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Contenu rédigé par P-henri Thoreux
Classement des meilleurs critiques: 1.157
Votes utiles : 4396

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Commentaires écrits par
P-henri Thoreux "p-henri.thoreux" (France)
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Hoodoo Man Blues
Hoodoo Man Blues
Proposé par dodax-online-fr
Prix : EUR 10,22

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le Blues est une renaissance, 3 avril 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hoodoo Man Blues (CD)
Il émane de cet album datant de 1965 une fraîcheur vivifiante. C'est bon comme le bon pain. L'âpre rusticité des mélodies et leur traitement basé sur une rythmique délicieusement répétitive agissent à la manière d'un baume térébrant. On se sent littéralement vrillé de plaisir par ces pulsations vigoureuses, et revigoré par l'énergie qu'elles distillent. Le bien regretté Junior Wells rabote avec les aspérités tonifiantes de son chant, la vieille crasse que l'ennui, la lassitude et la léthargie hivernale avaient déposée sur nos têtes fatiguées. On s'ébroue au son de l'harmonica qu'on suivrait les yeux fermés tant il est sûr qu'il ouvre une voie vers le bonheur (sublimation de ce sentiment dans le tendre blues In The Wee Hours, ou encore l'éponyme Hoodoo Man Blues, et Early In The Morning, We're ready...). Les riffs de Buddy Guy ont ce petit air joyeux, sec et aigrelet qui évoque la brise de printemps qui vient vous fouetter gaiement le visage. Dieu que tout cela sonne bien !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 8, 2012 11:18 AM MEST


Zoot Allures
Zoot Allures
Proposé par musea
Prix : EUR 17,99

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Au milieu du désordre, des perles..., 23 mars 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Zoot Allures (CD)
Zappa, drôle de bonhomme. Bourré de talent mais d'une prolixité décourageante, d'autant qu'à une musique par trop extravertie, il avait la fâcheuse habitude de mêler d'incongrus borborygmes, et un cortège de bruits en tous genres, souvent d'un goût douteux.
Cet album, découvert grâce au bon Ramone et à la générosité de son ami Fred, me paraît un des plus maitrisés de la carrière sinusoïdale du père des Mothers. L'extravagance est certes là, au détour de quelques vagissements féminins à la signification équivoque (The Torture Never Stops, Ms Pinky). Mais globalement c'est assez homogène et fluide. Presque reposant ! Pas trop de cuivre et une rythmique assagie qui s'écoule avec une certaine volupté. Outre les morceaux sus mentionnés plus haut, au feeling un peu sulfureux, on retient le beau blues décadent et stridulant de Black Napkins, les feulements feutrés de Find Her Finer, les trémulations jazz-rock de Friendly Little Finger, le Hard Rock lascif débité à la tonne de Wonderful Wino, la délicieuse digression guitaristique éponyme (Zoot Allures) et pour finir un pastiche baveux de disco, non dénué d'humour et de pêche (Disco Boy). Une perle dans le désordre...
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 24, 2012 8:40 PM CET


Talking
Talking
Prix : EUR 23,97

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 De la musique avant toute chose, 13 février 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Talking (CD)
En 1989, quelques trois années avant sa mort, le contrebassiste Red Mitchell a gravé comme une sorte de testament cette somptueuse séance dont il fut la cheville ouvrière. Il a tout d'abord signé cinq des dix compositions. Et sa présence magnifie littéralement la session.
Ce n'est pas que Kenny Barron au piano ni que Ben Riley à la batterie ne soient à la hauteur, mais la puissance, l'expressivité, la tendresse immense de la ligne de basse submergent le paysage musical. Avec la même plénitude que la marée montante lorsqu'elle envahit la plage un soir d'été. La prise de son est moelleuse et bien contrastée, propice à faire vagabonder l'âme au gré de ces splendides pulsations. Les trois artistes très inspirés se renvoient avec délice leurs digressions, au sein desquelles se détache notamment une splendide version du fameux standard de Billie Holiday, Don't Explain. Ne pas trop expliquer donc. Car les mots font tort à l'extase...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 19, 2013 7:39 PM MEST


