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Contenu rédigé par Gerard Müller
Classement des meilleurs critiques: 77
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Commentaires écrits par
Gerard Müller "médicactus" (Nouvelle Caledonie)
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Loup solitaire
Loup solitaire
par Jodi Picoult
Edition : Broché
Prix : EUR 17,95

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un roman véritablement saisissant et émouvant., 26 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Loup solitaire (Broché)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Loup solitaire/Jodi Picoult
C’est une histoire de loups mais c’est aussi l’histoire d’une famille déchirée par des frustrations, des incompréhensions, et des destins contraires et tragiques.
D’emblée on est séduit par la qualité du style et la nature et la personnalité des personnages.
La technique narrative est plaisante : l’auteur donne alternativement à chaque chapitre la parole aux différents personnages.
Luke, c’est le père, cet amoureux fou des loups. Gardien dans un jardin zoologique du New Hampshire il s’enferme la nuit dans l’enclos des loups et y passe également une partie de ses journées. Ses supérieurs ont dû se rendre à l’évidence : il n’est pas candidat au suicide ; les loups l’ont accepté au sein de la meute, au bas de la hiérarchie car il faut laisser les loups être les maîtres au lieu de les dominer. Il faut savoir que le loup a davantage peur de l’homme que l’inverse.
« Mon père, dit Edward le fils de Luke, partait dans la forêt, au Canada, sans abri, sans nourriture, sans autre protection qu’une combinaison matelassée. Il comptait remonter l’un des corridors naturels de migration des loups et s’intégrer à une horde, comme il l’avait déjà fait avec les groupes en captivité. »
Le retour fut difficile pour ne pas dire plus.
Luke qui dira plus tard en songeant à notre société : « Après deux ans en compagnie des loups, j’avais oublié combien il faut d’hypocrisie pour construire une relation. »
Cara est la fille de Luke. Elle a hérité de la passion de son père et vit avec lui.
Georgie est l’ex femme de Luke. Elle a refait sa vie après un divorce. Elle est une femme admirable.
Edward est le fils aîné. Sa relation impossible avec son père l’a décidé à partir à l’aventure. Il vit en Thaïlande. Il détient un secret de famille.
Un grave accident de la route va provoquer un séisme dans la vie de chacun. Luke conduisait et sa fille était passagère.
Retrouvailles difficiles entre la sœur et le frère, et entre la mère et la fille, tous au chevet de Luke plongé dans un coma profond.
L’auteur alterne les passages présents et les retours dans le passé de chacun des personnages.
Luke s’exprime au travers du livre qu’il a écrit sur les loups, un livre qui fait autorité dans les milieux spécialisés.
Suite à l’accident va se poser le cas de conscience concernant Luke dont le respirateur est le seul lien qui demeure pour le rattacher au monde des vivants lui qui est totalement inconscient avec notamment une atteinte des centre cérébraux régulant la respiration.
Doit on maintenir artificiellement Luke en vie ? La décision ultime divise la famille et en particulier Edward et Cara..
L’auteur explique particulièrement bien les critères pouvant orienter un choix.
Les coups de théâtre se succèdent dans ce beau roman qui met en évidence l’homme et ses contradictions.
À lire absolument car passionnant du début à la fin.
« Les loups se battent pour deux raisons : la famille et le territoire.
Le monde des loups est régi par la compréhension, le savoir, le respect. »
Si le loup vous parle, alors ce livre est pour vous.


Albert Alain par Marie-Claire Alain aux orgues de Saint-Germain-en-Laye
Albert Alain par Marie-Claire Alain aux orgues de Saint-Germain-en-Laye
Prix : EUR 9,29

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le père avant le fils et la fille.Une grande famille d'organistes., 25 février 2015
Albert ALAIN (1880-1971) Œuvres pour orgue/Marie Claire Alain
Père de Jehan (1911-1940) et de Marie Claire, Albert Alain est moins connu que ses enfants.
Il a pourtant composés 469 opus, principalement des œuvres religieuses.
Organiste et compositeur, il travailla avec Louis Vierne et Alexandre Guilmant avec qui il partagea la passion de la facture d’orgue.
Dans les œuvres ici présentées, on ressent l’influence de César Franck, de Fauré, de Widor et de Boëllmann.
L’andante de l’opus 306 est particulièrement contemplatif comme certaines œuvres de César Franck. Une musique élégante, riche, teintée d’une grande sensibilité dans les polyphonies contrapuntiques.
Écoutez le largo de la prière opus 427 : recueillement et sobriété pour une élévation de l’âme …Une musique pure, sincère et pénétrante !
Sa musique peut aussi être flamboyante comme dans le final en fa mineur opus 429.
Il fut titulaire du Cavaillé-Coll de Saint germain en Laye avant que sa fille ne prenne le relais.
Un très beau disque de musique pour orgue qui ravira les amateurs.


