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Contenu rédigé par matt
Classement des meilleurs critiques: 455
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Commentaires écrits par
matt
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Delta Force 2 [Import belge]
Delta Force 2 [Import belge]
DVD ~ Chuck Norris
Proposé par ULYSSE Business
Prix : EUR 26,10

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Il récidive !, 13 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Delta Force 2 [Import belge] (DVD)
Suite de The Delta Force, premier du nom, ce The Delta Force 2 – The Colombian Connection sort en 1990, toujours produit par Cannon Group et toujours avec l'inénarrable Chuck Norris, interprétant (toujours !) Scott McCoy.

Golan et Globus, les deux dirigeants de la Cannon (bien connue des amateurs des 80's pour ses nombreux films d'action), n'optent pas pour une thématique innovante ou un tant soit peu différente du premier volet de la série : dans ce dernier, les méchants sont des palestiniens terroristes, dans celui-ci, un cartel de la drogue qui inonde de ses productions le territoire américain. Évidemment, des otages sont à nouveau en jeu, et seul McCoy, patriotique jusqu'au bout des chaussettes, pourra à nouveau sauver la situation !

Disons-le, le scénario est aussi vide que le regard de Chuck Norris, tous les acteurs exceptés Billy Drago cabotinent ou surjouent en permanence, et les scènes d'action sont des plus fantaisistes (Norris tire avec un pistolet plus de 30 balles sans recharger, ou encore des cascadeurs philippins qui se font tuer à quatre reprises différentes, et toujours au même endroit !).

Cependant, pour les amateurs de nanars, quel plaisir l'on prend à regarder celui-ci !
Du jeu plus inexpressif que jamais de l'ex-champion de karaté à des répliques volontairement (ou non !) si navrantes qu'elles en deviennent hautement amusantes (dire à Norris : « On dit que l'œil est le reflet de l'âme... Je lis dans les vôtres que vous n'avez pas peur de la mort. », il fallait oser !), en passant par le cabotinage jouissif de John P. Ryan, les seconds rôles amateurs, la chanson de générique final à la limite de la propagande ou un message discutable qui n'est pas transmis avec des pincettes (l'Amérique, pays de la Liberté, toujours prêt à œuvrer pour le bien de tous à travers le monde !), tout contribue à nous offrir pendant la durée du film de francs éclats de rire !

Cependant, ne l'oublions pas, l'action est -forcément- également à l'avenant, Chuck Norris s'en sortant bien mieux en tordant des bras que lorsqu'il doit ouvrir la bouche. D'un village rasé de la carte par un hélicoptère à coup de roquettes (sans avoir besoin, lui non plus, de recharger !) à une bonne centaine d'autochtones tués par l'unité de McCoy, The Delta Force 2, sans être filmé avec virtuosité, l'est au moins efficacement, et nous offre des scènes d'action menées tambour battant ainsi qu'un méchant réellement détestable en la personne de Billy Drago, qui, décidément, à la tête de l'emploi.

Enfin, à noter que le tournage du long-métrage compte parmi les plus meurtriers de l'histoire du Cinéma, un accident d'hélicoptère ayant fait trois blessés graves et 5 morts, auxquels ce deuxième volet de la série est dédié.

The Delta Force 2 est donc uniquement à réservé aux amateurs de l'esprit années 80 ou/et aux aficionados de nanar, et fait, encore une fois avec Chuck Norris, passer un fort agréable et amusant moment !

Côté dvd, le film est en 16/9, le son correct, mais malheureusement aucun bonus à l'horizon.


Bloodsport
Bloodsport
DVD ~ Jean-Claude Van Damme
Proposé par DVD_EN_STOCK
Prix : EUR 26,99

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Les débuts fracassants d'un bondissant belge..., 6 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bloodsport (DVD)
Bloodsport, sorti en 1988, voit les débuts à l'écran de Jean-Claude Van Damme. L'histoire, bien connue, veut que Van Damme, alors totalement inconnu, soit allé accoster le célèbre producteur Menahem Golan (The Delta Force, Cobra) à la sortie d'un restaurant. Lui ayant fait une démonstration rapide de ses talents de karaté sur le parking de l'établissement, il se vit proposer de venir dés le lendemain au bureau du magnat du Cinéma. Et celui-ci de sortir d'un tiroir de son bureau le script de Bloodsport, hommage au roi du free fight Frank Dux, et de le proposer au jeune homme.

