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Contenu rédigé par Johan Rivalland
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Commentaires écrits par
Johan Rivalland (LEVALLOIS-PERRET France)
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Hunger games : l'embrasement
Hunger games : l'embrasement
DVD ~ Jennifer Lawrence
Prix : EUR 17,99

15 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le "jeu" de la liberté, 9 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hunger games : l'embrasement (DVD)
Retour dans ce monde terrifiant et inhumain où la liberté n’existe pas. Un monde totalitaire où le peuple se trouve soumis, par peur d’une nouvelle révolution sanglante, comme il y en eut une 75 ans auparavant.
Un monde où, comme du temps des romains, des jeux sont organisés, dans l’idée de le calmer et le rendre plus docile, mais aussi de complaire à ses dirigeants. Des jeux qui mettent la vie de chaque représentant de district en péril, puisque seul le gagnant survivra.
Un monde absurde qui ressemble à une vaste comédie et où toute velléité de révolte est aussitôt durement réprimée.

Jusque-là, rien de véritablement nouveau par rapport au premier opus de la série, vous vous en doutez. Et je ne vous en raconterai d’ailleurs pas beaucoup plus, afin de vous ménager le plaisir de la découverte.
Simplement, une suite qui est à la hauteur du premier. Ambiance intacte, sentiment de révolte intérieure très fort, un suspense soutenu et un scénario de grande qualité, avec une montée en puissance des enjeux comme de la difficulté. L’arrachement, l’écoeurement, le chantage, les déchirements intérieurs, mais aussi l’espoir…
Une première heure de film qui, certes, paraîtra un peu longue à certains, impatients d'assister aux "jeux" eux-mêmes, mais qui me convient parfaitement, à titre personnel. C'est dans cette partie-là que l'on ressent au mieux l'injustice insupportable du monde totalitaire, la pression psychologique qui pèse sur les personnages, la difficulté de pouvoir être soi-même et de contenir sa rage si on veut survivre et ne pas mettre les autres en danger. Des situations qui ressemblent beaucoup à la réalité, passée comme encore présente en certains endroits de la planète, avec des scènes très dures mais si tristement réalistes.

Un superbe film, plein d'émotion. Au moins aussi bien que le premier. Pas de déception.
Un très bon scénario, qui vous prend littéralement aux tripes. A voir, donc, sans retenue.
On attend toujours aussi impatiemment la suite...
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 19, 2014 12:31 PM CET


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Prix : EUR 23,18

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Sympathique, 9 décembre 2013
Solide:5.0 étoiles sur 5 Amusant:5.0 étoiles sur 5 Educatif:3.0 étoiles sur 5 
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Votre fille rêve de jouer les créatrices de mode ? Elle aime les activités manuelles et toutes les créations du type ? Elle est habile de ses mains et a un esprit appliqué et créatif ?
Voici un coffret activité susceptible de lui plaire.
Amusant et sympathique. Une bonne idée, plaisante et ludique.

Certes, la conception-décoration de ces cinq modèles de chaussures se fait assez vite, mais c'est souvent le cas avec les loisirs créatifs. Ce qui n'enlève rien à la qualité de l'idée et au plaisir procuré.
Un peu cher en soi, surtout par rapport au temps passé à confectionner les petites chaussures, mais pas davantage finalement que pour les produits du même type (et que dire de tant d'autres jouets, parfois même bien plus onéreux, avec lesquels l'enfant ne jouera pas plus longtemps, c'est bien connu ? Ici, au moins, la petite fille peut donner libre-court à ses qualités créatives).
Et le plaisir ressenti, ainsi que la sensation ou le souvenir qui en resteront en font à mon avis, une bonne idée de cadeau.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 29, 2014 11:02 AM MEST


Pourquoi je vais quitter la France
Pourquoi je vais quitter la France
par Jean-Philippe Delsol
Edition : Broché
Prix : EUR 16,00

17 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La fuite des cerveaux, 2 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pourquoi je vais quitter la France (Broché)
Comment, de dérives en dérives a-t-on fait pour en arriver là ? Et qu’est-ce qui fait que, bien que profondément attachés à leur pays, tant de Français et Françaises se mettent pourtant, de plus en plus nombreux, à envisager le plus sérieusement du monde de quitter la France ?
Par pur « égoïsme » ? Par vénalité ? Par opportunisme ? Point du tout.
L’auteur, dans le quatrième de couverture, établit le parallèle avec la révocation de l’Edit de Nantes, en 1685, dont on sait à quel point il fut préjudiciable pour l’avenir de la France. Avec tous les regrets qui ne manquèrent pas a posteriori.
Car c’est bien la France, via ses hommes politiques et ses choix de politiques publiques, qui a suscité ce phénomène dont l’ampleur s’est nettement accélérée avec les dernières orientations en date.

Fiscalité sans cesse plus étouffante, hostilité envers l’entreprise, les « riches », et de manière générale ceux qui réussissent, autant de motifs ou de griefs qui expliquent cette fuite des cerveaux et cette dissolution de nos forces vives vers d’autres cieux.
Et il ne s’agit plus, ici, de juger, mais de constater et de tenter de comprendre ce qui motive ces décisions souvent difficiles.

