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Contenu rédigé par Mozartien
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Commentaires écrits par
Mozartien "lugdunum" (lyon france)

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Life Is Good
Life Is Good
Prix : EUR 3,00

5.0 étoiles sur 5 Critique du magazine télérama, 16 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Life Is Good (CD)
Ce dixième album confirme l'impression laissée par le bouillant concert parisien du début de l'été : Nasir Jones, alias Nas, fils du bluesman Olu Dara, peut prétendre, sans trembler, au titre de meilleur rappeur en activité. Du sombre préambule de No introduction à la complainte enragée de World's an addiction (visitée en beauté par le soul man Anthony Hamilton), la première partie de Life is good, l'opus acide de la quarantaine, condense tous les talents de ce rejeton surdoué du hip-hop new-yorkais. Les textes au rasoir se déploient à la manière de miniséries noires, les rimes sont aiguisées, les images étouffantes, le débit sous tension et la force de percussion emporte tout sur son passage.

Moins frivole que Jay Z et ses pairs « entrepreneurs », Nas reste concentré sur son sujet et l'âpreté de sa chronique sociale se double des confessions d'un flambeur de 38 ans, rattrapé par ses angoisses de père et ses bassesses de séducteur. Emmenée par le très en vogue No I.D., une ar­mada de jeunes producteurs déploie des trésors d'ingéniosité pour entretenir cette verve explosive et lui offrir quelques respirations, comme sur le jazzy Stay et l'émouvant duo avec Amy Winehouse, Cherry Wine. Un très bon cru.


Souvenance
Souvenance
Prix : EUR 23,90

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Critique du magazine télérama, 16 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Souvenance (CD)
Si l'oud, un luth arabe d'accompagnement, est aujourd'hui vecteur de modernité, tant dans la musique orientale qu'occidentale, c'est grâce à des pionniers comme le Tunisien Anouar Brahem. Enfin de retour, toujours à la croisée du jazz, de la musique classique et de la tradition arabe, il s'essaie aujourd'hui à l'épure orchestrale : avec le piano de son complice François Couturier, la basse électrique du Suédois Björn Meyer, la clarinette basse brumeuse de l'Allemand Klaus Gesing et l'Orchestre de la Suisse italienne, utilisé ici comme un cinquième instrument.

Car Brahem, fidèle à sa ligne dépouillée, préfère aux effets d'emphase un travail d'enluminure minimaliste : les cordes se font ainsi l'écho de motifs à la fois austères et extraordinairement denses. Comme pour Le Pas du chat noir (2002), le piano donne le pouls de ces esquisses dramatiques et oniriques, où le maqam oriental n'est plus qu'une réminiscence, perceptible dans quelques envolées mélodiques. Econome en notes mais fort en thèmes, l'oudiste invite les solistes, pourtant férus d'improvisation, à ornementer cette fois une partition très écrite. Leur retenue envoûte et cultive le mystère.


Black Messiah
Black Messiah
Prix : EUR 12,99

5.0 étoiles sur 5 Critique du magazine télérama, 16 juin 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Black Messiah (CD)
Des chansons brutes, complexes. Ecrites dans l'urgence de l'après-Ferguson. D'Angelo, l'ermite de la nouvelle soul, se pose en figure de sauveur. Un choc.
On aime passionnément
Il ne manquait qu'un détonateur. Après quinze ans de tergiversations, d'expérimentations, de fignolages et de péripéties en tout genre (arrestations, dés­intox, tonneaux en 4 × 4, contrats rompus...), D'Angelo s'est enfin décidé à sortir du studio d'enregistrement sous le choc des événements qui ont enflammé l'Amérique noire, de Ferguson à New York. Le héros reclus de la nouvelle soul a baptisé son nouvel album Black Messiah (« le messie noir ») et prend son rôle de sauveur au sérieux. L'ambiance est tendue, les morceaux chargés d'une sombre électricité (« Nous ne demandions qu'à parler/et nous voilà dessinés à la craie sur le sol »), branchés sur des temps où la musique black américaine sidérait par son inspiration téméraire et combative. Comme à l'épo­que où Miles Davis, Sly Stone ou Jimi Hendrix composaient leurs albums sur le vif, Michael Archer, alias D'Angelo, s'affranchit des formats pour tisser une suite de chansons brutes et complexes dont les forces et les beautés se révèlent au fil des écoutes. Sa musique traverse plusieurs époques, agitée de mouvements incessants et d'inspirations fulgurantes. Porté par la frappe ferme et savante de Questlove, le phénoménal batteur des Roots, Sugah Daddy, petite bombe sexy façon Prince, évoque les claquettes de Gregory Hines et le swing de La Nouvelle-Orléans. Le très politique 1000 Deaths balance, sous un ciel d'orage, entre Funkadelic et Public Enemy, The Door est une friandise folk légère et sifflée, Prayer un gospel sous tension. Black Messiah sera encore notre disque de chevet à la fin de l'année.


