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matt
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HERCULE - Combo Blu-ray + DVD
HERCULE - Combo Blu-ray + DVD
DVD ~ Dwayne Johnson
Prix : EUR 25,07

9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un mythe revisité avec générosité et sens du spectacle., 11 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : HERCULE - Combo Blu-ray + DVD (Blu-ray)
Lors de la campagne promotionnelle de « Hercule », Dwayne Johnson clamait haut et fort qu'il était « né pour incarner ce rôle ».
Simple phrase choc ? Mots imposés par l'équipe marketing ? Ou tout simplement ego s'exprimant face au fait de jouer un demi Dieu ?
Rien de tout cela. Car l'ancien catcheur rêvait bel et bien depuis son enfance d'interpréter ce personnage mythologique. Au point de contacter le réalisateur Brett Ratner (« Rush Hour », « X-Men 3 »...), hors de tout processus de casting afin qu'il l'engage. Rapidement enrôlé, The Rock s'est alors fortement impliqué dans le projet, allant jusqu'à choisir en collaboration avec le metteur en scène les autres acteurs et actrices – John Hurt (« Alien »), Joseph Fiennes (« Stalingrad »), Rufus Sewell (« La Légende de Zorro »), etc. Mais aussi en s'imposant un entrainement musculaire intense, et en réalisant des prouesses physiques impressionnantes. Jugez plutôt : lorsqu'il se libère des chaines qui l'entravent, il ne s'agit pas d'effets spéciaux, mais bien d'une performance live ! La scène nécessita huit prises, l'acteur s'étant évanoui sept fois sous l'effort à fournir...

« Hercule » étant l'adaptation d'un roman graphique scénarisé par Steve Moore, nous passerons sur la polémique due au contrat malhonnête qui empêcha l'auteur d'empocher le moindre centime de droit d'auteur, pour nous attacher au film même.

Sa principale qualité, en plus de The Rock, tient au fait que Ratner ait su – et pu – retranscrire en 1h38 l'esprit des péplums populaires d'antan. Héros charismatique et musclé, scénario simple (malgré un twist bluffant), contrées exotiques, combats à grande échelle, monstres et acolytes sympathiques participent à cet effet. Mais sans que jamais pourtant l'ensemble ne se révèle insipide ou idiot.
Tout d'abord, car le réalisateur met le spectateur en permanence dans le doute : Hercule est-il ici, oui ou non, le demi-fils de Zeus ? Certains faits contribuent à nous faire penser que oui, alors que d'autres ne semblent être que des légendes habilement colportées. Ensuite, car les seconds rôles sont réellement attachants, tant par l'humour que par le drame (mention spécial à l'un des amis du héros, rendu muet par les traumatismes qu'il a vécu). Enfin, car les batailles sont d'une générosité et d'un réalisme étonnant pour ce genre de blockbuster : le sang coule abondamment, les cadavres s'amoncellent et sont montrés dans toute leur horreur glaciale et ni les femmes ni les enfants ne sont épargnés. Le cinéaste ne commet donc pas les erreurs de nombre de long métrages à grand spectacle contemporains, en ne cachant rien des dommages que la guerre inflige, tant du côté civil que militaire. Mais paradoxalement, il est parvenu en même temps à me faire revivre le sentiment enthousiasmant éprouvé durant mon enfance, lorsqu'un surhomme jetait à terre, d'un coup titanesque, quatre adversaires d'un coup. Un équilibre fragile, qui est pourtant trouvé ici ! J'ai ainsi rapidement oublié les dialogues plutôt cliché et la relative linéarité du script, pour me laisser entraîner avec un plaisir indéniable dans cette aventure héroïque.

De plus, ne sombrant aucunement dans l'effet de mode qui suivit « Spartacus » et « 300 », avec, d'un côté, des combats dans l'arène (cf « La Légende d'Hercule » de Renny Harlin) et de l'autre, des environnements entièrement numériques, Ratner nous livre un univers hautement crédible.
Les personnages sont couverts de cicatrices, les casques, armures et boucliers sont bosselés, les éclairages intérieurs sont souvent à la chandelle ou à la torche, et la plupart des villes et villages sont sales. Bref, le réalisme est bien là, y compris dans les paysages et dans les décors (beaucoup de ceux-ci ayant été construits « en dur »). Ceci m'a donné le sentiment agréable de me retrouver devant une production non dominée par les logiciels informatiques, d'où un plaisir presque nostalgique qui en est ressorti.
Cet aspect réaliste est enfin rehaussé par les tragédies vécues par Hercule, qui le rendent faillible et hantent sa mémoire. Le personnage s'inscrit donc bien dans la lignée des grands mythes antiques, ce qui prouve à nouveau que le long-métrage n'est pas qu'à destination des adolescents.

