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Contenu rédigé par P-henri Thoreux
Classement des meilleurs critiques: 1.219
Votes utiles : 4291

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Commentaires écrits par
P-henri Thoreux "p-henri.thoreux" (France)
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Crossroads Guitar Festival 2013 [Blu-ray]
Crossroads Guitar Festival 2013 [Blu-ray]
DVD ~ Eric Clapton
Prix : EUR 15,00

4.0 étoiles sur 5 Derrière les aléas techniques, la grâce..., 12 janvier 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Crossroads Guitar Festival 2013 [Blu-ray] (Blu-ray)
Le Bluray est décidément un standard bien décevant à certains égards. On ne peut discuter le gain important en qualité d'images qu'il apporte par comparaison avec le DVD. En revanche, il est si protégé, si fermé, si exigeant que cela en devient très pénalisant ! Il est quasi impossible par exemple de lire un bluray sur un ordinateur (PC ou MAC). Aucun système d'exploitation n'intègre les fonctions ad hoc, et les logiciels pilotant les lecteurs sont à peu près tous défaillants !
Sur un lecteur dit de salon, ce n'est guère mieux. L'évolution incessante des normes impose une mise à jour régulière des appareils, et certains manifestent vis à vis de ces galettes un comportement pour le moins aléatoire. D'où sans doute la déception de nombre de commentateurs...
Pourtant, avec un matériel adéquat, ce concert est un vrai régal. On pourra certes récriminer sur l'instabilité de la caméra, mais c'est hélas un défaut très répandu de nos jours chez les cinéastes ! Les gros plans ne sont en revanche pas gênants et l'ensemble de la mise en images s'avère très correct.
Au plan musical, le rendu sonore est très soigné, en stéréo ou en DTS-HD. Ce qui permet d'apprécier à leur juste valeur les nombreuses contributions toutes excellentes qui se succèdent durant près de cinq heures !
Les habitués de ces grands happenings consacrés à la guitare, réalisés sous l'égide d'Eric Clapton depuis 2004 (c'est la quatrième édition) reconnaîtront nombre d'artistes, fidèles aux postes. Pour ma part j'ai été particulièrement sensible à la prestation extatique de Gary Clark Jr (Please Come Home). Bien qu'il fut déjà de la partie en 2010, j'avoue l'avoir vraiment découvert à l'occasion de ce falsetto plutôt troublant. Et à la guitare, il a un beau potentiel. Dans le même registre aérien signalons l'interprétation assez époustouflante de l'hymne irlandais Mna Na Heereann, par Jeff Beck, accompagné d'une délicieuse violoniste dont j'ignore le nom et de sa non moins charmante et efficace bassiste Tal Wilkenfeld. Mention pour Sonny Landreth également dont le slide inimitable fait comme toujours merveille (Next Of Kindred Spirit, Congo Square)
Parmi les autres interventions, mentionnons les instants de fraîcheur apportés par le duo composé de Keb Mo et de Taj Mahal (Walkin' Blues, Diving Duck Blues), et ceux produits par Earl Klugh avec ses cordes nylon, accompagnées d'une contrebasse très acoustique (This Time, Mirabella).
Dans le genre un peu plus tonitruant signalons une superbe reprise du Don't Let Me Down des Beatles par John Mayer et Keith Urban. Voix parfaitement posées, et dialogues guitaristiques ensorcelants... Un autre bon standard, cette fois des Stones, Tumbling Dice, associe efficacement le beau gosse Urban, à Vince Gill et au trop discret Albert Lee.
Un peu moins convaincante est la quincaillerie country des Allman Brothers plus ou moins reconstituée autour du rescapé Greg, avec notamment Warren Haynes en guitariste leader. Je préfère plutôt le groove puissant de Los Lobos, ou bien quelques « battles » associant Robert Cray, BB King, Buddy Guy, Booker T, Derek Trucks, Steve Cropper et bien sûr Eric Clapton, un peu vieilli mais toujours impérial...


