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Contenu rédigé par Johan Rivalland
Classement des meilleurs critiques: 75
Votes utiles : 8417

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Commentaires écrits par
Johan Rivalland (LEVALLOIS-PERRET France)
(TOP 100 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   

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Il conformista [Import anglais]
Il conformista [Import anglais]
DVD ~ Jean-Louis Trintignant
Prix : EUR 10,85

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Monstrueux conformisme, 30 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Il conformista [Import anglais] (DVD)
Il n'y a pas plus insidieux que le conformisme.
C'est ce qui peut mener parfois à la perte de l'empathie ou de tout sentiment de compassion, à l'obéissance aveugle aux règles au détriment de toute forme de conscience, ou à commettre des actes que l'on ne commettrait pas si l'on n'était pas atteint de cette apathie qui en vient à paralyser vos capacités de réflexion élémentaires.

Au début de ce film réalisé par Bernardo Bertolucci, s'adressant au personnage principal (joué par Jean-Louis Trintignant, qui épouse le rôle à merveille), un homme marque sa surprise, lui adressant la remarque suivante (je n'ai pas noté la formulation précise) : "Ce qui est étonnant, c'est qu'habituellement les gens ne veulent pas ressembler aux autres. Vous, c'est le contraire".
Notre personnage s'engage alors corps et âme (sans doute vendue au diable) dans le fascisme.
L'un de ses interlocuteurs commanditaire lui dit alors ceci :"Certains sont motivés par la peur, d'autres par l'argent, ou encore la foi. Vous ne répondez à aucun de ces schémas. Qu'est-ce qui peut donc bien vous motiver ?"
L'homme ne répondra pas. Mais, dès la scène suivante, il apporte la réponse en confiant à un ami que tout ce à quoi il aspire est "avoir une vie normale". S'en suit une réflexion sur ce qu'est la normalité.
Avec l'idée sous-jacente qu'il s'agit d'une vie faite de médiocrité. La finalité étant d'être comme les autres, de ressembler.

Peu à peu, on va comprendre pourquoi, en suivant certains événements marquants de sa vie.
Et c'est cette recherche de "normalité" qui motive le désir obsessionnel de ce personnage à la personnalité complexe d'avoir "une vie fasciste", comme il aurait pu épouser (ou épousera) toute autre cause du moment.

Un film sombre et parfois bizarre, bien filmé, avec de beaux plans et un côté artistique recherché. Une atmosphère malsaine et souvent dérangeante. Comme une envie de se salir ou de refouler des traumatismes profonds chez ce personnage fortement perturbé.
Un réquisitoire contre le fascisme et, au-delà, toute les formes de conformisme (y compris chez des êtres pourvus d'une forte intelligence) desquelles peuvent découler les pires ignominies.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 12, 2015 3:34 PM CET


Le Coeur des ombres
Le Coeur des ombres
par M. A. Mathieu
Edition : Poche
Prix : EUR 3,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 De l'ombre à la lumière, 14 juin 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Coeur des ombres (Poche)
Une fois de plus, même en l'espace de quelques pages à peine (puisque cette série de mini-livres n'en comporte que 24 à chaque volume), l'incroyable et unique Marc-Antoine Mathieu parvient à créer une histoire digne de ce nom, et à nous captiver l'espace d'une très courte lecture de quelques minutes à peine.
Magie de l'inspiration, magie de la création. Chacun a sa part d'ombre. Dans ce monde pourtant en noir et blanc (comme toutes les BD de l'auteur), une fois n'est pas coutume, on a affaire à une atmosphère plutôt heureuse. Ce qui n'empêche le coeur des ombres de se trouver parfois dans des impasses, à la recherche de la part intime d'eux-même qu'ils viendront partager avec leurs congénères, pour former une harmonie salvatrice...
Mais je ne vous en dis pas plus. A découvrir, si vous n'avez rien contre les lectures terriblement frustrantes qui ne durent qu'un temps extrêmement court.


