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Contenu rédigé par Gerard Müller
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Commentaires écrits par
Gerard Müller "médicactus" (Nouvelle Caledonie)
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Le Voyageur à la malette, suivi de "Naguib Mahfouz, du fils du pays à l'homme universel"
Le Voyageur à la malette, suivi de "Naguib Mahfouz, du fils du pays à l'homme universel"
par Naguib Mahfouz
Edition : Poche

4.0 étoiles sur 5 Un petit recueil pour découvrir un grand auteur., 15 janvier 2015
Le Voyageur à la Mallette/Naguib Mahfouz/Prix Nobel de littérature 1988
Naguib Mahfouz est né en 1911 au Caire et mort en 2006.
Il est une des plus grandes figures de la littérature arabe contemporaine et on peut dire qu’il a fait connaître la culture et la littérature arabes à travers le monde.
Il a dépeint avec finesse et réalisme la société égyptienne de son époque en qualité de témoin à l’écoute de son peuple qu’il côtoyait quotidiennement dans son café habituel. Fils du pays, il aspirait à une littérature pour le peuple et s’est tourné alors vers un langage du peuple qui puisse dissiper les ténèbres de l’ignorance populaire. Pour cela, il usa d’une langue arabe classique simplifiée à la portée du peuple, « l’incitant ainsi à la culture et au progrès pour l’élever au dessus de sa condition. L’écriture de Mahfouz porte ainsi le souci d’une justice sociale en même temps que la revendication d’une liberté… Mahfouz dénonce une société où les droits de l’homme sont bafoués.» (Marie Francis-Saad , traductrice)
Le petit recueil ici commenté contient quatre nouvelles ainsi qu’un portrait de l’auteur écrit par Marie Francis-Saad, et la liste de ses ouvrages.
Le style de Mahfouz fait en sorte de restreindre au maximum le texte autour d’un fait divers, d’où son goût pour la nouvelle. Une certaine nostalgie baigne l’ensemble de ce recueil. La fuite inexorable du temps hante Mahzouz et l’âge avançant, ce temps passé finit par s’imposer avec son cortège de souvenirs…
J’ai particulièrement bien aimé la nouvelle intitulée « Un homme » où un vieil homme se découvre décrit dans un journal, choisit de rencontrer le journaliste afin de rétabli la vérité.
Un petit recueil pour découvrir un grand auteur.


