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Contenu rédigé par René Perceur
Classement des meilleurs critiques: 2.326
Votes utiles : 1067

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Commentaires écrits par
René Perceur (France)

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Milady de Winter, Tome 2 :
Milady de Winter, Tome 2 :
par Agnès Maupré
Edition : Album
Prix : EUR 15,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 L'auteur s'est-il découragé en cours de route ?, 29 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Milady de Winter, Tome 2 : (Album)
Agnès Maupré a beaucoup de talent, mais dans ce volume 2 des aventures de Milady de Winter son dessin semble bâclé (surtout par rapport au tome 1). Le scénario aussi m'a paru insipide - d'autant plus que RIEN n'y a été conservé de ce qui rendait génial le roman d'Alexandre Dumas. Les dialogues de cette BD ne sont ni brillants ni truculents, en outre ils fourmillent de lourdeurs venues du français actuel et de fautes (par exemple, que faut-il comprendre lorsque Aramis affirme que Milady devra « rendre compte » d'un crime qu'elle a commis ? ne devrait-elle pas plutôt en RÉPONDRE ?). D'autre part, face à des choix graphiques plus étranges les uns que les autres, je n'ai cessé de me poser des questions. Pourquoi les mousquetaires d'Agnès Maupré portent-ils des rapières qui mesurent près de deux mètres de long ? Du reste, ces épées raccourcissent dès que les personnages les portent sur la hanche, c'est pratique... Et pourquoi les femmes sont-elles dessinées avec plus d'application que les hommes, lesquels ont des contours flous, sauf peut-être le cardinal de Richelieu ? Pourquoi tant de regards langoureux et d'yeux en losange ? Pourquoi les chevaux donnent-ils l'impression d'avoir été dessinés par un enfant de douze ans ? Pourquoi les perspectives sont-elles aberrantes dès qu'une scène se situe en plein air, ou dès que les personnages se trouvent placés sur les marches d'un escalier ? Milady, qui était si belle dans le tome 1, semble ici tantôt réduite à l'état d'esquisse, tantôt sortie d'un manga... Même Anne d'Autriche était jolie dans le tome 1. Quant à Ketty, qui fut la femme de chambre de Milady... En plus d'être dotée d'une personnalité charmante, Ketty était merveilleusement dessinée, un Rubens, un rêve de fraîcheur graphique. On ne saura pas ce qu'elle est devenue. Dumas, pourtant, ne l'abandonnait pas à son sort. Mais Agnès Maupré a-t-elle lu les Trois mousquetaires ?


Les conquérants
Les conquérants
par André Malraux
Edition : Poche
Prix : EUR 5,60

5.0 étoiles sur 5 Où s'exprime la quintessence des romans du XXe siècle, 28 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les conquérants (Poche)
Les Conquérants est un roman assez bref, de style splendide, beau comme du Racine pour ses dialogues nerveux et denses. L'action, située en 1925 à Canton, implique des révolutionnaires chinois, une figure historique du bolchévisme (Borodine), un aventurier d'origine helvéto-russe (Garine), ce dernier étant chargé de la propagande du mouvement nationaliste.
Certes, pour un roman, Les Conquérants se révèle pauvre en descriptions (défaut qui sera corrigé dans La Condition humaine), mais avec quelle puissance narrative, avec quelle densité ses pages nous donnent à sentir l'emprise que l'histoire exerce sur les hommes, et la lutte que l'individu doit mener contre d'autres et parfois contre soi-même pour faire advenir un événement décisif, puis pour se hisser à la hauteur de l'événement.
Innovation littéraire pour l'époque : certains épisodes du récit se construisent selon de véritables idées de mise en scène et annoncent un type de cinéma qui, à l'époque, n'existait pas encore. Ainsi peut-on découvrir dans le dénouement des Conquérants la source d'une célèbre séquence des Incorruptibles de Brian De Palma.
Pour le grand art avec lequel il a su fondre dans un seul livre plusieurs genres littéraires différents et les y transcender, André Malraux mérite encore d'être placé au niveau des grands créateurs du XXe siècle.


