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Contenu rédigé par Gerard Müller
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Commentaires écrits par
Gerard Müller "médicactus" (Nouvelle Caledonie)
(MEMBRE DU CLUB DES TESTEURS)    (TOP 100 COMMENTATEURS)   

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Concerti grossi nos 1 à 6
Concerti grossi nos 1 à 6
Prix : EUR 10,04

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Union des styles italien et français., 24 février 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Concerti grossi nos 1 à 6 (CD)
Georg Muffat (1653-1704) Concerti Grossi 1à 6 & 7 à 12/Musica Aeterna Bratislava/Peter Zajicek./2 CD
Georg Muffat est né à Megève (Suisse) et mort à Passau en Allemagne.
Il étudia la musique avec Lully à Paris en devint organiste en Alsace à Sélestat. Il fait ensuite des études de droit et s’installe à Vienne puis à Salzbourg.
Il voyage en Italie pour rencontrer Corelli avec qui il travaille.
De ses neuf enfants, quatre seront musiciens et Gottlieb sera le plus célèbre.
Georg Muffat a beaucoup composé : sonates, suites, concerti grossi, pièces pour orgue, partitas, des messes et des opéras.
Les 12 concerti grossi constituent la culmination de l’œuvre de Muffat. Édités en 1701 ils reprennent certains éléments de l’Armonico Tributo en les enrichissant de plusieurs solistes. Les concerti de Muffat sont divisés en deux parties introduites par deux mouvements dans le style italien.
Ce qui frappe dans les œuvres pour instruments à corde ici présentées, c’est le charme mélodique et l’invention rythmique. Ce sont des œuvres peu connues qui pourtant à l’époque surpassaient celles de Vivaldi et Torelli en popularité. Il fut l’artisan des goûts réunis et voulait unir les styles français, allemand et italien, pour que la majesté et l’éclat du style italien s’allient avec la délicatesse et la sophistication du style français.


Vivaldi : Stabat Mater - Nisi Dominus
Vivaldi : Stabat Mater - Nisi Dominus
Prix : EUR 6,99

5.0 étoiles sur 5 Bowman et le grand art du haute-contre., 24 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vivaldi : Stabat Mater - Nisi Dominus (CD)
Antonio Vivaldi (1678-1741) Stabat Mater RV 621/Nisi Dominus RV 608/ Concerto RV 153/ James Bowman/Christopher Hogwood/
Le Stabat Mater interprété par James Bowman, contre ténor, est un grand moment de musique sacrée. Le timbre unique de cette voix crée une atmosphère recueillie où l’émotion est toujours présente. L’accompagnement de Academy of Ancient Music dirigé par C. Hogwood fait le reste pour un moment sublime de musique sacrée.
Le Nisi Dominus fait également partie de ces pièces inoubliables de la musique liturgique composée par Vivaldi. Plus allègre que le Stabat, cette musique côtoie le profane pour nous fasciner d’une façon différente. Une expérience mystique assurément.
Le bref concerto RV 153 ressemble plutôt à une sinfonia, car sans soliste. On retrouve le style italien baroque avec des violons très généreux et vigoureux.


