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Contenu rédigé par Gerard Muller
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Commentaires écrits par
Gerard Muller "médicactus" (Nouvelle Caledonie)
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Giovanni Legrenzi: Trio Sonatas 1655
Giovanni Legrenzi: Trio Sonatas 1655
Prix : EUR 13,93

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Très belles sonates pour violon par un bel ensemble Parnassi Musici., 7 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Giovanni Legrenzi: Trio Sonatas 1655 (CD)
Giovanni Legrenzi (1626-1690)
Compositeur italien très célèbre en son temps, Legrenzi est aujourd’hui peu connu malgré le nombre considérable de compositions d’opéras, cantates, motets, concertos et sonates que l’on connaît.
Il s’installa très tôt à Venise où il enseigna d’ailleurs à Antonio Vivaldi et Caldara. Il est considéré comme précurseur de la musique de Bach et de Vivaldi.
Les sonates en trio opus 2 de 1655 sont des pièces charmantes que l’ensemble Parnassi Musici nous offre avec 2 violons, 1 basson, 1 violoncelle, 1 théorbe et 1 orgue.
Ces sonates de type baroque furent jouées la première fois à Bergame où s’était installés un temps Legrenzi et Cazzati pour créer l’école de violon de Bergame. Elles connurent un immense succès.


Oeuvres pour orgue Widor Symphonie "gothique" Boëllmann suite gothique ( coll. Grandes orgues Vol.3 )
Oeuvres pour orgue Widor Symphonie "gothique" Boëllmann suite gothique ( coll. Grandes orgues Vol.3 )

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un moment inoubliable aux grandes orgues de Notre Dame avec Pierre Cochereau., 5 août 2014
Charles-Marie WIDOR (1844-1937) : Symphonie pour orgue N°9 Gothique+ Toccata de la Symphonie pour orgue N°5 opus 42
Lépon Boëllmann (1862-1897 Suite Gothique + Élévation en mi bémol majeur, extrait des Heures Mystiques)
Pierre Cochereau (1924-1984) aux Grandes Orgues de Notre Dame de Paris.(1968-1971-1972)
Sans conteste, la pièce la plus célèbre de ce CD est la Toccata finale de la 5é Symphonie pour orgue de Widor, une toccata éclatante, virtuose et colorée, flamboyante, véritable morceau de bravoure universellement connue, qui ravit tous les amateurs d’orgue.
La Symphonie Gothique, quant à elle, débute par un moderato très recueilli aux sonorités célestes et éthérées, sorte de méditation sombre et profonde qui va crescendo vers une sorte d’illumination, une révélation, un temps grandiose chromatique, pour se poursuivre par un très bel andante sostenuto, à la grâce séduisante, une mélodie charmante à la beauté quasi surannée. Un vraie prière, sublime, qui vous vous émeut au plus profond de votre âme.
Le troisième mouvement est un allegro fugué triomphal et le finale évolue en une suite et variations mettant en valeur et les grandes orgues et l’organiste, en l’occurrence Pierre Cochereau.
C’est alors l’époque du « gothique puisque de manière contemporaine, Berlioz compose la « Chanson Gothique » de la Damnation de Faust, et Alkan le « Prélude dans le style Gothique ».
La carrière de Boëllmann fut bien plus courte que celle de Widor.
Cependant il connut rapidement le succès avec la Suite Gothique opus 25 en ut mineur. Simple et mélodieuse, elle atteint des sommets de grandeur dans la « Prière à Notre Dame ».
Le finale en toccata une fois terminé vous reste dans les oreilles un long moment : il a rendu célèbre à lui seul Léon Boëllmann par son emphase et sa solennité.

Un CD extrêmement riche en sonorités et que tout amateur d’orgue doit posséder.


