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Contenu rédigé par Johan Rivalland
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Commentaires écrits par
Johan Rivalland (LEVALLOIS-PERRET France)
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Rome, du libéralisme au socialisme : Leçon antique pour notre temps
Rome, du libéralisme au socialisme : Leçon antique pour notre temps
par Philippe Fabry
Edition : Broché
Prix : EUR 15,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un ouvrage majeur, 8 août 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Rome, du libéralisme au socialisme : Leçon antique pour notre temps (Broché)
Les théories relatives à la chute de Rome sont nombreuses mais, selon Philippe Fabry, ont pour constante de partir de la question de Gibbon, au XVIIIème siècle, portant sur les causes de l’effondrement lui-même, sans chercher à déterminer celles de l’apparition de cet Empire.
Or, Montesquieu s’était quant à lui intéressé au problème romain dans son ensemble, posant une thèse originale et unifiée qui semble ensuite avoir été oubliée.

C’est avec le même esprit, et en prenant le parti de remonter à la question du grec Polybe au IIème siècle avant Jésus-Christ, portant quant à elle sur la grande énigme historique de l’origine de l’Empire romain, que Philippe Fabry élabore sa théorie, reprenant l’explication ultime de Montesquieu sur la liberté perdue.

En s’appuyant, trois siècles plus tard, sur l’analogie qu’il voit avec certains événements du XXème siècle, à savoir le triomphe du modèle américain de capitalisme libéral et d’état de droit et l’échec du modèle soviétique de socialisme et d’état policier, qui ne sont ni un hasard pour le premier, ni un accident pour le second.
Un parallèle osé qui va guider cet ambitieux essai, tout en veillant, pour l’auteur, à éviter tout anachronisme, insistant sur le caractère empirique de ces événements plutôt que le constructiviste ou mu par l’idéologie. Et en adoptant une double démarche à la fois d’historien et de juriste, s’intéressant aux invariants, à ce qu’Aristote appelait des « universaux », en l’occurrence ici le continuum libéralisme / socialisme conçu dans une perspective hayekienne.

C’est pour mettre fin au règne de l’arbitraire et éviter la tyrannie que l’état de droit a été instauré après 509 avant Jésus-Christ et la chute du dernier roi étrusque.
La loi des Douze Tables, datant de 450-449, était garante des libertés et apprise par cœur par les enfants à l’école.
Ces droits fondamentaux (de fonder une famille, de propriété, de commercer, d’intenter une action en justice) s’apparentent aux droits naturels définis vingt siècles plus tard par John Locke.
Philippe Fabry remet ainsi en cause la distinction de Benjamin Constant entre liberté des Anciens et liberté des Modernes. Selon lui, cette distinction correspond en réalité à « une différence entre conception individualiste de la liberté, qui aboutit à l’état de droit, et la conception collectiviste, qui aboutit à la démocratie ». On trouve l’une et l’autre aussi bien dans l’Antiquité qu’aujourd’hui.

Or, c’est la seconde, selon lui, « qui aboutit finalement à la dictature impériale au nom des masses ; et donc sans abandonner l’idée de liberté, mais en en changeant le sens ».
Economiquement, les débuts de la République s’apparentaient à un régime minarchiste ; l’assujettissement à quelque impôt que ce fût (à l’exception du tributum ex census, pour financer les dépenses de guerre) était considérée comme une servitude.
Sur le plan de la justice, chacune des parties pouvait tenter de convaincre le juge de son bon droit ou négocier un accord sans aller jusqu’au jugement, à l’inverse du système inquisitoire, « portant en lui une vision de la supériorité de l’Etat, censé représenter la société toute entière ».

Il s’agissait donc indéniablement, nous dit Philippe Fabry, d’un régime politique, social et économique libéral, même s’il n’était pas encore démocratique et que subsistaient des esclaves.
Il succédait à une organisation tribale et « l’inexistence juridique propre de la plupart des individus ».
Selon Philippe Fabry, « Les Romains des débuts de la République n’avaient guère à se soucier de démocratie dès lors qu’ils avaient conquis l’état de droit : l’exigence de la démocratie n’est un enjeu réel que lorsque l’Etat est puissant, qu’il est le pivot de la société en organisant redistribution des revenus et privilèges. Dans un régime comme la République romaine du Ve-Ive siècle où la sphère de l’Etat se limite à permettre à chacun de faire valoir ses droits de manière égale, alors s’emparer du pouvoir n’est guère une source de profit, et par conséquent celui-ci n’est guère désiré. C’est sans doute la raison pour laquelle Rome n’est jamais devenue une démocratie comme Athènes, parce qu’elle avait su bien mieux que son aînée grecque restreindre la sphère d’intervention de l’Etat (…) ».

