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Contenu rédigé par Gerard Müller
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Commentaires écrits par
Gerard Müller "médicactus" (Nouvelle Caledonie)
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Seins
Seins
par Ramon Gomez de la Serna
Edition : Poche

4.0 étoiles sur 5 Un livre étonnant., 30 juin 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Seins (Poche)
Seins/Ramon Gomez de la Serna (1888-1963)
« Singuliers, fragiles et éphémères, les seins sont la permanence de la Femme, mais aussi son attribut le plus sujet à l’irrémédiable outrage du temps : ils naissent, pointent, bourgeonnent, éclosent, s’épanouissent, se fanent et sèchent et ils sont le symbole fascinant et tragique de la caducité de la vie humaine.»
Ainsi s’exprime le traducteur et écrivain de la longue et très belle préface de ce livre de Gomez de la Serna, Benito Pelegrin.
Publié en 1917, et traduit seulement en 1992, ce livre évoque non seulement le fétichisme dont furent toujours l’objet les seins de la Femme, mais encore la synecdoque de la Femme réduite à ses seins, par petites histoires très courtes, amusantes le plus souvent et dans un style léché et lumineux, illustrant magnifiquement le ravissement procuré par la vue de l’organe parfois qualifié de peccamineux. Un livre évoquant la tranquille et souriante contemplation du spectacle des innombrables seins grappillés par l’auteur dans les vergers de la vie, et ce dans un style … :
« Oh ! les baies juteuses des seins, pulpeuses et pleines bien que non comestibles, et sans aucune saveur au bout, sans terme qui en épuise le goût. »
« Les seins de l’oiselle sont plus durs que jamais, durcis au fond du nid du corset…et le roi attrape cette colombe et plonge aussitôt ses mains vers les fruits de la femme qui résument en eux le pain tendre et l’œuf dur écaillé… »
« Seins alabastrins, éburnéens, fleurdelysés au fond, incandescents, flamboyants, érectiles. »
Le chapitre sur les seins de l’art est particulièrement intéressant : l’auteur compare les peintures de Botticelli, Cranach et autres Tintoret. Une étude de la morphologie des seins et de ce qu’ils veulent exprimer.
Parfois se glisse dans le propos une petite touche de perversité, mais sans aucune lubricité :
« Oh ! ce braconnage : les attraper soudain par derrière ! Pris ainsi ils s’abandonnent à la vérité… »
L’auteur enfin se tourne vers les écrits du passé.
Anacréon, grand poète grec (550 av. J.C. 464), soutenait que pour être belle, la poitrine d’une femme ne devait pas être plus volumineuse que deux œufs de tourterelles. On supposera qu’il s’agit d’une licence poétique !
Les « frères jumeaux » du Cantique des Cantiques de Salomon lui furent sans doute inspirés par ses amours avec la reine de Saba lorsqu’il lui disait :
« Ni le nard ni le cinnamone
Ni le safran du désert
Ni la myrrhe la plus suave
N’embaument plus que tes seins. »
Et puis il cite Renoir qui affirmait qu’il n’aurait jamais touché un pinceau si les seins n’existaient pas.
À lire tranquillement au fil des jours ce recueil baroque, hymne aux variations étonnantes riche de métaphores délirantes, évoquant « les seins, ces deux grandes larmes que verse la beauté sur la fugacité. »


