Profil de Henri > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Henri
Classement des meilleurs critiques: 1.367
Votes utiles : 148

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Henri

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5
pixel
Eric Clapton & Friends: the Breeze - An Appreciation of Jj Cale
Eric Clapton & Friends: the Breeze - An Appreciation of Jj Cale
Proposé par Super CD's
Prix : EUR 12,60

17 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Carry on..., 29 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Eric Clapton & Friends: the Breeze - An Appreciation of Jj Cale (CD)
26 juillet 2013 : J.J. Cale meurt soudainement d'une crise cardiaque. Eric Clapton apprend la triste nouvelle. Il se rend à Los Angeles afin d'assister à l'enterrement. Dans l'avion, Eric Clapton se dit qu'il lui rendra hommage d'une façon ou d'une autre : il songe aux chansons qu'il souhaite interpréter, en établissant une liste de trente chansons...

Telle est la genèse de l'album qui sortira un an plus tard : "The Breeze : an appreciation of J.J. Cale". Eric Clapton songe d'abord à rendre hommage à J.J. Cale en solo, puis il révise son jugement, et décide d'élaborer son projet de façon collective; il en parle à Christine Lakeland - la compagne de J.J. Cale - afin de choisir les invités qui participeront à ce disque. Tous deux songent d'abord à Tom Petty, qui accepte sur-le-champ...et qui chante sur trois chansons de l'album : "Rock and roll records" et "I got the same old blues" en duo avec Clapton, ainsi que sur "The old man and me", seul. Eric Clapton contacte d'autres artistes prestigieux, comme Willie Nelson ("Songbird" et "Starbound") ou encore Mark Knopfler ("Someday" et "Train to nowhere").

Sur ce disque, le casting est prestigieux (on note en outre la présence de David Lindley - le guitariste de Jackson Browne -, de Greg Leisz à la pedal steel guitar, de Jim Keltner à la batterie, etc.), mais nulle question d'ego : ce sont d'abord des amis qui ont répondu présents, des artistes généreux, conscients de ce qu'ils doivent à J.J. Cale.

J.J. Cale en effet aura été un immense artiste, un peu solitaire ("He was a great musician, songwriter, singer, but he was like a lone wolf", explique Eric Clapton, dans une longue et passionnante interview accordée au magazine rock "Uncut"), et qui aura eu une influence majeure sur beaucoup de musiciens. Guitariste génial, J.J. Cale a su ne pas tomber dans le piège de la virtuosité gratuite (avec solos qui n'en finissent plus, histoire d'épater l'auditoire) : il a compris qu'en deux ou trois minutes, il pouvait donner le meilleur de lui-même, ce qui peut paraître facile au premier abord, alors qu'en fait, c'est la chose la plus difficile à faire.
Semblable à ces anciens poètes japonais qui condensaient leurs pensées, leurs sentiments, leur vision du monde en un seul haïku, J.J. Cale privilégiait l'épure - ce qui demande beaucoup de travail (contrairement à l'image d'homme paresseux qu'il aimait donner à voir).

Cet hommage est très très proche des chansons originales de J.J. Cale : personne ne cherche à transfigurer les chansons, à les rendre méconnaissables; il s'agit plus simplement de rester le plus près possible de la "philosophie" de J.J. Cale. Par exemple, la voix de Tom Petty devient étonnamment discrète, comme par effet de mimétisme. Eric Clapton joue de la guitare sur les 16 chansons sélectionnées, sans tirer la couverture à lui : il est devenu un homme d'une grande humilité, juste heureux de rendre un hommage simple et sincère à quelqu'un qui l'aura marqué durant toute sa carrière.

"The breeze" est à ranger à côté de "The road to Escondido", l'album commun de J.J. Cale et Eric Clapton (album un peu trop lisse, un peu trop "propre", en dépit de ses indéniables qualités). 44 ans après la reprise d' "After midnight", écouter ce bel album, c'est aussi méditer sur le temps qui passe...10 des 16 chansons reprises ici datent des années 72-74...La boucle est bouclée pour Eric Clapton, qui aura bientôt soixante-dix ans, qui songe à se retirer, mais à qui on a envie de dire : "Carry on..." (cette chanson de J.J. Cale n'apparaît pas sur cet album).


