend pas de risques en décalquant étape par étape la saga du Phoenix Noir : un Xman surpuissant à surveiller qui perd le contrôle manipulé par un vilain et manque de détruire l’humanité face à ses anciens camarades qui ne savent plus comment l’arrêter. Le Phenix était un oiseau de feu, Angel un ange de lumière avant que tous deux ne deviennent noirs.

Mais Remender propose autre chose qu’un remake. Il associe la mort de l’enfance à la mort du rêve de Xavier. En tuant Evan, Archangel est libéré de ses dernières entraves morales et le run de Remender ne parle que de ça : qu’importe le pouvoir sans la sagesse, la puissance sans les valeurs, l’enfance sans la guidance adulte. Evan, Genocide et par la suite les jumeaux Apocalypse sont des enfants pervertis par des choix faits pour eux. Quant à Archangel, il finit détruit et renait sous la forme d’un homme-enfant.

Au final le pouvoir et la responsabilité chère à Stan Lee ne s’applique pas qu’au Super Héros mais à tous les parents dotés d’un pouvoir surnaturel : éduquer un enfant avec bienveillance et compassion pour sauver notre avenir ! Tout ça dans un Comics Mainstream d’une maison d’édition rachetée par Disney spécialiste de l’infantilisme et du gâchis de son patrimoine ? Ouais ! Et ce n’est pas le moindre mérite de cette histoire époustouflante désormais publiée en France !


Onslaught
Onslaught
par Mark Waid
Edition : Relié

3.0 étoiles sur 5 Le père du Crossover moderne, 16 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Onslaught (Relié)
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L’omnibus Panini (épuisé depuis longtemps) est de bonne qualité avec une traduction correcte même s’il est à déplorer la paresse éditoriale de l’époque : aucun résumé pour s’y retrouver dans le bazar éditorial, l’omission des deux derniers épisode des X-Men où Charles Xavier, contre l’avis de ses étudiants se livre aux autorités. Du coup, on le retrouve directement en taule sans que l’on comprenne comment il y a atterri…
Quant au travail de relecture, c’est du Panini haut de gamme puisque les épisodes sont imprimés dans le désordre : Xavier aide les Vengeurs pour ensuite redevenir Onslaught, les Sentinelles sont déployées dans NY avant que 400 pages plus tard elles ne décollent pour la première fois dans X-Factor…Lamentable…
….
Onslaught est resté de mémoire de fan aussi impopulaire que La saga du clone. Et pourtant il définit les règles du Crossover moderne, ce triomphe éditorial sur les histoires des artistes, le même qui aujourd’hui a accouché de Original Sin, AvsX, Axis ou Secret Wars.
Pourtant 20 ans après, Onslaught n’est pas si mauvais. Je dirais même plus : il est doté de qualités majeures qui occultent le travail d’autres auteurs plus prestigieux, respectés ou hype.
Remettons nous dans le contexte : en 1996, Marvel approche du dépôt de bilan ! Lorsque sort Onslaught durant l’été, il ne reste que 5 mois à Marvel avant d’être racheté par Toy Biz qui enclenchera une chaîne d’événement amenant Joe Quesada et Bill Jemas aux rennes de la Maison des Idées.

Pour l’heure, la seule franchise qui maintient Marvel à flot, ce sont les X-Men. Et derrière, il y a Scott Lobdell, l’homme qui fit du Chris Claremont mieux que Claremont lui-même (le vénérable papa des Xmen modernes sera infichu par la suite de pondre des histoires convenables lors de ses comebacks multiples), celui qui rangea le bazar semé par Jim Lee, Liefeld et Portaccio qui partirent fonder Image.
C’est aux mêmes, que Marvel fera pourtant appel à la fin d’Onslaught pour relancer Iron-Man, les FF et Captain America. Pour rappeler les traîtres d’Image qui n’auront cessé de cracher dans la soupe, Marvel était réellement aux abois.

Il n’en demeure pas moins qu’il faut inventer une menace capable de tuer tous ces personnages pour ce qui sera le premier pas vers une longue série de Reboot…
Marvel se rappelle alors qu’au sortir de l’Âge d’Apocalypse est annoncée l’arrivée d’un vilain à la puissance sans égale et dont l’identité reste mystérieuse : Onslaught. L’occasion de se rappeler que depuis quelques années, un sub-plot introduit durant l’arrivée de Bishop annonce qu’un traître au sein des X-Men assassinera ses amis.

