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Contenu rédigé par Johan Rivalland
Classement des meilleurs critiques: 92
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Commentaires écrits par
Johan Rivalland (LEVALLOIS-PERRET France)
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Katia
Katia
par Léon Tolstoï
Edition : Broché
Prix : EUR 13,61

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Tout le talent de Tostoï, 23 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Katia (Broché)
Sous le nom "Le bonheur conjugal", j'ai redécouvert cette nouvelle quelque vingt-cinq ou trente ans après l'avoir lue pour la première fois.
Du pur Léon Tolstoï, au talent d'écriture indéniable et qui a la capacité, tel un Stefan Zweig (l'autre grand auteur que je lisais à la même époque), à nous faire entrer profondément dans la psychologie de son personnage.

Ici, une ode à la pureté et à l'abnégation, qui ne peuvent être totalement exempts du trouble que recèle la nature humaine et des périodes de doute qui succèdent à celles de l'amour fou.
L'histoire d'un homme, épris d'une jeune femme d'une vingtaine d'année de moins que lui, dont la pureté, le naturel, l'authenticité, la douceur, l'innocence, l'enthousiasme, mais aussi le talent musicien et la culture littéraire le séduisent profondément.
Cette jeune femme, à travers les yeux de laquelle nous allons vivre la situation, se laissera-t-elle entraîner par la passion et la vie qui s'offre à elle, une vie paisible et retirée au sein d'une modeste propriété dans la campagne ?

Une leçon sur la force de l'amour, puis les transformations que celui-ci peut subir lors des phases de la vie, sans que ses protagonistes comprennent bien toujours ce qui leur arrive. Presque une leçon philosophique, en quelque sorte.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 27, 2016 10:48 AM CET


Les Jumeaux Tuttle : étudient - La Loi
Les Jumeaux Tuttle : étudient - La Loi
par Connor Boyack
Edition : Poche
Prix : EUR 9,26

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Bel hommage à Frédéric Bastiat, 23 novembre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Jumeaux Tuttle : étudient - La Loi (Poche)
Une fois de plus, il est caractéristique que cet hommage en forme de découverte des écrits de notre célèbre (à l'étranger, mais inconnu ici) penseur français Frédéric Bastiat vienne des Etats-Unis ; la traduction de cette BD ne devant son existence qu'à l'initiative de Damien Theillier et l'Institut Coppet, l'auteur et le dessinateur résidant, eux, respectivement dans l'Utah et l'Etat de Washington.

Une réflexion autour de la loi, nos gouvernants, la liberté et la propriété, à travers une évocation de l'ouvrage "La loi" du député et pamphlétiste landais du XIXème siècle.
Deux jumeaux de 9 ans, Ethan et Emily Tutle, doivent réaliser un travail de recherche pour l'école, sur le thème de "la sagesse". Ils doivent rechercher une personne sage, qui sera chargée de leur expliquer quelque chose de très important.
C'est ainsi qu'ils ont l'idée de se tourner vers leur voisin Fred, un homme âgé qui a vécu en France et connait beaucoup de choses.
Celui-ci a l'idée de se tourner, dans son imposante bibliothèque, vers l'ouvrage de Frédéric Bastiat, dont il va commencer à leur expliquer l'esprit avec des mots simples, en les amenant à réfléchir sur les choses qui touchent à notre vie.

Au départ un peu réticents (on les comprend, à 9 ans !), ils se prennent rapidement au jeu, grâce à l'approche très pédagogique de Fred.
Et nous voilà partis vers une première approche très simple des raisonnements de Frédéric Bastiat.

Les explications et l'esprit de la BD, plein de tendresse, restent relativement rudimentaires (tout dépend, en réalité, à qui s'adresse réellement cette BD). Une approche qui me rappelle celle d'une certaine Sophie de Menthon, il y a quelques années, qui avait édité une série de petits livres très intéressants à l'adresse des enfants sur différents sujets (l'entreprise, la police, la politique, l'argent, la publicité, etc.).