Hypnotic Eye
Hypnotic Eye
Prix : EUR 16,99

37 internautes sur 38 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "When I'm sixty-four" ou "Time is on our side" : Un gardien du temple qui rajeunit..., 28 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hypnotic Eye (CD)
Ce lundi 28 juillet 2014 aura été une date importante pour celles et ceux qui apprécient Tom Petty : - d'une part, parce que Eric Clapton sort un disque en hommage à J.J. Cale, sur lequel figure, entre autres invités, Tom Petty (qui chante sur trois titres); - d'autre part, parce que T.P., , quatre ans après "Mojo", propose un nouvel album, "Hypnotic eye".

Tom Petty - et c'est tout à son honneur - ne s'est jamais pris pour ce qu'il n'était pas. Il s'est toujours considéré comme un artisan (sans que cela sonne comme une formule creuse, un cliché éculé, un lieu commun sans intérêt). Un artisan heureux de remettre l'ouvrage sur le métier, amoureux du travail bien fait, conscient que le temps joue en sa faveur...Et c'est effectivement ce qui ressort de cet album : beaucoup de fraîcheur (ce qui, après plus de quarante ans de "carrière" - T.P. aura soixante-quatre ans en octobre - est assez remarquable), un savoir-faire évident, ainsi qu'une vraie complicité entre musiciens qui se connaissent bien (les fidèles Heartbreakers).

Dans une interview accordée à la revue "Uncut" (datée d'août 2014), le guitariste des Heartbreakers, Mike Campbell, explique qu'à l'origine "Hypnotic eye" devait être la simple suite de "Mojo", mais que, de fil en aiguille, l'album s'est étoffé et diversifié, de telle sorte qu'en certaines occasions, ce disque retrouve l'énergie des premiers LP deTom Petty. Et c'est vrai qu'une chanson comme "Forgotten man" aurait très bien pu figurer sur "You're gonna get it", par exemple !

Alors que "Highway companion" (2006), excellent album, était parfois trop "pépère"; alors que "Mojo", excellent album également, était parfois trop démonstratif et un peu trop long, "Hypnotic eye" parvient à trouver le bon équilibre : quarante-cinq minutes d'un "classic rock" qui évite tous les pièges : des mélodies accrocheuses, mais sans complaisance ni démagogie, des chansons punchy, avec quelques pauses nécessaires ("Sins of my youth", "Full grown boy"), un Mike Campbell exceptionnel à la lead guitar (serat-il un jour reconnu à sa juste valeur ?), des clins d'oeil au blues ("Power drunk"),...Même lorsque le son est plus lourd, Tom Petty sait donner à sa musique une élégance, une fluidité assez remarquables.

Les onze chansons qui composent l'album ont été enregistrées entre 2011 ("Burnt out town") et 2014 ("U get me high"), cette dernière chanson ayant été composée à l'époque de "Wildflowers", puis laissée de côté. Aucune faute de goût (sur "Mojo", figurait une chanson reggae-isante totalement ratée), et un plaisir évident de jouer avec des complices de longue date, sans avoir quoi que ce soit à prouver - ce que l'on pourrait appeler la liberté !

Avec le temps, Tom Petty est devenu en quelque sorte un "passeur", un gardien du temple intègre, mais sans fétichisme passéiste (cf Jack White) : un livre qui lui est consacré, sorti en avril 2014, ne s'intitule-t-il pas : "Tom Petty : An American rock and roll story" ; un autre ouvrage biographique, qui paraîtra en octobre 2014, ne se nomme-t-il pas "Rock'n'roll Guardian" ? N'anime-t-il pas une émission de radio dans laquelle il propose ses disques préférés de rock, de blues, de folk ?Tandis que l'idole de Tom Petty, Roger McGuinn, est devenu ces dernières années la mémoire vivante du Folk américain, T.P. est devenu, lui, la mémoire vivante du Rock, ainsi que le confirme cet "Hypnotic Eye" qui sait allier la fougue de l'adolescence intérieure (qui est encore en lui...et en nous, je l'espère !) et la maturité (aussi relative soit-elle !) de l'adulte que nous sommes devenus. Tom Petty vieillit bien; grâce à sa musique, il nous aide aussi, peut-être, à en faire autant...(même si je n'ai pas 64 ans, mais 49 ans !)