Les Désorientés
Les Désorientés
par Amin Maalouf
Edition : Poche
Prix : EUR 7,90

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Amitiés sur fond d'humanisme, 14 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Désorientés (Poche)
Les désorientés/Amin Maalouf
Après avoir lu avec un infini plaisir les nombreux chefs d’œuvres d’Amin Maalouf, Les Identités meurtrières, Les Croisades vues par les Arabes, Les Jardins de Lumière, Samarcande, Le Rocher de Tanios, Le premier siècle après Béatrice, et surtout Léon l’Africain et le Périple de Baldassare, j’attendais de pouvoir me jeter sur ce nouveau roman qui semble faire l’unanimité de la critique, tant par son contenu que par ses qualités littéraires : comme chacun sait, Maalouf est un immense conteur, car dès la première ligne il vous captive et vous passionne.
Académicien depuis 2011, Amin Maalouf né en 1949 au Liban, Arabe chrétien, vit à Paris depuis 1976. C’est en général à l’île d’Yeu qu’il se retire pour écrire.
La guerre civile qui a ravagé son pays d’origine dont il ne cite jamais le nom, est omniprésente dans ce roman. Eternel nomade entre les terres, les langues et les religions, Maalouf est un humaniste, « convaincu que l’on peut rester fidèle aux valeurs dont on est l’héritier sans pour autant se croire menacé par les valeurs dont d’autres sont porteurs. »
Cet ouvrage qui comporte une part autobiographique est basé sur les réminiscences d’un groupe d’amis de toutes confessions qui se retrouvent au Liban lors du décès de l’un des leurs, alors qu’ils sont dispersés un peu partout sur la planète suite à une guerre qui a ravagé le pays. Les exilés volontaires, les déracinés, tout ceux de la diaspora libanaise se retrouvent et Maalouf se livre alors à une réflexion profonde sur les motivations des émigrés.
Maalouf nous explique à travers le personnage d’Adam pourquoi il a quitté son pays pour la France : « Dans cet univers levantin qui ne cessait de s’obscurcir, je n’avais plus ma place, et je ne tenais plus à m’en tailler une… Quitter son pays est dans l’ordre des choses ; quelquefois, les événements l’imposent ; sinon il faut s’inventer un prétexte. Je suis né sur une planète…. » Un passage magnifique d’humanisme planétaire.
Et plus loin : « Le pays où tu peux vivre la tête haute, tu lui donnes tout… ; celui où tu dois vivre la tête basse, tu ne lui donnes rien. » Voilà le credo de Adam, alias Maalouf.
La technique narrative est remarquable, mêlant le récit objectif au journal intime d’Adam, ce qui nous donne un emboitement de deux histoires, un peu à la façon de Zweig dans ses nouvelles.
Adam profite de ce séjour au Liban chez la belle et sensuelle Sémiramis, une amie, pour écrire et se remémorer les faits marquants d’autrefois dans le cadre de ce journal. Et là il nous narre l’enlèvement de son ami Albert sur le point de mettre fin à ses jours. Une histoire vraie à peine croyable.
Adam se livre : « J’appartiens à cette frange qui, n’ayant ni la myopie des nantis ni l’aveuglement des affamés, peut se permettre de poser sur le monde un regard lucide. »
Et règle ses comptes : « Chaque fois que notre territoire a été envahi, il s’est trouve des gens, parmi nos compatriotes, pour courir au devant de l’envahisseur,, pour lui baliser la route, pour se mettre à son service, et pour tenter de l’utiliser contre leurs propres adversaires locaux …Chez nous on pactise trop volontiers avec le vainqueur du moment… »
Et par la bouche de son ami Bilal l’idéaliste :
« La culpabilité et la honte, c’est ce que les religions ont inventé pour nous tenir en laisse ! Et pour nous empêcher de vivre ! Si les hommes et les femmes pouvaient parler ouvertement de leurs relations, de leurs sentiments, de leurs corps, l’humanité entière serait plus épanouie, plus créatrice. »
Réflexion très actuelle sur la religion : « La religion, c’est important, mais pas plus que la famille, pas plus que l’amitié, et pas plus que la loyauté. Il y a de plus en plus de gens pour qui la religion remplace la morale…Parce qu’ils ont une religion, ils se croient dispensés d’avoir une morale. »
Réflexion également sur le pétrole et la richesse induite, le conflit israélo arabe, la relation difficile entre les Arabes et l’Occident ; Adam a alors des phrases chocs :
« Il faudra bien que nous finissions par regarder en face notre propre défaite, la gigantesque, la retentissante débâcle historique de la civilisation qui est la nôtre. »( Il parle de la civilisation levantine.)
Il prône la tolérance et le respect :
« Qu’une personne s’abstienne de consommer telle ou telle boisson, tel ou tel aliment, parce que ses convictions le lui imposent, c’est une attitude que je respecte. Ce que je n’admets pas, c’est qu’on tente de l’imposer aux autres… C’est un plaisir noble et innocent de retrouver ses amis, le soir, de rire, de discuter, et de refaire le monde autour d’une bouteille de bon vin. »
Un ouvrage puissant, riche, allant très loin dans la réflexion sur notre époque, les religions et l’Homme. L’historien de formation qu’est Amin Maalouf fait preuve d’une belle clairvoyance dans ses jugements et ses remarques.
Une phrase qui a eu une résonnance particulière pour moi : « On parle souvent de l’enchantement des livres. On ne dit pas assez qu’il est double. Il y a l’enchantement de les lire, et il y a celui d’en parler. »
Une mention particulière pour le choix judicieux du titre qui est à multiples interprétations.
L’amitié indéfectible qui enfante des retrouvailles émouvantes fait de ce roman assez intimiste un magnifique ouvrage.


