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Contenu rédigé par Gerard Muller
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Commentaires écrits par
Gerard Muller "médicactus" (Nouvelle Caledonie)
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Anthologie de la poésie française
Anthologie de la poésie française
par Georges Pompidou
Edition : Poche
Prix : EUR 6,27

5.0 étoiles sur 5 Le poème, cette hésitation prolongée entre le son et le sens.( Paul Valéry), 13 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Anthologie de la poésie française (Poche)
Georges Pompidou/Anthologie de la poésie française.
Depuis cinquante années je feuillette ce recueil magnifique de poésies choisies par cet homme de grande culture que fut notre Président G.Pompidou.
J’y ai retrouvé et y retrouve toujours avec un plaisir toutes ces poésies apprises au cours de ma scolarité et d’autres lues au hasard des recueils d’un auteur. Cela m’a rappelé aussi le Lagarde et Michard de mes études secondaires et l’étude des poètes en particulier.
François Villon repris en musique par Georges Brassens pour sa « Ballade des Dames du temps jadis » inaugure ce retour aux sources.
Et puis Joachim du Bellay dont je me récite souventes fois les vers de « Heureux qui comme Ulysse », et Pierre Ronsard cet autre de la Pléiade avec « Mignonne allons voir si la rose ».
Tous sont bien là et j’ai souri en relisant les « stances à Marquise » de Pierre Corneille également reprises en musique par Brassens.
Évidemment, on ne peut passer sous silence Lafontaine et ses fables , Vigny et « La mort du Loup », Lamartine et « Le lac », l’immense Hugo, les « Nuits « de Musset, les « Fleurs du Mal » de Baudelaire, Mallarmé, Verlaine, Rimbaud, et tant d’autres découverts lors d’une prime lecture.
Un ouvrage de chevet bien sûr dont ma mémoire a besoin pour y trouver ses repères.
« J’aime le jeu, l’amour, les livres, la musique,
La ville et la campagne, enfin tout ; il n’est rien
Qui ne me soit souverain bien
Jusqu’au sombre plaisir d’un cœur mélancolique.
Jean de La Fontaine


L'amour, la solitude
L'amour, la solitude
par Charles Juliet
Edition : Poche
Prix : EUR 4,85