Tom Petty : vocals, guitar
Mike Campbell : lead guitar
Benmont Tench : Piano, organ, mellotron
Scott Thurston : Guitar, harmonica, 12-string guitar
Ron Blair : bass
Steve Ferrone : drums, percussion
(album enregistré au home studio de T.P. à Malibu)
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 4, 2014 11:34 AM MEST


She'S The One (Bof)
She'S The One (Bof)
Prix : EUR 15,17

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 D'autres fleurs sauvages..., 24 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : She'S The One (Bof) (CD)
Cet album est malheureusement souvent oublié par les fans de T.P., alors qu'il est tout simplement magnifique. Comment expliquer les raisons d'un tel oubli ? Certainement parce qu'il s'agit de la B.O. d'un film, exercice auquel Tom Petty se prête pour la seule fois ici.
Nous ne dirons rien de ce film, "She's the one", de Edward Burns, avec notamment Jennifer Aniston, car nous ne l'avons pas visionné. Notre avis porte donc exclusivement sur la musique de Tom Petty, comme s'il s'agissait d'un disque "normal"...
Cet album pourrait faire partie d'une trilogie, qui commence avec l'excellentissime "Wildflowers" (l'un des meilleurs disques de T.P.), sorti en 1994, qui se poursuit donc avec "She's the one" (1996) et s'achève avec "Echo" (1999). Ces trois albums ont beaucoup de points communs, notamment un même son : la patte de Rick Rubin - un son plus rugueux, plus authentique aussi, que celui concocté par Jeff Lynne.

Beaucoup de chansons de "She's the one" ont été enregistrés pendant l'élaboration de "Wildflowers", et ont finalement été mises de côté...pour plus tard.
Un jour, Johnny Cash converse avec Tom Petty et, au cours de la discussion, lui dit : "Some days are diamonds, and some days are rocks." Tom note cette phrase...qui devient le premiers vers de la chanson "Walls" qui ouvre l'album. Tom Petty alterne, comme sur "Wildflowers", et comme sur "Echo", les chansons rock au son lourd ("Climb that hill, par exemple, avec la guitare prodigieuse de Mike Campbell, fidèle Heartbreaker s'il en est), les chansons plus pop - byrdsiennes, dirions-nous ("California") -;
il s'amuse à proposer deux versions de "Walls" (la deuxième s'intitule logiquement "Walls n°3" !!!) - Idem pour "Angel dream", respectivement nommée "Angel dream 4" et "Angel dream 2" !!! "Il n'y a absolument aucune raison particulière pour ces numéros; c'était juste une blague", expliquera Tom Petty plus tard. Pour l'anecdote, cette chanson a été écrite pour sa femme, Dana.
On note sur cet album la présence de deux reprises : l'une de Beck ("Asshole"),l'autre de Lucinda Williams ("Change the locks").

On note également la présence d'invités prestigieux : Ringo Starr joue de la batterie sur un titre, tandis que Lindsey Buckingham (Fleetwood Mac) participe aux choeurs sur trois chansons.

Il est impératif que les fans de Tom Petty découvrent cet album méconnu : plus qu'une bande originale d'un film, il s'agit avant tout de la suite de "Wildflowers" !


Nothing Is Wrong
Nothing Is Wrong
Proposé par Expédition Express
Prix : EUR 15,04

5.0 étoiles sur 5 california dreamin' ou les héritiers de Jackson Browne, 25 juillet 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nothing Is Wrong (CD)
Cet album est sorti en 1971...euh...excusez-moi...en 2011 ! Mais l'erreur n'est pas gratuite, tant ce disque aurait très bien pu appartenir au nouveau courant qui naissait en Californie quarante ans plus tôt : le "folk-rock introspectif", dont Jackson Browne fut la figure de proue.
Formé à Los Angeles, Dawes (qui s'appelait au départ Simon Dawes) est un quatuor qui s'incrit dans une tradition : celle de Laurel Canyon de la fin des années soixante et du début des années soixante-dix; cet album n'a donc rien d'innovant ou de révolutionnaire, autant le dire tout de suite.
Il s'adresse plutôt à celles et ceux qui aiment les mélodies envoûtantes, les belles harmonies vocales, les textes intelligents et sensibles : tout dans cet album repose sur cette élégance qui paraît évidente, et qui démontre surtout l'étonnante maturité du leader du groupe, Taylor Goldsmith.
Certains ont trouvé qu'un tel album n'apportait rien de nouveau à la musique, qu'il reposait sur une nostalgie superfétatoire : peut-être, mais quel plaisir d'écouter un tel disque en toute innocence !
On songe d'abord à Jackson Browne (notamment la dernière chanson "A little bit of everything" et son intro au piano), parfois à Dan Fogelberg, aux Eagles, à Crosby Stills and Nash - on songe aussi à Tom Petty (tiens, tiens, Benmont Tench est souvent présent sur l'album), ou encore aux Jayhawks. On remarque également que Jonathan Wilson est aux commandes de "Nothing is wrong", avec un son vintage à souhait.