Lobdell qui tisse patiemment sa toile va articuler tout ça de manière admirable : X-Cutionner’s song donne naissance au virus legacy qui plonge les Xmen dans le chaos. Cette chaîne d’événements va pousser Xavier à tuer Magneto. Le pacifiste Xavier va alors connaître alors une série de revers qui vont éprouver la validité de son rêve d’utopie : Legionquest, la souffrance de Wolverine privé de son adamantium régressant à l’état animal, son échec à réhabiliter Sabretooth, le succès du fasciste Graydon Creed aux élections présidentielles, les terroristes morlocks Gene Nation qui ont tué une centaine d’humains : les X-Men passent d’échecs en échecs et le point de non retour arrive pour Charles Xavier. Onslaught peut commencer.

Le lecteur de cette époque garde en mémoire une cohérence des événements assez brillante. Les Xmen qui sortent sans aucun souvenir de l’Âge d’Apocalypse ignorent totalement que l’existence même de Charles Xavier évite au monde de sombrer dans le chaos. Alors que le retour à notre réalité est un vrai soulagement pour le lecteur qui a passé 4 mois en enfer avec son lot de charnier, de héros sacrifiés et de camps d’extermination, Charles Xavier lui arrive à saturation ! Il ne croit plus en lui, ni en son équipe. Un mutant est tué aux portes de son école tandis qu’il assiste impuissant à son agonie. Sabretooth s’est échappé en éventrant Psylocke, donnant la pleine mesure de son arrogance à accueillir le psychopathe contre l’avis de ses élèves. Victore Creed est désormais imposé par le gouvernement pour intégrer avec Mystique X-Factor, l’équipe fédérale chargée de pacifier les relations entre humains et mutants….Ambiance…

Le prologue de Mark Waid est brillant : Jean Grey, son élève la plus fidèle explore les tourments de son mentor qui, derrière son apparence stoïque, refoule de violentes émotions: une pulsion sexuelle pour Jean Grey (présente dès le X-Men 1 de Stan Lee et passée vite fait à la trappe), la rage d’une enfance humiliée par Caïn Marko son demi-frère, ainsi que les remords d’avoir réduit son ami Magnéto à l’état de légume….Contrairement aux héros d’aujourd’hui, le recours à la violence de nos héros était exceptionnel et avait de réelles conséquences.

C’est ainsi que dans une séquence inoubliable, Xavier devant un journal télévisé explose de rage et libère l’entité Onslaught : la somme de sa rage et de sa frustration. En fait, la manifestation psychique de la dépression du plus puissant télépathe du monde. L’affrontement va s’avérer passionnant : le raccord avec l’histoire du traître des X-Men est parfait, et personne, personne ne l’avait vu venir. Les élèves vont devoir lutter contre celui qui les a accueillis, aidés, formés. Le premier coup sera porté par Scott Summers, qui affronte à contre-coeur son père spirituel. Quant à Wolverine, il fera preuve tout au long de cette saga d’une émouvante loyauté : le psychopathe des Xmen veut sauver à tout prix celui qui a réveillé le héros en lui et qui a risqué sa vie pour le sauver mourant aux pieds de Magnéto.

Malheureusement, la logique éditoriale vient ternir le tableau….Ce qui arrive n’est pas tout à fait la faute de Xavier. Il s’agit de disculper notre héros, car, Marvel oblige, il faut toujours un élément magique, mystique, démoniaque pour permettre le retour au statu quo sans trop de bobos…On apprend alors que Onslaught résulte de la rencontre sur le plan astral des mauvaises pulsions de Xavier avec la haine de Magnéto. La manoeuvre est pourtant habile: les deux frères ennemis sont ainsi liés à leur insu, et l’acte de violence de Xavier envers le maître du magnétisme prend une tournure aussi inattendue que dramatique.

Suite à un affrontement épique et magnifiquement dessiné par Adam Kubert, les Xmen sont KO debout mais dignes comme jamais. Leur formidable solidarité a permis à Bishop d’être acteur du changement de sa ligne temporelle. Il parvient à sauver les Xmen et sa continuité mais la victoire est amère: le meurtrier est en fuite, c’est leur ami Charles Xavier, personne n’envisage de le tuer parce que…c’est leur ami quoi !

On l’a vu, l’affrontement intime entre les Xmen et leur papa va devoir céder le pas aux urgences éditoriales de l’époque : sortir les Vengeurs, les FF et Hulk de l’échiquier. Mais pas seulement. Il s’agit aussi de ramener Peter Parker et terminer une saga du clone qui a fini par exaspérer les lecteurs les plus patients. Autrement dit, comme souvent, une bonne idée va être étirée jusqu’à plus possible pour arranger les projets éditoriaux de Marvel. Et ce qui commença de manière géniale comme un affrontement Oedipien va vite tourner au vinaigre.
Si l’idée est plutôt bonne (Xavier devenu fou veut établir la dictature que ses élèves ont su éviter), la réalisation est laborieuse. Tout d’abord parce que l’exercice du genre impose de nombreuses parenthèses dont on a que faire : comme d’habitudes les crétins de la X-Force ne font que bouffer du papier, Warren Ellis continue d’être à la masse pour X-Calibur, X-Factor souffre des dessins pénibles de Jeff Matsuda, et les aventures en solo du Juggernaut et du…bouffon vert n’avaient déjà aucun intérêt à l’époque.