In The Right Place
In The Right Place
Prix : EUR 10,32

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un jalon sur la route du Sud, 12 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : In The Right Place (CD)
Réédition très opportune d'un album daté de 1973, véritable pierre angulaire dans la carrière de Dr John. Produit par Allen Toussaint, on y trouve tout ce qui fait la saveur du chanteur-pianiste natif de Louisiane. Une musique aux accents funky, mâtinés de boogie-woogie, bien grasse, un peu sale, mais fruitée, sur laquelle traîne et racle une voix narquoise, soutenue par une rythmique languide, pleine de la chaleur du Sud. Dr John jette généreusement de son clavier les notes bien mûres à pleines poignées, c'est facétieux et gai, c'est plein de pirouettes et de fantaisie (entre autres, les délicieux Just The Same, Traveling Mood, Such a Night... )
La remastérisation est efficace. Il persiste un peu du souffle originel des bandes mais le rendu musical très pêchu, bien défini, est des plus convaincants.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 29, 2012 9:36 PM CET


Four!
Four!
Prix : EUR 20,67

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Quatuor en verve, 7 février 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Four! (CD)
Encore une délicieuse pépite Contemporary Records, produite par l'ineffable Lester Koenig, qui permet de retrouver avec plaisir ce son chaud, pulpeux, inégalable, éminemment jazzy qui caractérise tant de sessions magiques de la fin des années 50. Les ingénieurs du son savaient diablement bien poser leurs microphones, lesquels avaient une sensibilité à fleur de membrane si je puis dire... Quel relief, quelle élégance !
Grâce à ces conditions exceptionnelles, le piano de Hampton Hawes a plus que jamais ce ravissant velouté swinguant et désinvolte qui « bope » avec aisance et légèreté. Barney Kessel lui répond avec toute sa verve à la guitare, et on ne perd rien des prouesses d'une section rythmique idyllique associant le facétieux mais si sensible contrebassiste Red Mitchell au puissant et sensuel Shelly Manne à la batterie. Yardbird suite, composition du Bird, ouvre en majesté le bal et se poursuit d'un seul tenant avec There will never be another you. Ensuite une digression pleine d'humour signée Mitchell (Bow Jest) qui s'en donne à cœur joie à l'archet. Suivent deux prises très enjouées (Sweet Sue et Up Blues) puis un émouvant et languide Like Someone In Love.
Avec le titre suivant, joyeux et bondissant, Love Is Just Around The Corner, c'est une envie irrépressible de faire des sauts cabri qui vous prend...
Et pour terminer, deux charmants petits bonus (Thou Swell, The Awful Truth) et le tour est joué.
Mon Dieu quelle joie de s'abandonner à tant de suavité sentimentale. Au chapitre des regrets : que l'extase soit si vite dissipée, et plus encore, que cette époque bénie soit révolue...


Blues
Blues
Proposé par Disco100
Prix : EUR 24,75

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Divine surprise, 30 janvier 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blues (CD)
Oserais-je dire qu'on trouve dans ce disque la quintessence du feeling hendrixien ? Oui, si je me réfère à l'opinion de Billy Cox qui affirmait que « quoiqu'on dise ou quoiqu'on pense sur Jimi, il fut avant tout un maître du Blues... un enfer de bluesman ! »
Le fait est que ces enregistrements au parfum d'outre-tombe témoignent de l'extraordinaire maturité artistique du fameux guitariste et de son sens inné de la note bleue. Born under a bad sign qui résonne comme une sombre prémonition donne une idée de sa puissance expressive. Sur une ligne rythmique lancinante, il déploie sur plus de 7 minutes des trésors de riffs, à se damner. Mais tout est bon dans cette compilation incroyable. Red House, ou Once I had a woman, superbes compositions personnelles, plus une version inédite d'un grand classique, dénommé ici Voodoo Chile Blues : ensorcelant ! Des standards revisités avec génie : Catfish Blues, Mannish Boy, Bleeding Heart...
A côté de l'étincelante mais brève carrière que fit Hendrix au sein de la Pop Music, le côté blues de son art, magnifié ici, est la preuve qu'il était un musicien d'exception, bien au dessus des modes.
L'ensemble est très homogène, de qualité acoustique satisfaisante, et complété d'un DVD documentaire émouvant sur l'artiste.
Un petit retour exaltant vers les sixties enchantées !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 3, 2012 8:29 PM CET


