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Contenu rédigé par Johan Rivalland
Classement des meilleurs critiques: 64
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Commentaires écrits par
Johan Rivalland (LEVALLOIS-PERRET France)
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Le Conte de la princesse Kaguya
Le Conte de la princesse Kaguya
DVD ~ Aki Asakura
Prix : EUR 17,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Absolument magnifique, 18 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Conte de la princesse Kaguya (DVD)
Ce conte traditionnel japonais adapté à l'écran est une véritable merveille.
Plein de beauté, de délicatesse, de subtilité, il réunit tous les ingrédients du conte par excellence, et sans que l'on ait la garantie de l'habituelle fin où tout se termine bien. Il conserve sa part de mystère et d'incertitude jusqu'au bout.
A propos de quoi ? Je me garderai bien de vous le dire.

Où il est question de magie de la nature, d'extase face à ses éléments, mais aussi de l'opposition entre liberté et conformismes, de recherche du bonheur d'autrui mais qui pourrait bien aboutir à son contraire, du conflit latent entre l'authenticité et la force de la ruse ou de l'illusion, d'amour et d'incapacité à se révolter contre les conventions, de bienveillance et d'aveuglement, de courage et de petites lâchetés, de beauté et d'artifices destructeurs, de joies et de regrets.
Toute une palette de sentiments et d'émotions servie par de belles images et couleurs, valorisée en certaines occasions par l'art du mouvement devenant expression.

Le tout apparaît tour à tour poétique, cauchemardesque ou envoûtant, sans que les mots soient en reste, puisque même dans les moments les moins propices à la construction du bonheur, le langage véhicule des formes de beauté inattendues.
Et, à mesure que l'histoire se déroule, celle-ci gagne en intensité, atteignant des sommets de magnificence dont je vous souhaite de ne pas vous priver.


Le roman de Charlotte : Née Marie-Anne-Charlotte de Corday d'Armont
Le roman de Charlotte : Née Marie-Anne-Charlotte de Corday d'Armont
par Hélène Maurice-Kerymer
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un travail de recherche remarquable et plein de sensibilité, 15 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le roman de Charlotte : Née Marie-Anne-Charlotte de Corday d'Armont (Broché)
J’ai eu l’honneur de rencontrer l’auteur de ce roman, Hélène Maurice-Kerymer, à l’occasion du 3ème salon du roman historique de Levallois-Perret, en mars dernier, où elle se tenait à une table de présentation de son ouvrage.
Une femme passionnée, totalement imprégnée de son sujet, admiratrice et encore pleine de curiosité à l’égard de son personnage, en compagnie duquel on pouvait voir qu’elle avait d’une certaine manière vécu durant ses quatre années de recherches que l’on devine méticuleuses.
Un enthousiasme communicatif qui se lisait dans ses yeux, désireux de faire partager le fruit de ses découvertes et méditations sur un personnage qui l’occupait manifestement toujours et ne manquait pas de susciter en elle fascination et questionnements à jamais sans réponses.

L’originalité de cette présentation réside dans l’évocation d’une vie entière, replongée dans son contexte historique et la vie au quotidien dans la Société de l’époque. Ce qui permet de mieux appréhender la personnalité et la psychologie du personnage dont il est question.

Un roman très bien écrit, dans un style à la fois très agréable et très précis, plein de délicatesse et de finesse, où chaque phrase, chaque mot, semblent pesés, réfléchis, et ont dû donner lieu à une recherche de la justesse de la description ou de l’idée, tout en permettant une lecture naturelle et limpide.
Tout le contraire de l’écrit rapide ou quelque peu bâclé. Un véritable travail d’orfèvre, où l’on comprend que l’auteur y ait consacré plusieurs années et mis tout le soin à enquêter sur les moindres détails connus de la vie du personnage, de la manière la plus consciencieuse qui soit, jusqu’à parvenir à se projeter (et nous, par la même occasion) dans l’univers le plus intime de Charlotte Corday, à travers ce que l’on peut imaginer être ses pensées les plus profondes concernant son époque et les événements de la Révolution.
Pour un résultat remarquable et impressionnant.

Chaque chapitre s’ouvre élégamment sur une citation bien à propos du Cid, de son ancêtre Corneille, et permet de retracer à la fois l’enfance de Charlotte, la place de chaque membre de la famille dans sa vie, les petites joies au quotidien et malheurs qui frappent sans prévenir, dans un contexte qui est celui de l’époque, où se mêlent considérations historiques locales et nationales et où inconfort, promiscuité et maladies étaient chose courante.

