Profil de Gerard Muller > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Gerard Muller
Classement des meilleurs critiques: 124
Votes utiles : 1605

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Gerard Muller "médicactus" (Nouvelle Caledonie)
(TESTEURS)    (TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
Mozart's Last 8 Piano Concertos [Blu-ray] [Import anglais]
Mozart's Last 8 Piano Concertos [Blu-ray] [Import anglais]
DVD ~ Mozart
Proposé par Expédition Express
Prix : EUR 38,43

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Barenboim glorifie Mozart ., 1 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mozart's Last 8 Piano Concertos [Blu-ray] [Import anglais] (Blu-ray)
Mozart : les huit derniers concertos pour piano (N°20 à 27) par Daniel Barenboim avec le Berliner Philharmonker/2 DVD.
Ces enregistrements échelonnés de 1986 à 1989 nous montrent Daniel Barenboim au sommet de son art.
Le concerto N°20 K466 est un des plus complexes. Le murmure sombre des cordes dans l’allegro initial crée d’emblée une ambiance tragique et fiévreuse qui précède l’entrée en jeu du piano. La romance qui suit confirme le parfait dialogue entre l’orchestre et le piano dans une sorte de rêve modulé. Le rondo final surprend par le ton jovial qui fait oublier la morosité initiale.
Le concerto N° 21 K467 est certainement le plus connu et le plus émouvant de par le second mouvement andante qui a été repris dans de nombreux films dont Elvira Madigan. L’élégance de ce concerto nous séduit de suite par la beauté de l’échange entre orchestre et piano dans l’allegro maestoso initial. Le ton élégiaque de l’andante nous charme par sa poésie, une sorte de nocturne dont la douloureuse pulsation nous touche au plus profond de nous-mêmes. Écoutez alors le grave des cordes bientôt rejointes par les bois et puis l’égrènement nostalgique des notes du piano. Ici Barenboim soliste et Barenboim chef d’orchestre ne font qu’un dans un équilibre parfait. C’est une œuvre éblouissante dont certains passages ont été repris dans « La Flûte Enchantée », ce qui laisse supposer une signification maçonnique de ce concerto, l’andante étant une référence au troisième degré de maître maçon. Le dernier mouvement allegro vivace assai nous ramène à la réalité après cet andante hors du temps.
Le concerto N° 22 K 482, moins connu est plus grave dès le début de l’allegro avant que l’andante nous touche par sa mélancolie dans le murmure des cordes. Il est à noter que ce concerto fut joué avec Mozart en soliste en 1785 lors de la création de l’oratorio « Esther » du compositeur Carl Ditters von Dittersdorf à Vienne, entre les différents actes. L’andante fut très souvent rejoué en bis par Mozart à la demande du public. C’est une œuvre grandiose où les cors et la clarinette se taillent une part importante dans l’orchestration.
Le concerto N° 23 K 488 débute par un allegro très classique bien rythmé dans sa plénitude suivi d’un adagio inoubliable qui a rendu ce concerto aussi populaire que le N° 21. D’une douceur inexorable ce mouvement à l’atmosphère dramatique et passionnée vous bouleverse à coup sûr. L’allegro final est beaucoup plus joyeux frôlant l’insouciance.
Le concerto N°24 K 491 se caractérise par une très riche instrumentation qui pourtant laisse une sensation de simplicité à l’écoute de l’allegro, lui même suivi d’un larghetto où l’équilibre entre orchestre et piano est remarquable. Composé en 1786, ce concerto fut particulièrement adoré de l’époque romantique.
Le concerto N°25 K 503 est une œuvre éblouissante, solennel dans son premier mouvement allegro maestoso. La suite possède une tonalité tragique avec un andante poétique et un final épique qui nous rapproche de la Symphonie Jupiter (N°41) ou le Quintette K 515.
Le concerto N°26 K 537 laisse le piano dominer largement l’orchestre avec un raffinement extrême dans les mélodies qui s’enchainent pour notre plaisir. Connu sous le nom de Concerto du Couronnement, il fut joué en 1788 pour le sacre de l’Empereur du Saint Empire Romain Germanique. (À noter que le concerto N°19 est aussi appelé « Du couronnement »).
Le concerto N°27 K 595 est tout ombré de mélancolie et l’on peut supposer à l’écoute que Mozart sent venir sa fin. Ce sera son dernier concerto pour piano achevé en janvier 1791. Le second mouvement larghetto semble sur un ton de confidence nous conduire au bord du gouffre, comme un adieu du compositeur, malgré un final virevoltant comme pour oublier l’inéluctable.
En résumé, ces huit concertos interprétés et dirigés par Daniel Barenboim constituent une page indispensable pour tout mélomane. Un coffret de 2 DVD magiques.