Pour retrouver la dynamique du récit, il est possible d’amputer l’histoire d’au moins sa moitié. Une fois recentré sur les séries principales,Onslaught est appréciable. Cable rendu intéressant par Jeph Loeb y affronte Hulk et se découvre des points communs avec le géant de jade : une volonté de tous les instants qui doit permettre à Banner de contrôler le monstre en lui tandis que Nathan Summers doit lutter contre le techno-virus. Quant à Wolverine, Frank Castle et Spider-Man, ils utilisent leurs pouvoirs limités face à une telle menace pour aider les civils persécutés par les sentinelles dans des épisodes de belle facture.

Alors que l’affrontement contre Oslaught s’avérait passionnant, le milieu du récit subit toutes les avanies possibles. On nous présente un personnage ultra-puissant qui ne fait pas grand chose que rester assis au sommet de sa citadelle à tenter de soumettre, -tousse, tousse-, un gamin de 5 ans….Le plus puissant télépathe du monde n’est pas capable de mater ses adversaires ou tout du moins oublie de le faire…Il balance une formidable onde de choc éléctro-magéntique sur NY laissant supposer que de nombreux civils sont tués dans l’affaire et puis, il semble attendre….on ne sait pas quoi en fait…la fin du récit ?

Car le scénario implique que les héros meurent tous ensemble lors de l’assaut final. Il ne peut donc entre temps avoir que des assauts sporadiques souvent inefficaces…. Alors, pour passer le temps, Onslaught se métamorphose : Xavier en Onslaught, Onslaught expulse Xavier pour une deuxième transformation avant d’entamer son ultime incarnation : un être d’énergie pure….

Dès le début l’apparence du vilain prête à sourire ; le casque de Magnéto, l’armure psionique de Xavier porté contre le roi d’ombre, les griffes de Sabretooth, Onslaught ressemble la plupart du temps à un cafard géant avant d’adopter une tête de mort pour sa deuxième transformation….

Votre serviteur plaida l’indulgence : à l’époque la planète Geek se passionne pour la série Dragon Ball Z où le gentil Goku affronte le vilain Cell qui ressemble à un scarabée et connaît lui aussi de nombreuses transformations. L’onde de choc que balance Onslaught ainsi que son look ne dépareillerait pas dans un affrontement contre les super sayens. On jurerait presque entendre le vilain faire grimper son Ki en hurlant : « Aaaaaahhhh! ». Quant à Joe Madureira et Carlos Pacheco, les dessinateurs principaux des X-Men et des FF, ils introduisirent sans ambivalence un style manga dans leurs comics books.

Lorsque au détour d’une page des FF, Jane Richards retrouve la poupée Goku de son enfant, le doute n’est plus permis : et si Onslaught était une incursion déguisée dans le monde de DBZ : un vilain capable de faire sauter la planète, des transformations et des fusions, mais on est pas chez Toriyama là ? En adoptant le récit de ce point de vue, c’ est plutôt efficace.

Pourtant l’affrontement final contre le vilain ne manque pas de panache. Il est répété tout au long d’une histoire que ce combat marque la fin d’une ère, celle des héros. Il est clairement annoncé que tous les héros hors mutants vont mourir. Pour autant, on peut aussi y voir un aveu prémonitoire de la fin d’une époque : celle du classicisme super héroïque où les familles de héros collaboraient ensemble en bonne intelligence, avec du respect mutuel et ayant à coeur d’épargner toute vie humaine, même celles qui leur pourrissaient la vie.

Après les centaines d’ersatz de la Civil War que Marvel nous a fait déglutir depuis 10 ans, relire Onslaught possède un charme un peu rococo : les Avengers survolent le manoir dévasté des Xmen angoissés que leurs amis y aient péri. Scott Summers et Captain America unissent leurs forces, Thor défend l’honneur de Charles Xavier, Les X-Men admirent la cohésion des Fantastiques, les Vengeurs viennent épauler les mutants et se sacrifient pour eux…Mince, mais, c’est pas ce que l’on appelle de l’héroïsme ça ? Un truc pur et désintéressé ? Une conception qui mènera Marvel à la faillite ouvrant la voie à l’avènement de Millar et de Bendis qui en introduiront du réalisme séduisant au prime abord mais dont le système montrera à son tour toute sa limite au fur et à mesure.

