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Contenu rédigé par Cyrille Dautel
Classement des meilleurs critiques: 22.091
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Commentaires écrits par
Cyrille Dautel "Weller" (Grenoble, France)

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Backstabbers
Backstabbers
Prix : EUR 19,33

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Coup de poignard dans le dos, 7 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Backstabbers (CD)
Comme bien des groupes de leur génération, ce trio mythique de la musique afro américaine puise son inspiration dans la soul vocale des 60's, puis le Doo wop des 50's.
Initialement formé à la fin des 50's dans un bled paumé de l'Ohio, ce quintet composé de Eddie Levert, Walter Williams, William Powell, Bill Isles, et de Bobby Massey prend forme entre les murs d'une école la Mc Kinley High School de Canton Usa.
Naturellement influencé par le Franky Lymon and his teenagers, les faux frêres O'jays chantent à tue tête des thèmes innocents.
Après le sérieux écrémage de son personnel, la chorale se mue en trio, sa formule définitive, puis grave sa première galette en 1961, sous le patronyme de The Mascots.
Un dj Eddie O'jay les programme régulièrement, ne tardant pas à décrocher un petit succès, Eddie , Walter puis William adoptent le nom de leur bienfaiteur, en guise de titre de scène, les O'jays sont nés officiellement.
Dix années passent, les trois compères sautent de label en label, puis s'installent définitivement sur la côte Est à Philadelphie.
Un duo de producteurs locale, Kenny Gamble puis Leon Huff, séduit par la démarche du trio, calque le modèle de la Motown de Detroit, pour créer l'une des principale étiquette du son de l'Amérique minoritaire, Philadelphia International Records.
Les Ojay's font partie des premières signatures du duo, nous sommes en 71, Gamble et Huff agencent dans leur studio une espèce de soul hybride, imprégnée de musique pop et d'arrangement luxuriant.
La formule du label propose aux auditeurs des rythmes binaires très prononcés, se fracassant sur un mur de violons cascadeurs, parsemé parfois de cuivres percutant. Les disque PIR impriment sur l'ensemble de la production sonore de l'époque une voie feutrée et soyeuse, puis des signes très distinctifs permettent de cibler la nature propre du travail des producteurs de Philly.
1972, la guerre du Viet Nam vit ses dernières années, le trio édite sa première galette le bien nommé Back Stabbers « hypocrite »), le trio culmine sur ce registre de soul Wagnerienne.
Cette musique percutante est servie par des sicos, triés sur le volet, dans les studios l'activité est intense, rien n'est laissé au hasard.
Les producteurs surveillent au millimètre la progression de l'ouvrage, alors que les chanteurs décontractés livrent une immense performance .
La galette propose dix titres, commençons pas l'énumération;
Le premier « When the world at peace » sert de plaidoyer pacifiste, c'est un mid tempo enflammé, très dansant ou les trois voix s'entrecroisent,. Des cuivres incisifs perforent la mélodie, une guitare joue trois notes indéfiniment, puis des breaks cassent le ce rythme haletant. C'est le premier cloue du spectacle, qui s'annonce captivant.
Le second, Back Stabbers reprend les modèles des canons de la motown, une perfect soul song, Les violons commencent à pointer avec leur notes glissantes et moelleuses, le tempo est élastique, les percussions rythment efficacement cette chanson dont l'esprit reflète bien son côté revanchard puis roublard.

Quatres titres suivent, des ballades et des tempos lent, qui montrent clairement l'orientation musicale des disques PIR, affichant une obsession pour les arrangements d'un certain Baccarach.
Le lp se ferme sur l'un des sommets de la soul millésimé 70's, préfigurant les excès du disco. L'entrainant « Love train » se fait l'apôtre d'une musique fédératrice, qui sans se politiser porte en elle les stigmates d'une période propice à l'émancipation raciale.
Les o'jays restent avec ce premier effort comme les fers de lance de la soul locale, qui dans l'esprit de Huff et Gamble visé une destiné universelle. PIR, Motown puis Stax symbolise cette age d'or .
Ce manifeste vient de s'offrir un lifting complet, via une remasterisation efficace par le label anglais Big break records.

Bref un disque a la densité majestueuse, au contenu riche, a acquérir de toute urgence.


With The Gosdin Brothers
With The Gosdin Brothers
Prix : EUR 24,41

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 le Graal de Mister tambourine, 4 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : With The Gosdin Brothers (CD)
C'est en 1963, que Gene clark, originaire du Missouri, se plonge dans l'univers de l'industrie du disque, Les New christy Minstrel versent dans le cantique folklorique. Doté d'un physique d'apollon, ce beau brun ténébreux ne tarde pas à devenir la coqueluche du Los angelês bohème, il rencontre le new yorkais Jim Mc Guinn, fréquente le gratin californien de l'époque. Deux ans plus tard,1965 rime pour notre jeune Gene avec gloire et reconnaissance planétaire, la déferlante Mr Tambourine man s'abat sur la planète rock. Les Byrds s'imposent alors naturellement comme la réponse américaine au ras de marrée anglais nommé The Beatles.
Principale actionnaire dans cette aventure sonore, l'homme au tambourin, incarne le mieux l'image du hobo troubadour, à l'instar de ses copains Hillman et Crosby.
Des classiques instantanés dégueulent en masse de leur deux premiers lp, le majestueux She don't care about time, le tumultueux « Feel a whole lot better » puis le trippant « Eight miles high » portent l'empreinte du maitre de cérémonie.