The rolling stones : sweet summer sun - hyde park live [Blu-ray]
The rolling stones : sweet summer sun - hyde park live [Blu-ray]
DVD ~ The Rolling Stones
Prix : EUR 9,79

5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le crépuscule resplendissant des idoles, 9 janvier 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : The rolling stones : sweet summer sun - hyde park live [Blu-ray] (Blu-ray)
Quarante-quatre ans après l'année mythique, les Stones déboulent à nouveau sur Hyde Park !
A peine croyable ! Le plus vieux groupe de Rock du monde a encore de la pêche assurément...
Devant une foule gigantesque mais sous le charme, les idoles de plusieurs générations enquillent dans un show impressionnant, une bonne partie de leurs tubes les plus fameux. C'est un vrai régal.
Du poignant crépuscule jusqu'au cœur tendre de la nuit, le déluge sonore se répercute sur les vénérables arbres encadrant la scène, et les immeubles augustes bordant l'immense étendue herbeuse alentour.
Les clins d'oeil au passé sont fréquents. Songez qu'à l'époque, en 1969, Mick Jagger avait récité le splendide poème Adonais, de Shelley, en hommage au compère Brian Jones qui venait de disparaître ! Et certains disent que les rockers n'ont pas de culture !
Il ré-enfile la tenue sacrificielle. Une sorte de légère blouse blanche, serrée à la ceinture par une cordelette, qui lui donne une allure équivoque. Il feule, il glisse, il se dandine, il danse, comme au bon vieux temps ! Sa silhouette émaciée mais fluide, a conservé toute sa grâce féline. Et sa voix, nom de Dieu ! Quel mordant ! Quelle énergie ! Quelle jubilation !
Keith Richards a quelques heures de vol. Son style est toujours aussi rustique malgré les pendeloques et colifichets qu'il arbore comme des trophées. En vieillissant cet animal ténébreux se déride, si l'on peut dire. Il est radieux. Il se fait plaisir. A plusieurs reprises Jagger s'éclipse pour lui laisser la lumière. Il s'éclate sur You Got The Silver, sur Happy, sur Before They Make Me Run. C'est moins puissant que la grande bouche, mais il y a bien ce petit goût acide qui dégomme les papilles.
Les autres sont fidèles au poste. Ron le dégingandé, Charlie le discret, et pour l'occasion Mick Taylor, très empâté, mais qui parvient à sortir quelques riffs plaisants sur un Midnight Rambler envoûtant comme il se doit.
On peut faire le reproche classique au groupe lorsqu'il est en concert, de produire un son strident, un peu confus voire brouillon, mais le spectacle est là c'est indéniable. C'est bien l'apothéose des vielles pierres, et leur gloire peut s'affirmer en majesté et avec satisfaction, dans le feu d'artifice qui clôture magnifiquement la prestation.
Un événement sans nul doute...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 8, 2014 2:07 PM MEST


La Grève : Atlas Shrugged
La Grève : Atlas Shrugged
par Ayn Rand
Edition : Broché
Prix : EUR 30,00

11 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Liberté Chérie, 5 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Grève : Atlas Shrugged (Broché)
A la fin des années 50, une bonne partie de la planète subissait sous une forme ou sous une autre, la dévastation du socialisme.
C'est à cette époque qu'un énorme roman entreprenant de démolir méthodiquement cette idéologie vit le jour aux Etats-Unis. Ayn Rand (1905-1982), exilée russe d'origine juive, en était l'auteur aussi inspirée que déchaînée.
Disons tout de suite que cet ouvrage torrentueux, relevait en effet autant de l'imprécation que du récit. Ce haussement d’épaule titanesque (Atlas Shrugged) secouait rudement les canons du conformisme bien-pensant. Mais comment pouvait-il en être autrement pour cette femme passionnée, qui avait connu de près le communisme, qu'elle vit naître, et croître dans sa patrie d'origine ? Les Bolcheviques avaient spolié la pharmacie paternelle, ruiné les espérances prométhéennes que jeune fille, elle nourrissait en un monde meilleur, et tenté de détruire sans le moindre état d'âme, tout ce qui représentait pour elle la force et la liberté de l'esprit humain. Autant dire qu’elle fut vaccinée très tôt et définitivement contre cette calamité.

Pourtant, plutôt que de dépeindre l'enfer concentrationnaire soviétique, Ayn Rand préféra décrire comment cette idéologie peut aussi imprégner en douceur une société libre pour en miner les fondations et en empuantir l'atmosphère. Ce faisant, elle fit des Etats-Unis, pays libéral s'il en fut, le théâtre de cette transformation, et son œuvre se révèle étonnamment visionnaire de ce qui est en train d'arriver à toutes les nations démocratiques « occidentalisées ».