Les Diaboliques
Les Diaboliques
par Jules Barbey d'Aurevilly
Edition : Poche
Prix : EUR 5,20

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un style puissant pour des femmes diaboliques., 24 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Diaboliques (Poche)
Les Diaboliques/Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889)
C’est toujours un plaisir de relire un écrivain comme Barbey d’Aurevilly qui vous raconte des histoires incroyables dans un style merveilleux qui s’illustre en de belles phrases bien construites de mots bien choisis.
La première des six nouvelles intitulée « Le rideau cramoisi » met en scène le vicomte de Brassard, un dandy de la cinquantaine, capitaine à la retraite qui voyage avec le narrateur. Un homme porté sur les femmes ce vicomte :
« Je lui ai connu sept maîtresses, en pied, à la fois, à ce bon bragard du XIX é siècle. Il les intitulait poétiquement les sept cordes de sa lyre. »
Alors qu’il a dix sept ans, jeune soldat pensionnaire chez des bourgeois, apparaît à table un beau soir Alberte leur fille, dix sept ans également, telle l’infante du tableau de Velasquez, calme, réservée et impassible.
Et notre jeune militaire va connaître son premier galon d’aventure, une aventure peu ordinaire qui va mettre à l’épreuve son audace et son impudeur. La toute jeune et belle Alberte va le mener par le bout du nez à tel point que bien que sachant que les femmes nous font tous plus ou moins valeter, il n’imaginait pas une telle histoire :
« Elle me tenait éveillé cette Alberte d’enfer, qui me l’avait allumé dans les veines, puis qui s’était éloignée comme l’incendiaire qui ne se retourne pas … J’avais l’expérience des spasmes voluptueux d’Alberte, et quand ils la prenaient, ils n’interrompaient pas mes caresses… »
À noter que cette nouvelle est autobiographique et que le vicomte n’est autre que Barbey d’Aurevilly lui-même.
Dans la seconde nouvelle, « Le plus bel amour de Don Juan », une ténébreuse adolescente se rêve enceinte de l’amant de sa mère dont elle est secrètement amoureuse.
« …ces jeunesses vert tendre, ces petites demoiselles qui sentent la tartelette et qui, par la tournure, ne sont encore que des épluchettes, mais tous étés splendides et savoureux, plantureux automnes, épanouissements et plénitudes, seins éblouissants battant leur plein majestueux au bord découvert des corsages, et sous les camées de l’épaule nue, des bras de tout galbe… ». Quel style !
Le meilleur régal du Diable, c’est l’innocence !
Dans la nouvelle intitulée « Le bonheur dans le crime », Hauteclaire la bretteuse empoisonne l’épouse de son amant avant de goûter avec lui le bonheur parfait dépourvu de tout remords.
Dans « À un dîner d’athées », l’auteur nous convie en l’hôtel particulier de M. de Mesnilgrand où se déroule tous les vendredis des dîners pas très catholiques, c’est le moins que l’on puisse dire : au cours de ces repas, « on mariait fastueusement le poisson à la viande, pour que la loi d’abstinence et de la mortification prescrite par l’Église fût mieux transgressée.
Cela assaisonnait le dîner du vieux M. de Mesnilgrand et de ses satanés convives de faire gras les jours maigres, et, par-dessus leur gras, de faire un maigre délicieux. Un vrai maigre de cardinal !»
Des odalisques et des femmes telle que Rosalba, l’épouse du sieur Ydow, fréquentent et animent ces soirées, une femme dont on peut dire sans risque de se tromper « qu’il y a plus loin à son premier amant que de son premier à son dixième » !
« C’était sûrement le Diable qui dans un accès de folie avait créé Rosalba, pour se faire plaisir, du Diable, de fricasser, l’une après l’autre, la volupté dans la pudeur et la pudeur dans la volupté, et de pimenter, avec un condiment céleste, le ragoût infernal des jouissances qu’une femme puisse donner à des hommes mortels…On était toujours au début avec elle, même après le dénouement ! Elle fût sortie d’une orgie de bacchantes, comme pâmée, à demi-morte, on retrouvait la vierge confuse, avec la grâce toujours fraiche de ses troubles et le charme auroral de ses rougeurs… »
Jusqu’au jour où Ydow, son époux, ouvre les yeux et se vautre dans l’abjection et la bourbe avec Rosalba dans un scène plutôt gore.
La dernière nouvelle de ce recueil, « La vengeance d’une femme » met en scène une femme de noble ascendance italienne qui mariée par convention à un grand d’Espagne, le duc de Sierra Leone, va connaître le plus platonique des amours avec un certain don Esteban.
Mais après maintes péripéties, la duchesse finira par vengeance à l’encontre de son mari qui se débarrassera horriblement de don Esteban, dans les bas-fonds de Paris où en qualité de duchesse elle offrira inexorablement aux hommes son corps magnifique. Pour le déshonneur.
« Les Diaboliques », publiés en 1874, content six histoires de femmes pécheresses, animées de passions inavouables ou adultérines pouvant aller jusqu’au crime au cours de saturnales d’un autre temps.
Les six histoires sont basées sur des faits vrais.
L’auteur fut cependant accusé d’outrages aux bonnes mœurs. C’est Gambetta qui plaida la cause de Barbey d’Aurevilly auprès du gouvernement et l’affaire fut étouffée.
Auteur d’un style somptueux et luxuriant , Barbey d’Aurevilly ne peut résister à se fourvoyer dans de nombreuses digressions et allusions à la mythologie ou des personnages peu connus qui alourdissent le propos.