En résulte un film typique des 80's, tant dans le traitement de l'intrigue que de la bande son, chansons à l'appui. Alors certes, l'histoire tient sur un timbre poste et n'est pas exempte d'incohérences (on se demande toujours pourquoi les deux policiers - dont Forest Whitaker, débutant lui aussi - cherchent à tout prix à ramener Dux aux Etats-Unis), mais ces défauts sont gommés par le plaisir nostalgique de voir ce film qui propulsa Jean-Claude Van Damme au rang de star. Il est de fait probant que le jeune homme donne tout ce qu'il a sur le plateau, tant d'un point de vue des combats que d'un point de vue de jeu d'acteur (car oui, Van Damme peut-être bon acteur lorsque le script le lui permet, Replicant de Ringo Lam à l'appui).

Alors certes, Bloodsport semble parfois lorgner du côté de Rocky et de de Karaté Kid, voir même chercher à appâter les aficionados de Bruce Lee en mettant en scène Bolo Yeung, déjà au générique de Opération Dragon, mais la magie fonctionne étonnamment bien. Les combats, certains réellement réussis, s'enchainent ainsi sans temps morts et se suivent avec un plaisir certain. Mais surtout ,Van Damme, jeune, souple et musclé, interprète un héros attachant et immédiatement iconisé au détour de quelques scènes judicieuses (tel ce grand écart au sommet d'un building sur fond de soleil levant).

Pourtant, du fait d'un tournage désastreux, Golan souhaita arrêter le tournage, et mettre au panier le long-métrage. Le héros de Universal Soldier dut alors se battre pour mener à bien le film, qui sorti par la suite directement en vidéo. Néanmoins, engendrant une manne financière inespérée, Bloodsport paru finalement en salle, et devint un hit au box office. Une franchise était née (trois films suivront). Et Van Damme de passer à la postérité.

Ce premier sucés dans la carrière du karatéka, sans être un chef d'œuvre au sens propre, se trouve néanmoins être éminemment sympathique, et, ne serait-ce que pour l'aspect nostalgique de la chose, mérite assurément d'être vu !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 10, 2014 11:32 PM CET


Futur immédiat, Los Angeles 1991
Futur immédiat, Los Angeles 1991
DVD ~ James Caan
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 4,73

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Alien Nation., 4 mars 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Futur immédiat, Los Angeles 1991 (DVD)
Futur Immédiat – Los Angeles 1991 s'avère être une véritable curiosité, comme seules les années 80 savaient en produire. Sorti en 1988, son histoire se situe dans un futur proche, notion plus que martelée dans le titre français du film - l'original étant Alien Nation. Un vaisseau extraterrestre d'esclaves a atterri sur le territoire américain. Après plusieurs années, les aliens sont acceptés légalement en tant qu'habitants du pays, situation que les humains n'acceptent que difficilement. C'est dans ce contexte tendu qu'une série de meurtres est commise. Un flic teigneux et raciste devra alors faire équipe avec un extraterrestre pour résoudre les homicides.

Partant d'un postulat relativement basique, Graham Baker parvient néanmoins à créer un buddy movie détonnant et inhabituel, le contexte du film et le duo humain-alien rattrapant amplement certaines situations formatées. James Caan, que l'on ne s'attendait pas à retrouver dans ce registre (il sort à peine de Jardins De Pierre, de Coppola) étincelle dans ce rôle de policier borderline, digne descendant des flics marginaux des années 70. Face à lui, bénéficiant de maquillages faciaux réussis, Mandy Patinkin incarne son opposé, tant d'un point de vue de race que de rationalité et de méticulosité, mais parvient à faire transpirer de son personnage une bonté qui transcende les races – et le latex de son masque ! J'ajoute également que Terence Stamp, bien connu pour ses rôles dans Superman ou dans Star Wars, interprète quant à lui, méconnaissable et avec talent, le business-alien William Harcourt.

Semblant s'inspirer pour sa thématique intrinsèque des Cavernes d'Acier de Isaac Asimov, Futur Immédiat se suit avec un plaisir certain, un humour circonstanciel parsemant un film riche en péripéties multiples. Baker, après La Malédiction Finale, prouve donc qu'il a l'essence d'un excellent réalisateur (perdue à la sortie du nanar Beowulf) qui sait allier le fond et la forme en un mélange sans temps morts.

