Profil de Laurent Kloetzer > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Laurent Kloetzer
Classement des meilleurs critiques: 4.440
Votes utiles : 144

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Laurent Kloetzer (Romainmotier, Suisse)
(VRAI NOM)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3
pixel
Preti pedofili? La questione degli abusi sessuali nella Chiesa
Preti pedofili? La questione degli abusi sessuali nella Chiesa
par Mario Aletti
Edition : Broché
Prix : EUR 13,72

5.0 étoiles sur 5 Un livre remarquable, intelligent et documenté, 18 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Preti pedofili? La questione degli abusi sessuali nella Chiesa (Broché)
Les abus sexuels dans l'église sont un sujet "chaud", que les médias adorent. Le petit livre Mario Aletti est une remarquable étude du sujet, qui fait ressortir toute la complexité de la question, et offre des pistes d'action. A quand une traduction en français ?


Les Insulaires
Les Insulaires
par Christopher Priest
Edition : Broché
Prix : EUR 23,00

16 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Etrange voyage, 23 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Insulaires (Broché)
L’Archipel du rêve : des milliers d’îles dans éparpillées dans l’océan d’un monde voisin du nôtre. La technologie est celle du XXIème siècle, les préoccupations des hommes sont les mêmes. Un certain nombre de curiosités physiques (vortex, distorsions temporelles…) rendent les îles indénombrables, in-cartographiables. L’Archipel est un espace neutre dans la guerre qui déchire les continents voisins. On y croise déserteurs, prostituées, scientifiques, et surtout des populations d’îliens toutes refermées sur leurs petits mondes clos. Les lecteurs de Christopher Priest auront reconnu le cadre de son roman la Fontaine pétrifiante, ou de son recueil éponyme : l’Archipel du rêve.
Les insulaires est une bizarrerie littéraire : un guide de voyage, référençant une petite sélection d’îles, mentionnées par ordre alphabétique. Il est conseillé de le lire dans l’ordre, le lecteur familier de suppléments de jeu de rôle ne sera pas désorienté, on fait face d’abord à une énumération à la fois amusante et ennuyeuse de lieux ayant peu à voir les uns avec les autres, puisque dispersés sur la surface du monde… Dans ce registre, le roman rappelle les notules d’Italo Calvino dans les Villes invisibles, par exemple. Puis, de lieu en lieu, certains personnages reviennent, Dryd Bathurst, le peintre génial, admiré de tous, qui n’a cessé de fuir les îles après avoir offensé d’innombrables maris jaloux. Chester Kammeston, le Grand Ecrivain, Caurer, la réformiste sociale, Jordenn Yo, l'artiste extrême capable de détruire complètement les lieux où elle exerce. On y retrouve aussi les éléments éparpillés d’une affaire criminelle, témoignages, aveux menteurs, intoxications, qui ne surprendront pas ceux qui savent que, pour Christopher Priest, le réel a de nombreuses facettes, souvent incompatibles les unes avec les autres. Et au milieu du guide viennent s’insérer d’autres éléments : rapports de police, témoignages, lettres d’admirateurs, récits indépendants...
Les insulaires est peut-être le roman priestien ultime, la forme s’accordant parfaitement au fond : factuel, ironique, détaché (insulaire ? anglais ?) et en toutes choses menteur, trompeur, labyrinthique, éparpillé. Aucune vérité ne s’en dégage, aucune révélation, juste le sentiment que les hommes, comme les îles, offrent des visages toujours différents selon le cap depuis lequel on les approche. Le plus grand mensonge est peut-être celui du temps et de la chronologie, qui suit dans ce livre des courants aussi étranges que ceux qui passent d’une île à l’autre.
On a ici un objet dont la forme fait totalement écho au fond, une œuvre d’art bizarre, pleine de recoins et de mystères, parfaitement accomplie. J’ai été dérouté, perdu, j’ai relu la Fontaine Pétrifiante, l’Archipel du rêve, trouvé des liens, quelques réponses, et me suis posé encore plus de questions.
[...]


