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Commentaires écrits par
Gerard Muller "médicactus" (Nouvelle Caledonie)
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Les Mensonges
Les Mensonges
par Karen Perry
Edition : Broché
Prix : EUR 21,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Beaucoup de mensonges pour notre plaisir ! Un bon moment de lecture !, 25 mai 2014
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Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Les Mensonges/Karen Perry
L’histoire : Harry est artiste peintre et Robin est architecte. Ils vivent à Tanger.
Le drame : Dillon leur fils disparaît lors d’un tremblement de terre et le corps ne sera pas retrouvé.
Ses parents ne pourront pas faire leur deuil et leur vie tourne à l’enfer jusqu’au jour où ils décident de rentrer en Irlande.
Et puis quelques années plus tard, Harry croit voir Dillon accompagné d’une femme dans une foule.
On imagine la suite. Recherche obsessionnelle avec en toile de fond la folie qui guette Harry.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que toutes les promesses du quatrième de couverture ont été tenues : c’est une histoire qui vous accroche et ne vous lâche pas sur un rythme haletant avec des personnages bien campés, déchirés par des passions extrêmes et où l’amour filial n’est pas un vain mot.
Dans un style simple mais précis, Karen Perry tient son lecteur en haleine de la première à la dernière ligne. Ce n’est pas de la grande littérature, mais c’est diablement efficace.
La construction assez classique est intéressante avec un chapitre sur deux concernant Harry, le mari et Robin son épouse, avec le point de vue de chacun alternativement : l’impatience du lecteur est mise à rude épreuve et le suspense est quasi intolérable lorsque chacun des protagonistes est aux prises avec les événements qui se précipitent.
À noter quelques coquilles et fautes d’orthographes dans ce livre qui est une épreuve avant publication.
Un roman qui dès l’entame ne vous lâchera plus…


Berlioz : Requiem Op. 5 - Symphonie funèbre et triomphale, Op. 15
Berlioz : Requiem Op. 5 - Symphonie funèbre et triomphale, Op. 15
Prix : EUR 18,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une œuvre de visionnaire qui marque une époque., 23 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Berlioz : Requiem Op. 5 - Symphonie funèbre et triomphale, Op. 15 (CD)
Berlioz (1803-1869) /Requiem-Grande Messe des Morts/Symphonie funèbre et triomphale Op.15/London Symphony Orchestra/Sir Colin Davis/Philips
Certains ont dit que ce Requiem composé en 1837 n’était pas strictement de la musique religieuse, mais qu’il en avait le rayonnement visionnaire. Il est vrai que la masse orchestrale, (400 interprètes lors de la création !), minimise le côté liturgique recueilli au profit de l’emphase par moment paroxystique avec plusieurs centaines de voix, plus de cent cordes, vingt bois, douze cors, quatre ensembles de cuivre et huit paires de timbales ! Rien que cela !
De belles, douces et longues mélodies comme dans l’Offertorium et le Sanctus alternent avec des phases dramatiques comme dans le Tuba Mirum et le Lacrymosa.
Pour moins théâtral que soit cette Messe des Morts par rapport au Requiem de Verdi, il en émane cependant une puissance démesurée. Sir Colin Davis a bien su faire passer ce souffle apocalyptique, « ce frisson du Jugement Dernier » comme dit Alain Duault, qui caractérise l’œuvre. Des fanfares, des chœurs, écoutez le Dies Irae qui va vous faire trembler ! Et l’Agnus Dei qui va vous faire pleurer…
La Grande Symphonie funèbre et triomphale donne clairement dans la pompe monumentale. Écrite pour célébrer le dixième anniversaire de la Révolution de Juillet 1830, elle eut pour but de raviver les sentiments patriotiques du peuple. Berlioz voulait une marche terrible et désolée, suivie d’une oraison funèbre et d’un adieu adressé aux morts illustres. De fait, le style et l’écriture restent rattachés aux conventions de l’harmonie militaire. Exception faite à mon sens de l’Oraison Funèbre qui pour moi est le moment le plus émouvant de l’œuvre.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 12, 2014 5:03 PM MEST