La même année, Jonathan Wilson, surnommé l' "âme du canyon", propose un "Gentle spirit" tout aussi remarquable; puis les Beachwood Sparks sortent "Tarnished gold" : les héritiers de Laurel Canyon sont là, avec, au final, des disques ayant un même état d'esprit, mais avec chacun leur spécificité (l'influence des Byrds pour Beachwood Sparks, les longues compositions plus atmosphériques pour Wilson, Jackson Browne pour les Dawes - symboliquement, Jackson Browne en personne vient chanter à la fin de la septième chanson, "Fire away").

Et puis...on ne songe plus à personne ! On se laisse porter par la beauté de ces onze chansons, acoustiques et électriques, mélancoliques et pourtant dynamisantes, et l'on sait que l'on pourra souvent revenir à cet album, sans lassitude; on sait que ces chansons intimistes et ouvertes sur le monde sont faites pour durer.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 14, 2014 11:50 PM MEST


Into The Great Wide Open
Into The Great Wide Open
Prix : EUR 7,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 built to last, 17 juillet 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Into The Great Wide Open (CD)
"Into the great wide open" (1991) peut être considéré comme le deuxième album d'une trilogie, qui débute avec "Full moon fever"(1989) et se clôt avec "Highway companion"(2006).
Le point commun de ces trois albums en est le son, et aussi, d'une certaine façon, la "philosophie". L'homme qui est au coeur de cette trilogie se nomme Jeff Lynne, dont la "griffe" est aisément identifiable à chaque fois.
L'omniprésence de Jeff Lynne sur "Into the great wide open" n'a pas été du goût des Heartbreakers, le groupe qui accompagne Tom Petty depuis ses débuts. Les Heartbreakers ont considéré qu'ils étaient mis sur la touche, n'étant que de simples exécutants. A posteriori, Tom Petty a reconnu avec une certaine probité qu'il pouvait comprendre la réaction de ses fidèles comparses.
Tandis que les Heartbreakers privilégient la fraîcheur, la spontanéité, Jeff Lynne au contraire préfère remettre l'ouvrage sur le métier, en quête du son "parfait"...et force est de reconnaître qu'il y parvient sur cet album : un son fluide, "fruité", clair, plus pop que rock (qui s'oppose, par exemple, aux disques de Tom Petty, tout aussi excellents, produits par Rick Rubin, notamment "Wildflowers").
Le son concocté par Jeff Lynne, on le retrouve dès le premier titre de l'album, le célèbre hit "Learning to fly". Pour la petite histoire, Tom Petty entend un jour un pilote d'avion affirmer que décoller est chose aisée, mais qu'atterrir est une tâche beaucoup plus délicate à effectuer; T.P. s'empare de cette anecdote, et lui donne une dimension métaphorique. Sur ce morceau, l'alliance des guitares acoustiques et électriques, présente sur tout l'album, est superbe, dans la lignée du folk-rock des Byrds.
"Kings highway", le deuxième titre, est de la même trempe, et confirme que Mike Campbell, pour ceux qui en douteraient encore, est un guitariste d'exception.
Suivent deux chansons narratives, "Into the great wide open" (quel beau titre! on comprend que T.P. l'ait gardé pour l'album entier), puis "Two gunslingers".
J'ai un faible pour "The dark of the sun", chanson que T.P. n'aimait pas...avant de réviser son jugement (comme quoi! avec le temps...).
"All or nothing" aurait dû être le hit de l'album, mais la maison de disque a préféré, au grand dam de Tom, "Out in the cold", chanson qu'il n'aime pas vraiment (et pourtant...).
Sur le mélodique "All the wrong reasons", on note la présence dans les choeurs d'un certain Roger Mc Guinn, fondateur des Byrds; un an après - juste retour des chose - c'est Tom Petty qui apparaîtra sur l'album solo de Mc Guinn, l'excellentissime "Back from Rio", dont la sonorité se rapproche de celle de "Into the great wide open".
"Too good to be true" et "You and I will meet again" sont deux titres optimistes et sereins, mélodiquement impeccables, bien représentatifs de l'album.
"Makin' some noise" est le titre le plus rock, tandis que l'opus se termine avec "Built to last"...que Tom Petty l'exigeant n'aime guère non plus !

