Profil de Johan Rivalland > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Johan Rivalland
Classement des meilleurs critiques: 73
Votes utiles : 7676

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Johan Rivalland (LEVALLOIS-PERRET France)
(TOP 100 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
La double inconstance
La double inconstance
par Pierre de Marivaux
Edition : Broché
Prix : EUR 3,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Facile à lire, 3 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La double inconstance (Broché)
C'est en lisant une pièce de Jean Anouilh (l'un de mes auteurs fétiches), La Répétition ou l'amour puni, mettant partiellement en scène cette autre pièce de Marivaux (dont certains passages sont répétés par les personnages d'Anouilh), une pièce dans la pièce, en quelque sorte, que m'est venue l'idée de lire l'original (l'inverse eût été sans doute plus opportun, mais peu importe).

Une pièce au style agréable (je comprends mieux le sens du mot "marivaudages" ; il faut préciser que je n'avais encore jamais lu cet auteur). Un mélange de langage assez sophistiqué et de familiarités ou jurons populaires de l'époque. Un certain rythme, des répliques relativement variées et souvent incisives. Et aussi une mise en situation du célèbre personnage d'Arlequin (quelque peu "modernisé" au regard de son assez long historique), mais pas seulement, car il n'est pas ici, a priori, le personnage principal.

Quant au fond, et même si vous savez peut-être déjà de quoi il en retourne, je ne saurais en dévoiler la substance. L'intrigue, engageant des thèmes somme toute assez classiques, mais abordés de manière relativement originale, se situe au carrefour entre la société de cour et le monde de la petite bourgeoisie de campagne. Une opposition de styles qui ne sera pas innocente dans ce qui va nous occuper.
A l'issue, on comprend mieux la signification du titre. Le jeu des personnages est assez subtil et plein de finesse, voire de fourberie, mais aussi finalement emprunt par instants d'une certaine sincérité qui peut s'avérer au final assez touchante, même si elle révèle parfois une certaine... inconstance.


La confusion des sentiments
La confusion des sentiments
par Stefan Zweig
Edition : Poche
Prix : EUR 4,60

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Confusion des sentiments et sentiments de confusion, 1 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La confusion des sentiments (Poche)
Des romans de Stefan Zweig (je les ai tous lus), ce n'est pas celui qui m'a le plus marqué, mais il reste entièrement fidèle à ce qui fait le génie de l'auteur autrichien : son sens aigu de la psychologie et l'art de captiver son lecteur, ainsi que d' entretenir le suspense.

Lu il y a maintenant une bonne vingtaine d'années, je ne me souvenais plus trop du thème, du contenu, de ce qui se cachait derrière le titre.
L'histoire d'un jeune étudiant encore immature qui préfère profiter des petits plaisirs de la vie à travers une existence momentanément déstructurée, en faisant la fête permanente et en multipliant les conquêtes féminines, repoussant l'âge de devenir adulte, jusqu'à ce que les circonstances l'amènent à se raviser, à la faveur de la rencontre avec un professeur fabuleux qui va l'éveiller au monde du savoir, dont il ne se départira plus désormais.

Mais surtout l'histoire de l'interaction entre plusieurs personnages, qui va donner lieu à des situations troublantes qui vont entraîner à la fois une série de confusions dans les sentiments de ce jeune homme, un peu dépassé par certains événements qui lui échappent, comme de certaines de ses fréquentations, mais aussi de la confusion tout court, dont nous ne comprendrons le sens qu'à la fin.
Je n'en dis pas plus, afin de ne pas gâcher l'intrigue.
Du grand Zweig, comme toujours.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : May 10, 2015 11:14 AM MEST


La confusion des sentiments
La confusion des sentiments
par Stefan Zweig
Edition : Poche

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Confusion des sentiments et sentiments de confusion, 1 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La confusion des sentiments (Poche)
Des romans de Stefan Zweig (je les ai tous lus), ce n'est pas celui qui m'a le plus marqué, mais il reste entièrement fidèle à ce qui fait le génie de l'auteur autrichien : son sens aigu de la psychologie et l'art de captiver son lecteur, ainsi que d' entretenir le suspense.