Alien Nation est ainsi une belle réussite fantastique, qui servit de toute évidence de référence à Neill Blomkamp pour son District 9, et qui se clôt en un message plein d'espoir sur l'acceptation des différences. A découvrir pour tout amateur de Fantastique !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 18, 2013 10:36 PM CET


Massacre à la tronçonneuse 2 [Édition Sanglante]
Massacre à la tronçonneuse 2 [Édition Sanglante]
DVD ~ Dennis Hopper
Prix : EUR 7,99

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une suite sous acide !, 4 mars 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Massacre à la tronçonneuse 2 [Édition Sanglante] (DVD)
Sorti en 1986, soit 12 ans après Massacre à la Tronçonneuse, ce Texas Chainsaw Massacre 2 résulta des nombreuses critiques que Tobe Hooper essuya quant au manque de gore de son classique. Décidant de faire un pied de nez à ses détracteurs, Hooper, après une poignée de films plus ou moins réussis (Poltergeist, Le Crocodile de la Mort, L'Invasion vient de Mars, Lifeforce et Massacres dans le Train Fantôme ), choisit donc de revenir dans l'univers qui le fit connaître au monde entier, et de prouver que oui, il pouvait être un réalisateur sacrément gore ! Cependant, notons également que ses deux derniers long-métrage en date (Lifeforce et L'Invasion vient de Mars), pourtant des plus sympathiques, furent des flops au box office. Nul doute que Golan et Golus, producteurs de ces deux derniers, décidèrent de pousser le réalisateur à remettre en marche la tronçonneuse, afin de rentabiliser leurs frais antérieurs.

C'est donc au cœur des 80's, décennie dorée pour le fantastique, le gore, et plus largement l'horreur, que Tobe Hooper retrouve la dégénérée famille Sawyer, cette fois-ci doté d'un budget beaucoup plus conséquent, Tom Savini aux effets spéciaux et une star au casting : Dennis Hopper (qui reprit du poil de la bête après sa traversée du désert des années 70, notamment grâce à Apocalypse Now ou Rusty James).

Se situant lui aussi 12 ans après les événements relatés dans Massacre à la Tronçonneuse, ce deuxième volet reprend à peu de choses près les mêmes personnages de la famille de cannibales (seul Bill Moseley est nouveau dans la tribu), et comporte une unité scénaristique avec le premier volet bienvenue (ainsi, Hopper est à la recherche depuis des années des meurtriers d'un membre de sa famille – Franklin, l'handicapé de Massacre à la Tronçonneuse). Plus réaliste que les deux Massacres à la Tronçonneuse suivants (dans celui-ci, les Sawyer ont quittés la ferme familiale afin d'échapper aux recherches de la police), cette suite s'éloigne de bien des points du mythe original. Pas forcément un mal d'un point de vue créatif, soit dit en passant.

Tout d'abord, avec l'influence gore des 80's et Tom Savini (déjà aux effets spéciaux de Maniac ou Zombie) au générique, le film n'y va pas de main morte sur l'hémoglobine, les séquences de meurtres au marteau succédant à des dépeçages malsains. De ce côté, Hooper cloue donc le bec à ses détracteurs, mais s'éloigne également radicalement du côté poisseux de Massacre à la Tronçonneuse. De distiller une peur palpable et un message subversif, il n'est ici plus question.

De plus, il est probant que le réalisateur, après 12 années d'activité, maîtrise la caméra et l'art de la mise en scène, ôtant de fait le côté « documentaire » dérangeant à ce Massacre à la Tronçonneuse 2. Cependant, il ne s'agit pas d'une erreur de réalisation : Hooper prend bel et bien à contre-pied, et volontairement, tout ce qui fit le sel de son premier sucés, (excepté pour le côté iconique – tronçonneuse et masque de peau humaine, désormais marques de fabrique de la saga).

Au côté putrescent du long-métrage de 1974 succède donc une volonté de choquer par l'excès, un humour grinçant (Moseley grattant sa plaque métallique crânienne à l'aide d'un cintre et mangeant les morceaux de chair qu'il récolte...), mais surtout un aspect grand-guignolesque qui imprègne totalement le film dans sa deuxième partie (se déroulant par ailleurs...dans un parc d'attraction abandonné !). Tobe Hooper, grand marionnettiste de cet univers cartoonesque et déjanté, joue dans la surenchère sans temps morts (Dennis Hopper, qui semble en permanence sous acide, ajoute à ce sentiment), tant sanglante (Savini livre encore une fois un excellent travail) que contextuelle (la scène d'introduction). Bref, le facétieux réalisateur nous emmène faire un tour dans une fête foraine de l'horreur (la poursuite de l'héroïne dans les couloirs souterrains illuminés en est la parfaite manifestation), qui, bien que présentant de nombreux défauts (les tronçonneuses ne fonctionnant pas lors des duels...), vaut assurément d'y entrer, ne serait-ce que pour le côté survolté de l'ensemble.