Une invitation, quoi qu'il en soit, pour les adultes qui la liront, à aller découvrir l'ouvrage et l'auteur.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 29, 2015 9:20 AM CET


Special.T by Nestlé 12263846 Machine à Thé à Capsule Rouge 16,1 x 30,6 x 26,6 cm
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Prix : EUR 99,00

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Somptueusement innovant, 21 novembre 2015
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Il fallait y penser... (et le réaliser).
Excellente idée et belle innovation que cette machine à thé, par le maître des machines à café pour particuliers, Nestlé.

D'une facilité déconcertante (il suffit d'ouvrir la poignée, d'insérer une capsule, et de refermer la poignée, avant d'appuyer sur le bouton lumineux), cette petite machine à l'allure plaisante et qui ne prend pas trop de place révèle alors toute la subtilité des arômes de chacun des différents thés proposés (il en existe une multitude, de toutes provenances, et de saveurs très délicates et diversifiées).
Et, chose incroyable, elle reconnait la capsule qui a été insérée, adaptant alors à la seconde près l'infusion, la température et le temps idéal pour révéler tous les arômes de chaque spécialité, avec bonté.

La machine est, qui plus est, accompagnée d'un élégant coffret composé de 12 capsules de thés de qualité, ainsi que d'une tasse et sa soucoupe en porcelaine.
De quoi déguster avec plaisir de très bons thés diversifiés et délicatement parfumés. Pour les gourmets.

Côté pratique, pas de réelle contrainte. Même le lavage des éléments, de temps en temps, peut s'effectuer en machine. Le rêve. Et la préparation est silencieuse, ce qui reste primordial, rimant avec subtilité. Un sentiment de grand confort.

C'est aussi une excellent idée cadeau...
Alors, laissez-vous aller. Prenez le temps de vivre et de vous détendre.
Vraiment, une belle idée !


Aucun titre disponible

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Me voilà vraiment dans de beaux draps..., 21 novembre 2015
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Je continue d'être franchement épaté par ces produits de la gamme AmazonBasics.
C'est le deuxième drap housse dont j'ai la chance de pouvoir profiter. Et je peux répéter exactement ce que je disais pour le même produit dans un autre coloris : je m'attendais, avec une telle dénomination, à quelque chose de simplement correct. Or, à ma grande surprise, j'ai trouvé ce drap-housse bien supérieur non seulement à ce à quoi je pouvais m'attendre, mais même à certains draps pour lesquels j'avais pu parfois "mettre le prix".

Jolie couleur et joli aspect, déjà pour commencer, qui apportent une touche d'élégance. Ensuite, un toucher exceptionnel, qui allie douceur, souplesse et aspect lisse (pas besoin de repasser, a priori), voire soyeux. Et une installation facile sur le matelas, grâce à la qualité de l'élastique, qui permet d'ajuster sans forcer et sans crainte de déchirer. Après lavage, effet totalement intact et pas la moindre peluche.

De la qualité, donc, pour un prix modique.
Comme quoi on peut se trouver dans de beaux draps sans trop qu'il vous en coûte...


Schmidt - 42315 - Peluche - Avale-Soucis - Sorgenfresserchen Enno - 21 cm
Schmidt - 42315 - Peluche - Avale-Soucis - Sorgenfresserchen Enno - 21 cm
Prix : EUR 15,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Y'a pas d'soucis !, 21 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schmidt - 42315 - Peluche - Avale-Soucis - Sorgenfresserchen Enno - 21 cm (Jouet)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
L'idée est bonne... et amusante.
Ecrire sur des petits mots (ou des dessins pour les petits) ses petits soucis, en souhaitant qu'ils disparaissent, ses petits secrets en les confiant à la petite peluche protectrice. Un peu à la manière d'un journal intime, mais par petites bribes, auto-destructrices.
Et puis cette petite peluche est bien douce et réconfortante.

Tellement original, bien que très simple dans la réalisation, que même les plus grands (fin d'école primaire) sont parfois intéressés. Pourquoi se priver, après tout... Après, il sera trop tard...
Alors, allons-y. Que vogue la galère !


