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matt
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Graal
Graal
par Philip Michaels
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Lorsque du Graal s'échappèrent Mort et Terreur..., 18 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Graal (Broché)
Écrit par Philip Michaels et sorti en 1982, Graal est une véritable curiosité, malheureusement très peu connue du grand public.

L'histoire tourne autours du Graal (vous l'avez bien compris !), retrouvé au cœur du Vatican et qui s'avérera sous son aspect divin vecteur de morts et de terreur. Inutile d'en dévoiler plus pour ne rien spoiler à la lecture de cet excellent roman !

Michaels y fait preuve d'une qualité d'écriture solide (bien que parfois écorchée par la traduction française), et parvient rapidement à nous captiver par un enchevêtrement habile entre paganisme, papauté, enquête policière et avancées scientifiques, auquel se mêle un sentiment d'urgence de plus en plus présent à mesure que les pages défilent.
De plus, les personnages sont crédibles et dépeints avec talent : nous ne pouvons alors que plonger à leurs côtés dans cette aventure prenante, voir anxiogène lors de certains chapitres.
Enfin, l'auteur parvient à dépeindre avec justesse les sentiments de ses héros, une romance naissante succédant aux grès des lignes à des hurlements de terreur.

Cependant, pas une seconde Michaels ne perd de vue la ligne conductrice de son récit, le Graal, et nous offre par conséquent un ouvrage aussi dense et solide que captivant, qu'il est bien difficile de laisser avant d'en avoir su la fin.

Ne vous fiez donc pas à la couverture purement racoleuse. Car au delà de sa réussite qualitative, Graal s'avère bel et bien être l'ancêtre du Da Vinci Code de Dan Brown et de L'Évangile selon satan de Patrick Graham. Deux hits littéraires qui semblent s'inspirer sur bien des points du présent livre, tant du point de vue de l'enquête papale et des signes secrets décimés de part l'Europe pour Da Vinci Code, que pour le mélange entre paganisme et enquête policière pour le best-seller de Graham (qui va jusqu'à reprendre la structure introductive de Graal pour L'Évangile selon satan !).

Pépite littéraire pratiquement inconnue, Graal mérite assurément la lecture !


Playmobil - 5122 - Jeu de construction - Enclos et éleveur de cochons
Playmobil - 5122 - Jeu de construction - Enclos et éleveur de cochons
Proposé par Centrale Free Agent
Prix : EUR 20,10

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pour les enfants amateurs de vie à la campagne !, 18 février 2013
Solide:5.0 étoiles sur 5 Amusant:5.0 étoiles sur 5 Educatif:5.0 étoiles sur 5 
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Playmobil - 5122 - Jeu de construction - Enclos et éleveur de cochons (Jouet)
Idéal pour complémenter la ferme playmobil, cet ensemble contient :

_un éleveur.
_un cochon adulte et quatre bébés.
_un abri pour ces derniers.
_l'enclos.
_l'auge.
_une taupe et un corbeau.
_du foin et de multiples végétaux (arbre, carottes, betterave, tournesol...).

Solide et éducatif, il ne pourra que plaire aux enfants !


Le Discours d'un roi [Ultimate Edition]
Le Discours d'un roi [Ultimate Edition]
DVD ~ Colin Firth

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une brillante plongée dans l'intimité de George VI., 18 février 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Discours d'un roi [Ultimate Edition] (Blu-ray)
Réalisé par le britannique Tom Hooper (aussi aux commandes des Misérables version 2013), Le Discours d'un Roi ne rafla pas moins de 4 Oscars en 2011 : Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleur Scénario et Meilleur Acteur pour Colin Firth.

L'histoire, tirée des mémoires de Lionel Logue, se centre autours de l'alors Duc d'York, fils du Roi d'Angleterre George V, et se déroule avant qu'il ne devienne George VI, dernier Empereur des Indes et premier Chef du Commonwealth. Attend de bégaiements, il dut faire appel à un australien aux méthodes inhabituelles afin de vaincre cet handicap, barrière entre sa fonction et lui, mais surtout entre un peuple et son Roi.