Dans ce roman, le mot socialisme n'est pas même écrit. Pourtant il n'y a pas de doute. Ce mal qui de la première à la dernière page, gagne insidieusement tous les étages d'une société florissante, et qui a la prétention, tout en la pourrissant peu à peu, d'apporter davantage de justice, d'égalité et de progrès social, fait soi-disant de fraternité et d'amour, ce tissu d’âneries sournoises, ce n'est rien d'autre que cette doctrine à laquelle nos gouvernants se targuent d'adhérer corps et âme depuis plusieurs décennies !
Ayn Rand décrit le mécanisme diabolique qui conduit peu à peu à mettre en place le sinistre échafaudage intellectuel qui sous couvert de solidarité et de bonnes intentions, n’aboutit qu’à dresser les gens les uns contre les autres au nom de la lutte des classes et à démolir progressivement tout ce qui fait la cohésion sociale. En offrant notamment en pâture tous ceux qui affichent une réussite trop évidente, au populisme revanchard le plus primaire qui soit. En invoquant dans le même temps le principe trompeur de redistribution sous contrainte étatique des richesses, tout en en planifiant la production par un imbroglio contradictoire de réglementations, de seuils et de quotas. Et bien sûr, en taxant toujours plus les plus aisés, afin soi-disant de réduire les inégalités et surtout de séduire ceux qui sont assez niais pour croire qu'ils peuvent avoir des droits acquis sur les fortunes construites par d'autres qu'eux, grâce à l'audace et à l'esprit d'initiative.

Les esprits grincheux auront beau jeu de relever les longueurs qui plombent quelque peu ce récit. On peut même être rebuté par sa touffeur luxuriante. Il y a des naïvetés également dans la narration des aventures picaresques de ces héros audacieux, qui tentent de s'opposer avec vaillance à l'emprise grandissante d’une froide et prétentieuse bureaucratie dirigiste. La foi inébranlable dans l'individualisme qui les anime semblera caricaturale a certains, tout comme le peu d'élévation spirituelle apparent, caractérisant leur morale fondée sur le pragmatisme.
Pourtant, dans cette fabuleuse odyssée, dans les personnages hors normes qui la peuplent et qui véhiculent cette philosophie, il y a quelque chose de troublant, de vrai, d'attachant, et en fin de compte d’assez bouleversant. Ils sont malgré tout, très humains dans leurs passions, leur manière de vivre et de raisonner.

Tout au long de l'ouvrage, le lecteur est tenu en haleine par une question lancinante : Qui est John Galt ? Sans lever le voile, disons qu'elle sous-tend une inexorable descente aux enfers, jusqu’au paroxysme final, en forme d’apocalypse. L'évidence fracassante est alors révélée au peuple qui sort enfin de sa léthargie. Une roborative tirade qui s'étend sur plus de 60 pages et qui par sa portée messianique, réduit à d'insignifiants vagissements les vitupérations des soi-disant "Indignés", "Altermondialistes" et autres "Occupy".
Les héros prométhéens d'Ayn Rand sont alors en mesure, à l'issue de ce moyen-âge des temps modernes, de propager un message simple, limpide, naturel, appelant à faire en sorte que s’exprime en toute liberté, en toute responsabilité, « ce qu’il y a de meilleur en nous ! »
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (15) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 14, 2014 12:44 AM CET


Lincoln
Lincoln
DVD ~ Daniel Day-Lewis
Proposé par BIKIN
Prix : EUR 7,80

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Une tranche d'histoire un peu formolée, 21 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lincoln (DVD)
Avec sa puissante armada technique, Steven Spielberg se livre à un pesant exercice hagiographique destiné à encenser le président Lincoln, à l’occasion de son combat pour imposer un XIIIè amendement à la constitution américaine, abolissant en 1865 l’esclavage. Le message hélas s’inscrit dans un plat conformisme qui gomme à force de léchage, toute la complexité des problèmes que dut affronter le Nouveau Monde à cette époque.
On pouvait attendre d’un film portant le nom du président américain une perspective embrassant avec un peu plus de hauteur les contours de cette figure de légende. La réalisation empesée, très bavarde, et le clair-obscur dans lequel la plupart des scènes baignent, contribuent à rendre plutôt ennuyeuse cette évocation d’une époque grandiose et tragique de l’histoire américaine. D’autant que les débats qui émaillèrent l’interminable négociation menant au vote des représentants, sont montrés comme tenant plus du marchandage que de la passion. L’ambiance formolée et le rythme traînant de la mise en scène ne facilitent pas la tâche de Daniel Day-Lewis, qu’on a vu plus inspiré. Tout cela semble bien figé, manquant du souffle épique qui eut été nécessaire en la circonstance.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 17, 2014 10:56 AM CET