Les Jacarandas de Téhéran
Les Jacarandas de Téhéran
par Sahar Delijani
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Misères et souffrances du peuple iranien avide de justice et de liberté.Témoignage., 31 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Jacarandas de Téhéran (Broché)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
DELIJANI SAHAR/ Les enfants du jacaranda

Sahar Delijani est née en 1983 dans une prison de Téhéran.
Ayant fui son pays elle a grandi en Californie, et est diplômée de l’Université de Berkeley. Elle vit à présent en Italie, à Turin.
« Les Enfants du Jacaranda » est son premier roman.
Ce récit concernant une période allant de 1983 à 2011 est très certainement largement autobiographique : on peut croire que Azar est la mère de l’auteur et met sa fille au monde en prison. Neda , cette enfant, est Sahar Delijani.
Le contexte à la prison d’Evin ressenti par Azar :
« Elle était à présent une étrangère, entourée de gens qui la considéraient comme une ennemie à soumettre et à vaincre, qui voyaient sa seule existence comme un obstacle à leur pouvoir, à leur vision du Bien et du Mal, à leur morale,. Des gens qui la haïssaient parce qu’elle refusait de considérer ce qu’ils proposaient comme son propre combat. Des gens qui voyaient en elle une adversaire parce qu’elle refusait de croire que leur Dieu puisse avoir toutes les réponses. »
Dans la première partie qui concerne la détention et l’accouchement de Azar , prisonnière pour ses idées politiques, on découvre aussi la vie quotidienne à Téhéran dès lors que les mollah ont pris le pouvoir en 1979 après avoir renversé le Shah.
« Tous les habitants au-dehors, portaient la peur comme une chaine, dans les rues, sous l’ombre familière de la montagne, triste et magnifique…La peur se faisait impalpable, on n’en parlait pas. Elle régnait sur tous, invisible et omnipotente. »
Tout le monde est espionné, toutes les conversations écoutées, toutes les allées et venues contrôlées, les filatures constantes. Une vie normale impossible. Tel est le contexte en ville et dans le pays.
Plus loin dans ce récit, la population fuit la ville en raison des bombardements, ne sachant pas si les maisons seront encore debout à leur retour.. Il faut se souvenir que de 1980 à 1988 a fait rage une guerre entre Iran et Irak.
Saddam Hussein, sachant que Khomeiny veut à tout prix le renverser en appelant les Irakiens à la révolte, devance l’ennemi et attaque l’Iran dès septembre 1980 avec l’appui des USA, de l’URSS et de la France. Un million deux cent mille victimes ! L’Iran sort vainqueur du conflit.
Au cours de ce récit émouvant concernant une période très dure pour la population et qui dure encore à ce jour, on fait connaissance avec un grand nombre de personnages évoluant sur trois générations qui ont plus ou moins directement eu affaire avec les autorités ; tortures, vexations, exécutions sommaires.
Sur la forme, je trouve que la construction laisse à désirer ; on se perd par moment dans ce récit avec beaucoup de personnages pas toujours bien décrits.
Quant à traduction, elle aussi laisse à désirer.
Et puis l’action est lente avec une écriture laissant dans son sillage trop de longueurs. Les scènes familiales, comme l’a dit un lecteur, sont trop répétitives, n’apportant pas toujours quelque chose d’essentiel à la trame dramatique de l’histoire.
Cela dit, je retiens essentiellement au fond l’extrême intérêt du témoignage poignant et saisissant relatant le vécu de personnages épris de liberté et de justice au cœur d’un pays où règne une tyrannie féroce et sanguinaire.
Un livre à lire assurément malgré quelques imperfections.
Dernier chapitre :
« Je ne pourrai jamais assez remercier ma mère, pour la nuit où elle est venue dans ma chambre et m’a dit : « Je vais tout te raconter ».


