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Pik "Pik" (France)

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La société des affects : Pour un structuralisme des passions
La société des affects : Pour un structuralisme des passions
par Frédéric Lordon
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Rapport de force(s), 15 avril 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La société des affects : Pour un structuralisme des passions (Broché)
Critique rapide :
Bon c'est rigoureux, c'est propre, ça fait une belle pensée systématique, ça chatouille les neurones, mais ça sert pas à grand chose, c'est écrit de façon savante et le sujet est très particulier. À réserver aux amateurs.

Préliminaire à la critique longue :
Voilà donc le quatrième volet de la "somme" de sciences sociales Spinozistes. Il faut donc immédiatement retenir l'avide lecteur de commencer par celui là et lui préférer un ordre soit chronologique, soit comme je suggère :
(1) L'intérêt souverain, essai d'anthropologie spinoziste
(2) Capitalisme, désir et servitude, Marx et Spinoza
(3) La société des affects, pour un structuralisme des passions
(4) Spinoza et les sciences sociales (écrits collectifs mobilisés avec Yves Citton).
Le (1) va clarifier la vision anthropologique et la critique de la morale en économie, le (2) va s'intéresser au travail et l'aliénation, le (3) ici présent va boucher les trous pour proposer des thèmes en sciences sociales, (4) prend des articles de recherche pour confronter Spinoza authentique aux SHS (Sciences Humaines et Sociales). Le (2) reste mon préféré.
À ceci il faut ajouter des conférences sur tontuyau de Lordon qui sont de vrais tunnels, des monologues d'application de sa théorie sur des sujets divers:
(5) La valeur esthétique (une œuvre est belle parce que je l'aime et non l'inverse, la finance c'est pareil)
(6) Penser l'émancipation (l'anarchisme c'est pour les rigolos parce que la légitimité de toute façon ça existe pas)
La question est donc comment placer ce livre par rapport aux autres, son apport marginal. Puis quelles évolutions de pensée apparaissent chez l'auteur. Enfin quelle critique il permet d'ouvrir. À ces trois questions je répondrai peu, peu et beaucoup.

D'abord sur sa forme c'est une collection d'écrits remaniés. On se dit que FL a été feinéant, mais en fait le tout est assez bien tenu, si bien qu'on se convainc que la pensée du bonhomme est parfaitement structurée.

Que nous dit le présent ouvrage ?
(a) D'abord il fait effectivement office de "pamphlet méthodologique". Comme dans (1), une simplification des vues opposées (utilitarisme et théorie du don) permet de vendre sa solution. Il en vient à vouloir refonder l'axiomatique des SHS sur le déterminisme spinoziste. Petit tour historique donc des sciences sociales, retour aux sources salutaire.
(b) Ensuite ça parle un peu de sociologie du travail et plus (reprend (2) avec Bourdieu) et d'économie pour discuter les principes de crise de régime. Là c'est pour montrer que la théorie de la régulation, courant intellectuel continental de l'économie, a les atouts pour être une élue des SHS Spinozistes. On commence à voir un peu de politique pointer de son nez.
(c) Là c'est la crise morale et politique. Il n'y a plus de légitimité. Faut bien comprendre que le déterminisme rase assez net : bien, mal, beau, vrai, tout ça est construction sociale, seule la construction elle même est objective. Le mal de crâne monte. Le pouvoir ? Un simple constat de rapports de forces. Là les tautologies se suggèrent un peu si on y prend pas garde. On se met à penser des choses comme "le pouvoir est à ceux qui ont le pouvoir jusqu'à ce qu'il n'appartienne plus à ceux qui ont le pouvoir". Tutututut, ya pas de "c'est cool" ou "c'est pas cool", c'est comme ça, et je vous défie de dire le contraire.
(d) La dernière pensée est provocatrice et revient sur des thèmes abordés déjà : pas de servitude volontaire et ceux qui se croient libres.

Je ne vais pas revenir sur les tas de questions qui se posent sur cet ouvrage, parce qu'il en pose énormément. Mais un point mérite d'être soulevé. Frédéric Lordon parle de violence symbolique, mais utilise un jargon technique, usant répétitivement les locutions latines. On ne lit pas cela aux toilettes. Ça fait passer l'homme moyen pour un con. Ça s'intéresse à des débats d'école. Ça dit des choses parfois trop plates de généralités pour en faire quoi que ce soit. À la fin, il fait le constat objectif que si on ne construit pas un monde meilleur, c'est parce qu'on n'en a pas envie (pour l'instant). Si vous allez toujours au boulot, bah c'est que ça vous fait pas tant ch*** que ça. C'est le livre qui te dit que non seulement tout ça n'est la faute de personne, mais on n'y peut rien. Pas toujours réjouissant. Je réitère donc : pour amateur.