Beethoven:Piano Concerto No.5
Beethoven:Piano Concerto No.5
Prix : EUR 40,02

5.0 étoiles sur 5 Excellentissime version., 28 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven:Piano Concerto No.5 (CD)
Ludwig van Beethoven (1770-1827) Concerto pour piano N°1 & 2/Mitsuko Uchida/Symph.Orch.Bayer. Rundfunk/Kurt Sanderling (1997)
On ignore souvent que le jeune Beethoven fut d’abord un excellent pianiste et un improvisateur de grand talent. Musicien de cour et professeur admiré, il fut amené à composer des concertos pour piano pour affirmer sa suprématie sur des concurrents tels que Hummel et Clementi. Les concertos 1 & 2 étaient prévus pour être joués par Beethoven lui-même pour se faire connaître.
Le N°1 en ut majeur op 15 fut composé en 1795. Souvent retouché au fil des exécutions par Beethoven qui ne lui trouva sa forme définitive qu’en 1800, cette œuvre fut dédiée à une des élèves les plus douées du compositeur, la Princesse Odescalchi. L’influence de Haydn et de Mozart peut être perçue comme un hommage à ses deux prédécesseurs.
Le N°2 en si bémol majeur op.19 fut écrit en 1794 et joué en 1795, donc terminé avant le N°1. Il fut créé par le Beethoven lui-même au clavier et Salieri à la baguette.
La fougue et la précision de Mitsuko Uchida apporte ici beaucoup à ce deux œuvres très connues.


Le pays du lieutenant Schreiber : Le roman d'une vie
Le pays du lieutenant Schreiber : Le roman d'une vie
par Andreï Makine
Edition : Poche
Prix : EUR 6,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un livre multiface, touchant et fort., 27 juin 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le pays du lieutenant Schreiber : Le roman d'une vie (Poche)
Le Pays du Lieutenant Schreiber/Andréi Makine
C’est à la suite de la publication en 2006 de son livre « Cette France qu’on oublie d’aimer » qu’Andréi Makine reçoit un courrier de J.C. Servan-Schreiber qui désire le rencontrer pour lui parler de sa guerre à lui, de son engagement comme officier, de son renvoi avec la Légion d’honneur en 1941 parce qu’il est Juif.
JCSS entrera à la suite dans la Résistance.
Et Makine va l’encourager à écrire son histoire…
Mais, de nos jours, les éditeurs ne sont pas franchement intéressés par la publication de mémoires de guerre.
C’est au cours de 2010 qu’Andréi Makine annonce à Jean Claude Serva-Schreiber âgé de 92 ans que ses souvenirs de la Seconde Guerre Mondiale n’ont pas connu le succès escompté.
À la suite de cet échec Makine pose des questions en évoquant un certain nombre de faits d’armes qu’a connu le lieutenant Schreiber. Mais pas seulement…
C’est un livre fort et touchant, très bien écrit, dans lequel le système en prend pour son grade.
La « littérature » française contemporaine est aussi la cible de Makine, « une littérature légère, jetable, de divertissement par des auteurs qui prostituent leur plume et encombrent les librairies…avec en prime la crétinisation des masses par les séries télévisées et les livres qui imitent ces séries…Un ignoble égout qui impose aux milliards d’humains décérébrés ce qu’ils doivent penser, , aimer, convoiter, ce qu’ils doivent apprécier ou condamner. Le seul but de cette entreprise de crétinisation est le profit. »
Et d’ajouter :
« Un pays rendu invisible derrière les frétillantes idoles d’un jour, clowns de la politicaillerie scénarisée. »
Makine , dans un autre domaine, se livre à une mise en pièces de l’existentialisme, vouant aux gémonies Sartre, Camus, Simone de Beauvoir et compagnie qui festoyaient pendant que Scheiber et ses compagnons allaient au casse-pipe :
« En 1955, presque aveugle, à la santé ravagée, Chalamov quittait le goulag pendant que Sartre succombant aux charmes du régime soviétique, déclarait que la liberté de penser, en URSS, ne connaissait aucune entrave ! »
Chacun pensera ce qu’il veut de ces règlements de compte. Dans l’ensemble je suis assez d’accord, notamment avec le jugement porté sur la « littérature » de masse, les meilleures ventes d’aujourd’hui.
Makine revient aussi sur les devoirs de celui qui choisit de vivre dans un autre pays que celui de sa naissance :
« Il faut tout simplement aimer le pays qui vous a donné l’hospitalité et pour cela il n’est pas inutile de se débarrasser de quelques oripeaux confessionnels et coutumiers. »
Un livre en bref que j’ai bien aimé, même si je n’ai pas retrouvé le registre habituel de Andréi Makine. Mais son style est toujours aussi plaisant et parfait.