Lu il y a maintenant une bonne vingtaine d'années, je ne me souvenais plus trop du thème, du contenu, de ce qui se cachait derrière le titre.
L'histoire d'un jeune étudiant encore immature qui préfère profiter des petits plaisirs de la vie à travers une existence momentanément déstructurée, en faisant la fête permanente et en multipliant les conquêtes féminines, repoussant l'âge de devenir adulte, jusqu'à ce que les circonstances l'amènent à se raviser, à la faveur de la rencontre avec un professeur fabuleux qui va l'éveiller au monde du savoir, dont il ne se départira plus désormais.

Mais surtout l'histoire de l'interaction entre plusieurs personnages, qui va donner lieu à des situations troublantes qui vont entraîner à la fois une série de confusions dans les sentiments de ce jeune homme, un peu dépassé par certains événements qui lui échappent, comme de certaines de ses fréquentations, mais aussi de la confusion tout court, dont nous ne comprendrons le sens qu'à la fin.
Je n'en dis pas plus, afin de ne pas gâcher l'intrigue.
Du grand Zweig, comme toujours.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 2, 2014 7:54 PM CET


Shake Shook Shaken
Shake Shook Shaken
Prix : EUR 14,99

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Très prometteur. Le vrai retour de The do., 31 octobre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Shake Shook Shaken (CD)
Après un premier album très marquant, véritable coup de foudre à l'époque, et que j'ai beaucoup écouté, davantage que n'importe quel autre album (et que je réécoute très volontiers de temps à autres), j'avais finalement été déçu par le deuxième album (malgré un commentaire excessivement positif que j'ai pu rédiger en me précipitant peut-être un peu trop). Il faut dire que j'avais attendu impatiemment un an, deux ans, trois ans la sortie d'un nouvel album, jusqu'à ne même plus attendre ; ce qui ne renforce pas le jugement.
Aussi, je m'étais un peu détourné du groupe, pensant qu'il s'agissait probablement d'un groupe éphémère, pas véritablement capable de renouer avec l'originalité qui le caractérisait.
Finalement, ce troisième album, dont on m'a fait connaître l'existence un peu par hasard et dont on m'a prêté le CD dans un premier temps avant qu'il n'emporte mon adhésion et que je ne l'achète, m'a beaucoup rassuré.
Le groupe semble, certes, s'être quelque peu "assagi" (il me semble manquer de ce petit grain de folie si agréable du premier album). Est-ce l'âge de la maturité ? La difficulté à se renouveler tout en parvenant encore à surprendre ?
La composition est plus calme, un peu plus conventionnelle, mais l'esprit de The do me semble malgré tout de retour ; l'ensemble est tout à fait agréable et de qualité. Et surtout, je me prends à espérer ; espérer un quatrième album qui reviendrait un peu plus à l'esprit du premier, tout en parvenant bien sûr à s'en distinguer (ce qui n'a rien d'évident).
Mais venons-en à l'album lui-même :

L'album commence bien, avec un premier titre qui est probablement le meilleur du CD, plein d'entrain avec un petit côté militaire ou "va-t-en guerre" mais pas désagréable, qui vous reste facilement en tête. Puis, dès le second titre (mais aussi le troisième, où l'on retrouve des consonances très caractéristiques), on retrouve intacte la voix si particulière de la chanteuse, qui fait tout le charme de The do.
Puis les titres s'enchaînent, diversifiés, relativement créatifs, avec leur identité propre.
Et si j'ai très peu écouté le deuxième album (que j'ai même pour le moment mystérieusement égaré), je sens que je vais écouter celui-ci bien plus régulièrement, ce qui est bon signe. Ajoutons, d'ailleurs, qu'on se familiarise particulièrement vite avec l'album, dont l'écoute devient très vite extrêmement agréable (même un titre comme le dixième, "Opposite ways", qu'on peut trouver un peu "kitsch" dans un premier temps, parvient à trouver son charme).
Le huitième titre (A mess like this) me plaît particulièrement même si, je l'ai dit, le premier est très certainement le meilleur. Question de sensibilité. J'y aime en particulier cet art d'amener des notes dans la voix qui vous surprennent, sont éminemment originales, et apportent une haute intensité à vos sensations.
Le dernier titre (Omen), enfin, est une petite curiosité. Court, il reprend le thème du 8ème titre, avec des consonances électroniques ou "futuristes", un peu déstructurées, pour s'arrêter brusquement. Ne serait-il pas là, le petit grain de folie, toujours bien présent et annonciateur de la suite ?