Tomy - L61204 - Disney Vice-Versa - Maxi Figurine à Fonction - Tristesse
Tomy - L61204 - Disney Vice-Versa - Maxi Figurine à Fonction - Tristesse
Prix : EUR 8,27

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Bonjour tristesse, 15 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tomy - L61204 - Disney Vice-Versa - Maxi Figurine à Fonction - Tristesse (Jouet)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Ainsi que l'on souligné la plupart des commentateurs, il s'agit d'une figurine (assez grande : 16,5 cm de hauteur).
Autrement, dit, ne vous attendez pas à un jouet extraordinaire. A part le côté affectif, lié à ce personnage particulièrement attachant du célèbre dessin animé Vice-versa, aucune fonction particulière ne semble pouvoir apporter un quelconque intérêt autre qu'esthétique ou décoratif.
Quelques brefs soupirs accompagnés d'une légère inflexion de la tête, un ou deux murmures de lamentation en anglais ; rien de plus.
Ce n'est donc pas, à proprement parler, ce qu'on appelle un jouet. Et je conçois assez mal un enfant s'amusant vraiment avec cet objet.

Mais le personnage étant bien sympathique et de belle couleur, je vais donc pencher tout de même pour trois étoiles plutôt que deux.
Cela dit, n'achetez qu'en connaissance de cause. C'est à cela que peuvent servir les différents commentaires affichés ici.


L'Homme du hasard
L'Homme du hasard
par Yasmina Reza
Edition : Broché
Prix : EUR 12,20

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Trop court, 11 novembre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Homme du hasard (Broché)
Titre attirant, qui n'est pas seulement celui du livre de Yasmina Reza, mais aussi de l'un des deux personnages dont il est question dans cette nouvelle, lui-même écrivain.

Un homme et une femme se trouvent dans un train. Ils ne se connaissent pas, mais on découvre leurs pensées intimes.
L'homme est l'écrivain préféré de la femme. La lecture de ses livres comptent dans sa vie. Elle a d'ailleurs dans son sac le livre dont nous venons d'évoquer le titre, mais n'ose le sortir en sa présence, justement parce qu'elle l'a reconnu. Et elle dialogue secrètement avec lui, dans sa tête.
Lui est dans ses propres pensées, plutôt sombres, et ne semble pas véritablement interpellé par la présence de cette femme ; du moins dans un premier temps.

J'ai agréablement commencé ma découverte de Yasmina Reza avec "Art", été ensuite un peu plus nuancé avec "Trois versions de la vie", qui s'annonçait pourtant prometteur. Je le suis encore un peu plus avec "L'homme du hasard", malgré certaines qualités.
La raison essentielle ? Trop court. Même constat qu'avec une Amélie Nothomb (dans un autre style), à qui je peux adresser le même reproche (j'y ai pensé, car la présence de ces deux personnages dans un train me rappelait celle des deux personnages d'Amélie Nothomb dans "Hygiène de l'assassin").
Et ici, c'est particulièrement manifeste, avec environ seulement 80 pages d'un livre de petit format, dont l'écriture est assez espacée. Frustrant.

Pour le reste, une montée en puissance de l'intrigue, après des dialogues intérieurs probablement un peu trop anecdotiques, du moins à mon goût, alors que le talent de l'auteur laisse espérer bien mieux.
Mais je ne me décourage pas pour autant... Je crois en le talent et la force des idées de Yasmina Reza, qui me laisse sur ma faim mais saura, j'en suis convaincu, m'intéresser à travers d'autres compositions de sa plume. C'est pourquoi je vais continuer très vite à la lire....


Le temps d'Antigone
Le temps d'Antigone
par Eric Werner
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un ouvrage passionnant, malgré la fin, 7 novembre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le temps d'Antigone (Broché)
A travers cet ouvrage, le philosophe et essayiste Eric Werner établit une sorte de parallèle, qui ne pouvait que me séduire lorsqu’il est question de deux personnages que j’admire depuis longtemps au plus haut point, entre Antigone et Sophie Scholl, dont elle serait comme l’incarnation vivante.