Paroles d'étoiles : Mémoire d'enfants cachés (1939-1945)
Paroles d'étoiles : Mémoire d'enfants cachés (1939-1945)
par Jean-Pierre Guéno
Edition : Broché
Prix : EUR 3,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Ombres et lumières de notre histoire., 14 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Paroles d'étoiles : Mémoire d'enfants cachés (1939-1945) (Broché)
Paroles d’étoiles (Mémoire d’enfants cachés de 1939à 1945) /Jean Pierre Guéno
Ce petit ouvrage bien conçu de 150 pages nous présente des témoignages bouleversants recueillis en 2002, d’enfants déportés ou cachés lors de la seconde guerre mondiale.
Une très belle présentation par J.P.Guéno initie ce recueil :
« Certains hommes ont brisé les quatre bras de la croix dans le sens contraire des aiguilles du temps pour montrer à quel point ils maitrisent le pouvoir d’inverser l’ordre des choses et de distribuer la mort. »
J.P.Guéno nous explique que certains idéologues français purent être plus nazis que certains nazis en traduisant leur fanatisme dans des textes de loi.
Des camps d’internement (au nombre de 44) en France furent aménagés un peu partout, de Rivesaltes à Drancy et de Beaune la Rollande à Pithiviers avec noté sur la fiche d’internement du sujet : Cause d’internement : en surnombre dans l’économie nationale !!
Dans les restaurants, on put lire à l’entrée : interdit aux chiens et aux Juifs !!
Les enfants de l’époque qui ont échappé à la mort ou qui ont pu se cacher se souviennent en 2002, et racontent ce que leurs yeux d’enfants ont vu alors. Les souffrances physiques et morales, les privations, la maladie, les coups, la peur, une peur viscérale, etc…
En 1939 il y avait 72 000 enfants d’origine juive en France.
Marqués de l’étoile jaune comme leurs parents, 12 000 d’entre eux furent éliminés méthodiquement par les nazis avec la complicité des autorités françaises.
Beaucoup furent cachés par des familles qu’on a appelés les « Justes » bravant tous les dangers.
« Pouvez-vous imaginer qu’à neuf ans, quelqu’un vous regarde dans les yeux et vous dise : à partir de maintenant tu t’appelles comme ça, tu es seul au monde, tu n’as pas de frères ni de sœurs et tes parents sont morts dans les bombardements. Quoi qu’on te dise, quoi qu’on te fasse, tu diras toujours la même chose sinon on te tuera. »
Imaginez le drame de ces enfants cachés survivants qui voient revenir un ou deux parents des années plus tard qu’ils ne reconnaissent pas, et qui vont devoir être arrachés à leurs parents « adoptifs » du temps d’une guerre !
Témoignage : « Si c’est pour ne plus reconnaître maman, il vaut mieux qu’elle ne revienne plus ! Dire papa à ce monsieur avait sans doute été traumatisant, mais l’était plus encore toute la tragédie qu’il incarnait et qu’il me rappelait : celui d’une famille si harmonieuse, si chaleureuse à jamais disloquée, fracassée… »
« Dans la tourmente, j’avais perdu mon nom et par la même occasion celui qui me l’avait donné. Enfant de personne… »
Deux témoignages entre autres dans un autre domaine :
« Ce 16 juillet 1942, il ya eu 7000 assassins en uniformes. Tous français. Tous glorieux. Tous ignobles. Intermédiaires de la Gestapo, drapés dans le respect de la légalité. »
« Dans Bordeaux, il en sortait de partout de ces brassards tricolores ! Résistants de la dernière heure et collabo de la première. Tous clandestins, tous héros de l’ombre…C’était à se demander comment les Allemands avaient pu survivre sans être étouffés par tant de héros… »
« Je crois que collectivement en France, à la Libération, il y a eu la volonté de jeter un voile, d’oublier beaucoup de choses qui s’étaient passées… »
« Les traumatismes des enfants qui étaient très petits au moment de l’Occupation n’ont pas été pris au sérieux. La société a occulté une grande partie des problèmes de l’Occupation. »
C’est un petit livre qu’il faut lire histoire par histoire, chacune de ces histoires suscitant un temps de réflexion indispensable. Une ou deux pages chaque jour. On a vraiment du mal à imaginer que cela s’est passé il y a à peine 72 ans ! Une ère de barbarie absolue.
Totalement bouleversant.
À noter les annexes très intéressantes en fin d’ouvrage sur le Mémorial de Caen, l’Association des enfants cachés, le Centre de documentation juive contemporaine et le Comité français pour Yad Vashem. Et une importante bibliographie.
« Les drapeaux et les religions, je m’en méfie comme de la peste. »