Au total, un album de bonne facture, bien travaillé, avec son identité propre et une voix bien mise en valeur même si la musique est un peu moins originale, sans qu'il y ait lieu de la critiquer particulièrement.
Un ensemble convaincant (l'ensemble est plaisant, sans qu'il y ait de titre à écarter) et surtout très prometteur pour la suite. Il me semble que cette fois on peut affirmer que The do est là et bien définitivement là !


Melissa & Doug - 18603 - Bloc D'autocollants Réutilisables - Fées
Melissa & Doug - 18603 - Bloc D'autocollants Réutilisables - Fées
Proposé par Buy-For-Less-Online
Prix : EUR 11,52

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Agréable et ludique, 31 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Melissa & Doug - 18603 - Bloc D'autocollants Réutilisables - Fées (Jouet)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
D'un grand format (0,5 x 28,1 x 35,7 cm), ce bloc d'autocollants très sympathique et coloré est composé de 5 décors ou paysages détachables et de 200 autocollants réutilisables ou repositionnables.

Ce qui surprend est que ces autocollants sont, en réalité, sans colle mais adhèrent à la surface grâce à l'électricité statique (si l'on peut dire, car je ne suis pas très doué en sciences physiques et il se peut que ce terme soit inapproprié). En tous les cas, ils adhèrent fermement, sans être comparables à des aimants, mais se détachent malgré tout sans difficulté. L'intérêt est la bonne résistance de ces éléments, qui ne se déchirent ni ne se froissent facilement ou recollent de moins en moins bien comme c'est souvent le cas des autocollants repositionnables habituels.

L'univers représenté est celui de la féerie. La diversité des éléments, les couleurs et l'ambiance joyeuse qui se dégage en font un produit sympathique.
Quant au prix, il ne me semble pas très élevé pour un tel ensemble assez complet et d'aussi grand format, qui permettra à vos enfants de s'amuser de longues heures durant.


Sony Radio numérique portable compacte FM/AM ICF-M260
Sony Radio numérique portable compacte FM/AM ICF-M260

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Excellent produit, très fiable, 31 octobre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sony Radio numérique portable compacte FM/AM ICF-M260 (Appareils électroniques)
Cela fait de très nombreuses années que j'ai, et rachète à l'occasion, ce modèle de petite radio, très pratique et de très bonne qualité.
A la taille idéale, esthétique, pratique, suffisamment robuste, facile à transporter, alliant bonne qualité de réception et programmation de ses stations préférées (jusqu'à 15), que rêver de mieux ?
Je commente peu de produits high-tech, mais celui-ci le mérite. Et je sais de quoi je parle, ce modèle m'étant comme je l'indiquais absolument familier.
Je le recommande donc sans réserve à ceux qui recherchent une bonne petite radio à la fois compacte et de très bonne qualité technique.


SONY ICF-M260L/S Radio Portable
SONY ICF-M260L/S Radio Portable

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Excellent produit, très fiable, 31 octobre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : SONY ICF-M260L/S Radio Portable (Appareils électroniques)
Cela fait de très nombreuses années que j'ai, et rachète à l'occasion, ce modèle de petite radio, très pratique et de très bonne qualité.
A la taille idéale, esthétique, pratique, suffisamment robuste, facile à transporter, alliant bonne qualité de réception et programmation de ses stations préférées (jusqu'à 15), que rêver de mieux ?
Je commente peu de produits high-tech, mais celui-ci le mérite. Et je sais de quoi je parle, ce modèle m'étant comme je l'indiquais absolument familier.
Je le recommande donc sans réserve à ceux qui recherchent une bonne petite radio à la fois compacte et de très bonne qualité technique.