Pour une histoire que tout le monde critiqua, il convient de dire quand même que du Shadowland de DD à AvsX, les scenarii ont repris à la lettre le pitch d’Onslaught. Quant à Onslaught, le personnage proprement dit, après un come back minable chez les Avengers, on l’a revu récemment sous la plume de Rick Remender pendant Axis…Un événement assez médiocre qui vint ruiner le travail admirable de Remender sur les Xmen. Comme si le nom d’ Onslaught devait rester éternellement associé à la ruine des mutants….


Wolverine Epic Collection: The Dying Game
Wolverine Epic Collection: The Dying Game
par Larry Hama
Edition : Broché
Prix : EUR 32,47

3.0 étoiles sur 5 Sans Hamanantium.., 16 mai 2016
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Lorsque commence ce volume au #87, le pire est encore à venir pour Wolverine. Conscient que sa place est auprès des Xmen, il rentre à l’hôtel Xavier. C’est l’occasion pour lui d’affronter Sabretooth, prisonnier volontaire des X-Men qui tentent de le réhabiliter.

Victor Creed s’en sort amnésique mais Wolverine réalise que ses actes l’ont fait régresser à un état animal. Craignant d’être une menace pour ses amis, il vit désormais dans les bois comme la bête errante post Weapon X. En plus de lutter contre ses pulsions animales, Wolverine va devoir affronter les Dark Rider, Genesis, et subir une nouvelle greffe d’adamantium histoire de stopper les hurlements des conservateurs pour qui Wolverine est inimaginable sans son squelette de métal….

Le thème en filigrane de ce run est…le voyeurisme ! Le même que celui de Fenêtre sur cour ! A chaque épisode, un télépathe, un scientifique, un vilain ou…les X-Men pénètre l’esprit ou le corps de Logan pour en percer le mystère. C’est assez malsain pour du comics mainstream mais audacieux après réflexion. Que ce soit pour le lecteur ou la Marvel, Logan est une énigme, un….animal à disséquer ! Une thématique que Larry Hama va explorer comme personne ! Nous sommes encore loin de la débâcle Wolverine Origine où tout et surtout presque rien d’intéressant n’était révélé…..

Ses scenarii sont souvent des scripts à peine élaborés, où les doubles pages permettent de bouffer du papier sans trop se fouler, le comble étant le #98 contre Chimera où le lecteur a à peine 19 pages à lire. Certaines histoires mettent en scène des combats old school qui rappellent le Spider-Man des 70′s : une continuité étirée entre des épisodes sans arc narratif délimité avec un vilain à affronter par épisode.
Ajoutons à cela des Sub-plots à la Claremont qui s’éternisent tellement qu’on ne sait plus où ils ont commencé et leur aboutissement:

Et pourtant, malgré la vitupération encore visible sur les forums du net, on a bien à faire à du Wolverine d’excellente facture. Depuis le début de son association avec Marc Silvestri, Larry Hama excellait à écrire des récits d’aventures musclées sous fond de Bushido, de complots de la CIA , mais aussi de drames sociaux, de message écologique, de violences conjugales, de jeunes en érance, de brutalité policière ou de plaidoyer contre la souffrance animale.

Sans oublier d’explorer comme personne, la relation ambivalente entre Wolverine le petit brun ténébreux contre Sabretooth le géant blond sadique. Tout au long de son run, Hama n’en finira pas de brouiller les cartes entre ces deux là en explorant tous les aspects de leurs personnalités . Sabretooth est d’abord pressenti comme le père de Logan. Il est ensuite son compagnon d’arme durant la guerre froide, avant de devenir son frère ennemi.

Et Hama d’entretenir un jeu de miroir fascinant: Wolverine c’est la bête sauvage dont personne ne voulait dans l’équipe et qui finit par s’humaniser grâce à Charles Xavier. Au fur et à mesure que l’histoire de Hama progresse, Wolverine apprend que l’adamantium bloquait son évolution naturelle vers un état de plus en plus sauvage. Et de moins en moins fiable.

Ce recueil contient de très bonnes histoires où ses amis X-men ne reconnaissent plus le dur au coeur tendre de l’équipe. L’essence même du personnage est respectée. Wolverine, c’est le type qui se déteste intrinsèquement, pas assez méchant pour être un vilain, trop violent pour être totalement bon. C’est surtout le type qui ne comprend pas que l’on puisse l’aimer. Souvent bouleversé par l’amour que lui témoignent Kurt Wagner, Peter Raspoutine et Ororo Munroe les trois âmes les plus pures des X-Men.

