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earthlingonfire
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Strauss: New Year's Concert in Vienna 1987 by Wiener Philharmoniker (2007) Audio CD
Strauss: New Year's Concert in Vienna 1987 by Wiener Philharmoniker (2007) Audio CD
Proposé par M&E Store-USA
Prix : EUR 21,50

5.0 étoiles sur 5 sublime, 22 novembre 2014
Évidemment, les disques de concert du nouvel an à Vienne, c'est agaçant. Il y a toujours les deux mêmes derniers bis (Danube et Radetzky), et quand l'éditeur jette des morceaux pour que ça tienne sur un seul CD (comme ici), ce n'est justement jamais dans les morceaux qu'on a déjà à de multiples reprises : va pour un Danube de plus, et tant pis pour l'ouverture du Baron et le Perpetuum mobile. Agaçant, non ?
Ajoutez une petite incongruité : histoire de se faire pardonner le caviardage, mais sans aller jusqu'au double CD, DG a rajouté à l'édition originale l'Empereur mais, comme c'est un bonus... à la fin du disque au lieu de le remettre dans le programme.
Il n'empêche que grâce à ce bonus, il faut désormais préférer cette édition.
Pour ce premier concert du nouvel an avec un chef invité (système choisi pour que Karajan ne disparaisse pas sans l'avoir dirigé), le chef autrichien semble trouver la synthèse de son art. Oui, bien sûr, la mise en son est prodigieusement orchestrale. On est bien dans la grande salle de la Musikverein, pas dans un kiosque de ville d'eaux, mais on ne trouve pas cette sensation de "symphonisme" un peu ronflant que Muti sait si bien produire. Le "feeling" rythmique, déjà, est le naturel même, omniprésent mais jamais mis en avant ni vulgaire. Ensuite, il y a ces équilibres sonores recherchés mais jamais précieux, qui évitent toute lourdeur. Enfin, il y a ces diminuendi vaporeux, ces ralentissements qui ne sont pas là pour nous faire le coup éventé du "et ça repart !" (ah la bonne blague) mais pour créer la possibilité d'un vrai trouble. Il y a dans ce concert une évanescence (à laquelle participe aussi le choix de la version chantée - par Kathleen Battle - des Voix du printemps), quelque chose qui regarde vers un évanouissement, et une émotion qu'on n'attendrait pas en cette occasion.
J'irais jusqu'à dire que ceci est un des plus beaux disques de Karajan.


New Year's Concert From Vienna 1987 Import, Live edition (2007) Audio CD
New Year's Concert From Vienna 1987 Import, Live edition (2007) Audio CD
Proposé par M&E Store-USA
Prix : EUR 25,12

5.0 étoiles sur 5 sublime, 22 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : New Year's Concert From Vienna 1987 Import, Live edition (2007) Audio CD (CD)
Évidemment, les disques de concert du nouvel an à Vienne, c'est agaçant. Il y a toujours les deux mêmes derniers bis (Danube et Radetzky), et quand l'éditeur jette des morceaux pour que ça tienne sur un seul CD (comme ici), ce n'est justement jamais dans les morceaux qu'on a déjà à de multiples reprises : va pour un Danube de plus, et tant pis pour l'ouverture du Baron et le Perpetuum mobile. Agaçant, non ?
Ajoutez une petite incongruité : histoire de se faire pardonner le caviardage, mais sans aller jusqu'au double CD, DG a rajouté à l'édition originale l'Empereur mais, comme c'est un bonus... à la fin du disque au lieu de le remettre dans le programme.
Il n'empêche que grâce à ce bonus, il faut désormais préférer cette édition.
Pour ce premier concert du nouvel an avec un chef invité (système choisi pour que Karajan ne disparaisse pas sans l'avoir dirigé), le chef autrichien semble trouver la synthèse de son art. Oui, bien sûr, la mise en son est prodigieusement orchestrale. On est bien dans la grande salle de la Musikverein, pas dans un kiosque de ville d'eaux, mais on ne trouve pas cette sensation de "symphonisme" un peu ronflant que Muti sait si bien produire. Le "feeling" rythmique, déjà, est le naturel même, omniprésent mais jamais mis en avant ni vulgaire. Ensuite, il y a ces équilibres sonores recherchés mais jamais précieux, qui évitent toute lourdeur. Enfin, il y a ces diminuendi vaporeux, ces ralentissements qui ne sont pas là pour nous faire le coup éventé du "et ça repart !" (ah la bonne blague) mais pour créer la possibilité d'un vrai trouble. Il y a dans ce concert une évanescence (à laquelle participe aussi le choix de la version chantée - par Kathleen Battle - des Voix du printemps), quelque chose qui regarde vers un évanouissement, et une émotion qu'on n'attendrait pas en cette occasion.
J'irais jusqu'à dire que ceci est un des plus beaux disques de Karajan.