Le renard qui ne voulait pas mourir
Le renard qui ne voulait pas mourir
par Kathrin Schärer
Edition : Album
Prix : EUR 14,20

2.0 étoiles sur 5 On appelle cela traduire, 22 septembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le renard qui ne voulait pas mourir (Album)
Quel éditeur d'albums pour enfants sait encore un peu de grammaire ? Lequel a encore assez d'oreille pour rejeter les cacophonies qui se produisent au sein des livres qu'il publie ? L'auteur du texte placé sur la quatrième de couverture du RENARD QUI NE VOULAIT PAS MOURIR affirme que, grâce à cet album, le lecteur « apprend à apprivoiser l'idée de la mort et à comprendre qu'elle fait, en fait [sic], partie intégrante de la vie ». Semblables lignes, il vaut mieux les lire vite... À l'intérieur, nous ne pouvons éviter de tomber sur les perles que voici (la traduction est signée de Julie Duteil) : « Toi seul pourra [sic] rompre le charme, si tu le souhaites » (dit au renard la belette magicienne) ; et, plus loin : « La mort soupire, va jusqu'à l'arbre, et prend la pomme qu'il lance au renard » (il = la mort !). Outre les fautes grossières que je viens de citer, le texte français de cet album comporte des lourdeurs et des maladresses. C'est dommage. Les dessins de Kathrin Schärer sont beaux, et l'histoire qu'elle nous raconte renferme des trésors de philosophie.


Le Port des fous (Bernard Prince)
Le Port des fous (Bernard Prince)
par Greg
Edition : Relié

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La peur du noir dans l'enfer blanc, 24 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Port des fous (Bernard Prince) (Relié)
Si l'ensemble est captivant de bout en bout, le meilleur de cet album est fait des séquences situées dans les profondeurs de la coque d'un navire prisonnier de la banquise. Dans plusieurs pages, par l'alchimie entre les dialogues et le trait, Greg et Hermann réussissent à communiquer au lecteur un réel sentiment d'angoisse, ce qui constitue un tour de force dans le domaine de la BD. Hermann s'est surpassé, notamment dans sa façon de modeler les ombres, et Greg a su fondre de manière très originale le polar et le récit d'aventure. On peut lire cet album sans avoir lu les autres, mais je ne résiste pas au plaisir de recommander également « Objectif Cormoran » et « Le souffle de Moloch ». Ne laissons pas ces merveilles des années 70 tomber dans l'oubli !


3h10 pour Yuma [Import belge]
3h10 pour Yuma [Import belge]
DVD ~ Russell Crowe
Proposé par kingdvd2014
Prix : EUR 2,30

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Mangold ne tient plus debout, 8 septembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : 3h10 pour Yuma [Import belge] (DVD)
Quelles qualités peut-on trouver à ce western truffé d'invraisemblances, à cette fiction constamment alourdie de mauvais dialogues, et à son finale digne (ou pas même digne) d'un jeu vidéo ?
Tueurs et policiers s'observent interminablement, les ruses les plus grossières ne sont jamais éventées. Le bandit tire un coup de revolver à bout portant dans le ventre du policier qui le pourchasse, un médecin extrait des boyaux de ce vieil increvable (Peter Fonda) une balle qui aurait dû le traverser de part en part ou du moins lui fracasser quelques os, puis nous voyons ce Javert d'opérette se remettre sans peine à marcher, à monter à cheval, etc. Quant au jeune fermier (ex-soldat), il a perdu un pied à la guerre et porte une prothèse, mais cela ne l'empêche pas de courir comme un lapin tout au long du film, il peut même ajuster son tir sans s'arrêter ni ralentir ! Cocasse.
Et puis j'en ai assez de ces plans fixes d'un quart d'heure sur l'émotion d'un enfant, où les réalisateurs s'efforcent de nous prendre par les sentiments. Ultraviolence et sentimentalisme, cela restera comme le cocktail scénaristique typique des années 2000.
Quand on pense que 95 % des films d'aujourd'hui sont faits ainsi ! Je plains les adolescents qui passeront de Walt Disney à ce navet.
Les habitants d'une petite ville se laissent acheter par des tueurs et deviennent sans transition une horde de loups. Hollywood s'imagine que les gens simples sont prêts à se vendre au plus offrant, à tuer père et mère pour de l'argent. C'est d'un cynisme... Et bien sûr, ces honnêtes villageois qui se transforment en assassins appointés, Dan Evans et Ben Wade les haïssent autant l'un que l'autre (Wade indique à Evans où il doit tirer pour n'en rater aucun).
Tout ce qui est excessif est insignifiant. Ce film présente un reflet probable de l'Amérique déboussolée d'aujourd'hui, certainement pas de ce que fut l'Amérique au lendemain de la guerre de Sécession.