Que ce soit chez Claremont ou Hama, les X-Men sont les conseillers de Wolverine, ceux qui lui permettent de ne pas dépasser les bornes, la part noble de son humanité.
Hama fait sans doute du old school, un truc qui sera par la suite ridiculisé par Grant Morrison, mais pour le coup les relations entre les personnages sont authentiques et jouent à fond sur leur volet symbolique: Nightcrawler, le catholique à l’aspect de démon suit son ami jusqu’en enfer pour lui éviter d’y rester; Storm, déesse de la vie reconnait en lui son volet féminin en offrant à cette grosse brute….une fleur hybride avant de partir en pique-nique à l’assaut des rocheuses canadienne ! Un épisode magique où nos amis ne font rien que contempler la nature, manger des Marshmallows. En écho à la mini série de Miller, Logan refuse cette fois-ci de tuer un ours blessé. Et lorsque au comble de la souffrance, il se libère de l’emprise de Genesis pour sauver le jeune Sam Guthrie, il est évident que Logan, c’est le type sur qui l’on peut compter, celui qui à l’agonie trouvait la force de sauver Jean Grey après le terrible combat contre Magneto.

Inversement, Victor Creed vit en permanence l’état sauvage que Logan combat. Celui que Charles Xavier ne pourra pacifier. Le seul qui ironiquement atteindra une stature de héros dans l’Ère d’Apocalypse, un monde justement débarrassé de Xavier ! Creed c’est le sauvage indomptable sans l’aura romantique, c’est le chien qui mord la main qui le nourrit, c’est tous les défauts de Logan sans ses qualités. C’est aussi ce que Wolvie repousse parce que trop séduisant: la liberté à l’état pur, sans conflit moral, sans entraves, sans amis pour le brimer. L’individualisme agressif, une liberté triste et sans saveur que Victor Creed accueille non sans lucidité.

Pour le numéro 100, Hama refuse de donner aux fans ce qu’ils attendent ! Contre toute attente, Logan rejette la greffe ! Le message subliminal va au delà de toutes les espérances ! Wolverine, s’aime comme il est, il n’a pas envie de ce métal qui l’alourdit. Il préfère devenir un animal sauvage que l’esclave de la civilisation. Quitte à être empalé une deuxième fois par ce métal maudit ! Mais au delà de ça, Hama commente son propre voyeurisme et par extension celui de son lecteur. Attaché par des câbles sur la couverture, Logan montre qu’il ne sera la marionnette de personne: ni des vilains, ni de ses lecteurs conservateurs !

Larry Hama amènera le héros si loin que Marvel finira par paniquer ! A la fin de cette histoire, le X-Man le plus populaire de l’histoire est dénué de toute humanité, ses griffes ressemblent à des épines de roses, il ne sait plus parler et surtout…..il n’a plus de nez ! C’en est trop ! Vite ! le bouton reset ! La fin du run de Hama sera bien mou, étouffé par l’obligation d’inclure Elektra dans ses publications à l’époque relancée par Peter Milligan. La Grecque commencera une idylle avec le griffu, totalement dénuée de personnalité, plus proche de Psylocke que la Grecque taciturne….

Après ces épisodes arrivent presque immédiatement l’histoire d’Onslaught qui finalement est intimement lié au drame que traverse Wolverine : en le secourant, Charles Xavier se transforme progressivement en criminel de masse tandis que Logan se transforme en animal sauvage pour sauver ses amis. Les deux ont pour point commun la rage réprimée de ne pas dompter le tigre sauvage Sabretooth avant de devenir plus sanguinaire que lui ! Quant à Sabretooth, il ne retrouvera plus jamais l’aura formidable des années Hama !

Bientôt il retrouvera son adamantium dans un épisode minable signé Erik Larsen (#145) et aucune mention n’a plus jamais été faîte de cette époque dans les histoire qui suivirent. C’est une sorte de tabou, un peu comme les toiles organiques de Peter Parker. Et contre toute attente, cet animal Logan devint un sex-symbol grâce à Hugh Jackman. Mais c’est une autre histoire.Qu’on a pas forcément envie de raconter….


Sandman tome 7
Sandman tome 7
par Neil Gaiman
Edition : Broché
Prix : EUR 35,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 The dream is over !, 7 mai 2016
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Les admirateurs de Neil Gaiman le savent : Sandman, c’est plus qu’une simple lecture, plus qu’un divertissement,osons ! plus qu’un Comic-Book ! C’est une expérience existentielle venant bousculer son lecteur dans ses conceptions de la vie, de la mort et de tout ce qu’il y’a au milieu.
Il était donc naturel que Neil Gaiman offre en conclusion à son audience les funérailles de Dream, suicidé dans le tome précédent. En tutoyant son lecteur, Gaiman l’investit comme jamais en le faisant participer aux adieux au dieu souvent odieux du rêve. Tout simplement , en mettant en scène les rêves de son auditoire.