Sans user de shaky cam ni de plans surdécoupés, le réalisateur film son histoire avec une ampleur et un sens épique indéniable, en usant avec à-propos des talents du grand directeur de la photographie Dante Spinotti (qui magnifie grâce à l'éclairage certaines séquences – telle celle des geôles), et en enveloppant le tout dans une musique puissante, qu'il est surprenant de voir surgir des partitions de Fernando Velazquez (jusqu'alors plutôt habitué aux films d'horreur : « L'Orphelinat », « Mama »...).

Généreux, intègre et homérique, « Hercule » est donc, de mon point de vue, un film à voir. Film qui constitue de toute évidence le summum de la carrière de Brett Ratner à ce jour, et, probablement, l'un des meilleurs rôles de Dwayne Johnson.


Sharknado
Sharknado
DVD ~ Tara Reid
Prix : EUR 13,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Inénarrable Sharknado..., 26 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sharknado (DVD)
N'y allons pas par quatre chemins : les personnes désirant voir un film sérieux, effrayant ou aux effets spéciaux bluffants apposeront au présent film un zéro pointé, et ne devraient certainement ne pas mettre plus de un euro dans l'achat du dvd/blu-ray – voir ne pas l'acheter du tout. En revanche, les personnes appréciant les nanars en tout genre ne pourront que rire d'un bout à l'autre de ce que l'on pourrait qualifier de ratage complet, et apprécieront chacune des minutes de ce naufrage cinématographique.

En effet, rien n'est réussi dans Sharknado ! Au hasard et pêlemêle : les acteurs surjouent en permanence, les effets spéciaux - à l'exception notoire d'un bras arraché - sont tous intégralement ratés, les répliques sont pathétiques, les scènes d'action totalement improbables (mais pourquoi le héros décide t-il de descendre en rappel d'un pont pour aller examiner un bus semblant vide ?? Et comment peut-il avoir avec lui du matériel d'alpinisme, alors qu'il est barman à Los Angeles ?...). Notons de plus que la production ne se donne même pas la peine de donner un minimum de crédibilité à des séquences pourtant on ne peut plus basiques : pour exemple, lorsque les protagonistes principaux sont en voiture, le bruit du moteur n'a pas été ajouté en post-production, et derrière toutes les vitres se trouve un écran blanc. Le personnage principal conduit-il ? Est-il à l'arrêt ? Où va t-il ? Des questions que l'on finit vite par arrêter de se poser devant cette belle pitrerie, le seul élément notoire de ces scènes de conduite étant les baquets d'eau qu'un stagiaire déverse à intervalle régulier sur le véhicule...
Comment également ne pas notifier ici l'épique moment où un vieil ivrogne brise la vitre d'une autre voiture en la heurtant mollement avec le coussinet d'un tabouret de bar ? Ou encore lorsque notre héros de surfeur hurle « Sortez de l'eau ! »... alors qu'il est le seul avec son ami à y s'y trouver.
De tels passages sont légions dans Sharknado, jusqu'à un final dont je ne dirai rien afin de ne pas gâcher le sentiment d'abberation qui vous habitera alors !

Produit par la chaîne télévisée Syfy pour un petit million de dollars, ce long-métrage a cependant vite vu le succès lui sourire du fait de son humour involontaire, au point d'avoir droit à une sortie en salle aux USA.
A vous de juger maintenant de cet étalon du navet, qui parvient à montrer en 1h30 toutes les erreurs à ne pas commettre en réalisant un film ! Un véritable sommet du genre.


La Planète des Singes : L'Affrontement [Blu-ray]
La Planète des Singes : L'Affrontement [Blu-ray]
DVD ~ Andy Serkis
Prix : EUR 24,99

8 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une réussite majeure., 14 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Planète des Singes : L'Affrontement [Blu-ray] (Blu-ray)
Parvenir à pratiquement se hisser, qualitativement parlant, au niveau de « La Planète des Singes » de 1968 : voilà ce à quoi parvient « La Planète des Singes : L'affrontement, » huitième volet de la prolifique saga.

A l'origine de ce classique en devenir, Matt Reeves, fan incontesté de cet univers post-apocalyptique et déjà réalisateur d'un film où l'humain perdait de sa suprématie : « Cloverfield ». S'étant assis sur le siège de réalisateur laissé par Rupert Wyatt (qui refusa d'aller plus en avant pour cause de temps de tournage trop réduit par la production), Reeves parvint à imposer ses vues à la Twenty Century Fox : ne pas situer l'action dans un futur trop lointain, et prendre le temps de développer les étapes de la naissance de la civilisation simiesque.
Force est de constater que le résultat final est à la hauteur, voir dépasse, les espérances les plus téméraires.

Faux remake de « La Bataille de la Planète des Singes », le film se situe huit ans après « Les Origines ». Les singes et les humains vivent dans l'ignorance l'un de l'autre, ne sachant s'il existe des survivants de l'autre race. Chacun tente bâtir son univers sur une Terre revenue à l'état sauvage, jusqu'au jour ou une rencontre imprévue à lieu...

