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Contenu rédigé par Bibliophilette
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Bibliophilette (France - Centre)
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Echoues (les)
Echoues (les)
par Manoukian Pascal
Edition : Broché
Prix : EUR 18,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Souffrances et rêves brisés sur les routes de l'exil, 1 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Echoues (les) (Broché)
Comme une mise en garde a posteriori, Pascal Manoukian a choisi de nous livrer le terrifiant récit de l'immigration clandestine de la fin des années 80 - début des années 90, pour mieux nous parler de la situation actuelle.

Si on peut regretter parfois quelques clichés et facilités dans l'intrigue et des personnages peut-être un peu caricaturaux ou trop simples, le roman nous dévoile tout de même habilement, dans un style journalistique très vivant qui tient le lecteur en haleine, tous les ressorts de l'immigration clandestine, sa scandaleuse exploitation sans limite partout et par tous, les différents acteurs économiques des pays traversés et les clandestins eux-mêmes. "Les Serbes et les Ukrainiens fabriquent les faux papiers. Les Roumains trafiquent de l'alcool et des cigarettes. Les Turcs partagent le commerce des filles avec les Moldaves. Les Roms jouent les marchands de sommeil ; les Kurdes et les Afghans gèrent la majorité des filières clandestines à l'intérieur des frontières européennes."

"Dès 5 heures, une armée d'ombres s'installait en silence devant les grilles pour vendre la force de leurs bras. Maçons, plaquistes, peintres, manœuvres s'agglutinaient devant l'enseigne et, comme au drive-in, sans descendre de leur voiture, les employeurs venaient se servir en main-d’œuvre. Les prix variaient selon l'offre et la demande, mais le nombre de clandestins dépassait toujours celui des patrons et les salaires rarement la moitié du SMIC horaire. [...] La géopolitique avait son importance sur le parking. La place de chacun était réglée au millimètre près, comme à l'occasion d'une séance extraordinaire de l'assemblée des Nations Unis. Les communautés se répartissaient en fonction de leurs inimitiés. Les Afghans loin des Kurdes, les Bosniaques hors de portée des Serbes, les Turcs à l'écart des Arabes, les Moldaves séparés des Roumains par les Sénégalais et les Ivoiriens. Il y avait aussi un petit groupe de non-alignés, représentants de pays sans grosse filières ni réseaux, et surtout sans véritables ennemis. On trouvait parmi ceux-là quelques Moghols, quelques Costaricains, deux Ouzbeks, un Malgache. Relégués à l'extrémité du parking, ils étaient les derniers servis et devaient se contenter des miettes."

On est souvent écœuré de tant de violence et surtout de tant de complicité active ou passive à cette inexorable machine infernale qui broie tant d'hommes et de femmes. "Désormais on arrivait clandestinement du monde entier pour chercher du travail. Aucune frontière, aucune mer ne se montrait assez menaçante pour décourager les candidats à l'exil. [...] une bonne part du monde préférant mourir noyée que de mourir de faim." ou sous les bombes.

"Même ce qui semble terne chez vous brille à nos yeux! Plus vous vous rendez la vie belle et plus vous nous attirez comme des papillons. Et ça ne fait que commencer, nous sommes les pionniers, les plus courageux. Vous verrez, bientôt des milliers d’autres suivront notre exemple et se mettront en marche de partout où l’on traite les hommes comme des bêtes. Il n’y aura aucun mur assez haut, aucune mer assez déchaînée pour les contenir. Parce que ce qu’il y a de pire chez vous est encore mieux que ce qu’il y a de meilleur chez nous. »

Un roman coup de poing qui ne réconcilie pas avec la nature humaine et laisse entrevoir peu de solutions pour mettre fin aux exils massifs et à leur exploitation sans vergogne. Quand on sait que la réalité dépasse souvent la fiction, ça fait frémir... Un roman fort car il fait comprendre les raisons du départ, les conditions incroyablement difficiles des chemins qui mènent en France et les conditions de survie tout aussi difficiles et périlleuses une fois arrivés. Fort aussi parce qu'il change le regard.