D’où, selon l’auteur, le dynamisme et la cohésion de la société romaine de l’époque liées à la liberté qui favorisa le travail et l’échange, et sa capacité à survivre aux pires coups du sort, les individus étant prêts à se battre pour acquérir puis défendre cette liberté.

La mutation socialiste commence, selon l’auteur, au IIIème siècle avant J.C, à partir de la fin de la deuxième guerre punique.
L’importance et la fréquence des guerres qui se succèdent cause des déséquilibres et bouleverse le modèle socio-économique romain en provoquant un afflux de richesses considérable, qui n’a pas pour source le travail et le commerce (ce qui n’est pas sans rappeler, je trouve, l’époque mercantiliste que nous avons connue du XVIème au XVIIIème siècles, avec tous les effets pervers entraînés, de la même manière, par les mêmes causes).
Un enrichissement rapide, « par la prédation », qui va déboucher sur « la corruption du modèle libéral romain ».
L’esclavage se développe considérablement et ce système de conquêtes et d’annexions profite avant tout aux élites.
L’état de droit antérieur se dégrade, cédant la place à « un capitalisme de connivence, ou capitalisme d’Etat », le terme de capitalisme appliqué au monde romain étant justifié par l’auteur, qui relève d’ailleurs que le capitalisme de connivence ne peut-être qu’un faux capitalisme. La classe riche des grands propriétaires acquérait aussi un capital (terres et esclaves) à très bas prix avec l’aide de l’Etat, ce qui créait une nette distorsion avec les nombreux citoyens romains petits producteurs, déjà ruinés par les guerres (quand ils n’y ont pas trouvé la mort), incapables de pouvoir faire face à la concurrence de ces grandes exploitations soutenues par l’Etat.

Un exemple de gouvernement à des fins coercitives, de type socialiste, mais « par le haut », la redistribution ou transfert des richesses se faisant vers les classes supérieures.
Le contraire du capitalisme libéral, qui prône l’égalité devant la loi, la libre entreprise et le respect du droit associé à la responsabilité et l’acceptation du risque et des pertes liées à un éventuel « malinvestissement », qui ne peut être issu que de ses propres apports.
L’affaiblissement de la classe moyenne au profit de cette oligarchie fragilisa finalement progressivement celle-ci, la classe moyenne s’étant nettement prolétarisée jusqu’au désoeuvrement et au désir de révolte.
C’est ainsi que sous l’influence politique des grands tribuns à l’image des frères Gracques, et face aux revendications sociales populaires, on aboutit progressivement à « un socialisme par le bas », précipitant la fin de la République.

Selon un processus similaire à ce que l’on connait aujourd’hui, la surenchère en matière de redistribution se développe à mesure de la nécessité d’entretenir une clientèle électorale, selon un processus toutefois conflictuel et parfois sanglant, chaque classe cherchant à s’opposer aux avantages acquis par l’autre. D’où la « lutte des socialismes » que décrit l’auteur à travers les guerres civiles romaines qui se succèdent de Marius à Octave, aboutissant à l’élimination physique des derniers libéraux romains par Octave, devenu premier Auguste, qui mit fin à la République et bâtit un « socialisme impérial, sorte de fascisme romain », régime dictatorial que Philippe Fabry rapproche du Léviathan de Hobbes (« un Etat fort chargé de mettre fin à la guerre de tous contre tous », alors même, souligne l’auteur, que « le paradoxe étant que c’est précisément la croissance du poids de l’Etat qui était à l’origine de la déchirure du contrat social »).

C’est ainsi que le principat, « dictature socialiste » selon Philippe Fabry, est né d’une « révolution et d’un coup d’Etat, qui aurait pu naître dès Marius ou dès César, mais n’a réussi qu’à la troisième reprise grâce à une politique d’éradication des opposants par le meurtre et la terreur ».
« De manière générale, lorsqu’on dit qu’un empereur était très apprécié du peuple, il faut comprendre qu’il ouvrit les robinets de la dépense publique. Et de manière générale, taxes et dépenses ne devaient cesser d’augmenter dans la Rome impéraiale, à quoi s’ajouterait aussi l’inflation monétaire ».

Les principes du dirigisme d’Etat ne furent cependant pas appliqués dans tout l’Empire. Ils l’étaient surtout à Rome.
« Une importante liberté économique demeurait encore longtemps la règle dans les provinces et permettait leur prospérité, prospérité qui devait d’ailleurs financer les mesures interventionnistes sur le territoire italien ».