Le film présente tout d'abord un intérêt historique évident : l'intimité d'un Duc puis d'un Roi, les changements sociétaux de l'époque (le souverain, avec l'apparition de la radio puis de la télévision, voit son rôle évoluer, passant d'une apparition majestueuse de temps à autre à une voix, puis une image, présente dans chaque foyer), mais également dévoilant le balet des hommes de pouvoir, de l'apparition d'un Churchill imposant à l'Archevêque de Canterbury, en passant par Edouard VIII, dont le règne fut de courte durée. Enfin, la situation de plus en plus explosive en Europe n'est pas occultée, le nazisme devenant un sujet de plus en plus préoccupant pour la royauté britannique. Cependant, Tom Hooper ne commet pas l'erreur de plomber le rythme du film par une avalanche de références historiques qui aurait pu s'avérer rapidement indigeste. Au contraire, l'Histoire, présentée de manière fluide, entraine avec intelligence le récit et en devient une base aussi solide qu'exploitée avec talent, dévoilée par moment par petites touches aussi discrètes que bien placées (citons le passage où Firth annonce en pleur à sa femme qu'il n'est rien d'autre qu'un marin : en effet, George VI servit dans la Royal Navy au cours de la Première Guerre Mondiale).

Cependant, au delà de son côté historique, Le Discours d'un Roi se place avant tout d'un point de vue humain, dévoilant avec une pudeur admirable l'homme derrière la couronne : le Duc d'York, écrasé par le fardeau de son héritage royal, soumis à un père autoritaire, en perpétuel retrait d'un frère ainé aventurier et coureur de femmes, et traumatisé durant son enfance par une gouvernante malsaine et par ses défauts corporels (des genoux cagneux qui l'obligèrent à porter des années durant des coques de métal, et le bégaiement, évidente manifestation physique de son mal être). Un homme tourmenté, doutant de lui-même, rêvant d'être différent (l'histoire raconté à ses filles sur le pingouin se transformant en albatros aux immenses ailes en est le parfait témoignage), mais également se battant en permanence contre ses multiples failles, avec courage et ténacité. A ce titre, je ne peux que saluer le talent d'acteur évident de Colin Firth. Emprunt des fêlures et tourments de Georges VI, il disparaît totalement derrière le rôle, peignant le souverain dans ses moindres détails, d'un clignement d'œil fugace du à son défaut d'élocution à des crises de colère aussi violentes que brusques. La scène d'introduction est ainsi magistrale, l'acteur parvenant en quelques minutes à nous faire sentir tout le mal être du Duc d'York. Remarquable !
Face à lui, interprétant Lionel Logue, Geoffrey Rush est également parfait, orthophoniste talentueux rêvant naïvement des planches, tour à tour espiègle et intraitable quant à ses méthodes, mais toujours honnête et juste. Un rôle dans lequel Rush se coule à la perfection, son talent théâtrale n'en émergeant qu'avec plus de force. Autour de ce duo central gravitent de nombreux seconds rôles qui ne déméritent pas face aux deux acteurs oscarisés : Helena Bonham Carter (tout en finesse et retenue, bien loin de ses compositions habituelles), Guy Pearce (racé et instable) ou encore Michael Gambon (impérial en George V).

Cet somme de talents est alors mise en scène avec brio par Tom Hooper, dont la caméra révèle avec simplicité et justesse le portrait de ce Monarque. Au delà de l'aspect émotionnel, les prises de vue sont étonnantes de fluidité, prouvant que le réalisateur, malgré un seul long métrage à son actif avant le Discours d'un Roi (The Damned United), sait également maîtriser l'aspect technique d'un film. Jouant avec justesse sur les contre-plongées et les plongées, il parvient à nous révéler l'embarras ou le triomphe de George VI en une seule prise.

Réussite qualitative tant sur un plan historique et sentimental que sur un plan technique, Le Discours d'un Roi n'usurpe en rien la flopée de récompenses qu'il récolta à travers le monde, et mérite incontestablement l'achat.

Côté pratique, le coffret contient le dvd et le blu-ray, additionnés à un troisième disque de bonus, ainsi que les Mémoires de Logue dans un livre conséquent et le poster du film. Le coffret en lui-même, à défaut d'être gros, est solide et élégant de sobriété (le seul micro présent sur l'avant du coffret en dit plus long qu'une avalanche d'images).


