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Commentaires écrits par
polopoëte (Neuchâtel, Suisse)

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Pour seul cortège
Pour seul cortège
par Laurent Gaudé
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

19 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une lenteur précipitée, 11 octobre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pour seul cortège (Broché)
C'est un vrai choix d'écrivain qu'a fait Laurent Gaudé en décrivant seulement la fin d'Alexandre. Loin de nous conter ses exploits guerriers qui firent enfler l'Empire macédonien jusqu'aux rives de l'Indus, Laurent Gaudé met en scène les dernières minutes de la vie d'Alexandre le Grand : sa mort, entre empoisonnement et fièvre ; la guerre de succession qui commence ; et la gloire d'Alexandre au-delà de la mort. C'est un vrai choix d'écrivain, car Laurent Gaudé décide de ne pas faire un récit convenu et prévisible de la vie d'Alexandre sur 500 pages en contant ses exploits (que tout le monde a pu voir en cours d'histoire ou au cinéma) ; non, Laurent Gaudé fait le choix de la lenteur et de la magie, de la musique de la langue pour nous conter l'Alexandre moribond, l'Alexandre mort et la dernière gloire d'Alexandre.

Tout en lente procession, le roman avance par son style, son goût épique, son surnaturel antique. Laurent Gaudé écrit en polyphonie pour rythmer un récit dont la lenteur est celle du soleil, de la chaleur étouffante, du deuil, de la marche du cortège funèbre, de l'humidité des forêts indiennes. La magie, c'est celle des danses, celle de l'esprit des morts, celle des prêtres silencieux qui jettent des poignées de poudre de safran pour appeler la clémence de dieux terribles. Et la parole est donnée aux morts ; ce sont eux qui offrent une dernière gloire à Alexandre, alors que la guerre de succession fait rage.

Un livre magnifique où la lenteur superbe trouve son rythme précipité et sa menace permanente dans les alternances des voix : la voix des morts qui s'adressent aux vivants ; la voix narrative qui tantôt s'attache à Dryptéis, tantôt à Alexandre ou à Tarkilias.

Laurent Gaudé relève brillamment le défi qu'il s'est lancé sans tomber dans les pièges que tend une histoire très connue.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 7, 2012 3:52 PM CET


Insoumis
Insoumis
par Grégoire Müller
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Déception devant un exercice intéressant, 13 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Insoumis (Broché)
Il n'y a pas à dire, la publication d'un journal intime du vivant de son auteur, qu'il soit écrivain ou peintre, est un exercice risqué ; il y a chez le lecteur un recul, une appréhension devant ce qu'il va lire.

Certes, l'exercice auquel se livre Grégoire Müller n'est pas inintéressant : observer comment son art, la peinture, se met en place, prend forme, en s'astreignant à écrire chaque jour, pendant cent jours, son journal intime ; scruter les mouvements des couleurs, l'arrivée des idées, etc., bref, "les ingrédients de cette alchimie qu'est la peinture".

Malheureusement, le résultat n'est pas là (ou en tout cas, je ne l'ai pas perçu) et, comme le note d'ailleurs très bien son auteur à la fin du livre (et en quatrième de couverture), "Narcissisme, veulerie, égocentrisme, ignorance, mégalomanie, accès de rage et j'en passe... entachent ces cent jours. Je les aurais préférés emplis de sagesse. Mais c'est ainsi. Je n'ai rien voulu enjoliver". Ce constat fait, on serait en droit de demander à son auteur : Et alors pourquoi l'éditer ?

Bon, il y a quelques points positifs (la deuxième étoile) : il est plaisant de retrouver au jour le jour des éléments de l'histoire immédiate (été 2009) et des espoirs et craintes qui y sont liés, etc., quelques réflexions politiques intéressantes.

Je suis vraiment déçu de ne pas avoir ressenti ces "ingrédients de cette alchimie qu'est la peinture", peut-être les ressentirez-vous en lisant ce livre... ou peut-être pas.