Blanche et Lucie
Blanche et Lucie
par Régine Deforges
Edition : Poche

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Une friandise., 23 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blanche et Lucie (Poche)
Blanche et Lucie/Régine Deforges// Une friandise.
Trois personnages principaux dans cette évocation de réminiscences rythmée par les saisons, la nature, la campagne et ses saveurs et les premiers émois d’une toute jeune fille, une fillette même, qui est la narratrice.
Une narratrice qui s’exprime en toute simplicité et liberté pour nous promener dans ce monde non seulement de l’enfance mais aussi des adultes que toute jeunette, curieuse et même voyeuse elle découvre avec délectation et une gourmandise toujours inassouvie.
Dans un style charmant et élégant, l’auteur évoque les premiers petits frissons et plaisirs bucoliques teintés d’une couleur sépia dans la magie des greniers alors que l’enfance est encore là et craint toujours les galipotes.
Ses deux grands-mères Blanche et Lucie occupent l’essentiel de l’espace de l’enfant dès son plus jeune âge. Nous découvrons tout ce petit monde dans la région de Montmorillon et sur les bords de la Gartempe, alors que la France est sous l’Occupation allemande. Deux grands-mères idéales aux petits soins pour leur petite fille :
« Nous étions parties au petit matin, dans la rosée, l’air piquant un peu, nous revenions en compagnie du jeune et chaud soleil. »
Lucie vue par la fillette : « Lucie, ma douce, ma belle, ma rêveuse enfermée, mon livre ouvert sur les bois et les champs, toi qui m’as appris les odeurs des matins d’automne et celles fortes et lourdes des soirs d’été, toi qui affrontais l’orage, le visage levé, éclatant, comme pour provoquer le ciel, toi dont les hanches attiraient la main des hommes, toi qui aimais rire et danser… »
Réalité ou fantasmes nés d’une imagination débridée ou encore souvenirs déformés par le temps : chacun se fera son idée quand la fillette découvre les plaisirs surprenants et déroutants du sexe.
En grandissant, la fillette a le sentiment de n’être pas aimée, de ses parents notamment et devient difficile, turbulente, dissipée, révoltée, ce qui fait écrire à l’auteur :
« L’amour ? C’est ce qui manque le plus aux enfants. Même les plus tendrement aimés ne le sont jamais assez. Une fois devenus grands ils chercheront, dans une interminable quête, à combler ce vide, sans jamais réussir à assouvir leur désir. D’où leur mal vivre. Les grandes personnes peuvent composer, compenser, les enfants jamais… Je suis souvent émue au souvenir de l’enfant que j’étais…»
La fin de ce livre résonne comme un émouvant appel au secours de cette fillette qui en vient à se construire un refuge, « son palais », dans un débarras de la ferme de Lucie.
Un petit livre gourmand, une friandise.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 23, 2015 9:54 PM CET