Il Trillo Del Diavolo Et Autres Sonates Pour Violon
Il Trillo Del Diavolo Et Autres Sonates Pour Violon
Prix : EUR 19,99

5.0 étoiles sur 5 Un double album remarquable avec Elizabeth Wallfish au violon., 13 janvier 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Il Trillo Del Diavolo Et Autres Sonates Pour Violon (CD)
Giuseppe TARTINI (1692-1770)/ Les trilles du diable et autres sonates pour violon/The Locatelli Trio/Elizabeth Wallfish//Hyperion/2CD
C’est certainement la sonate « Les trilles du diable » qui a rendu Tartini célèbre tant cette sonate a frappé les esprits et surtout les interprètes par sa difficulté d’exécution.
Compositeur très prolifique, il nous a laissé plus de 130 concertos pour violon et autant de sonates, mais seuls « Les trilles du diable » sont universellement connus, et ce dès le XIX é siècle Et comble d’ironie, cette pièce ne fut publiée que près de 30 ans après sa mort. Gracieuse et expressive cette sonate en sol mineur composée vers 1740 après que Tartini ait été inspiré par le diable lors d’un rêve, atteint des sommets de difficulté dans le dernier mouvement allegro assai.
Très belle également la sonate en sol mineur « Didone abbandonata » N°10 opus 1.
Un CD faisant parfaitement découvrir l’art de Tartini à travers les 8 autres sonates moins connues mais tout aussi remarquables.
Rappelons que c’est Elizabeth Wallfish qui est au violon ce qui est une référence, accompagnée par le Locatelli Trio.


Viotti: Concert Nos. 1, 2 & 19
Viotti: Concert Nos. 1, 2 & 19
Prix : EUR 22,97

4.0 étoiles sur 5 Viotti: un compositeur de transition., 13 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Viotti: Concert Nos. 1, 2 & 19 (CD)
Giovanni Battisti VIOTTI (1775-1824) Trois concertos pour violon/Franco Mezzena
Violoniste virtuose et compositeur italien, Viotti est mort à Londres. Il fut l’élève de Gaetano Pugnani, et voyagea à travers toute l’Europe en donnant des concerts très prisés. Il fut un temps au service de Marie Antoinette vers 1782 et fut à cette occasion initié à la franc-maçonnerie parisienne (Saint Jean d’Écosse).
Il a joué un rôle très important dans l’évolution de la technique violonistique, annonçant la transition du classicisme vers le romantisme.
Il a composé 29 concertos pour violon, 70 sonates pour violon, duos, trios, quatuors et 2 symphonies concertantes.
Il fut le professeur de Rode et Kreutzer.
Ce CD nous offre en première mondiale le concerto N° 1 et 2.
On remarquera la très belle mélodie adagio du concerto N°1 en do majeur, d’un lyrisme brûlant.
Dans le concerto N°2 le mouvement central adagio non troppo se caractérise par la présence de clarinettes et flûtes qui fournit un support harmonique très intéressant et fait de ce mouvement un moment particulièrement riche.
Un CD remarquable pour découvrir Viotti.


En l'absence des hommes
En l'absence des hommes
par Philippe Besson
Edition : Broché
Prix : EUR 7,10

1.0 étoiles sur 5 Pudeur...mais fadeur., 12 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : En l'absence des hommes (Broché)
J'avoue que j'ai mis un certain temps à terminer ce roman: je n'en voyais pas le bout! Certes les conversations et les réflexions sont parfois intéressantes comme celle concernant l'art d'écrire (P.106) et la liberté (P.206). Mais le style , qui je suis désolé n'atteint pas celui de Marguerite Duras et il s'en faut, fatigue un peu avec des personnages pas toujours bien campés. Somme toute, ce roman m'a ennuyé et déçu. Le thème était pourtant porteur.