Malher Symphonie N°6
Malher Symphonie N°6
DVD ~ Gustav Mahler
Proposé par dodax-online-fr
Prix : EUR 21,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une grande symphonie de la douleur., 5 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Malher Symphonie N°6 (DVD)
Gustav MAHLER/6é Symphonie/Claudio Abbado/DVD/Lucerne Festival
C’est une symphonie purement tragique que composa Mahler dès l’été 1903 et le finale allegro moderato puis allegro energico ne démentit pas ce sentiment ressenti dès l’entame du premier mouvement allegro energico ma non troppo. Un finale donc de plus de 30 minutes d’une symphonie qui fut créée en 1906, et dont le ton est comme un présage du drame que va vivre Mahler quelques temps après cette création, celui de la mort de sa fille de quatre ans. Certains ont vu dans cette œuvre un sorte d’allégorie autobiographique.
Cette symphonie d’une beauté lumineuse reste un œuvre assez difficile d’accès à la première écoute. Comme les autres symphonies de Mahler d’ailleurs. Il n’ya guère que l’andante moderato qui laisse un peu l’esprit voguer au gré d’une rêverie que le scherzo va interrompre.
Quant au premier mouvement, il dégage initialement un sentiment douloureux puis devient ample et lyrique dans son second thème représentant selon Mahler un portrait de son épouse, avant que la fin de ce mouvement ne prenne une tonalité bucolique.
Comme à l’accoutumé, Abbado illumine cette symphonie de son talent et de son sourire à l’intention de l’orchestre. Il sait mieux que quiconque révéler cette tension passionnelle qui habite cette œuvre brûlante.


Ce que le jour doit à la nuit
Ce que le jour doit à la nuit
par Yasmina Khadra
Edition : Poche
Prix : EUR 7,70

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Regrets éternels!, 4 août 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ce que le jour doit à la nuit (Poche)
Ce que le jour doit à la nuit/Yasmina Khadra
C’est un roman qui va directement là où ça fait mal : au cœur et les dernières pages m’ont laissé pantois et bouleversé.
L’histoire, contée par Younes alias Jonas, débute à l’époque coloniale vers 1930 dans la région d’Oran en Algérie.
Le jeune Younes, arabe, vit avec ses parents et sa sœur handicapée dans la misère la plus totale. Son père décide alors de confier son éducation à son frère pharmacien. L’amour de l’oncle et de la tante, l’amitié partagée avec des copains de toutes confessions, fait de cette époque une période bénie pour Younes.
La rencontre avec Madame Cazenave va décider de toute la vie de Younes qui va être déchiré entre des choix qu’il ne saura pas faire malgré les conseils de son oncle.
La seconde partie du roman conduit Younes à naviguer difficilement à travers les écueils du drame algérien avec la guerre d’indépendance qui débute en 1954. Torturé par des amours violents et des amitiés contrariées, Younes jusqu’au bout se demandera à quel monde il appartient.
Les amours, les nostalgies et les regrets nous sont narrés par Y.Khadra dans un très beau style.
Un magnifique roman d’amour qui est aussi une page d’histoire.


Orchestral Suites/Ovt (3)
Orchestral Suites/Ovt (3)
Prix : EUR 24,91

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un compositeur de transition à découvrir., 3 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Orchestral Suites/Ovt (3) (CD)
Johann Friedrich Fasch (1688-1758)/Suites orchetrales/Capella Savaria/Pal Nemeth
Compositeur, violoniste et organiste allemand, Fasch est né à Weimar.
Élève de Johann Kuhnau dans un premier temps, il étudia la composition ensuite à Darmstadt avec Graupner pour devenir bientôt maître de chapelle à la cour d’Anhalt-Zerbst.
Fasch est considéré comme un compositeur faisant la transition entre les époques baroque et classique.
Son style rappelle beaucoup Telemann et Graupner, notamment dans les « Ouvertures » au ton majestueux et solennel.
Il faut savoir que le genre « Suite avec ouverture » était très prisé à l’époque, influencé par le style galant de J.B.Lully.
C’est une musique reposante, joyeuse et très agréable.
À découvrir si vous ne connaissez pas.


Tosca
Tosca
DVD ~ Bryn Terfel
Prix : EUR 25,99

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une Tosca que j'ai aimée !, 31 juillet 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tosca (DVD)
Giacomo Puccini/TOSCA/Angela Gheorghiu/Jonas Kaufmann/Bryn Terfel/Antonio Pappano .
C’est une des plus belles Tosca que l’on puisse imaginer, moderne, bien mise en scène avec trois solistes au sommet de leur art.
Donné en 2011 à Londres, cet opéra de Puccini basé sur un livret pourtant très médiocre est magnifié par ces solistes accompagnés d’un orchestre tout en tact et mesure dirigé par Antonio Pappano, solistes et musiciens qui parviennent à hisser la pièce à un niveau d'intensité théâtrale bouleversante. Une musique aux airs populaires, puissante et émouvante (e lucevan le stelle).
Angela Gheorghiu nous incarne une Tosca sublime notamment dans « Vissi d’arte », un passage mettant sa belle voix en valeur, et Jonas Kaufmann un très beau et talentueux Mario Cavaradossi, émouvant et convaincant dans « Recondita armonia » puis bouleversant dans « e lucevan le stelle ». Quant à Scarpia, il nous est interprété par un toujours aussi impressionnant Bryn Terfel, cynique à souhait dans ce rôle terrible.
Une parfaite réalisation.