Il s’agit donc d’une élégie : celle de Morpheus, le sombre et romantique aussi brutal que raffiné, qui aura refusé de s’humaniser d’avantage que son infinie nature l’autorisait. Magique ! Plus Gaiman complexifie son propos, plus il semble limpide, tant les portes d’entrée pour l’interprétation du lecteur sont multiples.
Oui ! Dream est mort ! Mais il vit désormais en Daniel, l’enfant né dans son royaume. Daniel, ce prophète qui dans La Bible était doté du pouvoir d’interprétation des rêves. Daniel, désormais White Sandman, doté d’une compassion immédiate et avare de vengeance à l’inverse de son prédécesseur. Daniel à peine intronisé plein d’affection pour ses sujets, osant des gestes tendres envers eux, pardonnant aux ennemis de Morpheus. La continuité dans le changement….Ce changement indispensable à la continuité.

Car on ne tue pas une idée, on ne tue pas un rêve. Daniel devient cette autre conception du rêve. Une version voulue par Morpheus qui aura écrit cette partition sans vouloir l’incarner. Une divinité réconciliée avec l’humanité et ses tourments. C’est beau, c’est subtil, et cette écriture parle à tout ce que le lecteur porte de vrai en lui. Cette conception du rêve, c’est aussi celle de l’art et du Comics en général.
Jusqu’au bout, Sandman aura été le médium réfutant les codes en vigueur sur le marché. Une histoire qui commençait en annonçant d’emblée la mort du héros. Une histoire qui accepte avec sérénité la nécessité de mourir pour donner un sens aux joies et aux peines de l’existence. Une séquence magnifiquement illustrée par Gilbert, le rêve bienveillant et paisible qui refuse sa résurrection pour ne pas gâcher sa mort.

A l’image du comics mainstream, Gaiman reconstruit tout par magie après le carnage de l’arc précédent…Tout est réparé pour être mieux abandonné, car tout change malgré les apparences. Le lecteur est donc amené à faire ces adieux à ce monde, à ces personnages, à cet univers où chacun y va de son adieu ou parfois de son silence. La cérémonie prend à la fois des airs naturalistes avec un couplet sur la vie de la famille pour ensuite prendre un tournant fascinant d’onirisme : un linceul se transformant en cadavre, le corps de Dream sur un cygne noir se transformant à son tour en heaume avant de devenir enfin une étoile. Toute cette scène étant observée par Orphée, son fils, cause et conséquence de sa perte.

Tout ceci est magnifié par les dessins de Zulli qui après les dessins torturés, obliques et violents de Marc Hempel propose des planches aérées, sereines, lisibles. Tout s’y distingue facilement, les personnages sont charnels pour achever notre conviction de leur existence. Comme une cérémonie familiale regroupant des membres perdus de vue, Zulli propose de retrouver à cette cérémonie le premier Sandman, celui créé par Kirby et Simon, on y croise Alice Cooper (la BD duquel travaillaient Gaiman et Zulli à l’époque), mais aussi Clark Kent, Batman et…Darkseid !
L’appréhension de Daniel à rencontrer à sa nouvelle famille permet de créer une forte connivence entre le personnage et son lecteur : voici un personnage vierge qui découvre un univers inconnu sur lequel il est appelé à régner sous les yeux de son lecteur. Un lecteur qui l’accompagne de toute sa bienveillance, riche de la sagesse accumulée au fil des années grâce à la série. Où le lecteur apporte autant aux créations de bulles et de papiers que l’inverse. Le tout se terminant sur une fin magique, si simple, si évidente qu’elle en est par delà les mots.

C’est à Shakespeare que Gaiman accorde le privilège de clôturer sa série. Celui dont les mots auront fait rêver des siècles d’humanité. Nous le retrouvons au soir de sa vie en pleine rédaction de La Tempête, cette pièce où interviennent magie, manipulation et apaisement. Will y côtoie brièvement Dream qui s’identifie à Prospero : un seigneur tout puissant en son royaume à la fois refuge et prison.

Sandman, c’était donc ça : un comic-book qui dans les années 90 proposait de mettre sur le marché de la bande dessinnée américaine William Shakespeare à côté des Xmen, Batman ou Spider-Man sur les présentoirs. L’excellence a ceci d’agaçant : une fois découverte, tout devient plus fade, tout semble devoir changer, notamment les Comics de Super Héros qui n’en donne que l’apparence.

Une expérience d’une dignité inoubliable qui mettra la barre tellement haut en terme de médium universel que bien des tâcherons du marché s’en brûleront les ailes à tenter d’atteindre ce niveau de perfection ultime.
Parce que Gaiman est un raconteur tandis que beaucoup d’autres ne sont que racontars….


Etrange Vie De Nobody Owens T02
Etrange Vie De Nobody Owens T02
par Philip Craig Russell d'après Neil Gaiman
Edition : Relié
Prix : EUR 17,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Best of, 2 mai 2016
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Dans ce volume 2, l'adolescence approchant, Bod souhaite s'aventurer hors du cimetière pour aller à l'école, manger des pizzas et trouver l'assassin de ses parents. Il accomplira ses trois taches avant de connaître une fin un peu convenue.