Les Saisons Amusantes
Les Saisons Amusantes
Prix : EUR 22,97

4.0 étoiles sur 5 Étrange et plaisant., 22 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Saisons Amusantes (CD)
Nicolas Chédeville (1705-1782)/Les saisons amusantes/d’après Vivaldi/Palladian Ensemble/Linn
Voici une adaptation bien étrange des Quatre saisons de Antonio Vivaldi, avec une sorte de cornemuse appelée musette baroque, en plus des flûtes à bec, violons, violoncelles, théorbe, clavecin et une vielle à roue ! Le résultat est surprenant et l’on se prend à imaginer un Vivaldi installé en Écosse ou en Bretagne !
Nicolas Chédeville est né dans l’Eure en 1705. Il apprend vite le hautbois et la musette (cornemuse baroque), et devient aussi éditeur de musique. Neveu de louis Hotteterre, il appartient à une grande famille de musiciens.
Une curiosité plaisante donc que ce CD nous offrant des Quatre saisons revisitées, intercalées avec deux sonates également de Vivaldi, le tout à la mode pastorale. Sur des instruments rarement entendus.


Mendelssohn-Concerto2pianos-Bruch-Concerto2piano-K&M.Labeque
Mendelssohn-Concerto2pianos-Bruch-Concerto2piano-K&M.Labeque
Proposé par thebookcommunity_fr
Prix : EUR 23,31

5.0 étoiles sur 5 Deux concertos très séduisants dont un sorti des oubliettes !, 21 mai 2014
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MENDELSSOHN/BRUCH/CONCERTOS POUR DEUX PIANOS/KATIA ET MARIELLE LABÈQUE/SEMYON BYCHKOV/PHILHARMONIA ORCHESTRA/Philips
À l’époque romantique, les concertos pour deux pianos sont rares.
Mendelssohn (1809-1847) et Bruch (1838-1920) font exception.
Le jeune Mendelssohn composa son concerto à l’âge de 14 ans, (1923) tandis que Bruch composa le sien à 75 ans (1915) !
Donc, deux styles totalement différents et pourtant tous les deux très classiques. Celui de Mendelssohn plutôt inspiré de Mozart fut composé pour être joué par lui-même est sa sœur Fanny. Après un allegro vivace très mozartien, il faut écouter le sublime Adagio non troppo, une élégie entamée par les violons et reprise et développée par le piano. La fin du mouvement est plutôt du style Hummel ou Weber, tandis que l’allegro final d’une grande virtuosité est très mélodieux.
Disciple de Mendelssohn, Schumann et Brahms, Max Bruch entame son concerto par un andante sostenuto, sorte d’introduction très contrapuntique : on sent la musique de Bach qui ressurgit. Après un second et un troisième mouvement assez mélodieux, le finale éclate dans sa grande virtuosité.
L’histoire de ce concerto est assez étonnante. Joué une fois en 1915, il disparut totalement de la circulation. Du fait de sa transformation par certains interprètes en raison de sa difficulté d’exécution, il était devenu méconnaissable. Ce n’est qu’en 1971 que l’on redécouvrit le manuscrit authentique, mais celui ci avait été falsifié aussi. Le travail des musicologues permit en 1977 de rétablir le vrai concerto après des recherches complexes.
Un CD très intéressant proposant des œuvres parfaitement interprétées par les sœurs Labèque accompagnées par le Philharmonia Orchestra de Londres dirigé par Semyon Bychkov.


La Bible au féminin, Tome 2 : Tsippora
La Bible au féminin, Tome 2 : Tsippora
par Marek Halter
Edition : Poche
Prix : EUR 7,30