Afin de mieux ressentir toutes ces dimensions, à la fois économiques, juridiques et psychologiques, Jean-Philippe Delsol retrace l’histoire d’un petit patron qui, par la force de son travail et de son enthousiasme, a réussi et contribué à créer de la richesse et des emplois dans le pays, mais s’est trouvé comme montré du doigt et vilipendé, ainsi que véritablement harcelé par le fisc, alors même qu’il ne faisait absolument rien qui puisse décemment lui être reproché, bien au contraire.
Ce personnage est un être mi-réel, mi fictif, puisqu’il mêle l’expérience de différents exilés rencontrés par l’auteur, qui lui ont exposé leur cheminement, leurs motivations et la manière dont ils ont vécu ces épisodes douloureux. Ce qui permettait aussi d’éviter à ces personnes les représailles qu’elles pourraient craindre de la part de l’administration française, et notamment fiscale.

Après avoir narré l’histoire de la petite entreprise familiale et la manière dont cet homme en est arrivé à en prendre les rênes, avec enthousiasme et énergie, pour en faire un beau fleuron industriel, générateur de valeur ajoutée et d’emplois, avec tous les tracas que cela suppose et tout ce qui fait la vie de l’entreprise au quotidien (les tracasseries administratives particulièrement lourdes, le poids de la bureaucratie, l’hostilité de certains syndicats idéologisés, les contrôles fiscaux à répétition, les « suspicions illégitimes », mais aussi bien sûr les sources de satisfaction et les réussites), on en vient aux causes de cet état de fait : pourquoi sont-ils si nombreux, ceux qui décident de quitter la France ?

La première partie de l’ouvrage est donc consacrée au sombre constat de ce que la France est devenue aujourd’hui, à la fois sur le plan économique, fiscal, mais aussi réglementaire.

L’excès d’interventionnisme et de dépenses publiques (observation désormais enfin assez largement partagée, même si sur les réponses à y apporter le manque de courage et de lucidité prédominent largement), ainsi qu’un secteur public, parapublic et associatif pléthorique, auxquels il faut ajouter les contrats aidés, subventions et aides publiques diverses (plus de 50% de la population active, au total, vivant des subsides de l’Etat !), se trouvent à la source du poids fiscal qui pèse à la fois sur les particuliers et les entreprises et finit par décourager dramatiquement l’initiative individuelle et le travail.

Sans parler de l’effet d’éviction qu’il provoque (au détriment de l’investissement, et donc de l’avenir), ainsi que de la vie à crédit assise sur les générations futures ou de la dangereuse (d’un point de vue démocratique, notamment, c’est moi qui ajoute) coupure provoquée entre ceux qui contribuent fortement au financement de ce système et ceux qui sont exonérés d’impôts et vivent essentiellement des prestations (sans qu’il y ait de jugement de valeur a priori sur ce point quant aux personnes bénéficiaires, je précise).
A 57% du PIB de dépenses publiques, comment le secteur privé peut-il encore supporter un tel poids ?

Et surtout, comme le note l’auteur, en référence à la présomption visionnaire d’Alexis de Tocqueville en la matière, c’est une forme avancée de despotisme démocratique qui apparaît, telle un poison pour la liberté et la dignité, tandis que l’Etat tutélaire, dans le même temps, n’assure plus forcément bien ses fonctions régaliennes traditionnelles.

Dans ce contexte, l’impôt pèse lourdement (mais aussi, bien sûr et sans doute plus encore, les cotisations sociales, en raison de la lourdeur particulière de notre système de protection sociale), à la fois sur la production, le commerce, la consommation, l’investissement et l’épargne, donc sur l’ensemble de l’Economie. Et, au-delà de son poids croissant (à rebours de certains pays voisins et donc de notre compétitivité), son instabilité réglementaire et sa complexité aggravent encore le phénomène. Sans que les recettes s’accroissent pour autant, tout à l’inverse.
D’où la tentation de l’exil fiscal, lorsque la fiscalité paralyse trop l’activité, devenant un obstacle majeur (le nombre d’exilés fiscaux aurait même été multiplié par 4 ou 5 depuis l’élection de François Hollande, selon certaines estimations !).

A travers de nombreux faits et éléments chiffrés, Jean-Philippe Delsol montre ainsi comment l’engrenage infernal dépense publique / dette publique / ralentissement de la croissance / accroissement des aides publiques / hausse du chômage mine le pays, achevant de décourager l’activité.
Et les comportements protectionnistes, hélas récurrents en ce type de période, pénalisant à la fois les consommateurs et l’Economie dans son ensemble, avec l’illusion contraire, ne sont pas faits pour améliorer les choses.
Convoquant les plus grands auteurs, de Benjamin Constant à Frédéric Bastiat, en passant par Hugo Grotius, Adam Smith ou David Ricardo, entre autres, Jean-Philippe Delsol rappelle l’inanité de ce type de politique et son caractère destructeur.