Concluant le film par une scène référentielle à Massacre à la Tronçonneuse, Hooper ferme la boucle ouverte plus d'une décennie auparavant, et livre par la même occasion son dernier succès en date. Pour tout amateur du genre, à découvrir !


Cinq pièces faciles
Cinq pièces faciles
DVD ~ Jack Nicholson
Proposé par Bayapi
Prix : EUR 12,92

11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un regard noir sur une Amérique désenchantée., 2 mars 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Cinq pièces faciles (DVD)
Sorti en 1970, Cinq Pièces Faciles, de Bob Rafelson, contient la plupart des remises en question aussi bien cinématographiques que sociétales que comprendront les seventies.
Le film suit ainsi Jack Nicholson, jouant Robert « Bob » Dupea, homme ayant rejeté ses racines bourgeoises et cherchant son identité et sa raison d'exister au cœur d'une Amérique ayant perdue son âme.

Le réalisateur fit confiance à juste raison à Nicholson : alors à peine sorti du succès de Easy Rider, qui le fit connaître du grand public (mais dans lequel il ne tient qu'un second rôle) il révèle ici l'étendu de son talent, habitant de son jeu d'acteur un rôle pourtant difficile. Bénéficiant d'un rythme lent et presque intimiste, Cinq Pièces Faciles dévoile par petites touches un être perdu, issu d'un univers artiste et guindé dans lequel il ne s'est jamais reconnu et qu'il méprise viscéralement (la scène durant laquelle il insulte une pseudo intellectuelle en est le témoin criant). S'échappant de cette cage dorée (la maison familiale située sur une île n'est pas un choix anodin), il recherchera sa raison d'être et quelque chose en quoi croire dans l'exact opposé de son milieu d'origine : la classe ouvrière. Qui ne lui apportera rien de plus, la prose élitiste laissant place à la vulgarité des foreurs pétroliers.

En couple avec une serveuse sympathique mais niaise, Nicholson, depuis le début du long-métrage, incarne l'anti-héros typique d'un certain nombre de films des années 70. Cynique et volontiers cruel, sa perdition mentale est rehaussée par l'antinomie et le fossé croissant entre les classes sociales traditionnelles héritées des décennies précédentes. Une perte de repères parfaitement symbolisée par la magnifique scène durant laquelle il joue du piano sur un camion de déménagement, en plein milieu d'une autoroute congestionnée. A l'image d'une Amérique entrant dans les 70's, Bob est ainsi à la recherche d'un avenir meilleur, masquant son désarroi derrière une apparente brusquerie qu'il ne quittera qu'une fois, parlant avec émotion à un père aux cheveux blanchis, mais sénile. En extrapolant, ce sont les institutions mêmes des USA qui sont pensées comme incapables de changer une situation qui en devient irréversible. A l'instar de l'auto stoppeuse rencontrée en cours de route, Jack Nicholson cherche donc à quitter une crasse morale qui semble toucher le pays entier, et dont le final n'apportera qu'un point d'interrogation teinté de grisaille. Un message aussi finement distillé que radical, dans un grand film qui peint un portrait peu reluisant d'un Oncle Sam devenu gâteux.

Pourtant, bien que nous offrant un film emprunt d'un regard sociétal noir, Rafelson, comme pour mieux souligner son propos, propose une brochette de personnages décalés mais symbolisant la complexité d'une société qui sera profondément remise en question au cours des années à venir. La future femme du frère de Bob, bien que d'essence libre, choisit délibérément de continuer à vivre dans la propriété familiale, croyant y trouver le bonheur, alors que son mari, amusant au premier abord, est un être stupide et nombriliste. A l'inverse, sa sœur, coincée et inintéressante à première vue, s'avérera être la plus ouverte de tous. Au travers du film, c'est toute la société américaine, déjà touchée par le syndrome post-Viêt Nam, qui est disséquée avec finesse, les personnages oscillant entre l'aveuglement, la peur du changement, ou, à l'image de Nicholson, la recherche d'un horizon nouveau et emprunt de sens. Recherche qui passera par la rébellion contre des institutions sclérosées, et synthétisée avec vigueur lors de la scène du drive-in, possible influence pour une séquence pratiquement similaire dans le formidable Chute Libre de Schumacher.