Avenue des mystères
Avenue des mystères
par John Irving
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Un récit totalement fade et décousu., 26 juin 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Avenue des mystères (Broché)
Avenue des Mystères/John Irving
En route pour les Philippines, Juan Diego Guerrero, romancier à succès, se remémore sa jeunesse au Mexique sur la décharge de Oaxaca avec sa jeune sœur Lupe . Des enfants perdus.
Parmi les ordures, des livres ! Des livres abandonnés avec bienveillance par le Frère Pepe, un jésuite de la mission, livres que Juan Diego va ramasser pour apprendre à lire tout seul. Juan Diego, ce gosse de la décharge étonne son entourage par le degré de sophistication qu’il montre dans l’acquisition du vocabulaire. Il va même apprendre l’anglais tout seul !
Aujourd’hui, Juan Diego est infirme et dépendant de médications de toutes sortes.
J’ai eu bien du mal à venir à bout de ce roman qui m’a semblé décousu, chargé de détails inutiles, et qui se disperse tous azimuts. Et puis ce leitmotiv des médications que prend Juan Diego finit par lasser.
Comme l’ont dit certains commentateurs, je me demandais sans cesse où l’auteur voulait en venir. Oui, une lecture pénible, sans plaisir, avec l’envie de tout arrêter. Une absence totale de style, de profondeur et d’unité.
Une foule de personnages et d’histoires imbriquées les unes dans les autres prive ce récit totalement baroque, de rythme et donc d’attrait.
Et puis sans prévenir on passe du présent au passé et retour au présent au moment où l’on s’y attend le moins.
En bref, profondément déçu par ce roman.


Busoni: Piano Music, Vol. 2
Busoni: Piano Music, Vol. 2
Prix : EUR 7,99

4.0 étoiles sur 5 Busoni l'oublié., 25 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Busoni: Piano Music, Vol. 2 (Téléchargement MP3)
Ferrucio BUSONI (1866-1924) /Œuvres pour piano/Wolf Harden
Né à Florence, Busoni était pianiste et compositeur et sa production pianistique plutôt post-romantique est impressionnante.
Fortement influencé par Bach dans son usage du contrepoint, il fréquenta Brahms, Grieg et Mahler et s’installa en Allemagne.
Ses Variations et fugue sur un thème de Chopin (Prélude en ut mineur) opus 22 fait partie de ses compositions de la maturité demandant une grande virtuosité, alliant émotion et réflexion à des harmonies innovantes.
Sa Transcription de la chaconne pour violon solo BWV 1004 de Bach est étonnante. Tout en restant fidèle à la clarté linéaire de l’œuvre originale, on sent l’influence de Liszt et Brahms dans les textures de piano.
L’Étude en forme de variations opus 17 présente des accords rappelant l’orgue à la main gauche contrastant avec une écriture contrapuntique à la main droite. Bach n’est pas loin.
Plusieurs autres compositions toute aussi intéressantes complètent cette compilation de quelques œuvres de Busoni.
Wolf Harden est né à Hambourg en 1967. Faisant partie du trio Fontenay, il joue aussi en solo.
Un CD intéressant pour découvrir Ferrucio Busoni, pianiste virtuose un peu oublié, très célèbre en son temps.


Mars
Mars
par Fritz Zorn
Edition : Relié

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Histoire d'une névrose grave., 24 juin 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mars (Relié)
Mars/Fritz Zorn