Clarissa
Clarissa
par Stefan Zweig
Edition : Poche
Prix : EUR 5,10

5.0 étoiles sur 5 Quand il faut choisir sans hurler avec la meute !, 24 février 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Clarissa (Poche)
CLARISSA/Stefan Zweig
Clarissa est l’héroïne de ce très beau roman qui fut retrouvé dans les archives de Zweig et publié après sa mort.
Née en 1894, nous la découvrons en 1902 et allons la suivre jusqu’à 1930.
Elle est la fille d’un militaire haut gradé autrichien. Un père plutôt psychorigide. Sa mère est morte depuis longtemps. Elle n’a que son frère Edouard et son père.
Après des études en école religieuse, juste avant la Première Guerre mondiale, elle fait la rencontre d’un jeune professeur français lors d’une conférence à Lucerne à laquelle elle participe pour le Pr Silberstein, psychiatre réputé, dont elle est l’assistante. Léonard et Clarissa ne se quittent plus. Il lui fait découvrir Montaigne et l’amour. Mais la guerre va les séparer.
Un roman poignant et puissant évoquant d’une part la vie d’une jeune fille puis jeune femme, une personne délicate, discrète, réservée et sérieuse, et d’autre part la montée des nationalismes en Europe.
Des choix cruciaux vont s’imposer à Clarissa et avec le talent qu’on lui connaît, Stefan Zweig va page après page, dans un style limpide et passionné et au terme d'une analyse psychologique très fine des personnages, nous faire sentir la solitude qui menace celui ou celle qui ne hurle pas avec les loups. Tout au long de ce roman on sent l’idéal humaniste de l’auteur menacé par le désespoir et la ruine.
Stefan Zweig toujours égal à lui-même pour un très beau roman.


Désirer
Désirer
par Richard Flanagan
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

3.0 étoiles sur 5 Une technique de narration perturbante. Dommage., 19 février 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Désirer (Broché)
Désirer/Richard Flanagan

On est en 1839 : première photo d'un être humain, djihad d'Abd el Kader contre les Français, et publication de Oliver Twist de Charles Dickens.
En Tasmanie, colonie anglaise appelée à l'époque Terre de van Diemen, John et Jane Franklin adopte une petite aborigène, Mathinna, uen fillette charmante et discrète. Éducation à l'anglaise, bonne manières, la petite subit la métamorphose de l' « état sauvage » vers la « civilisation ». John est le gouverneur de la colonie et a tous les pouvoirs.
Pendant ce temps, les colons pour la plupart des convicts, traquaient les aborigènes et les abattaient à coup de fusil avec autant de joie et aussi peu d'hésitation qu'ils chassaient le kangourou.
Quel destin attend Mathinna ? Pourra 't-elle accepter la mutation ?
Plus tard vers 1854 on apprend la disparition de John Franklin parti en exploration dans l'Arctique. A-t-il vraiment mangé de la chair humaine au cours de l'expédition ?
Jane se tourne vers Charles Dickens, fantasque séducteur au sommet de sa gloire pour rétablir la vérité dans une pièce de théâtre qui va connaître un franc succès.
Il s'agit là d'un roman basé sur des faits avérés.
La colonisation anglaise dans cette île du bout du monde à partir de 1803 fit des ravages au sein de la population qui au fil des décennies a disparu. Une extermination systématique fut entreprise de 1826 à 1834.
Les survivants furent déportés dès 1834 vers l'île de Flinders située entre la Tasmanie et l'Australie :
« Robinson expliqua que dans cette guerre où les Aborigènes ne pouvaient plus gagner, il offrait la dernière solution réaliste possible : le sanctuaire sur les îles du détroit de Bass en échange de leur pays. Là on leur fournirait de la nourriture et toutes les bonnes choses du monde des Blancs : des vêtements, un toit, du thé, de la farine et Dieu. »
Les Aborigènes étaient là depuis 35 000 ans ! À l'arrivée des Anglais, ils étaient environ 10 000. En 1883, ils n'étaient plus que 300 !
La dernière Aborigène non métissée est morte en 1905.
Roman mais pas seulement : c'est aussi une fresque sociale de la vie à Londres au temps de Dickens et de la vie à la colonie.
Richard Flanagan est un écrivain australien : dans ce livre il a voulu mettre en scène une réflexion sur le désir.
Il faut avouer que l'on a parfois un peu de mal à passer d'une époque et donc d'une histoire à une autre, avec pour seul lien la vie des Franklin. Le fil conducteur reste très ténu et l'illustration de la phrase : « Nous avons tous des désirs, mais seuls les sauvages acceptent de les assouvir » ne m'a pas convaincu.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 28, 2016 1:45 PM CET