Sur la place de l’homme, de la femme et des enfants, dans ces familles issues la plupart du temps de « mariages arrangés », se distinguant là encore de ce à quoi nous sommes désormais habitués depuis finalement pas si longtemps quand on y pense, au sein d’une Société largement rurale dans laquelle les situations étaient relativement figées mais admises.
Puis, la chance qui se présente : celle de recevoir une instruction, pourtant habituellement réservée aux garçons, grâce à son oncle le curée Charles-Amédée de Corday, honnête homme cultivé et « doué d’un bel esprit », qui l’accueille opportunément dans sa modeste demeure et son presbytère.

Mais avant cela, en préambule à toute cette présentation contextuelle et à ce qui a pu établir la personnalité de Charlotte Corday jusqu’à l’amener à cet événement demeuré dans l’Histoire, Hélène Maurice-Kerymer imagine l’état d’esprit de la jeune femme à la veille de son départ pour Paris et l’énergie qui la guide :

« Moi, Marie-Anne-Charlotte Corday d’Armont, en cet instant où je pars, déterminée, accomplir ce que me dicte ma conscience, et ce que je pense être mon destin, je cherche comment nous avons pu en arriver là. Je cherche, et je ne comprends toujours pas.
Pourquoi faut-il que l’histoire se répète ? Pourquoi ceux qui doivent nous conduire et faire de notre temps celui du progrès oublient-ils l’enseignement des événements qui se sont produits ?
Les heures effroyables que nous vivons en ce moment sont-elles nées de cela ?
Depuis Versailles, des ministres incapables multiplient les impôts pour payer les frasques, les guerres et les dettes que les puissants, avec une inconscience coupable et criminelle, accumulent. Qu’ont-ils engendré ? Dans les provinces, les hommes, écrasés par le poids des charges, courbent le dos et ruminent en silence leur haine de ce pouvoir royal indifférent à leurs malheurs ».

Puis suit la référence aux errements du pouvoir trente ans auparavant (1763) et aux mesures fiscales qui avaient entraîné la rébellion, partie (déjà à l’époque !) des Bretons.
On admirera l’étonnant parallèle de tous ces éléments avec la situation d’aujourd’hui (les guerres en moins ou, plus justement, dans une bien moindre mesure)…

La quatrième et dernière partie du livre (après l’enfance dans la campagne, l’apprentissage de la ville et les années au couvent, que je n’ai pas évoquées ici, pour ces dernières, mais qui sont elles aussi passionnantes) nous plonge dans la terrible période de la fureur révolutionnaire et de la France abîmée.

C’est d’abord, avant même le début de ces événements, la découverte traumatisante, par Charlotte et sa petite sœur, de la brutalité humaine, voire de sa bestialité, au-delà de la violence de la nature et de la fragilité des êtres.
Interviennent ensuite les événements de l’Eté 1789 à Caen, en répercussion de ceux de Paris. Le mimétisme, la sauvagerie extrême, le zéro de la civilisation.
Puis, l’atteinte aux libertés fondamentales, à commencer par la liberté de conscience, venant à l’encontre de la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, qui date pourtant de cette même période.

1793, l’exécution du Roi, le règne de l’arbitraire et de la tyrannie.
Les événements s’enchaînent et se déchaînent. La Terreur, Marat et la perversion des idéaux de la Révolution, « celui qui alimente les haines et sème la terreur », en appelant sans cesse au meurtre, aux exécutions de masse, à la violence la plus inouïe, mu par une véritable soif sanguinaire qui semble insatiable, en véritable « figure du diable » au parcours personnel plus que douteux.

C’est ainsi que, tout imprégnée des valeurs des personnages de son ancêtre Corneille et, en adepte de Judith qui, dans la Bible, « sauva son peuple de la barbarie des Assyriens en tranchant la tête du sanguinaire général Holopherne », Charlotte Corday se met en tête de sacrifier sa vie « pour en sauver cent mille ».
Avec les résultats que l’on sait et toutes les conséquences fâcheuses que cet acte a pu avoir (sur lesquels revient Hélène Maurice-Kerymer)… Mais que sait-on de ce qui se serait passé sans cela ?

Un magnifique roman et un beau travail de recherche.


