Il est des romans qui nous font voyager au-delà des horizons culturels. La répudiée est un de ceux-là. L'auteur nous invite à vivre dans le monde secret des Juifs orthodoxes du quartier Hassidique de Jérusalem. Au fil des pages l'exotisme laisse place à une prose humaine, porteur d'un message universel. Nous connaissons tous la peur, la honte et le désir d'aimer ; autant d'émotions que partage ces hommes et ces femmes aux allures si singulières. Un livre rempli de silence et de non-dits où l'on sent la respiration haletante des esprits en prière.
Zérouya Shalev, avec ce premier roman, rentre par la grande porte des écrivains israéliens contemporains de grand talents. Une prose singlante, haletante et à la fois si personnelle. Les relations entre les êtres humains n'ont jamais été très simples, et encore moins celles entre une femme et son mari. Une histoire sur l'intimité d'un couple ou l'amour a perdu le combat de la stabilité. Un grand bravo, non pas simplement d'avoir écris un bon roman, mais d'avoir pu trouvé les mots justes.
Suzanne la pleureuse est un roman, qui malgré le titre ne tombe jamais dans le mélodrame. Pour la simple et bonne raison que la prose y est talentueuse et complexe. Alona Kimhi a su déjouer les pièges de son métier de commédienne en assumant pleinement celui d'écrivain à part entière. Elle nous raconte une histoire remplie d'émotions et d'attentes. Le message y est instantané, à l'image de la société israélienne. On oublit trop souvent qu'une société est d'abord constituée de personnes qui portent souvent le fardeau de leur existence, Alona Kimhi nous le fait rappeler avec justesse et maturité.