Profil de Gerard Müller > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Gerard Müller
Classement des meilleurs critiques: 64
Votes utiles : 2042

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Gerard Müller "médicactus" (Nouvelle Caledonie)
(TESTEURS)    (TOP 100 COMMENTATEURS)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
La Ronde de nuit
La Ronde de nuit
Prix : EUR 4,99

3.0 étoiles sur 5 Héros ou salaud ?, 24 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Ronde de nuit (Format Kindle)
La Ronde de nuit/Patrick Modiano/Prix Nobel de littérature 2014
Ce roman est le second qu’ait écrit Patrick Modiano après « La place de l’Étoile ». Il parut en 1969.
Le personnage narrateur qui se fera appeler par la suite Lamballe et un individu bizarre pour qui le double jeu et même la trahison sont dans l’ordre des choses de son caractère espiègle :
« Pas assez de force d’âme pour me ranger du côté des héros. Trop de nonchalance et de distraction pour faire un vrai salaud. Par contre, de la souplesse, le goût du mouvement et une évidente gentillesse. »
Le début de ce récit est assez déconcertant il faut bien l’avouer et il faut attendre la centième page (sur 150) pour que les choses se mettent en place et que l’on comprenne où l’on est.
Notre narrateur ( qui se fait appeler alors swing troubadour) fréquente d’abord une association de malfaiteurs collabo sorte de Gestapo française :la bande du square Cimarosa :
« Nous vivions des temps exceptionnels. Les vols, les trafics devenaient monnaie courante et le Khédive, jugeant de mes aptitudes m’employait à la récupération des œuvres d’art…Nous vendions tous les objets saisis. Curieuse époque. Elle aura fait de moi un individu peu reluisant. Indic, pillard, assassin peut-être. Je n’étais pas plus méchant qu’un autre. J’ai suivi le mouvement, voilà tout. Je n’éprouve pour le mal aucune attirance particulière. »
Quand plus tard il est envoyé en mission pour infiltrer un réseau de résistants, il lui arrive de ne plus savoir qui il est ; songeant au lieutenant de ce réseau :
« Lui dire la vérité ? Laquelle au juste ? Agent double ? ou triple ? Je ne savais plus qui j’étais. »
D’autant plus que ce réseau lui demande d’espionner ceux là même pour qui il travaille !
Un avenir incertain s’offre à notre faux héros …
Un roman déroutant qui met mal à l’aise et qui dérange de par son ironie constante.


