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Contenu rédigé par Bibliophilette
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Bibliophilette (France - Centre)
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Le dernier amour d'Attila Kiss
Le dernier amour d'Attila Kiss
par Julia Kerninon
Edition : Broché
Prix : EUR 13,80

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Paradoxes du sentiment amoureux, 10 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le dernier amour d'Attila Kiss (Broché)
Ils n'étaient pas faits pour se rencontrer, Attila Kiss, 51 ans, hongrois, ouvrier dans une usine de confection de foie gras et Théodora Babbenberg, 25 ans, fille d'un célèbre chanteur lyrique et compositeur de génie, héritière par sa mère d'une très riche famille autrichienne.

Quand leurs chemins se croisent, il vit seul depuis 10 ans, travaille de nuit pour survivre chichement, et peint le jour dans son petit appartement. Il a laissé derrière lui une femme, des enfants, une première vie pas très glorieuse qu’il tente d’oublier. Elle fait fructifier l’œuvre de son père et vivre sa mémoire, voyage à travers le monde, fréquente salles de concert et aristocratie viennoise.
Et pourtant, ils vont s’aimer envers et contre tout. Ils vont s’aimer, alors que tout les oppose : classe sociale, nationalité, éducation, âge. Ils vont s’aimer intensément d'abord envers eux-mêmes, un peu comme sur un ring de boxe, dans une lutte pour dépasser leurs différences et leurs oppositions réelles ou supposées.
« Mais enfin qu’allons-nous faire, ensemble ? Cette jeune femme qui est une guerrière et moi qui n’ai pas combattu depuis des années, qu’allons-nous faire l’un de l’autre, si nous allons par-là ? »

On ne sait pas très bien, au fond, ce qui nourrit cet amour. Et c’’est peut-être aussi cela le propos de Julia Kerninon. Au-delà d’envisager les relations hommes – femmes un peu comme un art de la guerre « Lorsque deux individus se rencontrent et cherchent à entrer en contact jusqu’à se fondre, cela commence toujours comme commence une guerre – par la considération des forces en présence » ; fait d’attentes, de ruses, d’observations, de conquêtes patientes, de victoires, de défaites, de reddition – elle décrit aussi dans ce court roman qui est aussi un condensé de l’histoire de la Hongrie du 19ème siècle à nos jours, le mystère insondable des cœurs et des corps qui malgré le poids de l’histoire et de la culture, unit les êtres.

Un texte à l’écriture limpide et qui réussit très bien à décrire des sentiments contradictoires et intenses avec beaucoup de douceur et de simplicité.


Le convoi
Le convoi
par Marijose Alie
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Un univers foisonnant dans lequel on se perd un peu, 10 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le convoi (Broché)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Un long roman (pres de 400 pages) touffu qui se passe dans un univers peu connu au bord de l’Amazonie, en Guyane française et qui fleure bon l'aventure.
L'auteur possède une tendresse réelle pour ses personnages et une fascination pour la forêt amazonnienne, cet environnement foisonnant, plombé de chaleur, de pluie et de mystères dans lequelle elle nous plonge et nous promène. Mais... malgré les tentatives déployées par l'auteur pour installer un suspense et une idée originale plutôt intéressante, la multiplication des personnages, très nombreux et pas toujours très consistants ou originaux, dont on suit pendant de nombreux chapitres les histoires en parallèle, le style, résolument parlé, familier, très cru par moment, peinent au final à réellement captiver et éveiller l'intérêt.


Kannjawou
Kannjawou
par Lyonel Trouillot
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 "Je ne pardonne pas au malheur", 7 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Kannjawou (Broché)
Kannjawou cela veut dire « fête », mais aujourd’hui, la fête est le plus souvent bien triste dans les rues et les bars de Port-au-Prince.