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un excellent petit vade-mecum., 13 décembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'amour, la solitude (Poche)
L’amour la solitude/André Comte-Sponville
L’auteur n’est plus à présenter, tant ses écrits ont connu de succès mérité d’ailleurs.
Comme d’habitude ACS aime bien que soit parfaitement défini le sujet, et en premier lieu la philosophie.
« La philosophie est une pratique discursive qui a la vie pour objet, la raison pour moyen, et le bonheur pour but. »
Je trouve cette définition assez bonne, mais cela n’enlève rien au fait que la philosophie est beaucoup plus que cela.
Et d’abord le bonheur est –il vraiment le seul but de la philosophie ? De plus on peut parfaitement être heureux sans philosopher ! De même qu’on peut philosopher sans être heureux !
On peut dire plus simplement sous forme d’aphorisme que philosopher, c’est penser sa vie et vivre sa pensée.
Étymologiquement, la philosophie est la l’amour de la sagesse. Et ce pour la santé de l’âme comme disait Épicure.
Ensuite, ACS aborde les rapports entre l’individu et la société : pour lui le respect d’autrui est une valeur sociale fondamentale. Hélas elle se perd…
Et la nature de l’homme : l’humanité est-elle dominée par sa nature biologique ou sa nature historique ? Opposition entre le corps et l’esprit !
Antagonisme entre peuple et foule : « le peuple s’est donné les tribunaux, les scrutins ; la foule ne sait que lyncher ou acclamer ». Ce raccourci recèle une certaine vérité que ACS nous explique.
Et puis ACS nous fait part d’une manière assez provocatrice de son dédain d’une certaine littérature et notamment du roman. Et même de beaucoup d’écrits philosophiques.
« Tu veux la vérité ? La philosophie n’a aucune importance. Les romans n’ont aucune importance. Il n’y a que l’amitié qui compte ; il n’ y a que l’amour qui compte. Disons mieux : il n’y a que l’amour et la solitude qui comptent. »
« La vraie vie, ce n’est pas la littérature. »
« Toutes les bibliothèques se ressemblent : ce ne sont que des morts verticalement serrés ! »
ACS se fait là iconoclaste.
Ne pas confondre solitude et isolement. On peut très bien ressentir la solitude au milieu d’une foule.
Avec une certaine poésie, ACS nous parle de choses graves et complexes.
Quoique athée, il fait référence souvent à Jésus et Bouddha. Spinoza reste son philosophe préféré, celui qui lui parle et qui parle de la vraie vie. Avec Montaigne qui dit : « Pour moi, j’aime la vie. »
Et Mozart incomparable, irremplaçable…et le vent doux qui bruit dans les frondaisons…et le quintette en ut de Schubert… et le piano de Dinu Lipatti. Et l’amour… La vie, la voilà !
ACS aime plus la vie, la vraie vie que la philosophie. Il le montre et c’est son credo :
« L’art au service de la vie et non pas la vie au service de l’art. »
Lorsque ACS aborde le thème de l’amour :
« Ce n’est pas la valeur de l’objet aimé qui justifie l’amour, c’est l’amour qui donne à l’objet aimé sa valeur. »
« La passion n’est pas le tout de l’amour et même elle n’en est pas l’essentiel…La vraie question est de savoir s’il faut cesser d’aimer quand on cesse d’être amoureux. »
Mais ne nous berçons pas d’illusion :
« La religion se trompe. L’amour n’est pas plus fort que la mort, pas plus fort que la souffrance, pas plus fort que la haine. »
ACS nous montre que paradoxalement la désespérance engendre le bonheur, la paix, la sagesse : la voie vers le bonheur passe par le renoncement. C’est l’enseignement du Bouddha. Hélas notre vie est souffrance dit encore le Bouddha, car nous ne savons pas nous affranchir des désirs et nous passons notre vie à espérer encore et encore.
Au terme de son livre, l’auteur nous fait part de son sentiment concernant la mort : c’est un chapitre très émouvant, bien senti et qui nous touche tous au plus profond de nous mêmes.
« Avoir peur de la mort, c’est avoir peur de rien…La mort n’est rien, soit, mais nous mourons, et ça, ce n’est pas rien …Philosopher c’est apprendre à vivre, certes, non à mourir. Mais comment vivre heureux sans apprendre à accepter la mort ? »
Une ultime réflexion sur la contingence de l’être, « un abîme dont les religions se nourrissent mais qu’aucune ne saurait abolir », vient clore magnifiquement cette discussion.
Un très bon livre rassemblant trois entretiens avec une romancière, un poète et un philosophe abordant de nombreux thèmes de la vie quotidienne. Pas de métaphysique complexe ni de dissertation fumeuse ou absconse. À lire et relire.


L'inconnue de Peyrolles
L'inconnue de Peyrolles
par Françoise Bourdin
Edition : Poche
Prix : EUR 6,46