Built to last...l'album "Into the great wide open" a été construit pour durer, car,de nombreuses années après, c'est avec la même joie que je le réécoute : il faut dire que c'est un disque à l'enthousiasme contagieux, qui mêle harmonieusement élégance et énergie.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 14, 2014 7:37 PM CET


Late Night Tales
Late Night Tales
Prix : EUR 12,99

5.0 étoiles sur 5 le talent des autres, 11 juillet 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Late Night Tales (CD)
Dis-moi les musiques que tu aimes, je te dirai qui tu es!
L'idée de la collection "Late night tales" est simple mais lumineuse : demander à un artiste ou à un groupe de composer sa bande-son idéale : autant dire qu'avec Midlake, on n'est pas déçu; celles et ceux qui aiment "The trials of Van Occupanther" et surtout "The courage of others" auront grâce à cette collection l'occasion de mieux comprendre la philosophie du groupe, ainsi que ses influences majeures.
Dix-huit chansons (la dix-neuvième plage de la compilation est un texte de Will Self, lu par l'écrivain lui-même), que l'on peut classer ainsi :
-les artistes dont la présence étonne, car leur musique est éloignée du style de Midlake : c'est par exemple Bjork, ou Scott Walker, choisis pour leur voix inimitable, ou encore Beach House.
-les groupes issus du folk progressif britannique de la fin des années 60- début des années 70 : Fairport Convention ("Genesis Hall") et sa chanteuse Sandy Denny ("Carnival"), Steeleye Span ("The blacksmith"),...
-les inconnus, que l'on prend plaisir à découvrir : Bob Carpenter,qui ouvre l'album; Bread, Love and Dreams; Lazarus;le néerlandais Jan Duidam : tous ces artistes du début des années 70,sont très marqués par le folk-rock britannique cité précédemment.On n'oubliera pas l' "inconnu" Sixto Rodriguez, désormais sorti de l'anonymat.
-les artistes américains, minoritaires : The flying Burrito Brothers (pour le country-rock); Nico (allemande, mais proche du Velvet Undergroud) chantant "These days" écrit par Jackson Browne; The Band, ou encore ce grand groupe qu'est Espers (dont la musique s'inspire grandement du folk progressif britannique, tiens, tiens !...)

En un mot, beaucoup de musique du début des années 70, beaucoup de voix féminines (de Vashty Bunyan à Meg Baird, la chanteuse d' Espers), un amour immodéré des chansons mélodiques et sereines, ainsi que des belles harmonies vocales : on comprend mieux la genèse de ce grand album qu'est "The courage of others".

Notons enfin que, selon la règle du jeu établi par la collection "Late Night Tales", Midlake doit reprendre une chanson d'un autre (c'est leur première reprise): étonnamment, le groupe a choisi un titre de...Black Sabbath ! "Am I going insane ?"
On songe ici au groupe Espers qui avait repris un titre de Blue Oyster Cult, ou encore à Mark Kozelek reprenant AC/DC : les poètes intimistes aiment métamorphoser en musique folk des chansons de hard rock !

Ecouter cette bande-son, c'est entrer dans un rêve, dans un monde imaginaire et pourtant très concret, se laisser porter, s'abandonner et accueillir les images que la musique suscite (jardins anglais ou grands espaces américains); c'est entrer en résonance avec un paradis perdu...ou à retrouver.