La fiscalité française et son « déluge d’impôts » deviendrait ainsi un « Léviathan moderne, un pouvoir qui, sans violence apparente, veut niveler les conditions et les comportements, veut réduire l’Homme à un sujet de l’Etat. La Révolution avait voulu libérer les citoyens de l’autorité monarchique, mais les Français d’avant 1789 trouveraient que leur siècle était bien plus libéral que celui d’aujourd’hui ».

D’atteintes manifestes au droit de propriété en tentatives de rétroactivité en matière d’imposition, nombreuses sont les « mesures iniques et attentatoires des libertés et d’égalité devant l’impôt » dont on n’a dû qu’à la seule existence de la Cour Constitutionnelle de pouvoir sauvegarder le maintien d’un fragile rempart face aux assauts répétés et de plus en plus insistants des législateurs et leur tentation collectiviste, assumée ou inconsciente. Jean-Philippe Delsol en apporte de nombreux exemples récents.

En fin de compte, c’est l’Etat de droit issu de notre histoire occidentale qui est mis en cause dans ses fondements ; ceux de l’universalité des droits naturels, de l’équité et de tous les apports de nos grands penseurs, depuis Sénèque, l’apôtre Paul, Les Romains, Tome 4 : Marc Aurèle, ou bien d’autres encore, auxquels se réfère notre auteur, jusqu’à au moins Friedrich Von Hayek (le droit « conçu non pas produit de la volonté de quiconque, mais plutôt comme une barrière à tout pouvoir »).
Ce qui lui fait ainsi déplorer qu’ « en réalité, la France et bien d’autres Etats avec elle, ont une fâcheuse tendance à confondre, et de plus en plus, l’état de droit avec le droit de l’Etat ».
Une dénaturation de la démocratie, qui n’est pas « le moyen pour la majorité d’imposer tout et n’importe quoi à la minorité ». Une approche qui vire au clientélisme.

«En cela, elle commet sans le savoir la même erreur que les pouvoirs totalitaires qui pensaient de la même manière être mandatés par le peuple pour façonner la société. Le constructivisme démocratique est plus doux, mais il est de même nature et il introduit à la pensée totalitaire car il y habitue les esprits malgré eux, il les mithridatise. (…) Et partant de ces prémisses, la majorité se croit légitime à imposer sa loi. Elle pourrait donc attenter à la propriété, décréter que les sexes n’existent plus, que chacun est libre de mettre fin à sa vie… (…) Et la loi ne saurait être livrée sans risque d’abus à la démesure d’une mathématique parlementaire, pas plus qu’au dénombrement de la rue. (…) Lorsque l’égalité sombre dans l’indifférenciation et que la liberté s’abîme dans sa propre vanité, ce sont l’égalité et la liberté qui sont en péril ».

C’est donc quelque peu résigné, face à la force du constat et au non respect des principes fondateurs de la démocratie française, que notre patron finit par choisir l’exil, après mûre réflexion et beaucoup par dépit, car malgré tout attaché à la France.
Et c’est là qu’intervient la seconde partie de l’ouvrage, consacrée aux déclencheurs (exit tax, notamment, mise au point par le précédent gouvernement et renforcée par l’actuel, avec tous les reniements et abus de droit que l’on imagine, sur lesquels revient l’auteur) et aux modalités pratiques du départ, avec toutes les difficultés pratiques et obstacles que cela implique.

Notre patron va-t-il opter pour le Royaume-Uni ? Pas si simple.
Pesant le pour et le contre, grâce aux bons conseils apportés par son avocat fiscaliste (Jean-Philippe Delsol, qui nous explique de la sorte quelques-unes des subtilités d’un exil en terre britannique), il renonce, sa situation particulière étant suffisamment complexe pour que ce ne soit pas forcément le meilleur choix.

Ce sera donc finalement la Suisse. Pas seulement pour des raisons fiscales.
On y découvre, là encore, les quelques rudiments nécessaires à connaître avant d’envisager de s’y installer. D’autant que les choses ne sont pas forcément simples non plus, dans un contexte particulier, de la part des autorités françaises, de « chasse aux sorcières » et « d’impossibilité de rapatrier normalement des capitaux étrangers » (la sévérité en la matière étant bien plus grande que ne peut l’être celle à l’égard de toutes les « petites » corruptions, bien réelles celles-là, existant à tous les niveaux de la Société, en particulier dès lors qu’elle touche à la sphère publique et même aux politiques eux-mêmes dans certains cas. Jean-Philippe Delsol en apporte moult exemples).
Il faudra donc étudier les subtilités du système fiscal suisse, ainsi que les particularités cantonales. Là encore, on entre dans la complexité juridique des accords franco-suisses cette fois, par l’intermédiaire de notre avocat fiscaliste renommé.

Mais, bien que La Suisse ne soit pas non plus le pays parfait, il n’en reste pas moins que, sous l’effet conjugué du fédéralisme, de la concurrence fiscale et des référendums d’initiative populaire (forme plus authentique de démocratie, dont les issues, dans de nombreux cas, surprendraient en France), notamment, y règne un meilleur équilibre et des rapports plus sains au sein de la Société.
C’est ce que Jean-Philipe Delsol nous présente dans un ultime chapitre, où il conclut que notre chef d’entreprise ne paiera pas forcément beaucoup moins d’impôts, mais bénéficiera de meilleures garanties d’y trouver une plus grande stabilité et des libertés personnelles mieux protégées, dans un Etat, qui plus est pas endetté.