Concerti pour cor, pour trompette & pour orgue
Concerti pour cor, pour trompette & pour orgue
Prix : EUR 28,49

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Trois concertos de belle facture., 29 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Concerti pour cor, pour trompette & pour orgue (CD)
Joseph Haydn (1732-1809) Concertos/The Academy of Ancient Music/Hogwood/
Haydn ne composa que peu de concertos. Il est surtout connu pour ses symphonies au nombre d’une centaine, ses sonates, ses messes, ses oratorios, ses trios, et ses quatuors.
Hormis ses deux concertos pour violoncelle qui sont très connus mais qui ne sont pas dans ce recueil, il a composé un concerto pour trompette qui est très célèbre (Hob.VIIe :3), lequel figure ici parmi trois concertos. Il fut la dernière composition orchestrale de Haydn et constitue le sommet de l’art du compositeur. L’andante notamment est d’une sublime beauté dans la simplicité du cantabile confié aux graves de la trompette. Malgré l’âge avancé de Haydn, on est face d’une composition pétulante et juvénile dans le finale.
Le concerto pour orgue (Hob.XVIII :1) fait partie d’un ensemble de six concertos pour orgue. Écrit en 1756, il s’agit d’une œuvre de jeunesse dans laquelle Haydn se cherche un style.
Le concertos pour cor (Hob.VIId :3) fut écrit en 1762. Haydn a alors acquis une certaine maturité et le développement avec amplitude et concision du premier mouvement allegro nous le montre de suite. Cet allegro est suivi d’un adagio d’une grande beauté, le cor assurant un cantabile extrêmement séduisant dans les graves. Le finale d’une grande richesse contrapuntique met en relief la virtuosité du soliste.
Un orchestre bien connu conduit par un C.Hogwood toujours aussi bon, et nous avons un excellent échantillon des concertos de Haydn.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 29, 2014 10:43 PM MEST


Intégrale Des Oeuvres Pour Piano
Intégrale Des Oeuvres Pour Piano
Proposé par moviemars-amerique
Prix : EUR 34,42

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une musique intimiste., 27 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Intégrale Des Oeuvres Pour Piano (CD)
Gabriel Fauré (1845-1924)/ Œuvre intégrale pour piano/ 5 CD/Paul Crossley
L’œuvre pour piano de Fauré comprend 13 nocturnes, une série de pièces brèves opus 84, 13 barcarolles, 9 préludes, 4 impromptus, un thème et variations opus 73. 4 valses caprices, 3 romances sans paroles, une ballade et une mazurka.
Fauré qui fut l’élève de Camille Saint-Saens fut longtemps titulaire des grandes orgues de l’église de la Madeleine à Paris.
Sa musique se distingue toujours par la finesse de la mélodie, l’intimité et l’intériorité de l’expression.
Les Nocturnes sont des sortes de croquis intimes au style élégiaque avec quelques notes dramatiques, mais toujours dans la méditation. C’est un chemin introspectif en fait qui nous incite à la rêverie, tout dans l’émotion discrète.
Le nocturne N° 6 opus 63 est particulièrement évocateur en ce sens. C’est celui que je préfère avec le N°13 opus 119 qui lui aussi se joue tout en délicatesse et émotion retenue. Le nocturne N° 11 opus 104 traduit plutôt la souffrance intérieure et le N°12 opus 107 plutôt la fièvre et l’agitation de la pensée.
Le Barcarolles représentent une manière de journal intime. Le balancement des gondoles vénitiennes est constamment présent dans ces pièces au charme indicible. Fluidité et légèreté caractérisent la beauté subtile des Barcarolles.
J’ai personnellement un petit penchant pour l’opus 84, « Pièces brèves » que je trouve empreintes d’un charme par instant très proche de Chopin.
L’impromptu N°5 opus 102 et le Thème et Variations opus 73 font aussi partie des morceaux que j’écoute le plus.
5 CD de musique à écouter en se laissant aller à la méditation. Une musique éthérée et qui vous porte au delà du réel. Magnifique.