La façon de filmer de Rafelson est elle aussi typique de cette période : quittant les plans larges des années 60, le réalisateur s'axe sur les personnages et leurs sentiments, révélant au grès de quelques gestes plus qu'une longue tirade. Le long-métrage, tourné pratiquement en lumière réelle, ajoute à ce sentiment de film social, marquant d'une pierre blanche le commencement de l'une des périodes les plus passionnantes de l'histoire du Cinéma : les années 70.

Un film remarquable, qui ne plaira pas forcément à tous, mais qui, pour les amateurs de cette époque, s'avère être un must have.


Massacre à la tronçonneuse [Édition Collector - 2 DVD]
Massacre à la tronçonneuse [Édition Collector - 2 DVD]
DVD ~ Marilyn Burns

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un uppercut aussi radical que mémorable., 2 mars 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Massacre à la tronçonneuse [Édition Collector - 2 DVD] (DVD)
Réalisé et sorti sur les écrans américains en 1974, Massacre à la Tronçonneuse n'est à l'origine qu'un petit film d'horreur indépendant tourné avec les moyens du bord (seulement 83500 dollars de budget !). Tobe Hooper, alors totalement inconnu (il n'a réalisé que EggsHells, tombé depuis dans les limbes de l'oubli), parvient néanmoins à réaliser des prouesses avec le peu dont il dispose.

The Texas Chainsaw Massacre, dés son introduction mémorable et putrescente, donne le ton : le long-métrage sera résolument malsain et poisseux. Malgré ses moyens dérisoires, Hooper réussi ainsi avec brio à créer de toute pièce un environnement parfaitement glauque : la pièce remplie de plumes et d'os, la « cuisine », ou encore la chambre du grand-père sont autant de lieux mémorables et effrayants. Et pour achever d'assoir la peur qui suinte du film, le réalisateur choisit de ne pas recourir à une traditionnelle musique de film : elle sera uniquement composée de sons et bruits mêlés en un mélange dérangeant. Un choix audacieux, mais qui porte encore ses fruits de nos jours, des accords métalliques succédant à certaines sonorités exacerbées, tel le son de centaines de pattes d'araignée grouillant dans un angle de plafond.

Ne mettant en scène que des acteurs inconnus, Tobe Hooper parvient également à conférer un caractère presque documentaire à son film. Le côté granuleux de l'image et les prises de vue se déroulant dans de vraies bâtisses abandonnées ajoutent à ce sentiment. L'immersion n'en est donc que plus grande, immersion qui s'avérera presque suffocante dès lors que les membres dégénérés de la famille Sawyer font leur apparition (à noter que leur nom de famille ne leur sera donné que dans Massacre à la Tronçonneuse 2). Impossible dés lors de ne pas être happé dans une horreur qui semble si réaliste qu'elle en devient terrifiante.

De plus, l'art de la suggestion dont fait preuve le réalisateur tout au long de son classique (on ne voit jamais de plein front les mises à mort) est bien plus marquant que n'importe quel effet gore : on en imagine bien plus que l'on en voit, et les gros plans sur le visage de Marilyn Buns lors de la séquence du dîner le rendent bien plus dérangeant que nombre de scènes de torture porns actuels.

Enfin, en plus de ses évidentes qualités d'immersion, Massacre à la Tronçonneuse fait preuve d'un sens iconique exacerbé. Le masque de cuir, la famille cannibale ou encore la tronçonneuse (choisie du fait de son bruit, qui permettait d'atteindre un degré de tension plus élevé que n'importe quelle musique), chaque élément pose une pierre à une mythologie instantanée qui s'ancrera vite dans la culture populaire. Leatherface et son instrument deviendront également une source d'inspiration pour le Cinéma, et influenceront peu ou prou nombre de slashers, dont Halloween et Vendredi 13.