C’est pourquoi le déclin de l’Empire romain est souvent daté du IIIème siècle, « car il s’agit en fait du moment d’extension du socialisme impérial (…) à l’ensemble du monde romain ».
C’est aussi de là que date la rupture de l’égalité judiciaire et la nationalisation de certaines fonctions obtenues par brevet d’Etat. La classe des riches, des notables (homestiores) est traitée différemment des pauvres (humiliores) qui, eux, peuvent être condamnés par exemple à la torture.
L’art officiel est institué, sous forme d’une véritable propagande d’Etat digne, selon l’auteur, de l’Union soviétique. Quant aux finances publiques, elles ne suffirent à assurer les dépenses de l’Etat qu’à mesure des pillages organisés par les guerres de prédation, jusqu’à ce que celles-ci ne permettent plus de les couvrir, rendant nécessaire une nouvelle accentuation de la pression fiscale, étouffant plus encore l’économie de Rome et de l’Empire.
Le culte impérial s’imposa, engendrant les premières persécutions à l’encontre des Juifs et des chrétiens, suspectés de vouloir menacer la paix sociale.

Après l’intermède du règne des Sévères et de l’anarchie militaire, où le pouvoir du Sénat continua à reculer fortement, ce fut le dominat qui, « en recherchant comme solution aux problèmes engendrés par le dirigisme étatique un excès supplémentaire de dirigisme étatique, sombra dans un quasi-totalitarisme qui stérilisa définitivement la société et le monde romain et conduisit le bloc impérial à son délitement ».

Auparavant, Philippe Fabry nous présente une thèse originale au sujet des invasions barbares, dont l’un des facteurs explicatifs essentiels pourrait être la diminution des échanges économiques avec les Germains, suite aux difficultés romaines, qui auraient affaibli à leur tour les peuples du Nord et les aurait conduits à se fournir eux-mêmes ce qu’ils ne pouvaient plus obtenir par le commerce.
Devant l’incapacité du pouvoir central à assurer la défense de l’Empire, celui-ci continua à se déliter. Et c’est dans ce contexte que Dioclétien établit le dominat et le culte de l’Empereur, à travers lui l’Etat. Une sorte de monarchie de droit divin, qui réalisa l’achèvement de l’intégration de l’Empire, faisant fi des particularismes historiques et culturels locaux pour privilégier une optique constructiviste et dirigiste, uniquement centrée sur l’Etat.

Nombreux sont les points communs avec l’esprit soviétique, ainsi que le montre l’auteur dans ses développements, tant sur le plan économique que de la justice (quasi-inquisitoire), jusqu’aux purges dans l’armée. Ce qui le conduit, après force démonstration, à affirmer que le dominat est un authentique totalitarisme.
Et c’est ce qui, en définitive, ainsi qu’il le montre dans un dernier chapitre, a conduit à la chute de l’Empire romain d’Occident, considérablement désorganisé et affaibli, ne devant sa survie du IVème siècle qu’à une pause dans les invasions barbares (il ne survécut pas à la première d’entre-elles, pourtant pas d’une ampleur exceptionnelle, tant l’Empire était sclérosé).

Cet anéantissement eut pour conséquence une plongée dans le féodalisme (les anciens grands fonctionnaires impériaux, les homestiores, la nomenklatura de l’Empire, devenant les grands propriétaires, cette nouvelle noblesse partageant, en France par exemple, son ascendance avec les guerriers Francs ; un parallèle de plus avec la situation de l’effondrement de l’URSS et le « féodalisme moderne » dans lequel est alors tombée la Russie).
Quant à la survivance de l’Empire romain d’Occident, elle ne relève, selon Pierre Fabry, que du mythe.
Sa survie réelle ne dépassa pas 200 ans et ne fut liée, selon lui, qu’à la richesse très ancienne des civilisations dont elle était issue, ainsi qu’à sa géographie particulièrement favorable aux échanges commerciaux, et surtout au fait qu’il fut largement épargné par les invsaions barbares.
Pas plus que l’Empire d’Occident elle ne résista aux invasions perse et musulmane du VIème siècle.
En 642 ne demeuraient, finalement, que les vieux territoires de la civilisation grecque.

Philippe Fabry, en définitive, nous amène à en tirer une « leçon antique pour notre temps », montrant, à la suite de Montesquieu, que la chute de l’Empire romain n’avait rien d’imprévisible et a pour cause fondamentale la perversion de l’Etat de droit qui avait été forgé par la République libérale et la prédation fiscale qui s’en suivit, favorisé par le développement du « capitalisme de connivence ».
C’est donc de la perversion politique, qui amollit le « nerf de la liberté », qu’il convient de se méfier comme de la peste. Elle a pour symptômes le dirigisme étatique, la corruption qu’elle favorise, la multiplication des réglementations et du nombre de fonctionnaires, les redistributions et manipulations monétaires, la fiscalité écrasante qui décourage la libre-entreprise et l’initiative individuelle. Autant de facteurs qui entraînent les difficultés économiques, l’asservissement des citoyens et l’affaiblissement de la vertu civique, le tout débouchant sur la dépopulation et la réduction du peuple à l’esclavage par le pouvoir.