Murder Was The Case
Murder Was The Case
DVD ~ Snoop Dogg
Proposé par Funkingdom
Prix : EUR 31,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un hymne au rap West Coast., 16 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Murder Was The Case (DVD)
Réalisé en 1994, Murder Was the Case sort en pleine période de gloire du rap West Coast : Snoop Dogg a sorti Doggystyle un an auparavant, le classique The Chronic de Dr.Dre est paru en 1992, Thug Life de Tupac sort la même année que le film, de même que Regulate...G Funk Era de Warren G. Citons également Ice Cube, qui en est à l'époque à son quatrième album studio (avec quelques grands classiques déjà à son actif, tels Check Yo Self ou Ghetto Bird), et Too $hort, qui en 1992 rafle le double disque de platine avec Short the Pimp. Bref, la West Coast flamboie de mille feux autours du label de Suge Knight.

Dans ce contexte, Dre décide de s'improviser réalisateur le temps d'un court métrage, au nom non équivoque : Murder Was the Case. Le temps d'une quinzaine de minutes, le docteur met en scène Snoop Dogg, petit malfrat qui suite à un différent avec un autre voyou, sera assassiné puis confronté à satan. Dr.Dre, loin d'être un bon cinéaste et un bon scénariste, n'en propose pas moins une fusillade nourrie, une femme très peu vêtue, une explosion pour le coup très réussie et beaucoup d'insultes : somme toute, transposer en images les thèmes propres au gangsta rap ! Ajoutons que la fin du court métrage bascule dans le fantastique, effets de lumière, voix modifiées, et effets spéciaux (quelques peu surannés) à l'appui. Sans être inoubliable sur le plan cinématographique, Murder Was the Case vaut avant tout pour un Snoop Dogg alors à l'aube de sa carrière et le sentiment nostalgique que tout amateur de hip hop éprouvera à la vision de cette glorieuse période rapologique.

Autour du court métrage (présent à peu près à la moitié de la durée du dvd) se greffent nombre d'interviews d'époque, quelques passages live et deux clips phares de Doggystyle : Doggy Dogg World et Gin & Juice (notons que Bow Wow est l'un des petits garçons sautant sur le canapé durant la scène d'introduction !). Également présent, le director's cut de Natural Born Killaz (sacrément dérangeant !) mettant en scène Dr.Dre, Ice Cube et John Amos en guest star, ainsi que des clips et chansons écrites et mises en scène spécialement pour le film, tel What would you do ?, hit instantané à sa sortie.

La BO éponyme, ne comprenant pratiquement que des inédits, sortira la même année et sera rapidement certifiée disque d'or, puis double disque de platine, et reste de nos jours à posséder impérativement pour tout aficionado du genre.

Quelque peut décousu de par l'enchainement autour du court métrage de clips, chansons, interviews, et live, Murder Was the Case est cependant une véritable curiosité à voir (voir avoir !) et à savourer pour tout amateur de hip hop old school !

Côté dvd, le film est en 4/3, l'image peu piquée et le son très aléatoire, voir par moment décalé au niveau des dialogues, faute à un doublage médiocre. Dommage !


Le cycle des robots, Tome 3 : Les cavernes d'acier
Le cycle des robots, Tome 3 : Les cavernes d'acier
par Isaac Asimov
Edition : Poche
Prix : EUR 6,30

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Plongée magistrale au coeur du futur., 14 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le cycle des robots, Tome 3 : Les cavernes d'acier (Poche)
Isaac Asimov, écrivain américain d'origine russe, fut un ardent passionné de science-fiction. La plus grande partie de sa riche bibliographie est ainsi axée sur le genre (très en vogue au cours des années 50 par ailleurs, autant d'un point de vue littéraire que d'un point de vue cinématographique). Néanmoins, il est de nos jours demeuré particulièrement connu et réputé pour ses fictions sur les robots. Le Cycle des Robots et les trois lois de la robotique qu'il créa ont ainsi pratiquement occultés le reste de ses ouvrages (additionné au fait que certains livres du Cycle furent adaptés sur grand écran, tels L'Homme Bicentenaire ou I Robot).

Les Cavernes d'Acier, écrit en 1953, prend place dans cette odyssée robotique. L'histoire se déroule dans un cadre suffocant : alors que la surface de la Terre n'est plus habitée depuis les guerres nucléaires, la race humaine s'est enfoncée sous terre, pour y vivre dans des mégalopoles gigantesques, véritables fourmilières d'acier qui ignorent tout d'un lever de soleil. Parallèlement, des Spaciens, descendants des anciens terriens qui colonisèrent une partie de l'univers, ont installés l'une de leurs cités aux abords du New-York futuriste, fait que ses habitants supportent difficilement. A ceci s'ajoute une utilisation sociétale de plus en plus poussée des robots, qui, sur les conseils des anciens colons, commencent à remplacer certains humains dans leurs travaux. La révolte gronde donc, et c'est dans cette situation explosive qu'un scientifique de Spacetown est retrouvé assassiné... L'inspecteur Elijah Baley doit alors fais équipe contre son gré avec un robot Spacien, afin de démêler l'écheveau de ce meurtre troublant aux conséquences qui pourraient s'avérer dramatiques pour la Terre toute entière.