5.0 étoiles sur 5 Qui se souvient de Tsippora ?, 21 mai 2014
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TSIPPORA/Marek HALTER
On se souvient que c’est la princesse Hatchepsout, la fille de Pharaon, qui découvre un jour sur la rive du Grand Fleuve Iterou ( le Nil) un berceau dans lequel dort un nourrisson qu’elle va nommer Moïse.
Plus tard devenu adulte, Moïse constate la misère de son peuple asservi et durement traité pour la construction des temples, statues gigantesques et autres pyramides.
Il en vient à tuer discrètement un contremaître égyptien qui battait violemment un Hébreu. Mais alors qu’il l’enterre, il est démasqué et n’a plus qu’à fuir au désert pour sauver sa vie.
Il fuit vers le pays de Madian (dans la région du Sinaï) et alors qu’il s’abreuve au puits de Irmna, il décide d’intervenir pour défendre de jeunes bergères de Madian agressées par de jeunes bergers.
C’est à ce moment là que commence le roman de Marek Halter.
La tribu de Jethro, un des cinq rois de Madian, père des jeunes bergères, offre l’hospitalité à Moïse en guise de remerciement.
Dans ce roman qui conte l’histoire telle qu’elle a pu se passer, Marek Halter use de tout son talent de conteur pour nous livrer une belle histoire, celle de Tsippora (Sephora) , fille préférée de Jethro, qui a plusieurs autres filles, dont Sefoba et Orma.
Orma est destinée à Reba, fils du roi de Sheba , un des cinq royaumes du pays de Madian.
Sefoba, la fille aînée est déjà mariée.
Seule Tsippora, qui a la peau noire, enfant recueillie par Jethro, ne connaît de prétendant. C’est elle que Moïse voit et sauve du viol au puits d’Irmna.
Le style imagé, parfois hugolien, (on se croirait revenu au temps de Booz dans la Légende des Siècles), et tout empreint de sensualité de l’auteur nous restitue une ambiance véritablement biblique pleine de lumière, de couleurs et de fragrances, apparemment paisible mais au fond riche de tourments amoureux et d’émotions mystiques dissimulées.
« Des coussins brodés d’or furent disposés autour d’énormes plateaux en bois d’olivier recouvert de cuivre ? On y avait déposé des moutons grillés fourrés d’aubergines, de courges et de petits poireaux et décorés de fleurs de térébinthe. Les jarres étaient remplies de vin et de bière, et les coupes de bronze serties d’azurites regorgeaient de fruits. »
« Orma s’était voilée du magnifique tissu offert par Reba ? Du haut de son buste jusqu’à ses pieds, piqué de broches et de fibules, il la moulait tout autant qu’il déployait autour d’elle une aura ondoyante, lui laissant les épaules, la nuque et les bras nus. Colliers et bracelets se mirent à tinter sur sa chair délicieuse, rythmant l’envoûtement de la danse. »
Tsippora est convaincue de la mission que Moïse à accomplir : elle a vu en songe que son destin était de libérer son peuple. Comprise par son père mais pas de façon péremptoire, elle pose cette condition pour devenir l’épouse de Moïse.
Femme de tête, on sait qu’elle parviendra à le convaincre et à prononcer leurs épousailles durant le long voyage vers l’Égypte. Cependant :
« Les jours étaient heureux, les jours étaient promesses. Pourtant le bonheur cessa alors même qu’il devait devenir accomplissement. »
Yhwh, le Dieu d’Abraham est un Dieu jaloux et sectaire. Tsippora ,du pays de Kouch (le sud de l’Égypte appelé alors Nubie) qui a la peau noire, va connaître la mise à l’écart. Dans les dernières pages de ce beau roman historique, sentant que leurs destins se séparent, Tsippora se confie et rejoint avec ses fils Gershom et Eliezer la tribu de son père, le sage Jethro qui saura lui réchauffer le cœur en attendant le retour de Moïse.
La suite est dramatique, sanglante et funeste.
Prophète et guide qui, après que les dix plaies infligées à l’Égypte auront permis la libération du peuple d’Israël, Moïse conduira le peuple hébreu hors d’Égypte, pays où son peuple vivait dans la servitude, recevra les Tables de la Loi au pied de la montagne d’Horeb, tournera en rond dans le désert pendant des décennies, et ira jusqu’au pays de Canaan au seuil duquel il meurt à l’âge de 120 ans selon la légende.
Moïse est considéré comme le premier prophète du judaïsme, le personnage le plus important de la Bible hébraïque car recevant la Loi (Les Dix Commandements) de la voix de Dieu.
Un très beau récit de Marek Halter.