The City & The City
The City & The City
par China MIEVILLE
Edition : Broché
Prix : EUR 8,10

4.0 étoiles sur 5 Très habile, 15 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : The City & The City (Broché)
A Beszel, une ville des Balkans, une inconnue est retrouvée morte sur un terrain vague. Un policier entre deux âges, brave type assez roué, Tyador Borlù, est mis sur l'enquête, interroge les jeunes camés des cités avoisinantes, remonte la piste du fourgon qui a transporté l'inconnue. Est-elle d'ici ? Est-elle une étrangère ? Vient-elle de l'autre ville ?
The City & The City est un roman d'enquête policière. Flics, interrogatoires, systèmes informatiques hors d'âge, bureaucratie inepte… Il en suit tous les codes, il respecte toutes les règles du genre, jusqu'à la fin. Son intrigue est habile, amusante, et tient en haleine jusqu'au bout. D'autant que le cadre en est incroyablement malin. Beszel a une petite particularité… Elle partage son territoire avec une autre ville, Ul Qoma, aux modes, au langage, à l'architecture différentes. Le découpage territorial y est incroyablement enchevêtré, et les habitants d'une ville sont entraînés depuis l'enfance à ne pas voir, ni entendre, ni sentir quoi que ce soit venant de l'autre ville. Le bonheur de ce roman est là, dans la découverte d'une cité d'Europe tout à fait crédible où cette incroyable étrangeté serait possible. Règles, contre-règles, modes de vie, l'enquête est le prétexte à une visite sociologique et politique des deux villes tout à fait fascinantes. Le roman se base sur cette prémisse étonnante et la tire jusque dans ses retranchements (notamment en matière de vocabulaire, point auquel je suis sensible), sans jamais perdre le lecteur en route. C'est à la fois, drôle, absurde et réaliste. Au point de me faire me poser la question : qui évisons-nous ? Au milieu de quoi vivons-nous de manière consciente, que nous nous rendons volontairement invisible ? Il n'y a là dans ce livre interrogation paranoïaque, juste une revigorante manière d'interroger la réalité.


Contrée indienne
Contrée indienne
par Dorothy M. Johnson
Edition : Broché
Prix : EUR 10,00

5.0 étoiles sur 5 Excellent, 15 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Contrée indienne (Broché)
Une dizaine d'histoires de cow-boys et d'Indiens donc. Grandes prairies, éleveurs, femmes et hommes rudes, coutumes viriles, rituels magiques, tirs à la carabine. Dans une langue sèche et efficace, dessinant de très beaux personnages. Je pensais picorer une nouvelle ici et là pour faire passer le temps, j'ai tout lu d'une traite. Dorothy Johnson sait raconter des histoires, plantant une situation en quelques mots et la menant en ligne droite à sa conclusion.
Dans mon récit préféré, un garçon de onze ans se retrouve le seul homme de la maison (isolée, comme il se doit) en compagnie d'une jeune femme fraîchement arrivée dans l'Ouest, que l'on croit naïve et qui pense qu'il faut offrir un repas à tous les étrangers. Arrive un hors-la-loi, seul et bien armé… Avez-vous faim, monsieur ? Venez-donc dans notre maison… (le récit s'appelle Prairie kid, et le suspense en est terrible).
J'ai adoré, c'est excellent.


La tour de Babylone
La tour de Babylone
par Ted Chiang
Edition : Broché
Prix : EUR 7,90

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Wow !, 27 novembre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La tour de Babylone (Broché)
Je suis parti dans l'avion avec ce recueil abondamment vanté dans la presse spécialisée. Je voulais lire de la science-fiction : des récits avec des raisonnements scientifiques et des idées qui font faire wow ! Je n'ai pas été déçu.