Ultraviolence
Ultraviolence
Prix : EUR 23,27

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ne pas se précipiter avant de juger..., 9 juillet 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ultraviolence (CD)
J'ai acheté cet album en toute confiance, les yeux fermés, restant sur le très bon souvenir du premier album de Lana Del Rey, et conforté par les premiers commentaires qui semblaient dithyrambiques.
Cela dit, une fois l'album reçu, je n'ai pas éprouvé le coup de foudre de la dernière fois. Ce qui m'a conduit à attendre un peu avant de m'attaquer à ce commentaire. Et j'ai bien fait...

En effet, alors que l'ensemble m'a paru assez plat, voire un peu morne (où était la dimension rock que semblaient évoquer les premiers commentateurs ?), et que j'avais peine à imaginer que je pourrais l'écouter plus d'une ou deux fois, en me le repassant un peu plus j'ai fini par l'apprécier davantage.
Je craignais que, là où certains (nombreux, il me semble) avaient vu un côté artificiel à la première production, de par son côté "artisanal" un peu retravaillé, je trouve celui-ci plus artificiel pour ma part, ou moins authentique, car inspiré par trop de conseils et "professionnalisme". D'où, peut-être, le côté plus monotone ou linéaire...

En fin de compte, en réécoutant plusieurs fois (et j'ai bien fait car, même en réécoutant l'album au moment où je rédige ces quelques lignes, je partais pour 4 étoiles et revois encore mon appréciation), il m'apparaît que l'album est plaisant, agréable, et conserve les qualités qui font le charme et le caractère de Lana Del Rey, avec sa voix si particulière et envoûtante.

En définitive, un album qui me semble de très bonne facture et que je vais continuer à apprécier.
Un peu plus de deux années m'avait paru long à attendre avant la sortie d'un nouvel album. Heureusement que je ne me suis pas arrêté à la première écoute. Heureux que Lana Del Rey continue... J'attends déjà la suite, avec plein d'espoir.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 11, 2014 2:09 AM MEST


SanDisk Connect Wireless Media Drive 64 Go SDWS1-064G-E57
SanDisk Connect Wireless Media Drive 64 Go SDWS1-064G-E57
Prix : EUR 97,69

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Pratique et innovant, 9 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : SanDisk Connect Wireless Media Drive 64 Go SDWS1-064G-E57 (Accessoire)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Ce petit boîtier au format très compact (carré et de la largeur d’un étui de carte bancaire) est idéal de plusieurs points de vue :

- Pratique pour transporter avec soi de la musique, des photos et des films en vacances par exemple, sans encombrer la mémoire de ses appareils,
- Petit et léger,
- Compatible avec les ordinateurs portables, les tablettes et même les smartphones (par l'intermédiaire d'une application pour ces deux derniers),
- Transfert de fichiers simple à effectuer (par câble USB),
- Supporte tous les formats multimédias,
- permet un accès partagé simultanément entre plusieurs appareils multimédias,
- Il permet par exemple de pouvoir regarder successivement trois ou quatre films téléchargés préalablement, en un lieu où on ne dispose pas de connexion internet, et ce sur plusieurs supports simultanément, ce qui permet à plusieurs personnes de partager des ressources communes à condition de se trouver à moins de 50 mètres du SanDisk.

En outre, il offre la possibilité :

- d'ajouter de la mémoire à l'aide d'une carte mémoire (même si les 64 Go de capacité sont déjà plus que suffisants pour une utilisation classique),
- d'ajouter des fichiers directement du smartphone ou de la tablette sur l'appareil.

Si on peut lui reprocher au moins une chose, ce serait la relative lenteur du chargement des vidéos de haute qualité, parfois un peu longue compte tenu du signal wifi assez faible.
Toutefois, j’ai encore assez peu utilisé l’appareil à ce jour, insuffisamment peut-être pour en percevoir pleinement l’ensemble des qualités et défauts.
Il faut, par ailleurs, souligner l’apparente bonne prise en compte des défauts de l’appareil grâce à des mises à jour de qualité, à en juger par certains défauts relevés dans d’autres commentaires sérieux et ne semblant plus d’actualité.

Au total, un petit boîtier bien sympathique, qui peut s’avérer très utile et un véritable élément de confort.


X-Men : Days of Future Past
X-Men : Days of Future Past
DVD ~ Hugh Jackman
Prix : EUR 19,99

12 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un très bon volet, fidèle à l'esprit X-Men, 8 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : X-Men : Days of Future Past (DVD)
Pendant les premières minutes du film, je me suis inquiété : compliqué, des personnages que j'ai du mal à situer ou resituer, sentiment que je ne vais rien comprendre.
Puis, petit à petit les choses se mettent en place, on commence à comprendre, les pièces du puzzle s'assemblent et on y voit plus clair.