3.0 étoiles sur 5 Une lecture bien agréable, mais inquiétante., 11 décembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'inconnue de Peyrolles (Poche)
L’inconnue de Peyrolles/Françoise Bourdin
La quête identitaire de Pascale, jeune médecin spécialiste en pneumologie au CHU de Purpan à Toulouse est remarquablement menée par l’auteur. En effet Françoise Bourdin fait feu de tout bois et dans un style fluide, alerte et agréable, sans prétention, nous emmène de Toulouse à Albi en passant par Gaillac à travers la campagne tarnaise jusqu’à la propriété de Peyrolles qui recèle moult secrets.
Au cours de cette saga au pays des nantis, Pascale, notre héroïne va tenter de démêler l’écheveau des secrets de famille : la passion amoureuse, la mort, le terroir et la bonne chair en guise de viatique pour avancer dans ce labyrinthe sont là pour épicer cette recherche.
Connaissons-nous toujours bien nos proches ? C’est la question. Quels secrets cèlent-ils ?
Au chapitre des critiques, quelques dialogues un peu convenus, par moment un manque de profondeur dans la psychologie des personnages. Et puis ni le Tarn ni l’Agout ne sont des fleuves… Mais c’est un détail.
Une bonne lecture pour se détendre, encore que cette histoire puisse semer le trouble et le doute chez certains. C’est un peu le but et la tentative de Françoise Bourdin.
Essai transformé.


Concerto Pour Violon N°1 & 2, Scottish Fantaisy Op.46
Concerto Pour Violon N°1 & 2, Scottish Fantaisy Op.46

5.0 étoiles sur 5 Une référence !, 10 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Concerto Pour Violon N°1 & 2, Scottish Fantaisy Op.46 (CD)
Max Bruch/Concerto pour violon N°1 opus 26 et N°2 opus 44/Scottish Fantasy opus 46/Jasha HEIFETZ/London Symphony Orchestra/
D’une très grande richesse mélodique, le concerto N°1 en sol mineur fut composé entre 1864 et 1866. Il fait partie des grands concertos romantiques que les violonistes aiment jouer au même titre que celui de Beethoven et celui de Brahms. Très apprécié du public, il requiert une très grande virtuosité notamment dans le dernier mouvement pour mettre en valeur toute sa richesse. D’un phrasé large et plein d’un souffle lyrique d’une grande noblesse, il culmine avec un adagio d’une intensité incomparable. Un des sommets de l’art violonistique.
Le concerto N°2 en ré mineur, composé en 1878 et dédié au grand violoniste espagnol Pablo de Sarasate est moins connu, mais pourtant tout aussi magnifique, notamment l’adagio ma non troppo initial.
Jascha Heifetz, roi du violon, fut en son temps sans rival. Sa très longue carrière lui permit d’enregistrer énormément d’œuvres couvrant un vaste répertoire.
Né en 1901 en Lithuanie, il fut un enfant prodige et donna ses premiers concerts à Saint Pétersbourg en 1911 puis en 1912 à Berlin. En 1917, il fit sensation à New York et une carrière prodigieuse commençait. D’une technique époustouflante, il enthousiasma les foules et les louanges furent unanimes.
Il obtint la nationalité américaine en 1925.
Il est mort en 1987 à Los Angeles.
Il possédait deux violons, un Stradivarius de 1731 et un Guarneri del Gesu de 1742, son préféré.
Un CD référence aujourd’hui difficile à trouver. Je le cache jalousement après chaque écoute.


Schumann : Concerto pour piano - Concerto pour violon
Schumann : Concerto pour piano - Concerto pour violon
Prix : EUR 14,69

5.0 étoiles sur 5 Deux œuvres riches alliant virtuosité et romantisme., 8 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schumann : Concerto pour piano - Concerto pour violon (CD)
Schumann : Concerto pour piano opus 54/Concerto pour violon en ré mineur/ M. Argerich/ G. Kremer/N.Harnoncourt
Ce concerto pour piano a connu une destinée particulière : en effet le premier mouvement constitua un temps le corps d’une Fantaisie pour piano et orchestre qui fut créée en 1841 avec Clara Schumann au piano et Mendelssohn à la baguette. Le peu de succès de l’œuvre amena Schumann à la remanier en y ajoutant deux mouvements pour en faire ce célèbre concerto.
On notera la fougue et le romantisme qui caractérisent ce concerto, le seul que Schumann ait écrit. De très belles mélodies ponctuent cette œuvre dont l’interprétation requiert du soliste des qualités particulières de toucher et de mise en valeur de la mélodie : cela est particulièrement net dans l’intermezzo tendre et intime d’un lyrisme prenant qui émane d’ailleurs de tout le concerto.
Le concerto pour violon moins connu est resté longtemps aux oubliettes. On le disait injouable. Il a fallu attendre 1936 pour qu’ait lieu la première interprétation, le tempo du dernier mouvement ayant été aménagé en polonaise pour le rendre jouable.
Magnifique prestation de Martha Argerich puis de Gidon Kremer dirigés par le grand Nikolaus Harnoncourt.