Le narrateur vit rue de l'Enterrement (le cimetière est au bout de la rue). Il tient un carnet, mi journal, mi notes de réflexions sur ce qu'il voit autour de lui, dans la rue, et plus largement dans la capitale de ce pays torturé qu'est Haïti. Ce sont ces carnets que nous lisons.
« […] depuis l’enfance, tous mes pas me ramènent au bord du trottoir, devant la maison de man Jeanne. Mon lieu de méditation où, sentinelle des pas perdus, je passe mon temps à cogiter sur la logique des parcours. »
Nous entrons avec le narrateur, dans la vie de cinq jeunes Haïtiens d'environ 25 ans : Sophonie, serveuse au Kannjawou – un bar où se retrouvent les expatriés - Wadné, Popol, Joëlle et le narrateur. Cette bande d’amis d’enfance essaye de se battre pour plus de justice sociale, mais les espoirs s’amenuisent, la fatigue les guette et les éloigne un peu les uns des autres. Rue de l’Enterrement, il y a aussi de multiples figures, dont man Jeanne, sage haute en couleur, un « petit professeur » originaire d’une autre quartier, un peu plus favorisé, qui vient faire la lecture aux enfants déshérités de la rue de l’Enterrement et distribue ses livres.

L’écriture poétique et parfois rageuse de Lionel Trouillot porté par un souffle d’ancienne colère devenue mélancolie nous plonge au cœur de l’histoire tragique d’Haïti qui ne cesse de se répéter comme une malédiction. L’occupation militaire ou humanitaire qui pèse comme une chape de plomb sur la population, les errances, les contradictions, l’incapacité à faire naître une classe politique capable de diriger le pays, la misère et les inégalités criantes, la ségrégation sociale impitoyable qui saigne le pays.
« La pauvreté, on connait. Mais il y a pire que la nôtre. Dans cette rue où nous habitons. Derrière. Ceux qui couchent dans des abris improvisés. Ceux qui ont atteint la quarantaine sans avoir jamais touché un salaire. Ceux qui ne présenteront jamais de mémoire, ne seront jamais boursiers pour revenir avec des accents et des airs empruntés nous dire que ceux qui n’ont jamais bougé sont des cancres. »
Et au milieu de tout ce chaos, des espoirs acharnés qui subsistent envers et contre tout, notamment grâce aux mots, à la littérature, à la poésie.
« Si tu n’as pas de rêves, au nom de quoi veux-tu faire la guerre au réel ? »

La puissance des mots, leur charge émotionnelle et intellectuelle, un propos grave, voilà ce qui caractérise ce roman hypnotique, très réussi.

« Il y a dans la bibliothèque du petit professeur un ouvrage de poésie dont le titre est : Je ne pardonne pas au malheur. Je ne l’ai pas lu. J’ignore donc si les vers sont de qualité et la thématique intéressante. J’aime la colère du titre. Je ne suis rien. Ou presque. Comme le répète man Jeanne, quand on habite une rue qui finit chez les morts, on est bien placé pour savoir qu’il est proche le jour qui se lèvera sans nous. Et notre absence ne changera rien au vaste cours des choses. Le tout est de meubler ce presque en cherchant la juste mesure. Aujourd’hui, pour meubler ce rien, je ne pardonne pas au malheur. »


Paysage d'hiver : voyage en compagnie d'un sage
Paysage d'hiver : voyage en compagnie d'un sage
par Christine Jordis
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 « Qu’est-ce que l’homme ? un peu de souffle condensé. », 5 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Paysage d'hiver : voyage en compagnie d'un sage (Broché)
Mi-biographie, mi-récit de voyage, Christine Jordis nous entraîne en Corée sur les pas de Kim Jeong-hui (1786-1856), plus connu sous un de ses noms de plume, Chusa. Homme politique coréen issu de la dynastie de Joseon, fin lettré, philosophe, écrivain, poète, peintre, calligraphe, il a connu le pouvoir et les honneurs, puis l’exil, la pauvreté, l’isolement et le déshonneur. Ce personnage fascinant, méconnu en Occident, a su allier action et engagement dans le monde avec réflexion et contemplation et a marqué l’histoire de son pays, notamment par la qualité exceptionnelle de ses œuvres calligraphiques. « Pur agencement de lignes et de formes qui suggèrent le mouvement impulsé par le souffle – la poussée même de la vie. ». Il est considéré aujourd’hui comme le plus grand calligraphe de son époque,