Pour Une Liberté
Pour Une Liberté
Prix : EUR 2,99

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Une imagination débordante !, 19 février 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Pour Une Liberté (Format Kindle)
Pour une liberté/Mathieu Mériguet
Certes c’est un livre qui se lit tout seul de la première à la dernière ligne. L’action permanente tient le lecteur en haleine et un certain suspense plane tout au long de l’histoire.
Le thème en rapport au départ avec les difficultés conjugales et professionnelles est très actuel et séduit. : élèves difficiles pour les enseignants, banlieue sensible, vie trépidante, en somme un quotidien difficile. Ensuite il va s’agir de séquestration et règlements de compte avec des « Je t’aime moi non plus » à répétition.
Sur le fond en fait, l’histoire de la séquestration (je n’en dis pas plus pour respecter l’intrigue) est peu vraisemblable et l’imagination débordante, ce qui est une qualité pour un écrivain, de Mathieu Mériguet le conduit dans des impasses par moment dont il parvient à se sortir par quelques acrobaties bienvenues.
Le personnage principal, Quentin le narrateur, est un « horrible » personnage, et l’auteur l’a affublé de tous les vices nous le rendant absolument antipathique. Quentin est un rêveur dangereux, un égocentriste pour ne pas dire égoïste, qui a besoin en permanence d’affirmer sa virilité. Il est susceptible ou joue à l’être, car avec lui on ne sait jamais s’il est ou s’il joue. Il n’a aucun humour ; il est indécis, dissimulateur, sournois, hypocrite, calculateur, autoritaire, cauteleux, mufle, menteur, cruel et peut déraper à tout moment dans la violence. Difficile de rencontrer un être aussi veule dans la vie.
« Raisonnable en apparence, j’étais un tout autre individu au fond de moi. Dès lors que le masque tombait, je laissais libre cours à mes envies. J’aimais le risque et l’inconnu, cette intrépidité qui me conduisait aux pires folies…Je fis l’effort d’être gracieux aussi, car il ne fallait pas rater une occasion de bien s ‘entendre…je préférais l’habituer à ce que nous préservions chacun notre intimité…Je souhaitais mener mon existence sans devoir me justifier. »
Les autres personnages sont très secondaires, que ce soit son frère Paul ou Gaby ce cher ennemi. Les filles sont les victimes expiatoires de ce roman un peu macho.
L’ambiance est nauséeuse et on éprouve tout au long du récit une sensation de malaise : l’auteur a bien su traduire et trouver les mots pour nous faire ressentir ces impressions.
Nombre de scènes sont par trop prévisibles.
Nonobstant, la fin est bien amenée, et pour ne pas déflorer l’intrigue, je dirai seulement que c’est le meilleur moment du livre.
Pour la forme, je suis un peu déçu par le style que j’ai trouvé certes fluide, alerte et facile, mais plat, rectiligne, sans lyrisme avec à mon sens des maladresses comme l’usage répété du mot « ma fiancée » dans la bouche de Quentin. Ou encore le terme « demoiselle » qui fait un peu désuet et suranné. Et pour finir le pléonasme « projets d’avenir » qui dérange.
Toutefois la psychologie des personnages pour caricaturaux qu’ils soient, est assez précise et on imagine bien ces gens qui s’entredéchirent du début à la fin.
En résumé, un livre qui malgré les quelques remarques que j’ai faites vous procurera un bon moment de détente avec de l’action. »


Le Prince de la brume
Le Prince de la brume
par Carlos RUIZ ZAFON
Edition : Broché
Prix : EUR 6,80