Johann Joseph Fux: Baroque Chamber Music at the Viennese Court
Johann Joseph Fux: Baroque Chamber Music at the Viennese Court
Prix : EUR 12,72

5.0 étoiles sur 5 Baroque autrichien., 30 juillet 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Johann Joseph Fux: Baroque Chamber Music at the Viennese Court (CD)
Johann Joseph Fux/Concert baroque/ Clemencic Consort
Compositeur autrichien né en 1660, il fit des études chez lez jésuites à Graz avant de devenir organiste à Ingolstadt en 1681.
Grand admirateur de Palestrina, il composa des messes dans un premier temps.
Puis des opéras. Il enseigna à Muffat et Zeleka l’art du contrepoint. Son célèbre traité de contrepoint servit par la suite à Haydn, Beethoven et Mozart.
Dans ce CD, on trouve un exemple assez complet de sa musique instrumentale de style baroque réunie dans un recueil appelé Concentus musico-instrumentalis., publié en 1701. Très bonne interprétation par l’ensemble de René Clemencic.


4 Concertos Pour Violon
4 Concertos Pour Violon

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Plus célèbre que Mozart à son époque!, 28 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : 4 Concertos Pour Violon (CD)
Joseph Boulogne Chevalier de Saint-George/4 concertos pour violon/Les archets de Paris/Calliope
Depuis 1999 et la sortie du livre d’Alain Guédé, une excellente biographie, Saint-George est revenu au répertoire et la reconquête du public est bien entamée.
Avec Saint-George, la musique oscille toujours entre le charme et les larmes. Dans ses concertos, Saint George laisse le violon développer son chant en se laissant aller à son inspiration à peine soutenu par l’orchestre qui est là pour le mettre en valeur.
La thématique est toujours gracieuse « avec une pointe de langueur toute créole et de sentimentalité mélancolique » (A. Guédé)
Dans les quatre concertos, le schéma est le même : après le tutti, la parole est au violon qui se livre au plus belles vocalises, alignant les trilles à un rythme surprenant. Le brio, chez Saint-George est toujours là « pour servir la ligne mélodique et exprimer la beauté de l ‘instrument. »
Un très bon Cd de musique facile et agréable.
Et dire qu’à l’époque, Mozart n’avait que peu de succès au moment où on se disputait le Chevalier dans les salons parisiens pour entendre son archet animer les soirées !!


Monsieur de Saint-George. Le nègre des Lumières
Monsieur de Saint-George. Le nègre des Lumières
par Alain Guédé
Edition : Poche
Prix : EUR 9,70

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le "fameux Saint George", un surdoué! Au delà de la musique ou de l'escrime, l'homme!, 28 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Monsieur de Saint-George. Le nègre des Lumières (Poche)
Monsieur de Saint George/Le Nègre des Lumières/Alain Guédé