The 100 - Saison 1
The 100 - Saison 1
DVD ~ Eliza Taylor
Proposé par Econline
Prix : EUR 22,49

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Très bonne série SF, 14 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : The 100 - Saison 1 (DVD)
J'aime la Science Fiction. Les séries qui s'y rattachent sont rares ; je ne boude donc pas mon plaisir.
En réalité, le cadre est celui de la SF, puisque le point de départ et une partie des scènes se déroulent là-haut dans l'espace, non loin de la Terre, mais le scénario se déroule pour l'essentiel sur Terre, où ont été envoyés, au péril de leur vie les 100 jeunes gens dont il est question.

Nous sommes, en effet, dans un futur post-apocalyptique. La Terre n'est plus vivable depuis maintenant plusieurs générations (150 ans). Les humains survivants ont pris l'habitude de vivre dans l'espace, au sein d'une réunion de plusieurs immenses stations, en attendant que l'air redevienne respirable sur notre planète. Mais voilà que les systèmes de filtration et de production d'oxygène sont devenus défaillants, malgré leur entretien permanent. La vie est devenue difficile dans la dernière station véritablement viable. Des choix douloureux ont lieu. D'où cette expédition impromptue et en principe assez vaine. Une sorte d'expédition-test, celle de la dernière chance. Avec pour cobayes 100 jeunes gens qui ont eu affaire à la terrible Justice de là-haut et ont été condamnés en dernier ressort à tenter cette expédition folle.

A partir de là, on peut penser à des films récents comme Hunger games ou Labyrinthe, mais dans un contexte et des situations qui s'en distinguent tout de même assez nettement. Le contexte est celui de la survie et le scénario parvient à nous captiver agréablement d'épisode en épisode, n'omettant pas les effets surprises pour lesquels les américains sont si forts (voir mon commentaire sur la série The walking Dead), chaque personnage, y compris parmi ceux qui semblent les plus importants, étant susceptible de mourir à tout instant.

Je n'en dis pas plus, pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte.
Très bonne série de mon point de vue.
Et la saison 2 est encore meilleure... (à suivre)


The Walking Dead - L'intégrale de la saison 5
The Walking Dead - L'intégrale de la saison 5
DVD ~ Andrew Lincoln
Prix : EUR 25,99

13 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Toujours aussi captivant, 13 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Walking Dead - L'intégrale de la saison 5 (DVD)
Le titre me permet de justifier le choix des cinq étoiles, puisque je suis très attaché à la série et suis impatient de voir la suite.
Toutefois, j'ai bien failli tout arrêter après avoir visionné les deux ou trois premiers épisodes et j'aurais été tenté d'ôter au moins une étoile, pour les raisons que je vais expliquer.

Même si j'adhère, exceptionnellement avec cette série, à l'idée très osée du réalisme (voir mon commentaire sur le coffret des quatre premières saisons), avec ce que cela implique en termes de scènes très crues et parfois difficilement soutenables, un cap me semble avoir été franchi avec ces premiers épisodes de cette saison.
On y atteint un niveau d'autant plus insoutenable que cela peut nous rappeler certains événements de notre actualité qui ont tendance à se répéter et sont particulièrement monstrueux et insupportables. Quand un certain réalisme rejoint une certaine réalité...
Et était-il besoin, à la fin de l'un de ces épisodes (je ne sais plus s'il s'agit du deuxième ou troisième) d'insister sur le sadisme particulier du personnage à l'initiative de ce à quoi je fais référence ?

Au moins un des autres épisodes me semble aussi, un peu plus tard, vouloir aller dans le sens d'une certaine surenchère, me laissant craindre un essoufflement de la série.
Par ailleurs, de manière générale la saison semble souffrir par moments d'une certaine lenteur, avec un ou deux épisodes où les scénaristes semblent un peu à cours d'idées et où il ne se passe pas grand chose (moi qui peux être, en certaines circonstances, un adepte d'une certaine lenteur).

Mais, heureusement, pour l'essentiel on a plaisir à retrouver les personnages auxquels on est attachés, on tremble toujours autant pour eux et craint leur disparition (car on sait que n'importe quel personnage important peut disparaître à tout moment, ainsi que je le disais dans mon précédent commentaire). Le réalisme américain, loin du conte de fée et du "tout est bien qui finit bien" (que l'on peut tout à fait aimer par ailleurs, dans d'autres circonstances, l'un n'empêche pas l'autre).

