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matt
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Dog Pound
Dog Pound
DVD ~ Adam Butcher
Proposé par Bobby-Destock
Prix : EUR 6,48

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un film coup de poing., 24 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dog Pound (DVD)
Co-fondateur du collectif Kourtrajmé, Kim Chapiron, après avoir fait ses débuts de réalisateur grâce à Sheitan, décide en 2010 de revenir derrière la caméra avec Dog Pound.
Littéralement « fourrière », le film suit les histoires de trois mineurs délinquants incarcérés à la prison d'Enola Vale.

Ne prenant pas de parti pris (Chapiron montre les bons comme les mauvais côtés des gardiens et des prisonniers), Dog Pound ne suit aucun scénario linéaire, mais s'attache au contraire à décrire les événements de la vie quotidienne de ces adolescents. Tour à tour touchant, drôle, puis basculant brutalement dans une violence sauvage et sans rémission, le long-métrage ne peut se suivre avec la décontraction qu'offre la vision de clichés inhérents au genre, et ce pour deux raisons.

Tout d'abord, le spectateur est placé dans une situation en permanence inconfortable (personne n'est vraiment ni bon ni méchant, les actes de barbarie peuvent arriver n'importe quand et n'importe où, le climat de tension va crescendo). Kim Chapiron met donc en œuvre se qui constitue visiblement l'une de ses motivations cinématographiques principales : faire réagir le public.

De plus, le choc n'en est que plus grand qu'il s'agit ici de jeunes garçons. Toute personne ayant vu un minimum de films carcérales en connait certains drames, tel le viol ou les combats. Mais voir un prisonnier de 16 ans se faire torturer psychologiquement n'est pas chose courante, d'où un sentiment de malaise parfois bien présent et des séquences qui gagnent en intensité ce qu'elles perdent, par moment, en originalité. Ainsi, bien que son script suive celui de Scum, sorti en 1979, Dog Pound se base surtout et avant tout sur des anecdotes et des faits véridiques récoltés durant un an au sein de différents établissements pénitentiaires pour mineurs. Il n'en devient donc que plus immersif et choquant, la différence entre Cinéma et réalité s'estompant dangereusement.

A ces différentes qualités s'ajoute un casting absolument irréprochable. Le trio principal, qui n'est que peu (voir pas du tout) connu du grand public, ajoute une touche supplémentaire de réalisme au projet. Mais avant tout, les trois jeunes acteurs principaux sont extraordinaires dans leurs rôles de délinquants, la révélation venant d'Adam Butcher, effrayant de rage contenu.

Enfin, la musique, principalement composée par K'naan, est d'une douce beauté qui ne fait que renforcer le contraste entre l'âge des prisonniers et leur situation présente.

Dog Pound, parfois proche d'un uppercut en plein ventre et doté d'une conclusion glaçante de laquelle toute notion d'humanité est absente, s'impose donc comme un film de prison destiné à faire date, mais surtout à entrainer des réactions, positives ou négatives, du public. L'apathie ne peut en effet être présente devant un tel long-métrage. Le pari de Kim Chapiron est bel et bien gagné.


Haute sécurité
Haute sécurité
DVD ~ Sylvester Stallone
Prix : EUR 11,70

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Naïf mais sympathique., 23 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Haute sécurité (DVD)
Durant les années 80, Sylvester Stallone enchaine les rôles d'American Heroes : entre Rambo 1, 2 et 3, Rocky 4 et Cobra, rien n'échappe à cette vague de patriotisme - mis à part l'excellent Bras de Fer. En 1989, Stallone, après les fusillades d'un Rambo 3 explosif, décide donc de s'émanciper le temps d'un film de cette image qui ne lui colle que trop à la peau, et de revenir au rôle qu'il incarne le plus sincèrement : celui de l'homme simple au grand cœur.

Le script de Haute Sécurité traite ainsi de l'histoire de Frank Leone, ancien roi de l'évasion à présent assagi, qui, peu de temps avant sa libération, se voit transféré dans un établissement pénitentiaire de haute sécurité. Celui-ci est en effet dirigé d'une main de fer par Drumgoole, ancien directeur de la prison dont s'est échappé notre héros, et bien décidé à faire payer ce dernier pour son affront passé.

