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Brutor "brutor"
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Radiogram
Radiogram
Prix : EUR 14,93

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Blues-rock cru, franc, sans esbroufes et sans paillettes, 16 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Radiogram (CD)
En 2009, devant la défection des petits labels, et de la nouvelle donne du marché, Ashton crée son propre label (Fab Tones) et dans la foulée sort « Two Man Blues Army » qui, comme son nom l'indique, n'est joué que par deux musiciens : Gwyn, évidemment, et Kev « Killer » Hickman à la batterie. Un jeune bûcheron plein de ressources : une bonne frappe offrant un jeu fluide et dynamique. Noël Redding et Corky Laing ne sont pas loin. Ce binôme (qui a été présenté comme la rencontre des White-Stripes et de Rory Gallagher) délivre un Blues-rock qui défouraille, un peu « Garage », mais qui n'aurait été que meilleur avec... un bassiste.

Et puis voilà, qu'en 2012, débarque sans crier gare ce superbe « RADIOGRAM ». Peut-être bien son meilleur album (le temps en jugera). Cette fois-ci, Gwyn a décidé de réintégrer la basse à ses compositions (sage décision) et d'en jouer.
Il s'est offer le luxe de quelques invitations. Ce qui apporte une richesse supplémentaire à « Radiogram ». Néanmoins rien d'extraordinaire, ni de vraiment notable. Cela demeure du pur Ashton, sans sucre ajouté, ou rehausseur de goût. Les divers apports se fondent dans la musique du binôme, servant plus à étoffer une ambiance, ou bien à exacerber un feeling.
Ainsi on retrouve Kim Wilson pour le dernier chorus d'harmonica de « Little Girl »; Mark Stanway, le clavièriste de Magnum (avec qui Gwyn a tourné en 2011) et de feu Grand-Slam (de Phil Lynott), bien loin ici de ses pérégrinations FM ou Rock-progressif, en nappage d'orgue sur « Don't Wanna Fall », « Fortunate Kind » et « Angel »; Robbie Blunt (ex-guitariste de Silverhead, le groupe de Michael DesBarres, puis de Robert Plant) riffant sur « Fortunate Kind »; Don Airey a nouveau présent, ici sur « For Your Love »; Mo Birch (UB-40, Go West, Culture Club, actuellement chanteuse de folk-rock, voix volontaire et légèrement masculine) en tant que choriste, et Henry Parker apportant sa douze-cordes sur « Don't Wanna » et son acoustique sur « Fortunate ».

Survol succinct :
« Little Girl » envoie d'entrée la sauce avec un Blues-rock brut de décoffrage
« Don't Wanna Fall » évoque le meilleur de Rory Gallagher lorsqu'il se fait lyrique, avec un petit quelque chose de Bertignac sur le refrain et le final.
« Let me in » grosse présence de l'harmonica de Johnny Mastro (le bourrin de Mama's Boys – celui de L.A et non des McManus brothers-), rythmique de semi-remorque à plein gaz, avec chauffeur déjanté qui saute sur son siège chantant à tue-tête, les yeux-fermés, « can't understand how you treat your man, woman let me in », lâchant le volant pour une partie de air-guitar.
Instant romantique avec « Fortunate Kind » entre Stones 60's et Jeff Healey.
« I Just Wanna Make Love » (de Willie Dixon) à la sauce Hendrix. Gwyn traumatise son ampli, triture ses cordes, brutalise son vibrato et s'acharne sur une wah-wah.
« Dog Eat Dog », blues binaire, sec, simple mais porté par une conviction sans faille.
« Angel » slow-blues âpre et arride.
« For Your Love », les chœurs de Birch et Parker sont à l'unisson du riff puissant et langoureux, et ne cessent que pour laisser place au chant, également à l'unisson. Les paroles ne se résument qu'à huit lignes en incorporant à chaque fois « I've been waiting... », pour souligner l'état obsessionnel, impatient, fébrile, en prise avec le démon de minuit.
« Comin' Home » débute comme du Cars en mode bluesy avant de lâcher la purée et de retrouver la chaleur des terres australes via Rose Tattoo. Revigorant.
Final sur un magnifique hommage à Roy Buchanan. Et comme pour ses précédents « tributs », il incorpore à son jeu des phrases et des licks propres aux concernés, plutôt que de se contenter d'une simple reprise. Cet instrumental, inspiré des « Roy's Bluz », « After Hours » et « Pete's Blues » ne mut que progressivement en Buchanan. Et en se rend compte, qu'en fait, il y a parfois pas mal de Buchanan (époque 73-75) dans le jeu du Gallois.

Conclusion : avec cette galette Gwyn Ashton se hisse parmi les défenseurs d'un Blues-rock cru, franc, sans esbroufes, sans paillettes. Et qui par là, n'a aucune attache avec le temps.
Rien que du lourd, pas un temps mort. Réussite totale.
Gwyn Ashton est de retour.