Une saison un peu moins réussie, à mon sens, que les précédentes, qui étaient pourtant parvenues à monter en puissance. Un peu plus inégale, mais de très bons épisodes et un ensemble qui reste de très bonne facture.
Gageons que la saison suivante sera une nouvelle réussite...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 13, 2015 11:58 AM MEST


The Walking Dead - L'intégrale des saisons 1 à 4
The Walking Dead - L'intégrale des saisons 1 à 4
DVD ~ Andrew Lincoln

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une série fascinante, 13 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Walking Dead - L'intégrale des saisons 1 à 4 (DVD)
Je souscris pleinement à l'excellent commentaire de la prénommée Chris, que je vous laisse découvrir et dont je vais jusqu'à reprendre partiellement le titre tout à fait approprié.
Plus que d'un film de zombies, il s'agit ici avant tout d'imaginer ce que nous deviendrions si nous étions confrontés à un scénario (plausible) de fin du monde, comme ici.
Et de nombreux éléments convergent avec un docu-fiction américain que j'avais vu sur un thème identique (les zombies en moins, naturellement).
Car nous sommes bien, en l'occurrence, dans un contexte d'organisation de la survie, pour les derniers humains vivants. Et on peut complètement imaginer ce que nous deviendrions, les terribles difficultés que nous rencontrerions, la complexité à s'organiser, coexister avec ceux qui demeurent en vie et ne sont pas forcément les plus honnêtes, mais avant tout les plus débrouillards, la manière dont nous agirions dans un monde où la morale traditionnelle laisse place à d'autres réalités.

La saison 1 partait déjà fort, offrant quelques frissons dès les premiers épisodes, dans ces paysages inquiétants. Puis, à l'instar des personnages (auxquels on s'attache de plus en plus au fil des saisons), on s'habitue et devient rapidement moins impressionné par les zombies.
Peu à peu, les intrigues évoluent, laissant place à d'autres préoccupations qui s'ajoutent à la vigilance permanente contre les zombies.
Très réalistes, les situations peuvent parfois choquer. Néanmoins, le choix est fait du réalisme (même si cela va parfois très loin).
Dans un monde où plus rien n'est pareil, plus rien n'est "normal", que deviennent les êtres humains ? Comment raisonnent-ils ? Comment se mettent-ils à agir, à se transformer par rapport à qui ils pouvaient être auparavant ? (l'une des dimensions intéressantes est d'ailleurs la disparition des classes sociales, pour laisser place aux valeurs du courage, de l'instinct de survie, de la solidarité ou au contraire de l'égoïsme ou la sauvagerie, mus selon les nécessités du pragmatisme).

Dans ce monde où la confusion règne, et bien sûr la pénurie, il faut constamment être sur ses gardes, et en même temps prendre des risques permanents si l'on veut pouvoir trouver de quoi subsister.
Au sein de cette vision cauchemardesque, des personnages auxquels on s'attache, avec leurs qualités et leurs défauts, leur part d'ombre, leurs moments de témérité et leurs phases de doute profond, voire de déprime. Et surtout, la révélation de caractères, ceux-ci pouvant parfois évoluer de manière inattendue pour les personnages eux-mêmes (dans un sens comme dans l'autre, d'ailleurs). Passionnant.

La fuite permanente, la recherche de nourriture, l'espoir, l'entraide, les chausse-trappes, trahisons, attaques surprises, méfiances, sentiments contradictoires, ... Une tension permanente et un vrai condensé de psychologie humaine. Très réaliste. A tel point que l'on sait que tout personnage, même parmi les plus importants, peut mourir à chaque instant et que le scénario n'hésite pas à aller en ce sens.

Une série qui ne laisse pas indifférent. Très crue, mais très réaliste, sans faux-semblants. Captivante.
Je n'évoque pas, dans le présent commentaire, la saison 5, puisque ce coffret regroupe les quatre premières saisons. Mais je m'en vais rédiger un autre commentaire pour cette dernière...