Vulnicura
Vulnicura
Prix : EUR 17,37

5.0 étoiles sur 5 Critique du magazine télérama, 16 juin 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Vulnicura (CD)
Meurtrie par une rupture, la soprano du troisième type se dévoile comme jamais dans un disque exigeant et profondément touchant.
On aime beaucoup
La diva bionique a beau se présenter une fois de plus sur sa pochette en créature customisée — cette fois en sorte d'icône sainte futuriste —, sa musique, elle, se fait enfin plus charnelle et intimiste. Elle n'avait donc pas atteint le point de non-retour, comme on le craignait, avec son précédent, Biophilia, indigeste gloubi-boulga high-tech. La raison est simple. Anéantie par sa rupture avec le plasticien Matthew Barney, son compagnon et complice artistique pendant treize ans, Björk se livre comme jamais. Finies, les odes new age aux elfes et autres forces invisibles de la nature, elle exprime ici, avec des mots que l'on comprend enfin, sa douleur, ses tourments, sa crainte de l'avenir et sa difficile mais nécessaire reconstruction.

Vulnicura, mot valise signifiant « blessure-soin », est donc le journal de bord sans fard de la tornade affective qui s'est abattue sur la plus secrète des pop stars. Ce qui n'en fait pas un disque pop pour autant. La Björk des tubes d'antan est encore loin, mais les délicats arrangements orchestraux (des cordes essentiellement) tout comme les subtils habillages rythmiques électroniques du prodige vénézuélien Arca (Björk, même atteinte, reste en pointe), nous ramènent sous l'emprise du chant fascinant, tantôt bouleversant, tantôt angoissant (avec ses caractéristiques envolées et cassures subites), de la soprano du troisième type. On suit, troublé, ému, gêné parfois, les confessions de la femme et de la mère blessées en quête de résilience. L'écoute, comme pour les disques de son camarade Antony (ici encore présent sur un titre), n'est pas de tout repos. Mais Björk, humaine après tout, nous paraît enfin (presque) proche.


Eleor
Eleor
Prix : EUR 15,99

5.0 étoiles sur 5 Critique du magazine télérama, 16 juin 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Eleor (CD)
Après avoir longtemps fui le succès, à coups de disques rugueux et radicaux, le chanteur poursuit son chemin vers la lumière avec un album plus lyrique. Et au classicisme assumé.
On aime passionnément
C'est si systématique que ça en deviendrait suspect. Depuis plus de vingt ans, la critique encense les disques de Dominique A, autant pour ce qu'ils sont que pour ce qu'ils représentent : une audace, une exigence, une esthétique, une radicalité parfois difficile à suivre — le tout allié à une voix étrange, sensuelle quoique androgyne. Avec le recul, certains albums ont mieux vieilli que d'autres ; celui-ci, le dixième, se hisse d'emblée parmi ses meilleurs et n'en sera, à coup sûr, pas délogé avec le temps. Par leur évidence mélodique et sensorielle, la moitié de ces titres au moins devrait même susciter l'adhésion, et pas seulement chez les adeptes de longue date. Eléor a la puissance des disques classiques. Qui affirment une identité suffisamment forte pour ne pas se soucier de capter à tout prix l'air du temps.

Enfin, Dominique A ose chanter les élans du coeur et même (presque) ceux du corps, frontalement, simplement. Au revoir mon amour en est l'éblouissante démonstration : chanson-missive où la promesse se mêle à la douleur, et dont on ne sait trop si elle s'adresse à une amante d'hier ou, plus sûrement, à une inconnue en qui s'incarnerait l'espoir de lendemains fiévreux. On écoute, attentif et charmé, et c'est — surprise — à Brassens que l'on songe, célébrant ces Passantes qui peuplaient son imaginaire. Quant à Eléor, la chanson-titre, elle est une lumineuse invite : « Quand de tout vous serez lassés, juste un canal à traverser, rejoignez-moi à Eléor »... Pour qui a choisi d'écrire en français dès 1990, quand cela était taxé d'une absolue ringardise, le choix des mots ne doit rien au hasard. « Rejoignez-moi », souffle donc Dominique A... avec une telle douceur qu'on aurait peine à lui dire non.