Les Mensonges
Les Mensonges
par Karen Perry
Edition : Broché
Prix : EUR 21,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Beaucoup de mensonges pour notre plaisir ! Un bon moment de lecture !, 25 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Mensonges (Broché)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Les Mensonges/Karen Perry
L’histoire : Harry est artiste peintre et Robin est architecte. Ils vivent à Tanger.
Le drame : Dillon leur fils disparaît lors d’un tremblement de terre et le corps ne sera pas retrouvé.
Ses parents ne pourront pas faire leur deuil et leur vie tourne à l’enfer jusqu’au jour où ils décident de rentrer en Irlande.
Et puis quelques années plus tard, Harry croit voir Dillon accompagné d’une femme dans une foule.
On imagine la suite. Recherche obsessionnelle avec en toile de fond la folie qui guette Harry.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que toutes les promesses du quatrième de couverture ont été tenues : c’est une histoire qui vous accroche et ne vous lâche pas sur un rythme haletant avec des personnages bien campés, déchirés par des passions extrêmes et où l’amour filial n’est pas un vain mot.
Dans un style simple mais précis, Karen Perry tient son lecteur en haleine de la première à la dernière ligne. Ce n’est pas de la grande littérature, mais c’est diablement efficace.
La construction assez classique est intéressante avec un chapitre sur deux concernant Harry, le mari et Robin son épouse, avec le point de vue de chacun alternativement : l’impatience du lecteur est mise à rude épreuve et le suspense est quasi intolérable lorsque chacun des protagonistes est aux prises avec les événements qui se précipitent.
À noter quelques coquilles et fautes d’orthographes dans ce livre qui est une épreuve avant publication.
Un roman qui dès l’entame ne vous lâchera plus…


Berlioz : Requiem Op. 5 - Symphonie funèbre et triomphale, Op. 15
Berlioz : Requiem Op. 5 - Symphonie funèbre et triomphale, Op. 15
Prix : EUR 18,61

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une œuvre de visionnaire qui marque une époque., 23 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Berlioz : Requiem Op. 5 - Symphonie funèbre et triomphale, Op. 15 (CD)
Berlioz (1803-1869) /Requiem-Grande Messe des Morts/Symphonie funèbre et triomphale Op.15/London Symphony Orchestra/Sir Colin Davis/Philips
Certains ont dit que ce Requiem composé en 1837 n’était pas strictement de la musique religieuse, mais qu’il en avait le rayonnement visionnaire. Il est vrai que la masse orchestrale, (400 interprètes lors de la création !), minimise le côté liturgique recueilli au profit de l’emphase par moment paroxystique avec plusieurs centaines de voix, plus de cent cordes, vingt bois, douze cors, quatre ensembles de cuivre et huit paires de timbales ! Rien que cela !
De belles, douces et longues mélodies comme dans l’Offertorium et le Sanctus alternent avec des phases dramatiques comme dans le Tuba Mirum et le Lacrymosa.
Pour moins théâtral que soit cette Messe des Morts par rapport au Requiem de Verdi, il en émane cependant une puissance démesurée. Sir Colin Davis a bien su faire passer ce souffle apocalyptique, « ce frisson du Jugement Dernier » comme dit Alain Duault, qui caractérise l’œuvre. Des fanfares, des chœurs, écoutez le Dies Irae qui va vous faire trembler ! Et l’Agnus Dei qui va vous faire pleurer…
La Grande Symphonie funèbre et triomphale donne clairement dans la pompe monumentale. Écrite pour célébrer le dixième anniversaire de la Révolution de Juillet 1830, elle eut pour but de raviver les sentiments patriotiques du peuple. Berlioz voulait une marche terrible et désolée, suivie d’une oraison funèbre et d’un adieu adressé aux morts illustres. De fait, le style et l’écriture restent rattachés aux conventions de l’harmonie militaire. Exception faite à mon sens de l’Oraison Funèbre qui pour moi est le moment le plus émouvant de l’œuvre.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 12, 2014 5:03 PM MEST