Le Labyrinthe
Le Labyrinthe
DVD ~ Dylan O'Brien
Prix : EUR 15,99

30 internautes sur 40 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un film au suspense haletant, 25 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Labyrinthe (DVD)
Le film commence sans mise en situation préalable. Un jeune homme se réveille dans une sorte de cage-ascenseur qui monte de manière qui semble incontrôlable, à une vitesse effrénée. Situation absolument surprenante et effrayante, pour un individu qui manifestement ne comprend pas ce qui lui arrive.
Et ce n'est que le début...

Un début qui fait un peu penser à l'univers de Cube (et ce ne sera pas le seul point commun avec cet autre film), pour basculer ensuite dans des décors et situations qui ne sont pas sans rappeler un certain Hunger Games. Pour le reste, le film trouve son propre style, sa propre originalité, pour évoluer à un rythme tel qu'on n'a pas le temps de s'ennuyer.
Dans un contexte, vous l'aurez compris, fidèle à l'esprit originel du labyrinthe de Dédale.

Je n'en dis pas plus, à dessein...
Suspense et rebondissements garantis, ainsi que toutes les recettes du genre qui en font une production réussie.
On attend d'ailleurs impatiemment la suite, tant cela semble prometteur.


Les déshérités : Ou l'urgence de transmettre
Les déshérités : Ou l'urgence de transmettre
par François-Xavier BELLAMY
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

21 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Crucial, 22 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les déshérités : Ou l'urgence de transmettre (Broché)
Des statistiques officielles, citées par l’auteur, montrent qu’un jeune Français sur cinq est en situation d’illettrisme. Un échec qui s’explique par le refus de transmettre érigé en modèle par une génération, au prétexte que chaque enfant devrait produire son propre savoir.
« Tous ceux qui enseignent sont suspects ; tous ceux qui transmettent sont coupables ».
Dans ce contexte, la jeunesse « désemparée, déséquilibrée, revient plus souvent au dernier mode d’expression qui reste toujours disponible pour celui qui n’a plus de mots pour parler : la violence ». D’où l’explication du titre : « Nous voulions dénoncer les héritages ; nous avons fait des déshérités ».

Il s’agirait donc d’éduquer en favorisant la spontanéité de l’élève.
Evoquant un triste « fait divers », hélas devenu un peu trop classique et ayant causé la mort d’un jeune de 15 ans à la frontière imaginaire entre deux cités, François Xavier Bellamy écrit :

« Lorsque nous n’arrivons plus à faire vivre une culture commune, la société se dissout dans un retour à l’état de nature qui ressemble fort à cet « ensauvagement du monde » dont se font l’écho medias et politiques ».

L’auteur nous invite ainsi à remonter aux causes premières de cette crise, qui ne sont ni liées à nos institutions, ni aux perturbations économiques, ni aux progrès technologiques, selon lui, mais à la culture elle-même. Et ces causes remontent à plusieurs siècles, dont il choisit d’isoler trois moments importants, à travers trois auteurs emblématiques de la critique radicale de la transmission, choisissant de ne pas revenir sur l’histoire de la pédagogie, ni sur la discussion sur les méthodes éducatives.

Ainsi, selon François-Xavier,
« La crise de la culture – de l’éducation, de la famille, des autorités traditionnellement investies de la responsabilité sociale de la transmission – n’est pas un échec, contrairement à ce que nous pourrions penser superficiellement. Elle est au contraire le résultat d’un travail réfléchi, durable, explicite ».

C’est donc de l’intuition se référant à l’incertitude et la relativité du savoir et de l’importance de l’examen intérieur, de ses propres découvertes, que procèdent les méditations métaphysiques et le doute fondateur (« se défaire de toutes les opinions reçues auparavant… »), afin de retrouver un esprit libre, considérant que les anciennes opinions « sont le dépôt des aléas de l’histoire et de la coutume, le résultat des hésitations et des turbulences de la culture ».
La culture étant, finalement, une déformation de notre nature, l’individu devrait être l’unique auteur de son savoir.