Comment le temps a-t-il pu faire oublier si longtemps un personnage aussi étonnant ?
Joseph Bologne Chevalier de Saint-George, né en 1739 en Guadeloupe est sans doute l’unique compositeur de musique classique noir ou plus exactement mulâtre.
Cette biographie extrêmement bien documentée de Alain Guédé nous révèle un personnage hors du commun pour des raisons très diverses tout autant qu’une époque avec une peinture de mœurs et la vie culturelle de la société parisienne au XVIIIé siècle.
Un résumé de quelques points important s’impose avant d’aborder cet ouvrage de près de 400 pages.
L’auteur nous pose tout d’abord le cadre ce qui est déterminant pour le devenir de Joseph : aux Antilles dans cette première moitié du XVIIIé siècle, la traite des Noirs est une nécessité pour la culture de la canne à sucre. Les navires font le va et vient entre le Sénégal et les Antilles avec leur chargement de « bois d’ébène ».
Parmi les immigrants, hormis les Noirs, on compte les orphelines des couvents de France aussi bien que les filles de petite vertu qui ont fauté.
Paradoxalement, on est au siècle des Lumières, une période qui prône l’humanisme ; et pourtant le racisme est de bon ton chez Voltaire ou Rousseau.
Nanon, la mère de Joseph est arrivée à l’âge de six ans avec ses parents, raflée par les guerriers d’un roi africain qui échangeait son peuple contre des pacotilles. Sa grande beauté dès l’âge de quatorze ans n’échappa pas à Guillaume-Pierre de Boullongne, planteur en Guadeloupe, qui en fit sa concubine.
Elle mit au monde un beau mulâtre au teint très foncé qui montra dès l’enfance des talents peu communs. C’est Platon, le régisseur de la plantation de Guillaume-Pierre qui lui donne ses premières leçons de violon.
« Joseph s’assoit en compagnie de son père qui chaque matin s’enquiert de se progrès au violon, à l’escrime, au tir et à l‘étude.
A la suite de catastrophes naturelles, la famille émigre un temps à Saint Domingue puis en France. Joseph, beau petit métis au corps racé a alors neuf ans. C’est un enfant aux talents précoces qui voit se poser sur lui tous les regards, souvent curieux, parfois attendris, rarement hostiles. Ils lui faudra une immense habileté pour retourner à son profit les préjugés qui s’abattent sur les Noirs qui vivent en France. Une France foncièrement raciste.
La fortune de son père va aussi aider Joseph à se faire accepter par la société parisienne ainsi que l’amitié que la Marquise de Pompadour, favorite de Louis XV, porte à la famille Boullongne.
Joseph fréquente les salons : il est grand et mince, un mètre quatre vingt, il est svelte, il est un merveilleux danseur que se disputent les belles.
Il prend des cours de violon avec J.M.Leclair, le plus brillant violoniste du royaume, fondateur de l’école française de violon et musicien fétiche de Louis XV. Et des cours de composition avec Gossec, le plus célèbre musicien du moment.
Maniant aussi bien l’épée que l’archet, il devient aussi le meilleur bretteur du royaume.
Nageur, patineur, coureur, cavalier émérite, il est doué dans tous les exercices du corps. Et musicien et compositeur en plus.
Il courtise les femmes qui se le disputent, mais les familles voient d’un œil mauvais l’union éventuelle de leur fille avec un Noir.
« Rejeté par les hommes, le « chevalier » sera bientôt accueilli à bras ouverts par leurs épouses. Sa grande taille, sa prestance, sa grâce féline et ses talents de danseur et de musicien en font un mets recherché en cette période où les femmes s’emparent des prérogatives masculines avec une gourmandise raffinée. Nombre d’entre elles contestent à leurs maris le monopole du libertinage. »
« Coq adulé au milieu d’un essaim de beautés, il devint l’astre des spectacles, des soupers et des fêtes. »
Puis ayant connu un jour une humiliation de la part d’une famille de ces belles, il n’envisagera plus jamais de se marier.
Il devient vite vers vingt ans le premier violon de l’orchestre dirigé par Gossec.
Tandis que lui, riche mais modeste, se fait prier pour jouer dans les salons, le tout jeune Mozart, pauvre, mendie des introductions dans ces mêmes salons.
Joseph compose alors ses premiers quatuors, puis des symphonies. Il a vingt sept ans et son amitié avec Gossec lui offre la possibilité de devenir chef d’orchestre; et bientôt Gossec lui confie la conduite du « Concert Spirituel ».
La notoriété du Chevalier de Saint George le mène à la franc-maçonnerie. L’intronisation se fera dans le plus grand secret, car il est le premier Noir a recevoir la lumière au Grand Orient de France. De ce fait, la date est mal connue : 1773 est la plus probable.
La franc-maçonnerie l’amène à fréquenter des compositeurs tels que Haydn, Glück,Viotti, des hommes politiques comme Mirabeau, Brissot, Condorcet, Sieyès, et des écrivains comme Choderlos de Laclos.
Il se lance dans la composition d’opéra à succès, puis de romances qui sont sur toutes les lèvres.
En 1787, Joseph âgé de 48 ans, s’installe à Londres où il devient rapidement l’une des personnalités en vue de la capitale. Il est recherché pour son archet tout autant que pour son fleuret.
Au moment de la révolution, Joseph se sépare habilement de sa particule et n’est plus que Joseph Boulogne-Saint George ; malgré ses défauts et ses incertitudes, pour lui la Révolution est sa nouvelle famille et il s’engage en patriote en trichant sur son âge en 1792 dans l’armée révolutionnaire qui doit protéger la France des monarchies voisines qui sont aux frontières. Il parvient vite au grade de colonel, le premier colonel noir de l’armée française. On l’appelle depuis quelques temps l’ »Américain » et son groupe les « Hussards Américains » ou la « Légion Saint George ».
Mais le vent tourne. Son amitié passée avec le Duc d’Orléans le mène droit en prison pour onze mois en septembre 1791. Jusqu’à la chute de Robespierre. Il sera réhabilité puis à nouveau destitué par le Directoire pour ses idées révolutionnaires.
Pendant toutes ses années, en homme de panache il a choisi les armes et mis en jachère ses talents de compositeur.
Il reviendra à la musique après sa libération.
« Le 10 juin 1799, les paupières du Chevalier de Saint-George se referment sur le siècle des Lumières.
Lui qui a connu l’abolition de l’esclavage ne verra heureusement pas sa renaissance avec Bonaparte dès 1802.
« Commence pour Saint-George une longue nuit de deux siècles. Jeté au bas de son piédestal par l’Empire, tombé dans un oubli total sous cette France adipeuse de Cherubini et de Louis-Philippe, passé de mode lorsque triomphent les romantiques, il devient l’un des grands naufragés de l’histoire de la musique.
Après ce bannissement de deux siècles, le temps est venu d’écouter sa musique, de savourer le plaisir qu’elle procure pour entamer un procès en réhabilitation. »
Suit un catalogue complet des œuvres connues de Joseph Boulogne Chevalier de Saint George que Alain Guédé a mis dix ans à dresser. Un travail qu’il convient de saluer.
Un ouvrage captivant du début à la fin.