Mais au delà de son aspect horrifique, le long-métrage peut être vu comme une métaphore de l'Amérique post-Watergate, et à l'instar du classique de Carpenter, se lit sur deux niveaux. Les institutions sont pensées comme incompétentes (on ne voit jamais un policier, leur seule présence étant à la radio, où on annonce qu'ils poursuivent leurs recherches), le crash économique de l'Amérique profonde est plus que pointé du doigt (l'arrière pays est montré comme totalement dégénéré de ce fait), et il est tangible que la guerre du Viêtnam a laissée ses traces dans la jeunesse d'un pays en lequel ils ne croient plus. Ainsi, la menace est montrée comme venant du cœur même des USA, et non de par delà les océans, une menace bien réelle que les structures étatiques ont crées et sont incapables d'enrayer, et dont une jeunesse désillusionnée fera à nouveau les frais. Un sous-texte symbolique des années 70, qui s'ajoute à l'uppercut que constitue la vision de Massacre à la Tronçonneuse.

Bien que tourné dans des conditions particulièrement difficiles, le film rapporta à sa sortie 360000000 de dollars sur la territoire nord-américain, et devint rapidement un classique aussi incontournable que radical, dont l'image de fin restera longtemps en mémoire.
Pour l'anecdote, du fait de sa longue interdiction en France par la censure, Massacre à la Tronçonneuse fut la première VHS éditée par René Château, dans sa fameuse collection « Ces Films que vous ne verrez jamais à la Télévision ».

Côté dvd, bien que le film présente une image moyennement restaurée (pas forcément un désavantage au regard du côté poisseux du long-métrage), les bonus, foisonnants et très intéressants rattrapent amplement ce bémol. Enfin, le packaging de l'édition en lui-même est des plus réussis.
A voir aussi bien qu'à posséder !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 11, 2013 2:58 PM CET


The Host
The Host
DVD ~ Bae Doona
Prix : EUR 9,83

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Du Fantastique avec un grand F !, 26 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Host (DVD)
Sorti en 2006, The Host fait partie de ces films sud-coréens qui redorèrent avec talent un blason longtemps terni. Depuis les années 2000, la Corée du Sud s'est enrichie de films aussi réussis que radicaux, de Deux Sœurs à Old Boy, en passant par The Chaser ou J'ai Rencontré le Diable. Le film de Bong Joon-Ho s'inscrit incontestablement dans cette lignée qualitative.

Un monstre, issu du manque de considération de l'Homme à l'égard de la Nature, sévi dans les égouts de Séoul. La jeune fille de Park Gang-du, le personnage central du film, est enlevée par la bête. Son père et sa famille se lanceront alors à sa recherche, au péril de leurs vies.

The Host prend tout d'abord le contre-pied absolu de la plupart des productions horrifiques et fantastiques actuelles : ici, pas de longues scènes dans des couloirs obscurs ou de monstre révélé parcimonieusement au travers du prisme d'une lampe torche. Le réalisateur fait le choix audacieux de nous dévoiler pratiquement dés le début du film le monstre, en plein jour - et intégralement ! Un pari risqué, mais qui fonctionne à merveille : ainsi, les attaques peuvent surgir n'importe où et à n'importe quel moment, les rendant imprévisibles et inhabituelles comparées à une production internationale balisée. La surprise n'en est donc que plus grande, assortie au fait que les charges de la bête sont d'une sauvagerie et d'une vitesse proprement affolantes. Les prises de vue magnifient ces dernières, les effets de ralenti parvenant à ajouter au film tension et, paradoxalement, beauté visuelle. De plus, malgré certains CGI ayant légèrement mal vieillis, le monstre est très bien conçu et pensé, et s'éloigne à nouveau de tous les archétypes que nous ne connaissons que trop bien. L'ancrant dans un monde bien réel (l'action qui se déroule principalement en plein jour ajoute à ce sentiment), Joon-Ho parvient à en faire une monstruosité plausible, augmentant donc la tension, l'immersion dans le film et le plaisir que l'on ressent à sa vision.

La famille de héros de The Host est bien éloignée elle aussi des canons du genre. Entre un père à l'ancienne vie dissolue, une sœur lente et parfois lunaire, un frère diplômé mais au chômage et porté sur la bouteille et le père de l'enfant, simplet qui peut s'endormir partout, tous sont des anti-héros en puissance. De par ses personnages, The Host est donc intrinsèquement emprunt d'un humour décalé jouissif et typiquement asiatique : le rire (souvent jaune, sans jeux de mot) peut surgir des situations les plus imprévues, créant un mélange détonnant et toujours maitrisé entre fantastique pur et comédie. Certaines scènes vont même jusqu'à frôler l'absurde, telle cette opération du cerveau. Un comique décalé qui, loin de diluer le propos de The Host, ajoute au contraire à ses qualités et à l'empathie que nous ressentons progressivement pour ses personnages, qui d'anti-héros passent à héros, leur banalité se métamorphosant en un héroïsme qu'eux-mêmes ne se connaissaient pas.