La vie sur Terre : Réflexions sur le peu d'avenir que contient le temps où nous sommes, tomes 1 et 2
La vie sur Terre : Réflexions sur le peu d'avenir que contient le temps où nous sommes, tomes 1 et 2
par Baudouin de Bodinat
Edition : Broché
Prix : EUR 20,30

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Etincelle qui met le feu au cerveau, 20 juillet 2012
Pour ceux dont le cerveau n'est pas encore éteint par les ondes, tuméfié par le bruit de la ville, magnifiquement écrit, sans une lueur d'espoir, le livre laisse deux sentiments qui ne devraient pas faire ménage : le noir désespoir et la cruelle clairvoyance.

Sachez vous qui lisez ceci que ni vous ni moi ne sommes plus ce qu'il était convenu d'appeler homme? Quelques soient les illusions dont on se berce à lire les écrivains du passé (sans qu'ils fassent écho à notre âme déchiquetée), ou à se rassurer en se disant que tout est vent et folie, "il n'est pas égal, quoi qu'en disent les apologistes, de méditer ces mots à l'ombre d'une ziggourat; ou que ce soit au volant de son automobile, apercevant depuis l'autoroute les tours de refroidissement d'une centrale nucléaire bâtie sur une faille sismique."

Éternel malgré le peu de temps qu'il nous reste. Une éternité de caillou au pied d'un volcan. Prenez garde, les seules issues possibles ont leurs lots de souffrance. C'est finalement une sorte de Zarathoustra...


The Reckoning
The Reckoning

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 The Tallest Man On Earth + Jeff Buckley = Asaf Avidan, 31 janvier 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Reckoning (CD)
L'ensemble fait penser à un juste mélange entre Bob Dylan et Jeff Buckley. La voix éraillée et envoutante du chanteur fait incroyablement penser à The Tallest Man on Earth, qu'il faut certainement découvrir si on a aimé Asaf Avidan. La différence avec la nudité musicale de The Tallest Man on Earth vient de certaines musiques à l'accompagnement rock très scénique, qui font penser à Jeff Buckley sur Grace. A noter que ces touches sont en fait très variées (folk-blues sur Her Lies, folk-country à la Springsteen sur Hangwoman, rock zeppelinien sur a phoenix is born) et font de cet album un ensemble polymorphe de sonorités, avec une grande unité tout de même dans le charme du chanteur et une constante qualité de composition.

La perle folk émouvante : Reckoining song, qui mérite beaucoup d'étoiles...


Seven Tales of The North Wind
Seven Tales of The North Wind
Prix : EUR 8,99

5.0 étoiles sur 5 Musique pour rêves mystérieux, 16 août 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Seven Tales of The North Wind (Téléchargement MP3)
Mode d'emploi:
- par une fraiche mais claire matinée d'avril, ou de septembre, dans une maison bercée de calme et de douceur, ou par une nuit étoilée, dans les brumes de Dingle Bay, sur les falaises d'Etretat, posez vous un instant. Respirez calmement. Mettez un casque bien isolant, pour être seul, absolument seul face au monde.
- Profitez du début à la fin puis retour au début de cet album autant de fois qu'il vous chante, jusqu'à ce que la lumière se soit éteinte, ou qu'une main amoureuse vous ait effleuré la nuque, que le froid ou la faim vous engourdisse, que vous vous réveillez en entendant des rires d'enfants...

Il m'a fallu le temps de découvrir l'ambient, le drone, le white noise, le neo classic, la musique minimaliste pour me rendre compte que Riceboy Sleeps m'avaient éloigné un temps du post rock. J'avais apprécié le silence soufflé avec délicatesse en mélodies cristallines. Souffleurs de rêves, je les ai suivi vers d'autres traces. Et je suis tombé sur Rhian sheehan. Une suite. Parfaitement. Comme un autre songe, plus nostalgique, moins hivernal, jauni comme une vieille photo. Et je souffle à nouveau. Ensuite, il est bon d'écouter tout ce que cet auteur a fait. Et d'écouter Johan Johannsson et son Fordlandia, d'aller flirter sur TheSirensSounds, Bandcamp, et de devenir un ogre de rêves, un ogre des couleurs qui se mélangent, pour qui pâleur ne rime pas avec fadeur. Bienheureux seront ceux là.