Ce qui est gênant dans cette construction dont nous avons hérité, est que tout ceci semble s’appliquer au cas spécifique de Descartes lui-même, incomparablement instruit, savant exceptionnel et auteur du XVIIème siècle, exigeant et désireux de prendre du recul par rapport à toute l’instruction qu’il a reçue. Une démarche, somme toute, très personnelle.
En quoi cela pourrait-il s’appliquer à l’immense majorité de ceux qui n’ont pas, naturellement, la chance de pouvoir accéder à la connaissance, à qui on n’a pas forcément su apporter le goût ou l’intérêt de l’accès à celle-ci ?
L’esprit critique, pourquoi pas, autrement dit (et tant mieux !) mais pas sans la transmission préalable des connaissances ou de l’attrait de la raison, qui n’est pas forcément inné.
Il me semble qu’on le vérifie mieux que jamais, à l’ère de l’éducation de masse et de l’internet accessible à tous. Que reste-t-il vraiment de l’esprit critique et de l’intérêt réel du plus grand nombre pour la connaissance ?

Jean-Jacques Rousseau, quant à lui, combat l’idée que les sciences et les arts auraient une influence positive sur l’être humain.
A l’inverse, ils seraient cause de son malheur et des perversions qui y conduisent, l’éloignant de la nature qui, seule, serait source de la sagesse, de la vertu et du bonheur.
L’ignorance serait donc une heureuse chose, évitant d’aggraver la perversité naturelle de l’Homme.

Dès lors, la condamnation de l’école traditionnelle et de la transmission est en germe. Et pour Jean-Jacques Rousseau, l’idéalisation des sociétés primitives et du « bon sauvage » un modèle. De même que cette rupture avec la nature, y compris l’agriculture, est une mutilation (on perçoit, au passage, une forte parenté avec nos écologistes contemporains, tant ses raisonnements vont loin).
Son traité « Emile ou de l’Education » a exercé une influence majeure sur les orientations contemporaines de l’Education Nationale, jusque dans la volonté d’un certain ministre, par exemple, d’amoindrir au maximum l’influence des parents sur leurs enfants pour « les arracher à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel » et préférer l’idée que l’on doit laisser au maximum l’enfant construire lui-même son propre savoir.
Une conception qui privilégie la spontanéité et exclut l’acte d’autorité. Une idée de la liberté radicalement différente de celle que d’autres peuvent avoir.

Dans cette vision, l’expérience compte plus que le langage, qui devra donc être réduit. « Je ne répéterai jamais assez que nous donnons trop de pouvoir aux mots » écrit Jean-Jacques Rousseau. L’expérience de l’enfant les remplace.
De même, Rousseau exprime sa haine des livres, qui seraient une entrave à la liberté et source de préjugés, ainsi que l’est la culture, facteur d’aliénation comme, nous suggère François-Xavier Bellamy, dans le cas contemporain de la dénonciation des « stéréotypes », qui en serait issue.
« En ce sens, la technologie numérique serait, selon François-Xavier Bellamy, l’accomplissement de cette idée de transmission inutile, la disponibilité au savoir étant immédiate pour tous, sans besoin de mémorisation superflue. »

Pour conclure, Rousseau voit en Emile « un sauvage fait pour habiter les villes », qui « se considère sans égards aux autres (…), n’exige rien de personne, et ne croit rien devoir à personne ».
Des postulats qui permettent de mieux comprendre un certain nombre de faits d’aujourd’hui, sachant l’influence particulière qu’il a laissée.

C’est en sociologue que Pierre Bourdieu poursuit cette dénonciation de la transmission.
Et c’est dans l’habitus et la transmission du capital culturel que se perpétue, selon lui, l’injustice de la reproduction sociale avec ses inégalités criantes. Or, « la culture dominante » d’une élite, à un moment donné, ne serait que purement arbitraire, évoluant selon des modes.
Bourdieu opère ainsi, sans qu’il s’en réclame, un renforcement des théories de la lutte des classes, évoquant ces « Héritiers » au service desquels l’école traditionnelle renforçait les inégalités, maintenant de fait la domination des classes populaires par les élites.
L’école est accusée de produire de la sélection et donc de l’exclusion.