Tempête: Deux novellas
Tempête: Deux novellas
par J. M. G. Le Clézio
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'immense talent de J.M.G.Le Clézio !, 19 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Tempête: Deux novellas (Broché)
Tempête/Deux novellas/J.M.G.Le Clezio/Prix Nobel de littérature 2008
Une fois de plus on est emporté par l’immense talent de conteur de J.M.G. Le Clézio. Cette « cuvée » est exceptionnelle, fruit d’une imagination et d’un style inimitable, tout en finesse, sensibilité et légèreté pour conter des faits dramatiques sinon tragiques. Les mots défilent rapides, comme éthérés, et pourtant puissants et bouleversants. Pas un mot inutile pour narrer les tourments de chacune de ses héroïnes. Tout est dans la sobriété, la concision pour une plus grande force évocatrice. Une œuvre majeure.
L’action de la première novella , intitulée Tempête, sorte de roman bref, se passe dans l’île d’Udo au large du sud de la Corée du Sud, là où les femmes plongent depuis toujours, en apnée, pour récolter les ormeaux. Une tempête fait alors rage sur l’île.
Philip Kyo, écrivain et journaliste, rongé par un passé tourmenté, revient des décennies plus tard dans cette île où il a connu l’amour avec Mary Song.
Il va y faire la rencontre d’une adolescente intelligente et très critique du monde qui l’entoure, June, un rayon de soleil dans sa vie de réminiscences chargée de mélancolie. June qui va croire avoir trouver en lui un père qu’elle n’a jamais connu, et puis sans se l’avouer, s’éprendre de cet homme assez froid, encore hanté par un passé diversement dramatique, et en quête d’on ne sait quoi exactement. Kyo se livre alors :
« Le hasard a mis sur mon chemin un ange, une enfant innocente et drôle. Pour la première fois depuis longtemps j’ai rencontré un être humain. »
Les monologues de June sont d’une beauté absolue, petite de treize ans qui va faire l’apprentissage de la vie, ne comprenant pas que cet amour inavoué pour M. Kyo est impossible, un amour va la laisser désaxée, blessée, déprimée, laminée.
Et on vit et on souffre avec les personnages, et notamment avec June qui découvre la vie et ses vicissitudes, elle qui n’a dans la vie que sa mère, pêcheuse d’ormeaux souvent absente. Une mère qui d’unique naturellement va devenir essentielle.
« Que signifie les mots quand on ne se reverra jamais ? Je hais les politesses et les bonnes manières. Je hais les discours politiques et les leçons de morale. » (June)
La seconde novella intitulée « Une femme sans identité », est toute dans le même style d’une grande fraicheur et d’une grande sensibilité, un style d’enfant adapté aux circonstances. Un style qui évolue avec l’âge de son héroïne.
Rachel comme June va faire l’apprentissage de la vie, d’une vie dont elle ne sait d’où elle lui vient. Déracinée, sans passé ni avenir, sans nom, sans but, sans souvenir, sa quête d’identité est pathétique, dramatique, livrée à la débrouille, à la déréliction, partie à la dérive et l’errance dans une totale solitude morale. Au point de dire : « Quand les gens ont peur de vous, c’est qu’ils vous voient. Vous existez. »
Née en Côte d’Ivoire et vivant dans cette famille qui ne lui semble pas être la sienne, Rachel va vivre les disputes entre son père et sa belle-mère, une femme qui n’a de cesse de lui dire qu’elle est l’enfant du démon, et qu’elle va haïr au point de se dire à partir de cet instant : « J’avais grandi d’un coup et jamais plus je ne serais une enfant. »
Les tribulations qui suivent le départ de Côte d’Ivoire pour la région parisienne vont être douloureuses pour Rachel. La descente aux enfers et la destruction vont lui faire toucher le fond à un tel point qu’il semble impossible de remonter la pente, quand on a perdu toute illusion :
« Il convient de rester modeste sur la capacité des autres à vous comprendre. Je ne parle même pas d’amour, mais juste de tolérance, c’est peut-être la leçon de toute cette histoire. S’il doit absolument y avoir une leçon aux histoires, ce qui n’est pas certain non plus. »
Au travers de ces deux novellas, Le Clézio maîtrise de façon parfaite son sujet ; et son talent pour mettre en scène deux jeunes adolescentes, June puis Rachel, est sans égal ; il est un observateur attentif de notre société et de ses souffrances.