La Peste
La Peste
par Albert Camus
Edition : Poche
Prix : EUR 6,30

5.0 étoiles sur 5 La fraternité dans une lutte sans espoir., 20 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Peste (Poche)
La Peste/Albert Camus
Publiée en 1947, cette chronique de la vie quotidienne tenue par le Dr Rieux durant une épidémie de peste à Oran au temps de l’Algérie française dans les années 40 a valu à Albert Camus le Prix Nobel de littérature en 1957.
J’avais vingt ans lorsque j’ai lu ce chef d’œuvre la première fois. Je le relis cinquante ans plus tard et vois les choses beaucoup plus richement.
Tout commence par la mort massive des rats de la ville au point qu’il faille installer des zones d’incinération de tonnes de rats.
La peste étant déclarée, les autorités décident de fermer la ville en l’isolant du reste du monde.
Les images classiques du fléau reviennent en mémoire pour le Dr Rieux :
« Une tranquillité si pacifique et si indifférente niait presque sans effort les vieilles images du fléau, Athènes empestée et désertée par les oiseaux, les villes chinoises remplies d’agonisants silencieux, les bagnards de Marseille empilant dans des trous les corps dégoulinants, la construction en Provence du grand mur qui devait arrêter le vent furieux de la peste, Jaffa et ses hideux mendiants, les lits humides et pourris collés à la terre battue de l’hôpital de Constantinople, les malades tirés avec des crochets, le carnaval des médecins masqués pendant la Peste Noire, les accouplements des vivants dans les cimetières de Milan, les charrettes de morts dans Londres épouvanté, et les nuits et les jours remplis, partout et toujours, du cri interminable des hommes. »
Après les premiers symptômes, on va assister à la lutte avec persévérance contre le mal malgré les échecs, l’espoir suscité par le nouveau vaccin, les agonies, les enterrements, les incinérations. Rieux se livre à une analyse des comportements car dans la population les réactions sont mitigées :
« Personne n’avait encore accepté réellement la maladie. La plupart étaient surtout sensibles à ce qui dérangeait leurs habitudes ou atteignait leurs intérêts. Ils en étaient agacés ou irrités et ce ne sont pas là des sentiments qu’on puisse opposer à la peste. Leur première réaction, par exemple, fut d’incriminer l’administration. »
L’égoïsme, la méfiance, la douleur des séparations, la critique de l’administration, l’élan vers la foi ou vers les jouissances et les tentatives d’évasion vont peu à peu se dissiper pour que naisse une belle solidarité.
« Il n’y avait plus alors de destins individuels, mais une histoire collective qui était la peste et des sentiments partagés par tous. Le plus grand était la séparation et l’exil, avec ce que cela comportait de peur et de révolte. »
« Sans mémoire et sans espoir, ils s’installaient dans le présent. La peste avait enlevé à tous le pouvoir de l’amour et même de l’amitié. Car l’amour demande un peu d’avenir, et il n’y avait plus pour nous que des instants. »
Le Dr Rieux : « il savait que pour une période dont il n’apercevait pas le terme, son rôle n’était plus de guérir. Son rôle était de diagnostiquer. Découvrir, voir, décrire, enregistrer, puis condamner, c’était sa tâche. Il n’était pas là pour donner la vie, il était là pour ordonner l’isolement »
Parmi les personnages de cette chronique j’ai retenu le père Paneloux dont l’action spirituelle resta de peu d’effets contre le fléau bien que la population assistât nombreuse aux prêches de cet homme de cœur qui s’interrogeait au pied du mur, fidèle à cet écartement dont la croix est le symbole, face à face avec la souffrance d’un enfant : « Mes frères, l’instant est venu. Il faut tout croire ou tout nier. Et qui donc, parmi vous, oserait nier ? »
Les autres personnages sont intéressants : Grand, modeste employé, héros effacé qui se comportera comme un saint, le journaliste Rambert qui ne pense qu’à sa maîtresse restée à Paris et qui pourtant renoncera à s’évader par solidarité. Il avouera : « Il peut y avoir de la honte à être heureux tout seul ! »
Et puis Tarrou, l’intellectuel qui observe, crie et se révolte devant la souffrance et va combattre le fléau avec les autres.
Et Rieux de conclure avec optimisme : « On apprend au milieu des fléaux qu’il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser. »
Il convient de dire que Albert Camus a toujours considéré son œuvre comme une allégorie illustrant la lutte de la résistance européenne contre le nazisme. » L’occupation allemande est la peste qui symbolise le mal physique et moral et la ville fermée l’univers concentrationnaire.
En bref, « La Peste » met en lumière la portée humaniste de l’œuvre de Camus.
Question style, Camus dans son exigence de probité et avec une sobriété toute classique, accorde la première place aux idées. Son style est donc neutre, impersonnel, monotone.
Ce livre fait partie des incontournables qu’il faut lire en prenant le temps de méditer en s’imaginant soi-même dans la ville en quarantaine.
Un très beau livre.


Berlioz: Symphonie Fantastique, Op.14
Berlioz: Symphonie Fantastique, Op.14
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 18,95

5.0 étoiles sur 5 Une œuvre grandiose., 20 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Berlioz: Symphonie Fantastique, Op.14 (CD)
Hector Berlioz/Symphonie fantastique/Orch . Symph. Montréal/Charles Dutoit/decca
Cette célèbre symphonie a été maintes fois enregistrée et il existe de nombreuses versions de qualité.
Composée en 1827, elle faisait suite à un coup de foudre de Berlioz pour Harriet Smithson, une actrice célèbre en Europe.
Cette version enregistrée en 1985 avec l’orchestre symphonique de Montréal dirigé par Charles Dutoit figure parmi l’élite.
Cette œuvre bien connue nous entraine dans un voyage hallucinant dès le premier mouvement, alternant douces et lyriques rêveries avec passions délirantes et tourbillonnantes.
Puis suit le bal, certainement le passage le plus connu avec la Scène aux champs qui lui succède.
La Marche au supplice et le Songe d’une nuit de sabbat achèvent ce flamboiement et cette fièvre qui traversent toute la symphonie.
Une œuvre très dense, sensuelle et grandiose.