Lorsque l'on connait un chouia son Sandman, impossible de ne pas rapprocher ces deux oeuvres: Gaiman y parle de l'inéluctabilité du changement, c'est son obsession, et elle est ici plutôt bien illustré. Morpheus était entouré de sa famille : Les Infinis. Bod converse avec des esprits immortels dans un cimetière qui rappelle le royaume de Dream; un univers où il règne à la fois en maître absolu et en prisonnier. Car l'infini, c'est long et aucune vie ne saurait se contenter d'une temporalité figée.

Dans Sandman, Morphée est emprisonné dans une cage en verre durant 70 ans. A sa sortie, son premier réflexe est de regagner la sécurité de son royaume avant de réaliser que cette épreuve l'a tant humanisé que sa nature d'Infini ne lui permet pas de supporter ce changement. Il confie son royaume à un enfant avant de disparaître. Le schéma dans Nobody Owens n'en est pas si éloigné.

Silas, le vampire ressemble à Dream : drapé dans sa cape noir, avare de démonstration d'émotions, il est une créature immortelle en quête de rédemption de crimes antérieurs. Il élève Bod dans ce royaume-prison dont l'enfant ne peut pas sortir faute d'être assassiné. Bod qui pourrait être amener à jouer le rôle de Daniel dans Sandman : un disciple lavé des pêchés du père amené à régner sur une terre inconnue des mortels.

Mais alors que Sandman se termine avec le suicide de son héros, Bod lui prend son envol. Il effectue en fait une subtile inversion du parcours humain: il quitte un cimetière pour découvrir la vie. Certaines de ses aventures évoquent aussi le premier volume des aventures de Death : réincarnée dans la peau d'une adolescente souriant, la Mort découvre le plaisir simple de manger un hot-dog tout en étant poursuivie par une sorte de croque mitaine qui souhaite la capturer. Bod quant à lui découvre les pizzas tout en jouant un jeu dangereux avec les Jacks, une secte millénaire pratiquant la magie noire.

Silas face au Jack jouent à chat dans une maison-prisonSilas et Jack jouent à chat dans une maison-prison
C'est d'ailleurs à mes yeux le point faible du récit que Gaiman caractérise en quelques pages, histoire d'avoir des méchants sans réelle consistance, et dont l'affrontement est cousu de fil blanc. On frôle parfois le Kitsch avec les histoires de Vouivre sur lesquelles il ne vaut mieux pas s'attarder. Bod est attaqué dans son royaume par des furies qui menacent de tout détruire. En (nettement) moins bien, on se rappelle de l'affrontement entre Dream avec les Bienveillantes. Et puis, Silas tenait le Jack à sa merci 15 ans auparavant et le laisse partir.

Enfin, par moment l'innocence de Bod affrontant un vilain sorcier/fantôme pour les beaux yeux d'une nénette rappelle la lutte de Steven contre le Showman de Last Temptation : une menace ancestrale noyée derrière les apparences d'un fait divers pour laquelle Bod/ Steven doit consulter les archives d'une bibliothèque pour en percer les secrets. Le Showman volait le potentiel de ses jeunes victimes pour les enfermer dans son royaume, les Jacks en assassinant de jeunes enfants enferment Bod dans un cimetière pendant quinze ans.

N'ayant pas lu le roman original de Gaiman, il n'est pas possible de savoir si Russel n' a pas omis de développer certains passages : que ce soient les Jacks ou la lutte souterraine de Silas contre cet ordre, tout est maladroitement amené et conclu. Il n'en demeure pas moins que cette Histoire de Nobody Owens est à la hauteur de sa réputation et reste du Gaiman de haute volée, accessible et follement divertissant malgré des dessins et des couleurs (je pense à ceux façon manga de Lafuente) pas forcements ragoutants. Ah ? Comme dans Sandman ?


Innocent T5
Innocent T5
par Shin'ichi Sakamoto
Edition : Broché
Prix : EUR 7,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Liberté, égalité, décapité !, 19 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Innocent T5 (Broché)
Retrouvez cet article en intégralité et en images sur le blog Bruce Lit ( brucetringale.com), le rendez vous des amoureux des Comics Mangas Bd.
Cet article portera sur les tomes 4 à 6. Les tomes précédents ont été chroniqués ici. Le sens de lecture est japonais. Et des spoilers seront présents dans les deux sens de lecture….