Before Daylight
Before Daylight
Prix : EUR 20,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Neal Black en pleine progression, 14 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Before Daylight (CD)
Neal Black, c'est un son (rien que cette voix unique, grave, bourrue, enrouée, virile, profonde et rocailleuse, quelque part entre John Campbell et Howlin' Wolf), une personnalité, une patte. Autant ses blues, plus ou moins acoustiques, dégagent d'irrésistibles parfums bucoliques et sont empreints d'une certaine mélancolie, autant ses Blues-rock sont énergiques et incandescents, puent l'asphalte, les gaz d'échappement, les trottoirs saturés d'une faune humanoïde déambulant sans but. Il a de plus la faculté à s'épanouir dans l'un comme dans l'autre, et certains de ses boogie-rock torrides sont parmis les plus fameux composés depuis deux décennies.
Si son jeu de guitare respire le Blues Texan, avec quelques réminiscences de celui de Chicago, il transparaît parfois quelque chose échappée du Hard du milieu des 70's, notamment dans l'attaque furieuse que peuvent avoir ses soli et/ou ses instrumentaux. Sa guitare est incisive, nerveuse, toujours sur le qui-vive.

Son petit dernier ne terni pas la bonne réputation de sa discographie ; au contraire, « Before Daylight » a les attributs nécessaires pour se placer aux côtés des meilleurs.
Peut-être plus serein que les précédents, il donne la sensation d'un artiste ayant le Blues si ancré dans son âme que même en en brisant les plans, les frontières, son appartenance au genre ne fait aucun doute. Même si certains gardiens du Temple réfutent avec force cela.
« Before Daylight » est peut être son disque le plus équilibré entre slow-Blues / Country-Blues, Blues-rock / Boogie-rock et Blues... Blues façon « Neal Black » : légèrement bastringue évoquant un Tom Waits bluesy, aventureux et respectueux à la fois (Taj Mahal ?), une tension nerveuse et tribale inquiétante, parfois morose, chevillée au corps (John Campbell ?). Neal gère le chaud et le froid, le champêtre et l'urbain comme s'ils ne faisaient qu'un, ou du moins qu'ils ne faisaient partis que d'une seule et même famille. Dans un sens assez proche de « Gone Back to Texas ».

« Hangman's Tree » et « Dead By Now », voire la reprise de Willie Dixon « Mama's Baby », renoueraient presque, si ce n'est le son, avec ses boogie-rock canailles de ses deux premiers opus, avec en sus l'harmonica incendiaire de Bako Mikaelian. Y'a pas à dire : Neal excelle vraiment dans ce genre.
Instants acoustiques avec le country-blues crépusculaire « The Peace of Darkness » qui pourrait presque descendre des Appalaches ; une pièce d'apparence simple qui saisit aux tripes. Avec « American Dream » aussi, uniquement porté par le piano en mode boogie de Lattrell, l'harmonica de Bako et la voix singulière de Neal.
« Goin' down the Road », un traditionnel réarrangé, aurait également pu faire parti du lot d'acoustiques s'il n'était ponctué de fins chorus de guitare électrique. Entre ballade et road-song qui vous téléporte dans un Texas tempéré et assez arride, balayé d'une brise sèche propulsant des volutes de poussières.
La basse de Kris Jefferson et le piano de Mike Lattrell (deux musiciens connus pour avoir été longtemps les mercenaires de l'imposant Popa Chubby) apportent une couleur jazzy sur le slow-blues « The Same Color »..
« The Road Back Home » est un Rock hybride hésitant entre un Heavy-rock et un Chris Réa bluesy.
La chanson titre est un rayon de Soleil perçant l'ambiance ombrageuse sous-jacente qui traînait jusqu'alors. Neal semble heureux, satisfait, profitant de l'effet revitalisant d'un printemps chaud et fleuri. Les paroles, bien que cyniques, sont chantées avec une désinvolture optimiste. « Surrounded by strangers with masks on theirs faces, they're all hidding in a midnight bottle and a cloud of bleu smoke. Every body's laughing but they don't get the joke... I'm tired of all you monkeys and fools in this town, nobody wants to help when I'm comin' down ».


On Stage Tonight !
On Stage Tonight !
Prix : EUR 20,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Malted Milk libère toute sa saveur en live !, 14 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : On Stage Tonight ! (CD)
Pour ceux qui en douteraient encore, ainsi que pour ceux qui n'ont pas toujours la possibilité se rendre aux concerts, Malted Milk édite un témoignage. Et par du genre trafiqué, ou genre reconstitué à partir d'extraits de dizaines de concerts. Non, ici, c'est sans filet : une soirée, un concert, un enregistrement. Point. Ces lascars semblent bien sûr d'eux-même.