La mutation
La mutation
par Marc-Antoine Mathieu
Edition : Poche
Prix : EUR 3,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Cucurbitassae Decorantum, 13 juin 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La mutation (Poche)
Marc-Antoine Mathieu a le chic pour nous envoyer toujours dans des mondes lugubres à l'atmosphère étrange et toute soviétique. Et pour nous concocter des scénarios bien à lui, reposant sur une mécanique implacable. Avec des personnages discrets, assez solitaires et introvertis, fondus dans le moule d'une société grise et peu reluisante.

Même ici, dans les 24 petites pages qu'autorise cette collection de mini-livres qui se lisent forcément très vite, il parvient à créer une histoire à part entière, toute dans son style. Une histoire qui a du sens. Mais dont hélas je ne peux rien vous dire, sous peine de vous dévoiler l'essence-même de ce qui fait l'intérêt de la collection : découvrir, se laisser entraîner et apprécier en peu de dessins et peu de mots ce qui pourrait se décliner presque comme une poésie, mais ne s'y apparente pas.


Piketty, au piquet ! Le Capital au XXIe siècle - Enquête sur une imposture
Piketty, au piquet ! Le Capital au XXIe siècle - Enquête sur une imposture
par Frédéric Georges-Tudo
Edition : Broché
Prix : EUR 16,95

18 internautes sur 29 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Indispensable, 13 juin 2015
Ainsi que le rappelle Frédéric Georges-Tudo en préambule, l’ouvrage de Thomas Piketty s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires depuis sa sortie en septembre 2013. Il a également occupé la première place des ventes aux Etats-Unis pendant plus d’un mois.
Il s’agit, selon lui, du livre de tous les superlatifs. En effet, celui-ci a eu droit à un concert de louanges, jusqu’à être considéré par le magazine Esquire comme « le livre le plus important du XXIème siècle ».
Il est écrit, qui plus est, par un économiste universitaire reconnu, dont les titres devraient représenter un gage de fiabilité.

Comme le relève l’auteur du présent ouvrage, pour les admirateurs les plus fervents de Thomas Piketty, à propos des nombreuses contestations d’économistes auxquelles l’ouvrage a donné lieu, « de telles « querelles » d’universitaires sont sûrement moins excitantes que la joyeuse perspective de la répression des méchants capitalistes par le biais d’un méga-ISF mondial. Néanmoins, cela n’excuse en rien les médias de ne pas avoir relayé davantage ces nombreux travaux (…) d’économistes reconnus ».

La lecture du présent essai permet à la fois de disposer d’un bon aperçu du travail de Thomas Piketty, tout en bénéficiant d’un regard analytique précieux qui permet d’aller de surprise en surprise.
A tel point que j’en suis arrivé à la conclusion que, d’un certain point de vue, et de manière tout à fait exceptionnelle, il serait même peut-être plus opportun, pour ceux qui voudraient se lancer dans la lecture du « Capital au XXIème siècle », de commencer par lire le présent essai auparavant, pour une lecture plus avisée.
Car ce qui suit en vaut bien le détour.

Frédéric Georges-Tudo s’intéresse, en effet, aux raisons de ce succès, tout en s’évertuant à démonter soigneusement et tout à fait scientifiquement, multiples études internationales en renfort, les mécanismes des raisonnements de Thomas Piketty et en débusquer les erreurs, malgré l’arsenal de statistiques à l’appui de ses thèses, allant jusqu’à parler « d’imposture » tant les orientations ou « erreurs » grossières, si l’on peut dire, sont légion, relevant le plus souvent clairement de la manipulation.

Dans la première partie de son essai, notre auteur commence par présenter un résumé en dix points de l’ouvrage de Thomas Piketty
Ainsi, pour l’essentiel, il s’agit, pour le célèbre économiste universitaire français, de montrer comment les inégalités n’auraient cessé de se creuser historiquement en Occident, entre salariés et possédants, si l’on écarte la parenthèse historique du XXème siècle et des périodes qui ont suivi les deux guerres mondiales.
Or, ce déséquilibre en faveur des plus riches serait amené, selon lui, à être amplifié sous l’effet du ralentissement de la croissance économique, de la démographie défavorable et d’autres facteurs.
Il conviendrait donc, solution qu’il propose, que les Etats s’entendent sur une fiscalité à même de réduire ces déséquilibres.