Le prince Gene, réussit tout, drague et séduit les plus belles femmes du sunset trip de L A, conduit à tombeaux ouverts sa Ferrarie, puis gagne plus d'argent que les autres Oyseaux!Ne résistant pas à la pression institué par son chef, Mc Guinn, miné par ses excès lysergiques et éthyliques, Clark quitte le premier le groupe en plein vol.
Mais il se rattrape aux branches musicales, en montant un groupe de feu, le Gene clark group. le label Columbia qui garde sous contrat les Byrds, propose à Gene de mettre en pratique ses fantasmes musicaux. Et il surprend son monde,en rêvant de battre les Beatles sur leur terrain sonore. Il s'associe aux producteurs Larry mark et à l'immense Gary Usher (Curt Boetcher?), pour commettre l'un de ses meilleur disque.

Nous sommes à la mi 66, lorsque le nez bien remplit, et l'estomac gonflé au jack Daniels, Gene et ses sicos investissent les studios. On conte dans les rangs des mercenaires issus du Wrecking crew Glen Campbell( l'heureux idiot qui fut guitariste le temps d'une saison pour les Beach boys), Leon Russell, la section rythmique des Byrds Mickael Clarke, Chris Hillman) puis le guitariste surf Jerry Cole, sans oublier les frêres Gosdin, Rex et Vern.
Sur le papier le concept est donné gagnant, sa voix d'écorché vif, les arrangements baroques du producteur, puis surtout la virtuosité des musiciens ont de quoi faire pâlir la concurrence. C'est le cul coincé entre folk rock et poésie déclamée sous influence que le gene avance. Le label y voit l'éclosion d'un talent majeur capable de rivaliser en terme de popularité avec le King Elvis.
Et c'est vrai, cette voix envoutante réchauffe, chevrote, puis tremble de vie, c'est la musique qui réconcilie deux générations de mélomanes.
Sur la pochette, le bellâtre arbore les cheveux court, le grain de la couverture lui assure une dimension surannée, cet habillage magnifique puis austère révèle un goût prononcé pour une certaine idée, du classicisme.

Initialement oublié des crédits attribués aux participants, les frêres Gosdin de l'Alabama livrent des harmonies vocales de hautes voltiges, des instruments inhabituels pour ce genre d'exercice apparaissent aux grès des caprices du propriétaire des lieux ,un claveçin sur « The French girl », puis sur le single Echoes c'est un orchestre de cordes célestes.qui vient chatouiller no tympans.
Mais c'est un titre dantesque qui fournit au disque son droit d'appartenir à la dimension tant convoité de classique, l'épique « so you say you lost your baby » déballe une valse entrainante et faramineuse.
Des voilons viennent danser sur les accords aigres d 'une rickenbacker en roue libre, la voie se fait charmeuse et plaintive.
Bref, ce disques grouille de qualité!
Columbia, implore en vain pour que Gene, modèle la galette à l'image de celles de ses anciens compagnons de route, car il est vrai que sonner comme les Byrds, assurait une réussite, en produisant dividende et richesse instantanée.
Alors que Mc guinn passait à la vitesse supérieure, en proposant son Eight miles high, ce qui correspondait à l'avènement de l'ère psychédélique, Clark proposait une relecture peu orthodoxe du rock folklorique, ce qui avait pour conséquence de rendre obsolète ce premier effort solo.
Ce classique ne fut reconnut que tardivement, alors que clark s'éteignait de ses excès aux débuts des 90's. le disque immense d'un talent tourmenté!