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Aventures et mystères., 19 février 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Prince de la brume (Broché)
Le Prince de la Brume/Carlos Ruiz Zafon
Ce roman est le premier de C.R.Zafon qui ait été publié. C’était en 1992.
Il ne ressemble pas vraiment aux futurs livres comme « L’ombre du Vent » et « Le Jeu de l’Ange » que j’ai lus avant celui-ci. Zafon veut ici s’adresser à la jeunesse et effectivement on a affaire à un roman fantastique qui pourrait être considéré un peu comme précurseur de Harry Potter pour ce qui est de l’ambiance.
Bien écrit dans un style simple, ce roman recèle tous les ingrédients pour plaire à un public d’adolescents, avec du mystère et du surnaturel, une brume omniprésente et trois jeunes qui aimeraient comprendre pourquoi les statues du cimetière bougent la nuit venue.
L’action se situe en 1943 sur la côte anglaise, aux abords d’un petit village où la famille Carver s’installe dans une maison inhabitée depuis des lustres. Non loin de là se dresse un phare qui a toute une histoire qui n’est pas sans rapport avec cette maison et l’épave de l’Orpheus qui gît par quelques brasses de fond au pied du phare.
Poésie, onirisme et action sont au rendez-vous dans ce conte pour nous emporter dans un monde étrange avec Max, Alicia et Roland. Sans oublier le gardien du phare et…le Prince de la brume.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 22, 2015 8:46 AM CET


Marie-Claire Alain Plays Jehan Alain - Erato
Marie-Claire Alain Plays Jehan Alain - Erato
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 18,99

5.0 étoiles sur 5 In memoriam!, 16 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Marie-Claire Alain Plays Jehan Alain - Erato (CD)
Jehan Alain (1911-1940) Pièces d’orgue par Marie Claire Alain.
Fils de Albert Alain (1880-1971) compositeur et facteur d’orgue amateur élève de Vierne et Guilmant, Jehan Alain était capable dès l’âge de onze ans d’assurer la suppléance de l’organiste de l’église de Saint Germain en Laye.
Obtenant prix sur prix lors des concours, J.A. est tombé au champ d’honneur à l’âge de 29 ans !
Il nous a laissé ces magnifiques Litanies qui nous font découvrir l’univers sonore de ce jeune compositeur. Le Jardin Suspendu nous apporte un langage neuf, recueilli et éthéré, tout dans la méditation.
Les Trois Danses, triptyque de la vie et de la mort constituent le testament musical de J.A. : ce fut sa dernière composition.
La grande Marie Claire Alain, sa sœur, est l’interprète de ces compositions d’un autre genre. Née en 1926, grande interprète de Bach, elle nous a quitté en 2013, après des décennies de concerts et de discographie d’une grande richesse.


Liszt: Années de Pèlerinage - Italie
Liszt: Années de Pèlerinage - Italie
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 27,89

5.0 étoiles sur 5 À la gloire de Jorge Bolet, inégalable interprète de Liszt., 15 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Liszt: Années de Pèlerinage - Italie (CD)
Franz Liszt (1811-1886)Années de pèlerinage /Italie/2é année/Jorge Bolet :piano
Que ce soit la poésie sublime de « Sposalizio » inspirée par le célèbre tableau de Raphaël « Les Fiançailles de la Vierge » qui se trouve à Milan, ou la ferveur des trois sonnets de Pétrarque au lyrisme brûlant qui inspirent le jeu émouvant de Jorge Bolet, on est emporté dans un grand tourment de l’âme en écoutant cette musique inspirée à Liszt par son voyage en Italie en 1835 en compagnie de Marie d’Agoult son amante à qui il voue une passion dévorante mais précaire. Ensemble ils séjournent à Bellagio sur les bords du lac de Côme et lisent Dante et Pétrarque et découvrent la peinture et la sculpture italiennes de la Renaissance.
La dernière pièce du second cahier « Après une lecture de Dante » est grandissime par la vision de l’enfer qui donne à Jorge Bolet l’occasion d’envahir l’espace avec rage. Un grand moment de piano qui vous laisse pantois au terme des 16 minutes de cette bourrasque lancinante.
Il Penseroso est aussi une pièce lyrique inspirée par l’art italien, Le Penseur de Michel Ange qui orne le tombeau de Laurent de Médicis à Florence.
La Canzonetta del Salvator Rosa est une pièce qui fait diversion par son caractère enjoué inspirée d’une musique de Bononcini.
Jorge Bolet est un très grand pianiste cubain né en 1914 à la Havane et mort en 1990 en Californie. Il reste un des plus fameux interprètes de Franz Liszt.
Un très beau disque très éclectique dans les tempi.