La tour de Babylone contient seulement huit nouvelles, pour la plupart assez longues et denses. Toutes se basent sur un postulat (pas toujours visible dès le départ) et en explorent les conséquences jusqu'au bout. Et si les babyloniens s'étaient vraiment lancés dans la constructions de leur fameuse tour (dans leur paradigme, bien sûr...) ? Et s'il existait un traitement capable d’accroître d'un ordre de grandeur au moins l'intelligence humaine ? Et si le code génétique de nos descendants était inclus dans le notre ?
Ted Chiang ne fait pas de grands effets de style, même si Aimer ce que l'on voit... le dernier texte du recueil, est très habilement écrit. C'est l'intelligence, l'ambition et la clarté de ses récits qui séduit et qui émerveille. J'ai particulièrement aimé l'Histoire de ta vie, récit incroyable montrant le lien entre langage, science et perception téléologique de l'univers.
Une science-fiction à la fois classique et moderne, humaniste, stimulante, qui fait à la fois rêver et réfléchir. Comme je le disais plus haut, wow !


Des Anges Mineurs
Des Anges Mineurs
par Antoine Volodine
Edition : Poche
Prix : EUR 6,10

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Collage virtuose, 27 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Des Anges Mineurs (Poche)
Je suis entré dans ce livre à partir de Yama Loka Terminus : dernières nouvelles de Yirminadingrad (et aussi de Tadjélé, mais c'est une autre histoire). Les livres se parlent l'un à l'autre, mènent de l'un à l'autre, c'est connu. Il y a des points communs entre ces anges mineurs et les récits de Yirminadingrad. Dans les deux cas, les souvenirs d'un espace soviétique enflammé, détruit, réinventé. Les camps, la révolution. Une construction par bribes, qui dessinent un schéma plus grand, réel et incompréhensible.
Des anges mineurs, 49 narrats, terme bricolé par Volodine pour décrire ces récits courts, aperçus d'une vie, extraits d'autre chose. Des images en sortent, très fortes, et restent. Les grands-mères immortelles dans la toundra, le monde abandonné que le sable recouvre, la révolution, les imprécations de Varvaria Lodenko, les expéditions dans une autre réalité, le temps de quelques respirations, Sophie Gironde, la femme qu'on aime et qu'on ne peut rejoindre ni en vie ni en rêve. Les camps, la fuite des camps, les livres jamais écrits de Fred Zenfl. On trouve dans les anges mineurs les bribes d'une histoire, une révolution défaite à refaire, la quête menée par l'équipage réel d'un voilier inexistant... Le livre est écrit de façon magnifique, poétique, hypnotique, mais je n'ai rien compris, je n'y suis pas entré, j'ai fini par lâcher prise, laisser glisser, abandonner. Un paquets de 49 narrats étranges et obscurs. Un peu trop pour moi. De ce livre toutefois, je glisserai jusqu'aux Slogans, de Maria Soudaieva.