À la manière de nombreux groupes de Blues et de Funk, Malted Milk ouvre le bal par un instrumental laissant la place aux musiciens pour s'exprimer et chauffer le public par la même occasion, avant d'attaquer les choses sérieuses. Ainsi « Introducing »... introduit « Touch You ». Du Funk-Rythm'n'Blues porté par des cuivres clinquants et des chœurs charmeurs. La voix d'Arnaud est chaude, légèrement graveleuse dès qu'il l'appuie et ses petites interventions de guitare en soliste on cette empreinte « Telecasterienne » descendant tout droit d'Albert Collins. Et cette basse féline, sourde et profonde, foncièrement groovy
Cela enchaîne sur « Easy Baby », du funk-blues de la Nouvelle-Orleans porté par un superbe riff (en picking hybride ?) entre Texas et Louisiane. Et au moment où l'on pourrait croire que le titre se satisfait d'un rythme de croisière, ne s'embarrassant aucune rupture, Arnaud part dans un solo au groove démoniaque doublé par sa propre voix, dans le pur style d'Albert Collins (oui, encore lui), avant de prendre des intonations flirtant plus avec Stevie Ray Vaughan encouragé par des cuivres exaltés.
« Human Waves », bien que composé par le précédent trompettiste, Franck Bougier, semble tout droit sorti de la Soul des 70's, entre les Temptations et Donny Hatthaway, tandis que la guitare d'Arnaud, elle, reste profondément attaché au Blues, ici avec des bends vertigineux d'inspiration « Albert King ».
C'est fluide, sans aucune raideur que l'on peut parfois ressentir avec des groupes de Soul, Funk, et/ou Blues blancs.
La participation – première invitée – de Nina Attal permet d'élargir la palette musicale ; une touche féminine bienvenue sur une pièce Soul plus douce et plus tempérée.
Arnaud annonce intelligiblement la couleur : « Are you ready to makin' Funk ? ». Repris immédiatement par « Est-ce que vous êtes prêts à funkyser avec nous ? » (au cas où on aurait pas compris). « Let's go to New-Orleans ! ». Et ça le fait ! Le bien nommé « Nola Dance » incite à se lever et à se remuer, à gigoter en rythme avec la pulsation du tandem basse-batterie ou des cuivres.
Arnaud laisse son micro à Karl W.Davis sur « Sunshine »
« True Love » débute pratiquement dans un idiome proche de la version de « Tin Pan Alley » de Stevie Ray Vaughan avec un petit truc du Buddy Guy de « Man and the Blues » et mue insidieusement en ballade Soul 60's exsudant James Brown.

Kévin Double est invité à s'époumoner dans son harmonica torride sur la reprise de « Down the Road » aux effluves de marais moites. Et puis... d'un coup on craint le pire... des « scratchs » et des samples de 20Syl viennent se frayer un chemin, bousculant sans excuser un bon blues si bien entamé. Et pourtant, s'adaptant au rythme, ils donnent un petit air mutin, coquin, allant jusqu'à aller défier l'harmonica de Kévin (où il peine rapidement).
Autre reprise, « That Wiggle » de Syl Johnson.
« Da Bump » fait renaître le Albert Collins de « Cold Snap » et de « Don't loose your cool ». C'est à nouveau l'occasion pour Arnaud de faire chanter sa guitare en duo avec sa voix à la manière du Grand Albert. C'est sensé être le final, alors on en profite pour faire durer le plaisir et les deux guitaristes s'en donnent à cœur-joie. Même Igor Pichon s'octroie un solo de basse noyé de saturation (Bootsy Collins ?), simple mais bien groovy.

Si à l'écoute de certains plans, de certains mouvements ou encore quelques sonorités les noms de Bryan Lee et de Stevie Ray Vaughan, voire de Tommy Castro, arrivent sur le bout des lèvres, d'autres tels que Albert Collins, James Brown, les Meters et Albert King se font clairement plus pressant. La Telecaster d'Arnaud de par son attaque et son timbre ressuscite souvent le fantôme d'Albert Collins. Plus rarement, c'est celui d'Albert King qui surgit, notamment dans les bends.

Depuis, « Sweet Soul Music », Malted Milk a collectionné les éloges de la presse et du web. Avec ce live, il devrait convaincre les derniers récalcitrants.
Ces Nantais s'exportent, en Europe donc, mais même aux Etats-Unis (en première partie). C'est fort, très fort même, alors que pendant ce temps, en France, on continue à promouvoir les produits interchangeables de la télé-réalité, généralement avide de gloire, même furtive, et sans réelle et pure passion de la musique ; ou encore à faire l'apologie de musiciens ou d'interprètes dès lors qu'ils sont soutenus par une grosse maison de disque; C'est d'autant plus regrettable qu'il y a aujourd'hui sur le territoire assez d'artistes authentiques et intéressants pour leur consacrer une émission sérieuse hebdomadaire.


Live In Paris
Live In Paris
Prix : EUR 16,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un "All Stars" français pouvant rivaliser avec les "All Stars" ricains, 23 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Live In Paris (CD)
Derrière ce patronyme un rien provocateur, bravache se cache la réalisation du projet de Simon « Shuffle » Boyer : de réunir des potes musiciens pour s'éclater sur scène sur de bons vieux blues.

Une sélection de musiciens au long-cours, pouvant s'enorgueillir d'un riche parcours professionnel. Tous ont acquis une expérience certaine de la scène, parfois en tant que sidemen. Certains ont accompagné des pointures telles que Chuck Berry, Louisiana Red, Zora Young, Dana Gillepsie, Mike Sanchez.
Ainsi, Youssef Remadna (chant « lead » & harmonica), Anthony Stelmaszack (chant & guitare), Stan Noubard-Pacha (guitare), Julien Brunetaud (chant & claviers), Thibaut Chopin (Chant, contrebasse & harmonica) ont été réunis par Simon pour participer ensemble aux joies du Blues.

