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Contenu rédigé par Gerard Müller
Classement des meilleurs critiques: 75
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Commentaires écrits par
Gerard Müller "médicactus" (Nouvelle Caledonie)
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Ce qui reste de nos vies
Ce qui reste de nos vies
par Zeruya Shalev
Edition : Broché
Prix : EUR 22,90

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un roman déprimant., 2 février 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ce qui reste de nos vies (Broché)
Ce qui reste de nos vies /Zeruya Shalev
Hemda Horowitch, la mère de Dina et Avner, est à l’hôpital à Jérusalem à la suite d’un malaise.
Hemda est une vieille femme qui n’a pas aimé Alik son mari, une enseignante qui n’a jamais aimé enseigner, une mère qui n’a jamais su élever ses enfants. Elle est née au kibboutz qu’elle finira par quitter après un mariage sans amour.
Le couple Dina-Amos, qui a une fille Nitzane, bat de l’aile depuis un certain voyage à Venise. Dina, professeur d’histoire médiévale a 46 ans, et songe que sa vie est devenue un terne engrenage et qu’elle a eu tort d’accepter dès le départ ce qu’elle n’aurait jamais dû accepter de la part d’Amos, photographe professionnel, qui ne sait détacher son regard des corps des femmes qu’ils croisent.
Par ailleurs Dina souhaiterait de façon obsessionnelle avoir encore un enfant mais Amos fait la sourde oreille. Se voyant vieillir, elle est prête à recourir à l’adoption au grand dam de sa fille et de son mari. Elle n’ignore pas que l’adoption, c’est un pari à hauts risques, qui ne peut s’envisager qu’avec énormément de soutien et de détermination. La cassure du couple menace ainsi que l’éloignement de Nitzane. Sera-ce un motif de séparation entre Dina et Amos ?
« Ce n’est pas parce qu’un enfant est en manque d’affection qu’il s’abandonnera à l’amour que vous avez pour lui, au contraire, il n’a pas l’habitude d’être aimé et n‘y voit qu’une menace. »
Avner, le frère de Dina, marié à Salomé, est avocat, défenseur des pauvres et des déshérités et notamment des Bédouins, ces tribus en voie de disparition, ces âmes libres du désert, fiers nomades que l’état israélien veut sédentariser et qui sont à présent réduits à ramasser les ordures aux abords des villes.
Avner et Salomé s’éloignent peu à peu l’un de l’autre et s’accrochent pour un rien. Ils ont deux enfants.
Lors d’une visite à sa mère à l’hôpital, Avner est ébloui par une femme au chemisier rouge, qui se tient aux côtés du malade voisin, son amant. Une relation curieuse va s’établir entre Avner et Talya.
Ce roman qui mêle le passé et le présent, est écrit dans un très beau style précis et puissant. Quoiqu’un peu pesant et alourdi par les retours dans le passé.
Il nous met en lumière les conflits, les blessures et les frustrations qui peuvent naître dans les relations entre parents et enfants et entre mari et femme.

Alternent des chapitres concernant le passé de Hemda lorsqu’elle habitait encore au kibboutz au pied du mont Hermon en Haute Galilée et d’autres se rapportant soit au couple Dina/Amos soit Salomé/Avner. Des couples ballottés par les aléas de la vie, et qui connaissent les problèmes de milliers de couples de par le monde.
La construction est complexe et parfois désordonnée à mon sens. Un évident éparpillement des thèmes entraine un manque d’unité et de lien entre les situations.
Les très longues phrases (d’une page souvent) ne sont pas de nature à faciliter la lecture surtout quand dans la même phrase deux époques ou deux sujets différents sont évoqués, induisant parfois une distorsion dans la chronologie de la narration.
Une certaine monotonie et morosité se dégagent du récit, dues sans doute à l’usage du présent de l’indicatif. La lecture est même déprimante.
J’ai noté une ou deux fautes de français dans la traduction. Coquille ou non ?
D’autre part lorsque débute un nouveau chapitre, il est parfois difficile de savoir de qui il s’agit car les noms ne sont pas toujours précisés et ce n’est qu’au bout de une ou deux pages que l’on sait qui est concerné.
En définitive, un roman sérieux mais avec quelques imperfections.