L'Avocat du diable (Presses pocket)
L'Avocat du diable (Presses pocket)
par Morris West
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 Un chef d'œuvre oublié., 19 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Avocat du diable (Presses pocket) (Broché)
L’avocat du diable/Morris West
Cinquante après une première lecture, je redécouvre ce roman magnifique qui m’avait alors enthousiasmé.
Morris West : un très grand écrivain.
Né en 1916 à Melbourne il a connu une vie riche en diversité. Entré dans l’ordre sévère des Frères Chrétiens à l’âge de 15 ans, il y restera onze ans avant de renoncer à prononcer ses vœux. Il entre alors dans l’armée et participe à la guerre du Pacifique.
Producteur radio après la guerre, il se marie et devient un romancier célèbre.
Il est mort à Sydney en 1999.
Le thème du livre.
L’évêque Blaise Meredith apprend de son médecin qu’il est atteint d’une maladie incurable.
« C’était son métier de préparer les autres à la mort ; il fut bouleversé d’être si peu préparé à la sienne. » Ainsi commence ce bouleversant roman.
Au crépuscule de sa vie, Meredith à qui il reste douze mois à vivre, songe :
« Rien n’était aussi doux à l’homme que le vie ; rien n’était plus précieux que le temps, rien de plus rassurant que le contact de la terre et de l’herbe, le murmure de l’air en mouvement, le parfum des floraisons nouvelles, la rumeur des voix et de la circulation et des chants aigus des oiseaux. »
Alors une tâche ardue lui est encore réservée…
Le cardinal Eugenio Marotta, chef de la Congrégation des Rites au Vatican doit statuer sur l’opportunité de canoniser en béatification Giacomo Nerone, martyre exécuté par les communistes à la fin de Seconde Guerre Mondiale. Nerone, un homme dont la vie est entourée de mystère et de secrets, venu d’on ne sait où, en pleine guerre. Cet homme de nulle part prit femme, lui fit un enfant, puis se retira en ermite dans la montagne et commença de faire le bien autour de lui. Un homme perdu qui devint subitement un saint homme. Riche de gratitude, de compassion il se fit aimer pour ne pas dire vénérer. Mais le mystère de son origine et de sa motivation est demeuré total même après sa mort.
La béatification est basée sur la biographie du saint et l’historique des miracles.
Pour ce faire, Marotta doit désigner deux hommes de Dieu, sages et pieux, l’un en temps que postulateur de la Cause, pour diriger l’enquête et la faire avancer, l’autre comme promoteur de la Foi, l’avocat du diable, pour soumettre le témoignage et les témoins à l’examen minutieux le plus sévère conformément au Droit canon.
D’emblée, on remarquera la qualité et la profondeur des dialogues empreints d’une grande spiritualité entre Meredith et Aurelio, l’évêque de Valenta en Calabre, le pays de Giacomo Nerone. Aurelio, un homme doué de compréhension et d’un rare talent pour attirer l’amitié, celle de Meredith en l’occurrence.
« Qu’est-ce que la foi ? Un saut aveugle dans les mains de Dieu. Nous avons notre rhétorique qui dit beaucoup et explique peu. Nous prêchons l’amour et la fidélité comme si c’était des histoires entre deux tasses de thé – et non des corps se mêlant sur un lit et des mots enflammés dans l’ombre, et des âmes tourmentées par la solitude et poussées vers la communion momentanée d’un baiser… »