The French Blues All Stars est un orchestre relativement cossu qui injecte une bonne dose d'énergie dans ses interprétations, en prenant soin de ne jamais les étouffer par un excès de notes. Les premières écoutes donnent l'impression d'un orchestre de Jump-blues bien chargé en électricité, mais cela va bien au-delà.

Toutes les interventions solistes sont de purs desserts à consommer sans modération, avec mention spéciale aux envolées d'harmonica qui ont le don de mettre le feu, même en mode slow-blues. Ce serait apparemment le fruit de Youssef. A savoir que ce gaillard est parti parfaire ses « études » de Blues à Chicago, ce qui explique pourquoi son instrument et sa voix sonnent si authentiques.

On peut regretter que sur cet album il n'y ait que des reprises, toutefois la sélection ne s'est pas cantonnée aux grands classiques, aux oeuvres éculées, rabâchées. Hormis « Shame, Shame, Shame » de Jimmy Reed et « Who's Been Telkin' « de Howlin' Wolf, sans faire pour autant dans l'obscur, ce « French Blues All Stars » a fait l'effort d'aller dépoussiérer des pièces peu ou prou connues d'un public lambda.

Résultat : on a vraiment l'impression d'écouter la performance d'une grosse machine rodée, digne d'une formation d'authentiques vieux briscards ricains. Les musiciens se renvoient la balle, se respectent mutuellement, aucun n'essaie de faire de l'ombre à ses partenaires. Ici point d'amateurisme ou d'un quelconque à peu près, c'est du haut-vol. Une musique parfaitement équilibrée où tous les instruments sont aisément discernables, à tel point que l'on a parfois du mal à croire qu'il s'agit bien d'un enregistrement live. Du travail de pro.
Un groupe qui a l'étoffe pour s'exporter outre-atlantique.


Dirt on My Tongue
Dirt on My Tongue
Prix : EUR 20,56

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Nouvelle révélation, 23 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dirt on My Tongue (CD)
Dès les premières mesures de l'accrocheur « I Shall not be Moved », La jeune anglaise séduit l'auditeur, le surprend même. Car à l'évidence c'est une authentique chanteuse, de celles qui ont le don de toucher l'auditeur ; et cela sans faire appel à un quelconque artifice. L'album débute d'ailleurs avec seulement des notes aérées de piano et quelques traits lointains de slide acoustique sur lesquels Jo pose sa voix. Et cela suffit amplement à donner du corps à la chanson. Ce n'est que bien discrètement, pratiquement sur la pointe des pieds, que viennent se greffer par la suite une batterie et des chœurs gospels ; juste pour donner un peu d'ampleur. C'est lors des moments les plus intimistes, empreints d'une subtilité mélodique qui appel le plus à l'humilité qu'à la bravade, que Jo Harman semble libérer toute la mesure de son talent et de son charme vocal. Gage de qualité rare. Parfois quelques phrases simples de piano laissant résonner les notes, couvrant ainsi l'espace tout en en créant un ; ou plus exactement en créant un volume évanescent, idyllique pour cette voix fortement émotionnelle et faussement vulnérable. Au contraire, on sent à travers elle une force certaine de caractère, une réelle personnalité. Parfois un orgue Hammond vient offrir une couleur supplémentaire, comme dans « Cold Heart ».

Si sa musique est bien enracinée dans le Blues, elle s'ouvre avec aisance à des genres proches. Ainsi, certains mouvements prennent des tournures Soul jusqu'à flirter avec le Gospel, quand d'autres se parent d'accents jazzy ou plongent carrément dans un bain bouillant de Rock torride : façon Stones avec « Better Woman », façon Heavy-blues avec « Underneath the River », Cheap-Trick (?!) meets Etta James avec « Heartstring ».
Évidemment, Jo Harman n'a aucun rapport avec les bimbos vulgaires, les caricatures cartoonesques qui pullulent ; s'il fallait un rapprochement, ce serait du côté de la regrettée Eva Cassidy, voire de Melody Gardot ou même de Gaëlle Boswell.

Un disque qui porte bien mal son nom, car au contraire, à part « Underneath the River », voire ses deux compères Rock, il n'y a rien de « dirt » ici.
On peut ici honnêtement parler de beauté musicale. Même le titre de clôture, l'épuré « What You did for Me », et en dépit des cinquante minutes déjà écoulées, parvient à donner le frisson.
Coup de cœur.


We Live We Die
We Live We Die

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Heavy-Metal Progressif meets Hard 80's, 15 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : We Live We Die (Téléchargement MP3)
Pour son petit dernier, Yvan Guillevic semble avoir privilégié une facette plus franchement Hard-Rock ; celui des 80's, évidemment. Non pas FM, ni AOR dans le genre grandiloquent et pompeux, encore moins Thrash ou Speed. Rien de tout ça. C'est plutôt dans le direct, à gros riffs cossus, d'obédience mainstream, soit avec des réminiscences du Heavy US (mais pas que...). Certains titres me paraissent plus faciles d'accès et plus concis, avec parfois une relative simplicité dans les riffs. Des riffs puissants qui s'appuient sur les power-chords et un rythme plutôt martial. En quelque sorte, c'est un peu plus radical.