A travers l’histoire de ce sage, Christine Jordis nous offre une très belle introduction au Confucianisme en pourfendant quelques idées reçues. « Le Milieu confucéen est l’exact contraire de notre médiocrité dorée […] Le Milieu juste des sages implique une exigence sans relâche, un effort sans limite, une tension extrême, qui nous fait aspirer toujours à la meilleure part de ce qui naît en nous, entre nous. »

Triple voyage : voyage intérieur - fil conducteur de l’essai - voyage dans l’espace et dans le temps, emprunt à la fois de douceur et de détermination, il nous questionne tout le long sur ce que c’est qu’être un homme sage, un homme de bien, un homme politique, sur le rôle et la puissance de l’art, sur ce qui reste d’essentiel quand on a tout perdu, sur ce qui fait que l’on tient malgré les obstacles et les vilenies.

« Tel est le grand mérite du voyage. Créer la rupture. Laisser derrière soi le fatras des vieux papiers, idées, connaissances, problèmes, ennuis et autre quincaillerie dont nous entendons à chaque pas le tintamarre. Se sortir de la routine où l'on se débat, déplacer l'horizon mental qui nous enferme, en repousser au plus loin les limites, gagner une vision nouvelle, une perspective différente, une plus grande ouverture, en un mot : le large - et obtenir d'autres réponses, peut-être. »

Une belle définition du voyage qui vaut aussi pour les livres et la littérature.


En attendant Bojangles
En attendant Bojangles
par Olivier Bourdeaut
Edition : Broché
Prix : EUR 15,50

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 « Qui vit sans folie n’est pas si sage qu’il croit » La Rochefoucault, 1 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : En attendant Bojangles (Broché)
Et si on faisait de notre vie une danse ? Virevoltante, insouciante, résolument joyeuse et fantaisiste.

Dans cette histoire rocambolesque, il y a le père, léger, fantasque et surtout profondément amoureux. « Tout le temps, il chantonnait, mal. Parfois, il sifflotait, tout aussi mal, mais comme tout ce qui est fait de bon cœur, c’était supportable. »
Il y a le fils, à la fois candide et lucide, profondément heureux même s'il ne comprend pas toujours très bien l’univers ludique et insolite créé par ses parents. Et puis, il y a la mère, figure centrale, lumineuse, incandescente, élégante, excentrique, totalement libre et donc profondément décalée. Elle vouvoie tout le monde, y compris mari et enfant, parce qu’elle considère que c’est « la première barrière de sécurité dans la vie, ainsi qu’une marque de respect qu’on devait à l’humanité toute entière ». Elle lit, elle refuse le travail qu’elle trouve d’un ennui profond, elle envoie balader toutes les conventions, elle saute sur les lits, ment et apprend à son fils à mentir parce que quand « la réalité est banale et triste », il est préférable d’inventer une belle histoire. Elle danse, elle chante et entraîne tous ceux qui la côtoient dans une fête permanente. Dotée d’un humour irrésistible, elle va de la folie douce s’enfoncer peu à peu dans la maladie psychique.

Contée alternativement par le fils - avec ce qu’il faut de naïveté, de fausses interprétations, et aussi de sagacité - et par le père, habité par « un amour fou », qui n’a jamais aussi bien porté son nom ; cette histoire en apparence légère, est loin d’être simpliste. Elle est drôle – on rit franchement – et est terriblement émouvante – on pleure aussi, parce qu'en filigrane, le roman aborde un sujet éminemment tragique. Et même si la tristesse est légère quand elle affleure, elle n'en est pas moins présente.

Rares sont les livres aussi courts, écrits aussi simplement, capables de toucher autant le cœur et l’esprit. Peut-être parce qu’au-delà des émotions que suscite cette famille extravagante, l’auteur nous interpelle en « bottant le cul à la raison ». Et cela fait un bien fou !

A ne surtout pas manquer ! 6 étoiles pour cet exquis tourbillon. A lire et à offrir.