Tesori d'Oriente Hammam Gel/Crème Douche Apaisante 250 ml - Lot de 3
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Prix : EUR 7,50

4.0 étoiles sur 5 Subtil, 15 avril 2016
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Un parfum très léger et apaisant.
Un gel - crème oncteux qui laisse une agréable sensation de pureté et douceur sur la peau. La présence d'huile d'argan apporte un film protecteur non gras très plaisant qui evite l'effet désséchant de nombreux gels douche.
Un très bon rapport qualité - prix.


Nègre de personne
Nègre de personne
par Roland Brival
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Hommage à l'un des moins connus des pères de la Négritude, 28 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nègre de personne (Broché)
Ce roman au style élégant, poétique et musical, très bien construit nous dépeint le Harlem bouillonnant de la fin des années 30 et l'effervescence intellectuelle des noirs américains qui a donné naissance à une conscience et une production artistique qui marquera la littérature mondiale.

Le narrateur, jeune écrivain de 26 ans débarque à New York pour rencontrer les intellectuels et activistes de la NAACP (l'Association nationale pour la promotion des gens de couleur créée en 1909) et les artistes du mouvement « Harlem Renaissance". D'origine guyanaise, métis blanc, noir, indien, il a grandi en Martinique, et a déjà publié quelques livres à Paris, dont un recueil de poèmes remarqué. Il s'appelle Léon-Gontran Damas. C'est l'ami intime d'Aimé Césaire - à qui il s'adresse directement dans le livre - et de Léopold Sédar Senghor. Trois écrivains qui ont donné naissance au courant littéraire de la "négritude".

On croise, découvre ou redécouvre des figurantes marquantes de l'époque telles Marcus Garvey - précurseur du panafricanisme - W. E. B. Du Bois, Langston Hughes, Claude McKay, Alan Locke, et les artistes de jazz Billie Holiday, Dizzy Gillespie. Et dans ce maelstrom de figures, de sentiments contradictoires, d'interrogations, de désirs d'émancipation, d'espoirs, l'auteur évoque la ségrégation, le racisme, le jazz et le militantisme afro-américain, entre autres ; mais aussi et surtout la passion amoureuse. Car ce livre c'est aussi une très belle histoire d'amour magnifiquement rendue par Roland Brival avec beaucoup de sensualité. Une relation intense et éphémère avec une femme magnifique et magnétique, Anna. Elle est artiste peintre d'origine haïtienne, pratique le vaudou. Elle fera le portrait de Damas qu'elle surnommera le « Tisseur de rêves » et le révélera à lui-même.

Il y a un très beau souffle vital revigorant dans cet hommage qui donne envie de lire ou relire Damas, Césaire, Senghor et les autres, pour mieux comprendre ce qu'ils nous ont légué, ce qui nous lie encore à eux et ce qui nous en sépare. A l'heure où la société française est secouée de toute part, où ses différentes communautés s'affrontent de plus en plus, il est bon de rêver avec Damas à :

« - ['] une révolution qui effacerait les mots « Nègres » et Blanc » de l'histoire des hommes.
- Et par quoi les remplacerais-tu ?
-Par celui de « frère », peut-être
Il s'est abimé dans une longue réflexion, puis j'ai vu passer un sourire fugitif sur ses lèvres.
-Tu n'es qu'un fou, mon jeune ami. Mais ta folie me plait bien.
Je sais. Tu vas hurler en lisant ces lignes.
['mais] comment pourrais-je accepter de laisser un de mes trois visages l'emporter sur les deux autres ? Comment pourrais-je n'être QUE noir quand l'Indien et le Blanc réclament en moi la parole ? Voilà pourquoi je ne puis m'engager tête baissée dans ce que tu proposes. Il me manque la nuance d'une revendication plus large : celle de l'humain qui verrait toutes nos différences devenues le terreau fertile d'une autre vision du monde. Il me manque la reconnaissance finale de tout ce qu'il y a en nous de sacré, que nous soyons verts, jaunes ou blancs, dans l'absolue nécessité qu'est la nôtre de refonder l'humanisme de ce siècle. »


Le grand marin
Le grand marin
par Catherine Poulain
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La vie puissance mille, 28 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le grand marin (Broché)
Partir.
Partir au bout du monde. Pour aller voir ce qu'il y a là-bas. Ce qu'il y a au-delà de « la dernière frontière ». Aller au bout de la terre. Pour aller au bout de soi. Repousser ses limites. Loin. Toujours plus loin.