Fritz Zorn est le nom de plume de Fritz Angst, né le 10 avril 1944 à Meilen dans le canton de Zurich et mort le 2 novembre 1976 à Zurich, un écrivain suisse de langue allemande.
Fils d’une famille patricienne très austère, il a passé son enfance et jeunesse sur la « Rive dorée » de Zurich. Après le lycée, il a étudié la philologie allemande et les langues romanes. À l’université, il obtient le titre de docteur quoiqu’il fût un élève peu sérieux. Pendant une brève période, il a été professeur dans un lycée, jusqu'à ce que son cancer le force à abandonner cette profession. Il entame une psychothérapie et commence à écrire ses mémoires.
Il a terminé d'écrire Mars en 1976 (paru en allemand en 1977 et en français en 1979), histoire de son cancer, de sa vie névrotique, de son impossibilité à aimer et à communiquer. Il y décrit également tout l'ennui de la Suisse, lui qui était issu de la grande bourgeoisie zurichoise.
Son vrai nom de famille, Angst, signifie en français « peur », « angoisse », et son pseudonyme « colère ».
« Je suis jeune et riche et cultivé ; et je suis malheureux, névrosé et seul... » Ainsi commence ce récit inoubliable. Et plus loin :
« J’étais intelligent mais je n’étais capable de rien… »
« Mon histoire est celle d’une névrose ou du moins d’un certain nombre de ses aspects…C’est l’histoire et l’évolution d’un seul aspect de ma vie, à savoir celui de ma maladie. »
« J’ai grandi dans un monde si parfaitement harmonieux… »
« Je m’habituai à ne porter aucun jugement personnel, mais au contraire à toujours adopter les jugements des autres. »
La lecture de cette autobiographie partielle et fragmentaire qui est en somme le testament de Fritz Zorn et l’œuvre d’une vie, puisqu’il est mort un an avant la publication, est bouleversante.
Mélancolie, dépression, anamnèse (biographie), résignation, puis le cancer : c’est le récit lucide d’un mourant qui place sa dignité dans le fait qu’il exprime la souffrance la plus profonde non pas comme souffrance, mais comme « colère ». Zorn est mort de n’avoir pas appris à partager sa vie, à la communiquer.
« je m’entendais bien avec tout le monde, je n’avais pas d’ennemis, mais je n’avais pas non plus vraiment d’amis. J’étais un personnage assez falot, qui ne suscitait particulièrement ni l’aversion ni la sympathie. »
« Le cancer est un agissement asocial de la norme biologique, une évolution inconsciemment dirigée du dedans et non pas un attentat venu du dehors. La santé n’est pas une grandeur en soi, mais un rapport d’équilibre, une balance instable des échanges organiques entre la matière et l’esprit, un niveau déterminé de communication entre le dedans et le dehors, une harmonie. Le cancer est une protestation contre des conditions objectives qui rendent la vie invivable, un signal de mort que l’organisme déjà diminué se donne à lui-même en développant rien que pour soi et finalement contre soi, un accroissement compensateur. »
Trois sujets en particulier ont été au cours de l’éducation de Zorn jugés tabous par ses parents : la politique, la religion et la sexualité. Ce qui le marqua à jamais. C’étaient des sujet qui n’avaient pas lieu d’entrer en conversation car ils étaient jugés « compliqués », disharmonieux et objets de discorde :
« Manifestement la sexualité n’était pas harmonieuse, elle était au nombre de toutes ces choses inexprimables qu’il fallait bannir du petit horizon de notre harmonie domestique. »
Plus loin :
« La femme telle que je l’imaginais n’était qu’un accessoire de plus dans mon univers infantile. »
Zorn est intelligent mais il ne sait rien faire de lui-même et sa conclusion tombe sans appel :
« Je remplissais toutes les conditions pour devenir quelqu’un de très malheureux. »
Effectivement, Zorn a dix-sept ans et sombre dans une dépression sévère qui ne le quittera plus jusqu’à sa mort à trente deux ans. Il s’exprime alors ainsi :
« À présent je comprenais que ma gaieté n’avait été rien d’autre que le manteau dont je couvrais ma tristesse. »
« Je suis le fils névrosé d’un père névrosé et d’une mère névrosée ; ma famille est pour moi la quintessence de tout ce que j’abomine. »
Après une première partie dans laquelle Zorn évoque ses souvenirs, une seconde partie intitulée « Ultima necat » consiste en une réflexion, sur le bonheur notamment :
« Je me dis que le premier but des hommes est tout de même le bonheur…mais névrosé est celui qui ne peut pas être heureux… et l’expression la plus nette de cette impuissance au bonheur est assurément l’impuissance sexuelle. La destruction de mes capacités sexuelles est certainement mon plus grand dommage. »
Réflexion également sur le sens de la vie : pour Zorn sa vie n’a pas de sens :
« Mes parents névrosés ont produit en ma personne un être qui s’il n’était pas assez faible de corps pour mourir dès sa naissance, a été tellement démoli dans son âme par le milieu ,névrotique où il a grandi qu’il n’est plus apte à une existence qu’on puisse qualifier d’humaine… Cela a-t-il un sens que je ne sois pas mort dès ma naissance ? »
Dans la troisième partie, Zorn aborde l’existence hypothétique de Dieu : révolutionnaire, il affirme :
« Si l ‘on part de l’hypothèse que Dieu n’existe pas, on devrait positivement l’inventer rien que pour lui casser la gueule ! »
Le livre se termine sur une belle note volontaire dans cette lutte contre le cancer :
« Je n’ai pas encore vaincu ce que je combats ; mais je ne suis pas encore vaincu non plus et ce qui est le plus important, je n’ai pas encore capitulé. Je me déclare en état de guerre totale. »
Un livre terrifiant.