Poèmes antiques et modernes - Les Destinées
Poèmes antiques et modernes - Les Destinées
par Alfred de Vigny
Edition : Poche
Prix : EUR 8,60

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un de nos plus grands poètes., 1 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Poèmes antiques et modernes - Les Destinées (Poche)
Alfred de Vigny/Poèmes antiques et modernes/Les Destinées.
Alfred de Vigny est né à Loches en Touraine en 1797, mais a vécu presque toute sa vie à Paris où il mourra en 1863.
De famille noble il se verra inculqué par ses parents le culte des armes et de l’honneur et le mépris de l’Empire.
Marié en 1825 à une jeune anglaise, il s’installe à Pau, une fois réformé de l’armée et se consacre à l’écriture : c’est l’époque des Poèmes antiques et modernes.
Ce n’est que plus tard vers 1838 une fois revenu à Paris qu’il écrit ses grands poèmes comme La Mort du Loup, Le Mont des Oliviers, La Maison du Berger.
Les Destinées comprennent des poèmes écrits après 1843 qui furent rassemblés après sa mort par son exécuteur testamentaire en 1864.
S’il fut un merveilleux prosateur, il fut avant tout un grand poète, un poète singulier et irremplaçable.
Les Poèmes Antiques et Modernes laissent transparaître un nette influence de Chateaubriand, Chénier et Byron. On y trouve toutefois des chefs d’œuvre comme Le Cor, Moïse, ou La Fille de Jephté. Ces œuvres mettent en scène une pensée philosophique sous forme épique ou dramatique.
Extrait des « Amants de Montmorency » :
Ils passèrent deux jours d’amour et d’harmonie,
De chants et de baisers, de voix, de lèvre unie,
De regards confondus, de soupirs bienheureux,
Qui furent deux moments et deux siècles pour eux.
Les Destinées traduisent une poésie encore plus intimiste, moins déclamatoire, sans pour cela verser dans le lyrisme indiscret.
La Mort du Loup par exemple traduit la volonté de Vigny de rester libre quitte à connaître la solitude : il vient de perdre sa mère et de rompre avec sa maitresse Marie Dorval.
Extraits de « La Mort du Loup » :
Le Loup vient et s’assied, les deux jambes dressées,
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s’est jugé perdu, puisqu’il était surpris.
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris,
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante,
Et n’a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu, qui traversaient sa chair,
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,

Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri. »
Le poème « Le Mont des Oliviers » traduit quant à lui l’angoisse religieuse de Vigny.
Extrait :
« Alors il était nuit, et Jésus marchait seul,
Vêtu de blanc ainsi qu’un mort de son linceul :
Les disciples dormaient au pied de la colline,
Parmi les oliviers, qu’un vent sinistre incline. »
Enfin « La Maison du Berger » traduit un espoir de progrès et de bonheur, l’Homme se confiant à la Nature et à la Femme.
Extrait :
Si ton cœur, gémissant du poids de notre vie,
Se traine et se débat comme un aigle blessé,
Portant comme le mien, sur son aile asservie,
Tout un monde fatal, écrasant et glacé ;
S’il ne bat qu’en saignant par sa plaie immortelle,
S’il ne voit plus l’amour, son étoile fidèle,
Éclairer pour lui seul l’horizon effacé.
En appendice, on peut découvrir d’autres poésies de Vigny : Héléna par exemple, composé de plusieurs chants d’une grande beauté.
« Regardez, c’est la Grèce ; ô regardez !c’est elle !
Salut reine des Arts ! Salut, Grèce immortelle ! »
Un livre de chevet de plus !


Quatuors Avec Clarinette N°1 Et N°2
Quatuors Avec Clarinette N°1 Et N°2
Proposé par dodax-online-fr
Prix : EUR 5,05

5.0 étoiles sur 5 Une découverte intéressante., 31 janvier 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Quatuors Avec Clarinette N°1 Et N°2 (CD)
IWAN MÜLLER (1786-1854)/Souvenir de Dobbéran/Quartettes pour clarinette N°1&2
Iwan Müller est un clarinettiste et compositeur né en Estonie à une époque où cet état faisait partie de l’Empire Russe.
Il a très souvent joué en France, à Paris notamment et ses recherches ont aboutit à la clarinette moderne par l’ajout de clefs supplémentaires.
Ce CD offre un éventail très intéressant de pièces pour clarinette qui sont très agréables à écouter. Frédérike Roth, la soliste, fait montre d’une belle technique.
Pour passer un bon moment de musique baroque.