You're Gonna Get It !
You're Gonna Get It !
Prix : EUR 11,05

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Terminal Romance, 11 juillet 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : You're Gonna Get It ! (CD)
Cet album n'a pas une bonne réputation, peut-être parce que, dans la discographie de Tom Petty, il est placé entre un premier album superbe et un troisième album considéré comme majeur dans la carrière de T.P., "Damn the torpedoes" (avec l'hymne "Refugee").
Et pourtant...Avec le recul, ce deuxième album, datant de 1978, est plus qu'honorable : Tom Petty lui-même, qui admet avoir longtemps rejeté ce disque, avoue s'être réconcilié avec "You're gonna get it."
Dans l'excellent livre de Paul Zullo, intitulé "Conversations with Tom Petty", ce dernier explique la genèse de l'album : sa brièveté (vingt-huit minutes, dix chansons) s'explique par le fait que les chansons ont été écrites pendant la tournée qui a suivi le premier disque; tout s'est fait très vite, dans la précipitation, et on ressent, à l'écoute, cette urgence qui habite tout l'album.
Seules deux chansons avaient été écrites précédemment, et ce n'est pas un hasard si ce sont, de loin, les deux meilleures de l'album - qui seront aussi les plus connues : "Listen to her heart" et "I need to know".
Coexistent les chansons rapides ("When the time comes", "Too much ain't enough"), qui font que la critique musicale de l'époque a rapproché Tom Petty de Television, Patti Smith,...et les chansons plus tranquilles ("Hurt" ou "No second thoughts").

Pour la petite histoire, sachez qu'à l'origine, la chanson "Magnolia" a été écrite par Tom Petty pour Roger McGuinn (fondateur des Byrds), mais que celui-ci l'a refusée, pour une raison inconnue. "Too much ain't enough" est inspirée de Fleetwood Mac et de Muddy Waters. L'album se clôt avec "Baby's a rock'n'roller" - qui m'évoque irrésistiblement les Rolling Stones" -: là aussi, pendant longtemps, T.P. n'a pas aimé cette chanson, mais avec le recul, il l'apprécie dorénavant- même s'il ne la chanterait plus aujourd'hui, car elle correspond à une époque révolue.

Enfin, à l'origine, la pochette de l'album aurait dû être une photo créée par Annie Leibovitz, et T.P. regrette que ce choix n'ait pas été accepté par son producteur; de même, l'album aurait dû s'intituler "Terminal romance", mais là encore, T.P. n'a pu imposer ses vues et ses désirs.

Cette petite demi-heure est donc à replacer dans tout ce contexte, afin d'être pleinement appréciée.Savourez-là, c'est un vrai bonheur.


Lives In The Balance
Lives In The Balance
Prix : EUR 7,99

4.0 étoiles sur 5 les idéaux confrontés à la réalité, 10 juillet 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lives In The Balance (Téléchargement MP3)
Que les années 80 auront été difficiles pour les artistes que l'on associe aux années 70 ! Jackson Browne fait parti de cette catégorie : singer-songwriter marquant, associé au folk-rock californien de Laurel Canyon (il a coécrit le célèbre "Take it easy" avec Glenn Frey des Eagles), il a dû s'adapter, au niveau de la forme, à la musique de la décennie suivante, sans pour autant se trahir : difficile et périlleux exercice, dont il se sort plutôt bien.

Dans sa sonorité, et dans son propos politique et humaniste, cet album (de 1986) peut être associé à "Lawyers in love"(1983), qui le précède, et à "World in motion"(1989), qui le suit. Le son est plus lourd, moins acoustique, plus "rock FM" qu'à l'époque de "For everyman" : c'est une nécessité pour se faire entendre dans l'Amérique des années 80. Le fidèle complice (et merveilleux guitariste-violoniste David Lindley) n'est quasiment plus là, malheureusement (une seule apparition sur la chanson "Till I go down").Mais les musiciens présents sont tous remarquables (Stan Lynch, des Heartbreakers de Tom Petty sur "In the shape of a heart", Steve Lukather, Bob Glaub,...)et Jackson Browne reste fidèle à sa ligne de conduite : il observe l'écart grandissant entre les idéaux de son pays et la réalité politique des Etats-Unis.
Tout commence avec "For America",( et son saxophone un peu lourdingue), et les désillusion d'un artiste idéaliste, dont les prises de conscience sont douloureuses : "The kid I was when I first left home/ Was looking for his freedom and a life of his own/ But the freedom that he found wasn't quite as sweet/ When the truth was known."
La chanson suivante est une méditation déchirante sur la guerre, ses conséquences et ses mensonges ("I'm not here to fight your war/ I know what you're fighting for.").
La suite est moins directement politique; puis ce qui était la face B(en vinyl)débute avec l'hispano-californien "Lawless avenues";avec "Lives in the balance",J. Browne est en colère : il propose un brûlot antigouvernemental,en désaccord avec la politique étrangère du pays et les interventions belliqueuses menées pour de simples intérêts financiers, ou les amitiés cyniques avec des dictatures ("On the radio talk shows and the TV/ You hear one thing again and again/ How the USA stand for freedom/ And we come to the aid of a friend/ But who are the ones that we call our friend/ These governments killing their own").
Huit titres seulement, mais une "conscience" qui tente de se faire entendre (certains lui reprocheront d'être trop moralisateur, de devenir un donneur de leçon agaçant): cet album fait du bien; le poète introspectif ouvre les yeux sur le monde, participe au débat, sans perdre sa sensibilité et son élégance naturelle.