On voit le parallèle inquiétant, sur de nombreux points, avec notre Société actuelle.
De quoi s’interroger, au-delà du cas romain, sur la pérennité des grandes puissances libérales. Et en particulier, ainsi que l’auteur s’y livre, établir un parallèle stupéfiant avec le cas des Etats-Unis (il en présente une chronologie comparative assez détaillée en fin de volume), dont tout concorde incroyablement, laissant penser qu’ils semblent bien hélas prendre le même chemin, risquant d’emporter dans leur sillage, sur un horizon de quelques siècles, et malgré quelques petits « retours de flamme libéraux », l’ensemble du monde vers la décadence, la ruine et la servitude.
« La grande question, s’interroge Philippe Fabry, est celle du caractère inéluctable ou pas, à long terme, d’une évolution à la romaine ».
A moins que « l’Amérique entende la leçon de son aînée antique » ?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 8, 2014 11:03 PM MEST


Divergente 3
Divergente 3
par Veronica Roth
Edition : Broché
Prix : EUR 16,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Bravo à Veronica Roth !, 8 août 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Divergente 3 (Broché)
J'ai été un peu perturbé par le changement de style de ce troisième tome, avec l'alternance de la narration, à chaque chapitre, entre les deux personnages principaux, ce qui n'était pas le cas dans les deux tomes précédents, alternance dont l'on comprend cependant l'intérêt surtout en fin de volume. Donc, pourquoi pas.

Une plus grande complexité et une certaine lenteur par moments auraient pu également me troubler et me laisser préférer définitivement les deux premiers tomes.
Mais le talent de Veronica Roth et son ingéniosité, que je soulignais dans mes commentaires sur les tomes précédents, sont tels que je ne puis que la féliciter. Son intrigue est bien montée, bien pensée et elle sait entretenir une proximité avec les personnages comme une incertitude constante quant à leur devenir ou aux situations qui se présentent, qui font qu'on n'est jamais sûr à l'avance de ce qui va se passer et jamais au bout de ses surprises ; ce qui est le signe d'un talent certain.

Pas déçu, donc, au final. Certains lecteurs semblent avoir apparemment idéalisé leur héros, ce qui les mène à une certaine déception. Les faiblesses, la fragilité et le caractère humain des personnages sont, au contraire, de mon point de vue, le gage de la crédibilité du tout et je ressors donc satisfait de cette lecture. Je garderai un très bon souvenir des moments passés en compagnie de ces trois tomes. Je souhaite même en connaître de comparables. Bravo à cette jeune auteur, que je trouve absolument brillante. Et pourvu qu'elle réussisse encore à nous épater avec d'autres romans, qui sait ?


La Ligue des disparus (Bibliothèque verte)
La Ligue des disparus (Bibliothèque verte)
par Élisabeth Epstein
Edition : Relié

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le livre mystérieux, 8 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Ligue des disparus (Bibliothèque verte) (Relié)
J’ai commencé la lecture de ce roman… il y a plus de trente ans.
Il m’avait été offert par un copain à mon anniversaire (merci encore !).
Un début mystérieux et passionnant : un jeune garçon dont la mère et la sœur ont disparu de la maison il y a un an, de la même manière que tant d’autres personnes disparaissent chaque jour ; un père inventeur et faisant pousser de quoi les nourrir tous deux dans un potager secret dont l’accès est dissimulé sous une trappe au sol, située sous le réfrigérateur, à une époque où plus grand-chose ne pousse sur Terre et où l’on se nourrit d’ersatz d’aliments d’aujourd’hui.
Des événements mystérieux, personnages étranges, espions probables… Bref, cela faisait tout ce temps que j’attendais de savoir la suite. Pourquoi donc toutes ces disparitions ? Quelle explication ? Quel mystère ?
J’ai tenté de le savoir en le conseillant à mes aînés, pour qu'ils m'apportent la réponse. Sans succès.
Finalement, c’est en le lisant à la petite dernière que j’ai enfin connu le fin mot de l’histoire…
Mais vous n’attendez tout de même pas que je vous le dise, si ?


Le Conte de la princesse Kaguya
Le Conte de la princesse Kaguya
DVD ~ Aki Asakura
Prix : EUR 17,99

17 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Absolument magnifique, 18 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Conte de la princesse Kaguya (DVD)
Ce conte traditionnel japonais adapté à l'écran est une véritable merveille.
Plein de beauté, de délicatesse, de subtilité, il réunit tous les ingrédients du conte par excellence, et sans que l'on ait la garantie de l'habituelle fin où tout se termine bien. Il conserve sa part de mystère et d'incertitude jusqu'au bout.
A propos de quoi ? Je me garderai bien de vous le dire.