Dictionnaire des mots rares et précieux
Dictionnaire des mots rares et précieux
par Collectif
Edition : Poche
Prix : EUR 8,10

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pour le plaisir., 31 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dictionnaire des mots rares et précieux (Poche)
Dictionnaire des mots rares et précieux.
Amoureux du langage et des mots, lisez et savourez ce petit recueil de mots parfois rarement usités ou tout simplement tomber dans l’oubli, mais qui en tout état de cause montrent la richesse de notre langue. En effet tous ces mots ne sont là en embuscade que pour enrichir notre vocabulaire qui avec les siècles évolue.
Si abstème se dit de quelqu’un qui ne boit pas de vin, adjectif ou substantif, vous pouvez n’en point être et alors si vous êtes un fin goûteur des délices dionysiaques, évitez de tomber sur un vin ginguet, blanc de préférence pour accompagner un godiveau de la plus belle esculence.
Savez vous qu’un aigle qui s’exprime glatit, tandis qu’une cigogne glottore ! Eh oui !
Plongez-vous dans ce petit livre qui recèle des merveilles, outils de savoir et de précision. Pour le plaisir.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 31, 2015 10:21 PM CET


La Maison Tellier
La Maison Tellier
par Guy de Maupassant
Edition : Poche
Prix : EUR 2,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un Maupassant polémique., 29 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Maison Tellier (Poche)
La Maison Tellier/Guy de Maupassant
Madame Tellier tient une maison close, mais pas si close, à Fécamp en Normandie.
Ses clients ou plutôt ceux de ses cinq « filles » sont des habitués : il font partie en quelque sorte de la « famille ».
« La conversation grave de Madame Tellier faisait diversion aux propos sans suite des femmes ; elle était comme un repos dans le badinage polisson des particuliers ventrus qui se livraient chaque soir à cette débauche honnête et médiocre de boire un verre de liqueur en compagnie de filles publiques. »
Et puis un beau jour, la « boutique » est « fermée pour cause de communion » !Les habitués n’en reviennent pas !
Dans cette nouvelle qui en son temps choqua la bonne société, Maupassant fait montre de toute sa verve polémique âpre et sarcastique. On sent son désir d’attaquer la religion ainsi que les préjugés bourgeois.
De façon ironique il considère cette maison comme une véritable institution d’utilité publique, pour une clientèle hantée par des instinct bestiaux, alors que les prostituées lors de la communion, font preuve d’une dévotion sans faille, allant jusqu’à faire se pâmer le curé qui voit l’emprise de Dieu sur cette assemblée en prière, Maupassant allant jusqu’à rendre tout à fait respectables ces filles de joie.
Une nouvelle bien sympathique.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 4, 2015 12:39 PM CET


L'homme qui plantait des arbres
L'homme qui plantait des arbres
par Jean Giono
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une ode à la nature., 29 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme qui plantait des arbres (Broché)
L’homme qui plantait des arbres/Jean Giono
C’est un petit récit merveilleux que tous les amoureux de la nature doivent lire.
Jean Giono est né en 1895 à Manosque et mort en 1970.
Contemplatif et homme de la terre, il est resté toute sa vie attaché viscéralement à cette terre de Haute Provence, crépitant de soleil et de solitude.
Pacifiste et humaniste, il fut emprisonné en 1939 pour antimilitarisme actif.
Qui n’a lu « Regain », « Un de Baumugnes », « Que ma joie demeure » ? Le même message de sympathie cosmique exprimé en une langue saine et naturelle, dépouillée de tout artifice.
Ici, Jean Giono nous conte l’histoire vraie toute simple d’un homme humble et admirable que la vie a brutalement privé de sa femme et de son fils. Il s’exile alors dans les hauts plateaux provençaux et ramasse au cours de ses randonnées avec ses moutons et son chien les glands de chênes qu’il trouve et puis les sélectionne rentré chez lui. Cette rencontre marquera Giono jusqu’à la fin de ses jours.
Chaque jour Elzéard repart avec sa canne, une canne adaptée à la fonction, et plante cent glands. Au bout de trois ans, trente mille arbres sont sortis de terre. Au bout de dix ans, cela fait une immense forêt de trois cent milles arbres…
Un récit étonnant, hélas trop bref. Une leçon de vie inoubliable. Une ode à la nature.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 4, 2015 12:35 PM CET