Concertos Pour Piano
Concertos Pour Piano
Prix : EUR 18,84

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Les grands compositeurs anglais du XIX é siècle., 17 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Concertos Pour Piano (CD)
William Sterndale BENNETT : concerto pour piano N°4 opus 19 et Caprice opus 22
Francis Edward BACHE : concerto pour piano opus 18
Howard SHELLEY au piano/ BBC Scottish Symph. Orch./Elizabeth LAYTON conductor.
Hypérion.
La liste des musiciens anglais connus n’est pas si longue et réjouissons nous de pouvoir écouter deux des plus brillants de leur époque. En effet, alors qu’au XVIé siècle, ils étaient pléthores avec notamment Thomas Tallis (1505-1585), John Dowland (1563-1626), William Byrd (1543-1623), et bien d’autres, ils furent déjà moins nombreux au XVIIé siècle avec Orlando Gibbons (1583-1625), William Lawes (1602-1645), Henry Purcell (1659-1695), de même qu’au XVIIIé siècle avec Thomas Arne (1710-1778), au XIXé ils sont très peu sinon les seuls.
W.S.Bennett est né en 1816 à Sheffield. Fils de musicien, mais très vite orphelin, il fut élevé par ses grands parents et il chanta très jeune au King’s College de Cambridge, puis intégra la Royal Academy of Music. Il publia sa première symphonie vers 1836 et fut remarqué par Mendelssohn qui le prit comme élève à Leipzig. Il rencontra Schumann dont les célèbres Études Symphoniques lui furent dédiées.
Le Capriccio fut créé en 1838 à Londres avec Bennett lui-même au piano. Le succès fut immédiat et les critiques de Moscheles et Schumann furent élogieuses.
Le concerto n° 4 est dédié à Moscheles, le professeur de piano de Mendelssohn, et fut créé en 1839 à Leipzig. Cette œuvre magnifiquement romantique mais aussi très technique s’ouvre sur un allegro con maesta riches de belles mélodies.
Précédant un final presto agitato, le second mouvement, Barcarolle-Andante cantabile e con moto, fut la pièce favorite du public et subit de nombreuses variations au fil des concerts.
Bennett mourut en 1875 et repose en l’abbaye de Westminster aux côtés du grand Henry Purcell.
F.E.Bache est né en 1833 à Birmingham et dès l’âge de quatre ans jouait du piano et du violon. Il tenait le violon en 1836 à l’âge de 13 ans dans l’orchestre au cours d’un concert dirigé par Mendelssohn.
Il fut l’élève de Bennett.
Parti lui aussi à Leipzig, il y rencontra Berlioz, Czerny et Liszt, mais finalement s’installa à Paris dès 1854. Ses voyages l’emmenèrent à nouveau en Angleterre, puis en Italie avant de revenir mourir à Birmingham en 1858 à l’âge de 25 ans.
Son concerto opus 18 est d’une grande beauté et fut créé en 1856. C’est une composition très raffinée avec un premier mouvement allegro non troppo avec des phases très lyriques alternant avec des mesures un peu martiales tenues par l’orchestre. Les notes du piano s’égrènent avec une belle amplitude d’un romantisme brûlant. L’andante qui suit n’est pas moins lyrique et ravira les amateurs de piano.