L'Évangile selon Pilate
L'Évangile selon Pilate
par Eric-Emmanuel Schmitt
Edition : Poche
Prix : EUR 6,60

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Deux nouveaux Évangiles pour nous éclairer. Brillante performance de M. E.E. Schmitt !, 14 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Évangile selon Pilate (Poche)
L’Évangile selon Pilate/Eric Emmanuel Schmitt
En guise de prologue à mon commentaire de ce livre marquant, je voudrais citer le grand poète bisontin :
« En ce temps-là, Jésus était dans la Judée ;
Il avait délivré la femme possédée,
Rendu l’ouïe aux sourds et guéri les lépreux ;
Les prêtres l’épiaient et parlaient bas entre eux.
Comme il s’en retournait vers la ville bénie,
Lazare, homme de bien, mourut à Béthanie.
Marthe et Marie étaient ses sœurs ; Marie, un jour,
Pour laver les pieds nus du maître plein d’amour,
Avait été chercher son parfum le plus rare.
Or, Jésus aimait Marthe et Marie et Lazare.
Quelqu’un lui dit : « Lazare est mort. »
Victor Hugo/La Légende des Siècles II/ VIII
Ces quelques vers mémorables nous mettent de suite dans l’ambiance du roman.
Yéchoua (Jésus) est assis sous la ramée des oliviers dans les jardins de Gethsémani.
Et il raconte, il se confie. Il nous donne sa version des faits qui ont marqué sa vie en attendant les légionnaires qui ne sauraient tarder : il sait qu’il a été trahi, mais ce fut son choix.
Dans l’attente, il se remémore son enfance, sa jeunesse, ses rencontres notamment celle de Johanan le Baptiste sur rives du Jourdain. Il revit la transformation qui s’est opérée en lui par la suite et sa relation avec sa famille en a été affectée pour devenir déplorable.
Il nous fait part de sa grande amitié avec Yehoûdâh (Judas l’Iscariote) qui l’accompagne le plus souvent. Son disciple préféré selon l’auteur.
Yechoua a refusé sa messianité malgré les exhortations de ses disciples :
« Je n’étais pas un meneur d’hommes, mais un meneur d’âmes. »
Il se heurta aux pharisiens, protecteur de la Loi, car il ne respectait pas le repos du sabbat :
« Je guérissais le jour du sabbat, je mangeais le jour du sabbat, je travaillais le jour du sabbat. Quelle importance ? Le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat. »
Il défendait la religion du cœur contre la religion des textes. Il est accusé de blasphème et d’impiété.
Son but à présent et de protéger ses disciples et pour éviter un châtiment collectif, il désigne Yehoûdâh son disciple préféré pour le dénoncer et dévoiler sa cache.
L’auteur a nommé cette première partie : « Confession d’un condamné à mort le soir de son arrestation. »
E E S accomplit ici un tour de force en proposant une version inédite, plus intimiste de la destinée de Jésus en lui donnant la parole. Ce texte tout simple est tout empreint de spiritualité et nous rend Jésus plus proche et plus humain.
En seconde partie, intitulé « L’Évangile selon Pilate », on peut lire la version des faits décrite par Pilate dans un courrier adressé à Titus son frère, un Pilate qui estime qu’il n’a pas pu rendre sa justice comme il l’aurait voulu ; il a exécuté celle des saducéens et des pharisiens, sous la pression, en les débarrassant de ce juif impie malgré les supplications de Claudia son épouse. Et il s’explique longuement quant à la décision qu’il a prise.
L’auteur nous présente un Pilate vêtu d’humanisme et d’incertitude. Il avoue après son unique rencontre avec Yéchoua :
« On ne voit jamais les autres tels qu’ils sont. On n’en a que des visions partielles, tronquée, à travers les intérêts du moment. Nous étions deux acteurs cette nuit-là. Yéchoua jouait la victime d’une erreur judiciaire. Et moi, Pilate, je jouais le préfet romain, juste et impartial. »
Le passage concernant la crucifixion est particulièrement intéressant car EES fait dire à Pilate que Jésus n’est pas mort sur la croix. Pour lui la résurrection est une mascarade savamment orchestrée par Jésus lui-même est Joseph d’Arimathie, un homme paradoxalement très influent au sein du sanhédrin. Cette idée rejoint celle de nombre d’historiens et écrivains dont Gérald Messadié (L’Homme qui devint Dieu).
Un crucifié ne décède pas de ses plaies, si douloureuses soient-elles. Une crucifixion n’est pas une exécution mais un supplice. Le condamné meurt lentement. En moyenne, le crucifié met trois jours à mourir.
Et Jésus a été décloué au bout de cinq heures…et sans bris des tibias. Le coup de lance du légionnaire n’ayant qu’effleuré le poumon droit…
Et Jésus repartit vers la Galilée, suivi par une cohorte de disciples et de convaincus de sa messianité. Il annonce la Bonne Nouvelle, n’impose rien ni ne raisonne ni ne convainc. Il sollicite une disponibilité intérieure de chacun.
Et Pilate lui-même part à pied vers Nazareth rejoindre Claudia qui depuis l’instant où elle fut au pied de la croix avec Marie de Nazareth, Marie Madeleine et Salomé, suit les pas de Yéchoua.
Dans ce récit d’une grande beauté, EES nous emmène de façon vivante, imagée et plaisante dans l’histoire d’un homme qui pensait pouvoir changer le monde.
Pilate ne crut pas semble-t-il à l’avenir de cette secte qui se profilait et qui devait aboutir au christianisme.
EES nous livre sa réflexion sur la foi et sur la vérité ; quand on a la foi, on croit et c’est un choix du cœur avant tout. Et Jésus laissa à chacun ce choix.
Un très beau livre, brillant même d’un point de vue littéraire, à lire et relire pour un enrichissement spirituel indéniable.
En annexe, EES nous explique assez longuement le but qu’il a poursuivi en écrivant ce livre, le choix des noms araméens et non latins et ses déboires avec les voleurs et l’éditeur. Il nous confie aussi la nature de sa foi en toute simplicité.
On sent au terme de cette lecture que c’est un livre qui a compté dans la vie de Eric Emmanuel Schmitt.
La seule question qui me reste en suspend c’est celle de la véracité du vol des ordinateurs, des sauvegardes et l’histoire de la disquette cachée dans le secrétaire, oubliée, retrouvée puis détruite !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 19, 2015 4:27 PM CET