Bourdieu développe ainsi toute une théorie de la violence scolaire (dont les notes), l’école, sous couvert de sélection égalitaire, reproduisant en réalité les rapports de domination arbitraires. Avec une arme du crime, ou un instrument essentiel : la culture.
A rebours de ces pratiques, il préconise dans un premier temps une vision utilitariste, où l’école préparerait simplement à l’emploi, sans s’attacher aux artifices de la culture et de la connaissance.
Une continuité avec Rousseau. Et qui va déboucher sur l’apparition, après 1968, de ce que l’on appelle de manière péjorative le « pédagogisme », sorte d’experts en « sciences de l’éducation » qui vont influencer fortement l’enseignement, qu’ils vont contribuer à réformer à travers leurs méthodes positivistes, dont les enseignants vont devoir apprendre à adopter les techniques instrumentales, à leur corps défendant, les plongeant au passage, pour beaucoup, dans un profond désespoir.

Face à cet état de décomposition et de déconstruction, François-Xavier Bellamy se veut volontariste et appelle, dans la seconde partie de son essai, à une refondation dela transmission. C’est ainsi qu’il pourfend l’idée-même de « bagage culturel » qu’il conviendrait d’avoir, le vocabulaire choisi étant révélateur de la place accordée à la culture.
« Pour partir en voyage, il faut bien une valise (un bagage) ; mais tant qu’à faire, il vaut mieux qu’elle soit la plus légère possible. Le propre d’un bagage, c’est qu’il est encombrant, qu’il pèse, et qu’il gêne la liberté de mouvements (…) A l’inverse, pense-t-on, il vaudrait mieux s’intéresser aux qualités essentielles de la personne – sa capacité de réflexion, sa sensibilité, son originalité. »

C’est ce qui a conduit l’IEP de Paris à supprimer l’épreuve de culture générale de son concours d’entrée en 2011, préférant valoriser, entre autres, dans le parcours du candidat « son engagement dans la vie associative, sportive, culturelle, politique ou syndicale ».
Or, selon François-Xavier Bellamy, la culture n’est pas un « avoir » (un bagage dont on peut se séparer), mais un « être », qui permet d’accomplir notre personnalité et en devient inséparable.
Le cas de l’enfant sauvage découvert en 1797 dans le Tarn semble le démontrer joliment et remettre en cause les théories de Rousseau. Il permet, au contraire, d’observer que « l’homme sans culture semble étranger à sa propre humanité ». C’est un trait singulier de l’homme, qui n’est pas immédiatement humain et « a besoin de l’autre pour accomplir sa propre nature ».

Contrairement à l’animal, « l’homme est, par nature, son organisme, sa structure cérébrale, capable de parler : mais il faut encore qu’il apprenne. Il est capable de penser : mais sa pensée ne se développe que progressivement, là encore par le moyen de ce qui lui sera transmis. Bref, toutes se prédispositions supposent, pour être actualisées, une éducation. »

« L’homme est par nature un être nécessiteux ; et au premier rang des nécessités qui l’affectent, se trouve la culture. »

François-Xavier Bellamy en apporte différents exemples, pour s’appuyer ensuite sur la devise de Pindare, parfaitement évocatrice : « Deviens ce que tu es. »

S’opposant aux idées de Rousseau, Bourdieu ou Barthes en la matière, il commence par montrer l’importance du langage qui, loin d’être une prison, un objet d’oppression ou d’aliénation, de nature « fasciste » selon Roland Barthes, est le point de passage de toute médiation, ce dans quoi peut naître la pensée, la conscience de soi et l’interaction avec les autres.
La « méthode globale », d’inspiration rousseauiste, procède de cette idée que l’apprentissage traditionnel serait considéré comme autoritaire et qu’il faut donc l’écarter.