Son disque nous tend les bras. Appel du large et des grands espaces, attirants comme des aimants (Par le Canada), évocation sereine des rêves passés (Une autre vie), envie avouée de contact (Passer nous voir). Le chant est direct, les textes aussi : souvent narratifs ou descriptifs (Central Otago, Semana santa, Oklahoma 1932...), quelquefois plus mystérieux, on ne se refait pas — Celle qui ne me quittera jamais —, au fil d'une écriture tantôt poétique (un peu ampoulée sur L'Océan), tantôt plus terre à terre, presque rugueuse. C'est l'interprétation qui en unit les deux versants. Cette voix vibrante mais posée, qui a toujours fait le pont entre un esprit rock et un lignage chanson.

Des douze morceaux se dégage d'ailleurs un sentiment de cohérence et d'apaisement. Si l'ombre de la mort se glisse dans Cap Farvel, c'est sans dire son nom (il nous a fallu plusieurs écoutes avant de la déceler) et dans une envolée mélodique d'une totale clarté. Le disque précédent, déjà, donnait le ton avec son titre : Vers les lueurs. Trois ans plus tard, l'artiste a atteint une lumière qu'il aura longtemps fuie : il y a pile vingt ans, Dominique A avait déjà fait montre de simplicité dans La Mémoire neuve, très bel album porté par un quasi-tube, Le Twenty-two Bar, mais pour aussitôt tourner casaque, la seule idée de succès étant une offense pour un artiste plus soucieux de sa crédibilité que de records de ventes... Depuis, il a admis avoir péché par orgueil. Et n'a fait que lentement se libérer, retrouvant goût à la mélodie, acceptant son statut de chanteur et les éventuels lauriers qui vont avec — écrivant même sans se cacher pour le poids lourd de la variété Calogero. A 46 ans, le voilà visiblement réconcilié avec lui-même et les autres. Prêt à toucher pour de bon le grand public.

Signe éloquent : les arrangements d'Eléor, première porte d'entrée du disque, sont d'un classicisme assumé, qui le range presque du côté de la grande chanson française des années 1960. Finie l'épure janséniste des débuts — période dite des « minimalistes », dont il avait été désigné chef de file — ou les distorsions électriques des années torturées : après les instruments à vent de Vers les lueurs, ce sont les cordes qui prennent ici possession de sa musique (comme elles le firent en partie sur le dernier disque d'Etienne Daho). A grand renfort de violons, Dominique A se laisse porter par un lyrisme généreux, sans craindre de paraître mièvre. Il a raison. Il ne l'est pas.

Exception naguère, modèle désormais
A l'orée des années 1990, dans le sillage d'un Jean-Louis Murat, Dominique A fut l'un des grands artisans du renouveau de la langue française -- Miossec, pourtant fort différent, le cite comme un « déclencheur ». Vingt ans plus tard, son style a largement infusé chez les chanteurs de l'Hexagone. Bastien Lallemant, Joseph d'Anvers, Arman Méliès ou Bertrand Belin affichent un chant délicat et des ambiances parfois évanescentes qui rappellent le Dominique A des années 2000. Le bel album de Frànçois and the Atlas Mountains, sorti l'an passé, s'inscrit aussi dans cette veine. Et même Thomas Dutronc, dans son tout nouveau titre, affiche un cousinage formel évident. Chez les femmes, on en entend l'écho dans la voix de Robi -- qui a d'ailleurs enregistré un duo avec lui. Enfin, parmi les derniers apparus, le groupe Radio Elvis assume une proximité musicale et vocale qui tourne à la copie presque conforme. A l'instar de Noir Désir ou des Têtes Raides, qui eurent eux aussi leurs suiveurs, Dominique A n'est plus une exception : il est devenu un modèle.