Techniquement parfait, « L'affrontement » offre les effets de motion capture (dit « mocap ») les plus élaborés qu'il nous ait été donné de voir. Avec, en fer de lance, la performance hallucinante d'Andy Serkis en César, l'acteur prouvant une nouvelle fois qu'il est le maître incontesté de ce domaine des effets spéciaux (rappelons qu'il a déjà incarné King Kong, le Capitaine Haddock, Godzilla et Gollum). Jamais des singes n'avaient été ainsi représentés si parfaitement à l'écran, le tournage presque intégral en environnement naturel ajoutant au sentiment d'immersion dans l'existence de nos proches cousins – devenus ici, par un malheureux concours de circonstance, nos plus impitoyables ennemis.

Mais ce qui frappe avant tout dans ce long-métrage, ce qui fait sa force et sa singularité, c'est son scénario. Car oui, contrairement à la majorité des blockbusters actuels qui se contentent d'une mince et souvent plate intrigue, prétexte à des effets spéciaux à la limite de l'overdose, ce « Planète des Singes » propose un canevas scénaristique brillant ! Pour preuve, le film réussit le tour de force de nous faire oublier que nous sommes en train de regarder une simple fiction, pour nous immerger corps et bien dans son histoire. Et ce, sans s'appuyer sur des stars mondiales (la majorité du casting, parfait soit dit en passant, ne dira rien au grand public), ni sur des débordements pyrotechniques. Le jeu des acteurs et actrices (singes y compris) y est évidemment pour quelque chose, de même que le tournage dans des forêts moussues aux pluies glaciales. Mais avant tout, c'est le message intrinsèque qui fait mouche, et ne peut que tous nous toucher.

Tout d'abord, Matt Reeves développe avec talent et en prenant le temps nécessaire à une exposition claire mais jamais niaise, chacune des deux civilisations. Celle en devenir des primates, qui tente de se construire sans répéter les erreurs des humains, et celle des hommes, qui cherche à maintenir l'étincelle d'humanité qui lui reste. Chacune, au final, cherchant à survivre. Puis, à la suite de la rencontre entre les deux races, de nombreux thèmes sont abordés et approfondis (chose suffisamment rare de nos jours dans un film de cette ampleur pour mériter d'être soulignée !). Sans trop en dévoiler, l'empathie peut être considérée comme la thématique centrale, avec en parallèle de multiples réflexions sur la famille, la confiance, l'ignorance ou encore la peur d'autrui.

Cependant, ce qui frappe dans « L'affrontement » est l'absence de méchant tout désigné. Chaque personnage appuie ainsi ses actes sur son expérience antérieure, bonne ou mauvaise. Et nous place donc dans une position ambivalente : qui aimer, et qui détester ? Sans jamais nous donner de réponse préfabriquée, mais nous laissant au contraire le soin de nous forger notre propre opinion, le réalisateur ne prend jamais le spectateur pour un imbécile. Par exemple, pour développer la psychologie de ses protagonistes et mettre en place les relations complexes qui s'instaurent entre eux, ce dernier privilégie régulièrement aux dialogues (qui sonnent d'ailleurs toujours justes) des moments de silence, où les regards et les corps peuvent s'exprimer dans toute leur finesse. Ici, une vieille photo ou des yeux embués en apprennent souvent plus qu'une longue tirade. Reeves a bien compris le pouvoir du non-dit, l'utilisant à bon escient et le rehaussant par un montage exemplaire et des prises de vue splendides.

Cerise sur le gâteau, s'ajoutent à toutes ces qualités des visions pour la plupart inoubliables : un assaut nocturne totalement immersif (et montrant bien mieux l'horreur des conflits que la plupart des films de guerre actuels), un cavalier simiesque chevauchant sa noire monture au ralenti devant un mur de feu, une cité qui aurait eu sa place sur l'île du Crâne de King Kong, et j'en passe, tant le long-métrage en regorge.

Se concluant par une fin au goût de cendre, « La Planète des Singes : L'affrontement » acquiert enfin une curieuse mise en abîme à l'heure du sanglant conflit Israëlo-Palestinien. Et prouve par la même que son message est bel et bien universel et intemporel, gage d'une œuvre intelligente et fine, aussi bien écrite que jouée et réalisée.

Malgré quelques petits raccourcis aisément pardonnables et un titre français peu adéquat (le titre original, bien plus évocateur, étant « L'aube de la Planète des Singes »), le long-métrage peut donc se targuer de s'élever à un niveau qualitatif qui n'avait pas été atteint depuis 1968 au sein de cette saga. Et mérite à ce titre de faire entendre, par moments, les quelques notes du thème musical du classique de Schaffner.