Partant de cette histoire habile, Asimov nous livre une intrigue policière, qui, sans être inédite de nos jours (mais qui dut tenir en haleine nombre de lecteurs des années 50 !), se laisse suivre avec un plaisir certain.

Cependant, là où l'écrivain se démarque incontestablement et parvient à nous captiver avec brio, c'est par sa vision futuriste de la Terre. A l'instar du Jules Verne de Paris au XXe siècle, il crée de toute pièce un futur glacial, qui plus est loin d'être irréaliste. Les tapis roulants, le nucléaire, les robots et leurs trois lois, les voyages dans l'espace, la surpopulation et les repas synthétiques sont autant d'éléments plausibles qu'Asimov nous décrit avec force détails. Visionnaire, il propose une vue d'ensemble étonnamment cohérente de ce que pourrait devenir la planète dans plusieurs milliers d'années. L'univers des Cavernes d'Acier est ainsi un futur fouillé dans ses moindres détails (autant pour les objets que pour les modifications plus ou moins ténues de la société), mais toujours remarquablement homogène d'un point de vue global et mythologique. Asimov possède incontestablement une capacité imaginative et littéraire hors norme, fait que la traduction française de ses livres tend malheureusement à restreindre. Le vocabulaire, en passant de l'américain au français, perd en précision et en force, entrant parfois dans le domaine du commun là où les écrits originaux offraient des descriptions novatrices (comme l'a souligné l'un des commentateurs, les « champs de force » se transforment en « portes »). Dommage et honteux que l'éditeur et le traducteur n'aient pas retranscris avec plus de finesse et de justesse les lignes d'Asimov.

Ajoutons enfin que l'écrivain, de par la métaphore des robots, nous offre un manifeste à peine déguisé contre le racisme et le rejet d'autrui et pour l'égalité des droits.

Les Cavernes d'Acier est donc un livre écrit avec une grande intelligence, pourvu de différents faisceaux de lecture, mais surtout écrit avec une grande passion pour le futur, nous en offrant une vision extraordinaire. A lire impérativement...si possible en américain !


Le Drive-in
Le Drive-in

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un nanar littéraire., 13 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Drive-in
Les années 1980 furent une décennie riche en films fantastiques et horrifiques, drainant un flot de nanars propres au genre. Le Drive-In en est l'exact pendant littéraire. L'histoire se déroule ainsi dans un drive-in gigantesque (ça, vous l'avez bien compris), qui sera rapidement coupé du monde extérieur par un force extra-terrestre mystérieuse. S'ensuivent donc les nécessaires situations de survie des rescapés, et les horreurs auxquelles ils seront confrontés.

Joe R. Lansdale, partant de ce postulat très 80's, ne s'impose pas beaucoup de limites quant à l'écriture : beaucoup de passages sont ainsi peu travaillés stylistiquement, voir totalement kitsch (même si cet effet est délibéré). Le style littéraire est donc très pauvre et volontairement adolescent. De plus, l'écrivain cherche parfois à se transformer en Stephen King du pauvre, notamment lors de ses descriptions des classes sociales populaires et des individus peu reluisants en émanant. Le résultat quant à ce point est mitigé : certains passages sont de vrais réussites (la secte des chrétiens), alors que d'autres sombrent dans des clichés affligeants. Enfin, comme indiqué précédemment, les références mais surtout la ressemblance avec un certain nombre de mauvais films sympathiques est délibérément mise en avant. Pour preuve, l'action se déroule dans un drive-in qui projette des films d'horreurs, quelques héros sont fans de cinéma, et certains postulats de la présence des extra-terrestres indiquent clairement que ces derniers sont en train de tourner une série B fauchée !

Mise à part pour quelques bonnes idées (citons le Roi du Pop-Corn), Le Drive-In est donc un livre amplement dispensable, qui se lit comme l'on regarde une sympathique série Z : avec un léger plaisir coupable, et un oubli aussitôt que résonne le clap de fin.