Soumission
Soumission
par Michel Houellebecq
Edition : Broché
Prix : EUR 21,00

113 internautes sur 132 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le Houellebecq nouveau est arrivé: 2015, un excellent millésime! Mais prudence M.Houellebecq, la liberté d'expression tue !, 7 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Soumission (Broché)
Soumission/Michel Houellebecq/Version Kindle/
Le Houellebecq nouveau est arrivé : 2015, un excellent millésime !
Nous sommes en Mai 2022. Le second quinquennat de François Hollande, tout aussi calamiteux que le premier se termine.
François,notre narrateur, après avoir autrefois brillamment passé sa thèse de doctorat sur J.K.Huysmans, est aujourd’hui professeur de littérature à Paris III.
Il n’eut pas alors cette fascination simple pour l’argent que connaît la plus grande part de ses congénères, « hypnotisés plus encore par le désir de faire leurs preuves, de se tailler une place sociale enviable dans un monde qu’ils imaginent et espèrent compétitifs, galvanisés qu’ils sont par l’adoration d’icônes variables : sportifs, créateurs de mode ou de portails internet, acteurs et modèles. »
Rien de tout cela pour François, pas de processus d’insertion professionnelle à mettre en branle pour le réjouir, absence de vocation, lui qui voit seulement la littérature comme un moyen d’entrer en contact intime avec un autre esprit humain.
François reste très critique quant aux débouchés des études universitaires en littérature :
« Elles ne conduisent comme on le sait à peu près à rien, sinon pour les étudiants les plus doués à une carrière d’enseignement universitaire dans le domaine des lettres - on a en somme la situation plutôt cocasse d’un système n’ayant d’autre objectif que sa propre reproduction assorti d’un taux de déchets supérieur à 95%. »
Avec un style inégalable et un humour décapant, Michel Houellebecq s’installe dans la description de femmes entre deux âges qu’il rencontre :
« Elle ressemblait à un oiseau mazouté, mais elle avait gardé, si je puis m’exprimer ainsi, une capacité supérieure à agiter ses ailes. »
Il est sans illusion en observant le monde politique et ce « système électif qui n’est guère plus que le partage du pouvoir entre deux gangs rivaux. »
Il dénonce « l’écart croissant, devenu abyssal, entre la population et ceux qui parlent en son nom, politiciens et journalistes, qui doit nécessairement conduire à quelque chose de chaotique, de violent et d’imprévisible. » Et à terme, la guerre civile.
En 2017, on avait pu connaître une surprise : la réélection de François Hollande :
« La presse internationale, médusée, avait pu assister à ce spectacle honteux, mais arithmétiquement inéluctable, de la réélection d’un président de gauche dans un pays de plus en plus ouvertement à droite. »
Quelques années plus tard apparaît le parti « Fraternité musulmane ».
Et les autochtones européens de se déterminer comme des « Indigènes européens » !
« Nous sommes des indigènes de l’Europe, les premiers occupants de cette terre, et nous refusons la colonisation musulmane ; nous refusons également les firmes américaines et le rachat de notre patrimoine par les nouveaux capitalistes venus d’Inde et de Chine.
2022 : le Fédération musulmane arrive en deuxième position aux élections présidentielles derrière le Front National.
Son programme négocié en secret avec le PS pour battre le FN de Marine Le Pen au second tour, prévoit que chaque enfant français doit avoir la possibilité de bénéficier, du début à la fin de sa scolarité, d’un enseignement islamique. Fraternité musulmane veut contrôler les enfants pour contrôler le futur ! Autre point : suppression de la mixité et obligation pour le corps enseignant d’embrasser la foi musulmane. Le Président Ben Abbes considère les terroristes comme des amateurs. Il est jugé comme un homme politique extrêmement habile, sans doute le plus habile et le plus retors en France depuis François Mitterand. À terme son objectif est la reconstruction de l’Empire Romain. Rien que cela !
Humour encore pour se détendre :
« J’ai parlé une fois à une fille jeune, attirante, qui fantasmait sur Jean François Copé ; il m’a fallu plusieurs jours pour m’en remettre ! »
Survient le jour du deuxième tour des élections et là les choses se précipitent. Le récit devient haletant. François, prévoyant, prend la fuite vers le sud ouest et l’Espagne.
L’histoire s’emballe pour notre plaisir. Je n’en dirai pas plus. À vos livres…
Dans ce thriller politico-social, l’auteur ne dédaigne pas de revenir à ses amours pour la bonne chair du terroir et le sexe débridé. Misanthrope récidiviste, Houellebecq nous régale par son imagination et son talent pour écrire une sorte de fable (certains ont dit une farce !) qui peut susciter une réflexion utile.
François, 44 ans, le héros, pourrait bien être Houellebecq lui-même, même si l’auteur se défend d’avoir fait des études universitaires de littérature.
Au moment de conclure ce commentaire, j’apprends la tragédie de Charlie Hebdo.
Que la Providence protège notre Michel Houellebecq national, son livre traitant aussi de la soumission de la femme à l’homme et la soumission de l’homme à Dieu tel que l’envisage l’Islam. D’où le titre.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 19, 2015 4:49 PM CET