Le Moine: Roman de M.G. Lewis raconté par Antonin Artaud
Le Moine: Roman de M.G. Lewis raconté par Antonin Artaud
par Antonin Artaud
Edition : Poche
Prix : EUR 8,70

4.0 étoiles sur 5 Quand la chair est faible ou toute femme est de chair., 23 juin 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Moine: Roman de M.G. Lewis raconté par Antonin Artaud (Poche)
Le Moine/ Roman de Matthew Gregory Lewis raconté par Antonin Artaud à partir de la traduction de Wailly.(Publié en 1931)
Pour la forme :
Il s’agit là d’un roman gothique, satanique, publié en 1796, et écrit dans sa jeunesse par l’écrivain et diplomate anglais Matthew Gregory Lewis, né en 1775. Il a alors 19 ans et poursuit des études à Oxford.
Lewis est mort en 1817 à l’âge de 42 ans sur le bateau qui le ramenait de la Jamaïque.
Les thèmes abordés dans ce livre très bien écrit dans un style très classique et très bien traduit ont dû faire scandale à l’époque : viol, inceste, matricide, sorcellerie. Il fut maintes fois censuré après avoir fait sensation. Lewis fut même poursuivi et contraint d’expurger son œuvre.
La version due à Antonin Artaud est légèrement remaniée par rapport à l’original et également par rapport à la version plus proche de l’original de Léon de Wailly publiée en 1840.
La fluidité du style rend la lecture de ce roman captivant très agréable. Les 400 pages sont « avalées » sans difficulté.
Pour le fond :
Trois femmes évoluent dans ce roman fantastique qui se passe à Madrid au temps de l’Inquisition :
Antonia, nièce de Léonella, promise de Don Lorenzo, mais que convoite le moine prieur Ambrosio que le péché de chair ne rebute pas.
Agnès, sœur de Lorenzo, jeune nonne mise enceinte par Don Raymond et dont le sort funeste rend fou son frère.
Mathilde dont je ne dirai rien de plus sur l’identité pour respecter l’intrigue.
Un homme domine le scénario de cette histoire : Ambrosio, un moine pour le moins étrange, chez qui le sens moral est battu en brèche à tout coup quand par ailleurs ce religieux professe foi et vertu, et de fait est vénéré comme un exemple de probité et d’intransigeance.
Les amours interdits du prieur Ambrosio avide de chair fraiche occupent une bonne part du récit : il franchit les barrières morales et physiques allègrement uniquement porté vers l’assouvissement de ses pulsions érotiques :
« La belle impudique mit à profit son abandon, et l’aurore les surprit dans un spasme et rougit de leur impudicité…Ivre de plaisir, le moine abandonna la couche de la pécheresse. » Et Mathilde de dire : « Pour vous je me damnerai avec joie et une minute entre vos bras dans ce monde vaut bien une éternité d’expiation dans l’autre. »
Comme l’ont dit certains internautes, un bijou de la littérature classique.
Amoureux d’Halloween, de violences et d’atrocités, n’hésitez pas.