Cosmic Vortex
Cosmic Vortex
Prix : EUR 21,11

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Cosmic Vortex, la justice divine, 26 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cosmic Vortex (CD)
Weldon Irvine, un cas discret dans la petite dimension du jazz Funk à consonance mystique.
Il est originaire de l'état de Virginie, ce musicien se penche sur les claviers dès son plus jeune âge, Piano Wurlitzer, Moog, Hammond sans oublier les autres, tous y passent. C'est dans les 60's, on ne sait plus quand exactement, que Weldon s'engouffre dans la jungle New yorkaise, il y intègre l'orchestre de Nina Simone, puis gagne le respect de ses confrères. A force de faire preuve de talent, il finit par occuper le fauteuil tant convoité de chef d'orchestre, puis il en profite pour écrire un hymne le « To Be Young, Gifted and Black ».
Ce titre militant pour l'égalité des droits civiques, devient lors d'une prestation dantesque donnée par Nina Simone, un pamphlet contre l'establishment ségrégationniste des Usa.
Weldon entame alors un marathon d'écriture, qui aboutit à l'éclosion d'un beau bouquet de chansons, des classiques en devenir qui fourniront de la matière pour les Stevie Wonder, Donny Hathaway ainsi que la très grande Aretha Franklin.
Avec les 70's, il s'acoquine avec la crème des musiciens jazz de la côte Est, Randy Brecker (Brecker Brothers), Billy Cobham, Bennie Maupin (Headhunters) puis Don Blackman seront de la partie.
C'est de cette période qu'éclot le gros de son œuvre, car sur presque une décennie Irvine dessine un futur doré pour le jazz funk.
Cet artiste, bien dans son temps, fusionne le jazz cuivré, les rythmes chaloupés Latin, puis la mesure binaire et implacable du funk, ce que l'on peut qualifier de « proto acid jazz »
1972 C'est sur son label Nodlew, que Liberated Brother intègre les bacs, suivi l'année suivante par l'énigmatique Time Capsule.
Conscient du potentiel de l'artiste, la compagnie de disque RCA (Record Company of American) lui offre l'opportunité de graver trois grands disques cosmiques : Cosmic vortex, Spirit Man et Simbad, comprenant leur lots de titres funky bien sentis.
Cette trilogie magique, fournira au rap une brochette d'artistes (Boogie Down Production, A Tribe Called Quest) très engagés politiquement et prônant le retour vers une conscience épurée.
Cosmic Vortex reste un LP visionnaire, les textes de Weldon préfigurent la rythmique linguistique du hip hop, car sur les deux titres chantés de la galette, les vers sont construit en rimes.
Dans sa ligne de mire, la politique inégalitaire du pouvoir des Usa, le pousse à approfondir puis à étoffer sa vision de la condition de la communauté afro américaine.
Des valeurs, il en a à revendre, le morceau d'ouverture « Love Your Brother », inspire le respect, le second titre lui stimule l'esprit et le corps par un rythme dansant à souhait, une bonne manière de faire l'apologie de l'effort physique. Car en effet son intitulé en dit très long « Walk That Walk, Talk That Talk ».
Mais c'est sur la deuxième face, que l'on retrouve un nom familier, Lenny White (batteur pour Miles Davis), et la longue suite « Cosmic Vortex » qui fusionne jazz et aventure rock.
Les doigts d'Irvine s'agitent savamment sur ses claviers, la flûte siffle des notes obsédantes puis la guitare débridée, lâche de longs soli acides, l'ombre de Miles n'est pas loin.
Comme épuisé par cet effort gargantuesque, les musiciens se laissent doucement aller sur le titre suivant, en jouant une balade en forme d'hommage au maitre Duke Ellington, Quiet.
Afin de réveiller l'auditeur engourdi, les deux dernières plages de la galette, enfilent pour la première le costume bariolé de la musique Latine, tandis que la seconde reprend le message principal « Love Your Brother » sous un fond percutant.
Cette alternance entre les styles, montre à l'auditeur la maîtrise du maitre des lieux, Irvine brille sur tous les registres, délivrant un message gorgé de respect, l'artiste crée un univers à la fois intemporel, puis énumère toutes les incarnations de l'expression sonore de tout un pan de la société dite « minoritaire ». Bref dire que le noir est beau, reste une métaphore juste, car dans le contexte d'une telle œuvre, le respect de l'autre demeure primordial!


Black Moses
Black Moses
Proposé par lpcdreissues
Prix : EUR 19,07

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 le saint graal, une voie prophétique pour la soul!, 25 septembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Black Moses (CD)
Le Moise de la soul, voit le jour en 1942 à Covington dans le Tennessee, prématurément orphelin, il est recueilli par ses grands parents. Se découvrant des capacités de créateur sonore, il débute par le chant, puis découvre en autodidacte d'abord le piano, l'orgue, puis le saxo. Ses premiers pas artistiques il les fait en pleine période Doo Wop. Migrant pour Memphis, il ne tarde pas à atterrir chez les Markeys de la firme Stax, afin de souffler dans son instrument.
Jim Stewart et Estell Axton ( le nom du label St Ax allie les deux premières initiales des deux co-fondateurs) regroupent au sein de leur structure certains des meilleurs artistes noirs, alors qu'eux sont blancs. Par ce biais, il constitue l'une des premières initiative multiraciale, Isaac hayes y fait la connaissance de David Porter, puis sous le nom de Soul Children inscrit sa griffe dans certains des classiques du label.
Mais c'est après la mort de la tête d'affiche du label, Otis Redding, que le noir au crane lisse commence à graver ses chansons dans la cire, 1968 c'est le prémonitoire « presenting » qui plante le décor. Les galettes s'enchainent d'une manière régulière, sa formule reste pourtant simple: s'approprier la soul de ses ainés (Sam Cooke en tête'.), reprendre la formule usitée par les musiciens issues de la scène populaire, en ralentir au maximum le tempo, puis allonger le temps moyen du titre. En fait il renouvelle la soul en y rajoutant une once de Easy Listening, sans oublier de grossir le trait « raciale », éclaboussant de cuivres et de cordes grandiloquente l'édifice.
Son travail, totalement novateur, commence à intéresser le grand publique, le cinéma s'empare du cas, avec la naissance d'un genre à part entière la Blaxploitation.
Le Nom de Isaac hayes reste alors indissociable de Shaft, sorte de privé qui gravite dans le Harlem des 70's. C'est avec son Riff de Wah Wah que ce sorcier de studio, obtient une reconnaissance universelle. Mais notre bonhomme affiche d'autres ambitions, sa carrure de catcheur, sa barbe de druide coloré, lui donne le droit d'incarner une icône pour l'ensemble de la communauté noire.
Triomphant au Festival de Los Angelès « Wattstax», il s'affiche sur la scène en prophète mystique, s'habillant de chaines, levant les bras au ciel, il se veut comme l'incarnation de l'émergence de la nouvelle souche de la société « Afro américaine »... Il rêve de liberté pour ses brothers.
Hayes vit alors l'apogée de sa carrière, lorsque il enregistre son chef d'oeuvre, Black moses. Ce monument de la soul funk, s'inscrit dans un registre riche et confortable. Ce double album foisonnant, enfonce les portes, puis pulvérise les limites admises du genre, on y trouve les prémices du Hip Hop sur « Good love ».
La reprise du thême écrit par Burt Bacharach puis popularisé par les Carpenters « (They long to be ) Close to you » ose un mariage contre nature, s'autorisant à copuler avec une mélodie issue de la classe blanche, le plus noire des artistes Stax, flirte avec les platines du public blanc!
Le medley « Ike's rap/ Help me love à la rythmique élastique et sa mélodie de cordes à dimension quasi symphonique annonce le trip hop de Brighton .
Mais c'est la section rythmique de son orchestre, le Isaac Hayes Movement qui fait enfin admettre le funk au pays de la soul, cette action conjointe de l'oeuvre de Mister James Brown, fait que le genre évolue en harmonie avec les autres branches de la musique dite « Black ».
L'emballage reste à la hauteur de l'oeuvre et de sa porté sociale, la pochette se décline en quatre volets, Isaac prend une pose toute suggestive, affublé d'une tunique qui semble sortir de la Judée antique. L'intention est claire, il faut intimider et se montrer fort, sur le revers de la pochette le Black moses résiste au poids important de ses chaines.
Isaac Hayes sacralise sa soul, livrant un opus gorgé d'un beau bouquet de covers, il tente de brosser un panorama musicale de l'époque: Les jackson 5, Curtis Mayfield, le tamdem de Philly Gamble & Huff s'enchainent, pour ensuite s'engager sur un terrain country, via le « For the good time » Kristofferson.
Au travers de ce melting pot musicale, la ville de Memphis (Tennessee) et ses deux Labels Stax et Ardent , demeure avec Mushell Horns (Alabama) le centre névralgique de l'identité sonore du sud profond. Et il faut bien admettre, que Mister Hayes a joué son rôle dans ce chaudron bouillonnant.
Black moses réconcilie deux souches de la population américaine par le biais de son expression musicale, puis demeure le sommet de l'homme chauve à la voix chaude!


