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Contenu rédigé par Marylene Delbo...
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Commentaires écrits par
Marylene Delbourg-Delphis (Palo Alto & Boston)
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Pauline Viardot
Pauline Viardot
par Patrick Barbier
Edition : Broché
Prix : EUR 20,30

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un condensé du XIXe siècle dans la vie d'une femme remarquable, 4 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pauline Viardot (Broché)
J'avais lu la Malibran et beaucoup aimé. Ce livre est encore meilleur, bien meilleur même. Pauline Viardot étant moins une star que sa soeur, l'impact de l'image est moins grand et du coup, la recherche historique plus fascinante.
C'est une grande partie de la musique et de la politique du XIXe siècle, en France, mais aussi en Allemagne qui se réverbère dans la vie d'une femme exceptionnelle que le livre traduit ici. Si l'on a un peu oublié que Meyerbeer avait créé pour elle le rôle de Fidès dans Le Prophète, la narration des circonstances dans lesquelles Berlioz a adapté le rôle d'Orphée pour elle ou Gounod créé le rôle de Sapho avec Tourgueniev comme "caisse de résonnance" est passionante. On découvre quelque chose à chaque page ' comme le fait qu'en 1860 Wagner proposa une avant-première privée de Tristan et Isolde, avec Viardot dans le rôle d'Isolde et Wagner dans celui de Tristan. Un must pour tout amateur d'opéra, et souvent de musique tout court (passages splendides sur l'amitié de Chopin pour Viardot). Une occasion également de mieux connaître aussi Louis Viardot, une figure littéraire parfois oubliée du XIXe, mais aussi le traducteur de Cervanes mais aussi avec l'ami de la famille Tourgueniew, de Gogol et Pouchkine.


Allons enfants de l'internet !
Allons enfants de l'internet !
par Christophe Ginisty
Edition : Broché
Prix : EUR 14,90

7 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La société Internet n'est pas différente de la société dont elle est originaire, 23 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Allons enfants de l'internet ! (Broché)
Le titre ne serait qu'un coup marketing s'il n'était aussi étonnant juste. L'histoire de "La Marseillaise" a ses zones d'incertitudes: est-ce vraiment Rouget de L'Isle qui l'a composée ? Qui l'a réellement commanditée? Le baron de Dietrich, maire de Strasbourg ou le maréchal de Luckner qui commandait l'armée du Rhin ? Peu importe, ce sont les Fédérés marseillais qui l'entonnèrent lors de leur arrivée aux Tuileries le 30 juillet 1792 et c'est la foule parisienne qui lui donna son nom. Le message, de local, se fit global. C'était une bouffée d'oxygène qui tournait une page de l'histoire. La différence est que ce qui se passait il y a plus de deux cents ans au niveau d'un pays, opère désormais au niveau mondial par une information instantanée qui passe toutes les frontières ' où un coup de pistolet en Iran retentit dans le monde entier.

L'essai de Christophe Ginisty n'a pas pour but de prêcher les vertus d'Internet, mais de raconter un état de fait irréversible : la liberté d'expression a changé d'échelle et en changeant d'échelle, elle a changé de nature. Aucun pouvoir ne peut la juguler, sauf à recourir à des acrobaties (sans doute précaires), comme en Chine. Dans nos démocraties, qu'est-ce que cela veut dire ? Que les dirigeants ne peuvent plus faire de la politique comme avant, protégés par les appareils de partis, les rituels convenus, les notoriétés acquises ou les filtres médiatiques institutionnels. Les gens sont là, qui dans l'intimité de leur cuisine se lient avec des gens comme eux et les connaissent même mieux que s'ils les croisaient au supermarché ; ils rejoignent des groupes d'activistes qui partagent la même cause que la leur et avec lesquels ils discutent souvent plus librement que dans une salle de réunion du quartier (où celui qui parle le plus fort intimide souvent les autres). Leur cause, pas nécessairement nationale, pas nécessairement "politique" au sens traditionnel du terme, mais c'est leur cause à eux. Ils veulent la faire entendre ' les politiques ont intérêt y prêter une oreille attentive. S'il est vrai que l'Internet ne saurait conduire à une démocratie directe tant les voix qui s'y expriment sont diverses, les démocraties représentatives sont mises en demeure de représenter autre chose que leurs propres structures, et à déceler les grandes tendances qui se tissent dans les conversations des internautes. Le challenge est évident. L'Internet n'est pas un lobby à amadouer ou stigmatiser, ce sont des gens dispersés dont les voix peuvent créer des effets d'écho exponentiels. Moralité : "Il ne sert à rien de nier les révolutions profondes induites par l'arrivée d'Internet et il est plus malin, politiquement et économiquement, de s'y adapter."