Où il est question de magie de la nature, d'extase face à ses éléments, mais aussi de l'opposition entre liberté et conformismes, de recherche du bonheur d'autrui mais qui pourrait bien aboutir à son contraire, du conflit latent entre l'authenticité et la force de la ruse ou de l'illusion, d'amour et d'incapacité à se révolter contre les conventions, de bienveillance et d'aveuglement, de courage et de petites lâchetés, de beauté et d'artifices destructeurs, de joies et de regrets.
Toute une palette de sentiments et d'émotions servie par de belles images et couleurs, valorisée en certaines occasions par l'art du mouvement devenant expression.

Le tout apparaît tour à tour poétique, cauchemardesque ou envoûtant, sans que les mots soient en reste, puisque même dans les moments les moins propices à la construction du bonheur, le langage véhicule des formes de beauté inattendues.
Et, à mesure que l'histoire se déroule, celle-ci gagne en intensité, atteignant des sommets de magnificence dont je vous souhaite de ne pas vous priver.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 14, 2014 9:11 PM MEST


Le roman de Charlotte : Née Marie-Anne-Charlotte de Corday d'Armont
Le roman de Charlotte : Née Marie-Anne-Charlotte de Corday d'Armont
par Hélène Maurice-Kerymer
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un travail de recherche remarquable et plein de sensibilité, 15 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le roman de Charlotte : Née Marie-Anne-Charlotte de Corday d'Armont (Broché)
J’ai eu l’honneur de rencontrer l’auteur de ce roman, Hélène Maurice-Kerymer, à l’occasion du 3ème salon du roman historique de Levallois-Perret, en mars dernier, où elle se tenait à une table de présentation de son ouvrage.
Une femme passionnée, totalement imprégnée de son sujet, admiratrice et encore pleine de curiosité à l’égard de son personnage, en compagnie duquel on pouvait voir qu’elle avait d’une certaine manière vécu durant ses quatre années de recherches que l’on devine méticuleuses.
Un enthousiasme communicatif qui se lisait dans ses yeux, désireux de faire partager le fruit de ses découvertes et méditations sur un personnage qui l’occupait manifestement toujours et ne manquait pas de susciter en elle fascination et questionnements à jamais sans réponses.

L’originalité de cette présentation réside dans l’évocation d’une vie entière, replongée dans son contexte historique et la vie au quotidien dans la Société de l’époque. Ce qui permet de mieux appréhender la personnalité et la psychologie du personnage dont il est question.

Un roman très bien écrit, dans un style à la fois très agréable et très précis, plein de délicatesse et de finesse, où chaque phrase, chaque mot, semblent pesés, réfléchis, et ont dû donner lieu à une recherche de la justesse de la description ou de l’idée, tout en permettant une lecture naturelle et limpide.
Tout le contraire de l’écrit rapide ou quelque peu bâclé. Un véritable travail d’orfèvre, où l’on comprend que l’auteur y ait consacré plusieurs années et mis tout le soin à enquêter sur les moindres détails connus de la vie du personnage, de la manière la plus consciencieuse qui soit, jusqu’à parvenir à se projeter (et nous, par la même occasion) dans l’univers le plus intime de Charlotte Corday, à travers ce que l’on peut imaginer être ses pensées les plus profondes concernant son époque et les événements de la Révolution.
Pour un résultat remarquable et impressionnant.

Chaque chapitre s’ouvre élégamment sur une citation bien à propos du Cid, de son ancêtre Corneille, et permet de retracer à la fois l’enfance de Charlotte, la place de chaque membre de la famille dans sa vie, les petites joies au quotidien et malheurs qui frappent sans prévenir, dans un contexte qui est celui de l’époque, où se mêlent considérations historiques locales et nationales et où inconfort, promiscuité et maladies étaient chose courante.

Sur la place de l’homme, de la femme et des enfants, dans ces familles issues la plupart du temps de « mariages arrangés », se distinguant là encore de ce à quoi nous sommes désormais habitués depuis finalement pas si longtemps quand on y pense, au sein d’une Société largement rurale dans laquelle les situations étaient relativement figées mais admises.
Puis, la chance qui se présente : celle de recevoir une instruction, pourtant habituellement réservée aux garçons, grâce à son oncle le curée Charles-Amédée de Corday, honnête homme cultivé et « doué d’un bel esprit », qui l’accueille opportunément dans sa modeste demeure et son presbytère.

Mais avant cela, en préambule à toute cette présentation contextuelle et à ce qui a pu établir la personnalité de Charlotte Corday jusqu’à l’amener à cet événement demeuré dans l’Histoire, Hélène Maurice-Kerymer imagine l’état d’esprit de la jeune femme à la veille de son départ pour Paris et l’énergie qui la guide :

« Moi, Marie-Anne-Charlotte Corday d’Armont, en cet instant où je pars, déterminée, accomplir ce que me dicte ma conscience, et ce que je pense être mon destin, je cherche comment nous avons pu en arriver là. Je cherche, et je ne comprends toujours pas.
Pourquoi faut-il que l’histoire se répète ? Pourquoi ceux qui doivent nous conduire et faire de notre temps celui du progrès oublient-ils l’enseignement des événements qui se sont produits ?
Les heures effroyables que nous vivons en ce moment sont-elles nées de cela ?
Depuis Versailles, des ministres incapables multiplient les impôts pour payer les frasques, les guerres et les dettes que les puissants, avec une inconscience coupable et criminelle, accumulent. Qu’ont-ils engendré ? Dans les provinces, les hommes, écrasés par le poids des charges, courbent le dos et ruminent en silence leur haine de ce pouvoir royal indifférent à leurs malheurs ».