The Solo Albums: Volume 1
The Solo Albums: Volume 1
Prix : EUR 19,19

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Smokey enfume la soul.... pour la rendre douce, 16 septembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Solo Albums: Volume 1 (CD)
Smokey Robinson est un des fleurons de la firme Motown lorsque le label se délocalise pour la côte ensoleillée californienne. Cette nouvelle décennie s'ouvre sur une volonté d'en découdre avec l'hégémonie quasi castratrice du patron aux mille succès, Berry Gordy. Wonder, Gaye, Robinson obtiennent une autonomie sans précédent dans l'histoire du label, la soul s'en retrouve liftée! Introspection, textes à caractère politique, arrangements voluptueux sont au rendez-vous. Robinson, l'homme à la voix de fausset, redessine sa carrière en sortant successivement deux disques charnières : Smokey et Pure Smokey.
Prenant l'initiative de quitter ses Miracles, l'année 1972 sonne pour le Noir aux yeux bleus comme l'avènement d'une deuxième vie. Vice-président de la super structure de Detroit, il est un des rares à s'opposer à la décision d'envoyer la Motown à Los Angeles, alors que Gordy mise beaucoup sur cette réorientation géographique. C'est là peut-être la meilleure façon de se rapprocher de Hollywood, puis flirter avec le faste de l'Amérique blanche. Le son du label de Detroit trempe dans le chaudron psyché et un producteur, Norman Whitfield, donne une nouvelle norme sonore pour les Noirs.
Les titres s'allongent, puis les artistes maison perdent enfin leur candeur, en produisant des singles abrasifs. Très loin de la dimension de la décennie précédente, les rythmes syncopés et les wah wah remplacent les violons mielleux, les cuivres clinquants et les chants ressemblent à s'y méprendre à des incantations faustiennes.
C'est la fin de l'hédonisme niais des 60's, les 70's transpirent alors la luxure en se baignant dans un bain de rythmes irrésistiblement binaires.
Avec son premier LP solo, Smokey, William de son vrai nom, s'enferme en studio avec Willie Hutch. Nous sommes en 1974. Hutch édite coup sur coup deux B.O. qui dessinent les contours sonores de l'ère Blaxploitation, le groove habite cette musique typiquement afro américaine.
L'ambiance qui se dégage de Smokey reste très intimiste, cette soul feutrée croustille dans les tympans, puis chatouille gentiment nos mollets. Robinson frappe fort, mais veut se débarrasser de son étiquette de chanteur de bluettes, les critiques le comparent à un « Dylan Noir, chantant avec la voix de Paul McCartney », ce qui reste comme une comparaison totalement incongrue.
Les choses s'emballent l'année suivante avec Pure Smokey, qui reste un de ses sommets. Les ballades ont partiellement disparu, les titres sont largement plus rythmés.
Smokey déballe le grand jeu, la rythmique est élastique, ses textes révèlent une belle sensibilité poétique, puis sa voix contribue largement à la magie de sa soul urbaine.
Ce deuxième effort reste aussi comme sa première production totalement autonome, c'est lui qui pousse les boutons de la console. Neuf titres qui annonce une transition sur l'ensemble de la production de l'artiste, en modernisant une bonne partie de son approche musicale.
De l'ouverture de « It's her turn to live », qui recycle partiellement la recette qui a fait le succès de ses Miracles, il incorpore un jeu de percussions percutant.
Sur la plage suivante, sa voix feutrée fait des merveilles, « The love between me and my kids », justifie élégamment l'amour qu'il porte à sa famille.
Mais le titre qui ressort de l'ensemble demeure le single « Virgin Man », une ode sur l'humilité:
« I was thinking that very few guys like to admit they're virgins : Je pensais que peu de mecs admettaient leur virginité », Expliquant ensuite « because the macho thing is not to be a virgin, guys make up lies about sex, to pretend they aren't virgins when they are : Parce que la chose machiste n'est pas d'être vierge, mais de mentir sur sa « réelle condition » de virginité ».
Sur ce refrain moralisateur, la wah wah de Melvin Ragin (alter ego de Dennis Coffey) égrenne ses cris lancinants, les cuivres claquent et la batterie de Jeff Osborne ondule malicieusement.
Le titre vacille, puis manque de peu les marches du top ten des charts R&B de l'époque.
Ce bijou de disque n'est pas si éloigné des graals publiés par Wonder et Gaye pour l'époque, il contient même de belles perles comme le dernier souffle « A Tattoo » qui clôt glorieusement cet effort.
Deux belles galettes qui restent un must pour tout amateur de musique afro américaine.