La guitare d'Yvan est un tantinent plus cossue, un degré de disto en sus. Ce que l'on remarque aussi, c'est que les chants des talentueux Nelly et Morgan apparaissent plus en osmose ; parfois ils se fondent même entre eux, à tel point qu'ils s'avèrent désormais inséparables. Nelly paraît plus présente, plus confiante également, et Morgan y est tout simplement meilleur. Le duo est également totalement intégré à la musique d'Yvan ; tout au long de l'album il est indissociable.

Le disque débute par la chanson-titre, une composition en deux partie. La première est en fait une introduction sur une ambiance onirique, brumeuse, avec de longues notes de guitare étirées et baignées d'un delay long, entre le Floyd et le Rainbow des deux instrumentaux de « Bent out of Shape ».
« We Live, We die (part 2) » déboule tel un pur produit de bon Hard FM US (assez dans le style de Balance, entre « In for the Count » et « Equilibrium »), avec son riff aux claviers, cette basse qui roucoule, cette guitare qui dégouline de grosse disto, son refrain entêtant et le travail des harmonies vocales.
« Ocean Chaser » est un titre un peu lourd donnant l'impression d'un gros bâtiment progressant péniblement, ayant du mal à garder son cap sur une mer sombre et tumultueuse. Nelly se taille la part du lion, elle s'approprie la chanson. Petit break purement Heavy-Metal où Yvan transforme sa gratte en sulfateuse.

« The Dogs who wants to play » arrive tranquillement sur sa basse trottinante. Un vague air du fameux « Portrait » de Kansas. Toutefois, assez paradoxalement, c'est ici bien plus progressif que le titre du sextet américain, notament avec des claviers planants qui génèrent une ambiance vaporeuse (que l'on croirait presque échappée d' »Oxygène » ou d' « Équinoxe » deJean-Michel Jarre), et un chant bien plus éthéré qui évoque davantage David Byron ou John Lawton que Steve Walsh. Le Rouennais Pat O'May fait une apparition en offrant un superbe solo de guitare, avec une approche mélo-dramatique totalement dans le ton du titre (ce qui n'est pas toujours le cas des interventions d'invités).

On vient juste de citer David Byron (et John Lawton)... Et bien justement, voilà une bonne surprise avec cette excellente reprise du « Easy Living » d' »Uriah Heep » qui devrait combler d'admiration Ken Hensley et Mick Box. Tout y est parfaitement en place, y compris le clavier d'Hensley et, gros obstacle, le chant de Byron. En bonus, une cavalcade, côte à côte de la guitare et de l'orgue, dans la pure tradition de Deep-Purple et du Heep, avec un son plus proche des réalisations récentes de ces deux dinosaures. Un bel hommage, pour un groupe injustement oublié (même s'il a toujours son noyau d'ardents défenseurs, y compris chez les jeunes – non, pas les minots -), malgré l'influence qu'il eut sur des groupes majeurs de Heavy et de Rock-progressif.

On ne laisse pas retomber la pression avec « Tonight I'll kill a king » qui fait une incursion dans l'heroïc-fantasy. Cela débute par une intro très calme, vaporeuse, jusqu'à ce qu'un gros riff estampillé Tony Iommi vienne plomber le tout sans ménagement. D'ailleurs ce titre aurait été à son aise sur le « Seventh Star » du gaucher de Birmingham.
Yvan ne fait pas de quartier lors de son solo : wah-wah colorée, vibrato traité sans ménagement, exploration du manche par (cinq ?) quatre doigts nerveux et tapping assassin en coda. Une pièce épique dont la pesanteur de la rythmique est atténuée par les claviers et le double chant. Un des sommets de l'opus.

« Beyond the last gate » est une superbe pièce instrumentale où Yvan brode un chorus plaintif, construit sur une poignée de notes. Une sélection travaillée au vibrato qui tend et détend les cordes sans pitié. Des cordes torturées par ce vibrato sadique qui les écartèle jusqu'à ce qu'elles crient leur souffrance dans une mélopée déchirante. Yvan extirpe quelques notes aigües qui réveilleraient un mort. Les arpèges fluides de la harpe celtique de Clothide Trouillaud tranchent sur cette complainte électrique. La harpe a toujours ce don d'évoquer l'harmonie d'une nature reposée, d'un printemps fleuri, d'une forêt accueillante et tempérée, ou d'un ruisseau bordé de mousse, un nemeton.
La harpe et le discret fond sonore de Jean-Noël exacerbent le côté mélancolique du morceau.

« I won't let you go » ballade heavy-rock progressif un peu dans le style d'Uriah-Heep des années 90 avec quelques légères montées en puissance. Un moment de relative accalmie qui met en valeur les performances de Nelly Le Quilliec.

« Hey Woman » reprend les hostilités en envoyant un mixte de Heavy-rock carré s'ébattant avec bonheur dans des eaux fréquentées par le Scorpions de « Blackout » et de « Love at first sting », voire de Warrant et de Ratt (riff coloré au Flanger). Quelques saveurs de Glam californien et d'un Rock (héroïque ?) à la Simple Minds (« Goods news from the next world »).
« On the Wall » souffle le chaud et le froid en alternant entre un mouvement calme et reposé, et un autre martial et offensif (presque un riff à la Ramnstein). Yvan sort son attirail de pyromane et fait un joyeux feu d'artifice sur sa six-cordes, qu'il écourte... le manche commençait à fumer. Parfois, ça sent le Queenrÿsche.