Au final, le scénario apparaît bien pensé, les références aux épisodes antérieurs sont nombreux. Et, en définitive, l'histoire est intéressante, captivante, cohérente et permet de mieux comprendre chacun des personnages, tout en évitant tout manichéisme réducteur.
Avoir bien en tête les épisodes précédents est tout de même bien utile pour percevoir au mieux les éléments de ce scénario assez complexe, qui laisse entrevoir de nouvelles facettes de la personnalité des personnages, que l'on ne connaissait pas encore.

Je n'en dis pas plus volontairement, afin de ne rien dévoiler à ceux qui n'ont pas vu le film.
C'est toujours avec plaisir que l'on retrouve les aventures des X-Men.
Du grand spectacle, avec son lot de surprises et de scènes sensationnelles. Pour les amateurs.


Le livre secret
Le livre secret
par Gregory Samak
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Une bonne idée, mais un peu court, 4 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le livre secret (Broché)
Interpellé par le titre du livre, la couverture et un article évoquant son succès étonnant, car il s'agit d'un livre qui était initialement simplement auto-édité sur internet et se retrouve aujourd'hui en tête des ventes sur amazon, traduit, qui plus est, désormais en plusieurs langues, je n'ai pas résisté à l'appel de ce roman, qui a exercé sur moi une certaine force d'attraction.

En le recevant, j'ai toutefois été surpris par sa faible épaisseur (je m'attendais à un gros volume). Mais surtout, au-delà de cette simple caractéristique pas forcément gênante en soi, il est apparu que le contenu est réellement bien trop court au regard de ce que l'on aurait pu attendre. Il se lit d'ailleurs vraiment très vite.
L'histoire est intéressante, même si relativement classique dans sa conception, plutôt sympathique et captivante, avec des mini-chapitres très courts (4 ou 5 pages en moyenne), ce qui donne un certain rythme, pas désagréable, à la lecture.
Toutefois, l'ensemble donne le sentiment d'être écrit un peu vite, dans un style qui reste très simple et en fait, à mon avis, plus un livre pour adolescent (qu'on imaginerait bien, également, porté à l'écran au cinéma).

Au-delà de la rapidité, le sentiment aussi que l'auteur, à plusieurs reprises, cherche trop à justifier certains éléments. Certes, il y réussit, mais au prix d'une certaine maladresse, qu'on lui pardonnera volontiers pour un premier roman.
D'autant que l'histoire n'est pas désagréable, est prenante, quoiqu'un peu trop rudimentaire (la longueur aurait permis moins de précipitation et de développer davantage d'idées, d'entretenir le suspense).
Certaines références, telles que "Le Joueur d'échecs" de Stefan Zweig (qui n'est hélas pas cité), par exemple, ou "L'Archipel du Goulag", d'Alexandre Soljénitsyne (idem), sont bienvenues, mais là encore évoquées un peu maladroitement, sans véritable explication.

Et puis il y a ce manque de subtilité, en toute fin d'ouvrage, avec ce "A la mémoire du 21 avril 2002", parfaitement décalé et excessif, voire hors sujet.
Pourquoi venir tout gâcher sa production, par excès de zèle, en voulant y joindre des "bons" sentiments ?
L'auteur semblait appeler lui-même, par le contenu de sa production, à la mise en garde contre les simplismes, et y verse lui-même, avec des assimilations excessives. C'est dommage et, je l'ai toujours pensé, contre-productif. Il fallait s'en tenir à l'oeuvre, pas à des propos un peu stupides et qui n'apportent vraiment rien.

Au total, un roman pas mauvais en soi, traité un peu à la va-vite et qui aurait mérité plus de longueur et de prolongements. Mais un bon petit roman, plutôt pour adolescents de mon point de vue.


Les Jacarandas de Téhéran
Les Jacarandas de Téhéran
par Sahar Delijani
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le totalitarisme iranien vécu de l'intérieur, 31 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Jacarandas de Téhéran (Broché)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Très beau roman et très fort, écrit par un auteur qui s'inspire manifestement de sa propre histoire.
Née en 1983 dans la prison d'Evin à Téhéran et vivant aujourd'hui en exil à l'étranger, on sent à quel point cette narration est forcément très proche de ce que Sahar Delijani et ses proches ont vécu.