P.S. Il est aussi vraiment dommage de trouver autant de coquilles dans un édition telle que celle-ci. Il y en a trop et de trop visibles.


Caïn
Caïn
par José Saramago
Edition : Broché
Prix : EUR 19,30

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Quand Caïn erre dans la Bible en regardant Dieu..., 13 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Caïn (Broché)
Comment se positionner face au dernier livre de José Saramago ? Mon avis est partagé devant ce livre étonnant...

Il est vrai que José Saramago nous offre un voyage intéressant à travers l'Ancien Testament, avec de l'humour et quelques idées plaisantes. L'auteur portugais entame son roman par le début, la Genèse, bien sûr, pour nous montrer dès les premières pages un Dieu étrange, un peu contradictoire, qui n'est nullement qu'amour, mais très exigeant envers ses créatures. Vous connaissez l'histoire, le péché originel, le bannissement d'Eden, puis les deux enfants, Caïn et Abel. Devant la dédaigneuse réaction du Seigneur devant son offrande, Caïn tue son frère, car il ne peut tuer Dieu. De cet épisode, découle toute un discussion entre Dieu et le fratricide : si Dieu n'avait pas voulu que Caïn tuât son Abel, il eût suffi d'accepter son offrande, ou de ne pas mettre l'os qui servit d'arme du crime.

Bref, Dieu condamne Caïn à l'errance, le marquant pour que personne ne puisse le maltraiter. Et c'est là que toute l'imagination de Saramago peut se déployer avec humour et un brin d'innovation fantastique : Caïn erre dans le temps, avance et recule dans différents "présents" où il est témoin de la cruauté de Dieu, de son incohérence, de sa perfidie. C'est lui qui arrête le bras d'Abraham quand celui-ci l'abaisse pour sacrifier son fils, devançant, par chance!, l'ange à qui la tâche était dévolue et qui avait rencontré quelques problèmes d'itinéraire. Sodome et Gomorrhe, Jéricho, Babel, Noé, etc. voilà les destinations de Caïn.

Si son humour (Dieu irait-il jusqu'à sacrifier son propre fils, comme Abraham ?) et son ingénieux dispositif de déplacement temporel amènent de plaisants effets dans ce récit, on ne peut s'empêcher de critiquer Saramago sur sa lecture de la Bible, qui est, on peut le dire, au pied de la lettre, au premier degré, sans recul, une lecture digne, malheureusement, des plus grands fondamentalistes. C'est peut-être son seul grand défaut, à mon sens.

Toutefois, si l'on regarde au plus près les lettres du roman, peut-être parviendra-t-on à voir, derrière le masque de Caïn, se débattre José Saramago contre ce Dieu et son texte sacré qui ont tenu et tiennent un place trop grande dans notre monde. Dans l'incompréhension de Caïn, c'est celle de Saramago que l'on ressent, ses traumatismes, peut-être, d'une éducation chrétienne trop rigide, son dernier pied de nez à la religion avant de passer outre tombe. Ou peut-être peut-on y voir une critique de la lecture à la lettre de la Bible, qui montrerait, justement, un Dieu odieux et contrerait par là même des arguments fondamentalistes ? (Mais je vais peut-être trop loin...)

Pour conclure, le dernier Saramago est intéressant, plein d'humour, innovant, mais il peut aussi fortement déplaire à de grands lecteurs de la Bible.


Cette vie ou une autre
Cette vie ou une autre
par Dan Chaon
Edition : Broché
Prix : EUR 23,30

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Maladresses et lourdeurs dans l'écriture, 17 mars 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cette vie ou une autre (Broché)
Trois récits imbriqués les uns dans les autres, ce roman porte sur l'identité et le détournement de l'identité, la paranoïa et la schizophrénie.