« Song of the Werewolf » pourrait bien être l'Everest de l'opus. Last but not least. Certainement mon préféré. Une pièce de Heavy-Metal épique à la couleur dramatique hollywoodienne. On y retrouve du Iron-Maiden, du Uriah-Heep, du Warrior, du Dio, du Black-Sabbath, du Savatage. Une composition évoluant par paliers. Un invité (Alain Boccou) vient même pousser des borborygmes (du death growl) sur un passage primaire purement Heavy-Metal (Metallica). Après un solo de synthé de bataille spatiale, du genre Don Airey, (signé Jorris Guilbaud de Shadyon), Yvan lâche un superbe solo satrianien en diable annonçant le retour du côté mélodique.
Un autre sommet.

PYG étoffe son répertoire en évitant la redite, le plagiat cannibal, avec des compositions dans l'ensemble plus directes. Ce qui augure de bons concerts en perspective.
L'année dernière, le magazine Hard Force avait élevé PYG au rang du Top 4 des meilleurs concerts de l'année. Avec le nouveau matériel en renfort, cela risque fort de chauffer.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 1, 2013 7:24 PM CET


Nude
Nude
Proposé par VTN-GmbH
Prix : EUR 12,55

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Grand cru de Pop-rock Anglaise, 15 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nude (CD)
Bleech délivre un Rock frais, spontané, mélangeant avec aisance une énergie Punk-rock à des mélodies Pop efficaces.
Certaines saveurs évoquent irrémédiablement le travail de Melissa Auf der Maur. Le timbre de voix de Jennifer, entre fausse fragilité et conviction inébranlable, y étant certes pour beaucoup, mais la manière d'aborder sa Gibson 335 (ou de sa réplique par Vintage) et d'y plaquer ses accords peuvent également y faire référence. Dans le cheminement, on pourrait faire le lien avec les titres les plus Pop de Hole, toutefois Courtney a un timbre bien plus rauque et âpre, et un chant plus désinvolte et agressif.
On peut aussi faire la comparaison avec la musique des irlandais de Ash, en moins cossue toutefois, ces derniers frôlant de temps à autre un Heavy-rock à la Cheap-Trick. Avec Feeder aussi (sans toutes les ornementations), ainsi que The Subways, pour qui Bleech à ouvert, voire Kings of Leon, Breeders et Foo Fighters. Sans omettre une pléthore de Brith-pop indie des 90's.

Dès « Weirdo », on est happé par cet explosion de Power-Pop catchy vivifiante. Le titre suivant, au demeurant plus binaire, est vite rattrapé par un refrain bourré d'énergie et de conviction communicative propre à une jeunesse insouciante. « Mondays », si ce n'est le riff binaire qui est remplacé par quelques accords égrelés, présente le même cas de figure. Ce titre est repris par la BBC pour la série « Waterloo Road ».
« The Worthing Song » (issu de leur Ep) déballe leur facette Punk-rock, savamment habillée de sensibilité féminine, où l'on pourrait croire que Courtney Love est venu pousser la chansonnette.
Cerise sur le gâteau : Bleech n'est pas qu'une machine, bien huilée, propice à concocter de bonnes sensations Power-Pop déversant sans ménagement leur dose d'électricité bienséante. En effet, « Flowerhands » repose essentiellement sur un simple arpège de guitare couplé à des notes détachées de basse ; ces deux reposant sur tissu vaporeux fait d'un violon et d'un violoncelle. Mark Flethman (Nine Below Zero, et sur le dernier opus de Gallagher) vient déposer délicatement un court chorus d'harmonica plaintif. Mélancolie et nostalgie au programme. Plus parc anglais nimbé dans un brouillard d'automne que printemps chaud et fleuri. Une ambiance floue, vaporeuse, à la David Hamilton. Retour des enfants-fleurs de la fin des sixties.
« Adrelanin Junkies » aurait pu être une composition lambda d'un rock alternatif lorsqu'il se contente de copier ses aînés, ou de rabâcher des grilles conventionnelles, s'il n'y avait ce petit truc, ce petit plus, qui élève les chanson de Bleech au-dessus du lot. Est-ce la voix émotionnelle de Jennifer, tiraillée entre pudeur et passion, sa guitare qui sait tirer parti de ses faiblesses et de sa technique (d'apparence ?) rudimentaire, la basse de Katherine qui parvient au besoin à extraire des lignes mélodiques de ses câbles (de sa Fender Precision) ? Même Bick sait modérer ses ardeurs, varier sa frappe, pour servir les compositions – et non son égo – . En fait, qu'importe l'analyse, doit-on vraiment disséquer la musique ou la prendre telle quelle se présente et se laisser toucher (si affinités évidemment) par les émotions et les sensations qu'elle génère. Dans ce cas, Bleech réussit, sans forcer, sans matraquage médiatique d'aucune sorte, à charmer.
« Holidays » trompe son monde en débutant telle une ballade douce amère, mais avant d'atteindre la première minute, elle se mue en Power-Pop-rock aux Grunge, alliant une grâce féminine à un souffle chaud irradiant d'énergie électrique ardente.
« I Wanna Be Me » (également repris de leur Ep) balance un rythme furieux, à la fois vindicatif et entraînant.
« When I Get Old » renoue presque avec l'ambiance particulière de « Flowerhands » bien qu'étant ici nettement plus électrique. La sensibilité des O'Neill transpire à travers leurs instruments et la voix douce et sussureuse de Jennifer. Inspiration de fées – rockeuses - de Cottingley ?