L'homme qui plantait des arbres
L'homme qui plantait des arbres
par Jean Giono
Edition : Poche
Prix : EUR 6,60

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une ode à la nature., 29 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme qui plantait des arbres (Poche)
L’homme qui plantait des arbres/Jean Giono
C’est un petit récit merveilleux que tous les amoureux de la nature doivent lire.
Jean Giono est né en 1895 à Manosque et mort en 1970.
Contemplatif et homme de la terre, il est resté toute sa vie attaché viscéralement à cette terre de Haute Provence, crépitant de soleil et de solitude.
Pacifiste et humaniste, il fut emprisonné en 1939 pour antimilitarisme actif.
Qui n’a lu « Regain », « Un de Baumugnes », « Que ma joie demeure » ? Le même message de sympathie cosmique exprimé en une langue saine et naturelle, dépouillée de tout artifice.
Ici, Jean Giono nous conte l’histoire vraie toute simple d’un homme humble et admirable que la vie a brutalement privé de sa femme et de son fils. Il s’exile alors dans les hauts plateaux provençaux et ramasse au cours de ses randonnées avec ses moutons et son chien les glands de chênes qu’il trouve et puis les sélectionne rentré chez lui. Cette rencontre marquera Giono jusqu’à la fin de ses jours.
Chaque jour Elzéard repart avec sa canne, une canne adaptée à la fonction, et plante cent glands. Au bout de trois ans, trente mille arbres sont sortis de terre. Au bout de dix ans, cela fait une immense forêt de trois cent milles arbres…
Un récit étonnant, hélas trop bref. Une leçon de vie inoubliable. Une ode à la nature.


L'Evangile de Jimmy
L'Evangile de Jimmy
par Didier Van Cauwelaert
Edition : Broché
Prix : EUR 7,10

4.0 étoiles sur 5 Et si cela était vrai !, 28 janvier 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Evangile de Jimmy (Broché)
L’Évangile de Jimmy/Didier van Cauwelaert
Il s’appelle Jimmy, âgé de 32 ans et vit dans le Connecticut. Il entretient les piscines des riches américains de la région.
Trois messagers de la Maison Blanche viennent lui annoncer qu’il est un clone de Jésus-Christ. Et ils vont lui faire part du grand projet Oméga visant entre autres à faire régner la paix dans le monde. Mais pas seulement…
Un destin messianique lui est proposé avec conviction pour ne pas dire avec force, alors que lui, Jimmy, pensait plutôt fonder une famille avec une femme et des enfants. Un homme ordinaire en somme.
Cette fiction en fait commence dans les années 90 pour se poursuivre à une époque future où les armes à feu sont interdites et l’obésité punie comme un délit.
Didier van Cauwelaert , un habitué de la question du clonage du Christ à partir des éléments sanguins présents sur le Suaire de Turin, fait montre dans ce roman de fiction de tout son talent pour un récit bien construit, haletant, iconoclaste, cynique et terrifiant dévoilant une intrigue habilement menée pour une histoire passionnante non dépourvue d’humour et d’ironie, d’audace et de drôlerie.
L’auteur prévient en fin d’ouvrage que tout ce qui a rapport au Suaire de Turin est exact, mais bien sûr, ensuite c’est son imagination débridée qui fait le reste. Il nous donne aussi quelques informations scientifiques intéressantes sur le clonage, et sur toutes les reliques attribuées à tort ou à raison à la dépouille du Christ.
Jimmy va se trouver pris dans un engrenage incroyable et comme dans les Évangiles, ce sont les femmes seules qui lui apporteront les moments de bonheur. Trois femmes côtoient Jimmy : Emma une journaliste, Kim une agent de sécurité, et Mme Nespoulos qui est comme une mère bienveillante pour lui.
Jimmy a la foi et la foi c’est de croire sans raison. Mais il s’inquiète quant à son statut : « Je suis un bidouillage médical, un orphelin de synthèse, un OGM. »
Cependant, à force d’être formaté par des équipes de spécialistes, Jimmy en vient à entrer dans la peau du personnage quand il dit : « Si vous avez besoin que je meure pour croire, je mourrai. »
On peut dire que ce très bon roman est aussi une critique de notre société gangrénée par les religions, les sectes, le scientisme, les politiques et tous les marchands du temple .
Le passage narrant le séjour de Jimmy à Lourdes pour sa formation à devenir le Messie est particulièrement savoureux.
Et la rencontre avec le cardinal Fabiani est un moment d’anthologie : « Sous le pontificat de Jean-Paul II, l’Église a publié la liste des fautes qu’elle reconnaissait : les croisades, l’Inquisition, la condamnation de Galilée, les torts infligés aux juifs, aux protestants, aux femmes, les collusions avec la Maffia… »
Jimmy est un héros attachant, humain et son calvaire entrecoupé de bons moments avec Emma et Kim, va durer jusqu’à l’âge fatidique de 33 ans. Et là, le lecteur se demande vraiment ce qui va se passer. Et l’auteur distille des chapitres de plus en plus haletants jusqu‘au dénouement final que je garde secret bien sûr.