La Mort du roi Tsongor
La Mort du roi Tsongor
par Laurent Gaudé
Edition : Poche
Prix : EUR 5,90

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Intéressant mais pas transcendant., 6 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Mort du roi Tsongor (Poche)
La mort du roi Tsongor/Laurent Gaudé/Prix Goncourt des lycéens / Prix des libraires 2002/
Le fond d’abord :
dans une Antiquité imaginaire, à Massaba, le palais de du roi Tsongor est en effervescence et Katabolonga le porteur du roi a fort à faire : en effet les préparatifs du mariage de la princesse Samilia avec Kouame le prince des terres du sel vont bon train.
Survient du diable vauvert Sango Kerim, ami d’enfance de Samilia qui s’était promise à lui lorsqu’ils étaient encore très jeunes.
La situation est à tout le moins tendue car Sango n’est pas près de céder.
Et puis Katabolonga dont toute la tribu a été anéantie autrefois par Tsongor a juré de se venger un jour. Et le roi Tsongor le sait.
Un accord tacite fut établi entre les deux hommes. Il est parfois préférable d’avoir ses ennemis devant soi que cachés.
La guerre entre Kouame et Sango Kerim semble inévitable.
Pendant ce temps Souba un des fils de Tsongor part pour édifier sept tombeaux dont un recueillera la dépouille de Tsongor à sa mort.
Laquelle survient rapidement : en effet, Tsongor ne pouvant choisir entre Kouame et Sango Kerim pour épouser sa fille et pensant éviter une guerre, se suicide.
Samilia ne peut se résoudre à choisir un des deux prétendants.
Haine, amour, fidélité, orgueil alternent dans ce récit qui rappelle non seulement la guerre de Troie mais aussi le siège de Massada en Israël : deux hommes se battent pour une femme entrainant leur armée avec eux, pendant que les défenseurs de la ville mettent le feu à leur cité de manière suicidaire.
J’avais beaucoup aimé « Le soleil des Scorta ». J’ai moins aimé « La mort du roi Tsongor ».
Je ne nierai pas les qualités littéraires du texte ni le talent de conteur de Laurent Gaudé. Cependant j’ai trouvé que cette épopée manquait de souffle et de panache. Les phrases courtes et sèches induisant un style haché sont peut être à l’origine de ce sentiment.
Et puis on a aussi l’impression que l’auteur s’adresse à des lecteurs très jeunes qui ne comprendraient pas très bien, d’où un certain nombre de répétitions qui lassent et de descriptions cruelles et sanglantes abondantes et parfois inutiles.
En somme un peu déçu par ce roman, déception qui se traduit par sentiment d’insuffisance pour nous enthousiasmer et nous séduire véritablement.