Et l’aveu de Meredith au soir de sa vie : « J’ai passé toute ma vie dans la prêtrise et je pense …je pense que je l’ai gaspillée. »
On remarquera aussi une critique en règle de l’Église.
« L’Église imposait la pauvreté à ses prêtres et jouait cependant aux Bourses des valeurs internationales par l’entremise de la banque du Vatican. Elle prêchait le détachement du monde et accumulait pourtant les propriétés, comme n’importe quelle société publique… L’Église est une théocratie, gouvernée par une caste religieuse. »
Plusieurs personnages apparaissent au fil des pages, qui ont joué un rôle dans le destin de Nerone.
Et d’abord le docteur Aldo Meyer, juif exilé dans cette Calabre du bout du monde, qui « se promettait chaque jour de plier bagage le lendemain et de partir pour un endroit nouveau avec un avenir nouveau, en laissant cette tribu sans grâce à sa stupidité. Mais chaque nuit la résolution le fuyait et il s’asseyait pour s’enivrer dans son lit. L’inconfortable vérité était qu’il n’avait nul endroit où aller et aucun avenir à construire. Le meilleur de lui-même était ici : foi, espoir et charité, prodigués jusqu’à épuisement et gaspillés sur une terre aride, foulés aux pieds par un peuple ingrat et ignorant. »
« Le culte du principe mâle était profondément enraciné parmi ce peuple. Les jeunes gens étaient arrogants et avantageux comme de jeunes coqs, tandis que les jeunes filles se présentaient avec une virginité tout au moins supposée pour parader et se faire admirer. Lorsqu’ils se mariaient, ils engrossaient leurs femmes jusqu’à l’épuisement et gâtaient leurs fils jusqu’à leur précoce puberté, pendant qu’ils battaient leurs filles pour qu’elles demeurent chastes. »
Et puis Nicholas Black, le peintre anglais médiocre pour ne pas dire raté et athée, homosexuel, et son modèle Paolo Sanduzzi le fils de Nerone et de Nina devenue la servante de Meyer après la mort de Nerone.
Sans oublier le comtesse Anne Louise de Sanctis mécène de Black, ni le Père Anselmo, curé de Gemello Minore qui mène une vie pas très catholique !
Cette merveilleuse galerie de personnages est finement composée tant du point de vue psychologique que de la richesse de leurs sentiments et de leur discours.
Les traditions archaïques de cette région du Sud de l’Italie sont bien décrites et mettent les personnages dans des situations qui paraissent insolubles.
La scène du jugement et de l’exécution de Giacomo Nerone n’est pas sans rappeler la condamnation de Jésus. Nerone qui aura connu les mêmes doutes et ses écrits ressemble à une confession, un chapitre riche d’une haute spriritualité.
L’intrigue à laquelle participent tous ces personnages est parfaitement maîtrisée et on découvre en Morris West une fois de plus un très brillant écrivain. Je dois dire que j’ai lu pratiquement tous ses livres. Et je m’en suis réjoui à chaque fois.
Un très beau roman paru en 1959, hélas quelque peu oublié aujourd’hui. Un trésor de réflexion sur la foi.
« L’homme qui fait le bien tout en étant dans le doute doit avoir tellement plus de mérite que celui qui le fait dans l’éclatante certitude de la croyance. »