Je ne résumerai pas le livre, d'autres l'ont déjà fait. Si l'intrigue aurait pu être intéressante (en particulier l'histoire de Miles), elle ne contrebalance malheureusement pas les lourdeurs et les maladresses de l'écriture de Dan Chaon. L'écrivain pèche par trop de détails inutiles (pourquoi décrit-il la goutte d'eau coulant le long d'un canette de coca?), de métaphores bancales, et de longueurs.

Le livre s'intéresse beaucoup à la question de l'identité et offre une grande place aux monologues intérieurs en style indirect, ce qui, d'une part, rend les personnages assez niais, et présente un nombre important de phrases affligeantes: "Mais elle ne dit rien. George Orson n'était pas sa mère, et elle ne souhaitait pas qu'il le soit." (On a envie de répondre qu'heureusement qu'elle ne souhaite pas qu'il soit sa mère puisqu'ils sont amants!).

Les dialogues pèchent également par leur longueur et leur structure, un peu ennuyeux et mal gérés. Pourquoi Dan Chaon se sent-il obligé de faire répondre ses personnages constamment en style direct? ("-... ça ressemblait exactement à ça. - Hum, dit-elle.") Et pourquoi toujours autant de "-Hum, fit-elle", pourquoi autant de "Donc. Donc, ..."?

Je ne sais pas si c'est juste la traduction ou l'écriture de Dan Chaon qui rend le roman aussi malhabile; le fait est que ce livre ne conviendra pas à ceux qui donnent une grande importance à la langue et au style.


Dernière nuit à Twisted River
Dernière nuit à Twisted River
par John Irving
Edition : Broché
Prix : EUR 23,10

5 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ours, meurtre et vengeance, 17 mars 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dernière nuit à Twisted River (Broché)
Dans son nouveau roman, John Irving nous entraîne cette fois sur les traces des draveurs, les bûcherons et les flotteurs de bois, et dans le monde des cuisiniers.
Par un concours de circonstances qui relève presque de la fatalité, le petit Daniel Baciagalupo, à l'imagination fertile, tue d'un coup de poêle une femme qu'il avait prise pour un ours venu dévorer son père pendant la nuit. Celui-ci décide, pour protéger son fils, de fuir à Boston, vivant dans la peur de la vengeance du Cow-Boy, le flic pourri et alcoolique du village, qui est aussi l'amant de la morte. Sauf que celui-ci doute encore sur l'identité de l'assassin. Est-ce lui qui l'aurait frappée sous les effets de l'alcool? Cela laisse assez de temps aux deux Baciagalupo pour s'enfuir vers une nouvelle vie.
Informés sur l'avancée de l'enquête du Cow-Boy par leur ange gardien, l'unique Ketchum, Dominic Baciagalupo - qui a trouvé du travail dans un restaurant italien - et Daniel - dont on pressent déjà les talents d'écrivain - vivent dans l'attente de l'arrivée du Cow-Boy...

Le roman est rythmé par les départs du père et du fils, chaque partie revenant sur les années qui amènent inéluctablement leur nouvelle fuite à travers le pays. Six parties, entre 1954 et 2005, dix-sept chapitres et plus de 560 pages, permettent à John Irving de mettre en scène une multitude de personnages intéressants, attachants, parfois loufoques; des événements et des anecdotes improbables; des détails qui auront toujours, comme dans chacun des romans de l'auteur, leur importance.

Toute la maîtrise de John Irving est là, dans un de ces longs romans qu'il affectionne et qui révèlent tout son talent de narrateur.


Lokis : le manuscrit du professeur Wittembach
Lokis : le manuscrit du professeur Wittembach
par Prosper Mérimée
Edition : Poche

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Petit récit fantastique, 12 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lokis : le manuscrit du professeur Wittembach (Poche)
Texte très court, mais riche, "Lokis" présente le professeur Wittembach, philologue, qui se rend en Lituanie en vue d'y étudier les langues vernaculaires. Il est alors accueilli dans la demeure d'un comte sur lequel se raconte une histoire étrange: il est né neuf mois après l'enlèvement de sa mère par un ours, durant une partie de chasse. La mère, devenue folle, voulut rejeter l'enfant dès sa naissance. En côtoyant le Comte pendant son séjour, le Professeur remarque la dualité de sa personnalité, son ambivalence, entre un noble raffinement et une brutalité sauvage...