« Que peut bien vouloir dire la promesse d’une liberté « hors de la langue », d’une liberté affranchie de la culture ? » demande notre auteur.
« Plus nous pourrons, notre vie durant, nous enrichir de ce que l’autre nous transmet, à travers cette culture dont nous héritons, plus nous serons capables de nous approcher de nous-mêmes afin de conquérir notre propre singularité » ajoute-t-il.

Il n’y a donc pas lieu d’opposer culture et capacité à réfléchir, bien au contraire.
Dans cette optique, il est donc absurde de faire du livre un ennemi à abattre, une cause d’aliénation qui détruirait la spontanéité si chère à Rousseau ou empêcherait de chercher le savoir en lui-même, si l’on se réfère à Descartes.

« Combien de fois avons-nous entendu qu’il valait mieux épanouir sa personnalité par l’action, par la vraie vie, plutôt que de se perdre dans l’effort rébarbatif qu’impose la lecture ? Que quelques voyages valaient tous les ouvrages et qu’il valait mieux faire son expérience par soi-même au lieu de trouver dans les livres une existence par procuration ? »

Loin de s’opposer à la liberté, le livre en constitue au contraire le chemin d’accès, nous forçant à sortir de nous-mêmes pour mieux être soi-même.
Ce n’est pas pour rien, d’ailleurs, que les dictatures ont souvent entrepris de brûler les livres.
« Pour aliéner un peuple, il faut lui faire regarder la culture comme une cause de dégénérescence. »
C’est par la grande déculturation que l’on perd la conscience de l’humanité et que l’on finit dans la barbarie.
A titre personnel, je le pense et proclame depuis longtemps, car en suis convaincu : l’ignorance tue (et c’est la connaissance qui me l’a montré).
Comme le souligne l’auteur, l’inverse est bien sûr également possible :

« la culture, malheureusement, n’empêche pas toujours l’homme d’être humain ; mais l’inculture l’empêche d’être humain »

Et l’on comprend pourquoi notre société tend à se dégrader et voit resurgir la barbarie, malgré la dénégation de certains.

La violence est le fruit de l’indifférence qui, à l’instar de ce que l’on a constaté dans le cas de l’enfant sauvage, résulte du refus de transmettre la culture.
On trouve, aussi bien chez Rousseau que Bourdieu ou Descartes, nous montre l’auteur, des manifestations assumées, chacun à sa manière, de leur négation de la différence.
« Indifférence solitaire à autrui, indifférence relativiste au vrai et au faux, au bien et au mal » seraient les conditions nécessaires à la parfaite liberté.
François-Xavier Bellamy compare cela à une sorte de crise d’adolescence, dans cette société où règne aujourd’hui le fantasme de l’éternelle jeunesse et où nous serions effrayés par les choix et les responsabilités que suppose l’âge adulte. Il n’y a pas jusqu’à l’identité sexuelle, nous dit-il, que nous serions prêts à remettre en cause.

D’où l’idée de déconstruction, en particulier de la culture, et la remise en cause de tous les stéréotypes.
A rebours de ces idées, François-Xavier Bellamy nous fait redécouvrir, à travers différents exemples, tout l’intérêt de la culture, grâce à laquelle seule nous pouvons percevoir les singularités de ce qui nous entoure.
Il s’agit donc de retrouver le sens de la différence (qui n’implique pas l’inégalité), condition nécessaire à la recherche de la véritable liberté.

« Aujourd’hui (…) un individu sera considéré comme tolérant dans l’exacte mesure où il parviendra à faire comme si la différence n’existait pas.
Par là, en réalité, nous ne valorisons pas la diversité, mais plutôt au contraire l’indifférence à la diversité.
Ainsi, cette tolérance affichée ne désigne rien d’autre qu’une intolérance réelle à la différence que porte autrui, à la singularité qui marque chacune de nos personnes. »

A l’inverse, la culture conduit à « l’étonnement, l’émerveillement », là où « pour les fausses certitudes de l’ignorance inconsciente d’elle-même, tout restait uniforme et plat » et conduisait à être déshérité de ces facultés.