Hamlet
Hamlet
DVD ~ Gérard Depardieu
Prix : EUR 10,00

4.0 étoiles sur 5 Une performance ., 16 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Hamlet (DVD)
HAMLET/William Shakespeare/Film de Kenneth Branagh/DVD
Kenneth Branagh nous propose dans cette mise à l’écran de Hamlet une version très proche du texte de Shakespeare.
Les décors sont somptueux et cette histoire violente y trouve un cadre exceptionnel.
Le casting lui aussi est magnifique avec Branagh lui même dans le rôle d’Hamlet, Julie Christie dans celui de Gertrude la mère d’Hamlet et dans des rôles secondaires Gérard Depardieu, Kate Winslet, Robin Williams, Charlton Heston etc.
C’est un film référence assurément.
Il convient cependant de bien connaître la pièce et le texte car le débit est parfois assez difficile à suivre notamment dans les longues tirades, le vocabulaire étant des plus châtié.
Cette pièce a été écrite vers 1600 et Shakespeare s’est inspiré d’un ouvrage de François de Belleforest édité en 1576 et d’une pièce portant le même nom écrite par un certain Thomas Kyd vers 1594, laquelle a été perdue.
Hamlet est considéré comme la pièce la plus importante de l’œuvre de Shakespeare.
On reste toujours un peu surpris par le personnage d’Hamlet prince de Danemark et prétendant au trône, et Branagh au regard de feu traduit bien dans ses attitudes une certaine folie du personnage. Les avis ont toujours été partagés sur l’état mental de Hamlet. Il peut être très courtois et distingué et la seconde d’après devenir une brute cynique : il n’est que de voir son attitude vis à vis de la belle et gracieuse Ophélie, fille de Polonius , que Hamlet courtise. L’esprit de vengeance qui anime Hamlet dont le père, roi de Danemark a été empoisonné par Claudius le roi actuel, le conduit paradoxalement à des atermoiements dans la réalisation de cette vengeance en retardant constamment le moment d’agir. Est-ce en raison de son amour pour sa mère qui a rejoint le lit de Claudius le traitre? C’est une possibilité. C’est peut-être encore pour respecter Ophélie, dont le père est le chambellan de Claudius.
En fait le personnage est complexe et composite : il y a le Hamlet philosophe et le Hamlet machiavélique, le noble héros et le malade mental.
La dernière scène est grandiose dans sa violence.
Restent alors les phrases célèbres comme celle prononcée par Hamlet
« Etre ou ne pas être : là est la question. »
Et d’autres encore au fil de la pièce :
« Avec l’amorce d’un mensonge, on pêche une carpe de vérité. »
« Affectez du moins l'apparence de la vertu. »


L'Amour aux temps du choléra
L'Amour aux temps du choléra
par Gabriel Garcia Marquez
Edition : Poche
Prix : EUR 6,90