La grande force de ce récit réside dans la réserve de chaque mot, la concision du texte, qui laisse au lecteur le soin de combler les dissimulations, les éléments suggérés avec une maîtrise superbe par Mérimée tout au long du récit. Le lecteur est emporté, progressivement, par un sentiment d'étrangeté et se trouve, jusqu'à la fin, de plus en plus embourbé dans l'hésitation fantastique, chère à T. Todorov (cf. Introduction à la littérature fantastique).


Les jeux de la nuit
Les jeux de la nuit
par Jim Harrison
Edition : Broché
Prix : EUR 21,50

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Plaisante lecture dans les grands espaces américains, 12 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les jeux de la nuit (Broché)
Trois récits composent ce livre, où l'on suit trois personnages qui ont en commun un amour des grands espaces américains, la nature et la liberté qu'elle inspire.
Suivant ses parents dans le Montana, Sarah, une belle jeune fille solitaire, intelligente, découvre les promenades à cheval dans ces superbes paysages. Droguée et abusée par un homme de passage, elle décide de se venger. Alors qu'elle planifie le meurtre de son violeur, elle mesure les conséquences que cette histoire fait planer sur son avenir qui lui ouvre les bras...
Les amateurs de Jim Harrison retrouveront avec plaisir Chien Brun, le marginal favoris de l'auteur, sa figure de liberté par excellence, dans le second récit. Devant les difficultés que pose l'éducation de sa belle-fille retardée et celles de trouver l'âme soeur, Chien Brun doit supporter un exil forcé au Canada et l'inévitable mal du pays qui en résulte.
Enfin, l'écrivain nous met en présence d'un personnage très particulier, un jeune garçon atteint d'un étrange virus qui le rend victime de monstrueux accès de violence à chaque pleine lune. Le mythe du lycanthrope est réinventé, rationalisé, si l'on peut dire.

Les récits sont intéressants, mais il faut aimer l'écriture de Jim Harrison, un peu sauvage, charnelle, parfois brutale et crue, où se succèdent les détails de chaque événement, sans pour autant s'arrêter sur de longues descriptions, où l'on suit chaque pérégrination des personnages.


The IT Crowd - Series 1 and 2 [Import anglais]
The IT Crowd - Series 1 and 2 [Import anglais]
DVD ~ Chris O'Dowd
Prix : EUR 17,94

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Plongez dans les bas-fonds du département informatique !, 29 janvier 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : The IT Crowd - Series 1 and 2 [Import anglais] (DVD)
Certes les saisons sont courtes en Angleterre (6 épisodes par saison), mais elles sont intenses et peuvent (doivent) être regardées plusieurs fois. La série devient encore plus drôle quand on la regarde encore et encore: on ne s'en lasse pas !

Disponible en anglais seulement (sous-titre en anglais), on nous plonge au sous-sol d'une grande entreprise (Reynholm Industries), dans le département informatique (IT), où travaillent deux geeks, Roy et Moss. Quand Jen Barber est envoyée dans ce département pour en devenir la manager, alors qu'elle n'a aucune connaissance en informatique, les deux geeks ont de la peine à l'accepter...

Un humour très anglais, avec des personnages caricaturaux, atypiques, déjantés, qui n'en finissent pas de se mettre dans des situations les plus loufoques. Du grand patron Deynholm Reynholm (aux grands discours sur le travail en équipe) à l'étrange collègue caché et gothique Richmond, en passant par Douglas, le fils idiot et obsédé de Deynholm, les personnages secondaires sont tous plus hilarants les uns que les autres.