« Ils volaient mes parents, ils volaient l’un autour de l’autre, ils volaient les pieds sur terre et la tête en l’air, ils volaient vraiment, ils atterrissaient tout doucement puis redécollaient comme des tourbillons impatients et recommençaient à voler avec passion dans une folie de mouvements incandescents. ».


PhotoDirector 7 Ultra
PhotoDirector 7 Ultra
Prix : EUR 99,99

3.0 étoiles sur 5 Très pratique, 27 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : PhotoDirector 7 Ultra (DVD-Rom)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Un logiciel très pratique et facile à manier, permet de nombreuses solutions de retouches avec un traitement rapide. Un bon produit qui satisfera autant les amateurs que les utiliseurs plus aguerris.


Après le silence
Après le silence
par Didier Castino
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Hommage poignant à tout ce qui nous construit, 24 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Après le silence (Broché)
Le narrateur – le père disparu accidentellement – s’adresse à son fils, mais aussi à lui-même, dans un long monologue d’outre-tombe. Ou plutôt, on le découvre assez vite, c’est le fils qui le fait parler pour raconter l’absence, le deuil, l’incompréhension, et pour tenter de se libérer du poids écrasant de cette figure paternelle, ouvrier exemplaire, militant syndical, membre du Parti, mort à l’usine comme d’autres sont morts sur le champs de bataille.
Homme de principes, d’efforts et de luttes, Louis Catella, illustre le rapport contradictoire au travail, fait de souffrances et de fierté. Une figure quasi-mythique très éloignée du fils - 40 ans aujourd’hui - et de l’époque actuelle qu’il n’a pas connus.
Pêle-mèle, le roman évoque la filiation, le chaos des sentiments, mélange de fierté, de honte et de culpabilité qui pèse dans le cœur du fils qui n’est pas devenu ouvrier, la trahison malgré soi par laquelle on doit passer parfois pour grandir et « devenir un homme », les chemins différents que prend le processus de deuil dans une famille, la mémoire qui déforme et qui fige, le manque fondateur qui s’imprime à jamais dans le cœur ; et puis le roman célèbre aussi et surtout la beauté et la fierté de la classe ouvrière aujourd’hui quasiment disparu.
« Après le silence » est un roman très puissant où les sentiments sont forts, exacerbés, violents, souvent chaotiques. A l’image du style et de la construction qui en font un livre très marquant. Le dispositif narratif, la langue heurtée et nerveuse, faussement orale, les dialogues fondus dans le texte, l’utilisation du « tu » qui ne renvoie pas toujours à la même personne, tous ces procédés nous emmènent dans un univers très singulier. Un premier roman intense et très réussi.


L'ombre de nos nuits
L'ombre de nos nuits
par Gaëlle Josse
Edition : Broché
Prix : EUR 15,00

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Subtile équilibre entre délicatesse et intensité, 20 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'ombre de nos nuits (Broché)
Gaëlle Josse utilise ici un procédé littéraire bien connu et habile qui consiste à alterner 2 histoires en parallèles à chaque chapitre.
D'une part, en 1639 un épisode de la vie de George de la Tour lorsqu'il réalise le tableau au centre du roman, Saint Sébastien soigné par Irène, que l'on peut admirer aujourd'hui au Musée du Louvre. D'autre part, de nos jours, les souvenirs d'une femme qui observe plus de 3 siècles plus tard au musée des Beaux-Arts de Rouen ce même tableau, et qui bouleversée par le spectacle se remémore un amour perdu et douloureux.

Les 3 narrateurs, les 3 voix du roman nous transportent d'un univers à un autre avec une grande habileté. Avec délicatesse, apparaît le patient et lent travail du peintre pour rendre les ombres et la lumière qui fait écho aux ombres et aux lumières de l'amour qui palpite, qui vibre et qui se brise parfois au fond de nos cœurs.
Au final, les deux histoires, l'artiste et la spectatrice de l'oeuvre, se rejoignent dans la même tentative d'« Alléger. S'alléger. Le plein naît du vide. Simplifier. Densifier. Nous n'emporterons rien avec nous dans notre ultime voyage. »
Gaëlle Josse possède un ton et un univers très beaux dans lequel il est bon de se plonger. Un roman qui se lit d'une traite. Un roman qui émeut et qui apaise.