Au revoir là-haut - Prix Goncourt 2013
Au revoir là-haut - Prix Goncourt 2013
par Pierre Lemaitre
Edition : Broché
Prix : EUR 21,38

1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Se lit bien et sans effort., 6 décembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Au revoir là-haut - Prix Goncourt 2013 (Broché)
Au revoir là-haut. (Pierre Lemaître) /Prix Goncourt 2013
Nous sommes aux premiers jours de novembre 1918. Albert Maillard dans sa tranchée vit les derniers jours de la Grande Guerre. Il se dit alors :
« Mourir le dernier, c’est comme mourir le premier, rien de plus con ! »
Son collègue Édouard Péricourt vient d’être gravement blessé à la jambe.
Un obus explose tout près : Albert se retrouve enseveli et voit venir la mort. Il se remémore l’attitude criminelle du lieutenant Aulnay-Pradelle à l’égard de deux soldats et de lui-même. Ce qui fera dire à certains :
« Le véritable danger pour le militaire, ce n’est pas l’ennemi, mais la hiérarchie. »
Mais l’histoire bien sûr ne s’arrête pas là. De rebondissements en surprises de toutes sortes, le lecteur est pris par cette histoire incroyable qui va voir le soldat Péricourt, grièvement défiguré, prendre l’identité d’un mort pour se cacher de sa famille.
Je ne peux en dire plus sans déflorer l’attrait de l’intrigue qui est passionnante et extrêmement originale.
Péricourt est un personnage complexe, doué d’un incroyable talent pour le dessin, un talent inné. Avec Albert, il est le personnage clé de ce récit. Albert qui va revenir de chez les morts ! S’alliant avec Edouard Péricourt, il va pour survivre monter une arnaque aux monuments aux morts qui eut d’ailleurs vraiment lieu au cours de l’année 1922.
Avec un certain talent, Pierre Lemaitre nous fait revivre aussi la période trouble qui suit l’armistice et celle de la démobilisation au début de 1919.
« C’est un truc saisonnier, le sens du devoir. Par exemple, depuis l’armistice, c’était une denrée plus fréquente qu’avant. »
La technique narrative est bien mise au point par l’auteur qui nous annonce une catastrophe et fait languir son lecteur avant de lui conter les faits tels qu’ils se sont réellement passés.
Comme bémol, je citerai une absence parfois de concordance des temps dans la narration, ainsi que quelques libertés avec le style, très neutre, qui rappellent certains auteurs à succès trop facile.
Cela dit, le récit reste bouleversant saisissant et déchirant, d’une grande intensité dramatique au regard du dénuement des hommes au sortir de la guerre. Une très belle histoire parfaitement originale.
J’ai lu ce roman avec plaisir même si ce n’est pas un chef d’œuvre.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 25, 2013 12:36 AM CET


Blanche-neige musique de mahler
Blanche-neige musique de mahler
DVD ~ Ballet Preljocaj

5.0 étoiles sur 5 inoubliable moment de danse moderne., 3 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blanche-neige musique de mahler (DVD)
Blanche neige/Angelin Preljocaj/DVD
Ce ballet de danse contemporaine créé en 2008 vous fait passer un moment inoubliable grâce à l’art inventif et magnifique de Angelin Prejlocaj, chorégraphe français.
Inspiré très librement du conte des frères Grimm interprété selon un vision œdipienne faite par Bruno Bettelheim, ce ballet offre la vedette à la danseuse japonaise Nagisa Shirai née en 1981. Modernité et romantisme se conjuguent pour offrir un spectacle complet.
Les costumes ont été conçus par J.P.Gaultier dont le talent n’est plus à prouver.
26 danseurs évoluent durant 90 minutes pour notre plaisir sur une magnifique musique de Mahler.
Vraiment inoubliable.