En conclusion, un livre-témoignage bienvenu et on ne peut plus d’actualité qui fera, souhaitons-le parler de lui, même si, bien entendu et comme toujours, on peut d’ores et déjà anticiper que cet essai se trouvera très vite décrié par la Bien pensance et ceux qui ne l’auront pas même vraiment lu.
Mais, avec la prise de conscience croissante des problèmes que connait la France, un cri d’alarme essentiel, qui doit trouver échos auprès de ceux dont dépend notre sort à tous, pour peu qu’ils soient encore en mesure de l’entendre…
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (24) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 4, 2013 11:30 PM CET


Blue Jasmine
Blue Jasmine
DVD ~ Alec Baldwin
Proposé par Expédition sous 24H
Prix : EUR 10,45

10 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Deux destins croisés, 2 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blue Jasmine (DVD)
Je n'ai pas vu beaucoup de films de Woody Allen.
Celui-ci, en tous les cas, m'a semblé très bon.
Pas très gai, mais assez juste, avec un rôle difficile tenu à merveille par l'actrice principale Cate Blanchett, comme beaucoup l'ont souligné, mais pas seulement.

L'histoire de deux soeurs (adoptives), que tout a toujours opposé, mais qui vont se retrouver par la force des événements et les rapprocher de manière progressive et artificielle.
Toutes deux ont connu, de manière très différente mais finalement que l'on peut comparer, une vie chaotique qui les a menées à une existence qui se révèle au final décevante. De leurs rêves respectifs aux situations très glauques auxquelles on va assister, un univers assez déprimant qui établit un parallèle intéressant entre deux caractères si opposés, aux aspirations tout aussi opposées, mais qui se réunissent dans un même échec, même si l'une s'en sortira finalement mieux que l'autre, à sa façon, en raison de circonstances inattendues.

Assez déprimant, mais très intéressant et symptomatique de personnalités soit trop égocentriques et victimes des apparences, soit souffrant d'un excès de naïveté et de manque de confiance en soi.
Deux caractères fragiles, dont on mesure les aspirations, les peines et les déceptions, à travers une peinture à la fois cruelle et si justement observée.
Un bon film, donc, de mon point de vue. Assez subtil.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 3, 2013 9:55 PM CET


Enquêtes du limier (les) Vol.2
Enquêtes du limier (les) Vol.2
par Jiro Taniguchi
Edition : Broché
Prix : EUR 12,95

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Dans la continuité du tome 1, 25 novembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Enquêtes du limier (les) Vol.2 (Broché)
Un album toujours aussi agréable à lire, et dans la parfaite continuité du tome 1, avec les magnifiques illustrations de Jirô Taniguchi, se caractérisant par leur subtilité particulière et l'intensité des émotions révélées à travers les paysages, les expressions des visages, les non-dits, les silences.
Et une histoire toujours pleine d'humanité et de profondeur.

Où l'on retrouve notre détective, spécialisé dans la recherche de chiens de chasse disparus, sur la piste, cette fois, d'un homme qui a fui en compagnie de son chien et d'un cheval de hara qui aurait dû être abattu.
Et notre personnage principal, homme libre et solitaire, toujours un peu bourru et secret (comme beaucoup des personnages de Taniguchi) va devoir composer avec sa mission et ses convictions, de manière à remplir celle-ci sans trahir celles-la.
Un scénario taillé à la mesure du maître. Et, une fois de plus, tout le talent et la finesse du trait de Taniguchi, dont on peut véritablement admirer le talent, pour une histoire pleine de grandeur et de sensibilité.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 30, 2013 2:52 PM CET


Wounded Rhymes
Wounded Rhymes
Prix : EUR 6,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'album de la maturité, 25 novembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Wounded Rhymes (CD)
Attiré par le titre "I follow rivers" (pourquoi ne pas le dire, même si ça fera conventionnel et "grand public"), j'ai commencé par acheter et écouter le précédent album (voir mon commentaire à ce sujet).
Quel changement, ici, par rapport à trois ans auparavant ! Une vraie transformation.

La voix semble avoir gagné nettement en maturité, plus assurée, plus adulte, plus "lointaine" aussi, ce qui ne me déplaît pas (même si on retrouve, par moments, sa pureté, sa fragilité et son authenticité originelles).
La musique demeure agréable, à l'instar du précédent album, même si les tonalités en sont différentes (ce qui permet d'assurer un beau renouvellement, peu évident en général pour un artiste lorsqu'il passe d'un album à un autre).

L'album est un peu plus sombre, moins propice à la rêverie (quoique...), mais néanmoins agréable à écouter. Avec un vrai caractère propre et une vraie diversité de sons et de mélodies.
A noter quelques intonations à la Lana Del Rey au titre 6. Voulu ? Ce qui n'ôte pas à l'identité propre de la chanteuse, qui a son style particulier et unique, en faisant tout le charme. Et un registre vocal plus diversifié que dans le premier album, très inspiré et affirmé.