Et s'y adapter n'est pas s'adapter à un monde technologique qu'il faudrait "maîtriser". C'est finalement s'adapter au monde tel qu'il est. L'un des points intéressants de cet essai est d'insister sur le fait que la vie sur Internet n'est pas une vie "virtuelle". C'est l'expression réelle de gens qui existent en chair et en os même si le medium fait évoluer les conventions linguistiques. Si certains internautes sont parfois outranciers, c'est souvent parce qu'ils se libèrent de frustrations accumulées. Dans les faits, l'internaute n'est pas nécessairement (et est même rarement) un être en colère et il est probable qu'un malotru sur Internet est un malotru tout court. Internet n'est pas un monde "virtuel," et pour provoquer "un brutal retour sur terre", "la société Internet n'est pas différente de la société dont elle est originaire". Donc pas d'acharnement législatif dupliquant ce qui existe déjà !

Un livre facile à lire, qui débarrassera définitivement les gens qui sont nés avant 1980 de certaines phobies conscientes ou inconscientes. Cest un fait que "la révolution est en marche" et qu"Internet est la première révolution citoyenne planétaire." Mais ce livre n'est pas le manifeste d'un révolutionnaire sur la révolution. Aussi énorme que soit la révolution Internet, elle n'est pas violente. Elle menace, certes, les autocrates et les oligarchies anachroniques, mais aussi les dirigeants des démocraties occidentales qui ont utilisé Internet au cours des dernières années comme un moyen de se faire élire (en tirant parti de la relative nouveauté du phénomène), et ne voient toujours pas que c'est désormais une plateforme populaire où les gens ont des choses à dire et demandent des explications à ceux qui les représentent
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 28, 2010 2:23 PM MEST


Martha Argerich : L'enfant et les sortilèges
Martha Argerich : L'enfant et les sortilèges
par Olivier Bellamy
Edition : Broché
Prix : EUR 23,35

22 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Cette biographie de la "lionne du clavier" se lit comme un roman, 3 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Martha Argerich : L'enfant et les sortilèges (Broché)
Le Buenos Aires de la fin des années 40 et 50 est un paradis pour la musique instrumentale et vocale. Toutes les stars se précipitent sur cette scène, et les anciens nazis cotoient l'élite musicale juive. C'est dans cette effervescence musicale qu'en 1948, Martha Argerich, une petite pianiste de sept ans, donne son premier vrai concert, interprétant notamment le concerto n° 20 de Mozart et le premier concerto de Beethoven. C'est, l'effet de rétrospective aidant, le début de la carrière phénoménale de l'une des plus grandes artistes du monde, prodigieusement douée, d'une intelligence musicale et de capacités de mémorisation hors du commun. C'est le point de départ de la vie publique d'un personnage qui, de son enfance à maintenant, est une synthèse des héroines de la "Nouvelle Vague," plus vraie qu'aucune actrice professionnelle, androgyne aux cheveux longs, indépendante et fataliste, libre comme l'air et un tantinet superstitieuse, amoureuse comme celles qui ne croient pas à l'amour tout en tombant à pieds joints dans ses pièges, indisciplinée et minutieusement perfectioniste ' ' une star dont la vie rencontre celle des autres grands pianistes (et autres interprètes majeurs) du vingtième siècle et du début de ce siècle.

Ce livre d'Olivier Bellamy est exceptionnel. Il est remarquablement documenté comme les bons livres d'histoire, mais, et contrairement à ce qui plombe souvent les ouvrages sur des personnages encore vivants, il est sans lourdeurs hagiographiques ou considérations pontifiantes. L'auteur, en ne cherchant pas à se faire valoir, a écrit un ouvrage où l'on a, à tout moment, envie de lire la suite, qui a la fluidité d'un roman. Si vous ne connaissez rien à la musique classique, vous aurez, à coup sûr, envie de voir de quoi il s'agit et vous filerez sur YouTube pour écouter jouer Martha Argerich. Impossible de ne pas craquer à son Gaspard de la Nuit, à la Polonaise N°6 de Chopin ''' ou au Concerto No. 1 de Tchaikovsky, sous la direction de l'un de ses maris, Charles Dutoit avec l'Orchestre de la Suisse Romande à Genève en 1973. Achetez le bouquin!
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 12, 2010 10:55 AM MEST


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