Suivant en cela George Steiner, dans « Les Antigones », Eric Werner écrit que «Certaines grandes œuvres de la littérature occidentale ont pénétré l’inconscient collectif au point de s’y imprégner durablement, d’y prendre racine, contribuant à faire de nous ce que nous sommes. »

Néanmoins, l’auteur note que nous ne sommes pas tous appelés à devenir Antigone. Et le cas de Sophie Scholl (autant que de son frère, d’ailleurs), aussi ordinaire qu’on veuille bien la décrire ou l’imaginer, n’est pas si banal.
« Il n’est pas donné à chacun de mourir ainsi. Une telle force d’âme, en tout état de cause, nous interpelle. »
Morte sur l’échafaud, sans ciller, tout comme une certaine Charlotte Corday (citée, parmi quelques autres en dédicace par l’auteur), elle fait preuve d’un courage et d’une détermination hors du commun, réservés à un tout petit nombre, tout en exprimant tout haut, à l’instar de ce qu’affirme le personnage d’Antigone, ce que beaucoup pensent sans oser l’exprimer.

Selon Antigone (Sophie Scholl), Créon (Hitler) commettait un abus, une démesure (hybris), allant à l’encontre de l’ordre naturel, des règles éternelles, non écrites (nomos), se prenant ainsi pour Zeus (Dieu), alors même qu’il en nie les lois fondamentales en refusant une sépulture à un mort (en perpétrant des crimes de masse).
Ce qui entraîne la Nemesis (vengeance) des dieux (des Alliés), occasionnant des malheurs au peuple thébéen (des raids aériens sur les villes allemandes).
Créon a ainsi franchi les limites fixées par la Justice (dikè) à l’homme à travers la guerre.

Se pose alors la question du rapport à Dieu, ou à la conscience (l’intériorité de celui-ci, pour le croyant). Et Eric Werner nous explique la difficulté d’appréhension de cette sagesse philosophique (le « connais-toi toi-même ») dans le contexte contemporain de la conception démocratique (et de ses limites). Un passage (chapitre 2) très intéressant.
L’Antigone de Sophocle serait elle-même de nature divine, selon Eric Werner. Ce qui explique beaucoup de choses. Dans le cas de Créon, à l’inverse, l’articulation de l’humain au divin échoue. Or, c’est cette articulation (à l’Autre, dans le cas de la démocratie contemporaine) qui permet le respect des limites (sôphrosunè).
Très inspiré par Héraclite, de même que le furent Eschyle et Euripide, Sophocle préfigure aussi les Lumières, par sa vision humaniste, mais en n’omettant pas les lois non écrites, celles voulues par Dieu, « car à défaut, l’humain a toute chance de virer à l’inhumain. »

Et on perçoit bien ici toute l’importance de la traduction et de la précision de l’interprétation de chaque mot dans le texte, en particulier du chœur, dont le rôle est central. Un véritable cours auquel nous convie Eric Werner de manière captivante et passionnante.

L’audace, l’espérance et l’amour sont présentés comme des affects et qualités indispensables de l’homme, qui le guident dans son action, mais qui peuvent conduire aussi bien sur le bon chemin (le Bien) que le mauvais (la route du mal). Profondément philosophique. Et c’est là qu’intervient l’erreur de Créon : se croire autosuffisant, ayant la sagesse infuse, là où il devrait s’en remettre à Dieu. Ce qui le conduira à sa perte.

Eric Werner nous présente ainsi les liens entre transcendance et immanence, raison et religion : « Dieu ne nous est pas extérieur, mais bien intérieur ». C’est là que le cheminement d’Antigone est accompli (l’adhésion aux règles non écrites). L’alliance entre le sophiste et le philosophe est abouti chez Antigone, là où Créon n’en est resté qu’au stade de bon sophiste, pourvu d’une bonne éducation et d’une bonne maîtrise du langage, sans qu’il soit parvenu à trouver le bon chemin (ici, le respect des limites liées à la guerre).