« Il faudrait toujours être en route pour l'Alaska. Mais y arriver à quoi bon. J'ai fait mon sac. C'est la nuit. Un jour je quitte Manosque-les-Plateaux, Manosque-les-Couteaux, c'est février, les bars ne désemplissent pas, la fumée et la bière, je pars, le bout du monde, sur la Grande Bleue, vers le cristal et le péril, je pars. Je ne veux plus mourir d'ennui, de bière, d'une balle perdue. De malheur. Je pars. Tu es folle. Ils se moquent. Ils se moquent toujours ' toute seule sur des bateaux avec des hordes d'hommes, tu es folle' Ils rient.
Riez. Riez. Buvez. Défoncez-vous. Mourez si vous voulez. Pas moi. Je pars pêcher en Alaska. Salut.
Je suis partie. »

Partie pour la vie puissance mille. « Risquer de perdre la vie mais au moins la trouver avant' »
Incroyable vie de Lili. Petit bout de femme sauvage, écorchée vive, aux mains énormes, surnommée le moineau. Il lui va si bien ce surnom, elle qui voudrait pouvoir voler. Pour aller et venir sans entrave. Voler pour s'alléger de tout ce poids qui pèse sur ses épaules et sur son cœur dont on ne saura rien. Se débarrasser de ses peurs, de ses cauchemars.
Qu'est-ce qu'elle fuit, Lili ? Qu'a-t-elle laissé derrière elle ? Mystère. Au fond, cela n'a pas grande importance. « Pêcher c'est ce qui me sauve la vie. La seule chose qui soit assez puissante pour me sortir de tout ça »
Ce qui compte c'est ce qu'elle vit, ce qu'elle sent, ce qu'elle voit et tous ceux qu'elle rencontre. Tous ces êtres paumés, déchirés, à la dérive, qui se cognent à la vie pour se sentir vivants. Ces hommes qui tout comme Lili sont dans une longue et interminable errance. Pris dans un tourbillon, une quête éperdue et vaine, qui les fait « toujours sortir d' [eux-mêmes], pour le déséquilibre, la folie, l'excès. »

« Un jour ici, un jour là' tu ne sais jamais où tu seras demain. C'est pas grave de partir, tu sais, c'est la vie qui veut ça. Faut toujours s'arracher. Quand tu dois y aller, faut y aller' »

Ils sont rudes, brutaux, violents, excessifs tous ces marins que croise Lili. Tous hantés par de furieux démons intérieurs. Leur vie réduite au strict minimum pour être intensément vécue. Férocement, sauvagement vécue. « Manquer de tout, de sommeil, de chaleur, d'amour aussi ['] jusqu'à n'en plus pouvoir, jusqu'à haïr le métier, et que malgré tout on en redemande, parce que le reste du monde vous semble fade, vous ennuie à en devenir fou. »
Se mettre à l'épreuve encore et encore, s'assommer de douleurs et de fatigue dans l'impitoyable pêche pour ne plus penser, pour n'être plus qu'un corps tendu, des muscles qui se contractent, des poumons qui explosent, des mains qui se brisent. Et ensuite' espérer dormir un peu. Et quand le sommeil ne vient toujours pas, même quand on s'écroule exténué après avoir tant lutté. Quand il n'apporte pas toujours le repos. Alors, il faut s'assommer encore et encore avec l'alcool ou la drogue.

Ce livre porté par un style tranchant, décapant est une gigantesque claque. S'agit-il d'un roman ? D'un récit ? D'une autobiographie romancée ? D'un cauchemar ?

On sort de cette lecture chaviré, fourbu, éreinté. La narratrice, l'auteur ?, mystérieuse, envoûtante, fascinante, sait si bien rendre les sensations de cet univers hors-norme, hostile, sauvage. On sent dans sa chair le froid, l'eau, le vent, le sel, la glace, le bois dur, le tangage incessant, l'immensité des paysages. On entend le vacarme assourdissant de la mer en furie, des coques malmenées qui luttent, qui craquent, qui gémissent, les hurlements des hommes. On sent les odeurs pestilentielles de gasoil, les corps agonisants des poissons, le sang, la mort en masse qui donnent la nausée. C'est si puissant et si bien évoqué qu'il y a quelque chose d'extrêmement étrange et déstabilisant à être plongé de façon aussi forte dans une telle fureur, un tel dénuement, quand on est confortablement au chaud assis dans son fauteuil. Sans le vouloir, sans le dire, Lili nous donne une leçon magistrale, à nous autres lecteurs occidentaux privilégiés, repus et assoiffés de bonheur. Elle ne cherche pas à être heureuse. Elle cherche à être libre. Y parvient-elle ? Ce n'est pas si sûr, mais elle poursuit sa quête avec courage.