Frédéric Georges-Tudo n’hésite pas à accuser Thomas Piketty de mensonge et de tricherie, tout en se déclarant parfaitement conscient de la gravité de l’accusation.
Et, pour mieux étayer sa démonstration, il entend s’appuyer sur des arguments qu’il estime solides.
Parmi ceux-ci, il relève que l’une des principales courbes sur lesquelles s’appuie Thomas Piketty pour illustrer les inégalités de revenus omet les aides sociales reçues notamment par les plus défavorisés et les impôts sur les revenus primaires payés par les plus aisés.
Ce qui fausse catégoriquement les résultats, la progression des inégalités n’ayant plus rien à voir (passage des 10% les plus riches de 35% du revenu national dans les années 1970 à 37% dans les années 2000-2010, au lieu de 50% environ, comme annoncé, ainsi que l’ont montré certains universitaires américains notamment).

Le brillant universitaire français cacherait donc surtout un militant politique, selon l’auteur, d’autant que de nombreux autres biais apparaissent dans ses travaux (bases de données sujettes à caution, erreurs, extrapolations, exploitations arbitraires, voire falsifications, noyées dans un océan de chiffres difficilement vérifiables, mais dont des journalistes du Financial Times sont allés en vérifier un certain nombre, ainsi que des études aux résultats parfois contraires négligées).

La fameuse formule r > g, avec r = taux de rendement du capital, évalué par Thomas Piketty à 5% sur le long terme et g = taux de croissance économique, évalué à 1%, peut, en effet, être remise en cause par la confusion sur les notions évoquées, tel que l’IREF notamment a pu le montrer dans une étude de 2014.
Ainsi, sur la période 1996-2012, l’IREF trouve r = 3,58% et g = 3,18%, soit 0,4 points d’écart au lieu de 4 !

De plus, Thomas Piketty raisonne, semble-t-il, avec r à prix courants (donc intégrant l’inflation) et g à prix constants (c’est-à-dire hors inflation), ce que Frédéric Georges-Tudo qualifie, à juste titre, de véritable « supercherie ».
De même que l’économiste universitaire retient pour base de calcul à la fois les revenus acquis sur le sol du pays concerné et à l’étranger pour r, contre seulement sur le territoire national pour g.

Ensuite, le raisonnement est basé sur des données du passé très incertaines (estimations de taux de croissance durant l’Antiquité !), ainsi que des extrapolations hasardeuses sur la croissance jusqu’à 2200 !
Des chiffres dont certains auteurs démontrent le caractère hautement fantaisiste, totalement au service de la thèse de Thomas Piketty.

Frédéric Georges-Tudo démonte ensuite d’autres contre-vérités stupéfiantes de la part d’un économiste d’un tel renom. A la fois sur la notion d’incertitude et de risque, oubliée lorsqu’il s’agit des placements des riches, comme du mythe marxiste selon lequel « plus les riches s’enrichissent, plus les pauvres s’appauvrissent », pourtant infirmé par tous les chiffres disponibles de la manière la plus officielle.
De même en va-t-il des « petits arrangements avec la réalité historique », pas si anecdotiques et particulièrement manichéens dans l’esprit (heureusement que certains veillent !). Lorsque la fiction ne remplace pas la réalité de manière parfois honteuse (voir l’exemple relatif au Titanic, page 54).

Mais Piketty n’en serait pas à sa première en matière de trucage de chiffres, comme en témoignent différents exemples cité dans le livre qui, malheureusement, se sont propagés un peu partout jusqu’à devenir des références. Impressionnants de mauvaise foi ! Conformes au célèbre principe selon lequel un mensonge mille fois répété est amené à devenir vérité.
Sans oublier les multiples contradictions déjà relevées et dont plusieurs exemples émaillent cet essai.