Gageons que la suite soit d'aussi haute volée, la réalisation - et cette fois-ci le script - étant remis entre les bonnes mains de Matt Reeves !


Transformers: l'âge de l'extinction [Combo Blu-ray 3D + Blu-ray + DVD]
Transformers: l'âge de l'extinction [Combo Blu-ray 3D + Blu-ray + DVD]
DVD ~ Marc Wahlberg
Prix : EUR 25,99

20 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 L'apothéose de la carrière de Michael Bay ?, 20 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Transformers: l'âge de l'extinction [Combo Blu-ray 3D + Blu-ray + DVD] (Blu-ray)
Suite au semi-échec du pourtant excellent No Pain No Gain (qui, au regard de la filmographie de Michael Bay, pourrait presque passer pour un film d'auteur !), le réalisateur de Bad Boys renoue avec sa lucrative et explosive franchise : Transformers.

Faisant suite au troisième volet (et non pas reboot comme il l'avait été un temps annoncé), L'Âge de l'Extinction se déroule cinq ans après la bataille de Chicago. Les Autobots n'ont désormais plus la grâce du gouvernement américain et sont traqués sans pitié. Pourtant, les périls qui menacent de s'abattre sur la Terre les feront à nouveau sortir de l'ombre, accompagnés cette fois-ci par un inventeur raté, sa fille et son petit ami.

Premier opus de ce qui s'annonce comme une nouvelle trilogie consacrée aux jouets Hasbro, le film met en scène de tout nouveaux personnages humains. Mark Wahlberg incarne ainsi l'inventeur hurluberlu (son chien mécanique est totalement risible !), tandis que Nicola Peltz (Bates Motel) et Jack Reynor (The Delivery Man) donnent vie à la fille du héros et à son petit ami. En remettant à zéro le casting, il est probable que Bay ait voulu éviter que le public ne se lasse du chassé-croisé amoureux, très convenu, entre Megan Fox et Shia Labeouf – les dérapages continuels de ce dernier n'aidant de plus en rien à le reprendre dans l'aventure.
Le point commun entre les deux protagonistes principaux se trouve en revanche dans leur caractère de losers fantasques, véritable faire-valoir à la puissance des robots géants. Robots qui, après avoir fait passer le personnage de Labeouf du statut d'adolescent à celui d'homme, permettront à Wahlberg de prouver à sa fille qu'il est digne d'être un père. En évinçant ici la traditionnelle romance héros/héroïne, et en la remplaçant par une relation père/fille, le metteur en scène choisit de prendre le contre-pied de la plupart des blockbusters actuels.

Mais de là à dire que Transformers 4 transcende les scénarios de ses trois prédécesseurs, il y a un fossé que je ne franchirai pas. Ainsi, là ou No Pain No Gain mettait en valeur des anti-héros consistants de par leur vacuité - scénaristiquement voulue -, L'Âge de l'Extinction accumule cliché sur cliché. De l'inventeur désargenté à sa fille blonde et belle qui rêve d'une meilleure vie, en passant par le petit ami bellâtre, le camarade idiot et le machiavélique méchant, rien n'est bien novateur. Une volonté de ne pas déstabiliser le public adolescent en brisant les canons du genre ? Sans aucun doute. Mais après tout, qu'importe ? Bay ne s'est jamais targué d'être un Bergman, et les personnages s'apprécient comme un plaisir caché : on sait tout d'eux par avance, mais on en vient à aimer leur côté burlesque.
Le casting est à ce titre impeccable, tous semblant s'en donner à cœur joie au cœur de ce grand défouloir tant scénaristique (le script est parfois trop alambiqué) que visuel.

Car la plus grande force de ce quatrième volet réside, et cela va de soit, dans ses Transformers.
De nouvelles créatures métalliques étant introduites au cœur de l'intrigue, elles n'auront de cesse que de tenter de détruire les robots que nous connaissons déjà bien, Optimus Prime en tête. En résultent de gigantesques combats à grande échelle, tant sur le territoire des Etats-Unis qu'en Chine (le long-métrage est une co-production américano-chinoise, le but évident étant de ne pas passer à côté du milliard de potentiels spectateurs chinois). Il en découle des séquences novatrices (les fameux dinobots sont utilisés à bon escient) et d'autres semblant au contraire lorgner involontairement du côté d'autres super-productions hollywoodiennes (le moyen d'attaque du vaisseau extraterrestre ennemi se rapproche dangereusement du Man of Steel de Zack Snyder). Mais toujours, le spectaculaire prime sur ces considérations, et l'on se trouve rapidement embarqué à bord de ce jouissif grand huit pyrotechnique.