5.0 étoiles sur 5 Un immense roman d'amour., 15 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Amour aux temps du choléra (Poche)
L’Amour au temps du choléra/Gabriel Garcia Marquez
Le docteur Juvenal Urbino profite de sa retraite auprès de son épouse Fermina Daza : ils viennent de fêter leurs noces d’or et ne savent vivre un seul instant l’un sans l’autre.
Son œil clinique n’a jamais quitté le docteur et il « reste toujours capable à quatre vingt un ans de savoir ce dont souffre un malade à son seul aspect.
Il sait aussi que la plupart des maladies mortelles ont leur odeur propre, mais que nulle n’est plus spécifique que celle de la vieillesse dont son ami Jeremiah dit qu’elle est un état indécent que l’on devrait s’interdire à temps. »
Le docteur a encore la lucidité de se rendre compte qu’il est « accroché à ce monde par des filaments ténus qui peuvent se rompre au moindre changement de position pendant son sommeil, et s’il fait l’impossible pour les conserver c’est par terreur de ne pas trouver Dieu dans l’obscurité de la mort. »
Mais quelques jours après avoir enterré ce meilleur ami, Jeremiah de Saint Amour qui a mis fin à ses jours, un accident stupide se produit : voulant attraper son perroquet chéri qui s’est réfugié dans un manguier, le docteur fait une chute et perd la vie.
Fermina Daza n’est pas une veuve éplorée de façon ostentatoire ; secrètement accablée de chagrin, elle se réfugie dans la solitude. Elle songe : « Les gens que l’on aime devraient mourir avec toutes leurs affaires… » Elle ne peut se résoudre à accepter cette mort et ne parvient à sortir des maremmes du deuil : « Elle était un fantôme dans une demeure étrangère devenue d’un jour à l’autre immense et solitaire, et à l’intérieur de laquelle elle errait à la dérive, se demandant avec angoisse lequel des deux était le plus mort : celui qui était mort ou celle qui était restée. »
Dans cette petite ville de San Juan de la Cienaga tout au nord de la Colombie, un homme est fou amoureux d’elle depuis un demi-siècle : c’est Florentino Ariza qui pense que son heure est venue.
Un retour dans le passé de Fermina va nous faire connaître les amours contrariés de Fermina et de Florentino, par le père de celle-ci.
Fermina qui va se consumer dans les braises d’un amour impossible avec Florentino jusqu’au jour où elle va faire succomber le docteur Juvenal Urbino à ses charmes plébéiens.
Tandis que Florentino, malgré sa passion éconduite, va se livrer pour oublier ou se consoler par la suite à des amours débridées avec la veuve Nazaret entre autres, lui qui emprunte le chemin des amours des rues tout en continuant à chasser d’orphelines petites oiselles de nuit dans l’illusion de soulager son mal de Fermina Daza, et même à trouver le temps d’écrire des lettres d’amour pour les autres.
Ses amours avec Sara Noriega avait cela de pittoresque et saugrenu que pour « atteindre les sommets de la gloire pendant qu’ils faisaient l’amour, elle devait sucer une tétine de bébé. »
Et puis Florentino a un penchant pour les veuves ; il est persuadé que le monde est plein de veuves heureuses : « ils les avait vues devenir folles de douleur devant le cadavre de leurs maris, supplier qu’on les enterrât vivantes à l’intérieur du même cercueil afin de ne pas avoir à affronter sans eux les vicissitudes de l’avenir, mais à mesure qu’elles se réconciliaient avec la réalité de leur nouvel état, on les voyait renaître de leurs cendres avec une vitalité reverdie. »
Et Florentino collectionne avec quelques déboires les conquêtes : « Angeles Alfaro était repartie comme elle était venue, avec son sexe tendre et son violoncelle de pécheresse sur un transatlantique battant le pavillon de l’oubli, et il ne resta d’elle sur les terrasses lunaires qu’un mouchoir blanc en guise d’adieu qui, sur l’horizon, ressemblait à une colombe triste et solitaire, comme dans les poèmes des jeux Floraux. »
Quel humour magnifique et cruel et quel style !
Florentino et Fermina finiront-ils par se rencontrer alors qu’on vient de fêter le centième anniversaire de la mort du Libertador, Simon Bolivar, survenue en 1830.
Connaitront-ils un dernier voyage au delà de l’amour ? Le dernier chapitre est particulièrement émouvant teinté de tendresse, de lucidité et de folie.
J’ai lu ce chef d’œuvre il y a 25 ans lors de la sortie du livre et à l’occasion de la disparition de G.G.Marquez j’ai voulu relire ce récit qui m’avait tant plu alors.
Tout d’abord par le style, un style distingué très classique qui a le souci du détail qui percute. Un style essentiellement narratif avec très peu de dialogue, mais avec de la poésie et une magie des mots qui vous transporte dans un autre monde.
Attention cependant, ce n’est pas un livre qui se lit comme un policier : c’est de la haute littérature et la complexité des personnages, les sauts dans le temps et la multitude d’histoires parallèles ou qui se superposent peuvent rebuter certains. Ce serait dommage pourtant de n’aller point au bout de la lecture de ce chef d’œuvre.
« Le docteur Urbino reconnut de près la densité des marais, leur silence fatidique, leurs ventosités de noyé qui, à l’aube de tant d’insomnies, montaient jusqu’à sa chambre, mêlées à la fragrance des jasmins du patio, et passaient comme un vent d’autrefois qui n’avaient rien à voir avec sa vie. »
Saluons au passage la qualité de la traduction de Annie Morvan.


Vers la sobriété heureuse
Vers la sobriété heureuse
par Pierre Rabhi
Edition : Poche
Prix : EUR 6,70