Bach: Magnificat - Vivaldi: Gloria, Kyrie
Bach: Magnificat - Vivaldi: Gloria, Kyrie
Proposé par musicshop780fr
Prix : EUR 10,02

5.0 étoiles sur 5 L'extase..., 18 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach: Magnificat - Vivaldi: Gloria, Kyrie (CD)
J.S.Bach (1685-1750): Magnificat /A.Vivaldi (1678-1741) : Gloria //Michel Corboz /Ensemble vocal de Lausanne
Le Magnificat BWV 243 est une œuvre d’une grande beauté et d’une relative simplicité.
Après l’introduction pleine d’allégresse et le très beau Et exultavit, écoutez le sublime Quia respexit recueilli et tendre, la poésie émouvante de Et miséricordia, et jusqu’au terme l’émotion est présente grâce aux belles voix de l’Ensemble vocal de Lausanne accompagné discrètement par l’Orchestre de chambre de Lausanne dirigé par Michel Corboz. Une œuvre faisant partie du répertoire des indispensables.
Vivaldi a composé plusieurs Gloria, mais celui en Ré majeur RV 589 est le plus connu. C’est une œuvre saisissante de vie et de ferveur et ce dès l’entame. Une œuvre lumineuse et douce avec des chœurs sublimes notamment dans Et in terra pax, un moment de recueillement absolu quasi extatique. Absolument indispensable dans toute discothèque.
Suit un Kyrie pour clore ce CD remarquable de beauté méditative.


J-S Bach - Magnificat - Antonio Vivaldi - Gloria
J-S Bach - Magnificat - Antonio Vivaldi - Gloria
Proposé par thebookcommunity_fr
Prix : EUR 21,42

5.0 étoiles sur 5 L'extase..., 18 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : J-S Bach - Magnificat - Antonio Vivaldi - Gloria (CD)
J.S.Bach (1685-1750): Magnificat /A.Vivaldi (1678-1741) : Gloria //Michel Corboz /Ensemble vocal de Lausanne
Le Magnificat BWV 243 est une œuvre d’une grande beauté et d’une relative simplicité.
Après l’introduction pleine d’allégresse et le très beau Et exultavit, écoutez le sublime Quia respexit recueilli et tendre, la poésie émouvante de Et miséricordia, et jusqu’au terme l’émotion est présente grâce aux belles voix de l’Ensemble vocal de Lausanne accompagné discrètement par l’Orchestre de chambre de Lausanne dirigé par Michel Corboz. Une œuvre faisant partie du répertoire des indispensables.
Vivaldi a composé plusieurs Gloria, mais celui en Ré majeur RV 589 est le plus connu. C’est une œuvre saisissante de vie et de ferveur et ce dès l’entame. Une œuvre lumineuse et douce avec des chœurs sublimes notamment dans Et in terra pax, un moment de recueillement absolu quasi extatique. Absolument indispensable dans toute discothèque.
Suit un Kyrie pour clore ce CD remarquable de beauté méditative.


L'arbre du pays Toraja
L'arbre du pays Toraja
par Philippe Claudel
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une pause pour une réflexion.Un très bon livre., 17 février 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'arbre du pays Toraja (Broché)
L'arbre du pays Toraja/Philippe Claudel
Alors qu'il atteint la cinquantaine, le narrateur cinéaste évoque dans des lignes sombres et cruelles mais ô combien réalistes la disparition de son meilleur et même seul ami. Il en vient à se poser les grandes questions existentielles.
Qu'est-ce que le vivant ? Vivre : comment le définir ? Que sommes-nous pour nous mêmes ? Sait-on jamais vraiment ce que nous sommes pour les autres ?
La lutte, l'amour, le bon vin, les rencontres et les séparations, les femmes, les voyages, les mots, le rôle de l'artiste, le vieillissement, la maladie et puis au bout du compte la mort. Voilà en bref la vie.
Au pays Toraja à Sulawesi, la mort n'a pas la même signification qu'en occident et le corps de l'enfant mort placé au creux de l'arbre séculaire peu à peu commence le voyage qui le fait monter vers les cieux au rythme patient de la croissance de l'arbre, et migre lentement vers les hautes frondaisons et l'au-delà.
Dans un style pudique, toujours fluide et facile, Philippe Claudel nous offre ici une véritable ode à la vie, mais avec toujours en arrière plan la mort qui nous guette et nous prendra inéluctablement. Car comme le dit Montaigne, philosopher c'est apprendre à mourir '
J'ai relevé cette belle phrase entre autres :
« Le corps des jeunes femmes fait songer à des pierres parfaites, polies, sans défauts, scandaleusement intactes. Celui des femmes possède le parfum patiné des jours innombrables où s'amalgament sensuels, les moments de plaisir et ceux de l'attente. Il devient le velours assoupli des années. »