Carl Maria von Weber : uvres pour piano
Carl Maria von Weber : uvres pour piano
Prix : EUR 14,42

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Piano romantique pour le plaisir ., 20 juin 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Carl Maria von Weber : uvres pour piano (CD)
Carl Maria von Weber (1786-1826)/Sonate N°3 & 4 pour piano/Polacca brillante op 70./Hamish Milne
Deux belles sonates et la magnifique Polacca brillante brillamment interprétées par Hamish Milne, pianiste anglais spécialiste des œuvres romantiques.


Piano Concertos by Weber (1997-05-20)
Piano Concertos by Weber (1997-05-20)

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Des œuvres brillantes et plaisantes., 20 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Piano Concertos by Weber (1997-05-20) (CD)
Carl Maria von Weber (1786-1826) Konzertstück op.79/Concertos 1 & 2/Polonaise brillante/ Gerhard Oppitz : piano/Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks/Sir Colin Davis
Grand compositeur d’opéras allemands le plus important entre Mozart et Wagner, Weber fut un musicien aux talents variés, pianiste, critique musical, chef d’orchestre et compositeur dans de nombreux genres.
C’est son opéra Der Freischütz qui le rendit célèbre.
Le concerto pour piano N°1 op. 11 fut composé en 1810 et le N°2 en 1811. De construction classique en trois mouvements, ces deux concertos mettent l’accent sur la virtuosité et sont conçus pour mettre en valeur le soliste. Ils sont faits pour séduire avec une écriture fluide qui a vite conquis le public.
Ici, la superbe interprétation de Gerhard Oppitz donne toute leur dimension plaisante à ces deux œuvres sous la direction de Sir Colin Davis.
Le Konzertstück op. 79 est en fait un concerto pour piano. Composé entre 1815 et 1821, il comporte quatre mouvements. Liszt avait une passion pour cette œuvre et la jouait souvent dans ses concerts.
La Polonaise brillante op. 72 pour piano et orchestre est une orchestration de Liszt (1849) de deux polonaises de Weber, la Grande Polonaise op. 21 et la Polacca brillante op.62. Un hommage de Liszt à Weber disparu à l’âge de 40 ans.


12 Sonates En Trio Op.1
12 Sonates En Trio Op.1
Prix : EUR 7,05

4.0 étoiles sur 5 12 sonates baroques en trio pour connaître mieux T.A.Vitali., 13 juin 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : 12 Sonates En Trio Op.1 (CD)
Tomaso Antonio Vitali (1663-1745)/12 Sonates en trio opus 1 (1693)/Semperconsort.
Tomaso Vitali était le fils aîné du célèbre Giovanni Battista Vitali (1632-1692). Violoniste célèbre et compositeur baroque, il accompagna son père à Modène en 1674 à la cour du duc d’Este .Il avait alors 11 ans et était un très brillant élève. Il entra de suite dans l’orchestre de la cour. Sa virtuosité dépassait celle de son père.
À la mort de son père, il devint à son tour maître de chapelle de la famille d’Este. Il eut comme élève Dall’Abaco.
Il est devenu très célèbre par la Chaconne en sol mineur pour violon et basse continue. L’authenticité de cette fameuse composition est encore discutée aujourd’hui quant à son attribution à Vitali.
C’est Vitali qui dans l’histoire de la sonate a fait fusionner le type da chiesa et le type da camera, en un seul modèle qui a donné la sonate moderne.
Il a composé en plus des 12 sonates en trio ici présentées (op.1) par le groupe Semperconsort, des sonates à deux violons, puis 2 violons et alto, puis violon, alto et violoncelle.
Sa musique fut très populaire en son temps, proche des sonates de Corelli.


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