New Year Concert 1987:K2 Maste
New Year Concert 1987:K2 Maste
Prix : EUR 37,96

5.0 étoiles sur 5 sublime, 22 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : New Year Concert 1987:K2 Maste (CD)
Évidemment, les disques de concert du nouvel an à Vienne, c'est agaçant. Il y a toujours les deux mêmes derniers bis (Danube et Radetzky), et quand l'éditeur jette des morceaux pour que ça tienne sur un seul CD (comme ici), ce n'est justement jamais dans les morceaux qu'on a déjà à de multiples reprises : va pour un Danube de plus, et tant pis pour l'ouverture du Baron et le Perpetuum mobile. Agaçant, non ?
Ajoutez une petite incongruité : histoire de se faire pardonner le caviardage, mais sans aller jusqu'au double CD, DG a rajouté à l'édition originale l'Empereur mais, comme c'est un bonus... à la fin du disque au lieu de le remettre dans le programme.
Il n'empêche que grâce à ce bonus, il faut désormais préférer cette édition.
Pour ce premier concert du nouvel an avec un chef invité (système choisi pour que Karajan ne disparaisse pas sans l'avoir dirigé), le chef autrichien semble trouver la synthèse de son art. Oui, bien sûr, la mise en son est prodigieusement orchestrale. On est bien dans la grande salle de la Musikverein, pas dans un kiosque de ville d'eaux, mais on ne trouve pas cette sensation de "symphonisme" un peu ronflant que Muti sait si bien produire. Le "feeling" rythmique, déjà, est le naturel même, omniprésent mais jamais mis en avant ni vulgaire. Ensuite, il y a ces équilibres sonores recherchés mais jamais précieux, qui évitent toute lourdeur. Enfin, il y a ces diminuendi vaporeux, ces ralentissements qui ne sont pas là pour nous faire le coup éventé du "et ça repart !" (ah la bonne blague) mais pour créer la possibilité d'un vrai trouble. Il y a dans ce concert une évanescence (à laquelle participe aussi le choix de la version chantée - par Kathleen Battle - des Voix du printemps), quelque chose qui regarde vers un évanouissement, et une émotion qu'on n'attendrait pas en cette occasion.
J'irais jusqu'à dire que ceci est un des plus beaux disques de Karajan.


Symphonies Nos 2 & 5     (Karajan Edition)
Symphonies Nos 2 & 5 (Karajan Edition)