Bradley's Barn
Bradley's Barn
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 27,95

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 les très beau brummels dévisagent la country à Nashville, 25 août 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bradley's Barn (CD)
Oublions les vieilles rengaines, qui visent à dire que l'origine du country rock s'appelle « Sweethearts of Rodeo », Les Byrds et le International Submarine band de Parson, se sont contentés de réinterpréter des classiques du Grand Ole Jopry.
Le Buffalo Springfield, reste à mon sens le vrai pionnier sur ce terrain, mélangeant rock psyché et juteux californien, puis bluegrass du Kentucky, tout en servant des titres totalement originaux.
Mais un autre groupe, bien plus ancien que les trois sus-cités, fait figure de référence sur le terrain de l'American music, Les Beau Brummels ont été les premiers à jouer le folk rock tel que les rockologistes le connaissent.
Nous étions dans le dernier quart d'heure de la british invasion, Les Beatles à San Francisco s'appelaient les Beau Brummels.
Un chanteur Sal Valentino, liait sa belle voix plaintive aux arpèges carillonnant de l'énorme guitariste Ron Elliott, découvert et couvé à l'époque par Sly Stewart (futur sly Stones), ce quintet avant gardiste, avait sorti Laugh Laugh (1964) avant Mr Tambourine man (1965). Coiffant sur le poteau la scène Angelenos, les Brummels éditèrent le très beau disque « «Introducing the Beau Brummels » en Avril 1965, avant que Mac Guinn et ses Byrds eurent le temps de brancher leur instruments pour Mr Tambourine man : Juillet 1965).
Valentino, Elliott, John Petersen (futur Harpers Bizarre), Ron Meagher puis Don Irving avaient le potentiel, pour devenir la sensation de San francisco. Préfigurant l'ére psychédélique, la voix mixée très en avant, puis le traitement des guitares avec des filtres et effets, leur assurait toujours une longueur d'avance sur la concurrence.
1968, puis trois disques après l'épopée Autunm Records, Les Beau Brummels sous l'impulsion du producteur Lenny Waronker prennent l'avion pour Nashville.
De la formation initiale, seul le chanteur Valentino puis Elliott sont de la partie.
Le choix de la Warner se porte sur un disque incluant onze titres originaux, le tout est enregistré dans la grange d'Owen Bradley, fameux ingénieur du son qui a travaillé pour des pointures tels que Georges Jones, Buddy Holly.
Pour la première fois Ron Elliott, diabétique chronique, sort de Californie pour enregistrer ce qui reste à ce jour le sommet d'un genre, mais pas que.
En effet le lp, transcende les limites instaurés par le genre musicale, pas totalement folk, pas complétement Country, mais totalement aventureux, le country rock du 6 éme lp de la formation San Franciscaine, préfigure le côté baroque, du No other d'un certain Gene Clark.
Pour l'heure, des musiciens de session sont recrutés, parmis eux on note la présence de David Briggs aux claviers (session man pour Presley, à ne pas confondre avec le producteur et amis de Neil Young), Kenny Butrey ( fameux percussionniste pour Dylan sur Blonde on Blonde, Nashville Skyline, et John Wesley Harding ), puis trois Guitaristes dont Jerry Reed ( session man pour Presley, puis représentant d'une country assez progressiste incorporant sur son lp de 1975 « Red Hot picker », des éléments funky).
Les sessions débutent en février 1968, les chansons au nombre de onze, ne sonnent pas comme des standards, mais laisse échapper un vent de renouveau sur l'ensemble de la production de l'époque, en empruntant à la musique classique!
Réussissant une double prouesse, le producteur Waronker parvient à faire de ce disque, une oeuvre dépouillé et simple, en utilisant la voix du chanteur sans ajouter d'effet. Les Guitares limpides sonnent très contemporaine, puis le minimalisme ambient évite le piège de la boursouflure.
Ainsi Turn around, Little bird et l'énorme Cherokee Girl sonnent arrides, voire assez désolée mais parviennent à rester captivante du début à la fin de l'écoute, se mettant intelligemment en danger sans sombrer dans le plagiat.
Réédité cette année, par le label Rhino Handmade, ce sommet de la musique américaine est livré dans une pochette en forme de livre, proposant un fabuleux booklet, augmenté d'un second cd proposant miriade d'inédit. Avec ce traitement luxueux, les Brummels peuvent dormir tranquile ! On est pas prêt de les oublier!