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Pierre Rabhi, humaniste et sincère, oui mais...!, 14 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Vers la sobriété heureuse (Poche)
Vers la sobriété heureuse/Pierre Rabhi
J’ai découvert l’existence de Pierre Rabhi il y a quelques semaines lors d’une émission télévisuelle qui m’intéresse particulièrement, « La Grande Librairie » animée par F. Busnel sur la 5. Étaient alors conviés J.M.G.Le Clézio et Pierre Rabhi. Ce fut un beau moment d’échange.
C’est ainsi que je me suis décidé à lire un ouvrage de Pierre Rabhi. J’ai choisi « Vers la sobriété heureuse » qui m’a paru être dans l’air du temps.
Dans son livre, Pierre Rabhi commence par faire un constat consternant de l’état de notre planète.
Rien de bien nouveau en fait quand on sait que celle-ci impose des limites par sa constitution même. Le principe de croissance économique infinie est une absurdité ipso facto. Et le pillage et le dépeçage de notre Terre ne sont pas finis ! Et quand on sait que l’épuisement des ressources évolue selon une courbe exponentielle, nous avons du souci à nous faire, les pays émergeants contribuant à accélérer le processus.
Le mot d’ordre est devenu : « la Terre nous appartient » alors que la vérité est : « nous appartenons à la Terre. »
La fin d’un monde séculaire est bien avancée pour notre désespoir et notre ruine. Au lieu de travailler pour vivre, nous vivons pour travailler. Les Trente Glorieuses sont passées par là et ont tout bouleversé faisant de chaque individu un consommateur en premier lieu, le rouage d’une machine qui produit toujours plus afin que l’on consomme plus. L’obsession absurde de nos gouvernants consiste uniquement à vouloir relancer la consommation ! Le destin de l’humanité est hélas subordonné au lucre, et faire envie est un élément important dans le processus mimétique mis en œuvre afin de stimuler le désir. Avec pour conséquences les frustrations pour ceux qui n’obtiennent pas l’objet de leur désir.
La finance est devenue « une croyance d’essence quasi métaphysique, ancrée au plus profond de la subjectivité humaine, une hantise dévorante, une divinité tutélaire donnant une sensation vaniteuse de puissance. »

C’est aussi le monde rural qui s’est vu peu à peu aliéné.
Pour Pierre Rabhi, la modernité est une imposture. Ne va-t-il pas trop loin ? Il avoue alors ses propres contradictions, lui qui use d’une automobile, d’un ordinateur, qui prend souvent l’avion pour se rendre à ses conférences etc…
Je suis par contre assez d’accord avec lui pour « faire de temps en temps une bonne diète de l’information, comme un jeûne purificateur, un acte de sobriété des plus bénéfiques. » Évitons la crétinisation de masse avec la publicité notamment.
Et puis est venu le nouvel ordre mondial anthropophage appelé mondialisation, pour des rythmes frénétiques, tétanisant et anxiogènes et un manque de temps permanent. La surabondance et la misère cohabitent.
Alors Pierre Rabhi se pose la question : pour quand la reconquête d’un temps réel, convivial et solidaire, pour recréer liens sociaux. Selon lui, « les impasses dans lesquelles le monde contemporain va se trouver l’obligeront à réhabiliter bon nombre de pratiques du passé.
Ce point de vue, à mon avis, est assez discutable. Ce n’est pas parce qu’il faut renoncer au superflu afin de mettre en évidence le nécessaire et l’indispensable qu’il faille en revenir aux pratiques ancestrales.
Selon Pierre Rabhi, la route vers la sobriété heureuse est un chemin initiatique ascendant qui a aussi ses contraintes et ses complications. « La simplicité, dans un monde voué au profit sans limites, a un coût. »

« La sobriété heureuse ne peut se réduire à une attitude personnelle, repliée sur elle-même. » D’où l’action menée par Pierre Rabhi pour mettre en place divers organismes et associations sont l’objet de la dernière partie du livre. Du concret en quelque sorte : la pierre que Rabhi ajoute à l’édification du concept. Des établissements éducatifs où on apprend à cultiver la terre, des ateliers d’initiation manuelle ou artistique devraient voir le jour. Car le rôle de l’éducation est essentiel, et c’est pourquoi il faut se poser la question de deux façons : « quels enfants laisserons-nous à notre planète ? » en plus de « quelle planète laisserons-nous à nos enfants ? »
Relocaliser l’économie en produisant et consommant localement, respecter les animaux, compagnons de notre destin, auxquels on inflige des souffrances inutiles. Un très beau passage du livre de Pierre Rabhi nous rappelle à l’ordre.
Parvenu au terme de ce petit livre qui nous rappelle beaucoup de choses que l’on connaît déjà dans un style un peu scolaire, je suis déçu par la pauvreté des solutions concrètes. Mais au vrai, y en a t-il ?
Pierre Rabhi est un humaniste, idéaliste et sincère. Tel que je l’ai vu à la télévision, il m’a paru aussi être un sage, non violent, et heureux. Est-il optimiste ? C’est une autre question, mais est-il toujours besoin d’espérer réussir pour entreprendre ?
Il était bon toutefois de faire un rappel et c’est pourquoi Pierre Rabhi a eu raison d’écrire ce livre.


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