Concertos pour piano n°2 et n°4
Concertos pour piano n°2 et n°4

5.0 étoiles sur 5 Deux concertos inoubliables, 2 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Concertos pour piano n°2 et n°4 (CD)
Saint-Saëns/Concertos pour piano N°2 et 4/Duchable/Lombard/Erato
Le concerto N°2 en sol mineur opus 22 fut composé en 1868. Après un andante initial plutôt romantique qui rappelle les compositions pour orgue telles les préludes de Bach, vient un scherzo enjoué puis un final de type tarentelle requérant une grande virtuosité. C’est le concerto le plus connu de Saint Saëns. Il séduisit totalement Franz Liszt en 1868 présent lors de la création en raison de l’immense virtuosité que nécessite cette œuvre que F.R. Duchâble nous restitue avec brio. Émotion et puissance caractérisent ce concerto jusqu’au final haletant et tourbillonnant.
Le concerto N°4 en ut mineur opus 44 est en quatre mouvement non séparés répartis en deux parties, allegro moderato et allegro vivace . Le piano et l’orchestre dialoguent en continu avec beaucoup d’élégance et d’équilibre. De cette architecture relativement complexe se dégage une musique très expressive jusqu’à la dramatisation finale.
Deux œuvres majeures à écouter sans réserve.


Le maître des âmes
Le maître des âmes
par Irène Némirovsky
Edition : Broché
Prix : EUR 7,51