Present Tense
Present Tense
Prix : EUR 14,73

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 symphony for the childs, 5 juin 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Present Tense (CD)
Il était une fois, une époque où magiciens, bardes et chanteurs aux timbres angéliques peuplés les studios californiens. Historiquement, on a coutume de rattacher ces prouesses musicales à la gestation du Pet Sound de Brian Wilson et de ses frères.
Pourtant de tels miracles sonores restent indépendant les uns des autres, pour preuve cet ovni/opus aux sommets divins. Boettcher, véritable sorcier des sons débute sa carrière de compositeur, comme vulgaire chanteur de folk, au sein des Goldebriars.
Se situant dans le sillage des Beatnicks du Greenwich Village , ce trio vocal mixte singe à peu près tout ce qui est à la mode, envolée vocale, harmonie céleste et accords de guitare chétifs. Les soeurs Holmberg et Curt infantilisent le genre, pour en faire un véhicule proche des nursery song pour enfants de bas âges.
Mais heureusement l'époque se charge de leur rappeler que le public a d'autres chats à fouetter!
Le résultat prend des allures grandioses, The Ballroom se débarrasse de sa carapace minimaliste, pour enfiler son costume d'ambassadeur de good vibration locale. Curt s'entoure d'un collectif d'artistes illuminés, Sandy Salisbury, Michèle O'Maley, Ron Edgar.
Redéfinissant les règles du genre, le groupe signe pour les disques Columbia, Curt et ses comparses parviennent à créer une espèce hybride, une pop ensoleillée gorgé d'harmonies vocales, terriblement novatrice pour l'époque.
Obéissant à une seule idée, cet orchestre innove puis s'oriente vers l'inconnu, les partitions se veulent avant gardiste tout en conservant ce fond innocent.
L'année suivante, Curt vie enfin son rêve lorsqu'il réussit à rassembler au sein de l'orchestre The Millennium, sept alter égo aussi mystique que lui.
Joey Stec, Mickaêl Fennely, Doug Rhodes forment une confrérie de musiciens vraiment unique, multi instrumentistes chevronnés, ils explorent les limites du genres en avalant des tonnes de stupéfiants.
S'habillant en vieux précepteurs, ils rêvent en lisant Tolkien, s'enferment dans leur studio sur les hauteurs de Hollywood, puis ils contribuent à inventer la pop dite « progressive ». Le résultat apparaît sous le nom de « Begin » (commencement).
Toutes les pistes y sont explorées, Phasing, effets sonores en tous genres puis compositions de haute voltige le meublent.
Le disque en fait frémir plus d'un, mais échoue de peu au porte de la reconnaissance! Le tout restant évidemment trop compliqué pour le grand public, The Millénium affiche une sérieuse longueur d'avance sur son époque.
1968, Gary Usher (ingénieur du son pour les Beach boys) produit le cinquième effort des Byrds, Boettcher y voit l'occasion de s'incruster lors des séances d'enregistrement, tout en profitant pour mettre sur pied le projet (trop?) ambitieux Sagittarius.
Les deux hommes fournissent au rock local une belle histoire emprunt d'une magie intemporelle.
Conçue comme un conte de fée, le disque enchaîne les perles, les voix sont traitées par des filtres sonores, les harmonies limpides sortent toutes de la bouche de Boettcher.
Alternant symphonie: « Song to the magic frog », sonates de poches « Would you like to go », cantates angéliques Musty dusty, la galette invite au rêve le plus doux, transportant l'auditeur lambda dans des contrées secrètes, prenant le soin de lui en mettre plein les tympans.
La production met l'accent sur la complémentarité entre les voix, les nombreux instruments et les mélodies parfaitement troussées.
Sagittarius marque faiblement les esprits, le single My World fell down raffle la 70éme place du Bill board à tort.
Son mélange à la fois ésotérique puis féérique, captive et enchante, puis surprend « d'Another time » jusqu'au Final « Love Fatal Way », redessinant le futur d'une pop à la fois très sophistiqué et innocente... Bref du grand art!