La Pitié dangereuse
La Pitié dangereuse
Prix : EUR 1,49

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un roman bouleversant., 19 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Pitié dangereuse (Format Kindle)
La Pitié Dangereuse/Stefan Zweig
Comme presque toujours chez lui, Stefan Zweig commence son roman par un récit qui introduit un second récit : une sorte de prélude qui permet de situer l’histoire qui va suivre et a le don de nous mettre en appétit. C’est la technique du récit emboité : l’auteur rencontre quelqu’un qui va lui raconter une histoire et c’est cette histoire qui fait l’objet du roman.
« Il y a deux sortes de pitié. L’une, molle et sentimentale, qui n’est en réalité que l’impatience du cœur de se débarrasser au plus vite de la pénible émotion qui vous étreint devant la souffrance d’autrui, cette pitié qui n’est pas du tout la compassion, mais un mouvement instinctif de défense de l’âme conter la souffrance étrangère. Et l’autre, la seule qui compte, la pitié non sentimentale mais créatrice, qui sait ce qu’elle veut et est décidée à persévérer avec patience et tolérance jusqu’à l’extrême limite de ses forces, et même au-delà. »
On l’a compris : la pitié sous toutes ses formes va être le thème majeur de ce roman célèbre et magnifiquement écrit.
Anton Hofmiller est un jeune lieutenant de cavalerie de vingt-cinq ans, sans fortune. Nous sommes non loin de Vienne en novembre 1913.
Une jeune fille virevoltante entre dans la pâtisserie où Anton est en train de passer un moment avec un ami. Anton veut savoir qui elle est et parvient à se faire inviter à dîner au château de la famille Kekesfalva.
Ilona, la jolie jeune fille, est là parmi les invités. Son père riche propriétaire et sa sœur Edith aussi.
C’est alors que Anton va commettre une bévue qui va être à l’origine de toute l’histoire.
Après le dîner, Anton voulant inviter à danser la jeune Edith, n’a pas vu qu’elle était paraplégique. Edith s’effondre en larmes devant les invités de cette belle soirée et complètement déboussolé, Anton s’enfuit.
Son sentiment de pitié s’accompagnant d’une grande tendresse et rongé par un sentiment de culpabilité, il va se faire pardonner sa gaffe en en voyant des fleurs puis en rendant visite chaque jour à Edith. Avec prudence.
« Il fallait être sans cesse sur ses gardes, pour ne pas dépasser la limite à peine perceptible où la sympathie, au lieu d’apaiser la sensible jeune fille, risquait de la blesser. »
Mais Edith qui a un caractère bien trempé va peu à peu changer d’attitude et un jour réagit de façon inattendue à l’égard de Anton :
« Mais vous, avec votre fausse délicatesse, vous croyez toujours devoir me ménager et vous vous imaginez que vous me faites du bien avec vos maudites égards…Je ne veux pas que vous vous croyiez obligé de me servir ma portion quotidienne de pitié, je me fiche pas mal de votre pitié… »
Peu à peu, Anton va susciter un amour fou chez Edith et ce malgré lui.
Mais le caractère inconstant, immature et un peu lâche de Anton va s’opposer avec violence à l’impulsivité et l’hystérie de Edith. Lunatique et directe, Edith ne s’embarrasse pas de préambule pour étaler ses états d’âme. Son amour pour Anton devient sa seule raison de vivre et de vouloir guérir.
Entre le mensonge par pitié et les promesses non tenues, Anton va sombrer dans un engrenage fatal. Du plus profond de sa détresse, Edith lui adresse un cri de panique du désir de vivre qu’il ne sait entendre. Et Anton voit se consumer cette jeune femme au feu de son désir ; il assiste impuissant à ses tourments sans avoir le pouvoir, la force la possibilité de l’arracher aux flammes qui la dévorent.
Au cours de ce récit bouleversant où la souffrance morale d’Edith le dispute à un amour exalté pour Anton, on rencontre des personnages hallucinés et faibles qui oscillent entre le meilleur et le pire : Kekesfalva le père, le Docteur Condor, Anton lui-même et bien sûr Edith. Une tension extrême règne de la première à la dernière ligne et le style magique de Stefan Zweig fait le reste.
Un livre publié en 1939, à lire absolument qui peut être une leçon de morale pour la vie.
On retrouve aussi le thème de la « Lettre d’une inconnue », la célèbre nouvelle de Zweig, avec le style haletant et passionné de la lettre d’une femme qui aime sans retour. Suite à son geste d’amour pour Anton, Edith lui adresse une lettre bouleversante, déchirante, pathétique et désespérée.
Un très beau roman.