3.0 étoiles sur 5 joli mais superficiel, 9 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Symphonies Nos 2 & 5 (Karajan Edition) (CD)
Certes, ils n'étaient pas nombreux, les chefs d'orchestre autrichiens, ou même allemands, de la génération de Karajan diriger la musique de Sibelius, et encore moins ceux qui y sont revenus aussi assidument. Mais cette dilection, aussi louable soit-elle en soi, ne suffit pas musicalement. Lorsque, au terme de soixante-dix sept douces minutes de musique, Karajan lâche les six derniers accords de la Cinquième sur une toile cirée, il faut y mettre bien du sien pour ressentir quoi que ce soit. La démonstration de maîtrise instrumentale est imparable, mais au service de quel projet artistique, de quelle vision ? Plus de cinquante ans après l'enregistrement, on cherche encore la réponse. Certes, les sonorités si particulières du Philharmonia, cette palette où n'entre aucun coloris sombre (ce qui en fait le point faible des enregistrements brucknériens de Klemperer), contribuent à cet affadissement, mais uniquement en raison de l'absence chez le chef d'orchestre de toute réflexion sur le son. Il ne semble pas s'être davantage interrogé sur le sens de la musique, sur les dimensions dans lesquelles elle se déploie (le temps, l'espace) ni l'expérience qu'elle doit faire vivre à l'auditeur. Fort heureusement, Karajan apportera plus tard des réponses à toutes ces questions, en particulier dans ses dernières gravures (celles des années 1970, avec le Philharmonique de Berlin, de retour chez EMI après un détour par Deutsche Grammophon). Mais, en attendant, ces élégantes lectures de 1960, qui à l'époque avaient au moins le mérite d'exister, ont depuis été déclassées en pertinence par de nombreuses autres, de Sanderling à Vänskä en passant par Berglund, pour citer des approches extrêmement différentes.


Sibelius : Symphonies n° 2 et n° 5
Sibelius : Symphonies n° 2 et n° 5

3.0 étoiles sur 5 joli mais superficiel, 9 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sibelius : Symphonies n° 2 et n° 5 (CD)
Certes, ils n'étaient pas nombreux, les chefs d'orchestre autrichiens, ou même allemands, de la génération de Karajan diriger la musique de Sibelius, et encore moins ceux qui y sont revenus aussi assidument. Mais cette dilection, aussi louable soit-elle en soi, ne suffit pas musicalement. Lorsque, au terme de soixante-dix sept douces minutes de musique, Karajan lâche les six derniers accords de la Cinquième sur une toile cirée, il faut y mettre bien du sien pour ressentir quoi que ce soit. La démonstration de maîtrise instrumentale est imparable, mais au service de quel projet artistique, de quelle vision ? Plus de cinquante ans après l'enregistrement, on cherche encore la réponse. Certes, les sonorités si particulières du Philharmonia, cette palette où n'entre aucun coloris sombre (ce qui en fait le point faible des enregistrements brucknériens de Klemperer), contribuent à cet affadissement, mais uniquement en raison de l'absence chez le chef d'orchestre de toute réflexion sur le son. Il ne semble pas s'être davantage interrogé sur le sens de la musique, sur les dimensions dans lesquelles elle se déploie (le temps, l'espace) ni l'expérience qu'elle doit faire vivre à l'auditeur. Fort heureusement, Karajan apportera plus tard des réponses à toutes ces questions, en particulier dans ses dernières gravures (celles des années 1970, avec le Philharmonique de Berlin, de retour chez EMI après un détour par Deutsche Grammophon). Mais, en attendant, ces élégantes lectures de 1960, qui à l'époque avaient au moins le mérite d'exister, ont depuis été déclassées en pertinence par de nombreuses autres, de Sanderling à Vänskä en passant par Berglund, pour citer des approches extrêmement différentes.