Reste, nous dit l’auteur, la question du contenu de la culture.
Avec des intentions fort louables certes, elle se veut universelle. Mais, à travers là encore quelques exemples, François-Xavier Bellamy nous montre que la portée universelle d’un enseignement ne peut être atteinte qu’à travers la présentation de figures singulières.
Du plus particulier au général, plutôt que d’apprendre la rège générale sans référence préalable, en somme.

Un ouvrage crucial, qui remonte aux sources du questionnement sur la transmission et les orientations retenues, afin de susciter le débat sur l’un des fondements essentiels de l’accès à la véritable liberté. Une urgence, dans le contexte actuel.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (26) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 21, 2015 8:59 PM CET


La Répétition ou l'amour puni
La Répétition ou l'amour puni
par Jean Anouilh
Edition : Poche
Prix : EUR 6,40

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Brillant, 18 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Répétition ou l'amour puni (Poche)
C'est toujours avec un grand plaisir que je redécouvre les pièces de Jean Anouilh, que je lisais à l'âge de vingt ans. Je me suis même aperçu que j'avais deux fois ce volume (avec deux couvertures différentes) tant je mélange les pièces les unes avec les autres, les ayant lues nombreuses étalées sur peu d'années.

Voici une pièce très représentative de l’univers de Jean Anouilh, à la fois amusante, distrayante, pleine de légèreté en apparence et en même temps emplie de profondeur et d’une certaine gravité. Un reflet de notre monde, des comportements immuables de la nature humaine, que l’on peut aisément qualifier de comédie.
L’auteur y manie habilement, selon le style habituel qui le caractérise, l’ironie qui, derrière les traits d’humour, reflète de nombreuses vérités.

Jean Anouilh se moque du monde bourgeois, la fausseté du paraître, les petites lâchetés et compromissions, mais aussi des rapports masculin-féminin, des couples usés par le temps, des adultères. Et toujours la présence de l’être jeune, au cœur pur, inaccessible, victime parfois de l’innocence face à la cruauté des rapports humains, mais qui conserve sa pureté, tandis que d’autres de même âge ne s’arrangent que trop déjà du monde corrompu auquel ils ajoutent leur complaisance.

Et chacun va jouer son rôle. Car de mise en scène d’une pièce dans la pièce (« La double inconstance » de Marivaux) il est ici question (comme dans La Grotte).
L’occasion de projeter chacun dans un univers factice qui sera le reflet des aspirations de chaque personnage.
Et l’un des secrets du théâtre, selon Jean Anouilh, est peut-être contenu dans cette phrase, énoncée par l’un des personnages dans l’Acte II : « C’est très joli la vie, mais cela n’a pas de forme. L’art a pour objet de lui en donner une précisément et de faire par tous les artifices possibles – plus vrai que le vrai ».

C’est ainsi que le personnage du comte, qui monte la pièce, se prenant pour un metteur en scène de génie, se joue de chacun de ses acteurs pour notre plus grand plaisir, lors de la répétition, les assimilant à leur personnage, ironisant sur les uns, peignant un portrait très fidèle et sans concession de lui-même et dressant un éloge de cet être au cœur pur et authentique dont il aimerait tant s’attacher l’amour, sans vouloir la dénaturer.

Et la suite… et la suite ? Elle vaut la peine d’être lue, découverte. Je ne saurais en dévoiler toute la substantifique moelle.
Les petites et grandes bassesses, la perfidie dont sont parfois capables certaines femmes (mais pas seulement) entre elles, et toujours cette constante de la tragédie humaine, où l’évolution des rapports amoureux semble comme inscrit dans les gênes, de manière presque inéluctable, avec les conséquences que cela peut parfois engendrer (Jean Anouilh n'était pas un grand optimiste). Et la continuité de l’esprit humain, avec cette peinture des traits constants de l’être, de l’enfance à l’âge adulte, même si sous d’autres apparences, c'est cette machine infernale qui guide l'homme vers son destin tragique.

C’est tout Anouilh que l’on retrouve ici.
Oui, une pièce « brillante » (c’est bien la classification à laquelle elle appartient dans l’oeuvre du grand maître du théâtre.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 22, 2014 9:37 PM MEST


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20