Un livre à lire incontestablement. Il suscitera une pause dans votre vie quotidienne et par là même une réflexion.


L'équipage
L'équipage
par Joseph Kessel
Edition : Poche
Prix : EUR 6,50

5.0 étoiles sur 5 Amitié et amour., 14 février 2016
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L’Équipage/Joseph Kessel
Joseph Kessel qui fut enrôlé dans l’aviation française durant la Première Guerre Mondiale, écrivit là en 1923 le premier texte littéraire ayant trait à l’aviation et son second roman.
Jean Herbillon a vingt ans. Il est aviateur aspirant. C’est son premier départ pour le front et sa jeunesse n’accepte pas la guerre sans l’habiller d’une héroïque parure. Il dit adieu fièrement à ses parents et sa maîtresse, la belle Denise.
Rapidement il fait équipe avec Claude Maury. Un bel équipage, fusionnel et hardi.
Hélène, la femme de Claude apparaîtra peu à peu comme un trait d’union ou de désunion entre les deux équipiers.
Certainement autobiographique, ce court roman nous fait admirer le style de Kessel, fluide et vivant. Kessel nous fait partager sa passion de l’aviation et la chaleureuse camaraderie qui régnait dans cette unité.
Un très beau texte.


Mort ou est ta victoire
Mort ou est ta victoire
par ROPS DANIEL
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Amour et désamour. Le bien et le mal., 12 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mort ou est ta victoire (Broché)
Mort où est ta victoire ? Daniel-Rops
Amour et désamour : le bien et le mal.
Dans la nuit froide et de brouillard, Laure Malaussène a choisi de fuir le château de Barterand où l’avait recueilli Lodoïs Detrérieux un ami de son père qui s’est suicidé naguère au moment où il appris que sa femme Germaine le quittait pour un autre homme. Laure a vingt ans : elle est encore une enfant mais déjà marquée par les drames de la vie.
Detrérieux que sa femme Marguerite a quitté a un fils, Thierry et une fille Pia.
Pia, ombre douce et fragile, et Laure, une fille qui éprouve une immense frénésie de vivre sont très liées et la jalousie de Thierry rend l’atmosphère irrespirable : il est attiré par Laure et tout comme le père voit en elle une proie facile.
Elle a la sensation horrible d’être mise en pâture, d’être un lot de marchandage. Pour elle, c’est cela le mal.
Mais Laure dont la liberté est le plus cher de ses vœux, refuse tout rapprochement et avant qu’elle ne soit forcée, quitte nuitamment le château avec juste une petite valise, sans but précis. Exaltée et courageuse, elle court dans la nuit.
Recueillie par un abbé dans la nuit sur le bord d’un chemin, épuisée et glacée elle est soignée et logée dans un institution religieuse.
Deux ans plus tard, elle est enseignante à l’institution Sainte-Mechtilde.
Elle se lie avec Marcelline une élève de terminale et avec Irène, enseignante comme elle, qui bientôt se marie avec Jacques Malessert.
Les élans mystiques et le tumulte intérieur qui animent Laure n’ont que faire de la cour que lui fait Jacques lors d’un séjour d’été à Cressin dans la propriété familiale des Malessert.
Il semble souvent à Laure que sa vraie vie devrait se dérouler sur un plan imaginaire auquel les vivants n’auraient pas accès et où seul rode la confuse menace de la révolte et du désespoir.
Quand elle voit Irène jeune mère de famille apparemment heureuse, elle se dit :