Dans son deuxième chapitre, Frédéric Georges-Tudo entre ensuite dans le détail de ce qui en fait « une théorie en grande partie erronée ».
Multipliant les références et les démonstrations contraires, il révèle ainsi comment, « qu’ils appartiennent à l’école marxiste, keynésienne, néo-classique ou autrichienne, les chercheurs en sciences économiques sont nombreux à rhabiller notre génie national pour l’hiver. Au point qu’il en devient impossible de s’attarder sur l’ensemble des démonstrations ».

Quant au petit nombre des super-riches, censés concentrer une grande partie de la richesse entre leurs mains, en grande partie par l’héritage, une étude du Crédit Suisse révèle que « parmi les 613 milliardaires identifiés en 2000, seuls 52 l’étaient toujours dix ans plus tard ».
De plus, certaines études montrent des résultats, vus d’ici étonnants, sur l’incroyable mobilité sociale aux Etats-Unis, révélant « une extraordinaire porosité entre les strates ».
Tout à l’encontre de ce que Thomas Piketty entendait montrer.
De même que les héritiers, parmi les individus ayant un patrimoine supérieur à 30 millions de dollars, ne seraient que 13% tout au plus, d’après une étude américaine. Pour des raisons évidentes, que Frédéric Georges-Tudo nous expose dans l’ouvrage. Les nouveaux noms des success stories du capitalisme, loin d’être des « rentiers », ne se renouvellent-ils pas en effet régulièrement ? (ce qui n’est pas vraiment le cas en France, comme le souligne notre auteur, en raison du poids de l’Etat de connivence dans notre Economie, empêchant l’éclosion de grands champions internationaux).
Sans compter que :

« Quoi qu’il en soit, il est perfide de sous-entendre que le peuple pâtit de la prospérité économique de quelques centaines d’entrepreneurs hors cadre. (…) En l’occurrence, les fortunes récentes du web ont plutôt la vertu d’entraîner dans leur sillage des dizaines de milliers de salariés très bien payés. Mais surtout, on ne peut faire partie des millions de clients du dernier iPhone… et s’offusquer ensuite d’apprendre que le PDG d’Apple Tim Cook vient de s’offrir un yacht ! »

Bien au contraire, on sait ce que cache la notion de seuil de pauvreté et son caractère très relatif. Là encore, des études permettent de constater que quelqu’un appartenant par exemple « au décile supérieur israélien, russe, portugais, brésilien, mexicain, turc, etc. » n’a pas grand-chose à envier à quelqu’un du décile inférieur américain…

Une infime minorité serait ainsi amenée à posséder la quasi-totalité des richesses… raison pour laquelle il faudrait augmenter massivement les impôts.
A rebours de tout ce qu’a permis de constater l’histoire jusque-là, et au regard du simple bon sens mathématique, comme le démontre l’IREF à travers les conclusions de Jean-Philippe Delsol, la formule mathématique de Thomas Piketty est tout simplement « inapplicable sur le long terme » et ses résultats prédictifs « farfelus ».

La présentation pikettyste reflète, en outre, une vision assez pessimiste de l’avenir, là où les innovations et les technologies du futur nous réservent peut-être, qui sait, de forts gisements de croissance.
Et quid du prétendu creusement des inégalités lorsque celles-ci semblent bien, au contraire, s’atténuer ?
En réalité, comme le rappelle Frédéric Georges-Tudo, la croissance mondiale évolue à un rythme de 3 à 4 % en moyenne chaque année, entraînant une hausse sensible des salaires moyens dans certains pays. De plus, chaque grande phase de croissance a d’abord pour effet de profiter aux plus aisés, avant de se diffuser à l’ensemble de la population dans un second temps, conformément à ce que montre la courbe de Kuznets. Rien ne dit que ce n’est pas ce qui se profile actuellement.
N’est-ce pas, d’ailleurs, ce rééquilibrage en faveur des pays dits émergents qui explique en partie la fin de la domination sans partage de l’Occident ?