« Dancing with Me » et « The Hippie And Me » représente à mon sens les deux points faibles de l'album. Enfin, c'est relatif, car ces deux pièces en apparence un tantinet moins habitées, comportent tout de même leur part de bonnes vibrations. Là encore, on retrouve la capacité de Bleech à pondre des refrains accrocheurs, jusqu'à en être parfois entêtants.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 26, 2013 11:13 PM MEST


Btc Blues Revue : Live And More...
Btc Blues Revue : Live And More...
Prix : EUR 19,00

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 A trois c'est mieux, 11 septembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Btc Blues Revue : Live And More... (CD)
En voilà une bonne surprise : un enregistrement en public d'un concert réunissant Neal Black, Nico Wayne Toussaint et Fred Chapelier. Trois lascars dévoués à la musique bleue réunis pour quelques soirées de fêtes. On s'attend à une très bonne prestation et on n'est guère déçu, bien au contraire ; bien souvent on frôle même une immaculée excellence.

Trois gars au parcours conséquent qui ont eu le temps de peaufiner leur art.
L'entente est on ne peut plus cordiale. Loin de se tirer la bourre, ou d'essayer de tirer la couverture à eux, on a vraiment l'impression d'écouter la prestation d'un groupe soudé, rodé par les tournées effectuées ensemble. Il n'est pas question ici d'une réunion où la majorité des pièces n'est qu'un support pour des soli démonstratifs grevant irrémédiablement la cohésion. Aucun des musiciens n'a un ego encombrant, poussant son ampli et écrasant par son volume sonore la section rythmique et ses collègues. Tous restent au service de la musique. Il faut préciser que ces gaillards ont maintes fois joué en ensemble en diverses occasions. Neal a rencontré Nico en 2004, quant à la paire de gratteux il y a un réel respect mutuel (ils se sont parfois désignés comme « frères guitaristes »). Neal considère d'ailleurs Fred comme l'un des meilleurs guitaristes avec qui il ait joué.
Le duo basse-batterie est également constitué de techniciens confirmés, puisque l'on retrouve Vincent Daune aux fûts qui a accompagné Luther Allison, Big Dez, et Popa Chubby ; et Christophe Garreau qui a joué, entre autres, pour Paul Personne, Frank Goldwasser, Steve Verbeke, Kenny Wayne, J.P.Kalfon.
Jamais une note de trop, jamais l'un couvrant l'autre, jamais un faux départ ou un cafouillage quelconque, même minime. Attention, cela ne sonne aucunement clinique ou rigide. C'est du bon, du très bon Blues-rock. On est en première division.

Fred & Neal ont cette faculté de savoir s'adapter au jeu de leurs comparses sans renier leur personnalité. Ainsi, dans le plus respect, aidés aussi certainement par une culture musicale présentant des similitudes, ils s'enrichissent mutuellement. Neal possède un son un peu plus rugueux, voire fruste, il est la facette la plus rock. Alors que Fred privilégie le son Fender plein, à peine crunchy (Telecaster). Toutefois, comme deux filous, ils savent brouiller les cartes, et ainsi, quelque fois, il est bien difficile de savoir qui joue quoi. Et Nico Wayne ? Dire qu'il est le ciment serait absurde tant les deux gratteux sont déjà à la colle. Sorte de « Monsieur Plus » de luxe, Il sait non seulement apporter des nuances enrichissantes, mais également embellir des propos déjà de haute volée à la base. Son harmonica n'est jamais pris en défaut. Toujours le ton juste : ni timide, ni bravache, ni anémié, ni bavard. Sa versatilité et sa technique infaillible lui permettant d'être toujours en adéquation, quelque soit le genre abordé ici, se parant à l'occasion, et avec aisance, du tempérament d'un grand nom de l'instrument.

Même l'agencement de la set-list est au top, sachant mettre la pression au moment opportun et la faire redescendre avant surchauffe, évitant d'exténuer le public. Le blues-rock prédomine et se pare de diverses facettes en s'épiçant de funk et de boogie.
Funk-blues appuyé avec un « Ain't No Breed » co- écrit par Black et Toussaint. Pur Boogie-rock avec le « Handful of Rain » de Neal, puis avec l'instrumental de Toussaint « Boogie-Ing at L'Orange Bleue » où il fait fondre d'un souffle torride et continu les lamelles de son instrument.
Parfois même un peu de Soul et un soupçon de Gospel viennent s'immiscer. Country-blues aussi avec le « Fish Drip Jones » de Neal Black, où Mike Latrell (Popa Chubby) s'empare de la mandoline. La balance penche assez souvent vers le Rock, tout en gardant ses distances avec des sonorités Heavy. On reste dans un idiome franchement Blues (même si certains trouveront, toujours et encore, à redire).