« Est-ce donc cela, le bonheur, cet ensevelissement dans le confort, la routine, l’oubli, dans cet égoïsme candide et niais des jeunes mères ? »
Laure a 25 ans à présent. C’est « une très belle femme au teint clair, à la lourde chevelure rousse, la poitrine haute et mince, les épaules étroites… pleine de grâce »
Et Jacques ne désarme pas :
« Ce qu’il y a de beau en vous, c’est cette force, cette grandeur tragique. »
Un jour dans le train elle découvre un petit carnet noir tombé entre deux sièges.
Dans ce petit carnet sont consignées des citations, en particulier de Nietzsche apprendra-t-elle plus tard et notamment celle-ci qui inconsciemment va guider sa vie : « Ce qui se fait par amour se fait par delà le bien et le mal. »
Dans le train qui la conduit aux cours de piano qu’elle donne, elle rencontre l’homme qui va bouleverser sa vie, Jean Paleyzieux.
« Les jours qui suivirent la rencontre du train furent pour Laure pleins d’un trouble indéfinissable. Ce qu’elle éprouvait, elle ne l’avait jamais auparavant ressenti : un soulèvement de tout son être, une aspiration puissante vers une lumière et une chaleur nouvelles. »
Jean Paleyzieux, un bel homme, est marié à Mathilde Bélignat, un mariage malheureux, un mariage d’argent, mais avec trois enfants.
Nous somme en 1892 et Laure a la trentaine. Une beauté fulgurante.
Les leçons de piano qu’elle va donner aussi aux enfants Paleyzieux vont susciter la jalousie de Mathilde qui n’est pas une belle femme, en des termes choisis :
« Vous êtes grands tous les deux, et beaux, n’est-ce pas ? Il est beau. Vous, vous êtes belle comme une chienne. »
Peu à peu une attirance irrépressible naît entre les deux êtres :
« Il n’est pas besoin de mots pour qu’entre un homme et une femme se lie cette complicité tacite des âmes qui précède l’amour, qui le fait naître. »
Laure d’un tempérament bouillonnant s’exalte :
« Dans son imagination qu’elle ne pouvait pas toujours tenir en bride, elle se laissait aller à construire une vie nouvelle… Son tempérament exalté la faisait passer de l’espérance la plus vive au plus pénible désespoir. »
Les mots de Jean l’impressionnent : « Avant toute morale, il y a celle qui nous oblige à nous accomplir nous-mêmes. Notre responsabilité la plus haute, c’est celle que nous avons à l’égard de notre destin propre… »
Il semble à Laure et Jean que tous ces instants passés ensemble durant lesquels l’amour cherche sa voie, abolissent tout sens critique. Dans ces moments, un regard a plus d’importance qu’un mot. Pour Laure, la vie c’est cette sourde exaltation des sens, et l’amour, interdit et victorieux, un amour né pour rester secret.
Laure et Jean, finissent par déchirer le voile d’une artificieuse amitié et céder à leur mutuelle passion. En des lignes sublimes, Daniel Rops écrit :
« Depuis qu’elle s’était donnée à Jean, dans la fougue d’un amour sans calculs, Laure éprouvait le sentiment d’être emportée par une force terrible, contre laquelle elle ne cherchait pas à lutter. Elle avait atteint ce point tragique du bonheur où l’être sait que la moindre incertitude risque de le perdre, que la moindre défaillance conduit au désespoir. Elle aimait Jean. Elle l’aimait de toute sa chair longtemps chaste, et la frénésie de son amour devait à sa longue pureté, une violence particulière. »