Pride
Pride
DVD ~ Bill Nighy
Prix : EUR 19,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 un film essentiel pour notre époque, 7 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pride (DVD)
Pride est un film sur un sujet : le pont entre le gay lib et les mineurs gallois lors de la grève de 1984-1985 (pont symbolisé visuellement par celui qui relie l'Angleterre et le pays de Galles en enjambant la Severn). Sujet politique essentiel, aujourd'hui comme hier et peut-être encore demain, rappel de cette vérité essentielle : la dynamique révolutionnaire, ce n'est pas la bifurcation du mouvement social entre un front socio-économique et un front socio-culturel ("sociétal"), avec d'un côté un stalino-conservatisme beauf et de l'autre un bobo-libéralisme pharisien. Ce n'est pas non plus la coalition (la "solidarité" opportuniste, utilitaire, sans intimité) des deux types de luttes. Ce n'est pas non plus seulement une histoire de "transfert de compétences" (les gays partageant leurs techniques de lutte avec les mineurs : comment faire sortir les camarades arrêtés par la police). La dynamique révolutionnaire, c'est exactement le contraire : elle n'existe que lorsque le social reprend son unité, devient un continuum dont le socio-économique et le socio-culturel ne sont que deux régions, les deux luttes interagissant, se transformant réciproquement pour transformer la société et les vies dans ces deux dimensions. Pride, ce n'est pas une histoire de militants LGBT et de mineurs qui s'entraident par bon sentiment humanitaire (donc un peu touristique) : c'est parce qu'ils sont gays que Mark Ashton et ses camarades soutiennent les mineurs ; c'est parce qu'il est en train de se battre pour les mineurs que Joe ("Bromley") vit sa première rencontre amoureuse. Merveilleuse trouvaille de cinéma : les mains qui se touchent en contrepoint du discours de Dai qui présente la métaphore des mains unies dans la lutte. L'image semble subvertir, voire moquer, la charge politique du discours, mais la logique fait demi-tour, car en flirtant Joe fait de la politique : ce n'est pas la politique qui est rabaissée au niveau d'un flirt, c'est l'amour qui est investi de sa force politique. Dans le même ordre d'idées, citons la réplique de Hefina "We're off to Swansea for a massive les-off" ("On va à Swansea pour une partouse géante de lesbiennes"). Derrière la boutade (hilarante), le sens est clair est sérieux : puisqu'elle est en fait en train de conduire des grévistes au piquet, le sexe et l'action politique occupent la même place.
Et c'est pour certains d'entre eux l'occasion de voir leur vie secouée là où ils ne s'y attendaient pas : les LGBT aux côtés des mineurs gallois ? Mais LGBT, ce n'est ni un métier ni une nationalité ; mineur, ce n'est ni une identité sexuelle ni une nationalité ; gallois, ce n'est ni un métier ni une identité sexuelle. Certains mineurs peuvent découvrir le gay qui est en eux, certains gays découvrir le mineur qui est en eux, ou le Gallois qui est en eux : ainsi de Gethin, personnage certes mélodramatique, mais qui incarne un aspect tellement fort du film, ce choc culturel avec sa propre enfance et son propre pays (et c'est un appel téléphonique qui le fait "craquer" : un moment qui ne passe que par la voix, la voix qui charrie avec une telle puissance toute l'enfance, tout le pays). Un autre magnifique détail : Cliff, venu à la gay pride londonienne en tant que mineur, finit par défiler sous un étendard "gay poetry" qui a attiré son attention. La rencontre entre les deux fronts de lutte lui a permis de redéfinir son identité sans la trahir.
Et le gay lib n'a pas seulement des choses à transformer dans la vie des gays cachés, mais aussi dans celle des hétéros, dont le rapport au corps et à l'autre, la pratique de la fête sont transformés par leur rencontre avec les gays ; le gay lib, ce n'est pas seulement la libération des gays, c'est aussi la libération sexuelle pour tous. Encore une fois, le film illustre le fait que ala dynamique révolutionnaire, c'est le décloisonnement.