Serial noceurs [Édition Prestige]
Serial noceurs [Édition Prestige]
DVD ~ Owen Wilson
Proposé par PLANETECINE
Prix : EUR 24,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une comédie attachante., 11 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Serial noceurs [Édition Prestige] (DVD)
Serial Noceurs, réalisé par David Dobkin (déjà aux commandes de Shanghai Kid 2), sort sur les écrans en 2005. Mettant en scène deux amis d'enfance dont l'activité favorite est de s'incruster dans les mariages pour y chasser avec zèle les jeunes femmes célibataires, le film les fait alors s'immiscer dans la haute société à l'occasion de leur plus grand défi : un mariage dans la famille du Ministre des Finances ! Au grès de moult situations plus cocasses les unes que les autres, les deux compères se verront cependant mis face à eux même...

Le long métrage, réunissant Owen Wilson (totalement déjanté !), Vince Vaughn et Will Ferrell (qui apparait lors de deux scènes jubilatoires), est typique de l'humour des années 2000, qui fut dominé par les films mettant en scène Ben Stiller et ses acolytes susmentionnés. Mon Beau-père et Moi, Zoolander, Starsky et Hutch, Retour à la Fac, Dodgeball ou encore La lègende de Ron Burgundy parsemèrent la décennie et furent autant de succès et de comédies réussies.

Serial Noceurs est donc emprunt de cet humour si caractéristique. Les deux héros sont ainsi deux adultes approchant de la quarantaine, mais vivant toujours comme des adolescents et repoussant sans cesse au lendemain le moment de prise en main de leurs vies. Un constat que l'on retrouve souvent dans les comédies avec Stiller, où le passage à l'age adulte et à la maturité est régulièrement mis en avant.

Au delà de ce sous-texte, les péripéties sont des plus réussies et amusantes, tapant souvent au dessous de la ceinture, mais sans pour autant en devenir vulgaires. Les personnages sont ainsi truculents (la grand-mère adepte d'insultes est à elle seule un summum), associé au fait qu'ils sont interprétés par des acteurs talentueux. En plus du duo principal, citons Rachel McAdams (qui explosa dans Sherlock Holmes), Rebecca De Mornay, Henry Gibson, Bradley Cooper (dans l'un de ses premiers rôles, jouant un individu parfaitement égocentrique et stupide !) et Christoper Walken, magnétique et génial.

Serial Noceurs s'avère donc être une comédie fraiche et rafraichissante, qui prend le temps de développer ses situations (le film dure tout de même deux heures) et qui propose, au delà de ses ressorts comiques, une brochette de personnages attachants et touchants. A voir !


Replicant - Édition Prestige [Édition Prestige]
Replicant - Édition Prestige [Édition Prestige]
DVD ~ Jean-Claude Van Damme
Proposé par lobigo
Prix : EUR 7,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un polar nerveux teinté d'anticipation., 11 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Replicant - Édition Prestige [Édition Prestige] (DVD)
Ringo Lam, qui sera également aux commandes de In Hell quelques années plus tard, réalise en 2001 Replicant. Le film, mettant en scène Jean-Claude Van Damme, s'impose assurément comme l'un des meilleurs films de l'acteur.

Le pitsch, intelligent (un double génétique d'un serial killer est créé pour pouvoir le capturer), donne naissance à un polar musclé et réussi, teinté d'anticipation de par la présence du clone. De plus, Lam, préférant s'axer sur ses acteurs et la nervosité de sa mise en scène (qui reste néanmoins toujours lisible), ne cherche pas à proposer à tout prix aux fans des démonstrations ininterrompues de karaté de son acteur principal. Les scènes d'action, fort réussies par ailleurs, sont ainsi avant tout mises au service du scénario, et non l'inverse.

Un excellent choix, au regard de son duo d'acteurs, qui peuvent alors décliner avec talent l'étendu de leurs jeux : Michael Rooker est parfait en flic en permanence sous tension, teigneux et nerveux. Mais surtout, la surprise vient de Jean-Claude Van Damme. Interprétant à la fois le tueur et son double génétique, il fait preuve d'un talent insoupçonné en tant qu'acteur. Passant d'un être cruel et magnétique à un homme sans repères, profondément bon mais maltraité de par son statut, le karatéka est étonnant qualitativement dans les deux rôles. Adaptant son regard, sa façon de parler, son charisme, sa gestuelle et même sa façon de se déplacer à chacun de ces deux personnages, pourtant antinomiques, il prouve avec brio qu'il peut être également un très bon comédien, capable de provoquer émotions ou répugnance chez le spectateur.