5.0 étoiles sur 5 Avec ma gueule de métèque..., 1 décembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le maître des âmes (Broché)
Le Maître des Âmes/Irène Némirovsky
Irène Némirovsky est une romancière russe d’origine ukrainienne de langue française née en 1903 à Kiev. Émigrée en France à la révolution de 1917, elle est morte en 1942 à Auschwitz.
Elle est le seul écrivain à avoir obtenu le prix Renaudot à titre posthume pour son roman « Suite française ».
Dans l’excellent roman qu’est « Le Maître des Âmes », d’une belle écriture, elle analyse la société de son époque au travers de portraits bien campés et charismatiques.
L’ambigüité de ses personnages, de par leurs traits très humains avec forces et faiblesses crée une ambiance âpre, sombre et tendue du début à la fin du roman. Une belle galerie de personnages !
Dario Asfar, avant de devenir « le maître des âmes » est un petit médicastre juif, étranger venu de l’est méditerranéen, avatar de toute une lignée d’affamés, et obsédé par l’argent et l’enrichissement qui lui semblent le seul moyen de s’élever dans cette société légère aux regards critiques soupçonneux et acerbes, parfois racistes. Avide de respect, de conquête de jeunes corps et d’aisance, son appétit d’une carrière honorable le conduit à tous les extrêmes. Affamé d’honneur, d’estime et de compréhension, Dario va tout tenter pour ne plus être l’exilé que l’on méprise, le dit métèque que l’on dédaigne.
La vanité de Dario éclate à tous les chapitres ainsi que son inquiétude inapaisable et son regard affamé. Mais aussi sa lucidité :
« Le seul avenir pour moi, c’est celui de charlatan, qui cultivera les vices et les maladies des riches comme on ensemence un champ ; voici qu’avec tous mes efforts, mes peines et mes rêves, j’en suis une fois de plus à mendier, à m’abaisser, à attendre la charité comme autrefois ! »
Son statut va plusieurs fois passer de celui de charlatan à celui d’idole venu d’ailleurs.
En fait on en vient à se demander si le médecin n’est pas lui aussi malade !
Autre personnage étrange : Wardes, le riche industriel, le joueur impénitent pour qui le jeu est à la fois une nécessité publicitaire et une tyrannique habitude, rongé par l’insomnie, totalement assujetti à Dario son médecin qui est en quelque sorte le baume et le vulnéraire indispensable à l’apaisement de sa souffrance. Abandonné par son épouse Sylvie, belle femme troublante, icône virginale d’un Occident consolateur, fantasme que Dario admire et convoite, il va rencontrer Elinor, une veuve volage, femme froide reconvertie et rompue aux affaires, qui va gérer sa fortune quand son internement sera effectif.
Clara la femme de Dario, une épouse exemplaire toujours aimante quoique trompée par son mari, se contente de la tendresse de celui-ci.
Daniel, le fils de Clara et Dario, n’aime pas son père et il le lui dit en face ; le malaise entre le père qui aime son fils et le fils perdure et l’affrontement final est pathétique au bord du lit de Clara défunte quand Dario s’écrie :
« Tu me blesses, tu me déchires, mais s’il le fallait, je recommencerais ce que j’ai fait, je tromperais et je trahirais, je volerais et je mentirais, si je pouvais te procurer un morceau de pain, une vie plus douce, et cette vertu qui m’écrase. »
Dario a-t-il comme Faust vendu son âme au diable ? On se fera son idée au terme de cette lecture édifiante montrant les modes et le rôle des rumeurs dans le monde des riches conformistes.
Par ailleurs, on peut penser à juste titre que ce roman fait en filigrane une critique discrète de la psychanalyse freudienne, « spectre de l’envoûtement judéo-germanique ».
Pour la petite histoire, il est curieux de préciser que le personnage prédateur et joueur compulsif de Wardes a été inspiré à Irène Némirovsky par la personnalité de Bernard Grasset son fervent éditeur et de André Citroën.
On peut voir aussi dans ce roman une satire du mépris bourgeois français pour l’étranger, son arrogance et sa duplicité, I.N. en ayant elle-même souffert.
Elle qui écrit en 1941 :
« Oui, vous tous, qui me méprisez, riches Français, heureux français, ce que je voulais, c'était votre culture, votre morale, vos vertus, tout ce qui est plus haut que moi, différent de la boue où je suis né! »
Un magnifique roman.


Violin Concerto / En Saga / Serenade for Violin
Violin Concerto / En Saga / Serenade for Violin
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 25,95

5.0 étoiles sur 5 Cette musiques qui venait du Nord !, 29 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Violin Concerto / En Saga / Serenade for Violin (CD)
Jean SIBELIUS (1865-1957)/Concerto pour violon/Serenade pour violon/En Saga
Julian Rachlin/Lorin Maazel
Avec la Valse Triste, le concerto est l’œuvre la plus célèbre de Sibelius.
Jean Sibelius d’abord jeune pianiste vint plus tard au violon qui fut sa passion sans qu’il puisse jamais devenir un grand violoniste virtuose en raison de l’âge tardif auquel il s’y consacra.
La grande difficulté technique et l’ambiance du concerto pour violon a toujours fasciné les violonistes non seulement pour l’art mais aussi pour le romantisme qui émane de cette œuvre magnifique. On y sent la solitude, la nostalgie, l’air vivifiant des forêts et des lacs finlandais.
Ce concerto fut composé en 1903 et la première jouée à Helsinki en 1904.
Après un premier mouvement allegro de 17 minutes qui représente la moitié de l’œuvre, vient un adagio très expressif, suivi d’un allegro final évoquant une danse nordique.
Personnellement, j’ai une passion particulière pour la Sérénade et En saga.
Écoutez et réécoutez En Saga : vous entendrez le vent souffler dans les hautes cimes et la forêt vibrer de milles vies discrètes. Sublime poème symphonique.


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