Insistons aussi sur le rôle des femmes, auquel le film rend une justice éloquente. Comme dans toutes les grèves de mineurs, ce sont elles qui font survivre les familles pendant que les hommes ne ramènent plus d'argent. Elles sont la chair et l'âme du combat des ouvriers. Et bien sûr elles jouent un rôle diplomatique essentiel dans la rencontre entre les militants LGBT et le communauté minière. Le film n'a pour sujet ni le gay lib ni la grève des mineurs, mais la rencontre entre les deux. Cette rencontre, c'est l'oeuvre des femmes, ce sont donc elles les héroïnes du film.
Comme tout bon film de cinéma, Pride a à voir avec la mortalité. Mortalité des hommes, mortalité des luttes : le SIDA fait son apparition, ravageant les vies, fragilisant les combats et la conscience politique. Pride fait revivre les morts : Mark Ashton, décédé en 1986, mais aussi une certaine époque du mouvement gay, dont les héros du film sont déjà des vestiges en 1985, comme le montre l'épisode de la Gay Pride. Les gays politisés, ceux pour qui le mouvement de libération LGBT est inséparable des luttes socio-économiques, commencent à être marginalisés, à la fois parce que le reagano-thatchérisme détruit la conscience politique partout, chez les gays comme ailleurs, et parce que le mouvement gay lui-même se désinvestit du "social-dans-sa-totalité" pour se replier sur le socio-culturel. Trente ans plus tard, cette orientation libérale-consumériste semble avoir depuis longtemps triomphé, jusqu'à l'hégémonie, dans un mouvement gay réduit à la "revendication" de "droits" mais, en voyant Pride, elle paraît plus dépassée que jamais, et ce sont les apparemment paléo-gays socialistes qui nous parlent.
Le traitement cinématographique est conventionnel, ce qui ne veut pas dire académique. Et on n'échappe pas à certains clichés (en allant voir un film sur des gays en 1984, on s'attend à entendre Relax de FGTH, et ça ne rate pas). Mais mêmes les clichés sont traités avec une très grande justesse. Et il n'est pas évident de trouver une façon juste et décente de filmer dans une forme fictionnelle un épisode historique récent dont de nombreux acteurs sont toujours vivants. En adoptant les codes du genre au lieu de chercher à inventer des formes cinématographiques, Matthew Warchus a sans doute choisi le meilleur chemin possible. À ce propos, signalons un point qui peut avoir son importance : les médias (français comme britanniques) ont unanimement présenté Pride, prouvant par là leur inculture, comme une comédie, une grossière erreur puisque le film se conforme très clairement au genre cinématographique du mélodrame. Et il ne s'agit pas là d'étaler une érudition qui ne change rien au sens du film : identifier le genre d'une œuvre, c'est savoir sur quel plan sa signification se forme. Et le choix du mélodrame est le meilleur que pouvait faire Warchus pour ce sujet. Saluons également les acteurs, tous excellents et attachants, et remarquablement bien choisis.
Reste une question qui peut troubler à première vue : le dénouement. La presse a présenté le film comme une "comédie", non (étrangement) comme un film historique, mais en tout état de cause pas comme une tragédie. Autrement dit, cela finit bien. Or la grève des mineurs fut un échec. Ce qui réussit : la gay pride londonienne de 1985 (la première avec une participation en hausse depuis le début des années 1980, grâce à l'appoint des mineurs mais aussi une réorientation du mouvement gay vers le consumérisme "festif" et "joyeux" : curieux grand écart). Cela signifie-t-il que le film, après deux heures de célébration de l'unité du mouvement social, se contredit in fine en se réjouissant de la victoire du mouvement gay aux dépens des mineurs ? Non, pour deux raisons. D'abord parce que le combat est une victoire en soi. Ensuite parce que le film se juge non seulement à l'aune de sa leçon d'histoire mais aussi de ses effets présents. Pride transmet aux contemporains la connaissance de l'histoire et donne envie de donner le pouvoir aux forces de la vie là où les forces de la mort (Thatcher en 1984, Cameron en 2014) sont au pouvoir. Bravo !