Enfin, le long-métrage distille un côté parfaitement incorrect politiquement : le monstre est le résultat de la stupidité humaine, les autorités sont montrées comme arrivistes et incompétentes, et les USA comme des inconscients qui ne reculent devant rien pour arriver à leurs fins.

Jonglant avec tous ces éléments pourtant antinomiques au premier abord, Bong Joon-Ho parvient avec un brio rare à livrer un film d'une grande homogénéité qualitative, qui s'impose assurément comme l'une des grandes réussites fantastiques des années 2000. Une pépite, à découvrir impérativement !


Jerry Maguire
Jerry Maguire
DVD ~ Tom Cruise

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un film plein d'espoir., 25 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jerry Maguire (DVD)
Jerry Maguire, agent charmeur et brillant de grandes stars du sport, se trouve un beau jour confronté à une prise de conscience quant à son but dans la vie et son éthique professionnelle... Viré sans pincettes, il doit alors repartir de zéro, un joueur raté et une secrétaire timide à ses côtés.

Réalisé par Cameron Crowe (également aux commandes 5 ans plus tard de Vanilla Sky), et sorti en 1996, Jerry Maguire trouve une grande partie du plaisir que l'on ressent à sa vision de par son interprète principal. Tom Cruise, alors au firmament de sa carrière (le film est à placer entre Mission Impossible et Eyes Wide Shut), étincelle dans ce rôle de battant se remettant en question, et communique sans peine son énergie au film. Côté casting, Renée Zellweger et Cuba Gooding Jr l'épaulent avec non moins de talent, respectivement dans les rôles de la touchante secrétaire et dans celui du joueur excentrique de football américain (Gooding Jr raflera d'ailleurs l'Oscar du Meilleur Second Rôle Masculin pour sa prestation déjantée).

Ne sombrant jamais dans le drame, Jerry Maguire est au contraire un film oscillant entre la romance et la comédie douce-amère, les moments poignants alternant avec des passages faisant volontiers rire (le beau-frère adepte de Miles Davis est à ce titre formidable). Cependant, cette apparent climat humoristique masque une réalité plus dure, celle du capitalisme actuel, dans lequel la moindre faiblesse est considérée comme un échec (pour preuve, le personnage de Kelly Preston), et la crise de la quarantaine. Mais prenant le contre-pied de cette noirceur en dotant son sujet d'un optimisme toujours présent, Cameron Crowe parvient à nous livrer un film qu'il fait bon voir, et qui donne espoir. Bravo !


Collision - Edition Collector 2 DVD [Director's Cut - Edition Collector]
Collision - Edition Collector 2 DVD [Director's Cut - Edition Collector]
DVD ~ Sandra Bullock
Proposé par MEDIA PRO
Prix : EUR 18,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un drame remarquable., 25 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Collision - Edition Collector 2 DVD [Director's Cut - Edition Collector] (DVD)
Au cœur de Los Angeles, s'entrechoquent au cours de deux jours les destins de personnages de tous horizons et toutes classes sociales.

Le sujet paraît vaste, flou, voire totalement improbable au regard de l'absence d'un fil conducteur principal. Pourtant, Paul Haggis (également scénariste de Million Dollar Baby et de Casino Royale), qui réalise ici son premier film (Dans la Vallée d'Elah et Les Trois Prochains Jours suivront), réussi haut la main un pari qui semblait a priori impossible.

Il choisit ainsi d'exploser le propos de son film en une multitude de sous-intrigues. Le thème avaient déjà été abordé en 2000 par Amours Chiennes et en 2001 par Traffic (de même qu'il le sera par Babel, en 2006), mais dans ces trois cas, le scénario suit une base assez linéaire, ne se dispersant qu'au travers de quelques histoires relativement stables. Ici, Haggis fait le choix de créer autant de sous-intrigues que de personnages principaux : sept ! Et force est de constater qu'il parvient à tirer d'un postulat de départ si difficile un immense film.