« Et si la mondialisation n’avait produit que le millième de ses effets sur l’économie de notre planète ? Quoi qu’ne disent les antimondialistes d’extrême gauche et d’extrême droite recroquevillés sur leur bout de terre, l’accès au libre-échange universel est le moteur principal de l’enrichissement généralisé. Or, il reste encore des centaines de millions de personnes tenues à l’écart de ce marché générateur de développement économique. Inéluctable à terme, leur entrée dans la danse – certes lente et pleine de soubresauts – constitue une chance extraordinaire pour la croissance (…) Avec ses nombreux boulets aux pieds (code du travail obèse et inique, modèle social intenable, niveau de dépenses publiques démesuré, protection à outrance de certaines rentes, taux de prélèvements obligatoires record, etc.), la France pourrait faire partie des grands perdants de cette redistribution des cartes. Et dans ce cas, bonjour les écarts de revenus ! Le fossé ne fera que se creuser entre les classes aisées en mesure d’échapper au pire grâce à l’expatriation et les classes populaires en majorité condamnées à aller pointer à Pôle emploi ! Si le pire n’est jamais sûr, le meilleur non plus… »

Le remède ainsi proposé à ces inégalités, au terme d’une présentation de 800 pages de celles-ci, prend la forme d’un ISF annuel et mondial, ainsi que d’un impôt sur le revenu, ultraprogressifs.
A tel point que, d’après les calculs de Stefan Homburg, Professeur à l’Université Leibniz de Hanovre, à partir des propositions émises par Thomas Piketty, les plus aisés seraient assujettis à un taux de prélèvement global de… 330%.
De quoi les décourager de continuer de poursuivre une quelconque activité économique.

Le tout serait conçu selon le modèle de déclaration pré-remplie de tous les revenus et actifs détenus à travers le monde, système coercitif rendu obligatoire à tous les pays, sous peine de lourdes sanctions.

A titre illustratif, Frédéric Georges-Tudo prend l’exemple de l’introduction en bourse de facebook en 2013. Cette année-là, en appliquant les taux d’imposition proposés par Thomas Piketty, ce sont 14,2 milliards de dollars que Marx Zuckerberg aurait alors eu à payer. Soit 42 % de sa fortune théorique confisquée en une seule année ! Excusez du peu.
Dans ces conditions, qui serait assez fou pour continuer à fournir des efforts et prendre des risques ?
Et que se passerait-il si les créateurs de richesses et d’emplois stoppaient toute activité ?
Absurde.

Dans la dernière partie du livre, Frédéric Georges-Tudo présente les liens de parenté intellectuels entre Karl Marx et Thomas Piketty, tout en montrant ce qui les sépare sur les plans théorique et personnel.
S’il est relativement indulgent avec le premier, au bénéfice du doute quant à la sincérité de ses convictions de l’époque et l’ignorance qu’il pouvait avoir de ce qu’il allait advenir de ses théories, il l’est bien moins avec le second, dont il montre l’engagement politique manifeste dissimulé derrière son profil universitaire et le caractère manipulateur, voire « vicieux » des démarches, allant jusqu’à susciter la confusion entre inégalités et pauvreté, là où la seconde connait un recul, que traduit l’élévation incontestable des niveaux de vie de décennies en décennies.

« Adepte des séries longues, il est notamment au courant que le revenu moyen journalier aux Etats-Unis est passé de 3 dollars par jour en 1800 à environ 130 dollars aujourd’hui (en prix constants de 2008). Il sait aussi qu’au cours des deux siècles passés, cette prodigieuse accélération de l’histoire a profité à l’ensemble des citoyens des pays riches. Quel que soit son prisme mental, il ne peut nier que le niveau de vie de l’Occidental misérable de 2014 est astronomiquement supérieur à celui de son ancêtre de 1867 (année de publication de la première version du Capital). »

Et, face à la persistance de Thomas Piketty, selon les bons préceptes de la lutte des classes, à considérer les rémunérations des plus hauts dirigeants d’entreprise comme indues, Frédéric Georges-Tudo s’en prend à cette vision étriquée et dangereuse en montrant les dangers de ce type de ce raisonnement malsain et les déniant à travers de nombreux faits, chiffres et constats significatifs ou exemples concrets.