Les Saisons Amusantes
Les Saisons Amusantes
Prix : EUR 22,97

4.0 étoiles sur 5 Étrange et plaisant., 22 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Saisons Amusantes (CD)
Nicolas Chédeville (1705-1782)/Les saisons amusantes/d’après Vivaldi/Palladian Ensemble/Linn
Voici une adaptation bien étrange des Quatre saisons de Antonio Vivaldi, avec une sorte de cornemuse appelée musette baroque, en plus des flûtes à bec, violons, violoncelles, théorbe, clavecin et une vielle à roue ! Le résultat est surprenant et l’on se prend à imaginer un Vivaldi installé en Écosse ou en Bretagne !
Nicolas Chédeville est né dans l’Eure en 1705. Il apprend vite le hautbois et la musette (cornemuse baroque), et devient aussi éditeur de musique. Neveu de louis Hotteterre, il appartient à une grande famille de musiciens.
Une curiosité plaisante donc que ce CD nous offrant des Quatre saisons revisitées, intercalées avec deux sonates également de Vivaldi, le tout à la mode pastorale. Sur des instruments rarement entendus.


Mendelssohn-Concerto2pianos-Bruch-Concerto2piano-K&M.Labeque
Mendelssohn-Concerto2pianos-Bruch-Concerto2piano-K&M.Labeque
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 21,95

5.0 étoiles sur 5 Deux concertos très séduisants dont un sorti des oubliettes !, 21 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mendelssohn-Concerto2pianos-Bruch-Concerto2piano-K&M.Labeque (CD)
MENDELSSOHN/BRUCH/CONCERTOS POUR DEUX PIANOS/KATIA ET MARIELLE LABÈQUE/SEMYON BYCHKOV/PHILHARMONIA ORCHESTRA/Philips
À l’époque romantique, les concertos pour deux pianos sont rares.
Mendelssohn (1809-1847) et Bruch (1838-1920) font exception.
Le jeune Mendelssohn composa son concerto à l’âge de 14 ans, (1923) tandis que Bruch composa le sien à 75 ans (1915) !
Donc, deux styles totalement différents et pourtant tous les deux très classiques. Celui de Mendelssohn plutôt inspiré de Mozart fut composé pour être joué par lui-même est sa sœur Fanny. Après un allegro vivace très mozartien, il faut écouter le sublime Adagio non troppo, une élégie entamée par les violons et reprise et développée par le piano. La fin du mouvement est plutôt du style Hummel ou Weber, tandis que l’allegro final d’une grande virtuosité est très mélodieux.
Disciple de Mendelssohn, Schumann et Brahms, Max Bruch entame son concerto par un andante sostenuto, sorte d’introduction très contrapuntique : on sent la musique de Bach qui ressurgit. Après un second et un troisième mouvement assez mélodieux, le finale éclate dans sa grande virtuosité.
L’histoire de ce concerto est assez étonnante. Joué une fois en 1915, il disparut totalement de la circulation. Du fait de sa transformation par certains interprètes en raison de sa difficulté d’exécution, il était devenu méconnaissable. Ce n’est qu’en 1971 que l’on redécouvrit le manuscrit authentique, mais celui ci avait été falsifié aussi. Le travail des musicologues permit en 1977 de rétablir le vrai concerto après des recherches complexes.
Un CD très intéressant proposant des œuvres parfaitement interprétées par les sœurs Labèque accompagnées par le Philharmonia Orchestra de Londres dirigé par Semyon Bychkov.


La Bible au féminin, Tome 2 : Tsippora
La Bible au féminin, Tome 2 : Tsippora
par Marek Halter
Edition : Poche
Prix : EUR 7,30