Un livre qui vous frappe et qui vous habite. On s'accroche et on se laisse emporter. Son souvenir vous hante très longtemps après avoir refermé la dernière page.

Le bout du monde ressemble à l'enfer où se retrouvent tous les damnés de la terre. Tour à tour effrayant, mystérieux, chaleureux, réconfortant, il appelle, il attire. Comme une promesse. Une promesse d'autre chose' D'authenticité. D'absolu.

« Mais je serais debout ? Je serais vivante ? Je m'battrai pour ma vie. C'est la seule chose qui compte, non ? Résister. Aller au-delà, surpasser. Tout. »


Vivre le Bouddhisme Zen : Devenez le Bouddha que vous êtes déjà
Vivre le Bouddhisme Zen : Devenez le Bouddha que vous êtes déjà
par Grazyna Perl
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Un livre d'enseignement : les questions et la pratique, 12 mars 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vivre le Bouddhisme Zen : Devenez le Bouddha que vous êtes déjà (Broché)
Quand on a aimé le magnifique livre précédent de Grazyna Perl, Quand la fleur se fane où va son parfum., on peut être tenté de se plonger dans celui-ci. On y retrouve la simplicité du propos, l'accent mis sur la pratique et donc le côté très concret de l'enseignement, tout comme la force paisible et la très grande liberté intérieure qui caractérisaient le premier ouvrage.

Cet ouvrage reste néanmoins un peu moins inspirant que le premier, pas tant par son contenu qu'à cause d'une traduction qui n'est pas très bonne. Ecrit en anglais, le livre a été traduit par Federico Procopio de langue maternelle italienne. Les tournures de phrases sont parfois un peu étranges et cela nuit à la lecture. Ensuite parce que la qualité de cette collection chez Eyrolles est assez médiocre. Malgré une très belle couverture, le papier est de qualité moyenne et le livre truffé de coquilles. Très loin de la précision, de la délicatesse et de l'exigence du Zen...


Ne cherche pas et tu trouveras : L'art de vivre inspiré du Zen, du Tao et du Yoga
Ne cherche pas et tu trouveras : L'art de vivre inspiré du Zen, du Tao et du Yoga
par Denis Faïck
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

4.0 étoiles sur 5 Bien écrit et inspirant, 12 mars 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Un livre bien écrit et bien construit qui nous emmène sur les chemins de trois philosophies / sagesses / conceptions du monde.
L'auteur traite des principaux thèmes : le non-désir, le non-agir, la liberté, la dissolution de l’ego, l'ici et maintenant, la présence sans attente.
Le propos est clair, parfois un peu répétitif. On peut juste regretter que contrairement à ce que le titre laisse entendre, il s’agit surtout d'un ouvrage sur le Zen. Taoisme et surtout Yoga sont en fait très peu traités.


Le dernier amour d'Attila Kiss - Prix de la closerie des Lilas 2016
Le dernier amour d'Attila Kiss - Prix de la closerie des Lilas 2016
par Julia Kerninon
Edition : Broché
Prix : EUR 13,80

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Paradoxes du sentiment amoureux, 10 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le dernier amour d'Attila Kiss - Prix de la closerie des Lilas 2016 (Broché)
Ils n'étaient pas faits pour se rencontrer, Attila Kiss, 51 ans, hongrois, ouvrier dans une usine de confection de foie gras et Théodora Babbenberg, 25 ans, fille d'un célèbre chanteur lyrique et compositeur de génie, héritière par sa mère d'une très riche famille autrichienne.