En effet, Michael Bay ne s'est jamais trouvé aussi à l'aise qu'en filmant des destructions de masse, et nous le prouve une nouvelle fois. De plus, il semble totalement assumer le côté bigger than life de son film, et prend visiblement son pied à enchaîner scènes dévastatrices (l'attaque sur Hong-Kong) sur cascades démentielles (toutes les courses-poursuites). Comme si, retombant en enfance, le réalisateur montrait sur grand écran ses rêves de bambin, tant dans leur aspect ludique que terrifique (l'exploration du vaisseau ennemi tient presque du film d'horreur !).

Enfin, comment ne pas noter que, pour la première fois, un Transformers se trouve pratiquement propulsé au rang de film épique, entre des créatures ancestrales et des visions proprement chevaleresques, telle Optimus Prime chevauchant un gigantesque dragon de fer et partant à l'attaque d'un ennemi plus puissant et plus nombreux. Le plaisir du spectateur s'en trouve donc décuplé, plaisir encore augmenté par la qualité des effets spéciaux.
Tous sont en effet parfaits, du plus petit détail d'arrière plan au plus grand robot, la 3D native et les prises de vue en IMAX ajoutant à la qualité visuelle de l'ensemble. Et, une fois n'est pas coutume, cette si décriée 3D est ici utilisée avec raison, apportant souvent un réel plus aux prises de vue. Mais surtout, elle oblige Bay à ne pas surdécouper ses plans (défaut récurrent de la première trilogie), les combats étant maintenant lisibles et fluides, et par conséquent encore plus impressionnants.

Pour conclure, L'Âge de l'Extinction est, de mon point de vue, le meilleur Transformers à ce jour, parvenant de plus et contre toute attente à renouer avec l'esprit des productions Amblin 80's, en mêlant rire et action, mort et peur.

A savourer à tout âge !


La bataille de la planete des singes
La bataille de la planete des singes
DVD ~ Claude Akins

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Malheureusement, une Bataille peu inspirée..., 24 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La bataille de la planete des singes (DVD)
Dernier volet du cycle classique de la Planète des Singes (1968-1973), ce Combat de la Planète des Singes fait office du dernier de la classe dans la mythologie initiée par le roman de Pierre Boulle, puis le film éponyme de Franklin J. Schaffner.
Ce dernier, en plus de moyens conséquents et d'un scénario solide, offrait à Charlton Heston l'un de ses rôles les plus marquants, et, au Cinéma, une image impérissable : celle de la Statue de la Liberté à demi enfouie dans le sable.
La suite, Le Secret de la Planète des Singes, nettement moins bonne mais restant sympathique, voit une nouvelle bombe atomique s'abattre sur la Terre. La raison en est simple : Heston, déjà las du rôle, souhaitait que son personnage meurt. La décision fut alors prise de réduire en cendre la planète entière – la série aurait donc dû normalement s'arrêter là. Mais, par un coup de plume astucieux, les scénaristes parvinrent à redonner vie à la saga, la Fox étant sans doute effrayée de perdre sa poule aux œufs d'or.
Le coup est audacieux, et, pour une série de films destinés au grand écran, inégalé : les deux héros chimpanzés, Cornelius (Roddy McDowall) et Zira (Kim Hunter) vont retourner dans le passé avant l'explosion de la planète (donc dans un monde toujours dominé par les humains), et y donner naissance à un fils, Milo. Ces événements sont narrés dans l'épisode 3, Les Évades de la Planète des Singes.
Puis, les singes étant devenus esclaves et Milo jeune adulte, il prendra comme nouveau nom César, et sonnera le début de la révolte des primates contre l'espèce humaine. Voici le pitch de La Conquête de la Planète des Singes.
Par conséquent, La Bataille de la Planète des Singes aurait dû s'achever par l'explosion des bombes atomiques et par la suprématie définitive de la race simiesque – préfigurant donc l'arrivée sur ce monde hostile, des siècles plus tard, de Charlton Heston. La boucle aurait été bouclée.

Et pourtant, ce 5em épisode fait l'effet d'un pétard mouillé. Pire, d'une véritable insulte à l'implacable chronologie mentionnée ci-dessus.
Tout d'abord, le fil conducteur du long-métrage laisse perplexe. Les singes et les hommes vivent désormais en bon ménage, à l'exception près de quelques survivants irradiés et belliqueux qui résident dans les ruines d'anciennes mégalopoles. Une idée qui sent étrangement le recyclé (cf Le Secret de la Planète des Singes), et qui rend donc le film hautement prévisible – sentiment encore augmenté par le fait que le personnage principal humain est à nouveau afro-américain... et est le cousin du héros de La Conquête de la Planète des Singes !
Mais surtout, la fin est un bide total : nous emmenant dans un futur parallèle, le réalisateur tire un trait sur tout ce qui avait été construit dans les précédents opus.
De plus, le manque de moyens est criant : la cité des singes se résume à quelques huttes et celle des hommes à des tunnels... hommes qui, en guise d'irradiation, se trouvent grimés d'une ou deux blafardes taches de maquillage et d'un bonnet noir.
Là où les 3em et 4em volets compensaient ce petit budget par un usage adéquat du cadrage et par des dialogues riches en sens et en portée, La Bataille de la Planète des Singes les remplace par d'interminables et pathétique scènes d'action (jugez plutôt : César tient en respect des soldats ennemis grâce à un jet d'eau...).
A peine peut-on tirer quelques bonnes idées de l'ensemble, comme le destin du fils de César et l'acceptation du meurtre entre singes. Bien peu, malheureusement.
Enfin, la fameuse bataille du titre est rageante de médiocrité : sans ampleur, sans enjeux et sans tension, elle se résume à quelques coups de feu (une séquence d'explosion est même réutilisée plusieurs fois) et à une barricade de cageots face à un bus scolaire et autres véhicules hétéroclites du même genre. Lamentable.