Un album complet, original, diversifié et ayant une belle unité à la fois.
Très plaisant.
Une artiste à découvrir, dont on entendra vite reparler, je pense.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 3, 2013 11:00 PM CET


Youth Novels
Youth Novels
Prix : EUR 6,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un bon album, 25 novembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Youth Novels (CD)
Découverte récemment à travers le très connu "I follow rivers" (contenu dans son album suivant par rapport à celui-ci, avec apparemment 3 années d'écart), j'ai voulu commencer par revenir aux sources, à la lecture de différents commentaires qui faisaient l'éloge de ce premier album, qui semblait avoir la préférence de certains.

Il est vrai que c'est un album agréable. Une vraie identité, un caractère propre, une musique intéressante, originale, et une mélodie vocale qui sonne agréablement à l'oreille.
Toutefois, ma préférence va plutôt à l'album suivant, car je trouve la voix ici un rien immature ou parfois trop dans les aigus à mon goût (ce n'est pas une critique, mais plutôt lié, je pense, à l'âge de la chanteuse, qui devait être bien jeune ici, selon toute vraisemblance ; je ne suis pas allé vérifier en allant m'informer sur internet. Une volonté, aussi, certainement de recherche de pureté de la voix, comme dans l'avant-dernier titre, où la voix part nettement et intentionnellement dans les aigus, avec une certaine délicatesse, mais ce qui ne me plait pas, donnant trop un côté enfant).

Une musique qui invite à l'évasion, à la rêverie, à pénétrer dans un univers intimiste, voire galactique. La voix, posée, pleine d'authenticité, avec ce charmant accent anglais (même si c'est une chanteuse suédoise), accompagne de manière opportune la musique, offrant à l'ensemble des tonalités très plaisantes, propices à la détente et au bien-être, en faisant un bon album, de qualité.


Le guide du mauvais père
Le guide du mauvais père
par Guy Delisle
Edition : Broché
Prix : EUR 9,95

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Drôle et cruel, 21 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le guide du mauvais père (Broché)
Je suis tombé par hasard sur ce petit livre et l'ai acheté par une sorte d'achat coup de coeur, en lisant juste les toutes premières pages (celles disponibles ici même en consultation).
Situations drôles et un peu tristes à la fois, avec ce père par certains côtés immature et irresponsable, voire inconséquent.

La lecture vous entraîne sans difficulté dans ces situations burlesques du quotidien, où on tremble plus d'une fois pour les enfants... Mais là où on reste vraiment sur sa faim, c'est sur le temps de lecture : 10 minutes tout au plus (et encore !). En rapport avec le prix de vente, on peut dire que c'est frustrant et on ressort avec le sentiment de s'être fait un peu duper.
Comparativement à des oeuvres tellement plus travaillées, ce prix apparaît largement surestimé.
Je lirais d'ailleurs bien volontiers le tome 2, mais à ce prix-là je vais m'abstenir (les deux tomes réunis et au même prix aurait été déjà tout juste acceptable).


La crise financière française de 1789-1799
La crise financière française de 1789-1799
par Andrew Wilson- Dickson
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

24 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Savoir tirer les leçons du passé..., 30 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La crise financière française de 1789-1799 (Broché)
La France de 2013 ressemble étrangement, sur certains points, à celle de 1789. Le prince n’est plus le même, mais la coexistence d’une dette énorme, fruit des règnes de Louis XIV et de ses successeurs Louis XV et Louis XVI, et de déficits qui perdurent d’année en année, ainsi que la stagnation économique, y font penser.
Mais ce n’est pas tout…

Turgot, on s’en souvient, avait été renvoyé et l’approche libérale avec lui. Et, de ministre des Finances en ministre des Finances, des expédients étaient trouvés pour tenter de reporter le problème de la dette et acheter la paix sociale.

En 1789, donc, Necker, malgré ses qualités reconnues, en tant que l’un des plus grands banquiers d’Europe, se trouva confronté à des demandes pressentes, de toutes parts, de recourir à l’émission de monnaie papier. Parmi eux Marat, qui accusait Necker, dans son journal L’ami du peuple, d’être « un misérable cherchant uniquement à s’enrichir en puisant dans les deniers publics ».
Necker, connaissant bien les effets pervers de ce type d’émissions, tenta au mieux de résister, mais l’Assemblée Nationale, fin 1789 – début 1790, trouva un compromis en prônant l’émission de billets reposant sur la confiscation des biens de l’Eglise.

En 1720, John Law, sous le règne de Louis XV, avait été l’inventeur de la planche à billets et, indirectement, des banqueroutes qui s’ensuivent, avec toutes les conséquences qu’elles engendrent.
Même si, cette fois, il y avait des contreparties officielles, avec les gages sur les propriétés de l’Eglise, nul n’ignorait que les grandes émissions de monnaie précédentes s’étaient soldées par la ruine. Mais il en allait de « la volonté du peuple » et « cela attachera(it) l’intérêt des citoyens au bien public ». Les objections tombèrent donc. D’autant que les lois naturelles ne jouaient plus « au sein d’une nation qui est gouvernée par une constitution », plutôt que par « un régime despotique » (M. Matrineau).