Quand leurs chemins se croisent, il vit seul depuis 10 ans, travaille de nuit pour survivre chichement, et peint le jour dans son petit appartement. Il a laissé derrière lui une femme, des enfants, une première vie pas très glorieuse qu’il tente d’oublier. Elle fait fructifier l’œuvre de son père et vivre sa mémoire, voyage à travers le monde, fréquente salles de concert et aristocratie viennoise.
Et pourtant, ils vont s’aimer envers et contre tout. Ils vont s’aimer, alors que tout les oppose : classe sociale, nationalité, éducation, âge. Ils vont s’aimer intensément d'abord envers eux-mêmes, un peu comme sur un ring de boxe, dans une lutte pour dépasser leurs différences et leurs oppositions réelles ou supposées.
« Mais enfin qu’allons-nous faire, ensemble ? Cette jeune femme qui est une guerrière et moi qui n’ai pas combattu depuis des années, qu’allons-nous faire l’un de l’autre, si nous allons par-là ? »

On ne sait pas très bien, au fond, ce qui nourrit cet amour. Et c’’est peut-être aussi cela le propos de Julia Kerninon. Au-delà d’envisager les relations hommes – femmes un peu comme un art de la guerre « Lorsque deux individus se rencontrent et cherchent à entrer en contact jusqu’à se fondre, cela commence toujours comme commence une guerre – par la considération des forces en présence » ; fait d’attentes, de ruses, d’observations, de conquêtes patientes, de victoires, de défaites, de reddition – elle décrit aussi dans ce court roman qui est aussi un condensé de l’histoire de la Hongrie du 19ème siècle à nos jours, le mystère insondable des cœurs et des corps qui malgré le poids de l’histoire et de la culture, unit les êtres.

Un texte à l’écriture limpide et qui réussit très bien à décrire des sentiments contradictoires et intenses avec beaucoup de douceur et de simplicité.


Le convoi
Le convoi
par Marijose Alie
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Un univers foisonnant dans lequel on se perd un peu, 10 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le convoi (Broché)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Un long roman (pres de 400 pages) touffu qui se passe dans un univers peu connu au bord de l’Amazonie, en Guyane française et qui fleure bon l'aventure.
L'auteur possède une tendresse réelle pour ses personnages et une fascination pour la forêt amazonnienne, cet environnement foisonnant, plombé de chaleur, de pluie et de mystères dans lequelle elle nous plonge et nous promène. Mais... malgré les tentatives déployées par l'auteur pour installer un suspense et une idée originale plutôt intéressante, la multiplication des personnages, très nombreux et pas toujours très consistants ou originaux, dont on suit pendant de nombreux chapitres les histoires en parallèle, le style, résolument parlé, familier, très cru par moment, peinent au final à réellement captiver et éveiller l'intérêt.


Kannjawou
Kannjawou
par Lyonel Trouillot
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Je ne pardonne pas au malheur", 7 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Kannjawou (Broché)
Kannjawou cela veut dire « fête », mais aujourd’hui, la fête est le plus souvent bien triste dans les rues et les bars de Port-au-Prince.

Le narrateur vit rue de l'Enterrement (le cimetière est au bout de la rue). Il tient un carnet, mi journal, mi notes de réflexions sur ce qu'il voit autour de lui, dans la rue, et plus largement dans la capitale de ce pays torturé qu'est Haïti. Ce sont ces carnets que nous lisons.
« […] depuis l’enfance, tous mes pas me ramènent au bord du trottoir, devant la maison de man Jeanne. Mon lieu de méditation où, sentinelle des pas perdus, je passe mon temps à cogiter sur la logique des parcours. »
Nous entrons avec le narrateur, dans la vie de cinq jeunes Haïtiens d'environ 25 ans : Sophonie, serveuse au Kannjawou – un bar où se retrouvent les expatriés - Wadné, Popol, Joëlle et le narrateur. Cette bande d’amis d’enfance essaye de se battre pour plus de justice sociale, mais les espoirs s’amenuisent, la fatigue les guette et les éloigne un peu les uns des autres. Rue de l’Enterrement, il y a aussi de multiples figures, dont man Jeanne, sage haute en couleur, un « petit professeur » originaire d’une autre quartier, un peu plus favorisé, qui vient faire la lecture aux enfants déshérités de la rue de l’Enterrement et distribue ses livres.