C’est encore l’hybris, la démesure, qui condamne Œdipe, dans « Œdipe Roi », écrit vingt ans plus tard, où l’orgueil de Jocaste et Œdipe, qui se défient des dieux, les emporte vers un chemin dangereux, celui de la tyrannie. Péché beaucoup plus grave que ceux que l’on retient habituellement, selon Eric Werner, (tuer son père et épouser sa mère, sans le savoir), autosuffisance qui ne lui sera pas pardonnée.
Mais Eric Werner va beaucoup plus loin, car il situe cette autre pièce dans son contexte historique, qui a changé, et en montre la régression. On est passé de l’époque-phare de Périclès, la démocratie athénienne et la société ouverte (il fait lui-même référence au célèbre ouvrage de Karl Popper et à son tome 1 consacré au caractère précurseur du totalitarisme de la pensée de Platon à celle de remise en question de celle-ci. Or, aucun personnage semblable à ce que symbolise Antigone n’y figure plus. D’où l’idée de la symbolisation de la remise en cause du péché d’autosuffisance et de la fin de la société ouverte, qui avait cherché à remettre en cause les traditions (chères à Platon, mais aussi à Aristote).

Antigone, selon Eric Werner, figure ainsi un personnage de type christique. Elle appelle, pour ainsi dire, au pardon face à l’ennemi, lorsqu’elle se réfère aux limites de la guerre (savoir mettre fin à la guerre, mais aussi poser des limites dans la guerre : ne pas massacrer des ennemis désarmés ou faits prisonniers, ne pas prendre pour cible des populations civiles, secourir l’ennemi s’il est blessé).
Principes qui ont inspiré le droit public européen et la 5ème thèse de la déclaration de Barmen, devant prémunir contre le désir d’extermination : « Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Etat devrait et pourrait, dépassant en cela les compétences de sa mission particulière, prétendre devenir l’ordre unique et total de toute la vie humaine. »

Le rapprochement avec la parabole du fils prodigue est, ici aussi, très intéressante et éclairante quant à la question de l’autonomie avec Dieu (ce qui l’oppose à l’autre fils, à l’attitude plus passéiste).
Quant à la vision christique, Antigone, elle, « ne ressuscite pas mais, note l’auteur, n’en continue pas moins à vivre dans la mémoire collective », prenant la place d’un paradigme qui marque de son empreinte notre civilisation.

C’est ainsi que les histoires d’Œdipe, Antigone et du fils prodigue illustrent bien, selon notre auteur, les problèmes de la modernité.
Œdipe symbolise l’arrachement à Dieu et à la Tradition (qui va lui coûter cher, jusqu’au pardon final à Colone), l’homme moderne qui prétend se suffire à lui-même, se veut « la mesure de toute chose » et s’affranchit de toute espèce de limite (et donc des lois non écrites), tandis qu’Antigone personnifierait la modernité avec Dieu, le fils prodigue représentant la voie médiane entre les deux (le retour vers le Père, après l’échec de la tentative d’autonomie).

Eric Werner s’intéresse alors à la période de la Seconde Guerre Mondiale qui, selon Ernst Jünger, constituerait une tentative d’achèvement de la Révolution française.
En cause, les millions de morts et de blessés déjà constatés lors de la Première Guerre Mondiale, doublés des multiples « exactions en tous genres : massacres de civils, déportations de populations entières, établissement de camps de concentration, etc. »
Déjà, un certain Winston Churchill constatait avec dépit : « Ni les peuples ni leurs dirigeants ne posèrent de limite à quelque acte que ce soit qui, pensaient-ils, pourrait les aider à vaincre. »

Ces fameuses limites (l’hybris), dont il est question ici.
Eric Werner établit, à ce stade, un parallèle entre la perte de la foi en l’homme et en les progrès de la civilisation qui s’en est suivie et le phénomène analogue qui s’est produit à la suite de la guerre du Péloponnèse.
C’est là qu’intervient Antigone et l’espoir en la possibilité de construire une civilisation. Par l’incarnation (et non la soumission à Dieu, via la Tradition). A rebours de l’interprétation erronée qu’en a fait Heidegger à dessein, comme le démontre Eric Werner, Sophocle concluant au contraire que « la violence à l’état pur ne mène à rien », là où le philosophe semblait la légitimer, probablement dans le but (mais pas seulement) de dresser une « apologie déguisée du nazisme », faisant dire à Sophocle l’exact contraire de ce qu’il défend.