Instrumentaux avec « Daily Bread », la reprise de Johnny Copeland, en ouverture, avec au final une joute de chorus entre Neal et Fred (histoire de mettre rapidement le feu).
Avec, « Blues for Roy », un sublime et poignant hommage à l'immense Roy Buchanan . On côtoie là les grands instrumentaux (je ne parle pas des exercices de styles s'apparentant à des concours de vitesse). Tout y est joué avec justesse, finesse et feeling. Le délicieux break joué à l'orgue Hammond par Mike Lattrell apporte une dimension plus nostalgique, et force Fred à prendre un nouvel envol qui le place aussitôt en orbite, avant de redescendre lors du coda pour se positionner en apesanteur dans les nuages cotonneux d'une journée de printemps, à la recherche de son mentor, Roy.
Instrumentaux encore avec « Fish Drip Jones » en mode Country-Blues en dérapage contrôlé (le péché mignon de Neal depuis son second opus, « Blues Power ») et, « Rodney's Song » de R. Buchanan.

Plusieurs branches de la musique bleue (version rock) se succèdent, dans un habile agencement qui permet de maintenir l'attention de l'auditoire.
A mon sens, un des meilleurs enregistrements publics réalisé par des artistes français.

En bonus, un disque studio offrant six titres co-écrits par les belligérants. Du bon et sérieux matériel, même si on reste un degré ou deux en-dessous du live. En fait, malgré une qualité croissante des titres à partir du Country-blues façon Neal Black (« Sunrise in Prison », apparemment autobiographique) il manque un peu du piment et de chaleur du concert.
Là encore, la présence d'un gros instrumental où on pourrait croire que Danny Gatton est revenu pour un solo nerveux, entre jazz et country.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 27, 2012 2:06 PM CET


I'll Get Mine
I'll Get Mine
Prix : EUR 19,67

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Ne pas confondre, 5 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : I'll Get Mine (CD)
Attention !
Ce "Back Door Slam" n'a aucun rapport avec le "Back Door Slam" de Day Knowles.
Ce groupe ne vient pas le l'île de Man mais du Canada ; et sa musique n'aurait aucun lien avec le Blues-rock anglais.
Un mélomane averti en vaut deux.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 9, 2013 9:10 AM CET


Moonlight Revival
Moonlight Revival
Prix : EUR 8,99

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Du bon Americana (tendance Rock), 15 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Moonlight Revival (CD)
Leur musique se définit comme l'héritage direct d'un rock à la Creedence Clearwater Revival. Ni plagiat, ni totalement continuité, mais plutôt porteur d'un flambeau, d'un même état d'esprit. Une volonté de vouloir jouer un Rock épuré, sincère, avec un je-ne-sais-quoi de rural dans la construction et de sincèrement urbain par le son. Il y a chez Ponderosa une fibre mélodique qui fait parfois défaut à bon nombre de combos américains. Cette fibre est générée principalement par la voix de Kalen Nash, qui semble faire ressortir avec pudeur une nostalgie latente, une mélancolie obscure et profonde qui semble parler à l'âme plus qu'à l'intellect. Kalen Nash possède une Voix, de celles qui font les grands chanteurs qui marquent d'une empreinte indélébile leur groupe, leurs chansons. Pas ceux qui se sont fait une notoriété par leurs capacités techniques et/ou leur puissance de coffre, mais par ceux qui de par leur timbre personnel et reconnaissable se sont fait un nom.
Le chant est soutenu par des harmonies vocales (de Dance et Hall) comme savaient si bien bien le faire les meilleures formations de la Pop Anglaise. Des harmonies posées sur un lit de guitares crémeuses, sans adjonction d'effets, soutenues par une basse ferme et ronde bien discernable, et un orgue qui se fond dans l'ensemble. Pas de solo, ni aucun recours à des démonstrations techniques, ou tape-à-l'oeil, pour cacher la vacuité du propos ; la qualité intrinsèques des compositions se suffit à elle-même (comme toutes bonnes chansons rock ou pop, non ?). Juste quelques chorus éparses en guise de pont.
Ponderosa brouille les pistes en passant d'un rock plutôt carré évoquant Creedence à une Pop musclée de toute beauté nantie d'harmonies vocales imparables, d'une instrumentation mesurée et de breaks chargés en électricité (pop musclée ou rock mélodique - I don't Mind - justement) ; d'une ballade enlevée qui aurait convenu au répertoire de Scarlett Johansson & Pete Yorn (Pistolier) à une espèce de slow-Blues marécageux et dépouillé au chant expiatoire muant progressivement en Hard-blues déchiré (Hold on You) ; d'un slow moite et sombre qui aurait pu faire la B.O d'un Tarantino (Girl I've ever seen) à un rock percutant et vindicatif, presque punk-rock (Revolution) ; d'un country-pop avec arpèges de banjo et une ritournelle frôlant le larmoyant (Penniless) à un Power-pop-rock transcendant (Devil on my Shoulder).

Au final, comment peut-on définir au mieux la musique de Ponderosa ? Du Rock foncièrement américain aux allures de Southern-Rock genre Creedence, Tom Petty, Hazy Malaze, Neil Young, voire Kings of Leon, ou même de la facette la moins dure de Black Crowes en filigrane, avec des parfums de Pop-rock britton, d'Oasis, d'Ash.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (11) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 27, 2012 11:26 AM MEST


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