La question mérite donc d'être posée : J. Lee Thompson, habile cinéaste déjà aux commandes de La Conquêtes de la Planète des Singes et réalisateur des Nerfs à Vif et des Canons de Navarone, a t-il volontairement sabordé son film ? Le fait est possible, les mésententes entre studios et metteurs en scène n'étant pas rares – d'autant que La Conquête de la Planète des Singes et La Bataille de la Planète des Singes semblent avoir eu des durées imposées strictement, les deux durant exactement 1h39.

Il est au final bien dommage que cette boucle temporelle si riches en perspectives se soit conclue sur un tel flop. Flop que connue de même la nouvelle adaptation du roman de Boulle par Tim Burton en 2001, avant que, fort heureusement, ne ressuscite cette si intéressante mythologie avec le fort réussi La Planète des Singes – Les Origines.

Un achat à réserver, par conséquent, à ceux qui possèdent déjà les quatre précédents opus.


Embrasse-moi Vampire
Embrasse-moi Vampire
DVD ~ Nicolas Cage
Proposé par Blessia
Prix : EUR 4,55

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Laissez-vous tenter !, 10 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Embrasse-moi Vampire (DVD)
Dans les années 80, Nicolas Cage gravit en trombe les marches du succès. De Cotton Club (réalisé par son oncle F.F. Coppola) où il ne tient qu'un petit rôle, à Arizona Junior, où il est au sommet de l'affiche, seuls cinq ans se sont écoulés. Acteur alors audacieux, Cage choisit des rôles sortant de l'ordinaire, ne craignant pas de ternir son image de jeune premier.
En 1989, à seulement 25 ans, il accepte alors d'interpréter le rôle principal d'un scénario hautement inhabituel dans la mythologie vampirique : celui de Peter Loew, directeur littéraire qui se croit devenu vampire, et qui agira donc en conséquence !

Donnant tout de lui même pour le rôle, Cage se lance avec l'énergie dévastatrice de ses jeunes années dans une composition endiablée, passant avec un humour féroce du directeur séducteur à sa pathétique - et paradoxalement très drôle – chute, à travers tous les canons du vampire classique.

Mangeant un véritable cafard (!), croyant qu'il est invisible dans les miroirs, s'achetant des crocs en plastique et transformant son canapé en cercueil, le futur héros de The Rock est formidable d'excentricité et de talent.

Les séquences pleines d'humour noir s'enchainent donc avec bonheur, tout en étant mâtinées par un premier degré des plus troublants. Le réalisateur gratifie en effet son film d'une musique véritablement angoissante et de certains passages totalement dramatiques.

Oscillant avec réussite entre rire et horreur, folie et réalité, drame et comédie grinçante, Embrasse-moi, Vampire est une véritable curiosité, qui ne peut que difficilement laisser indifférent et qui se laisse apprécier avec bonheur à chaque nouvelle vision !


Ultimate Game
Ultimate Game
DVD ~ Gerard Butler
Prix : EUR 6,83

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Lorsque le virtuel devient réel., 10 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ultimate Game (DVD)
A la suite des survoltés Hyper Tension 1 et 2, les metteurs en scène Brian Taylor et Mark Neveldine décidèrent de poursuivre dans le registre du film d'action testotéroné, avec cet Ultimate Game.

Réunissant un casting de comédiens alors très en vogue (Gérard Butler est encore auréolé de la gloire du Roi Léonidas et Michael C. Hall est sur tous les petits écrans dans la saison 3 de Dexter), le duo de réalisateurs nous proposent un scénario un peu plus développé que pour leurs précédents projets.

Dans un futur proche, des condamnés à mort sont lâchés au sein d'une arène urbaine, et, armés jusqu'aux dents, doivent survivre tout en éliminant un maximum d'ennemis. Le but étant de rejoindre un point géographique précis qui leur garantira la vie sauve.
Ce postulat vous rappelle quelques chose ?
Normal, car il s'agit bien d'un jeux vidéo, à l'exception notoire que les pixels sont remplacés ici par des humains et des décors réels. Marionnettes meurtrières, ils sont dirigés grâce à une puce par des gamers, véritables stars d'une Terre de plus en plus dominée par les technologies virtuelles... et donc par les multinationales à leur origine.
Pourtant, le grand héros de ces nouveaux jeux du cirque, Butler, évidemment, innocent, forcément, tentera de s'en échapper et se verra confronté au génie malfaisant et multimilliardaire à l'origine de cette déshumanisation.