Basé sur les faits historiques de l’historien Masakatsu Adachi dans Les Sanson, éxecuteurs des hautes oeuvres, Innocent retrace la vie et la carrière du boureau Sanson qui tua Louis XVI, Danton, Robespierre mais aussi plus de 3000 personnes. Et la question qui tue : un homme que l’on oblige à tuer contre son gré et soumis à une autorité supérieure, à une filiation auquel il ne peut se soustraire, peut il être considéré comme coupable du sang sur ses mains ?
Et de faire de Sanson un humaniste, un fils des Lumières, contraint de mettre ses convictions à l’épreuve face à la sauvagerie des peines de mort de l’époque.
Ces trois nouveaux tomes mettent en scène la vie et le supplice de François Damiens, écartelé pour avoir donné un coup de canif à Louis XV. Accablé par la misère, les impôts injustes, la famine et un fils mourant, Damiens, un homme d’honneur en entaillant le roi, souhaite lui montrer qu’il n’est qu’un homme capable de souffrir comme ses sujets et, de ce fait, de leur venir en secours.

Malheureusement pour Damiens,la Révolution Française n’aura lieu que 32 ans après sa mort. Celle-ci prouvera prouvera que le Roi n’est pas un descendant de droit divin mais un justiciable comme les autres. Toujours est il qu’en 1757, la peine prononcée contre un régicide est épouvantable : torture, mutilation à la chaux, os écrasés, écartèlement vivant sur la place publique. Le cadavre est ensuite brûlé, sa maison détruite, sa famille privée de son nom et bannie….

Épouvanté de ce que cet homme va devoir subir de sa main,Sanson va tenter de rendre cette exécution la plus humaine possible. C’est sans compter avec les complots d’arrière cour qui souhaitent faire du trépas de Damiens un exemple dissuasif.
De ce côté Sakamoto n’épargne rien à son lecteur : toutes les étapes du calvaire du condamné sont passées en revue pour prendre le lecteur à la gorge et ne jamais le lâcher.

Innocent est une lecture éprouvante qui ne plaira pas à tous. La peine de mort y est montrée dans toute sa sauvagerie, son immondice, et son inefficacité à combattre ce qu’elle veut enrayer. A aucun moment, le lecteur normalement constitué n’en vient à regretter l’abolition de cette barbarie. Et Sakamoto ne fait aucun effort pour esthétiser la violence et sublimer la mort.

Non content d’être executé pour presque rien, Damiens pour cause de complot politique va être écartelé pendant 1h30 avant de succomber à ses blessures ! Il faudra les premiers hauts le coeur de la foule et l’humanité de Sanson pour mettre fin au carnage. Et Sakamoto de démontrer l’infinie technique de ce porteur de mort dont le professionnalisme n’était pas seulement reconnu par sa capacité à prolonger ou abréger les souffrances d’un supplicié mais aussi dans mille et un détails presque cocasses : vérifier la solidité d’une potence, la fraîcheur de la paille d’un bûcher, la distance de sécurité entre le public et le condamné !

Cet arc est sûrement le meilleur de la jeune série. Outre sa valeur historique, il finit de démontrer la corrélation entre la naissance de l’humanisme des lumières et la révolte contre la peine de mort. Car au final, l’agonie interminable de Damiens serait selon l’auteur la première pierre de la révolution française 30 ans après : la foule venue se délecter d’un divertissement populaire réalise que finalement, ce Damiens était un des leurs et que la démonstration de force du Roi leur est proprement insupportable.

Les archives témoigneraient que ce Damiens dont le roi voulait annihiler le souvenir fut le martyr avant l’heure du Tiers-Etat qui aura le temps de compter les points jusqu’à la décapitation de Louis XVI.
D’un point de vue de l’intrigue, on sent que Sakamoto ne va pas se contenter d’une intrigue uniforme sur un bourreau et ses condamnés. Il introduit des scénettes où l’on entraperçoit le jeune Mozart âgé de 6 ans faire la cour à une Marie Antoinette à peine plus âgée en Autriche. On y parle aussi, d’un jeune musicien encore inconnu JS Bach, dont la musique apaise le stress post traumatique de chaque exécution de Sanson.

Et puis, encore et toujours ce dessin absolument sublime de Sakamoto où rien n’est laissé au hasard : un trait si fin qu’il en est parfois imperceptible, soulignant ici le raffinement de Samson contre une époque qui n’est pas la sienne. La plupart des personnages ont un physique assez inquiétant. Les femmes ressemblent aux hommes et inversement.

Hélas au volume 5, notre auteur sacrifie à quelques clichés en mettant en scène Marie-Josèphe, la soeur cadette de Sanson, sorte de psychopathe armée d’un sabre qui rappelle parfois Hitgirl….
En mettant en scène une proto-punk, capable de glisser de son cheval et de trancher une dizaine de têtes lui tenant…tête, Sakamoto opte pour de l’action, certes divertissante mais fait une concession agaçante à ce que le lecteur a envie de lire : des bastons et des sabres alors que le récit privilégiait jusque là l’intimité d’un récit jusque là parfait.


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