Un très bon polar donc, qui vaut autant pour ses rebondissements et ses scènes d'action que pour Van Damme en lui même, remarquable.


Le Trou noir
Le Trou noir
DVD ~ Anthony Perkins
Proposé par KAPPA MEDIA
Prix : EUR 42,00

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un Jules Verne spatial., 11 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Trou noir (DVD)
Du milieu des années 1970 à la fin des années 1980, les studios Disney, cherchant à retrouver un second souffle après la mort de Walt en 1966, se tournent vers des productions en images réelles beaucoup plus axées aventure, science-fiction et fantastique que par le passé. En résulte quelques excellents films tels que La Montagne Ensorcelée (1975), Peter et Elliott le Dragon (1977), Le Dragon du Lac de Feu (1981), Tron (1982) ou encore Le Vol du Navigateur (1986).

Le Trou Noir, sorti en 1979, s'inscrit parfaitement dans cette tendance d'innovation des Studios à la Souris. Réalisé par Gary Neslon, le film met en scène une station d'exploration spatiale, qui, aux abords d'un gigantesque trou noir, découvrira un immense vaisseau terrien, porté disparu depuis des années. A son bord, le docteur Reinhardt, génie scientifique malsain aux commandes d'un équipage de robots.

Anthony Perkins, Robert Foster, Joseph Bottoms, Yvette Mimieux et Ernest Borgnigne, membres de la mission d'exploration spatiale, se trouvent ainsi confrontés à Maximilian Schell, véritable Capitaine Nemo de l'Espace. Les parallèles avec Vingt Mille Lieues sous les Mers sont de fait nombreux, le vaisseau spatial ayant seulement remplacé ici le sous-marin : Reinhardt est un génie cherchant à tout prix à repousser les limites de l'inconnu scientifique, et allant jusqu'à rappeler de par ses traits même Nemo. Certaines situations sont de plus directement reprises du roman de Jules Verne, tel l'enterrement. Le Trou Noir s'avère donc être fortement intéressant à voir de ce point de vue, parvenant à transposer avec finesse l'univers visionnaire de l'écrivain, tout en y apportant son lot d'originalité et de surprises.

A ce titre, les effets spéciaux sont formidablement réussis pour l'époque (ils furent d'ailleurs nominés aux Oscars 1980). Trois ans avant Tron, la scène d'introduction utilise ainsi déjà le fameux quadrillage vert. Les maquettes sont également de toute beauté, et leurs interactions avec les acteurs sont remarquables : la scène de l'astéroïde géante roulant en direction des héros est proprement remarquable, de même que les scènes symboliques se déroulant dans le cortex final. De plus, l'utilisation des lasers est parfaitement maîtrisé, Nelson ayant opté pour l'usage d'un double rayon afin de se différencier de Star Wars, sorti seulement deux ans plus tôt. Pour l'anecdote, le réalisateur fait d'ailleurs une apparition dans le film : lorsque Perkins retire son masque à l'un des sbires de Reinhardt, c'est son visage qui apparaît, résultat effrayant d'une autre très bonne idée développée avec intelligence par le scénario. Enfin, la musique de John Barry (et le fameux thème du Trou Noir), est parfaite, apportant énormément à l'ambiance mystérieuse du film..

Mais malgré ces points positifs, le long-métrage a mal supporté le poids des années : certaines matte paintings ont très mal vieillies (rappelons que la première matte painting date de 1907, la technique ayant donc largement eu le temps de s'améliorer jusqu'en 1979), le jargon scientifique utilisé pour faire sérieux et crédible à l'aube des années 1980 prête aujourd'hui à rire, de même que le très sympathique et parfaitement kitsch robot Vincent, associé à son compère Bob. Ajoutons que la majorité du casting surjoue manifestement, à l'exception de Foster, Borgnigne et bien sûr Schell, toujours magistral.