En définitive, à l’issue de la Grande Guerre, Paul Valéry conclut : « Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. » Nous entrons alors dans la post civilisation. Ce qui réjouit Heidegger, qui l’interprète comme l’ère du mouvement (l’homme doit « se mettre en marche au-delà de lui-même »), phénomène que le chœur d’Antigone craint par-dessus tout.

Un livre passionnant, donc, mais on regrettera une fin d’ouvrage qui s’écarte arbitrairement un peu trop du sujet, en cherchant à dresser un étonnant procès du capitalisme contemporain, au lieu de s’attacher, comme on aurait pu le souhaiter, à analyser le parallèle annoncé entre Antigone et Sophie Scholl, qui semble quant à elle presque totalement oubliée.


L'Homme irrationnel [DVD + Copie digitale]
L'Homme irrationnel [DVD + Copie digitale]
DVD ~ Joaquin Phoenix
Prix : EUR 16,24

17 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Itinéraire d'un professeur de philosophie déprimé, 2 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Homme irrationnel [DVD + Copie digitale] (DVD)
L’histoire d’un professeur de philosophie un peu dévasté, ancien idéaliste (et séducteur) à présent devenu sans illusion et pessimiste à la fois sur l’humanité et le sens de la vie. Mais aussi sur le sens de la philosophie, dont il pense avec le recul qu’elle ne s’apparente parfois qu’à de la « masturbation intellectuelle » (ici, Emmanuel Kant et sa « critique de la raison pure » est particulièrement visé).
Manifestement, ce professeur a été très inspiré par l’existentialisme de Kierkegaard, mais aussi Jean-Paul Sartre. Et Hannah Arendt continue de l’imprégner à travers son concept de « banalité du mal », de même qu’il reste fasciné par un écrivain qui, selon lui, « a tout compris » : Dostoïevski.
Une seule valeur, en fin de compte, devrait guider les êtres humains : l’action. C’est, en quelque sorte, à l’Homme de se déterminer lui-même (« l’homme est la mesure de toute chose » ?). Tout le reste ne serait que verbiage.

Ce professeur en pleine déprime et mal d’inspiration va donc se retrouver sur un nouveau campus, où sa réputation d’esprit libre et peu conventionnel le précède.
Il est vrai que l’on va constater à quel point cet homme peut être parfois, surtout sous l’influence de l’alcool, aussi excentrique (voire dangereux) qu’il est intelligent et réelle force de séduction. Y compris auprès de son jeune public estudiantin…

Je n'en dirai pas plus, pour ne pas dévoiler l'essentiel. Mais un film à la Woody Allen, c’est-à-dire à mi-distance constante entre la légèreté, l’ironie et le plus grand sérieux. Mi-drôle, mi-sarcastique. Mi-cinéma, mi-réalité. Mi-rêve, mi-réalisme. Mi-lenteur, mi-célérité.
Avec, de manière diffuse, ses thèmes habituels, mais aussi comme toujours une vraie intrigue. Même si ce n’est probablement pas le plus grand film du réalisateur. Mais on passe toutefois un bon moment.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 26, 2015 11:13 AM CET


Le Diable
Le Diable
par Léon Tolstoï
Edition : Poche
Prix : EUR 2,00

5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Tension psychologique, 2 novembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Diable (Poche)
"Le diable" est une nouvelle de Léon Tolstoï agréable et facile à lire, que j'ai eu plaisir à redécouvrir quelque 25 ans après l'avoir lue pour la première fois. Sensations intactes, moment de lecture appréciable.
Une histoire dans l'esprit des nouvelles de Stefan Zweig (j'avais découvert les deux auteurs à la même époque). Avec à la base une tension psychologique chez le personnage principal, qui monte, qui monte, jusqu'au dénouement final.

Le diable est-il réellement de la partie ou n'est-ce qu'une manière d'imager la perturbation profonde du personnage, ravagé par la tentation et qui tente de s'en défaire vaille que vaille ?
Vous le découvrirez peut-être à la lecture de cette nouvelle qui se déroule en une époque qui semble maintenant bien lointaine dans notre société contemporaine si différente, mais que l'on a plaisir à redécouvrir pour ceux qui ont gardé intactes d'anciennes sensations désormais un peu oubliées pour beaucoup...


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