Le Capital
Le Capital
DVD ~ Gad Elmaleh
Prix : EUR 7,67

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 L'anti-capitalisme primaire à l'oeuvre, 19 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Capital (DVD)
Décidément Costa-Gavras en vieillissant, a l’inspiration poussive et le truisme de plus en plus pesant. Depuis son pénible Couperet, dans lequel il évoquait le problème du chômage avec un regard particulièrement morbide , il semble se plaire à tartiner à la truelle les slogans éculés du Front de Gauche. Il s’attaque cette fois aux banques qui "enrichissent les riches et appauvrissent les pauvres". Punaise, quelle originalité !
La réalisation soignée mais glacée et sans aucune originalité fait défiler les uns après les autres tous les poncifs de la pensée unique anti-capitaliste, qui ravale par principe, le monde de la finance au rang de mafia. C’est tellement caricatural qu’on se demande qui peut vraiment être dupe. Plus c'est énorme, mieux ça passe paraît-il...Gad El Maleh s’efforce, mais sans conviction, de se glisser dans la peu d'un golden boy extra-lucide, à la fois ambitieux, dur en affaires, et incroyablement nigaud (avec les femmes notamment).
Il n'y a vraiment pas grand chose à tirer de cette fable qui se veut horrifique et qui n'est que grotesque...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 3, 2015 6:28 AM CET


True Blue [24bit Ltd.Paperslee
True Blue [24bit Ltd.Paperslee
Prix : EUR 60,33

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Jazz intense, 16 décembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : True Blue [24bit Ltd.Paperslee (CD)
Cette session enregistrée en 1998 fait partie des moments les plus intenses de l'art d'Archie Shepp. Totalement investi dans ces interprétations, il livre des soli incandescents marquant sans nul doute d’une pierre blanche l’histoire du jazz. Il puise son inspiration de manière très éclectique et on retient particulièrement les lamentations déchirantes inspirées de Coltrane (Lonnie’s lament), le feeling à fleur de peau qui sourd d’un air de Cole Porter (Everytime We Say Goodbye) ou de Lawrence et Altman (All Or Nothing At All), le moelleux d’une tendre ballade empruntée à J. Styne (Time After Time), la douce nostalgie d’une chanson de Trénet (Que reste-t-il de nos amours) et l’abandon dans la suavité, émanant d’une délicieuse composition de Billy Eckstine (I Want To Talk About You). Tous ces instants qui s’étirent voluptueusement en vous filant d’ineffables frissons de plaisir sont tout simplement magiques. La formation qui entoure le saxophoniste est idéale. John Hicks s’y révèle plus que jamais un pianiste particulièrement sensible et la section rythmique est parfaitement dans le groove (George Mrasz à la contrebasse, Billy Drummond à la batterie). Un must, superbement mis en valeur par le parfait remixage effectué par les studios japonais Venus.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 7, 2014 10:17 AM CET


FOX FIRE : Itinéraire d'un Gang de Filles
FOX FIRE : Itinéraire d'un Gang de Filles
DVD ~ Raven Adamson
Proposé par videophil95
Prix : EUR 6,91

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Les chemins de la perdition, 16 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : FOX FIRE : Itinéraire d'un Gang de Filles (DVD)
Le principal risque que courent les rebelles contre la société et l'ordre établi est de faire pire que ceux qu'ils sont supposés combattre. Derrière le romantisme se cache trop souvent le spectre hideux des révolutions revanchardes et de la haine. C'est malheureusement dans ce travers navrant que s'enferre ce récit des mésaventures d'une bande d'adolescentes, aussi indomptables que sottes.
Pour échapper à l'ignoble et ancestrale domination masculine, qui comme chacun sait, opprime la gent féminine, ces petites écervelées quittent foyers et familles et entament une dérive qui ne les mènera nulle part, si ce n'est à la folie dévastatrice, émaillée de toutes sortes d'exactions, de rapines et de violences. En bref, elles se mettent a faire aux autres ce dont elles disent avoir souffert, n'hésitant pas à trahir au passage lâchement la confiance de ceux qui tentent de les aider.
Résultat, en dépit d'un certain talent pour reconstituer dans un style très américain, l'ambiance des années cinquante, Laurent Cantet ne parvient ni à intéresser vraiment le spectateur, ni à rendre sympathique ce gang pitoyable de filles perdues, à part peut-être les deux d'entre elles qui cesseront prématurément le voyage pour rentrer dans le droit chemin... Il faut dire que la longueur éprouvante du film se conjugue à l'inanité du combat qu'il dépeint pour contribuer à en détendre les ressorts dramatiques.
On pourrait certes proposer une interprétation différente, en considérant qu'il s'agisse d'un conte moral dépeignant les affres auxquels s'exposent ceux qui font un mauvais usage de la liberté. Mais le ton n'y est pas, l'intensité non plus, donc la crédibilité pas davantage...