To Pimp a Butterfly
To Pimp a Butterfly
Prix : EUR 12,19

5.0 étoiles sur 5 Critique du magazine télérama, 16 juin 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : To Pimp a Butterfly (CD)
Par ces temps absurdes où la critique dispose de quelques heures pour se prononcer sur des albums publiés à l'improviste et diffusés à une vitesse supersonique, tous les chroniqueurs de la planète ont levé le pouce en un rien de temps : Kendrick Lamar est bien le nouveau génie que le rap attendait ! Trois ans après la révélation de Good Kid, M.A.A.D City, fascinant autoportrait d'un gamin élevé dans le brasier du Los Angeles des gangs, l'audace, la liberté et la véhémence de son deuxième album forcent le respect.
L'unanimité a quand même de quoi surprendre : To pimp a butterfly (1) n'est ni un disque aimable, ni un disque facile. Comme le Black Messiah de D'Angelo, il est porté par l'onde de choc des émeutes de Ferguson et marque le retour en force d'une musique black pugnace qui ne s'occupe guère du commerce pour garder la tête dans les étoiles. Le rap de l'anxieux Californien est aspiré par un tourbillon où le funk est roi (celui, barré, de Funkadelic ou du Prince de Sign o' the times), mais se perd volontiers du côté du free jazz, de l'ambient et du slam.
Les voix se mordent, se tordent et s'altèrent, comme autant de personnages hantés par les cauchemars de l'Amérique noire. De la charge politico-érotique hallucinante de For free ? aux métaphores de l'enragé The Blacker the berry (« Plus la mûre est noire, plus le jus est doux »), les textes sont denses, les sentiments enchevêtrés. Il faudra une multitude d'écoutes pour en épuiser la force, en percer les secrets.


Undun
Undun
Prix : EUR 6,99

5.0 étoiles sur 5 Critique du magazine télérama, 16 juin 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Undun (CD)
Plus rien ne les arrête. Au rythme d'un (excellent) album par an, les Roots, doyens de la scène rap et soul de Philadelphie, règlent, à force de travail et de tension, le problème de la longévité dans un genre où on a vite fait de tourner en rond. Menés, depuis vingt ans, par la force de frappe et l'énergie hors norme d'un batteur musicologue (Ahmir Thompson) et d'un rappeur philosophe au débit musclé (Black Thought), les Roots se déploient sur tous les fronts et explorent l'actualité de la musique noire sous toutes ses coutures. En plus de leur statut de groupe maison dans un célèbre talk-show de la télé US, ils reviennent cet automne avec un disque qui remet en selle avec élégance une diva funk des années 1970 (Betty Wright : The Movie) et publient, dans le même mouvement, Undun, un de leurs meilleurs albums à ce jour, quarante minutes d'un récit dense, nerveux, étouffant, écrit et monté comme un film noir dans les cités d'une Amérique au bord du gouffre.

Histoire d'ouvrir de nouvelles perspectives à ses talents de raconteur, Black Thought a construit ses textes comme les chapitres d'un même roman, détaillant le destin tragique d'un jeune prince du ghetto que l'on découvre mort au premier épisode. Sa personnalité complexe, ses élans et ses angoisses sont mis en musique avec une richesse de tonalités et de détails où le groupe fait résonner plusieurs époques de la musique américaines, du rap le plus pur aux microsymphonies de Sufjan Stevens. Comme le dit Questlove, « les Roots ne sont jamais meilleurs que quand l'Amérique va très mal ».


Jeanne d'Arc au Bûcher
Jeanne d'Arc au Bûcher
Prix : EUR 11,99

5.0 étoiles sur 5 Critique de Télérama du 25/04/2015 / DEUX VERSIONS CD ET DVD !, 2 mai 2015
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« Quand j'ai composé Jeanne d'Arc au bûcher, j'ai suivi pas à pas les directives de Paul Claudel. Nous avons marché la main dans la main, collaborant au même dessein, qui était d'écrire un ouvrage populaire. Populaire dans le beau sens du terme. » (1) Dès sa création à Bâle, en 1938, l'oratorio d'Arthur Honegger rencontre un immense succès, jamais démenti. Elle aussi populaire « dans le beau sens du terme », Marion Cotillard reprend pour la deuxième fois, dans cette production barcelonaise de 2012, le rôle créé par Ida Rubinstein, commanditaire de l'oeuvre. Dégagée de tout pathos, sa Jeanne se révèle aussi juste que touchante. Sous la direction sobrement habitée du chef Marc Soustrot, comédiens et chanteurs transmettent la même humanité, du frémissant frère Dominique de Xavier Gallais au truculent évêque Cauchon du ténor Yann Beuron. Seule la Vierge de Maria Hinojosa manque à sa tâche consolatrice par ses aigus rêches et forcés. Le petit plus du DVD par rapport au CD ? La réalisation de Jean-Pierre Loisil y re-théâtralise ce qui n'est « qu'une » version de concert, la ferveur des comédiens s'y communique plus aisément, et l'on y (re)découvre ces ondes Martenot au son d'outre-monde, capables de figurer aussi bien un chien qui hurle dans la nuit qu'une ascension vers les cieux.