Schumann: Symphony No. 4, Overture, Scherzo & Finale & Konzertstuck
Schumann: Symphony No. 4, Overture, Scherzo & Finale & Konzertstuck
Prix : EUR 16,15

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Belle conclusion de l'intégrale Schumann de Paavo Järvi, 3 août 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schumann: Symphony No. 4, Overture, Scherzo & Finale & Konzertstuck (CD)
La symphonie n° 4 est peut-être la moins convaincante des quatre dans ce qui est désormais l'intégrale symphonique de Paavo Järvi. Ce n'est pas un ratage pour autant mais ici, contrairement aux trois premières, la marche hyper-contrôlée et travaillée du chef laisse quelque regret d'un mouvement plus fluide et spontané. Cela confirme qu'avec cette symphonie le romantisme se distance du classicisme. Par ailleurs, l'interprétation de Järvi a au moins les qualités de ses (modestes) défauts, veillant à la clarté des textures et des rythmes au bénéfice de la forme, là où d'autres privilégient le son et la mise en scène au risque de transformer cet ouvrage en poème symphonique. Une fois encore, on louera sans réserve la Kammerphilharmonie (le meilleur orchestre de chambre du monde à l'heure actuelle ?), la précision et la variété des dosages orchestraux et des nuances dynamiques obtenus par Järvi, la beauté de la prise de son, le choix de la haute définition. Les deux compléments, relativement rares au disque, l'Opus 52 et le Konzertstück, sont de très grandes réussites, le second témoignant de la valeur des cornistes de l'orchestre. Après Beethoven, après Schumann, on rêve d'entendre Järvi et l'orchestre de Brême dans Haydn.


Écouteurs Bose ® FreeStyle  - indigo
Écouteurs Bose ® FreeStyle - indigo
Prix : EUR 123,41

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 la qualité Bose au service exclusif d'Apple, 23 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Écouteurs Bose ® FreeStyle - indigo (Appareils électroniques)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
On ne se tourne pas vers une marque comme Bose pour être surpris. Cet accessoire pour Apple ne surprend pas, ne déçoit pas. Il bénéficie des deux points forts des écouteurs intra-auriculaires récents de la marque : d'une part l'ergonomie et le confort, de l'autre la qualité sonore, très travaillée, presque sophistiquée, mais très convaincante et plaisante.


Bruckner the symphonies
Bruckner the symphonies
Prix : EUR 41,83

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 une belle intégrale d'esthète, 28 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bruckner the symphonies (CD)
Enregistrée entre 1984 et 1999, cette intégrale chevauche les mandats de Riccardo Chailly au Radio-Symphonie-Orchester Berlin (anciennement RIAS-Sinfonieorchester, aujourd'hui Deutsches Symphonie-Orchester Berlin : symphonies n°7, 1, 3, 0) et au Concertgebouworkest d'Amsterdam (n° 4, 5, 2, 9, 6 et 8).
En règle générale, le chef choisit la dernière version authentique de Bruckner, avec une préférence pour le travail d'édition de Leopold Nowak.
Là où la concurrence discographique est la moins écrasante, Chailly s'en sort avec les honneurs, notamment dans une excellente symphonie n° 1 dans la version de Vienne (je n'ai pas entendu la récente version d'Abbado, je réserve donc mon avis sur le disque à privilégier).
Dans la n° 3, Chailly ne va pas jusqu'à la révision de 1890 (version tombée en désuétude, son dernier enregistrement remontant à 1988, sous la baguette de Rojdestvenski) mais s'arrête à celle de 1889. Ici, les références ont pour nom Jochum, Wand, Böhm, Celibidache, Jansons. Sans exactement les terrasser, Chailly se fait une place à leurs côtés par sa concentration et sa rigueur, par la clarté de sa conception, sa maîtrise de la forme et du son.
La symphonie en ré mineur prend elle aussi place parmi les excellentes réalisations, alors que la n° 7 a perdu de son intérêt face à un certain nombre de parutions postérieures. Toutefois, étant donné qu'il est ici question d'une intégrale et non d'un disque isolé, la question n'est pas : est-ce la 7° à avoir ? (réponse : non) mais plutôt : aura-t-on une bonne 7° si on achète ce coffret ?, et la réponse est oui.
En passant à Amsterdam, on se rend compte que la direction est fondamentalement la même, mais relayée par un orchestre plus beau (euphémisme), plus onctueux, plus en phase avec l'alliance de sensualité sonore et de rigueur formelle du chef. Au risque, parfois, d'une certaine langueur, comme dans les symphonies n° 4 et 9. Au risque, plus généralement, que cet esthétisme se dresse comme un mur contre lequel on viendrait buter, là où précisément on attendrait d'un chef qu'il le perce pour nous révéler quelque chose de caché derrière les apparences, qu'il suscite quelque ébranlement de l'être, Bruckner appelant une certaine mystagogie.
On applaudira néanmoins sans réserves la réussite des symphonies n° 5, 6 et 8 (malgré un manque de frémissement dans cette dernière, mais les idées sont admirables).
Quel bilan ? Chailly est un grand chef brucknérien, ce qu'il continue de prouver en concert (les orchestres philharmoniques de Berlin et de Vienne, comme le Symphonique de Chicago, lui confient des symphonies de ce compositeur, ce qui en dit long), dont on peut encore attendre des réalisations de premier plan. D'ici là, ce coffret propose une vision d'esthète superbement réalisée mais accusant un déficit de viscéralité, donnant des résultats assez variables. Mais il n'existe par ailleurs pas d'intégrale offrant une grande réussite dans chaque symphonie.