À la Recherche d'un monde meilleur: Essais et conférences
À la Recherche d'un monde meilleur: Essais et conférences
par Karl Popper
Edition : Broché
Prix : EUR 14,80

10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une philosophie optimiste, 26 janvier 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : À la Recherche d'un monde meilleur: Essais et conférences (Broché)
Quel plus bel objectif en ces temps troublés, que ce titre, donné à ce recueil d'essais et de conférences, qui couvrent l'univers intellectuel luxuriant de Karl Popper, ce philosophe si attachant, résolument optimiste, et l'un des plus inspirés défenseurs du modèle de la « Société Ouverte ».
Pour celles et ceux qui craignent l'avenir, qui manifestent une certaine défiance à l'encontre du libéralisme (compris comme l'extension du domaine de la liberté) et qui doutent des vertus du modèle démocratique dans lequel nous vivons, l'enseignement de Popper est vivifiant.

Il est avant tout chose, humble. Non sans raison.
Popper qui fut un épistémologue distingué, fut sa vie durant, hanté par la difficulté qu'il y a de prétendre à l'objectivité, en matière scientifique. Car s'il est possible de démontrer qu'une proposition est fausse, il s'avère impossible de faire de même pour affirmer la véracité d'une autre. La vérité ne peut être établie avec certitude en ce bas monde. « Même nos théories physiques les mieux vérifiées et les mieux confirmées ne sont que des conjectures, des hypothèses fécondes, et elles sont condamnées à jamais à demeurer des conjectures ou des hypothèses. »
Ce simple constat montre combien, en dépit des progrès de la connaissance humaine, reste grande notre ignorance, d'où il découle que « la recherche scientifique est de fait la meilleure méthode pour nous éclairer sur nous-mêmes et sur notre ignorance. »
Cette méthode devrait s'appliquer au domaine philosophique et plus généralement au champ des idées, surtout lorsqu'elles ont pour but de régir nos existences et l'organisation de la société. On éviterait bien des calamités, bien des errements, bien des retards...

Parmi les nombreux sujets abordés dans cet ouvrage, évoquons l'interprétation que donne Popper du darwinisme. Selon lui, deux conceptions s'opposent. L'une est pessimiste. Inspirée par Malthus, elle définit le principe de la sélection naturelle, comme l'expression « d'une Nature rouge sang, tous crocs dehors et griffes dehors (Nature, red, in tooth and claw) ». Selon cette conception déterministe et fermée, qu'on entend souvent par les temps qui courent, la croissance démographique, liée à la rareté progressive des ressources alimentaires, mène à une impitoyable sélection des plus forts. Dans ce processus, même les plus forts subissent la pression de la concurrence et sont contraints de bander toutes leurs forces, jusqu'à l'épuisement. Au terme de cette interprétation, la concurrence débouche donc sur une restriction de la liberté.