Fi, donc, des multiples effets connus de ce que presque tout le monde considérait bel et bien comme « la plus effroyable catastrophe que la France ait jamais connue ».
Les assignats, générateurs qui plus est d’un intérêt de 3%, furent donc émis en avril 1790 pour la somme, colossale à l’époque, de 400 millions de livres (le franc ne devenant la monnaie officielle qu’en 1795).

Très rapidement, et c’est là que l’on peut trouver un inquiétant parallèle de plus avec aujourd’hui, les résultats se firent dans un premier temps sentir dans toute l’économie, soulageant à la fois les créanciers, le gouvernement, le commerce et le peuple, relançant par ailleurs le crédit.
Mais il ne fallut pas 5 mois pour que le gouvernement ait tout dépensé et que le pays tout entier réclame une nouvelle émission de papier.
Toute l’énergie et la verve d’un Mirabeau, au rang des adversaires influents de la monnaie papier, ne suffira pas. Malgré sa réelle conscience des dangers de l’inflation, il finit par céder à la pression et s’incliner, conforté en particulier par le rapport de Montesquieu du 27 août 1790, soutenant une nouvelle émission, jusqu’à finalement militer ardemment, dans ses discours, pour celle-ci.
Necker dut démissionner et quitter la France, pour la plus grande joie de Marat, Hébert, Desmoulins et autres fanatiques de la guillotine.
Et, malgré l’opposition convaincue d’un Du Pont de Nemours, d’un Maury ou même cette fois de Talleyrand, la verve de Mirabeau fit la différence et une nouvelle émission de 800 millions de nouveaux assignats fut votée par 508 voix contre 423.

A l’encontre des engagements solennels tenus alors, les émissions reprirent de plus belle, différentes régions commençant à leur tour à émettre leurs propres assignats, tandis que les « billets de confiance » et leur lot de fraudes en tous genres, achevèrent de pervertir le système, alors même que les premiers assignats, échangés contre des terres, au lieu d’être retirés de la circulation comme prévu, furent recyclés sous la forme de petits billets.
Et d’importantes nouvelles émissions nationales se succédèrent, toujours avec les mêmes engagements solennels à ce que ce soit la dernière, chacun se trouvant comme grisé par cette monnaie papier qui engendrait une inflation ressemblant à de la prospérité.

Mais le pouvoir d’achat de toute cette monnaie déclinait de plus en plus vite, sans que l’on en cerne les causes a priori, les explications les plus folles courant à ce sujet, suscitant la mort de coupables désignés.
Les manufactures, quant à elles, déclinèrent brutalement, cessant leur activité les unes après les autres et le commerce s’effondra à son tour. Exactement comme cela s’était toujours passé dans tous les pays (Autriche, Russie, Amérique, …) qui avaient tenté de bâtir la prospérité sur de la monnaie non convertible.
Effondrement de l’épargne, développement des paris, jeux d’argent et spéculation s’ajoutent à ce sombre tableau, de même que la corruption, qui prit une ampleur inquiétante, touchant jusqu’à certains législateurs (même Mirabeau s’y fit prendre).

Le nombre de débiteurs devint de plus en plus important et, sous l’influence de certains manipulateurs usant de leur pouvoir auprès des représentants à l’Assemblée, ils en déduisirent que leur intérêt était de déprécier la monnaie. D’où les pressions pour conduire à de nouvelles émissions, selon un mouvement irrépressible. Ce qui entraîna, bien sûr, une chute accélérée de la valeur de la monnaie.

Il est à noter que des limitations des montants maximaux à émettre étaient à chaque fois votées pour la suite, et à chaque fois bafouées.
De même, toujours cette conviction que les vieilles lois de l’Economie ne seraient plus valables dans le contexte de la fin du XVIIIème siècle, que les conditions ne sont pas les mêmes. Exactement comme certains le diraient aujourd’hui au début du XXIème siècle.

Et toujours cette idée, très en vogue encore à l’heure actuelle, que c’est l’inflation qui nous sortira d’affaire… (ce que les ménages, eux, ressentent bientôt autrement…).
Andrew Dickson White cite une phrase énoncée par Daniel Webster, qui demeure très juste et d’actualité, selon laquelle « de tous les artifices mis en place pour duper les classes laborieuses, aucun n’a été plus efficace que celui qui les trompe avec la monnaie papier. »

Puis ce furent les confiscations des grandes propriétés de propriétaires terriens (qui fuirent le pays), servant de garantie aux nouvelles émissions (cela nous rappellera cette idée, très en vogue encore aujourd’hui, consistant à « prendre l’argent là où il se trouve »).