Lucia di Lammermoor
Lucia di Lammermoor
DVD ~ Piotr Beczala
Prix : EUR 26,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Anna Netrebko toujours brillante et séduisante., 18 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lucia di Lammermoor (DVD)
Gaetano Donizetti (1797-1848)/ Lucia di Lammermoor/Anna Netrebko/Piotr Beczala/Marco Armiliato/ Deutsche Grammophon
Ce DVD de l’opéra sans doute le plus célèbre de Donizetti a été enregistré en 2009 au MET de New York.
On y découvre une Lucia charismatique en la personne de Anna Netrebko, toujours aussi brillante et comédienne, soprano à la voix d’or. Une Lucia passionnée, mais d’une passion suicidaire en incarnant une femme déchirée qui va souffrir jusqu’à la folie d’un amour impossible pour Edgardo.
L’action se déroule en Écosse à la fin du XVIé siècle. La famille Ashton est rivale de la famille Ravenswood dans le village de Lammermoor. Des événements on fait que les Ashton ont pris possession du château des Ravenswood.
Enrico Ashton est le frère de Lucia et veille sur les fréquentations de sa sœur.
Lucia aime secrètement Edgardo Lord de Ravenswood, ennemi juré de Enrico.
Enrico veut que sa sœur fasse un mariage avantageux et prépare une rencontre avec Arturo Bucklaw.
Le drame semble inévitable.
Des moments d’une grande intensité dramatique rehaussée par le jeu de Anna Netrebko marque les trois actes de ce magnifique opéra.
Et d’abord le duo entre Lucia et Alisa sa dame de compagnie, « Regnava nel silenzio » suivi de « Quando, rapito in estasi », où Lucia se déclare persuadée que l’amour d’Edgardo sera éternel.
Puis le duo entre Lucia et Edgardo, « Veranno a te sull’aure » où les amants se jurent un amour éternel.
Et enfin « Spargi d’amaro pianto » où la folie de Lucia éclate, prenant son frère pour Edgardo. Un moment inoubliable.
Une très belle réalisation que tout amateur d’opéra devra se procurer.
Bien sûr on n’oubliera jamais l’interprétation de Callas en 1955 dirigée par Herbert von Karajan, et accompagnée de Giuseppe di Stefano. Publié chez Emi.


Tchaikovsky : Symphonies n° 4,  n° 5 et n °6 "Pathétique"
Tchaikovsky : Symphonies n° 4, n° 5 et n °6 "Pathétique"
Prix : EUR 13,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Légendaire, 15 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tchaikovsky : Symphonies n° 4, n° 5 et n °6 "Pathétique" (CD)
Tchaïkovski Piotr Illytch (1840-1893) Symphonies N°4/5/6/ Léningrad Philharmonic Orchestra/Evgeny Mravinsky
Cet enregistrement des trois dernières symphonies de Tchaïkovski passe pour être le meilleur entre tous.
Mravinsky et son orchestre de Léningrad (à l’époque de l’enregistrement -1960-aujourd’hui Saint Pétersbourg) sont inégalable et jamais égalés.
L’essence même de la quatrième symphonie opus 36 est le « fatum » c’est à dire le destin funeste, une sorte de force fatale qui empêche de parvenir au bonheur. Dès le premier mouvement, on ressent la menace qui plane et qui s’affirme avec la sonnerie solennelle des cuivres. Puis vient le second mouvement andantino, une sorte de plainte mélancolique exhalée par le hautbois repris par l’orchestre comme un refrain triste et profond. Après un scherzo en pizzicati, vient le finale qui emporte tout avec des percussions omniprésentes et des violons déchainés.
Une symphonie inoubliable, d’une richesse inouïe.
La cinquième symphonie opus 64 reprend un peu le thème du destin fatal, faisant entendre une procession morbide dès l’andante initial. Une sorte d’angoisse plane avec les vents. L’andante du second mouvement est d’une teinte sinistre avant que la valse du troisième mouvement n’apporte un peu de bonheur. Le finale est sublime et pathétique, grandiose et angoissé. La sixième n’est pas loin…
On dit souvent que la sixième symphonie opus 74 est le requiem composé par Tchaïkovski pour lui-même. On lui a donné le nom de « Pathétique » ce qui donne le ton. C’est une œuvre fascinante que je réécoute chaque mois.
La sixième représente le sommet de la recherche structurelle et orchestrale chez Tchaïkovski.
Un premier mouvement qui est une sorte de mélodie liturgique orthodoxe. Il est suivi d’un second mouvement à forme de valse russe. Puis un scherzo pourvu d’une marche.
Que dire de l’adagio lamentoso final qui vous arrachera des larmes : on y sent la proximité de la mort et une inexorable descente vers les âmes d’outre Léthé. Un chant du cygne.
Un double album indispensable.