Il y a toutefois une seconde vision des choses beaucoup plus optimiste, basée sur le fait que les hommes cherchent par nature à accroître leur liberté.
Par voie de conséquence, ils utilisent la concurrence non pas exclusivement pour se détruire mutuellement, mais "pour développer des initiatives conduisant à de nouvelles possibilités vitales, de nouvelles libertés, et cette pression endogène peut s'avérer plus efficace que la pression exogène qui mène à l'élimination des individus les plus faibles et à la restriction de la liberté même des plus forts."
Cette conception, qui conduit à l'extension de la liberté, est à l'évidence préférable à la première, et constitue la pierre de touche de la philosophie popperienne. Le philosophe voit dans « le franc succès connu par la société de concurrence et l'extension considérable de la liberté à laquelle elle a mené » la vérification expérimentale de son bien fondé.
L'idée fondamentale de cette interprétation, est d'introduire dans la mécanique darwinienne, la notion d'initiative, indissociable celle de liberté. De ce point de vue, l'évolution n'est plus un phénomène passif, subi par les individus. Elle n'est que le moteur sur lequel leur volonté agit librement, en vue du progrès.
Dans cette perspective, à l'inverse de la thèse historiciste hégélienne, l'histoire des hommes devient quelque chose d'ouvert. Et c'est par des conjectures et des réfutations, des essais prudents et des erreurs acceptées et corrigées, que l'avenir s'écrit.

Il y aurait des foules de choses à dire encore à propos du message popperien, tel qu'il apparaît dans ces pages lumineuses et passionnantes, et qui montreraient qu'il se situe résolument à la convergence des grandes philosophies pragmatiques, de Socrate à William James en passant par Locke, Hume, Kant...
Pour conclure cet aperçu, je me contenterai d'évoquer la division schématique, a priori étrange, que fait Popper du monde, en distinguant trois catégories :
Le Monde 1, celui des choses, des objets, des êtres de la Nature
Le Monde 2, celui des concepts, des pensées, de l'intellect aussi bien scientifique, philosophique, artistique. Le monde de la conscience en quelque sorte.
Le Monde 3 enfin, qui définit les objets créés par le génie humain. On y trouve aussi bien les livres, que les maisons, les usines ou les bombes nucléaires, les ordinateurs...

Tout cela procède du même univers naturellement, mais il y a un lien entre le monde 1 et le monde 3. Ce lien qui se situe dans le Monde 2, est la clé de voûte de l'ensemble. Le troisième monde découle du premier par l'interaction du second. Et c'est lui qui donne tout son sens au darwinisme, sa signification au Monde, à la destinée humaine, et in fine à l'espoir...
Si l'expression n'avait pas déjà été usitée bien mal à propos dans un autre contexte, on serait tenté de faire de l'approche poppérienne, un libéralisme à visage humain. Le plus raisonnable est de la qualifier d'humanisme...
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ETON - Mini 400 - Radio Ultraportable AM/FM/OC - Réveil - Housse de transport - Ecouteurs
ETON - Mini 400 - Radio Ultraportable AM/FM/OC - Réveil - Housse de transport - Ecouteurs

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 On a toujours besoin d'un petit radio-réveil..., 24 janvier 2012
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ça peut paraître trivial, mais l'idée d'être réveillé au son d'une bête et stressante sonnerie me répugne. Une douce musique ou bien même les nouvelles au petit matin, c'est quand même beaucoup mieux. Certes le concept du radio-réveil n'est pas nouveau, mais il est très difficile de trouver ce genre d'objet dans une version aisément transportable. La plupart sont de gros engins, peu élégants, pleins de fonctionnalités extravagantes mais en général assez inutiles (projection de l'heure au plafond...), et ils dépendent en général du secteur pour donner toute leur mesure, ce qui suppose un fil électrique mal pratique...
Ce petit appareil, de moins de 100g, aux dimensions lilliputiennes, au design séduisant et à la finition irréprochable, constitue une alternative idéale. Equipé de toutes les gammes d'onde, c'est évidemment en FM qu'il est le meilleur (il n'est même pas mauvais du tout avec les écouteurs offerts, qui permettent d'apprécier la réception stéréo)
Surtout c'est un radio-réveil ultra-léger, et ça c'est vraiment original !
Le rapport qualité-prix est excellent, il est livré avec une sacoche de transport et comprend un bouton de verrouillage qui évite les mises sous tension intempestives (la recherche des stations et le réglage du volume se font par molettes, sans mémorisation ni blocage, et le réglage de l'heure est en 2 X 12, plus ou moins la mention PM pour l'après-midi). Seul regret : l'absence de dispositif lui permettant de tenir debout, ce qu'il ne sait faire tout seul tant il est mince...
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In A Sentimental Mood
In A Sentimental Mood
DVD ~ Zoot Sims
Prix : EUR 22,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le chant du cygne, 21 janvier 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : In A Sentimental Mood (DVD)
Cette petite session intimiste, enregistrée dans le cadre cozy d'une bibliothèque cossue, en Suède, un froid jour de novembre 1984, distille un subtil ravissement.
Zoot, émacié, très fatigué, au bout du rouleau même (il allait disparaître quatre mois plus tard), libère ses dernières pensées musicales, son dernier message, plus mélodieux, plus troublant et fragile que jamais. Juste entouré, superbement, de Red Mitchell à la contrebasse et Rune Gustafsson à la guitare, il s'abandonne à d'exquises divagations sur des thèmes éprouvés (In a sentimental mood, Gone with the wind, 'Tis autumn, Autumn leaves...). Chaque instant est magique et on retient son souffle pour n'en rien perdre tant ici vibre avec douceur l'alchimie cool du jazz...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 21, 2012 8:24 PM CET