Puis suit la référence aux errements du pouvoir trente ans auparavant (1763) et aux mesures fiscales qui avaient entraîné la rébellion, partie (déjà à l’époque !) des Bretons.
On admirera l’étonnant parallèle de tous ces éléments avec la situation d’aujourd’hui (les guerres en moins ou, plus justement, dans une bien moindre mesure)…

La quatrième et dernière partie du livre (après l’enfance dans la campagne, l’apprentissage de la ville et les années au couvent, que je n’ai pas évoquées ici, pour ces dernières, mais qui sont elles aussi passionnantes) nous plonge dans la terrible période de la fureur révolutionnaire et de la France abîmée.

C’est d’abord, avant même le début de ces événements, la découverte traumatisante, par Charlotte et sa petite sœur, de la brutalité humaine, voire de sa bestialité, au-delà de la violence de la nature et de la fragilité des êtres.
Interviennent ensuite les événements de l’Eté 1789 à Caen, en répercussion de ceux de Paris. Le mimétisme, la sauvagerie extrême, le zéro de la civilisation.
Puis, l’atteinte aux libertés fondamentales, à commencer par la liberté de conscience, venant à l’encontre de la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, qui date pourtant de cette même période.

1793, l’exécution du Roi, le règne de l’arbitraire et de la tyrannie.
Les événements s’enchaînent et se déchaînent. La Terreur, Marat et la perversion des idéaux de la Révolution, « celui qui alimente les haines et sème la terreur », en appelant sans cesse au meurtre, aux exécutions de masse, à la violence la plus inouïe, mu par une véritable soif sanguinaire qui semble insatiable, en véritable « figure du diable » au parcours personnel plus que douteux.

C’est ainsi que, tout imprégnée des valeurs des personnages de son ancêtre Corneille et, en adepte de Judith qui, dans la Bible, « sauva son peuple de la barbarie des Assyriens en tranchant la tête du sanguinaire général Holopherne », Charlotte Corday se met en tête de sacrifier sa vie « pour en sauver cent mille ».
Avec les résultats que l’on sait et toutes les conséquences fâcheuses que cet acte a pu avoir (sur lesquels revient Hélène Maurice-Kerymer)… Mais que sait-on de ce qui se serait passé sans cela ?

Un magnifique roman et un beau travail de recherche.


Ultraviolence
Ultraviolence
Prix : EUR 22,10

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ne pas se précipiter avant de juger..., 9 juillet 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ultraviolence (CD)
J'ai acheté cet album en toute confiance, les yeux fermés, restant sur le très bon souvenir du premier album de Lana Del Rey, et conforté par les premiers commentaires qui semblaient dithyrambiques.
Cela dit, une fois l'album reçu, je n'ai pas éprouvé le coup de foudre de la dernière fois. Ce qui m'a conduit à attendre un peu avant de m'attaquer à ce commentaire. Et j'ai bien fait...

En effet, alors que l'ensemble m'a paru assez plat, voire un peu morne (où était la dimension rock que semblaient évoquer les premiers commentateurs ?), et que j'avais peine à imaginer que je pourrais l'écouter plus d'une ou deux fois, en me le repassant un peu plus j'ai fini par l'apprécier davantage.
Je craignais que, là où certains (nombreux, il me semble) avaient vu un côté artificiel à la première production, de par son côté "artisanal" un peu retravaillé, je trouve celui-ci plus artificiel pour ma part, ou moins authentique, car inspiré par trop de conseils et "professionnalisme". D'où, peut-être, le côté plus monotone ou linéaire...

En fin de compte, en réécoutant plusieurs fois (et j'ai bien fait car, même en réécoutant l'album au moment où je rédige ces quelques lignes, je partais pour 4 étoiles et revois encore mon appréciation), il m'apparaît que l'album est plaisant, agréable, et conserve les qualités qui font le charme et le caractère de Lana Del Rey, avec sa voix si particulière et envoûtante.