Pierre et Jean
Pierre et Jean
par Guy de Maupassant
Edition : Poche
Prix : EUR 2,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une histoire de famille., 28 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pierre et Jean (Poche)
Pierre et Jean/Guy de Maupassant.

Au retour d’une partie de pêche familiale en mer, le père Roland se voit invité à rencontrer son notaire. Il apprend alors que le meilleur ami de la famille, M. Maréchal, vient de mourir et de léguer sa fortune au fils cadet Jean, jeune avocat qui se prépare à s’installer.
La famille s’étonne de ce choix, le père Roland, bijoutier en retraite, en premier, mais aussi Pierre le frère aîné de Jean, tout juste diplômé médecin et même la jeune veuve Rosémilly , amie de la famille que les parties de pêche avec les garçons ne rebutent pas.
Pierre, naturellement, est jaloux : c’est humain.
« Une vague de jalousie, une de ces jalousies dormantes qui grandissent presque invisibles entre frères ou entre sœurs jusqu’à la maturité et qui éclatent à l’occasion d’un mariage ou d’un bonheur tombant sur l’un, les tenait en éveil dans une fraternelle et inoffensive inimitié. »
Madame Roland, une personne au caractère assez composite, elle voit le bon côté de ce legs :
« Elle savait le prix de l’argent, ce qui ne l’empêchait point de goûter le charme du rêve. »
Mais peu à peu un mal étrange et inconnu va la frapper. Elle ne trouve plus le repos et une douleur profonde la fait souffrir qui n’est pas une maladie.
Jean quant à lui, voit un bel avenir s’ouvrir devant lui :
« Dans la façon dont il riait, dont il parlait avec une voix plus sonore, dont il regardait les gens, à ses manières plus nettes, à son assurance plus grande, on sentait l’aplomb que donne l’argent. »
Et puis le drame va s’insinuer lentement dans ce contexte par l’entremise de Pierre, un personnage un peu sinistre. Un drame familial sournois, qui ne s’avoue pas et qui ronge les personnages excepté le père Roland, ce rustre qui ne voit rien venir.
Dans ce roman, Maupassant fait montre de son immense talent de conteur et sa façon de recréer un microcosme normand havrais est tout simplement extraordinaire. Une peinture vraie de ce milieu très particulier nous est proposée tout au long de cette histoire.
L’analyse psychologique va au plus profond des âmes de ces personnages torturés que sont Pierre, madame Roland, et Jean à un degré moindre. Et ce en toute sobriété en choisissant les traits les plus caractéristiques des êtres, le tout en un style très classique teinté d’une grande simplicité. Il n’est pas utile de tout dire : « pour une vérité choisie et expressive » disait Maupassant.
Toujours pessimiste, il ne croyait guère à l’amitié, « cette odieuse tromperie » disait-il !
Un récit à lire absolument.


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