Un bon moment de lecture dont les prolongements incitent à la réflexion.


Cent ans de solitude
Cent ans de solitude
par Gabriel Garcia Marquez
Edition : Poche
Prix : EUR 8,10

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Dépaysant et jubilatoire, surprenant et drôle., 27 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cent ans de solitude (Poche)
Cent ans de solitude/Gabriel Garcia Marquez/Prix Nobel de littérature 1982
Après la lecture de ces 440 pages d’une littérature hors norme relatant l’épopée d’une famille et d’un village situé en Colombie, je me dis que Gabriel Garcia Marquez est un écrivain absolument étonnant.
Il est impossible de faire un commentaire succinct de cette saga des Buendia et consorts ; aussi pour bien faire comprendre ce qu’est ce roman inclassable vais-je proposer une manière de florilège du talent de l’auteur après quelques indications concernant la galerie de personnages peu ordinaires de cette saga. Je recommande aux lecteurs de prendre quelques notes dès le départ pour bien suivre la filiation et l’histoire.
José Arcadio Buendia, jeune patriarche, ayant fui le village de Riohacha a créé celui de Macondo de toute pièce avec un groupe de migrants qui l’ont suivi.
Il a épousé Ursula Iguaran, sa cousine, une femme aux nerfs solides, qui lui a donné trois enfants. L’aîné, c’est José Arcadio junior, le cadet Aureliano, la petite dernière Amaranta.
À ce groupe est venu se joindre Pilar Ternera, sans doute une ancienne péripatéticienne cartomancienne diseuse de bonnes aventures avec deux enfants en bas âge, qui va épouser José Arcadio junior et avoir un fils appelé aussi José Arcadio, ou plus simplement Arcadio. Puis un beau jour José Arcadio va disparaître avec les gitans et partir de par le monde.
La belle Rebecca, fille de Nicanor Ulloa et de Rebecca Montiel , originaires de Riohacha, portant avec elle un sac contenant les ossements de ses parents restés sans sépulture, se joint aussi au groupe dont la quiétude va être un temps perturbée par la venue du « corrégidor » Don Apolinar Moscote, lequel en dépit des menaces et du refus de José Arcadio Buendia va néanmoins s’établir avec femme et enfants à Macondo. Mais il reste l’ennemi numéro un de José Arcadio Buendia. Que cela soit bien dit !
Il a 7 filles dont Amparo âgée de 16 ans et Remedios âgée de 9 ans.
Aureliano le poète est fol amoureux de cette petite dernière fillette impubère (qu’il faudra finir d’allaiter disent ses amis Magnifico Vibal et Gerineldo Marquez quand ils se retrouvent au bar magasin de Catarino).
Rebecca, fille de Nicanor sujette à la géophagie depuis sa tendre enfance avec des rechutes lors de contrariétés, quant à elle tombe amoureuse d’un monteur-accordeur de piano mécanique, Pietro Crespi. Mais sa sœur Amaranta elle aussi est secrètement amoureuse de Pietro à en avoir des accès de fièvre insurmontables.
Et puis il y a aussi Melquiades le gitan, sorte de mage prestidigitateur itinérant dont on dit qu’il est mort mais qui réapparait quand on l’attend le moins avec ses daguerréotypes et sa glace dont il fait une curiosité de cirque.
« Malgré son immense savoir et le mystère qui l’entourait, il supportait le poids de l’humaine et terrestre condition qui le faisait s’empêtrer dans les minuscules problèmes de la vie quotidienne. »
« Comme Prudencio Aguilar mort lui à Riohacha, ennemi de José Arcadio, il peut faire des apparitions, revenu d’entre les morts et dialoguer avec José Arcadio !
Jusqu’à ce que notre patriarche devenu fou et ne s’exprimant plus qu’en latin soit ligoté à un arbre pour que la paix revienne au village.
Tout ce microcosme hétéroclite mène une vie assez bizarre, prospérant dans le scandale car obéissant d’une part à ses instincts les plus bas et d’autre part aux lois naturelles sans baptiser les enfants ni sanctifier les jours de fêtes, chacun ayant ses lubies irrépressibles. Et les ténèbres nocturnes voient les morts déambuler dans la maison à partir de la tombée du jour en une ronde effrayante tandis que d’étranges saturnales se déroulent dans les alcôves.
Les repas ont aussi une connotation baroque quand les plats servis comportent du bouillon de lézard et des œufs d’araignées.
Et puis revient ce leitmotiv rappelant qu’un jour, José Arcadio, Aureliano et Arcadio vont se retrouver devant le peloton d’exécution !!
Retour surprise de José Arcadio mari de Pilar, plus fort et plus beau que jamais ayant fait 65 fois le tour du monde… Les femmes se pâment devant ce héros, mâle digne de la mythologie. Entre temps Pilar a eu un enfant avec Aureliano, le petit Aureliano José.