The Weed Tree
The Weed Tree

5.0 étoiles sur 5 débuts prometteurs, 9 juillet 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Weed Tree (CD)
Le groupe Espers considérant que c'est l'album qui suit "The weed tree" qui est le premier vrai disque du groupe, considérons cet opus comme un galop d'essai, un échauffement !...Mais si tous les groupes pouvaient proposer un "disque zéro" aussi talentueux que celui-ci, ce serait merveilleux.
Espers, groupe exigeant, ne revendique pas cet album comme le premier de leur parcours, car sur les sept titres proposés, six sont des reprises (dont deux chansons de folk trad.).
Lorsque l'on écoute le premier titre, puis les suivants, on a le sentiment de retrouver les albums de folk progressif anglais de la fin des années 60 et du début des années 70 : Fairport Convention, Trees, Pentangle, Steeleye Span,...
L'album est d'une grande douceur (principalement des guitares acoustiques, du violon,...). Seule la chanson intitulée "Blue mountain", légèrement déstructurée à la fin, annonce ce que sera Espers dans ses trois "vrais albums" : un groupe folk, créant un climat paisible, traversé parfois par quelque orage soudain.
La seule composition originale, "Dead king",qui clôt l'album, sera reprise (et remaniée), sur l'album "Espers II".
Si vous goûtez les atmosphères folk, moyenâgeuses et bucoliques, les belles harmonies vocales, ne passez pas à côté de ce disque essentiel du renouveau folk des années 2000 (l'album date de 2005) : Greg Weeks et Meg Baird, les deux leaders du groupe, sont assurément deux grands artistes (auteurs d'albums solo également).


Louisiana Juke Box
Louisiana Juke Box

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 rock de pleine lune, 9 juillet 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Louisiana Juke Box (CD)
Moon Martin aura certainement été l'un des artistes rock les plus oubliés de sa génération.
Et pourtant...Tout commence sur les chapeaux de roue avec son merveilleux premier album ("Shots from a cold nightmare", en 1978); les disques suivants sont également remarquables. Mais les années 80 ne sont pas faites pour Moon Martin, qui puise son inspiration dans le rock des années 50-60, en lui donnant une coloration pop.
Ce disque "Louisiana juke-box" est, au moment où j'écris ces lignes, son dernier album : il est sorti en 1999 !...Et je me dis que c'est son meilleur album depuis "Shots from a cold nightmare", comme si la boucle était bouclée !
Certes, il y a des différences entre le premier et le dernier album : la voix a changé, elle est devenue plus grave, plus rauque, tel un bluesman qui aurait vécu pleinement. Jamais Moon Martin n'avait été aussi proche de ses influences : c'est un disque très "roots", que l'on pourrait, d'une certaine manière, comparer à "Mojo" de Tom Petty.
L'album commence de façon lente ("Don't blame the rain"), il se poursuit avec une chanson bluesy ("Good mornin' policeman"), qui débute tranquillement, à la guitare acoustique, avant que la guitare électrique et l'harmonica ne viennent troubler l'atmosphère.
Tout au long du disque, Moon Martin multiplie les clins d'oeil : au rock'n' roll, à la musique du sud des Etats-Unis,...On note - ce qui était rare chez Moon Martin - la présence de cuivres sur certains morceaux, d'accordéon, de guitares slide.
Moon Martin, adepte de la concision à ses débuts, propose ici des chansons plus longues (quatre, cinq, voire plus de six minutes pour le premier et le dernier titre, l'atmosphérique et cinématographique "Voodoo river").
Dix titres, certains plus proches du Moon Martin d'avant ("Took me to school", dans l'esprit d'un "Rock bottom"), et il n'y a rien à jeter.
Alors n'oubliez pas Moon Martin : ce n'est pas demander la lune (!) que de demander de se souvenir de l'importance de cet artiste. Remettez une pièce dans le juke-box, vous en éprouverez un immense plaisir!
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 14, 2014 7:42 PM CET


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5