120 journées
120 journées
par Jérôme Noirez
Edition : Broché
Prix : EUR 22,10

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Collégiens. Adolescents. Enfants., 19 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : 120 journées (Broché)
Je suis venu à ce livre, séduit par ce qu'en disait l'auteur sur son blog. A la fois beaucoup et presque rien. L'enfance, des collégiens enfermés dans un lieu étrange, écho du Silling de Sade, lieu des supplices des 120 journées de Sodome... Jours réglés mécaniquement, contraintes, imagerie cruelle. Alors oui, il y a bien un peu de Sade dans le livre. Moins que je ne croyais. C'est, en vérité, tout à fait différent.
Au tout début de 120 journées il y a donc ces huit collégiens. Disparus, enlevés, jetés avec des adultes plus ou moins méchants mais bizarrement intentionnés dans un non-lieu de béton, de canalisations qui fuient, de bruits qui résonnent. Cent vingt journées, pas une de plus, pas une de moins, un chapitre par jour, chronique parfois brève, humoristique, cruelle, précise, du temps passé en détention. Quatre fois trente jours (ça a son importance). Et tous les dix jours, les récits du conteur, dont on suivra plus ou moins la vie en compagnie de sa Ninon, sa crapote, sa fille, qu'il aime.
Ce n'est pas un roman agréable, même si sa lecture coule facilement. Rien n'est clair, les propos et les buts sont obscurs, des vagues d'ennui le recouvrent parfois. Mais j'ai été un collégien, j'aurais pu faire partie des reclus de Silling. Je me suis reconnu dans leurs hésitations, leurs attentes, leur indifférence, leur mollesse. Encore un peu enfants, un peu autre chose. Dans le roman on rit, on s'effraie, on ressent de vagues malaises, on ne parvient pas à mettre le doigt sur certaines sensations qui sont bien là. J'aurais envie de recopier les premières pages, celles de l'arrivée au collège, qui parlent des perpendiculaires et des parallèles, des trainaillements, du portail, du pont, des maisons de la pisse, des cartables. J'aurais aimé réussir à les écrire moi-même, j'ai voulu pouvoir décrire cela, parce qu'il y a là une forme d'exploit. Mettre des mots sur le confus, l'indicible, le quotidien. Toucher juste. Les grands livres sont ceux qui nous révèlent le monde.
A travers ses contes et ses demi-cauchemars, par la déformation et l'imaginaire, Jérôme Noirez parvient à toucher ce qui se cache en vérité derrière des mots que l'on croit connaître. Collégiens. Adolescents. Enfants.

120 journées, quatre mois de trente jours/quatre années de collège, qui avale des enfants aux petites corps et recrache des pré-adultes mal dégrossis. Quatre années de règles absurdes, d'apprentissages incompréhensibles, de leçons de violence et de cruauté. Silling est le collège et Silling est autre chose, un projet pédagogique absurde, parfait. Je voudrais lui mettre pour devise les mots d'Elisandre. Pour bien faire, il faut crever.
120 journées fait partie de ces romans particuliers, qui déforment le monde. En levant les yeux du livre, le décor autour de moi se teintait de ces formes indistinctes peuplant le livre, comme les ombres dans le monde la princesse-limnée. Les brumes sont venues sur la montagne, ce qu'on croit tenir ferme s'évade sous nos doigts. Je laisse le livre là. Mais lui ne me laisse pas.


Les aventures de Tom Sawyer
Les aventures de Tom Sawyer
par Mark Twain
Edition : Broché
Prix : EUR 21,30

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Superbe traduction de Bernard Hoepffner, 28 août 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les aventures de Tom Sawyer (Broché)
Un magnifique livre sur l'enfance, du registre des grands classiques, servi par une traduction pleine d'énergie et de vie, qui donne au style de Mark Twain toute sa saveur. Superbe !


Hunger Games - Tome 1
Hunger Games - Tome 1
par Suzanne Collins
Edition : Broché
Prix : EUR 18,15

15 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Ecriture indigente et festival de clichés, 8 août 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hunger Games - Tome 1 (Broché)
Quelque part aux Etats-Unis, après la catastrophe climatico/économique... Le pays est divisé en douze districts, tous spécialisés, dominés par le Capitole, une sorte d'Eden techno-dictatorial, qui rafle chaque année un adolescent de chaque sexe dans chaque districts pour les faire s'affronter à mort dans une arène naturelle, dans une sorte de croisement entre télé-réalité et spectacles du Colisée.
Katniss est une jeune fille pauvre qui subvient au besoin de sa famille en chassant à l'arc dans les terres sauvages. Avec le fils du boulanger du district (son amoureux transi et secret), elle est choisie pour les "jeux de la faim". Malgré son esprit rebelle, elle est alors prise dans l'engrenage ludo-médiatique et participe au grand combat sous l'oeil avide des caméras...
La première partie du roman évoque la vie dans le district 12, sorte d'enfer minier à la Dickens. Crasse, faim, pauvreté et nobles personnes qui s'en sortent. Dans la seconde partie, Katniss est relookée par un grand couturier et apprend à parler face à une caméra. Elle sympathise avec son designer personnel, apprend à connaître son rugueux mentor, noue une romance "je-fais-semblant-de-t'aimer-pour-les-caméras, mais en fait je tombe un peu amoureuse de toi" avec son camarade de district. Le public l'apprécie et ses juges lui donnent la meilleure note.
La troisième partie est une énorme scène d'action, bien menée et palpitante, dans un esprit "il ne peut en rester qu'un". Les amis de Katniss sont heureusement éliminés par d'autres concurrents, lui évitant trop de tourments moraux...