Débutant justement dans la prison d'Evin et la situation terrible, pour ne pas dire inhumaine, de la jeune Azar, sur le point d'accoucher, mais que l'on n'hésite pas à "interroger" et maltraiter jusqu'au bout, après l'avoir convoyée dans des conditions plus que précaires les yeux bandés à travers Téhéran, on comprend à quel itinéraire l'auteur nous prépare, à quelle évocation forte des réalités de l'Iran post-révolutionnaire elle nous convie.
Le décor est planté et les choses ne font que commencer.
On va découvrir, au fur et à mesure de l'avancement de cette saga, comment trois générations d'Iraniens ont souffert dans leur chaire autant que dans leur âme de la tyrannie des hommes au pouvoir et leurs terrifiants Gardiens de la Révolution, que ce soit au moment de la Révolution de 1979, mais aussi dans les décennies qui vont suivre, jusqu'aux tentatives de contre-révolution, à l'image de celle de 2009 et la terrible répression à laquelle elle a donné lieu, n'étant que la partie apparente de celle qui existait depuis les débuts, mais de manière bien moins visible et non moins sanguinaire.

Une Révolution aux ressorts hélas bien classiques ; avec son lot d'espoir, puis de déceptions, de trahisons, de jusqu'auboutisme, de souffrances, disparitions, tortures, exécutions et d'esprit totalitaire.
Une vision cauchemardesque qui va entraîner des familles entières dans le traumatisme, la perte de la liberté, l'horreur et les cicatrices indélébiles qui marqueront les acteurs des événements comme leurs descendants, dans un processus infernal qui n'entrevoit pas encore de véritable aboutissement, malgré l'espoir et les illusions perdues.

Un roman témoignage fort, qui mérite qu'on s'y intéresse et ne le considère pas comme n'importe quel roman ; et non, ainsi que je le lis dans certains commentaires, "trop de noirceur" qu'il conviendrait de fuir parce que cela ne se passerait pas à notre porte et ajouterait à l'excès de noirceurs qui composent notre monde. Rejeter de la sorte ce témoignage bouleversant serait trahir la mémoire de ceux qui ont péri dans l'horreur de cette Société totalitaire, dont l'esprit ne doit pas nous laisser indifférents, même si l'on peut se sentir aussi impuissants que ceux qui continuent d'en être les victimes silencieuses.

Un roman fort et bouleversant, très évocateur de certaines réalités et bien écrit, qui mérite toute notre attention.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 4, 2014 1:28 PM MEST


Le silence des livres
Le silence des livres
par George Steiner
Edition : Poche
Prix : EUR 7,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La fragilité du livre, 26 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le silence des livres (Poche)
George Steiner s'intéresse ici au caractère éminemment fragile de l'écrit, et en particulier du livre.
Et c'est à une histoire du livre depuis les tout premiers écrits qu'il nous convie, succédant à la tradition de la transmission orale et de la mémoire.
Il insiste également sur le caractère particulier du livre, qui recèle moins d'universalité que la musique ou la danse, par exemple, rappelant que la majeure partie de l'humanité n'en lit pas.
Il nous rappelle aussi que ni Socrate, ni Jésus, qui jouent pourtant un rôle si important dans notre héritage intellectuel et éthique, n'ont manié l'écrit. La transmission s'est, là encore, d'abord faite par l'oralité, usant en particulier de l'allégorie et la parabole, avant de passer sous la forme écrite.

Le caractère normatif et prescriptif est évoqué par Steiner, qui en montre les différentes implications.
Le passage à l'écrit exerce, en outre, des effets pervers au regard de l'ancienne tradition orale, favorisant paradoxalement l'oubli, notamment.
Le mythe, le "par coeur", la tradition, disparaissent peu à peu pour laisser place à une culture de l'éphémère, voire de la paresse.

Si le livre fut réservé à une élite éduquée, atteignant très tôt des sommets de sophistication stylistique, il fut aussi jugé subversif, en particulier par les ascètes, avant que l'apparition de l'imprimerie et des grandes bibliothèques royales et académiques n'en confortent l'usage, qui reste cependant réservé longtemps à une poignée d'hommes avant de se diffuser.
Encore que le silence des livres a laissé place, à l'époque contemporaine, à un monde où ce dernier est devenu un luxe, devenu presque suspect.