5.0 étoiles sur 5 Qui se souvient de Tsippora ?, 21 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Bible au féminin, Tome 2 : Tsippora (Poche)
TSIPPORA/Marek HALTER
On se souvient que c’est la princesse Hatchepsout, la fille de Pharaon, qui découvre un jour sur la rive du Grand Fleuve Iterou ( le Nil) un berceau dans lequel dort un nourrisson qu’elle va nommer Moïse.
Plus tard devenu adulte, Moïse constate la misère de son peuple asservi et durement traité pour la construction des temples, statues gigantesques et autres pyramides.
Il en vient à tuer discrètement un contremaître égyptien qui battait violemment un Hébreu. Mais alors qu’il l’enterre, il est démasqué et n’a plus qu’à fuir au désert pour sauver sa vie.
Il fuit vers le pays de Madian (dans la région du Sinaï) et alors qu’il s’abreuve au puits de Irmna, il décide d’intervenir pour défendre de jeunes bergères de Madian agressées par de jeunes bergers.
C’est à ce moment là que commence le roman de Marek Halter.
La tribu de Jethro, un des cinq rois de Madian, père des jeunes bergères, offre l’hospitalité à Moïse en guise de remerciement.
Dans ce roman qui conte l’histoire telle qu’elle a pu se passer, Marek Halter use de tout son talent de conteur pour nous livrer une belle histoire, celle de Tsippora (Sephora) , fille préférée de Jethro, qui a plusieurs autres filles, dont Sefoba et Orma.
Orma est destinée à Reba, fils du roi de Sheba , un des cinq royaumes du pays de Madian.
Sefoba, la fille aînée est déjà mariée.
Seule Tsippora, qui a la peau noire, enfant recueillie par Jethro, ne connaît de prétendant. C’est elle que Moïse voit et sauve du viol au puits d’Irmna.
Le style imagé, parfois hugolien, (on se croirait revenu au temps de Booz dans la Légende des Siècles), et tout empreint de sensualité de l’auteur nous restitue une ambiance véritablement biblique pleine de lumière, de couleurs et de fragrances, apparemment paisible mais au fond riche de tourments amoureux et d’émotions mystiques dissimulées.
« Des coussins brodés d’or furent disposés autour d’énormes plateaux en bois d’olivier recouvert de cuivre ? On y avait déposé des moutons grillés fourrés d’aubergines, de courges et de petits poireaux et décorés de fleurs de térébinthe. Les jarres étaient remplies de vin et de bière, et les coupes de bronze serties d’azurites regorgeaient de fruits. »
« Orma s’était voilée du magnifique tissu offert par Reba ? Du haut de son buste jusqu’à ses pieds, piqué de broches et de fibules, il la moulait tout autant qu’il déployait autour d’elle une aura ondoyante, lui laissant les épaules, la nuque et les bras nus. Colliers et bracelets se mirent à tinter sur sa chair délicieuse, rythmant l’envoûtement de la danse. »
Tsippora est convaincue de la mission que Moïse à accomplir : elle a vu en songe que son destin était de libérer son peuple. Comprise par son père mais pas de façon péremptoire, elle pose cette condition pour devenir l’épouse de Moïse.
Femme de tête, on sait qu’elle parviendra à le convaincre et à prononcer leurs épousailles durant le long voyage vers l’Égypte. Cependant :
« Les jours étaient heureux, les jours étaient promesses. Pourtant le bonheur cessa alors même qu’il devait devenir accomplissement. »
Yhwh, le Dieu d’Abraham est un Dieu jaloux et sectaire. Tsippora ,du pays de Kouch (le sud de l’Égypte appelé alors Nubie) qui a la peau noire, va connaître la mise à l’écart. Dans les dernières pages de ce beau roman historique, sentant que leurs destins se séparent, Tsippora se confie et rejoint avec ses fils Gershom et Eliezer la tribu de son père, le sage Jethro qui saura lui réchauffer le cœur en attendant le retour de Moïse.
La suite est dramatique, sanglante et funeste.
Prophète et guide qui, après que les dix plaies infligées à l’Égypte auront permis la libération du peuple d’Israël, Moïse conduira le peuple hébreu hors d’Égypte, pays où son peuple vivait dans la servitude, recevra les Tables de la Loi au pied de la montagne d’Horeb, tournera en rond dans le désert pendant des décennies, et ira jusqu’au pays de Canaan au seuil duquel il meurt à l’âge de 120 ans selon la légende.
Moïse est considéré comme le premier prophète du judaïsme, le personnage le plus important de la Bible hébraïque car recevant la Loi (Les Dix Commandements) de la voix de Dieu.
Un très beau récit de Marek Halter.