Les Boulevards de ceinture
Les Boulevards de ceinture
par Patrick Modiano
Edition : Poche
Prix : EUR 6,40

3.0 étoiles sur 5 Avec tendresse., 13 février 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Boulevards de ceinture (Poche)
Les Boulevards de ceinture / Grand prix de l’Académie Française 1972/Patrick Modiano/ Prix Nobel 2014
C’est à la recherche de son père que nous convie le narrateur dans ces pages où le passé ressurgit embrumé et incertain au temps de l’occupation.
Qui est ce père fantomatique qui trafique (les fausses dédicaces notamment) et qui semble traqué ? Qui sont les Muraille et les Marcheret et ces filles impudiques qui gravitent autour, Maud, Sylviane et Annie?
C’est à partir d’une photo que le narrateur reconstitue une partie de la vie trouble de son père…
Le père ne reconnaît semble-t-il le fils à aucun moment et le fils ne connaît quasiment rien de son père :
« Je me penche sur ces déclassés, ces marginaux, pour retrouver, à travers eux, l’image fuyante de mon père. Je ne sais presque rien de lui. Mais j’inventerai. »
Un roman très bizarre que ce Modiano publié en 1972, surtout quand le père a semble-t-il tenté d’en finir avec ce fils qui lui dit à la suite :
« En somme, vous avez voulu me tuer… ?...Vous savez, je ne vous en veux pas !... Si nous prenions un verre ? Il faut fêter cela ! »
Le style très agréable et les subtiles descriptions des personnages rendent cette quête assez plaisante à lire malgré le peu d’action inhérente au récit et la difficulté par instant de se situer dans le temps.
Ce qui marque le plus ce roman, c’est la tendresse du fils pour ce père inexistant.


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