Hymne
Hymne
par Lydie Salvayre
Edition : Broché
Prix : EUR 18,30

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 La Légende de Jimi massacrée, 21 janvier 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hymne (Broché)
Cette biographie romancée de Jimi aurait pu être diablement sympathique. Mais elle manque très largement son but. Pas vraiment parce qu'elle n'apprend rien sur la star. L'appellation roman qui qualifie l'oeuvre, prévient la critique... Tout ce qui est asséné au sujet des faits et gestes du héros l'est au nom de la Légende. Un peu facile, mais le plus grave est ailleurs...
Le délire apologétique qui s'étale à longueur de pages est proche de l'insupportable, tant il est redondant dans la louange, tant il charrie de clichés, et tant il donne une image caricaturale et dévoyée de ce génie désarmant.
Faire de la prestation woodstockienne le titre de l'ouvrage, et l'alpha et l'omega de la carrière du guitariste, est déjà gonflant. C'est l'image d'Epinal que retiennent ceux qui connaissent mal ou sont peu sensibles à sa musique. Jimi vaut bien mieux que ces borborygmes informes et stridents éructés au dernières heures glauques d'un festival qui s'achève dans la boue.
Sans s'étendre sur l'oeuvre qui vaudrait effectivement une exégèse, on est loin de l'incandescence qui irradiait à Monterey deux ans plus tôt. Like A Rolling Stone fut un sommet impérissable ! De toute manière, en dehors de ce star-spangled banner déjanté, l'auteur ne semble avoir quasi rien retenu de la trajectoire météorique de Hendrix.
A propos du contexte, on trouve bien sûr tous les refrains éculés de la vieille gauche soi-disant progressiste sur le Vietnam. Y compris les plus faux, accusant Nixon, qui eut pourtant le mérite d'y mettre fin, et pas un mot de reproche pour Kennedy et Johnson, les bons démocrates, qui avaient embarqué leur pays dans l'aventure.
Sur le fond, sur le sens de ces évènements il n'y a rien. Sur les contradictions de l'époque, gavée des bienfaits du capitalisme, ivre du bien-être matériel et de la liberté démocratique, et incapable de vraie détermination pour enrayer la progression infâme du communisme, pas l'ombre d'une esquisse d'analyse. Pourtant les riffs éblouissants de Jimi jettent sur cette période tumultueuse une lumière propice.
Le propos reste désespérément à ras de terre. A longueur de bouquin il ne fait que glorifier la fin tragique de l'artiste, en forme de déconfiture. Pire, il fait de l'artiste le jouet des événements qui marquent sa brève existence. Le mal être de Jimi, l'essence de son chant torturé, seraient explicables uniquement par les vicissitudes de son environnement familial, le racisme omniprésent des méchants blancs, la bêtise générale de l'Amérique, la cupidité de son manager qui le forçait entre autre à se droguer, la vilaine guerre du Vietnam... Mieux vaut en rire !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 22, 2012 8:12 PM CET


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