Cette fuite en avant et la folle inflation qui se développaient devinrent visibles aux gens.
Dès lors, on commença à leur trouver toutes sortes d’explications et de coupables tout désignés (les riches, les commerçants, …), afin de tenter de dissimuler la vérité au sujet de cette monnaie de singe.
Encouragés par Marat, des pillages de magasins eurent lieu à Paris (il recommandait aussi de pendre les marchands). Il fallait alors calmer la foule (en l’achetant), puis chercher à gagner du temps.
Ce qui fut fait de trois manières complémentaires :

1°) par l’emprunt forcé, prélevé sur les « riches » et garanti sur les terres confisquées.
Cela ne suffisant pas, on introduisit la taxe progressive, ce qui permit de toucher aussi les petits propriétaires (l’impôt progressif sur le revenu, largement admis aujourd’hui malgré son caractère contestable, date donc de cette période, puisqu’il a été mis en place le 22 juin 1793).

2°) le désaveu porté aux premiers assignats, portant l’effigie du roi, et censés avoir bénéficié aux plus riches, porté par un Danton au sommet de sa gloire.

3°) la loi du « Maximum », suggérée par Saint Just et soutenue par l’éloquence d’un Barrère, qui revint à une sorte de blocage des prix.
Mais cela provoqua, bien entendu, la pénurie et l’instauration de tickets de rationnement.
Les cessations d’activité, les délations de fermiers ou commerçants ne respectant pas strictement la loi (mais aussi la guillotine), se multiplièrent.

Bientôt, Cambon incrimina les achats d’or et d’argent, allant jusqu’à fermer la Bourse le 13 novembre 1793.
Mais malgré tout le génie, la compétence et le courage de Cambon, qu’Andrew Dickson White qualifie de « spécialiste le plus important de tous les temps », le désastre se révélait inéluctable, face aux lois de la nature.
Ainsi, « la monnaie papier du pays semblait posséder un pouvoir magique pour transformer la prospérité en adversité et l’abondance en famine. L’année 1794 fut exceptionnellement fructueuse et pourtant, avec l’automne, la pénurie de provisions fit son apparition et en hiver, ce fut la misère ».

Pendant ce temps-là, la valeur en francs du Louis d’or s’envolait, tandis que la valeur de 100 francs en papier chuta jusqu’à 2,5 francs en or.
Or, la concentration de la monnaie papier se faisait presque exclusivement entre les mains de la classe ouvrière, des employés et des hommes à faibles ressources, sur qui les énormes pertes tombèrent, de même que la famine, les financiers et hommes disposant de grands moyens se révélant plus avisés et « suffisamment astucieux pour placer le plus possible de ce qu’ils possédaient dans de produits dont la valeur demeurait permanente ».
Les épargnants furent aussi les grands perdants de la très forte inflation qui s’était développée (comme du temps de l’hyperinflation allemande des années 1920, qui engendra l’arrivée d’Hitler au pouvoir à la décennie suivante).

L’arrivée au pouvoir du Directoire, après que la guillotine ait accéléré son œuvre, ne changea pas vraiment les choses, car les nouvelles émissions se poursuivirent, « dans des quantités plus importantes que jamais », aux assignats s’ajoutant les mandats, censés être plus sûrs (ce qui ne sera évidemment pas le cas).

Ce n’est que le 18 février 1796 que le matériel destiné à imprimer les assignats fut solennellement détruit, après que 45 000 millions de francs aient été ainsi émis, le pouvoir d’achat de tout ce papier n’ayant pratiquement plus aucune valeur.
Enfin, en février 1797, le cours légal des assignats et mandats fut supprimé, ceux-ci devenant sans valeur après mai.
« Les souffrances aiguës provenant de la ruine (…) durèrent presque 10 ans, mais la période de reprise dura plus longtemps que la génération qui suivit. Cela nécessita 40 années pleines pour apporter le capital, l’industrie, le commerce et le crédit à leur niveau au début de la Révolution ».

En somme, « pour guérir une maladie de caractère temporaire, on administra un poison corrosif qui a dévoré les organes vitaux de la prospérité française ».
Et c’est ainsi que Napoléon Bonaparte put s’emparer du pouvoir et refusa toujours, quant à lui, de recourir aux assignats quoiqu’il advienne, évitant ainsi les crises financières.
Mais cela se fit au prix du retour à la monarchie et de « millions de vies qu’il fallait ajouter aux millions qui avaient été sacrifiées pour la Révolution ».

Cet ouvrage, paru en 1912, est en fait issu de conférences sur la Révolution française menées en 1876 par Andrew Dickson White, plusieurs fois ministre aux Etats-Unis, mais aussi ambassadeur et homme d’affaires. Il se voulait une mise en garde à l’intention de ses contemporains américains.

La relation de cause à effet entre politique et politique économique vaut dans les deux sens et c’est là que la mise en garde contre les dangers de l’inflation et des illusions persistantes à son sujet, garde toute son actualité.
N’oublions pas que la Révolution française trouve son origine dans la faillite du Trésor Public, qui a obligé Louis XVI à convoquer les Etats généraux.