Intéressant sur plus d'un point, Ultimate Game peut se voir sous différents angles.
Le premier est l'aspect sociétale et technologique, qui ne semble plus si irréaliste que cela. En effet, dans cette société future, la majorité des gens vit par procuration, se projetant virtuellement dans des avatars qu'ils modulent à leur aise pour ensuite déambuler dans une version humaine et sans âme des SIMS.
Vedettes d'un monde à la technologie galopante, les gamers vivent quant à eux dans une bulle informatique d'où ils peuvent contrôler les prisonniers, envoyés à la gloire ou à la mort suivant leurs talents de joueur.
Le film nous pose donc la question suivante : si, à la place des FPS de nos consoles, la possibilité existait de vivre une expérience similaire – mais avec des êtres vivants – que ferions-nous ?
Face à cette décadence morale, une armée de l'ombre tente de résister à ces lavages de cerveaux de masse, bientôt rejointe par Gérard Butler.

Le second point de vue est, cette fois-ci, purement cinématographique.
Car force est de reconnaître que les réalisateurs s'en sorte très bien dans leur mise en scène. La résistance est ainsi montrée dans un style naturaliste, l'univers des avatars est vu comme un clip géant, et les scènes de jeux vidéo sont filmées d'une façon survitaminée mais réaliste. Dotées de prises de vue judicieuses, ces séquences sont de plus bien montées et évitent de sombrer dans des effets de shaky cam trop appuyés.
Pleines de tension, les séquences de guérilla s'enchainent sans temps morts, que ce soit dans un univers fictif ou « réel », rendant donc cette série B aussi réussie scénaristiquement que du point de vue de l'action.

Probablement le meilleur film de Taylor et Neveldine à ce jour, Ultimate Game vaut donc le détour, et mérite que l'on se pose la question suivante : pourquoi se sont-ils ensuite enfoncés par la suite dans le bourbier de Ghost Rider 2 ?


Topkapi
Topkapi
Proposé par nagiry
Prix : EUR 5,03

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 LE classique des films de cambriolage., 3 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Topkapi (DVD)
Malgré une introduction quelque peu surannée, voici un long-métrage qui mérite absolument d'être découvert.
Topkapi est en effet le nom d'un fameux musée d'Istanbul, contenant un précieux joyaux que d'audacieux individus (entre autres Maximilian Schell – Le Bal des Maudits - et Robert Morley – African Queen -) projettent de voler. Mais malgré eux, un gentil imbécile (Peter Ustinov – Quo Vadis -) se joindra à la partie.

Tourné en 1964 à Istanbul même, Topkapi peut être considéré comme l'un des meilleurs films de cambriolage jamais réalisés. A ce titre, Bruce Geller, producteur de la série Mission : Impossible, avouera s'être inspiré du présent film pour son pilote, et l'adaptation de De Palma en reprendra quelques éléments. C'est dire...

Très bien écrit, bien filmé, doté d'une belle musique et d'un humour élégant et fin, Topkapi parvient à enchainer les séquences jubilatoires (comme celles du combat de catch), et vaut par dessus tout pour deux éléments majeurs.
Le premier est le jeu de Ustinov. Formidable, il semble porter le projet sur les seules épaules de son talent et recevra d'ailleurs l'Oscar du meilleur second rôle masculin pour cette prestation inoubliable, qui constitue sans doute l'une de ses meilleures.
Le second est le vol dans le musée de Topkapi. Génial d'inventivité, il égrène avec un art consommé un suspense qui n'a toujours pas pris une ride, et qui a dû en surprendre plus d'un à l'époque (rappelons que nous ne sommes qu'au milieu des années 60 !). Jouant aussi bien avec les secondes qu'avec les imprévus, avec un silence oppressant qu'avec les prises de vue vertigineuses, le réalisateur Jules Dassin est parvenu, et ce n'est pas peu dire, à créer les canons du film de cambriolage. Tous se serviront en effet plus tard d'au moins un des éléments mis en place ici, que ce soit Brian De Palma, Steven Soderbergh avec ses Ocean's, John Amiel avec Haute Voltige ou encore Frank Oz avec The Score.

En conclusion, voici un classique injustement oublié qui mériterait d'être reconnu à sa juste valeur... et qui vous fera passer un excellent moment !

A noter que l'image n'est qu'en 4/3, et que la VF est plutôt médiocre – préférez lui la VOST.