Et c'est là qu'intervient la contestation.
George Steiner en présente les deux grands courants : celui du "pastoralisme radical", opposant l'érudition livresque à la "vie en actes", étant accusé de parasiter la conscience immédiate, et celui de certains nihilistes et révolutionnaires anarchistes, niant leur quelconque bienfait à l'humanité souffrante, pour qui "une paire de bottes vaut mille fois plus que la collection des oeuvres complètes de Shakespeare ou de Pouchkine" (Pisarev).
Contestation qui culmine avec la destruction par le feu des livres et bibliothèques, triste tradition amorcée par les "poètes futuristes et léninistes", qui visent à éradiquer le poids du passé, et dont se sont inspiré par la suite à la fois les Nazis, puis les fondamentalistes de tous bords, préfigurant ce que l'on ferait ensuite aux hommes.

Les autres menaces s'appellent, selon George Steiner, la censure, "aussi vieille et omniprésente que l'écriture elle-même", et n'étant hélas pas réservée uniquement aux Etats totalitaires, comme y insiste l'auteur, le moindre des paradoxes étant que de grandes oeuvres sont parfois sorties du contexte de la censure même la plus dure.
La difficulté, selon l'auteur, est que dans certains cas (pornographie, négationnisme, idéologies haineuses, voire appels au meurtre), surtout à l'ère actuelle du numérique, le fonctionnement habituel de la conscience peut s'en trouver perturbé et la question de la censure amenée à se poser de manière non évidente.
Nous vivons aussi à une époque où coexistent à la fois un véritable foisonnement de l'écrit, réduisant la place des formats traditionnels et posant le problème du stockage d'une telle multitude, diluant par ailleurs la réflexion dans un océan d'écrans qui, finalement, ont pour effet de rendre obsolète la lecture traditionnelle.

Jusqu'à arriver au "scandale du livre", où l'imaginaire et la fiction sont accusés de faire prendre au grand lecteur la place du réel et faire perdre le sens des réalités ou de sentiments tels que l'empathie ou la compassion, le rendant handicapé au regard du "principe de réalité" (Freud), la lecture devenant véritable facteur de déshumanisation.
Accusations auxquelles Michel Crépu ajoute, comme en écho, dans un petit texte additionnel intitulé "Ce vice encore impuni", véritable hommage rendu au silence des livres, à l'amour voué à ces derniers, les considérations articulées autour de l'idée de culpabilité de l'instant si convoité, ou comment ce sentiment peut naître de la réaction d'incompréhension des autres, aujourd'hui plus qu'avant, où celui qui lit est apparenté trop facilement à une sorte d'égoïste qui se replie dans son monde, coupable de s'isoler et de rompre le contact avec les autres, mesurant ainsi l'écart qui s'est accru entre l'univers d'"A la recherche du temps perdu" et l'hostilité contemporaine à la méditation et au "repli sur soi", pourtant propice à la réflexion et la créativité.

Un court recueil intéressant, expression évocatrice de la vulnérabilité du livre et de l'intolérance à laquelle il a toujours été confronté, "contenant en germe l'éventualité d'une fin".


Whose Side Are You On?
Whose Side Are You On?
Prix : EUR 11,05

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Très agréable., 26 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Whose Side Are You On? (CD)
Sensations intactes, à l'écoute de cet album que je n'avais pas réécouté depuis au moins 25 ans.
Musique très agréable, joyeuse, rythmée, mettant de bonne humeur. Un son parfait, avec des résonances de qualité. Le piano bien frappé dans les aigus, le saxophone, les percussions, le rythme latinos, les voix, notamment celle féminine, tout concoure à en faire un album festif, entraînant ou au contraire propice à la détente et la décontraction, voire la rêverie.
Un très bel album qui, je trouve, ne vieillit pas.


Histoires à lire le soir
Histoires à lire le soir
par Marc Thil
Edition : Broché
Prix : EUR 3,54

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Très moyen, 26 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Histoires à lire le soir (Broché)
Autant Le Mystère de la fillette de l'ombre, du même auteur, était de bonne qualité, autant celui-ci n'est pas du même calibre.
Certes, l'objectif n'est pas le même, car il s'agit ici d'histoires courtes, pour la plupart d'entre-elles à caractère un peu humoristique, voire un peu farfelu. Mais je n'ai cependant pas adhéré, personnellement.
Maintenant, ce livre ne s'adresse pas à des adultes, mais à des enfants. Or, cela a davantage plu à ma fille. D'où mes 3 étoiles malgré tout.
A vous, cependant, de vous faire votre propre idée, si vous le souhaitez.


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