Rise & Fall of Honesty
Rise & Fall of Honesty
Prix : EUR 14,49

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 the dark side of the americana, 22 mai 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rise & Fall of Honesty (CD)
Comme se plaisent certains à dire que l'Américana est une musique dite jeune, on peut affirmer que ce genre existe au moins depuis la fin des 60's...Prenant racine dans les recoins arides du désert du Mojave, elle plonge en pleine effervescence hippy du côté de Laurel Canyon, le groupe Manassas demeure l'incarnation de cette fusion stylistique.
Malaxant le folk, la Country/ Bluegrass puis la pop, des hordes de cowboys bouseux viennent s'échouer à Los Angelès, pour graver dans la cire leur vision plus ou moins prophétique du futur de la musique Américaine! Les groupes versant dans cette mélasse s'agglutinent dans les bacs des disquaires de l'époque, de 1968 à 1972 les disques Capitol balancent trois artistes mémorables : Euphoria, Hearts and Flowers et le duo Maffitt & Davies.
Nickolas Venet, producteur pour le label, marche sur les plates bandes des Byrds, puis tente avec un certain aplomb de ramener son label Capitol à flot, afin de contrer Atlantic et la Columbia.
International Submarine band, Flying burrito Bro' et le Buffalo Springfield électrifient la country, de nombreux disciples s'engouffrent dans la brèche, puis les vieilles complaintes de Cow boys reviennent à la mode.
Avec cette époque bénite, certains troubadours du folk refont surface: Doug Dillard, Gene Clark, Fred Neil, branchant les amplis et troquant le whisky pour le chanvre.
Bref l'époque est à la compétition, Les Byrds franchissent selon certains, la barre avant tout le monde, d'autres à l'existence plus confidentielle parviennent à les surpasser!
Le duo Maffitt & Davies se forme en 1964, entre les deux côtes des états unis, sillonnant de long en large le continent, ces saltimbanques illuminés écument toutes les scènes que compte les villes qu'ils traversent. Dans le sillage des formations dans le coup, ils s'habillent de costume, calquant leur jeu de scène sur celui des Kingston Trio, ils rappellent le duo Simon Garfunkel sans les harmonies. En trois ans les modes changent, le folk rock se chargent de bouleverser la donne, désormais on étoffe le son par l'emploi de plusieurs instruments, mettant un terme à l'aspect chétif du folk.
Sur cet angle, le disque The rise and fall of honesty fait mouche, les arrangements sont luxuriants, des cordes enveloppent les voix monocordes puis d'autres sonorités que l'on attendait pas ici, font surface, un orgue aigrelet, un tabla...
Les histoires « maudites » du duo, relatent les difficultés du siècle passé, un peu comme l'avait fait avec un peu plus de complaisance Ray Davies des Kinks. Un titre justement rappelle étrangement la « fausse » jovialité du Face to face, Forest lawns sur lequel un dobro nonchalant appuyé d'un clavier aigrelé trainent la patte, rajoute une dimension visionnaire à ce disque.
La palme de la noirceur revient au titre Landscape grown cold, une superbe litanie, qui annonce avec plus de 20 ans d'avance la country alternative, celle que l'on écoute aujourd'hui. Sur cette balade vénéneuse le duo, égraine des notes chargées en distortion, un harmonium déboule sans prévenir, plongeant l'auditeur dans un cauchemar qui glace les sangs. Désolé comme jamais, leur Américana psychédélique laisse en bouche un goût de poussière, emportant avec lui l'auditeur dans des contrées désolées.
Plus loin, le Time of towns offre un dépouillement spectaculaire, les voix lancent la chanson, puis un piano finit par les rattraper pour se fondre dans une masse en forme de bouquet final, la galette observe les mêmes variations, alternant spleen et beauté crépusculaire.
Mais que l'on se rassure, ils n'ont pas non plus inventé le rock Gothique, l'oeuvre n'appelle en rien au suicide, elle renseigne plutôt le mélomane sur une période créatrice mal connus du grand public, quelque peu aveuglé par les très médiatisés Flying Burrito ou les Byrds!
The rise and fall of honesty sort à l'époque d'un autre grand lp, le A gift of Euphoria (Cf voir ma chronique ), deux ovnis qui passèrent au travers de cette époque.
Cette première réédition en cd, voit la résurrection de sept inédits d'époque, où le duo passe à la moulinette de très belles perles.. Rev Ola toujours impeccable dans le choix de ses rééditions, permet à un magnifique disque de s'offrir ici, une seconde jeunesse, en ajoutant à l'édifice, déjà très riche, une pierre fondatrice .
The rise and Fall se doit d'intégrer toutes discothèques, en le coinçant entre les élucubrations cocainés des Burrito...puis les délires lysergiques de toute la west coast!


4
4
Proposé par TUNESUS
Prix : EUR 31,15

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 du rififi chez dame pop solaire, 25 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : 4 (CD)
Perdus dans le Hollywood des 60's, un quatuor quelque peu atypique réinventa, la pop à sa manière. Concevant leur univers, comme un vieux film en panoramique, Ted Templeman, Dick Scoppetone, Eddie James, Dick Yount et John Peterson ne se contentent pas de se raccrocher au diktat édifié par les Beatles. La pop de ce quintet s'abreuve d'une enveloppe surannée puisant ses racines dans le broadway des 20's, puis l'envoie virevolté vers l'hédonisme californien. Formé en 1963, la formation revêt plusieurs incarnations, se fixant autour du producteur Lenny Waronker, Les Tikis vivent les prémices de la surf music. Suivant la même trajectoire que les Turtles, le quintet originaire de Sausalito délaisse la surf musique passée de mode, pour s'engouffrer dans les studios de Los Angelès.
1966, le bal s'ouvre sur des reprises très travaillées, Paul Simon, Randy Newman, Harry Nillsson, Prokofiev subissent le traitement spécifique des Harpers.
Repeignant ces classiques à leur manière Ted, Dick parviennent alors à créer un style originale, la sunshine pop, Come to my sunshine reste le premier titre joviale de la formation.
Considéré comme trop ambitieux par la maison de disque Warner, cette dernière rechigne à laisser le groupe de déverser toutes ses couches de bonne humeur sur leur partition liquoreuse.
Cependant la formation réussie à accrocher les charts, ses friandises sont appréciées par une grosse part du grand public, qui fuit plus que tout les « affres sauvage » du rock psychèlique .
Tant mieux! Car les Harpers sont beaucoup plus que des charlatans, ils s'inscrivent dans la lignée si délicate des Left Bankes, puis forme une réponse pertinente à l'autre groupe champion de cette catégorie The Associations.
Véritable gouffre financier, les arrangements du groupe restent parmi les plus charmant pour cette période, des hordes de musiciens chevronnés, des instruments exotiques et les moyens mobilisés pour l'assouvissement des fantasmes du groupe restent sans équivalent pour l'époque.
Evoluant dans leur bulle, Ted et son comparse font fructifié leur savoir faire, jusqu'à sortir quatre disques, le quatrième qui fait l'objet de ce texte, reste le plus sobre.
Réduit à un quatuor, le groupe revoit sa stratégie, révisant sous la contrainte leur moyens de production sonore, ils finissent par sabrer l'orchestre symphonique.
Le répertoire du groupe se scinde en deux partie, les titres originaux et les covers, puisant dans le patrimoine du label Stax ; « Knock on wood » d'Eddie Floyd, « Hard to Handle » d'Otis Redding, un titre des Beatles « Blackbird »....
En désarticulant les titres originaux, le groupe parvient à les réinventer, les titres du label Stax sonnent comme des symphonies envoutantes, donnant une profondeur étonnante pour le son rugueux de Memphis.
Plus loin, « l'oiseau noir » de Mc Cartney s'envole avec légèreté vers l'arc en ciel.
Le reste de la galette évolue sous le signe de la bonne humeur, alternant symphonie de poche et ballade bucolique, lézardant sous les rayons du sunset trip.
Le vieux fantasme du créateur qui consiste à défricher les contrées vierges, semble apparemment atteint, la production sonne contemporaine (très fraiche pour l'époque), puis les thèmes développés peuvent se retrouvés sur pas mal de disque actuel.
Ce disque passé un peu inaperçu à l'époque, réveille les ardeurs de l'amateur de pop sucrée et fruité, éclairant de ses rayons solaires une époque déjà très chargé en miracle sonore.
Sur cette édition, qui date déjà de huit ans, le label Sundazed propose un single inédit, deux magnifique titres, "Poly high" de Harry Nillson puis "If we ever needed the lord before". Ces deux titres annoncent avec fracas, le rock dit « californien », Choeur et harmonie vocale en tête puis mélodie taillé pour l'autoroute.
Oui!Une belle rencontre donnant l'envie de se pencher sur l'histoire de cet orchestre hors norme puis surtout (re) découvrir le vraie sens de la musique pop ' qui se veut en dépit du reste légère et agréable.
Bref c'est peut être ça , le bonheur!