D'un retournement l'autre : Comédie sérieuse sur la crise financière en trois actes et en alexandrins
D'un retournement l'autre : Comédie sérieuse sur la crise financière en trois actes et en alexandrins
par Frédéric Lordon
Edition : Broché
Prix : EUR 14,20

42 internautes sur 43 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Au fond (de pension) la forme (théâtrale), 17 mai 2011
Il faut voir sans ombrage un exercice de style,
parfaitement engagé et combien difficile,
bien tourné et honnête (et surtout éclectique!)
dont le fond n'est pas autre que de clarifier
les vices et la folie du monde économique,
et de laisser parfois l'auteur s'exprimer
à travers un ami qui, de par sa vertu,
fait l'écho d'un discours d'un bon sens tenu,
discours bien rôdé et combien salutaire
et puis un peu aussi fantasme populaire.
A défaut de pouvoir dire sur un ton sérieux,
le sourcil froncé : "je vous l'avais bien dit!"
Chanter la diérèse sur un ton mélodieux
l'hémistiche bien taillée et la rime dandy
exprime pour l'auteur un affect joyeux
que le lecteur ravi trouvera savoureux.
Je conseille ainsi à tout public curieux
d'aller voir sur les planches cette belle comédie
qu'un artiste-financier au talent audacieux
aura oser monter en l'honneur du génie.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 31, 2013 9:29 PM MEST


L'intérêt souverain : Essai d'anthropologie économique spinoziste
L'intérêt souverain : Essai d'anthropologie économique spinoziste
par Frédéric Lordon
Edition : Broché
Prix : EUR 23,40

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Technique et riche, 3 mai 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'intérêt souverain : Essai d'anthropologie économique spinoziste (Broché)
Cet ouvrage est de loin le plus technique des ouvrages de FL que j'ai lu jusqu'à présent. C'est en fait le premier s'attachant profondément à son travail sur la sociologie spinoziste, dont je peux dire aujourd'hui que "Capitalisme, Désir, Servitude. Marx et Spinoza" constitue plus un exemple, une sorte de sociologie de terrain dont "L'intérêt souverain" constitue le squelette théorique et individuel. Il me manque, sans doute, l'ouvrage collective "Spinoza et les sciences sociales", pour faire un tour de la question.

Qu'est ce livre? C'est un essai, dense, écrit dans un langage technique, qui n'est pas forcément celui du champ attaqué, mais tout simplement celui de FL qui cache une passion pour la langue française dans ses interventions. Cela n'entache pas la lecture : celui qui aura lu "Capitalisme, désir..." pourra lire celui-ci.

Que contient il? On y parle de sociologie, d'économie et d'anthropologie. Cela tourne autour de l'homme et des hommes. On touche avec pudeur, mais sans non plus effleurer, la philosophie. Car on peut y voir une contribution à la morale, à la critique philosophique de Sénèque, et un merveilleux exemple de dialectique Hegelienne.

FL introduit son propos par la sociologie de la sociologie, c'est à dire en faisant un tour d'horizon de la guerre opposant le MAUSS (et Mauss aussi) à l'économicisme le plus aigüe. C'est le point de départ pour réconcilier et dépasser les deux positions à partir d'une posture spinoziste qui introduit le conatus comme moteur de l'action humaine.

Dans le fond, FL a ici assez de bagage pour s'attaquer à toutes les relations humaines, mais aussi pour construire une généalogie (plus génétique qu'historique) de la morale. Il n'en fait rien par unité de l'œuvre, mais on sent bien tout le potentiel des scolies spinozistes dans tous les pans de la vie humaine, et les structures sociales. C'est donc un point de départ pour des études qui méritent de constituer un pan entier des sciences humaines. Spinoza était le prince des philosophes. Frédéric Lordon fait partie de ceux qui en construisent le royaume.


Tron:Legacy [Soundtrack]
Tron:Legacy [Soundtrack]
Prix : EUR 19,19

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une BO avec une pointe de DP, 3 janvier 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tron:Legacy [Soundtrack] (CD)
Ne pas se laisser attirer par les artistes. Ici, dans une configuration nouvelle pour eux (bande originale, orchestre symphonique), la patte Daft Punk est reconnaissable mais pas très présente.

Une BO entre celle de Dark Knight et un album de Philip Glass. Quelques touches POP électro typiques. Le mélo-symphonique n'est pas si prenant que ça.

Attendre de voir le film pour que cela évoque une ambiance. Et là, j'espère que ça va cartonner...


Capitalisme, désir et servitude
Capitalisme, désir et servitude
par Frédéric Lordon
Edition : Broché
Prix : EUR 12,20

64 internautes sur 67 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Oeuvre majeure de philosophie politique contemporaine, 19 octobre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Capitalisme, désir et servitude (Broché)
Frédéric Lordon, que j'aime beaucoup pour ses qualités pédagogiques, son sens de la précision et de l'honnêteté intellectuelle, signe ici un de ses plus beaux essais, sinon le plus beau.

Connaissant la longue admiration de FL pour Spinoza, et même sa profonde connaissance du sujet (il circule sur internet une vidéo d'une conférence sur la valeur esthétique et la valorisation, bluffante...), je dirai qu'il nous offre ici un travail beaucoup plus personnel que les essais précédents sur les faits spécifiques illustrant une histoire contemporaine du néolibéralisme (fonds de pension, crise). Ici ne nous trompons pas : il est question de philosophie politique, et de philosophie en général même.