Le résultat est donc un film de science-fiction mitigé, oscillant entre le brillant et le convenu, l'avant-gardisme et le kitsch, mais qui mérite cependant d'être vu, avec nostalgie et sympathie pour cette période qui vit l'aube des films spatiaux modernes.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 13, 2013 1:10 PM CET


Le monde englouti
Le monde englouti
par J. G. Ballard
Edition : Broché
Prix : EUR 7,00

10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'un des meilleurs Ballard., 9 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le monde englouti (Broché)
James Graham Ballard, de nationalité anglaise, est à l'origine de quelques succès bien connus de la littérature, du fait de leurs adaptations cinématographiques (Crash et L'Empire du Soleil), ainsi que d'autres classiques plus confidentiels tel que La Forêt de Cristal. Le Monde Englouti, publié en 1962, fait parti de ces derniers, et s'impose comme l'un des meilleurs romans de l'écrivain.

Faisant parti de son cycle des Quatre Apocalypses (avec Le Vent de Nulle Part, Sécheresse et La Forêt de Cristal), son histoire se déroule après que la Terre ait été en proie à des catastrophes naturelles la ramenant à l'époque du Trias. Les villes sont englouties du fait de la fonte des glaces, les continents se remodèlent à l'apparition de nouvelles mers, et des lagunes foisonnantes à nouveau de végétation préhistorique se forment sur les restes d'une civilisation détruite. Au cœur de l'une d'elle, une équipe de scientifiques analysent les évolutions topographiques, végétales et animales d'une terre renaissant sous sa forme originelle. Parmi eux, le docteur Kerans, qui se trouvera petit à petit happé par ses visions, images nébuleuses d'une réalité oubliée depuis des millions d'années.

A l'instar du Jules Verne de Paris au XXe siècle, Ballard propose une vision futuriste de la planète loin d'être irréaliste. Les phénomènes catastrophiques, décrits comme s'étant déroulés plusieurs dizaines d'années avant le début du Monde Englouti, demeurent ainsi du domaine du possible, fait remarquable si l'on considère que le roman a été écrit à l'aube des années 60.

Cependant, ne livre ne trouve pas sa force que dans la métamorphose radicale d'une terre revenant à ses origines primitives, mais également dans la transformation mentale de son héros. Kerans, à l'instar d'une faune et d'une flore qui mutent afin de survivre à un écosystème de plus en plus proche de celui du début de la vie sur Terre, doit également s'adapter et évoluer, non pas encore corporellement, mais spirituellement. Partant du postulat que les temps préhistoriques sont ancrés dans l'inconscient humain, de même que toutes les évolutions traversées par l'Homme, Ballard met son héros face à une réalité secondaire, celle des réminiscences d'un temps oublié, qui prendront bientôt le pas sur sa conscience objective. Ses deux mutations, celle de l'esprit et celle de la planète, sont servies par une qualité d'écriture indéniable. L'écrivain parvient ainsi à nous entrainer dans ce Monde Englouti avec un brio rare, et nous ne pouvons alors que plonger avec lui au cœur de cet univers primitif et moite. Ainsi, les descriptions, remarquables, apportent une base extrêmement solide à l'œuvre, nous donnant le sentiment d'une immersion complète.

Mais surtout, Ballard ne nous prend pas par la main et ne nous donne pas toutes les clefs pour percer immédiatement les secrets de son roman. De courtes ellipses d'action et de nombreuses métaphores parsèment les pages, toujours écrites avec un grand talent, ce qui, loin de perdre le lecteur, le pousse au contraire à plonger plus profondément dans l'ouvrage, et à s'y investir émotionnellement et intellectuellement.

Ajoutons que le roman, loin de proposer un début et une fin précise, et au contraire un épisode de la vie du héros, s'inscrivant dans une unité de lieu putrescente : la lagune tropicale. En résulte paradoxalement un sentiment à la fois d'étouffement et de sécurité, similaire à la sensation pour Kerans de se trouver dans un fœtus intellectuel et naturel, dont il ne s'échappera qu'à la fin du livre.

Enfin, certaines scènes sont extraordinairement réussies, le talent d'écriture de l'écrivain s'alliant à des situations fantasmagoriques et des personnages comme issus du ventre même de l'Apocalypse (citons la plongée dans un Londres englouti sous les yeux d'un pillard fanatique).

Le Monde Englouti est donc assurément l'un des meilleurs ouvrages de Ballard, mais également un grand roman, qui se lit sur deux tableaux : celui concret d'une planète redevenant primitive, et celui abstrait et philosophique d'un esprit retrouvant ses origines premières.

Si tant est que plonger dans les lagunes de ce Monde Englouti ne vous effraye pas...vous n'en ressortirez pas déçus !


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