L’effet premier de l’inflation est, en effet, toujours la reprise. Mais ce n’est que plus tard que les effets toxiques deviennent apparents.
Au regard de ces enseignements, il apparaît, une fois de plus, qu’on a bien tort de trop négliger les leçons du passé…
Et c’est là que la lecture de cet ouvrage trouve tout son sens.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (35) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 19, 2014 11:26 AM CET


Miroirs des princes : Narcissisme et politique
Miroirs des princes : Narcissisme et politique
par Michel Schneider
Edition : Broché
Prix : EUR 12,00

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est le plus beau, 23 octobre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Miroirs des princes : Narcissisme et politique (Broché)
Au sein du monde de la politique règnent orgueil, narcissisme, mauvaise foi et mensonges. Un spectacle pitoyable.
Mais il s’agit en réalité d’un jeu de miroirs à trois faces entre le pouvoir, les médias et l’opinion, sorte de désir triangulaire aux multiples facettes.
Une relation qui a changé au fil de l’histoire.

Les « miroirs des princes », nous dit Michel Schneider, « étaient des livres écrits par des philosophes ou des clercs à l’intention des souverains ». Une manière pour eux de se confronter à l’image qu’ils renvoyaient, à ce que leurs proches n’osaient pas leur dire. Un éclairage apporté à leur action terrestre et sur les vertus morales nécessaires ou le regard de Dieu.
Ainsi Sénèque, par exemple, joua-t-il ce rôle face à Néron.

Aujourd’hui, nous dit l’auteur, le miroir des princes est plutôt joué par « des journalistes qui les aveuglent de leur propre reflet ou par des communicants qui les saturent du son répercuté de leur parole, les laissant à la jouissance solipsiste d’eux-mêmes ». Et les écrans (TV, facebook, Twitter, etc.) jouent le rôle des miroirs.
Les images éphémères et les sondages, autrement dit la superficialité, remplacent désormais les idées de fond.
« Quand les politiques ne font plus de la politique, et les journalistes du journalisme, que le sondage remplace le suffrage, et que l’opinion n’est plus l’opinion publique, mais l’éclatement versatile entre opinions privées, le pouvoir devient virtuel, reality show entre initiés dont le public se détourne entre colère et ennui ».

Ainsi, les princes, terme aujourd’hui usurpé, ne parlent plus « qu’à eux-mêmes. Ou à leurs miroirs médiatiques. De quoi ? D’eux-mêmes. De leurs ambitions ».
Et, dans cette démocratie des crédules, où le mensonge prolifère, règnent les croyances. « On ne croit pas une chose parce qu’elle est vraie, on la juge vraie parce qu’on y croit ».
Dès lors, "une croyance peut survivre à tout démenti de l’expérience".
Et c’est ainsi que prolifèrent les idées qui vont dans le sens de ses intérêts, voire que règnent les idéologues.

Entre docilité et désir de reconnaissance, les médias jouent le rôle de miroir (du miroir), atteints eux-mêmes fortement par le narcissisme et refermant ainsi le triangle, en cherchant à se faire aimer des « basiques » (l’opinion).
"C’est le règne des mages et des mots, plus que des idées et des valeurs". Or, comme le souligne Michel Schneider, qui a l’art de trouver des formules justes, « les miroirs ne gardent ni ne transforment rien, ils enregistrent un reflet qui disparaît sitôt le sujet sorti de leur champ ».
Belle formule aussi que celle reprise de Jean Cocteau : « Les miroirs feraient bien de réfléchir avant de renvoyer les images ».

Et que penser de cette tyrannie de l'impudeur, qui amène les politiques même les plus réservés à étaler leur vie privée au grand jour devant les caméras et photographes ou autres réseaux sociaux, cultivant leur image d’humanité, bien plus que des idées ?
Société du spectacle, règne de l’éphémère et de la superficialité. Doublé d’une « aspiration à leur ressembler » (aux Français) plutôt que de les « rassembler ».
Le contraste avec les grands dirigeants de naguère fait dire à l’auteur que « les uns sèment, les autres s’aiment ».

S’en suit une analyse des différentes formes de narcissisme, à travers de multiples exemples récents, que l’on ne connait tous que trop, de nos politiques contemporains. Mais aussi, au-delà, de l’ensemble de la société médiatique, tant cette gangrène semble avoir perverti les esprits au sens large.

Reflet de ce jeu de miroirs lancinant, les sondages jouent un rôle malheureusement indu, et même dangereux pour la démocratie, sur les décisions des politiques. Ce que Michel Schneider appelle le « narcissisme pérégrinateur », tant les politiques sont sensibles à leur « cote d’amour personnelle ». Ce qui s’accorde bien, d’ailleurs, avec ce que l’auteur nous décrit comme étant un « peuple de narcisses » et son « abus du mobile dans les lieux publics ou la prolifération des blogs », un peuple de « moi d’abord, et tout tout de suite ».
Il évoque aussi le cas de toutes ces « lois inutiles ou nocives, inapplicables et inappliquées à seule fin d’y attacher le nom d’un député ou d’un ministre ».

Un livre, au total, bien sympathique et image de notre temps.
Au-delà, de vraies interrogations sur la démocratie et sa perversion, au sujet desquelles on restera ici, hélas, sans réponses. Trop inscrit, probablement, dans l'observation de l'immédiat et les nombreuses anecdotes qui le parsèment, pas assez dans une vision plus longue et la critique dynamique qu'elle sous-tendrait.
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