L’écriture poétique et parfois rageuse de Lionel Trouillot porté par un souffle d’ancienne colère devenue mélancolie nous plonge au cœur de l’histoire tragique d’Haïti qui ne cesse de se répéter comme une malédiction. L’occupation militaire ou humanitaire qui pèse comme une chape de plomb sur la population, les errances, les contradictions, l’incapacité à faire naître une classe politique capable de diriger le pays, la misère et les inégalités criantes, la ségrégation sociale impitoyable qui saigne le pays.
« La pauvreté, on connait. Mais il y a pire que la nôtre. Dans cette rue où nous habitons. Derrière. Ceux qui couchent dans des abris improvisés. Ceux qui ont atteint la quarantaine sans avoir jamais touché un salaire. Ceux qui ne présenteront jamais de mémoire, ne seront jamais boursiers pour revenir avec des accents et des airs empruntés nous dire que ceux qui n’ont jamais bougé sont des cancres. »
Et au milieu de tout ce chaos, des espoirs acharnés qui subsistent envers et contre tout, notamment grâce aux mots, à la littérature, à la poésie.
« Si tu n’as pas de rêves, au nom de quoi veux-tu faire la guerre au réel ? »

La puissance des mots, leur charge émotionnelle et intellectuelle, un propos grave, voilà ce qui caractérise ce roman hypnotique, très réussi.

« Il y a dans la bibliothèque du petit professeur un ouvrage de poésie dont le titre est : Je ne pardonne pas au malheur. Je ne l’ai pas lu. J’ignore donc si les vers sont de qualité et la thématique intéressante. J’aime la colère du titre. Je ne suis rien. Ou presque. Comme le répète man Jeanne, quand on habite une rue qui finit chez les morts, on est bien placé pour savoir qu’il est proche le jour qui se lèvera sans nous. Et notre absence ne changera rien au vaste cours des choses. Le tout est de meubler ce presque en cherchant la juste mesure. Aujourd’hui, pour meubler ce rien, je ne pardonne pas au malheur. »


Paysage d'hiver : voyage en compagnie d'un sage
Paysage d'hiver : voyage en compagnie d'un sage
par Christine Jordis
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 « Qu’est-ce que l’homme ? un peu de souffle condensé. », 5 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Paysage d'hiver : voyage en compagnie d'un sage (Broché)
Mi-biographie, mi-récit de voyage, Christine Jordis nous entraîne en Corée sur les pas de Kim Jeong-hui (1786-1856), plus connu sous un de ses noms de plume, Chusa. Homme politique coréen issu de la dynastie de Joseon, fin lettré, philosophe, écrivain, poète, peintre, calligraphe, il a connu le pouvoir et les honneurs, puis l’exil, la pauvreté, l’isolement et le déshonneur. Ce personnage fascinant, méconnu en Occident, a su allier action et engagement dans le monde avec réflexion et contemplation et a marqué l’histoire de son pays, notamment par la qualité exceptionnelle de ses œuvres calligraphiques. « Pur agencement de lignes et de formes qui suggèrent le mouvement impulsé par le souffle – la poussée même de la vie. ». Il est considéré aujourd’hui comme le plus grand calligraphe de son époque,

A travers l’histoire de ce sage, Christine Jordis nous offre une très belle introduction au Confucianisme en pourfendant quelques idées reçues. « Le Milieu confucéen est l’exact contraire de notre médiocrité dorée […] Le Milieu juste des sages implique une exigence sans relâche, un effort sans limite, une tension extrême, qui nous fait aspirer toujours à la meilleure part de ce qui naît en nous, entre nous. »

Triple voyage : voyage intérieur - fil conducteur de l’essai - voyage dans l’espace et dans le temps, emprunt à la fois de douceur et de détermination, il nous questionne tout le long sur ce que c’est qu’être un homme sage, un homme de bien, un homme politique, sur le rôle et la puissance de l’art, sur ce qui reste d’essentiel quand on a tout perdu, sur ce qui fait que l’on tient malgré les obstacles et les vilenies.

« Tel est le grand mérite du voyage. Créer la rupture. Laisser derrière soi le fatras des vieux papiers, idées, connaissances, problèmes, ennuis et autre quincaillerie dont nous entendons à chaque pas le tintamarre. Se sortir de la routine où l'on se débat, déplacer l'horizon mental qui nous enferme, en repousser au plus loin les limites, gagner une vision nouvelle, une perspective différente, une plus grande ouverture, en un mot : le large - et obtenir d'autres réponses, peut-être. »

Une belle définition du voyage qui vaut aussi pour les livres et la littérature.


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