« La société égalitariste, magnifiée par Thomas Piketty, a été tentée à plusieurs reprises et dans de nombreux pays au cours du XXème siècle. Sachant qu’elle n’a engendré que misère, privation et désolation, nous devrions en être vaccinés à tout jamais. Las, la jalousie qui sommeille en chacun rend les peuples amnésiques. »

Et notre auteur de rapprocher les projets de Piketty des dérives décrites par Alexis de Tocqueville à travers la notion de despotisme démocratique.

Au total, on le voit, un ouvrage surprenant, qui nous en apprend beaucoup sur Thomas Piketty et les dessous de son Capital au XXième siècle.
Très instructif. Une excellente synthèse des nombreuses critiques qui commencent à s’accumuler à l’encontre de l’auteur d’un ouvrage sujet à caution à plus d’un titre.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (10) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 24, 2015 3:11 PM MEST


Labyrinthum
Labyrinthum
par Marc-Antoine Mathieu
Edition : Poche
Prix : EUR 3,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Fidèle à l'esprit Marc-Antoine Mathieu, 12 juin 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Labyrinthum (Poche)
Dans un format très court (caractéristique de cette collection), un mini-livre qui se lit en moins de cinq minutes.
Un peu frustrant, par nature, mais en quelque sorte une petite oeuvre d'art (puisque le dessin fait partie de ce qu'on appelle les "arts").

Le texte est énoncé à l'aide de mots bien choisis et assez élégants. Le dessin est digne d'une perspective. Celle dans laquelle se trouve le personnage, puisque nous nous nous retrouvons bel et bien dans un univers tout à fait fidèle à ce à quoi nous a habitué le génial dessinateur. Ce dosage savant d'étrange, de mystère et de réflexion philosophique, fondée sur des raisonnements physiques ou scientifiques, à la limite du monde du surréalisme ou de l'absurde.

Très court. Pour les méditatifs ou contemplatifs exclusivement.


Leapfrog - 81427 - Jeu Éducatif - Montre d'activités Leapband - Orange
Leapfrog - 81427 - Jeu Éducatif - Montre d'activités Leapband - Orange
Prix : EUR 25,15

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Sympathique, 12 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Leapfrog - 81427 - Jeu Éducatif - Montre d'activités Leapband - Orange (Jouet)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Entre le Tamagotchi, la montre et la montre cardio (ou plutôt, ici, d'incitation à bouger et entretenir sa forme), voici la montre d'activités Leap Band, à la fois ludique et propice (pour les plus petits) à l'apprentissage de l'heure.

On peut choisir son petit personnage parmi plusieurs proposés, prendre soin de lui, le promener au parc, lui permettre de danser, l'emmener au salon de beauté, ou jouer à des jeux qui permettent de remporter des pierres d'énergie. Jeux parmi lesquels ceux où l'enfant est incité à bouger et se dépenser, à partir de défis variés.
Bref, une montre multi-activités, avec une voix d'enfant qui peut indiquer l'heure à voix haute, donner des instructions pour les jeux ou féliciter votre enfant.

Doté d'un contrôle parental, pour éviter les abus et d'une batterie rechargeable pour ne pas avoir à s'embêter avec des piles. Assez résistant, puisqu'il résiste même aux éclaboussures d'eau.
Un objet fort sympathique, comme les aiment généralement les enfants.


Réflexion
Réflexion
par Delisle
Edition : Poche
Prix : EUR 3,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Bizarre, 12 juin 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Réflexion (Poche)
Que contemple cet homme sur ce mur ? Une oeuvre d'art ? Est-ce autour de cela que s'établit la réflexion ?
Non. Elle est ailleurs...
Une histoire très courte (lue en 5-10 minutes, comme tous les mini-livres de cette collection) et légèrement intrigante.

En réalité, arrivé à un peu plus de la moitié, on est tenté ou conduit à revenir en arrière, car on ne saisissait pas forcément tout.
Les choses s'éclairent alors. L'idée n'en demeure pas moins quelque peu étrange et originale, éventuellement amusante.
A apprécier selon vos goûts personnels (mais impossible de savoir avant, car il serait inopportun de raconter ce qui est destiné à se découvrir directement). Allez-vous fléchir ? Cela reflétera-t-il vos goûts ?
Je vous laisse réfléchir...


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