Jérôme K. Jérôme Bloche - tome 4 - Passé recomposé
Jérôme K. Jérôme Bloche - tome 4 - Passé recomposé
par Alain Dodier
Edition : Album
Prix : EUR 12,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Policier et poétique, 3 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jérôme K. Jérôme Bloche - tome 4 - Passé recomposé (Album)
« Passé recomposé » est un album très prenant, à l'intrigue impeccablement construite. Son dénouement, qui se fait en trois étapes, est une véritable leçon de narration. Alain Dodier a situé l'essentiel des événements sur l'île Saint-Mathieu, et, à l'intérieur de ce cadre restreint, il habitue son lecteur à arpenter une géographie de rochers, de falaises et de landes battues par les vagues. Ces paysages s'enveloppent tantôt de brouillard, tantôt d'ombre, lorsque s'installe l'angoisse. Le trait de Dodier, qui savait évoquer les matières et les volumes, devient alors incroyablement suggestif. Pour ses qualités narratives et graphiques, pour l'art avec lequel une atmosphère est créée, « Passé recomposé » mérite d'être placé au niveau des meilleurs Gil Jourdan de Tillieux, ou des meilleurs romans de Georges Simenon. J'en dirai autant du premier album de la série, « L'ombre qui tue », et j'émettrai des réserves sur les deux suivants, qui présentent quelques insuffisances de scénario (le deuxième album, « Les êtres de papier », donne au lecteur les mêmes chances de résoudre l'énigme qu'au détective mais comporte malheureusement quelques lacunes dans l'explication finale ; et le troisième, « À la vie, à la mort », se fonde sur une intrigue qui, en faisant intervenir le merveilleux, s'écarte trop de l'esprit de la série). Je regrette que, par la suite (après « Passé recomposé »), Dodier ait banalisé son dessin, en adoptant un tracé moins grenu, plus conventionnel et presque uniforme, qui détruit ce qui faisait sa spécificité : le frémissement des matières et l'intensité des atmosphères. Mais j'admets volontiers que cet affadissement graphique est un défaut mineur et que plusieurs albums ultérieurs, tel « Le coeur à droite », se révèlent absolument remarquables, tant par la solidité du dessin que par la qualité de leur scénario.


Le Spirou de ... - tome 7 - La Femme léopard
Le Spirou de ... - tome 7 - La Femme léopard
par Yann
Edition : Album
Prix : EUR 14,50

12 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Graphiquement brillant... Narrativement étrange, 7 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Spirou de ... - tome 7 - La Femme léopard (Album)
Les péripéties s'enchaînant sur un rythme endiablé, nous sommes agréablement promenés dans un Bruxelles et un Paris fraîchement libérés. Tout se fait sur des accents de swing et de jazz, et la ligne de Schwartz est fluide, toujours juste.
Mais je ne reconnais pas mes chers personnages. Certes, à l'époque de Jijé et de Franquin, Spirou et Fantasio n'étaient pas exempts de défauts sympathiques. Ces défauts ou ces faiblesses les enrichissaient et les rapprochaient de nous dans les moments mêmes où leurs exploits héroïques auraient pu nous les rendre aussi inaccessibles que des superhéros de comic-books. Fantasio est longtemps resté un farfelu, et il arrivait que Spirou se révèle impulsif et colérique (comme le deviendra Fantasio, de manière chronique, au contact de Gaston Lagaffe). Mais comment peut-on faire de Spirou et de Fantasio des individus aussi ambigus, aussi antipathiques ? C'était déjà le cas dans « Le groom vert-de-gris ». À chaque page abordée, nous redoutons que l'un ou l'autre héros ne se retrouve (volontairement ou à son insu) coupable de la mort de quelqu'un. Ce que j'accepte des Innommables, j'ai toujours du mal à l'admettre de la part des personnages que Franquin avait durablement imprégnés de sa tendresse et de sa générosité.
Et ce fétiche africain qui se déplace tout seul en lévitant : était-ce bien nécessaire ? On se croirait ramené au Jijé facile et léger de « Comme une mouche au plafond », ou au Fournier du « Gri-gri du Niokolo-Koba » et de « Du cidre pour les étoiles »... Là encore, on nous éloigne de l'empreinte franquinienne.
(Les derniers qui nous aient vraiment rapprochés de Franquin, ce sont Tome et Janry dans l'album « Virus ». Il y a plus de trente ans.)
Qu'on me pardonne : je ne serai pas moins sévère pour les pages consacrées à Saint-Germain-des-Prés. Yann s'était déjà moqué de Jean-Paul Sartre (le Sartre des années 60) dans l'excellent « Mai 68 » (Célestin Speculoos n° 2) ; la charge était féroce, mais ne manquait pas de vraisemblance... Dans « La Femme léopard », en revanche, les propos que le scénariste attribue à Sartre et à Beauvoir sont gamins et bébêtes, presque incohérents.
D'autre part, Simone de Beauvoir et « Zaza », dans les faits, ne se confondent pas. Zaza était le surnom donné à la grande amie d'enfance et d'adolescence de Simone de Beauvoir, et non pas un surnom que Sartre aurait donné à Simone de Beauvoir pendant l'Occupation et dans l'immédiat après-guerre.