Rebecca, toujours vierge, victime elle aussi du séducteur va succomber au charme dévastateur de José Arcadio :
« Elle dut faire un effort surhumain pour ne pas rendre l’âme quand une force cyclonale la souleva par la taille d’une manière étonnamment régulière, la dépouilla de ses effets intimes en deux temps trois mouvements et l’écartela comme un oisillon. Elle eut le temps de remercier Dieu de l’avoir fait naître avant de s’abandonner inconsciente, au plaisir inouï de cette douleur insupportable, dans le marécage fumant du hamac qui absorbait comme papier buvard l’explosion de son sang. »
Magnifique ! Quel style !
Quant à Arcadio, il ne reconnaît pas son père.
Et puis la guerre civile s’installe avec moult rebondissements au sein du village de Macondo. Cela n’empêche nullement les mariages, de se succéder, alternant avec les exécutions sommaires.
Les années passent et Ursula atteint le siècle d’âge avec autour d’elle enfants, petits enfants et arrières petits enfants et l’arrivée de nouveaux personnages hauts en couleur et tout à fait hors norme. Tous plus farfelus les uns que les autres comme cet arrière petit fils prénommé Aureliano le second qui tapissa la maison de l’intérieur et du dehors et de bas en haut avec des billets de un peso ! »
L’ arrière petite fille Remedios la belle, désignée comme la reine de beauté de Macondo , est un cas : « Elle arriva à l’âge de vingt ans sans savoir lire ni écrire, ni se servir des couverts à table, se promenant par toute la maison dans le plus simple appareil… »
Tout le livre est de la même veine burlesque, picaresque, jubilatoire et pittoresque. Un régal !
Avec la solitude en viatique, chacun vivant replié dans son monde…
Aureliano Buendia, fils d’Ursula, avait coutume de dire dans ce village où les traitres foisonnent, que le meilleur ami, c’est celui qui vient de mourir. Il lui avait fallu par de son côté déclencher trente deux guerres, il lui avait fallu violer tous ses pactes avec la mort, et se vautrer comme un porc dans le fumier de la gloire, pour découvrir avec près de quarante ans de retard tous les privilèges de la simplicité.
Les descendants ne sont pas en reste quand ils se distraient en arrachant les yeux des crapauds avec un sécateur.
Et puis un beau jour le train va desservir Macondo. Et avec lui des étrangers vont débarquer avec toutes sortes d’inventions (phonographe, cinéma etc…) qui font douter les premiers habitants si bien que nul ne sait plus de science certaine où commence et où finit la réalité. Mais sans femme…
« Pour les étrangers qui arrivaient sans amour, certains arrivants transformèrent la rue des caressantes matrones de France en un village encore plus étendu que l’autre, et, par un glorieux mercredi, ils firent venir tout un convoi d’inimaginables putains, femelles babyloniennes rompues à des procédés immémoriaux et pourvues de toutes sortes d’onguents et accessoires pour stimuler les désarmés, dégourdir les timides, assouvir les voraces, exalter les modestes, corriger les amateurs de parties carrées aussi bien que les solitaires. »
Ursula a bientôt 122 ans, aveugle, avec ses arrières arrières petits enfants pour tantôt s’occuper d’elle tantôt la traiter comme un jouet.
Aureliano, arrière arrière petit fils de Pilar Ternera :
« Une nuit, plus chavirée que les autres, il se dénuda dans le petit salon d’accueil et parcourut toute la maison en portant une bouteille de bière en équilibre sur sa prodigieuse virilité. Ce fut lui qui mit à la mode ce genre d’extravagances auxquelles la propriétaire répondait par son éternel sourire, sans protester, sans y ajouter foi, tout comme le jour où German voulut incendier la maison pour prouver qu’elle n’existait pas, ou quand Alfonso tordit le cou au perroquet et le jeta dans la marmite où commençait à bouillir le pot au feu de poule. »
En arrivant à la fin et la décadence de Macondo, comme le bouquet d’un feu d’artifice éclate les amours sauvages et délirantes d’Aureliano et Amaranta Ursula, épouse du belge Gaston, qui sont peut-être frère et sœur :
« Amaranta Ursula se défendait avec sincérité, usant de ruses de femelle experte, embelettant davantage son fuyant et flexible et parfumé corps de belette, tout en essayant de lui couper les reins avec les genoux et de lui scorpionner la figure avec les ongles, mais ni lui ni elle ne laissaient échapper un soupir qu’on ne pût confondre avec la respiration de quelqu’un qui eût contemplé le frugal crépuscule d’avril par la fenêtre ouverte.
Et puis Aureliano découvre l’importance des écrits du mage Melquiades….
Un roman fabuleux et fascinant dans lequel le fantastique côtoie le burlesque à chaque instant avec l’amour en prime.