Le restaurant de l'amour retrouvé
Le restaurant de l'amour retrouvé
par Ito Ogawa
Edition : Poche
Prix : EUR 8,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Exquis !, 20 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le restaurant de l'amour retrouvé (Poche)
Exquis est le terme qui convient parfaitement à ce roman qui célèbre avec une simplicité et une délicatesse toute japonaise l'art de cuisiner. Car la cuisine est bien un art ici et aussi d'un acte d'amour. Un hymne au partage, au don, à la joie simple de créer, d'inventer, d'accorder et d’assembler les saveurs, les couleurs, les odeurs, les textures pour animer les corps et les cœurs. Un hommage de profond respect à la nature et au vivant. Quelle joie cette lecture !


Une vie entière
Une vie entière
par Robert Seethaler
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un petit bijou, 23 décembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une vie entière (Broché)
"Une vie entière" c'est le portrait d'un homme simple.
« [...] il pensait à l’avenir, qui s’étendait à l’infini devant lui, justement parce qu’il n’en attendait rien. Et quand il restait couché assez longtemps, il avait parfois l’impression que la terre sous son dos se soulevait et s’abaissait tout doucement, et, à ces moments-là, il savait que les montagnes respiraient »
Ce très beau roman dégage une profonde sensibilité et fait irrésistiblement pensé à la nouvelle de Flaubert : Un cœur simple.
C'est un petit bijou de simplicité et de tendresse, sur fond de décor montagnard magnifiquement décrit. Rien de superflu, rien ne manque dans la description de la vie de Andreas Egger. Bâtard, orphelin, recueilli par un oncle cruel et brutal, il gardera des violentes séances de correction, une jambe brisée mal soignée qui le fera boiter toute sa vie durant. Mais si le corps gardera à jamais la trace de son martyre, son esprit et son cœur resteront bons et purs. Andreas observera sans jugement, sans critique, sans nostalgie excessive les épreuves de sa vie, les changements du monde au cours du 20ème siècle, et la modernité qui apportera l'électricité dans toute la vallée et très vite aussi ses flots de touristes.
« Il n’avait personne, mais il avait tout ce qu’il lui fallait, c’était assez. De la fenêtre, la vue était étendue, le poêle était chaud, et, au bout d’un hiver de chauffage, l’odeur tenace de bouc et d’autres bestioles se serait définitivement dissipée. C’était surtout le calme qu’Egger appréciait. »
Sa vie s'achèvera telle qu'elle aura été vécue, discrètement mais vaillamment, avec courage et simplicité, ouvert et accueillant aux choses telles qu'elles sont." D''après son extrait de naissance qui, selon lui, ne valait même pas l''encre de son tampon, Egger atteignit l''âge de 79 ans. Il avait tenu plus longtemps qu’il l’eût jamais cru possible et, somme toute, s’estimait satisfait. Il avait survécu à son enfance, à une avalanche et à la guerre. Il n’avait jamais rechigné à la tâche, avait percé un nombre incalculable de trous dans le rocher et abattu probablement assez d’arbres pour entretenir un hiver entier le feu des poêles de toute une bourgade. Il avait suspendu sa vie à un fil entre ciel et terre plus souvent qu’à son tour et, en ses dernières années de guide de montagne, il en avait plus appris sur les gens qu’il ne pouvait comprendre. Autant qu’il sût, il n’avait pas commis de forfaits notables et n’avait jamais succombé aux tentations de ce monde : les saouleries, les coucheries et la goinfrerie. Il avait bâti une maison, dormi dans d’innombrables lits, dans des étables, sur des plates-formes et même, quelques nuits, dans une caisse en bois russe. Il avait aimé. Et il avait pressenti où l’amour pouvait mener… »"

Le style de Robert Seethaler, magnifiquement traduit par Élisabeth Landes, est sobre et délicat, épuré et propice à un doux plaisir de lecture. Un livre que l'on garde, que l'on relit, que l'on offre.


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