Mais je reviens (en ce 24 juillet 2014) sur la fameuse discussion de café à laquelle participent Beauvoir et Sartre. Yann affirme que les phrases inscrites dans les bulles, quoiqu'elles soient fort éloignées de ce qu'ont tendance à dire en public deux philosophes, contiennent plusieurs fragments authentiques, qu'il a extraits de la correspondance ou des carnets intimes de Sartre et de Beauvoir ; et il ajoute que les phrases authentiques ne sont pas les moins misogynes... Dont acte.


Jess Long, tome 6 : Grand Canyon - Rapt - Le grain de sable
Jess Long, tome 6 : Grand Canyon - Rapt - Le grain de sable
par Maurice Tillieux
Edition : Album

4.0 étoiles sur 5 La BD noire venue de Belgique, 26 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jess Long, tome 6 : Grand Canyon - Rapt - Le grain de sable (Album)
La série Jess Long a été injustement oubliée. Injustement, parce que les découpages de Piroton, ses compositions, ses ambiances, y sont d'un niveau plus qu'honorable - et que les scénarios de Tillieux y sont d'une qualité exceptionnelle, particulièrement dans ce sixième album, « Grand Canyon », paru en 1981 (recueil de trois récits qui avaient été publiés dans Spirou au cours des années 1970).
Les deux plus longues histoires qui composent cet album, et notamment la deuxième d'entre elles, « Rapt », m'ont enchanté lorsque je les ai lues pour la première fois, âgé de dix ou onze ans. Encore aujourd'hui, lorsqu'il m'arrive de les relire, elles me captivent par leur tonalité et par la rigueur de leur construction. Ce sont de vrais romans noirs en bande dessinée. Jess Long et Slim Sullivan n'interviennent que dans les dernières pages de chaque récit, presque en tant que témoins : l'essentiel du développement narratif concerne des individus ordinaires qui basculent dans le crime, mus par l'ambition ou par le désir de changer de vie.
« Le monde est mal fait ! » hurle le personnage central de « Rapt », coupable indubitablement, mais presque innocent, avant de tomber sous les balles de Slim Sullivan. Au jeune amateur de BD que j'étais, cette simple page a fait découvrir la difficulté du jugement moral et les contradictions de la condition humaine. Dans le propos des auteurs, on sent une douloureuse révolte contre l'ordre social, une révolte métaphysique contre ce chaos qui veut se faire prendre pour un cosmos. Je n'avais encore rien lu de pareil.
Un autre intérêt de ce sixième album est qu'il ne comporte que des scénarios originaux de Tillieux, aucun n'étant le réemploi d'un ancien épisode des aventures de Félix. « Grand Canyon » est l'une des toutes dernières histoires écrites par Tillieux, avant sa mort prématurée survenue en 1978.


Les Effacés - Tome 6 - Station Dumas
Les Effacés - Tome 6 - Station Dumas
par Bertrand Puard
Edition : Broché
Prix : EUR 14,50