En définitive, un album qui me semble de très bonne facture et que je vais continuer à apprécier.
Un peu plus de deux années m'avait paru long à attendre avant la sortie d'un nouvel album. Heureusement que je ne me suis pas arrêté à la première écoute. Heureux que Lana Del Rey continue... J'attends déjà la suite, avec plein d'espoir.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 11, 2014 2:09 AM MEST


SanDisk Connect Wireless Media Drive 64 Go SDWS1-064G-E57
SanDisk Connect Wireless Media Drive 64 Go SDWS1-064G-E57
Prix : EUR 95,17

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Pratique et innovant, 9 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : SanDisk Connect Wireless Media Drive 64 Go SDWS1-064G-E57 (Accessoire)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Ce petit boîtier au format très compact (carré et de la largeur d’un étui de carte bancaire) est idéal de plusieurs points de vue :

- Pratique pour transporter avec soi de la musique, des photos et des films en vacances par exemple, sans encombrer la mémoire de ses appareils,
- Petit et léger,
- Compatible avec les ordinateurs portables, les tablettes et même les smartphones (par l'intermédiaire d'une application pour ces deux derniers),
- Transfert de fichiers simple à effectuer (par câble USB),
- Supporte tous les formats multimédias,
- permet un accès partagé simultanément entre plusieurs appareils multimédias,
- Il permet par exemple de pouvoir regarder successivement trois ou quatre films téléchargés préalablement, en un lieu où on ne dispose pas de connexion internet, et ce sur plusieurs supports simultanément, ce qui permet à plusieurs personnes de partager des ressources communes à condition de se trouver à moins de 50 mètres du SanDisk.

En outre, il offre la possibilité :

- d'ajouter de la mémoire à l'aide d'une carte mémoire (même si les 64 Go de capacité sont déjà plus que suffisants pour une utilisation classique),
- d'ajouter des fichiers directement du smartphone ou de la tablette sur l'appareil.

Si on peut lui reprocher au moins une chose, ce serait la relative lenteur du chargement des vidéos de haute qualité, parfois un peu longue compte tenu du signal wifi assez faible.
Toutefois, j’ai encore assez peu utilisé l’appareil à ce jour, insuffisamment peut-être pour en percevoir pleinement l’ensemble des qualités et défauts.
Il faut, par ailleurs, souligner l’apparente bonne prise en compte des défauts de l’appareil grâce à des mises à jour de qualité, à en juger par certains défauts relevés dans d’autres commentaires sérieux et ne semblant plus d’actualité.

Au total, un petit boîtier bien sympathique, qui peut s’avérer très utile et un véritable élément de confort.


X-Men : Days of Future Past
X-Men : Days of Future Past
DVD ~ Hugh Jackman
Prix : EUR 14,99

14 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un très bon volet, fidèle à l'esprit X-Men, 8 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : X-Men : Days of Future Past (DVD)
Pendant les premières minutes du film, je me suis inquiété : compliqué, des personnages que j'ai du mal à situer ou resituer, sentiment que je ne vais rien comprendre.
Puis, petit à petit les choses se mettent en place, on commence à comprendre, les pièces du puzzle s'assemblent et on y voit plus clair.

Au final, le scénario apparaît bien pensé, les références aux épisodes antérieurs sont nombreux. Et, en définitive, l'histoire est intéressante, captivante, cohérente et permet de mieux comprendre chacun des personnages, tout en évitant tout manichéisme réducteur.
Avoir bien en tête les épisodes précédents est tout de même bien utile pour percevoir au mieux les éléments de ce scénario assez complexe, qui laisse entrevoir de nouvelles facettes de la personnalité des personnages, que l'on ne connaissait pas encore.

Je n'en dis pas plus volontairement, afin de ne rien dévoiler à ceux qui n'ont pas vu le film.
C'est toujours avec plaisir que l'on retrouve les aventures des X-Men.
Du grand spectacle, avec son lot de surprises et de scènes sensationnelles. Pour les amateurs.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 31, 2014 5:50 PM MEST


Le livre secret
Le livre secret
par Gregory Samak
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Une bonne idée, mais un peu court, 4 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le livre secret (Broché)
Interpellé par le titre du livre, la couverture et un article évoquant son succès étonnant, car il s'agit d'un livre qui était initialement simplement auto-édité sur internet et se retrouve aujourd'hui en tête des ventes sur amazon, traduit, qui plus est, désormais en plusieurs langues, je n'ai pas résisté à l'appel de ce roman, qui a exercé sur moi une certaine force d'attraction.

En le recevant, j'ai toutefois été surpris par sa faible épaisseur (je m'attendais à un gros volume). Mais surtout, au-delà de cette simple caractéristique pas forcément gênante en soi, il est apparu que le contenu est réellement bien trop court au regard de ce que l'on aurait pu attendre. Il se lit d'ailleurs vraiment très vite.
L'histoire est intéressante, même si relativement classique dans sa conception, plutôt sympathique et captivante, avec des mini-chapitres très courts (4 ou 5 pages en moyenne), ce qui donne un certain rythme, pas désagréable, à la lecture.
Toutefois, l'ensemble donne le sentiment d'être écrit un peu vite, dans un style qui reste très simple et en fait, à mon avis, plus un livre pour adolescent (qu'on imaginerait bien, également, porté à l'écran au cinéma).