Malgré le cadre dystopique, Hunger games relève plutôt d'une sorte de conte. Jeune fille pauvre, mentor bienveillant, transformation en princesse, chasse cruelle dans la forêt... Le plus intéressant est bien sûr l'idée de base, qui rappelle un peu la légende les jeunes gens athéniens envoyés en Crête nourrir le minotaure et cette cruauté, même si elle n'est pas assumée (bien que participante, Katniss reste pure toute du long), est le principal attrait du livre. Pour le reste l'écriture est indigente et simpliste, l'univers n'a pas vraiment de cohérence (autre que celle du conte), les clichés sont partout : adolescente mal dans sa peau qui se découvre jolie, robes de princesse, romance de lycée. Seule originalité : l'attention portée à la nourriture (c.f. le titre). Il est amusant (et cynique) que le livre place en vérité le lecteur dans la position du public des Hunger games, présentés comme une horrible institution...

Ce cynisme est d'ailleurs le point qui m'ennuie le plus dans ce livre. J'aurais peut-être pardonné à un auteur débutant ce festival de clichés et cette écriture bête à pleurer (et encore...). Suzanne Collins est une scénariste et une romancière confirmée, je dois donc en déduire que c'est exprès qu'elle prend ses lecteurs pour des imbéciles. C'est bien triste. Bienvenue chez le Guillaume Musso du post-apo.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 18, 2012 5:24 PM MEST


Le Dragon Griaule, l'intégrale
Le Dragon Griaule, l'intégrale
par Lucius Shepard
Edition : Broché
Prix : EUR 25,00

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Gigantesque !, 26 avril 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Dragon Griaule, l'intégrale (Broché)
J'ai découvert Lucius Shepard avec Aztechs, collection de récits publié voici quelques années par le Bélial. L'auteur m'avait enthousiasmé par sa capacité à présenter une vision fantastique du monde. Shepard ne fait pas partie de ses auteurs d'imaginaires ayant passé leur vie dans leur chambre (ou dans leur bureau). Ses récits parviennent à créer une vision brûlante, amère et dangereuse de la vie que nous connaissons.

Le dragon Griaule est une série de novellas tournant autour d'une région imaginaire d'Amérique du Sud et d'un antique dragon, de deux kilomètres de long, dont la masse paralysée surplombe une vallée. Le dragon est vivant, il rêve, il rumine, et sa volonté s'exerce de manière maligne sur son entourage... A partir de ce postulat énorme, Shepard tire des récits très différents, depuis une forme de conte allégorique jusqu'à l'histoire de procès hard-boiled. Certains thèmes reviennent, insatisfaction amoureuse, libre-arbitre vicié, fantasmes douloureux... mais les récits sont aussi variés dans leur style que dans leur traitement. On sent que la figure de Griaule s'est imposée à l'auteur et est revenue le visiter, malgré plusieurs tentatives pour se débarrasser de lui. La qualité des histoires est variable, allant de très bonnes à excellentes.
Je ne les résumerai pas individuellement. Si vous êtes un tant soit peu curieux, allez-y, vous ne regretterez pas le voyage. Shepard n'est pas un auteur difficile, il est facile d'entrer dans ses textes et difficile de les lâcher. Et ce qui ne gâche rien, le livre est beau, bien écrit, bien traduit. Il en existe même une version numérique à un tarif raisonnable.
Les grands écrivains nous révèlent le monde, non pas comme nous le voyons mais comme il est réellement, utilisant pour cela à toutes les armes légales ou pas, fantasmes, récits réalistes, mythiques, fantastiques, bouffons... Shepard en fait partie.


Page : 1 | 2 | 3