Je vous conseille également "The Big Bang Theory" (Big Bang Theory - Series 1-3 - Complete - Box Set [Import anglais]), qui repose sur le même thème geek (à la différence qu'il s'agit là de physiciens et mathématiciens), mais beaucoup plus américain dans l'humour et dans l'intrigue.


The Big Bang Theory - Seasons 1-3 [Import anglais]
The Big Bang Theory - Seasons 1-3 [Import anglais]
DVD ~ Johnny Galecki

18 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Humour geek, 29 janvier 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Big Bang Theory - Seasons 1-3 [Import anglais] (DVD)
Je ne reviendrai pas longuement sur l'intérêt de la série (je vous laisse jeter un œil sur les commentaires de chacune des saisons): Big Bang Theory est vraiment une belle réussite, pleine d'humour, avec des personnages attachants; seule critique, l'intrigue amoureuse entre Penny et Leonard (distillée dès le premier épisode), qui n'apporte absolument rien, qui est peu vraisemblable et un peu niaise (ce qui rend d'ailleurs le personnage de Leonard un peu irritant!)

Les DVD sont en anglais et espagnol, avec les sous-titres anglais, espagnols, danois, finnois, portugais et suédois. Seule la deuxième saison peut être lue en anglais, espagnol et français, les sous-titres étant toujours les mêmes (à peu de choses près).

Donc, rien en français sauf la deuxième saison. Cela dit, je conseille vivement de la regarder en version originale, sous-titrée en anglais (pour ceux qui ont des difficultés). Dans le cas où l'anglais n'est vraiment pas votre fort... choisissez peut-être une autre série.

Pour ceux qui auraient apprécié cette série, je conseille vivement la série anglaise "the IT Crowd" (The IT Crowd - Series 1-2 - Complete [Import anglais]), que je trouve encore plus drôle (mais attention c'est de l'humour anglais; et il n'y a pas vraiment d'intrigue continue).
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 9, 2011 3:33 PM CET


"53 jours"
"53 jours"
par Jacques Roubaud
Edition : Poche
Prix : EUR 8,90

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Roman inachevé, 29 janvier 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : "53 jours" (Poche)
Voici le texte que Georges Perec laissa inachevé à sa mort, un roman dont il avait déjà rédigé onze des vingt-huit chapitres prévus.

"53 jours" fait référence au nombre de jours qu'il aura fallu à Stendhal pour écrire "La Chartreuse de Parme". Utilisant la fameuse phrase qu'on lui prête: "Un roman est un miroir que l'on promène le long d'un chemin". Mais de tout ceci, il n'en est aucune mention dans les onze chapitres rédigés. Tout commence comme un bon thriller, un roman policier. Le personnage que l'on suit au début est lié à une affaire de disparition. Un certain Serval qui était, apparemment, un ancien camarade de classe: seulement là, aucun souvenir. On lui remet le manuscrit de son dernier roman, où il aurait crypté des indices sur la menace qui pesait sur lui.

Ainsi commence un jeu de décryptage, d'enquête, qui malheureusement ne peut que nous donner l'eau à la bouche, de par son inachèvement. Mais grâce au travail d'Harry Matthews et de Jacques Roubaud (deux de ses amis oulipiens), qui nous mettent en présence des notes de Perec, le lecteur est en mesure d'imaginer ce qu'aurait pu être ce roman. Les deux Oulipiens nous proposent, d'abord, un prélèvement de notes, chapitre par chapitre, pour nous donner rapidement le dénouement du livre; puis, c'est un véritable dossier qui nous promène dans les cahiers préparatoires de Perec.

"53 jours" est un livre qui ne peut que nous laisser rêveurs et nous faire regretter la disparition prématurée de son auteur, qui avait encore tant de choses à écrire, variant sans cesse ses projets, lui qui ne voulait toujours avancer dans l'écriture et ne jamais réécrire ce qu'il avait déjà écrit; ne jamais repasser par les chemins qu'il avait déjà tracés.


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