Boardwalk Empire - Saison 5
Boardwalk Empire - Saison 5
DVD ~ Steve Buscemi
Prix : EUR 36,99

5.0 étoiles sur 5 Pourquoi de la déception chez certain pour cette dernière saison ?, 2 mai 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Boardwalk Empire - Saison 5 (DVD)
Pourquoi de la déception chez certain pour cette dernière saison ?
On y retrouve l'Atlantic City de la première saison et les réponses aux intrigues les plus passionnantes concernant les protagonistes de la ville même, le côté le plus intéressant de la série, à savoir la combinaison de la pègre avec la vie politique de la manière la plus pertinente qui soit !


Claude / Thierry Escaich - Livret Robert Badinter. Mise en scène Olivier Py
Claude / Thierry Escaich - Livret Robert Badinter. Mise en scène Olivier Py
DVD ~ Thierry
Prix : EUR 24,00

4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Critique de ForumOpera.com du mer 22 Avril 2015, 2 mai 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Claude / Thierry Escaich - Livret Robert Badinter. Mise en scène Olivier Py (DVD)
Pour Michel Foucault, dans l’incipit de Surveiller et punir, le système carcéral s’est constitué, des siècles durant, dans l’idée qu’« [i]l est juste qu’un condamné souffre physiquement plus que les autres hommes ». La médiatisation de la prison des Baumettes à Marseille en 2012 rappelle que la question des conditions de détention des prisonniers demeure encore brûlante. Ce n’est pas tout à fait un hasard si Robert Badinter, ancien garde des Sceaux, détracteur de la peine de mort qu’il a incliné à faire abolir en 1981, s’est intéressé au personnage de Claude Gueux dans le roman éponyme de Victor Hugo, un homme condamné et révolté entre quatre murs.

Immortalisant la création de Claude, le 27 mars 2013 (voir le compte-rendu), fruit d’une collaboration féconde entre Robert Badinter, librettiste pour l’occasion, et le compositeur et organiste Thierry Escaich, ce DVD témoigne de la réussite de cet opéra qui tient tout d’abord à la mise en scène magistrale d’Olivier Py. Celui-ci a en effet su rendre avec intelligence et ingéniosité toute la dureté et la froideur de l’enfer carcéral dans lequel les personnages, victimes ou bourreaux, sont réduits à leur état d’humanité primitive. Les plans d’ensemble nous permettent d’observer les allers retours incessants des détenus dans leurs cellules ainsi que des bêtes en cage, et les structures métalliques tout comme les lumières blanchâtres de Bertrand Killy achèvent de nous plonger dans une ambiance austère et suffocante. Pour Robert Badinter, la prison est elle-même un personnage à part entière, monstre qui engloutit et détruit les prisonniers comme la mine avaleuse d’hommes du Germinal de Zola.

La captation permet de considérablement dramatiser le spectacle et offre l’avantage de nous faire voir de plus près le jeu bluffant de Jean-Sébastien Bou qui interprète le rôle principal de Claude. Servi par la vraisemblance d’une réalisation qui plus est élégante, le baryton livre une interprétation d'une densité remarquable qui n’a d’égal que sa diction, parfaitement intelligible. Si Hugo décrivait le personnage d’Albin comme un « jeune homme pâle, blanc, faible », Rodrigo Ferreira, ce contre-ténor à la voix éthérée, conserve de ce portrait une attachante fragilité. A travers un cadrage subtil, le tableau de la complicité de Claude et Albin possède la tendresse d’une pieta avant de se mouvoir en un chant d’amour genétien. Enfin, l’apparition en travelling avant de Jean-Philippe Lafont en Directeur est formidable, au sens étymologique du terme, et, vu de près, le chant brutal qui anime son visage de tortionnaire inspire véritablement l’effroi. On regrettera cependant la diction imparfaite de certains interprètes non francophones, comme Philip Sheffield qui interprète le Deuxième personnage, ainsi que la moindre qualité du livret en regard de la musique, comme souvent dans l'opéra en vérité.

En arrière-plan, le chœur et les voix qui s’en détachent émettent un chant d’espoir irréel que Claude, rongé par la faim, semble entendre dans un accès de fièvre. Sous la baguette de Jérémie Rohrer, la musique de Thierry Escaich, inquiétante et sourde à la fois, s'entremêle ainsi d'instants de grâce où se retrouve la verve moralisatrice et humaniste de Victor Hugo : « Cette tête de l'homme du peuple, cultivez-là, défrichez-là, arrosez-là, fécondez-là, éclairez-là, moralisez-là, utilisez-là : vous n'aurez pas besoin de la couper ».
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 10, 2015 11:35 AM MEST


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