Le Feu - Journal d'une escouade
Le Feu - Journal d'une escouade
Prix : EUR 2,04

5.0 étoiles sur 5 Un témoignage unique., 23 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Feu - Journal d'une escouade (Format Kindle)
Le Feu /Henri Barbusse
Prix Goncourt 1916, ce témoignage fut vécu dans les tranchées en première ligne des troupes françaises en 1915 dans l’Artois. Barbusse en rédigea le texte final à l’hôpital de Chartres après avoir été blessé au combat. Antimilitariste militant et pacifiste de toujours, il resta néanmoins patriote et quoique réformé pour raison de santé, il s’engagea et fut volontaire pour aller en premières lignes.
Au début du récit, l’auteur, dans un style magnifique, puissant et imagé, décrit le réveil des soldats au petit matin dans une aube grise et humide, et nous fait part de son espoir : « La plaine qui ruisselle, striée de longs canaux parallèles, creusée de trous d’eau, est immense, et ces naufragés qui cherchent à se déterrer d’elle sont une multitude…Mais les trente millions d’esclaves jetés les uns sur les autres par le crime et l’erreur, dans la guerre de la boue, lèvent leurs faces humaines où germe enfin une volonté. L’avenir est dans les mains des esclaves, et on voit bien que le vieux monde sera changé par l’alliance que bâtiront un jour entre eux ceux dont le nombre et la misère sont infinis. » Son idéalisme serait bien déçu de voir où nous en sommes de nos jours.
Des hommes de tous les métiers, venus de tous les horizons, de cultures différentes, citadins et campagnards, de tous les âges se retrouvent dans les tranchées, boyaux boueux et quasi sépulture pour bon nombre d’entre eux. Victimes du froid, de la faim, de la soif, de toutes les privations, ils vont vivre l’enfer face à l’armée allemande et Barbusse miraculeusement va en réchapper.
Et puis le cri de Bertrand compagnon d’armes de Barbusse : « Honte à la gloire militaire, hontes aux armées, honte au métier de soldat, qui change les hommes tour à tour en stupides victimes et en ignobles bourreaux. »
Un témoignage unique, éblouissant et terrible de réalisme sur une guerre que l’oubli guette au fil des 11 novembre qui se succèdent. Neuf millions de morts tout de même ! Pour la patrie !
Ce récit est considéré comme un chef d’œuvre de la littérature mondiale de guerre.


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