Dead Man's Bones
Dead Man's Bones
Prix : EUR 20,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une grâce délicieusement morbide, 26 novembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dead Man's Bones (CD)
Ryan Gosling sait tout faire. Acteur des plus doués, il s’essaya à la musique avant de devenir une star du cinéma. Même à l’écran, on se souvient de son interprétation déchirante du vieux standard “You always hurt the one you love” dans le film Blue Valentine, juste accompagné d’un ukulélé.
Cet album étrange, daté de 2009, dont il signa les compositions avec son ami Zach Shields, est resté unique hélas, car il révélait une vraie originalité.
Un chant lointain, diaphane, se mêle à de séraphiques choeurs d’enfants, pour nimber une musique baroque, à la pulsation térébrante, distillant une poésie délicieusement morbide. Une sorte de pourriture exquise comme celle qui dévore en la sublimant, la pulpe des raisins du Sauternes. Tout cela confère à cet ensemble une atmosphère envoûtante dont on ne sort pas indemne. Sauf à la rejeter a priori, cette musique insinue doucement son spleen mortifère et vous poursuit même longtemps après qu’elle s'est éteinte. Parmi ces perles noires, les plus séduisantes sont celles précisément qui flirtent le plus avec ce capiteux climat de sépulcre : Buried and water, My body’s a zombie for you, Dead Hearts, Lose your soul, Flowers grow out of my grave...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 8, 2014 9:02 AM CET


My Kind of Blues
My Kind of Blues

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un groove prometteur, 26 novembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : My Kind of Blues (CD)
Dès ce premier album, paru en 1998, Nico Wayne Toussaint donnait la mesure de son talent. Quand il souffle avec vigueur et conviction dans son harmonica, il a le groove, il n’y a pas de doute; ça le fait bien, son timbre pêchu, tranchant, chargé d’émotion et d’authenticité. Il sait également jouer de sa voix claire, avec un rien de grasseyant. On pourrait penser parfois à Paul Personne, ce qui n’est pas un mince compliment. A condition d’accepter cette tonalité assez particulière, très frenchie, qu’il faut prendre telle quelle, même si elle n’a pas tout à fait la saveur empoussiérée des grands espaces américains. Il faudrait être insensible pour ne pas céder au charme très prenant qui s’exprime dans certaines compositions personnelles (Give Me A Kiss Baby ou Bye Bye par exemple, qu’il interprète paradoxalement en français, avec une délicieuse nonchalance) ou bien dans cette belle reprise d’un titre de James Cotton, West Helena Blues.
Depuis, Nico a gagné en maturité et en aisance, ce qui lui a donné une stature internationale. mais il a perdu un peu de la fraîcheur qui caractérisait ce premier album. Ce retour aux sources n’en est que plus intéressant...
Notons enfin qu’il est très bien entouré par une petite formation dont se dégage un blues des plus robustes. A la guitare Jeremy Johnson (lead), Phil Schmid (rythmique), Lee Tedreaux (slide), à la basse Billy Black et à la batterie Steve “Slim” Erickson.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 25, 2013 2:36 PM CET


Jack Reacher [Combo Blu-ray + DVD]
Jack Reacher [Combo Blu-ray + DVD]
DVD ~ Tom Cruise
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 11,79

4.0 étoiles sur 5 Il en a, Jack..., 26 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jack Reacher [Combo Blu-ray + DVD] (Blu-ray)
On ne la fait pas à Jack Reacher : rien ne va vraiment dans cette tuerie de sang froid dont on accuse un ancien soldat en Irak, tireur d’élite en mal de cibles. Cinq morts d’un coup, sans mobile apparent, une enquête rapidement bouclée, des preuves trop évidentes, des explications simplistes…
Le rôle de redresseur de torts solitaire, sorti de nulle part, est taillé sur mesure pour Tom Cruise. Dès lors qu’il décide de mettre le paquet pour venir en aide à la charmante avocate dudit soldat, on se doute qu’il va y avoir du raisiné sur le trimard comme disait Victor…
Voilà un thriller au scénario millimétré, mené à un rythme d’enfer, non dénué d’humour, et qui se termine en un face à face poisseux et impitoyable comme au temps du western. C’est bien construit, moral, ça pourra donc déplaire à ceux qui préfèrent les histoires perverses et tordues. N’empêche, c’est bigrement efficace, et ça, c’est difficile à nier…


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