Sound Affects
Sound Affects

7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Paul, Rick et Bruce sont au sommet, 29 mars 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sound Affects (CD)
Au début de l'été 1980, Paul Weller souffle sur sa vingt deuxième bougies. Quatre albums (In The city, This is modern world, All mod coms, Setting sons) et une poignée de singles installent le trio de Woking au sommet du podium.
The Jam fait état de ses progrès, jadis représentant fougueux d'un punk enrichie à la sauce moderniste, ils emboitent le pas pour toute une génération de musiciens, en devenant le chainon manquant entre un passé sonore fastueux, puis un futur rafraichissant. A l'époque on parle de New wave: Wire, Gang Of four, Joy Division en deviennent les têtes d'affiches.
Les Jam posent leur valises à Sheperd bush, Weller s'empiffre de Bitterest pills, Foxton empoigne sa basse Rickenbackers, puis le batteur Buckler ressuscite l'hyper-activité de Keith Moon.
Les Jam incarnent le futur de la pop anglaise, Weller tombe sur le cas des Creations (groupe mythique des swinging london), Foxton nourrit une obsession pour deux titres de Lennon : « Rain, And your bird can sing ».
Bref c'est une nouvelle ère qui s'ouvre au trio: « le psychédélisme », la distortion est de mise, les textes jadis vindicatif et virulent se muent en poème parfois surréaliste.
Weller découvre avec beaucoup d'enthousiasme les possibilités offertes par le studio, se prenant de passion pour les travaux de Quincy Jones sur le disque de Michael Jackson « Off the wall ».
La soul pénètre insidieusement l'univers du leader, puis la production de Vic Coppersmith assure enfin au groupe, son identité sonore.
Un son qui vogue en terrain léger, puis parfois menaçant, avec un sens de la précision qui lorgne vers une certaine idée de la perfection.
Bref le trio livre un de ses sommet, Polydor qui a investie tous ses espoirs dans ce groupe au potentiel énorme, peut se frotter les mains; That's entertainment n'est que 20 éme des ventes de singles, mais le simple « Start! » culmine en tête des charts.
Un triomphe pour les Jam!.
Sound affect grimpe à la seconde place des classements Britannique, puis les installent durablement dans l'affectif insulaire.
En l'espace de onzes titres, ils concilient musique populaire, commentaires sociaux et esthétisme hérité de l'ére pop art. Sound Affect est plus qu'un disque, il devient l'objet par lequel tout les mod s'identifie, avec la pochette qui affiche un montage photographique digne des glorieuses sixties.
Les singles issues de l'album restent assez mordant, d'une part musicalement Start n'hésite pas à s'imprégner de la ligne de basse du Taxman des Beatles, tandis que That Entertainment se révèle dans une acoustique faussement tranquille.
Les Textes demeurent très acide, Weller décrit la vie de l'époque avec un style très engagé, alternant passage tendre et coup de gueule violent.
Sur That's entertainment il met en opposition l'éveil de la vie après une nuit de sommeil, avec la relative envie de tout foutre en l'air, tout en s'auto persuadant que c'est amusant.
Opposant différent contexte, Weller réussit à donner une suite aux travail de Ray Davies des Kinks, Pretty green affiche une relation saine à l'argent... Le décrivant comme un moyen d'échange. Sans verser dans la complainte, Paul fait évoluer son texte vers un constat; il faut choisir entre son intégrité ou son avarice.
Bref, on reste assez loin de la leçon de morale, le trio évite le piège tendu par ce type d'exercice, en faisant un bras d'honneur à la démagogie . La musique se charge de démontrer que Bruce, Rick et Paul sont ici pour faire parler leur instruments, et là l'ensemble parle de lui même... Succès critique et commerciale.
En conclusion, si certains portent leur préférence sur All mod coms, Sound affect effectue avec son titre explicite, un virage dans le subconscient des jeunes britannique, en proposant une homogénéité unique dans toute la carrière du groupe.... Le sommet est atteint, Polydor peut dormir tranquille....Mais les fans doivent s'inquiéter car la chute interviendra deux années plus Tard, avec le cadeau empoisonné « The Gift ».
Cette nouvelle édition, propose dans sa version remasterisé l'album, puis un cd d'inédits très intéressant. Un achat indispensable pour tous les amoureux de la brit pop!


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