Bruckner: Symphony No. 7 in E
Bruckner: Symphony No. 7 in E
Proposé par music-by-mail-fr
Prix : EUR 29,98

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 une belle version aujourd'hui déclassée, 27 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bruckner: Symphony No. 7 in E (CD)
Mes versions préférées de la symphonie n° 7 de Bruckner sont :
1) Harnoncourt (1999), Wand-Berlin(1999), Sanderling-RSO Stuttgart (1999), Böhm-SOBR (1977, publié en 2007),
2) Abbado-Vienne (1992), Haitink-Chicago (2007), Haitink-COA II (1978),
3) Walter (1961), Klemperer-Philharmonia (1960), Jochum-Berlin (1964), Dohnányi-Cleveland (1990), Giulini DG (1986),
4) Celibidache EMI (1994), Karajan 1989, Furtwängler (1951).
Riccardo Chailly et le Radio-Symphonie-Orchester Berlin (anciennement RIAS-Sinfonieorchester, aujourd'hui Deutsches Symphonie-Orchester Berlin) ont enregistré cette septième symphonie de Bruckner en 1984, c'est-à-dire avant l'enregistrement (ou, dans le cas de Böhm, la publication) de la plupart des "grandes" versions discographiques actuelles.
Lors de sa parution, ce disque pouvait donc figurer en bonne place dans une discographie de l'ouvrage. La maîtrise de la forme à une si grande échelle, la clarté de la conception de Chailly et son contrôle de l'orchestre, étaient d'autant plus remarquables que le chef était encore jeune. La lisibilité de la polyphonie était en outre une valeur assez nouvelle dans l'interprétation brucknérienne. Klemperer avait ouvert la porte à un brucknérisme objectif, sans que personne s'y engage avant Dohnányi et Abbado trente ans plus tard. Il serait d'ailleurs excessif de rattacher Chailly à cette objectivité : la qualité de la facture n'est pas un but en soi mais plutôt une exigence professionnelle et un moyen d'illuminer de l'intérieur une approche sobre et lyrique. En ce sens, Chailly aurait plutôt une parenté avec Walter (avec deux minutes de moins dans le premier mouvement et trois dans le deuxième, ce qui fait quand même que ce n'est pas la même chose du tout) ou avec Sanderling (mais sans l'approfondissement de ce dernier, là aussi c'est différent).
Entre-temps est venue la cohorte des années 1990, conclue par le glorieux trio de 1999 (Harnoncourt, Wand, Sanderling), certains chefs se sont eux-mêmes améliorés (Karajan, Haitink, Wand, même Böhm avec la parution du disque Audite). Aujourd'hui, la discographie n'a plus vraiment besoin de ce disque : on trouve ailleurs, avec une plus-value, tout ce qu'il apportait, de la simplicité d'Abbado avec les sonorités du Philharmonique de Vienne à la sagesse de Wand avec celui de Berlin ou de Haitink avec Chicago, en passant par l'objectivité radicale de Dohnányi et la grandeur transfigurée de Sanderling.


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