C.h.u.d.
C.h.u.d.
DVD ~ John Heard
Prix : EUR 11,55

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Ils sont sous la ville..., 2 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : C.h.u.d. (DVD)
Voici le genre de film dont je n'attendais a priori rien de bon : un budget famélique, une idée de base saugrenue et une jaquette si 80's qu'elle en devenait risible laissaient augurer une série Z sans envergure ni intérêt.

Et pourtant... passé une introduction en effet ratée, CHUD parvient à compenser son manque de moyens criant par de très nombreux points positifs, créant donc ce qu'il convient d'appeler une bonne surprise !

En effet, le scénario, solide bien que révélant par moment de sérieuses ellipses (probablement dues à un tournage hâtif), nous révèle un nombre de personnages plus conséquent que de coutume pour ce genre de projets, parvenant de plus à ne pas nous y perdre et à accorder à chacun l'attention qu'il mérite.

Bien sûr, les fameux monstres du titre ne sont pas aussi effrayants que leur nom ne le laissait suggérer, mais qu'importe : l'atmosphère, pesante et fétide, est bien là, en grande partie grâce à des scènes se déroulant pratiquement toutes dans les égouts ou dans des appartements d'un autre âge.

Relativement sombre quant à son propos, le long-métrage arrive à enchainer les moments de tension (basses à l'appui) et les images marquantes (la scène de la douche en est l'exemple), se transformant peu à peu en un trip cauchemardesque inespérément immersif pour qui accepte de se prêter au jeu.
Ne vous fiez donc pas à la jaquette ou au résumé de cette petite pépite des années 80, mais visionnez la plutôt : elle ne demande qu'à être découverte, et non jetée aux oubliettes.


Goyokin - L'or du Shogun [Édition Collector]
Goyokin - L'or du Shogun [Édition Collector]
DVD ~ Tatsuya Nakadai
Proposé par TristanDVD
Prix : EUR 18,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un chef-d'oeuvre., 2 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Goyokin - L'or du Shogun [Édition Collector] (DVD)
Exemple type du chambara de grande qualité, Goyokin est une merveille du film de samouraïs.

Réalisé par Hideo Gosha et sorti en 1969, le long-métrage se trouve au confluent de deux époques : celle, historique, du cinéma pop japonais des années 60, remplacé par un aspect plus sombre et sociétale dans les années 70, et celle, plus ou moins fantasmée, de l'âge d'or et d'honneur des samouraïs, qui s'achève ici par une individualisation tragique et des préoccupations plus mercantilistes qu'humanistes.

Serti par une sublime photographie (le générique de début en est un remarquable exemple), par une très belle musique et par un casting irréprochable, L'Or du Shogun met en scène Tatsuya Nakadai (brillant de sobriété dans ce rôle de héros désenchanté), guerrier dont la vie et l'âme ne sont plus que ruines après qu'il n'ait empêché le massacre d'un village entier par ses pairs. Personnage tourmenté et semblant s'enfoncer de plus en plus dans les limbes du néant (ce que le plan final corrobore), il devra pourtant affronter à nouveau son ancien clan...

Alors que de nombreux films européens et américains eurent été influencés par Les Sept Samouraïs de Kurosawa (on pense bien évidemment aux Sept Mercenaires), il est étonnant de voir à quel point la trame principale de Goyokin semble, a contrario, se baser sur des idées typiques du western occidental, bouclant de fait la boucle ouverte en 1954 (le héros est solitaire, croyant en des valeurs dorénavant démodées, l'environnement est aride et dangereux...etc). Plus généralement, il symbolise la mise entre parenthèses cinématographique mondiale, bien que relative, du romantisme au profit d'un univers gouverné par l'appât du gain et par la violence, si typique des 70's. Il est à ce titre à noter qu'un autre classique, Le Grand Silence (et son personnage principal lui aussi comme surgit d'outre-tombe), sortira à la même période. L'époque est donc à la noirceur, tant physique que morale...

L'Or du Shogun, mélange parfait de fond et de forme parvient, malgré ses influences, à conserver son identité nippone, créant donc un subtil mélange culturel le rendant accessible à tous, et contribuant de la sorte à l'universalité de son thème.

Premier film japonais à être tourné en Panavision, long-métrage se permet également le luxe de nous offrir, en plus de son esthétisme indiscutable, des combats des plus réussis et non exempts de quelques jaillissements de sang.
Tourné dans des conditions extrêmes (les acteurs ont dû jouer par -25°, dans une neige profonde et dans des bourbiers dignes du Django de Corbucci), voici donc ce qu'il convient de nommer un chef-d'œuvre. Qui a de plus le mérite de rester intègre et intransigible quant à son propos, quitte à nous laisser, lorsque les crédits de fin débutent, avec un goût de cendre dans la bouche.

A découvrir sans tarder !

A noter que ce classique n'est disponible qu'en VOST.


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