1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Au revoir, les Effacés, 13 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Effacés - Tome 6 - Station Dumas (Broché)
Le jeune Dominique Frame, ayant réussi à imposer à deux producteurs idéalistes un film qui dure sept heures, échoue à imposer ce film aux distributeurs et aux propriétaires de salles : il en devient misanthrope. Nikolaï Stavroguine lance un missile sur un hélicoptère du RAID et le fait exploser en plein vol, ce qui fait du jeune milliardaire russe le meurtrier du pilote et des éventuels passagers de l'appareil, mais il se donne beaucoup de mal pour prouver qu'il est innocent du meurtre de l'ancien premier ministre Salavin. Elissa est blessée au tibia à la page 64, mais bandée à la cuisse page 285. Neil était censé être amateur de littérature, et grand lecteur de romans : maintenant il est dit « cinéphile et cinéphage ». Yvonnick Denoël, spécialiste des prises d'otages dans le tome 4, est ici éditeur de livres. Aurore (Descimes ou Brunante) réunit dans son fief ultrasecret l'ensemble des Effacés pour leur révéler la vérité, après avoir fait donner à deux d'entre eux, José Aladin et la petite copine de celui-ci, un grand coup de matraque sur le crâne. Et que dire du fait que le film Toxicité maximale, inspiré par l'intrigue du premier roman de la série, a été écrit, tourné et monté en une poignée de semaines ?
Un personnage nous explique ce qu'est l'art véritable : « C'est faire croire au public qu'on lui donne ce qu'il veut tout en glissant dans les méandres de son cerveau le plus violent des messages. La subversion, ce devrait être le but de toute œuvre d'art, film, livre, tableau, spectacle... » Bertrand Puard fait la révolution par sa littérature révoltée contre tout, contre la vraisemblance, contre la syntaxe, contre le sens des mots, contre le sens commun.


Les Effacés - Tome 5 - Sombre Aurore
Les Effacés - Tome 5 - Sombre Aurore
par Bertrand Puard
Edition : Broché
Prix : EUR 14,50

1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Feuilleton hystérique, 25 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Effacés - Tome 5 - Sombre Aurore (Broché)
Bertrand Puard enchaîne les explosions et les cataclysmes, il fait régner dans ses histoires une hystérie permanente, comme pour rivaliser avec le cinéma d'action le plus rentable. Et chez lui, littérature oblige, cette frénésie et ce déferlement d'héroïsme nourrissent une tempête verbale qui emporte les bornes du goût, soulève les cœurs, enfonce furieusement les portes ouvertes. Exemple : « Neil réfléchissait. Son cerveau mettait à profit tous ses neurones et employait la quasi-intégralité de ses synapses pour chercher une solution. » Bertrand Puard se permet toutes les audaces pour faire son incandescent.
Mais l'auteur-narrateur n'est pas seul à s'échauffer : les soliloques des méchants mégalomanes, ainsi que les tirades des gentils héros tourmentés et marqués dans leur chair, semblent issus d'un épisode de Ken le Survivant (doublé en français).
Je n'arrive pas à comprendre comment des romans aussi lourdement écrits, et qui mettent en scène des personnages aussi caricaturaux, peuvent avoir un tel succès, ou du moins recueillir tant de louanges, de la part des lecteurs et des critiques apparemment unanimes.
Poussant jusqu'à l'absurde, jusqu'au délire, le traitement feuilletonesque de ses postulats de départ, multipliant les explorations d'appartements sécurisés, les poursuites et les fusillades, n'hésitant pas à mettre Paris à feu et à sang, donnant à ses héros des montagnes de fric à dépenser, Bertrand Puard nous projette dans un monde où aucun événement n'a de réelle importance et où tout sombre immédiatement dans l'insignifiance : aussi bien la quête d'identité des héros adolescents que les turbulences politiques les plus meurtrières. Ces turbulences ont pour origine les complots ourdis par de vilains capitalistes, par quelques savants fous et par de hauts responsables politiques ayant un crime crapuleux à dissimuler ; dans l'univers de Bertrand Puard, les conflits sociaux ou ethnico-religieux bien réels que couve la France d'aujourd'hui n'ont aucune existence... Je m'étonne de constater que beaucoup d'admirateurs des Effacés mettent ces romans sur le même plan que la série CHERUB, alors que cette dernière est, par le réalisme de ses intrigues et par la véracité psychologique de ses personnages, nettement plus convaincante.
Enfin, dans les cinq volumes parus, la syntaxe n'est pas excellente (les correcteurs sont-ils en grève chez Hachette ?), et souvent l'auteur prend un mot pour un autre. Les « comme de bien entendu » pullulent, mais aussi, plus inattendus, les « de la plus belle eau ». Je n'invente rien : il y a un « dédale de la plus belle eau » page 160, et on prend congé « avec un hasta luego de la plus belle eau », page 181.
Pour ma part, je lis tous les romans de cette série, parce que le concert de maladresses techniques, de puérilités et de cocasseries que nous offrent avec persévérance Bertrand Puard et les éditions Hachette est un plaisir de fin gourmet.


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