Je ne tenterai pas de résumer le livre, si bien concentré lui même et bien écrit qu'il serait impossible de faire mieux. Chaque phrase est un concentré d'information, de connaissance. Le style est évidemment plus délicat et subtil que ses interventions pour La bas si j'y suis, mais soyons clair : le sujet est hautement plus difficile aussi.

Conatus, pulsion et désir se mêlent dans une actualisation des rapports sociaux marxistes. Une actualisation salutaire vu la complexité du monde contemporain. De jolies métaphores (comme le produit scalaire, métaphore de la puissance mise au service de), des mises en garde sur l'anti-utilitarisme, un sujet traité de bout en bout, des passages sur la finance éclairant (j'ai adoré le passage sur la liquidité, véridique, j'en suis témoin en mathématiques financières).

Au final, c'est un aboutissement énorme, une vision acérée et brillante. Je dirai que c'est du niveau de l'Empire du moindre mal, sans hésiter. Bien plus profond économiquement, plus précis, FL arrive à joindre micro économie passionnelle et structures macro tyranniques mondiales sans utiliser de champs moyen. Sans mettre en avant une ontologie du libéralisme, il l'exhibe dans nos érections quotidiennes, au coin de chaque publicité, derrière chaque ligne du carnet d'ordre des traders, il l'a trouvé partout, et grâce à lui encore une fois, le monde parait plus clair, comme ce qu'il faut en faire. Une vision qui voit très très loin, universelle.

Merci infiniment, ce chef d'oeuvre sera sans doute un classique bien moins local que le néolibéralisme. A lire absolument, a faire passer, à discuter, à étendre, à enrichir, "Capitalisme, désir et servitude" deviendra un incontournable s'il est jugé à sa juste valeur.


Blanche-Neige
Blanche-Neige
par Pierre Lambert
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 Livre de collection, 13 août 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blanche-Neige (Broché)
Ce livre est un livre de collection sur le Blanche Neige de Walt Disney. Belle images, quelques textes introductifs, croquis inédits, on replonge aisément dans le film de notre enfance, premier Disney long métrage, et cinématographiquement culte. De quoi faire regretter l'époque


Éloge du carburateur
Éloge du carburateur
par Matthew B. CRAWFORD
Edition : Broché
Prix : EUR 19,90

17 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une introduction pratique au sujet, 6 août 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Éloge du carburateur (Broché)
Avec une 4e de couverture attirante (sujet riche par un abordage non pompeux), je me suis laissé tenté par ce livre qui est pourtant une traduction des éditions Penguin, dont je me méfie par la disparité de qualité des ouvrages : souvent des essais originaux, pas trop mal étayés, mais qui dans un souci de vulgarisation ne se jettent pas assez à l'eau, ou du moins pas assez profondément.

Je pourrai dire que celui-ci ne déroge pas à la règle, et pourtant ce livre m'a laissé de très bonnes impressions. Et d'autres moins bonnes.
- La thèse (la plus importante) selon laquelle le travail d'artisanat pris dans un sens général est déprécié à tort est convaincante.
-Il est vrai que les passages sur la mécanique trahissent la passion de l'auteur, et peuvent attirer les mécaniciens (je pense à certains de mes proches réticents à la lecture mais passionnés des moteurs) dans un souci "pédagogique" de philosophie du métier, mais ce serait prendre les choses avec beaucoup de condescendance. Les prendre comme illustration d'une pensée me parait cependant un peu poussé. Ils sont de fait dispensables.
- La réflexion sur le travail est contemporaine, actualisée, mais n'est pas fondamentalement différente des analyses marxistes et plus récemment des travaux de socio-psychologie du travail. Le style de ces passages est étrangement clair au début, puis plus technique vers la fin (j'ai cru par moments lire du JC Michéa : un condensé d'idée qu'il faut travailler et méditer).
- La vision du capitalisme ravira les amateurs d'essais sur l'absurdité du monde libéral contemporain. Dans la droite lignée de Christopher Lash, JC Michéa, etc.
- La traduction est effectivement assez mauvaise, les termes anglais conservés n'ont aucune utilité vu l'absence d'ambiguïté des concepts.
- L'auteur est séduisant : on sent une volonté humble de partager sa passion, une vision critique du monde, un calme et une pondération élégante.

Au final, le dilettante trouvera un agréable ouvrage propice à la réflexion sur le travail, une thèse convaincante et précise. L'étudiant une bonne réflexion sur son orientation, vraiment saine à mon avis. L'amateur de mécanique (plus que de moto) un ouvrage qui met en valeur son métier. Les professionnels de la réflexion sur le travail un ouvrage de plus pour leur bibliothèque dans le genre : thèse intéressante, introduction pratique au sujet.


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