Au-delà de la rapidité, le sentiment aussi que l'auteur, à plusieurs reprises, cherche trop à justifier certains éléments. Certes, il y réussit, mais au prix d'une certaine maladresse, qu'on lui pardonnera volontiers pour un premier roman.
D'autant que l'histoire n'est pas désagréable, est prenante, quoiqu'un peu trop rudimentaire (la longueur aurait permis moins de précipitation et de développer davantage d'idées, d'entretenir le suspense).
Certaines références, telles que "Le Joueur d'échecs" de Stefan Zweig (qui n'est hélas pas cité), par exemple, ou "L'Archipel du Goulag", d'Alexandre Soljénitsyne (idem), sont bienvenues, mais là encore évoquées un peu maladroitement, sans véritable explication.

Et puis il y a ce manque de subtilité, en toute fin d'ouvrage, avec ce "A la mémoire du 21 avril 2002", parfaitement décalé et excessif, voire hors sujet.
Pourquoi venir tout gâcher sa production, par excès de zèle, en voulant y joindre des "bons" sentiments ?
L'auteur semblait appeler lui-même, par le contenu de sa production, à la mise en garde contre les simplismes, et y verse lui-même, avec des assimilations excessives. C'est dommage et, je l'ai toujours pensé, contre-productif. Il fallait s'en tenir à l'oeuvre, pas à des propos un peu stupides et qui n'apportent vraiment rien.

Au total, un roman pas mauvais en soi, traité un peu à la va-vite et qui aurait mérité plus de longueur et de prolongements. Mais un bon petit roman, plutôt pour adolescents de mon point de vue.


Les Jacarandas de Téhéran
Les Jacarandas de Téhéran
par Sahar Delijani
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le totalitarisme iranien vécu de l'intérieur, 31 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Jacarandas de Téhéran (Broché)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Très beau roman et très fort, écrit par un auteur qui s'inspire manifestement de sa propre histoire.
Née en 1983 dans la prison d'Evin à Téhéran et vivant aujourd'hui en exil à l'étranger, on sent à quel point cette narration est forcément très proche de ce que Sahar Delijani et ses proches ont vécu.

Débutant justement dans la prison d'Evin et la situation terrible, pour ne pas dire inhumaine, de la jeune Azar, sur le point d'accoucher, mais que l'on n'hésite pas à "interroger" et maltraiter jusqu'au bout, après l'avoir convoyée dans des conditions plus que précaires les yeux bandés à travers Téhéran, on comprend à quel itinéraire l'auteur nous prépare, à quelle évocation forte des réalités de l'Iran post-révolutionnaire elle nous convie.
Le décor est planté et les choses ne font que commencer.
On va découvrir, au fur et à mesure de l'avancement de cette saga, comment trois générations d'Iraniens ont souffert dans leur chaire autant que dans leur âme de la tyrannie des hommes au pouvoir et leurs terrifiants Gardiens de la Révolution, que ce soit au moment de la Révolution de 1979, mais aussi dans les décennies qui vont suivre, jusqu'aux tentatives de contre-révolution, à l'image de celle de 2009 et la terrible répression à laquelle elle a donné lieu, n'étant que la partie apparente de celle qui existait depuis les débuts, mais de manière bien moins visible et non moins sanguinaire.

Une Révolution aux ressorts hélas bien classiques ; avec son lot d'espoir, puis de déceptions, de trahisons, de jusqu'auboutisme, de souffrances, disparitions, tortures, exécutions et d'esprit totalitaire.
Une vision cauchemardesque qui va entraîner des familles entières dans le traumatisme, la perte de la liberté, l'horreur et les cicatrices indélébiles qui marqueront les acteurs des événements comme leurs descendants, dans un processus infernal qui n'entrevoit pas encore de véritable aboutissement, malgré l'espoir et les illusions perdues.

Un roman témoignage fort, qui mérite qu'on s'y intéresse et ne le considère pas comme n'importe quel roman ; et non, ainsi que je le lis dans certains commentaires, "trop de noirceur" qu'il conviendrait de fuir parce que cela ne se passerait pas à notre porte et ajouterait à l'excès de noirceurs qui composent notre monde. Rejeter de la sorte ce témoignage bouleversant serait trahir la mémoire de ceux qui ont péri dans l'horreur de cette Société totalitaire, dont l'esprit ne doit pas nous laisser indifférents, même si l'on peut se sentir aussi impuissants que ceux qui continuent d'en être les victimes silencieuses.

Un roman fort et bouleversant, très évocateur de certaines réalités et bien écrit, qui mérite toute notre attention.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 4, 2014 1:28 PM MEST


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