Tempête: Deux novellas
Tempête: Deux novellas
par J. M. G. Le Clézio
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'immense talent de J.M.G.Le Clézio !, 19 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tempête: Deux novellas (Broché)
Tempête/Deux novellas/J.M.G.Le Clezio/Prix Nobel de littérature 2008
Une fois de plus on est emporté par l’immense talent de conteur de J.M.G. Le Clézio. Cette « cuvée » est exceptionnelle, fruit d’une imagination et d’un style inimitable, tout en finesse, sensibilité et légèreté pour conter des faits dramatiques sinon tragiques. Les mots défilent rapides, comme éthérés, et pourtant puissants et bouleversants. Pas un mot inutile pour narrer les tourments de chacune de ses héroïnes. Tout est dans la sobriété, la concision pour une plus grande force évocatrice. Une œuvre majeure.
L’action de la première novella , intitulée Tempête, sorte de roman bref, se passe dans l’île d’Udo au large du sud de la Corée du Sud, là où les femmes plongent depuis toujours, en apnée, pour récolter les ormeaux. Une tempête fait alors rage sur l’île.
Philip Kyo, écrivain et journaliste, rongé par un passé tourmenté, revient des décennies plus tard dans cette île où il a connu l’amour avec Mary Song.
Il va y faire la rencontre d’une adolescente intelligente et très critique du monde qui l’entoure, June, un rayon de soleil dans sa vie de réminiscences chargée de mélancolie. June qui va croire avoir trouver en lui un père qu’elle n’a jamais connu, et puis sans se l’avouer, s’éprendre de cet homme assez froid, encore hanté par un passé diversement dramatique, et en quête d’on ne sait quoi exactement. Kyo se livre alors :
« Le hasard a mis sur mon chemin un ange, une enfant innocente et drôle. Pour la première fois depuis longtemps j’ai rencontré un être humain. »
Les monologues de June sont d’une beauté absolue, petite de treize ans qui va faire l’apprentissage de la vie, ne comprenant pas que cet amour inavoué pour M. Kyo est impossible, un amour va la laisser désaxée, blessée, déprimée, laminée.
Et on vit et on souffre avec les personnages, et notamment avec June qui découvre la vie et ses vicissitudes, elle qui n’a dans la vie que sa mère, pêcheuse d’ormeaux souvent absente. Une mère qui d’unique naturellement va devenir essentielle.
« Que signifie les mots quand on ne se reverra jamais ? Je hais les politesses et les bonnes manières. Je hais les discours politiques et les leçons de morale. » (June)
La seconde novella intitulée « Une femme sans identité », est toute dans le même style d’une grande fraicheur et d’une grande sensibilité, un style d’enfant adapté aux circonstances. Un style qui évolue avec l’âge de son héroïne.
Rachel comme June va faire l’apprentissage de la vie, d’une vie dont elle ne sait d’où elle lui vient. Déracinée, sans passé ni avenir, sans nom, sans but, sans souvenir, sa quête d’identité est pathétique, dramatique, livrée à la débrouille, à la déréliction, partie à la dérive et l’errance dans une totale solitude morale. Au point de dire : « Quand les gens ont peur de vous, c’est qu’ils vous voient. Vous existez. »
Née en Côte d’Ivoire et vivant dans cette famille qui ne lui semble pas être la sienne, Rachel va vivre les disputes entre son père et sa belle-mère, une femme qui n’a de cesse de lui dire qu’elle est l’enfant du démon, et qu’elle va haïr au point de se dire à partir de cet instant : « J’avais grandi d’un coup et jamais plus je ne serais une enfant. »
Les tribulations qui suivent le départ de Côte d’Ivoire pour la région parisienne vont être douloureuses pour Rachel. La descente aux enfers et la destruction vont lui faire toucher le fond à un tel point qu’il semble impossible de remonter la pente, quand on a perdu toute illusion :
« Il convient de rester modeste sur la capacité des autres à vous comprendre. Je ne parle même pas d’amour, mais juste de tolérance, c’est peut-être la leçon de toute cette histoire. S’il doit absolument y avoir une leçon aux histoires, ce qui n’est pas certain non plus. »
Au travers de ces deux novellas, Le Clézio maîtrise de façon parfaite son sujet ; et son talent pour mettre en scène deux jeunes adolescentes, June puis Rachel, est sans égal ; il est un observateur attentif de notre société et de ses souffrances.


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20