Tchaikovsky : Symphonies n° 4,  5 et 6 "Pathétique"
Tchaikovsky : Symphonies n° 4, 5 et 6 "Pathétique"
Prix : EUR 23,51

5.0 étoiles sur 5 Légendaire., 15 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tchaikovsky : Symphonies n° 4, 5 et 6 "Pathétique" (CD)
Tchaïkovski Piotr Illytch (1840-1893) Symphonies N°4/5/6/ Léningrad Philharmonic Orchestra/Evgeny Mravinsky
Cet enregistrement des trois dernières symphonies de Tchaïkovski passe pour être le meilleur entre tous.
Mravinsky et son orchestre de Léningrad (à l’époque de l’enregistrement -1960-aujourd’hui Saint Pétersbourg) sont inégalable et jamais égalés.
L’essence même de la quatrième symphonie opus 36 est le « fatum » c’est à dire le destin funeste, une sorte de force fatale qui empêche de parvenir au bonheur. Dès le premier mouvement, on ressent la menace qui plane et qui s’affirme avec la sonnerie solennelle des cuivres. Puis vient le second mouvement andantino, une sorte de plainte mélancolique exhalée par le hautbois repris par l’orchestre comme un refrain triste et profond. Après un scherzo en pizzicati, vient le finale qui emporte tout avec des percussions omniprésentes et des violons déchainés.
Une symphonie inoubliable, d’une richesse inouïe.
La cinquième symphonie opus 64 reprend un peu le thème du destin fatal, faisant entendre une procession morbide dès l’andante initial. Une sorte d’angoisse plane avec les vents. L’andante du second mouvement est d’une teinte sinistre avant que la valse du troisième mouvement n’apporte un peu de bonheur. Le finale est sublime et pathétique, grandiose et angoissé. La sixième n’est pas loin…
On dit souvent que la sixième symphonie opus 74 est le requiem composé par Tchaïkovski pour lui-même. On lui a donné le nom de « Pathétique » ce qui donne le ton. C’est une œuvre fascinante que je réécoute chaque mois.
La sixième représente le sommet de la recherche structurelle et orchestrale chez Tchaïkovski.
Un premier mouvement qui est une sorte de mélodie liturgique orthodoxe. Il est suivi d’un second mouvement à forme de valse russe. Puis un scherzo pourvu d’une marche.
Que dire de l’adagio lamentoso final qui vous arrachera des larmes : on y sent la proximité de la mort et une inexorable descente vers les âmes d’outre Léthé. Un chant du cygne.
Un double album indispensable.


Marie
Marie
par Marek Halter
Edition : Poche
Prix : EUR 7,30

4.0 étoiles sur 5 Miryem, dit le décurion, ça n'existe pas dans la langue de Rome. À partir d'aujourd'hui, tu t'appelleras Marie., 13 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Marie (Poche)
Marie/Marek Halter