Tout d'abord, de par la manière dont est agencé le récit : les héros des différentes sous-histoires se croisent, s'ignorant ou se percutant, sans que jamais le rendu ne fasse brouillon. Tout en subtilité, à la manière d'un chef d'orchestre, le réalisateur agence les nombreux éléments de son récit avec finesse et habilité, nous faisant passer d'un univers à l'autre par un mouvement souple de caméra lorsque des protagonistes se croisent, ou abruptement, un magasin décrépi laissant place à une maison cossue. Jamais, nous ne pouvons anticiper sur la structure du récit, nous laissant au contraire tout naturellement porter par ce patchwork remarquable. Ce qui nous conduit tout naturellement au superbe travail du monteur Hugh Winborne (ayant également officié sur Sept Vies ou La Couleur des Sentiments) : carré et toujours à propos, le montage s'accorde parfaitement au ton du film, et contribue assurément à sa réussite.

Le second point fort de Collision réside pour sa part en son casting. Se partagent, excusez du peu, l'affiche : Michael Pena, Don Cheadle, Jennifer Esposito, Sandra Bullock, Brendan Fraser, Matt Dillon, William Fichtner, Terrence Howard, Thandie Newton, Ludacris, Ryan Phillippe, Keith David, Shaun Toub ou encore Nona Gaye (la fille de Marvin) ! Certains n'apparaissent que le temps d'une courte scène, d'autres à de nombreuses reprises. Mais dans tous les cas (avec néanmoins un bémol pour Ludacris), chaque acteur et actrice disparaît derrière son personnage, livrant un travail de composition remarquable. Un léger crispement de la main, le tressaillement d'une lèvre : chacun joue tout en finesse, construisant par petites touches des personnages bien plus profonds qu'il n'y paraît au premier abord. La caméra de Haggis parvient alors à relever avec pudeur chaque détails, le reflet furtif d'un lampadaire sur un œil embué de larmes nous en faisant comprendre et ressentir bien plus que de longs dialogues. J'ajoute enfin que Brendan Fraser, pourtant cantonné aux rôles comiques, prouve ici qu'il peut être un très bon auteur dramatique, créant la surprise de la part de celui qui fut le héros de La Momie, Endiablé ou George de la Jungle.

Mais surtout, la force motrice du film tient en son propos. Décrivant au gré de ses nombreux personnages des vies qui se croisent dans une mégalopole si gigantesque qu'elle en perd son âme, il parvient à synthétiser les fossés énormes qui séparent les communautés et les classes sociales américaines ainsi que les conflits qui en découlent. Le passé esclavagiste des USA n'est pas non plus occulté, tant dans le côté paranoïaque de Ludacris que dans le combat pour la reconnaissance que mène Terrence Howard. Au travers d'une ville, c'est le pays tout entier qui est montré dans sa dur réalité, bien éloigné de l'American Dream trop ancré dans les esprits. Jamais condescendant pour autant, le réalisateur nous offre des héros multi-facettes, dont les actes et attitudes révéleront la vraie personnalité tout au long du long-métrage.

Drame superbement réalisé, par moment presque étouffant (seul Ludacris, de par le caractère de son personnage, parvient à nous faire sourire), Collision ne perd jamais le spectateur dans le canevas de son intrigue, et nous porte avec un talent rare vers un final à double sens. Double sens qui concerne tout d'abord la rédemption, de par la superbe scène de la voiture brulée. Mais également, la rigidité des mentalités. A ce titre, le geste symbolique de Brendan Fraser fermant sa porte à l'aide du verrou est à double tranchant : l'objet en lui même est un témoin des préjugés des hommes (vous le comprendrez en regardant le film), mais le geste représente surtout la clôturation stricte des classes sociales et un immobilisme des mentalités qui n'est pas près de changer.

Une fin pétrie de sens pour un grand film, qui mérite incontestablement les trois Oscars qu'il reçu (Meilleur Film, Meilleur Scénario Original et Meilleur Montage), et qui se doit d'être vu !


Brosse palot Noir SAPHIR
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Proposé par comptoirdostrevant
Prix : EUR 13,20

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Utile, pratique et de qualité., 18 février 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brosse palot Noir SAPHIR (Vêtements)
Ne dérogeant pas à la ligne qualitative habituelle des produits Spahir, cette brosse palot, ergonomique et en bois ciré est dotée d'un poil relativement dur et noir. Parfaite pour cirer ses chaussures favorites !
A noter que la longueur des poils sur la brosse correspond à la circonférence des boîtes de cirage Saphir : pratique, donc.

Un achat à recommander pour tous ceux qui souhaitent prendre soin de leurs chaussures !


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