Cinq Sonates Pour Violon Et Basse Continue
Cinq Sonates Pour Violon Et Basse Continue
Prix : EUR 21,74

4.0 étoiles sur 5 Tartini, un des maîtres du violon baroque., 5 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cinq Sonates Pour Violon Et Basse Continue (CD)
TARTINI GIUSEPPE (1692-1770) Sonates pour violon et basse continue/Fabio Biondi
Tartini : le rebelle ! À dix huit ans, au lieu de suivre la voie tracée par ses parents dans la vie ecclésiastique, il prend femme, fait des études de droit et voue son existence à la musique son second amour.
Musicien baroque certes mais aussi théoricien, il écrivit plusieurs traités de musique sur l’harmonie notamment.
Maitre du violon avant tout, il est un professeur adulé de ses élèves à Padoue car il sait faire parler le violon comme le faisaient Corelli et Vivaldi.
On remarquera en particulier la beauté de l’andante affetuoso de la sonate N°7 opus 2 en sol mineur.
Un CD qui sera apprécié des connaisseurs en matière de violon, accompagné par un violoncelle, un clavecin et un théorbe et la technique parfaite de Fabio Biondi .
Figure dans ce recueil également la sonate « Didone abbandonata » en sol mineur et « Staggion bella » en si bémol majeur, qui sont parmi les plus connues.


Le Passe-muraille et autres nouvelles
Le Passe-muraille et autres nouvelles
par Marcel Ayme
Edition : Poche
Prix : EUR 3,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Dix nouvelles pour notre plaisir., 5 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Passe-muraille et autres nouvelles (Poche)
Le Passe-Muraille et autres nouvelles/Marcel Aymé (1902-1967)
Dutilleul, médiocre fonctionnaire demeurant à Montmartre, peut franchir les murs mais un jour se fait piéger ; ce phénomène induit des situations cocasses.
Sabine a le don d’ubiquité et parvient à vivre mille vies simultanément.
Flegmon vit une drôle d’époque où la vie est rationnée et se voit assujettie à des tickets de vie, avec toutes les déviances qui peuvent en découler et trafic en tout genre.
La raison de cette mesure est la menace d’une disette. L’objectif, assurer un meilleur rendement de l’élément laborieux de la population et mise à mort des éléments improductifs. Sacré programme ! Mais…
« En raison de l’accaparement des tickets de vie par les riches, l’économie réalisée sur les denrées alimentaires est à peu près nulle. »
Et puis en 1942, pour en finir avec la guerre, il est décidé par décret que le temps serait avancé de 17 ans. Nous sommes alors en 1959. Mais par un curieux hasard, le narrateur se trouve faire alors à nouveau un bond mais cette fois en arrière, de 17 ans :
« Moi seul, après ce bond collectif, par je ne sais quelle inspiration, je refais l’étape en sens inverse…Me voilà réduit à la triste condition d’un dieu. Pendant 17 ans, il n’y aura pour moi que des certitudes. Je ne connaîtrai plus l’espoir… »
De plus il y a des regrets :
« Je me reproche de n’avoir pas su prévoir ce qui m’est arrivé depuis. »
Et de conclure : « C’est à peine si de temps en temps et de plus en plus rarement j’éprouve la très banale sensation du déjà vu. »
Les illusions de M. Jacotin dans « Le Proverbe » et le savoir faire modeste de Lucien son fils.
Comment la pieuse et dévote Mlle Boirboïé devient la catin du régiment en arrivant au ciel ! C’est le thème de la « Légende Poldève . »
« Le Percepteur d’épouses » voit les maris payer leurs impôts en se débarrassant de leur femme !
« L’Huissier » qui au seuil du paradis doit retourner sur terre pour faire le bien.
Autant de nouvelles fantastiques et surréalistes dans lesquelles Marcel Aymé fait montre de tout son talent non seulement de conteur mais encore d’humoriste satirique.
L’enfance de Marcel Aymé lui fut une source d’inspiration inouïe. Né à Joigny dans l’Yonne de parents jurassiens, il fut élevé par sa grand-mère au milieu de querelles de clocher entre laïques et cléricaux. Fin observateur de son entourage, il a su faire revivre avec vérité, poésie et réalisme les interminables conversations que l’on retrouve par exemple dans la dernière nouvelle « En attendant ».
Dans toutes ces nouvelles, on retrouve l’esprit de Perrault et de la Fontaine dans des récits symboliques qui sous une apparence de légèreté dégage une belle sagesse.
À lire et relire avec le sourire ce recueil paru en 1943. En pleine période d’occupation allemande !


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