Nous sommes en l’an 6 avant Jésus Christ, soit selon la tradition juive 3760 ans après la création du monde.
La petite bourgade de Nazareth vit au rythme du travail de ses artisans et du soleil.
Joachim est charpentier. Sa femme Hannah vaque au ménage et aux repas comme toute bonne mère et veille sur leur fille Miryem.
L’intrusion dans le village des mercenaires de Hérode roi d’Israël, corrompu et à la solde des Romains, fou et cruel, crée le désordre : ils recherchent un voleur appartenant à une bande. C’est un jeune homme nommé Barrabas, une sorte de Robin des Bois avant l’heure et Miryem va le cacher.
Peu après, les percepteurs de Hérode qui écument le pays maltraitent une brave femme. Joachim qui ne supporte pas l’injustice prend sa défense et tue un des gardes et blesse un autre. Il est emmené en détention.
Miryem décide de rejoindre Barrabas pour tenter de retrouver son père. Avec l’aide d’Abdias, un jeune homme révolté, elle va tenter l’impossible.
D’aventures en aventures, Miryem arrive chez Halva et Yossef , des amis de son père. C’est là qu’elle rencontre deux personnages qui auront beaucoup d’importance par la suite : Joseph d’Arimathie, l’essénien le plus sage et Nicodème le pharisien du sanhédrin le plus humain.
Des débats sans fin ont lieu : Barrabas est pour la méthode forte pour éliminer Hérode et ses sbires. Joseph d’Arimathie est pour la méthode douce : attendre la venue du Messie.
Survient la mort de Halva. Yosef se retrouve avec une famille nombreuse. Miryem s’adressant à Yosef, annonce :
« Là-bas, sur sa tombe, j’ai promis à Halva que je n’abandonnerai pas ses enfants. À partir d’aujourd’hui, si tu le veux bien, je m’occuperai d’eux comme s’ils étaient les miens. »
À quelque temps de là, « alors que l’on entrait dans le mois de sivan, Miryem vint devant son père alors qu’il était seul. Elle lui dit, montrant un visage heureux et confiant : Je suis enceinte. Un enfant grandit dans mon ventre. »
La communauté fut comme frappée par la foudre. L’histoire la plus connue ne faisait que commencer.
Il faut bien se souvenir avant de porter un jugement que ce récit est un roman.
Ses qualités sont le beau style de Marek Halter avec des descriptions très intéressantes de l’époque et des scènes d’actions dans des paysages magnifiquement évoqués.
Ses défauts pour les puristes, et là on ne peut pas incriminer l’auteur, c’est le personnage de Marie qui nous apparaît sous un jour nouveau par rapport à l’idée que l’on se faisait. Une jeune fille rebelle et intelligente, tourmentée et volontaire. Il faut dire que les sources historiques sont infimes comme le précise Marek Halter qui pour la bonne cause propose un évangile de Marie qui vient en annexe à la fin du roman.
Cet évangile de Marie est particulièrement intéressant quoique Marie n’en serait que l’auteur : elle a un rôle très discret tout au long de la vie de son fils et notamment lors de la Passion.
Le thème évoqué par un écrivain bien connu, je veux parler de Gérald Messadié, (auteur de L’Homme qui devint Dieu notamment)concernant la supposée mort de Jésus sur la croix est repris avec force détails. On retrouve les personnages clé : Joseph d’Arimathie, Nicodème, Marie de Magdala, Joseph, Barrabas, Claudia la femme de Pilate.
Tout est plausible comme je l’ai dit, même si c’est un roman.
En fait c’est le problème du roman historique ; il y a ce que l’on pense savoir et ce que l’auteur invente pour rendre le récit intéressant.
Disons que c’est une interprétation de la vie de Marie que nous propose Marek Halter.
En conclusion, un livre très instructif et facile à lire.


cahier rouge de Benjamin Constant, Le
cahier rouge de Benjamin Constant, Le
Prix : EUR 0,00

2.0 étoiles sur 5 D'un intérêt relatif., 12 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : cahier rouge de Benjamin Constant, Le (Format Kindle)
Le Cahier Rouge/Benjamin Constant
Ce Cahier Rouge est l’autobiographie partielle année par année de l’écrivain.
Écrit en 1807, ce texte assez bref et incomplet n’est que d’un intérêt relatif. Il parut en 1907 en publication posthume.
En voici un très court condensé.
« Je suis né le 25 octobre 1767 à Lausanne, en Suisse, d’Henriette de Chandieu et de Juste Constant de Rebecque, colonel dans un régiment suisse. Ma mère mourut en couches quelques jours après ma naissance. »
Ses deux parents étaient des huguenots réfugiés en Suisse à la suite de la révocation de l’Édit de Nantes en 1685.
À l’âge de cinq ans Benjamin connaissait déjà le grec appris par jeu avec son précepteur.
Avide de lecture, il consacrait déjà huit à dix heures par jour à ce loisir.
À l’âge de onze ans il avait déjà connu quatre précepteurs différents au hasard des voyages de son père.
À quatorze ans, il part étudier en Allemagne à Nuremberg et à seize ans il connaît sa première liaison toute platonique certes.
Puis il poursuit ses études en Écosse en 1783. Benjamin a déjà la passion du jeu et son père doit payer ses dettes de jeu.
Il multiplie les conquêtes féminines partout où il séjourne.
B.Constant nous apparaît dans ces lignes être un homme frivole et sans complexe, chanceux de façon insolente. Seule l’autorité de son père le maintient dans les rails.
Un texte pour les spécialistes .


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20