Un très beau passage de réflexion sur le bien et le mal, le juste et l’injuste : c’est la dernière et inoubliable entrevue entre Laure et le vieil abbé Pérouze, son confident et sa conscience, un très grand moment riche de dialogues admirables.
Laure qui a lu Pascal et Sainte Thérèse d’Avila se heurte au début à l’athéisme nietzschéen de Jean. Mais peu à peu emportée par la passion elle subit son ascendant, la religion lui rappelant trop son ancienne vie et la soumission qui en découlait. Maintenant elle se révolte.
Mais jusqu’où peut-elle aller dans ce sens ? Jean est marié et la route est barrée.
Et puis elle perçoit indistinctement et à l’insu de Jean une faille dans leur amour, comme quelque chose qui ne serait jamais accompli. Débute alors un combat sournois et feutré entre sa conscience liée à son éducation, et la morale sans scrupule des Jean : ils n’ont pas la même conception de la vie.
Un avenir plein de doute s’ouvre alors devant Laure.
Suit une seconde partie dans laquelle Laure nous livre le fond de son cœur dans une manière de journal intime. Après l’amour, la haine : une haine féroce et réciproque lie Laure et Jean après la mort de sa femme. Seuls Raphaël et Alix, deux de ses beaux-enfants apportent un rayon de bonheur à Laure qui vit des aventures fugaces et décevantes et qui torturée songe au suicide.
Laure reverra Thierry, un Thierry bien différent qui s’apprête à rentrer dans les ordres. Leurs conversations hautement spirituelles la marqueront à jamais.
La troisième partie prolonge la première et nous conte la vie de Laure qui a à présent quarante ans. Elle est habitée par un désir de rédemption et d’effacement de ces années de passions violentes qui avaient envahi son cœur tout au long de sa vie de déchirements. Après le désarroi, elle aspire de tout son être à la paix et le contentement : la voie pour y atteindre s’ouvrira tout naturellement quoique tortueuse.
Un livre puissant au style magnifique tout empreint de morale chrétienne.
Un des plus beaux romans d’amour qu’il m’ait été donné de lire, et ce pour la troisième fois, avec toujours la même passion.
Et aussi un récit de l’émancipation d’une femme et de sa recherche du bonheur.
Un récit prenant, qui ne vous lâche pas de la première à la dernière ligne. Un peu dans le style haletant et passionnel des nouvelles de Stefan Zweig ; mais il s’agit d’un immense roman de près de 600 pages que Daniel Rops a mis cinq ans à écrire, et publié en 1934.
Un chef d’œuvre oublié, un de plus.


Florilegium Secundum, Fasciculi I-Iv
Florilegium Secundum, Fasciculi I-Iv

4.0 étoiles sur 5 Pour une musique française., 9 février 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Florilegium Secundum, Fasciculi I-Iv (CD)
Georg Muffat (1653-1704) Florilegium Secondum/The Academy of Ancient Music/Christopher Hogwood
Georg Muffat est né à Megève (Suisse) et mort à Passau en Allemagne.
Il étudia la musique avec Lully à Paris en devint organiste en Alsace à Sélestat. Il fait ensuite des études de droit et s’installe à Vienne puis à Salzbourg.
Il voyage en Italie pour rencontrer Corelli avec qui il travaille.
De ses neuf enfants, quatre seront musiciens et Gottlieb sera le plus célèbre.
Georg Muffat a beaucoup composé : sonates, suites, concerti grossi, pièces pour orgue, partitas, des messes et des opéras.
L’opus Florilegium secondum fut publié en 1698, trois ans après le premier.
Considéré comme compositeur allemand, Muffat présente ici un exemple typique de musique de danse orchestrale française.
Cette œuvre comporte 8 suites avec ouverture et succession de mouvements de danse à la manière de Lully.
C. Hogwood a réuni un orchestre de 33 musiciens pour cet enregistrement réalisé en 1982 pour une musique élégante et mélodieuse.


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