Le scénario, simple mais touchant, aurait pu faire mouche si le film n'était sorti en 1989. Tout d'abord, l'histoire est traitée d'une manière on ne peut plus convenue. Pas de rebondissements inattendus ni de situations inédites, le réalisateur John Flynn optant pour un canevas déjà vu maintes fois auparavant. Bien sûr, Stallone est comme toujours excellent dans l'incarnation de ce genre de personnage, mais son jeu ne parvient pas à transcender un script extrêmement formaté et non exempt d'invraisemblances, qui n'avaient déjà plus les faveurs du public à l'époque (Leone mémorise une carte très technique en la regardant une seconde et se la remémore des mois après sans souci, des prisonniers qui peuvent fumer des cigares et réparer des voitures dans un pénitencier de sécurité maximale...). Car là ou Bras de Fer (avec un héros similaire) mélangeait environnement inédit (les compétitions desdits bras de fer) et histoire paternel touchante, Haute Sécurité ne parvient pas à devenir immersif et crédible en raison du manque d'originalité du projet.

Cependant, malgré cette naïve linéarité, le film n'est pas sans points positifs. Certaines scènes sont des plus réussies (telle celle du match de rugby), Donald Sutherland (interprétant le directeur) est ignoble, la musique de Bill Conti (compositeur attitré des Rocky) est superbe, et voir Tom Sizemore (qui tient pour la première fois un rôle dans un long-métrage) et Danny Trejo (dans un très petit rôle) si jeunes est un plaisir cinéphile.

D'un point de vue plus contextuel cette fois-ci, Flynn, en choisissant de se plonger dans le cadre d'une prison, semble oublier qu'il se place dans la droite lignée de nombreux classiques aussi innovants les uns que les autres, et que la comparaison s'effectuera nécessairement dans l'esprit du public. Le Prisonnier d'Alcatraz, La Grande Évasion et La Colline des Hommes Perdus dans les années 60, Papillon, Midnight Express et L'Évadé d'Alcatraz dans les années 70, Brubaker et Furyo dans les années 80, autant de grands films aussi inventifs que formidablement réussis, face auxquels Haute Sécurité paraît bien (trop) léger et superficiel.

De plus, la fin des 80's a vu évoluer radicalement le film d'action, et par conséquent ses personnages phares. Steven Seagal vient d'exploser avec Nico, Bruce Willis tourne dans Piège de Cristal en 1988 et L'Arme Fatale vient de propulser Mel Gibson au rang de star. La violence s'exacerbe, de même que le cynisme et l'humour noir. Stallone, n'ayant pas su anticiper la nouvelle mouvance, se retrouve donc malgré lui dans la peau d'une relique d'une décennie dorée mais qui s'achève. Tout étant trop années 80 (des habits à la simplicité de l'histoire) pour les goûts des spectateurs, qui se sont modifiés eux aussi, Haute Sécurité fut par conséquent un flop autant commercial que critique, et le dernier rôle d'homme du peuple simple et généreux pour Sylvester Stallone. John Flynn, lui aussi, abandonna définitivement ce registre, pour réaliser à peine deux ans plus tard Justice Sauvage.

Cependant, Haute Sécurité, malgré ses nombreux défauts, peut être revu aujourd'hui avec plaisir, tout à la fois pour son acteur, encore authentique, et pour le parfum très 80's qui en émane. Et si l'originalité est bel et bien absente, la nostalgie, elle, est bien présente !


Sniper
Sniper
DVD ~ Tom Berenger
Proposé par [mediapromo]
Prix : EUR 9,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Efficace et prenant., 20 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sniper (DVD)
Luis Llosa (futur metteur en scène de L'Expert et d'Anaconda) réalise en 1993 Sniper, qui s'axe sur un tireur d'élite aguerri au Panama et à ses jungles étouffantes (Tom Berenger), et qui devra faire équipe avec une jeune recrue inexpérimentée (Billy Zane), afin d'assassiner un général panaméen.

Partant sur des bases communes à nombre de séries B, Sniper s'en démarque pourtant très rapidement, et s'avère être au final redoutablement efficace.

Tout d'abord, Berenger hérite d'un rôle écrit sur mesure : proche du sergent Banes de Platoon, il habite véritablement son personnage, machine à tuer hantée par son passé. A ses côtés, Billy Zane est parfait dans le rôle du jeune sniper, encore innocent et naïf. Deux conceptions du monde, deux mentalités opposées, deux personnalités distinctes que le scénario, bien écrit, permet de rendre crédibles.

Le long-métrage, loin de se limiter à une promenade de santé dans une forêt truffée de lieux communs, comprend également plusieurs sous-intrigues et de nombreux ennemis inattendus qui se mettront en travers du chemin (tortueux) de nos deux héros. Les clichés habituels au genre étant pour la plupart évincés, il est dés lors difficile de ne pas se trouver plongé dans un film bien plus habile qu'il n'y paraît de prime abord.

De plus, Sniper étant (fait suffisamment rare pour le notifier) intégralement tourné en pleine jungle, l'immersion n'en est que intensive, et le sentiment de réalisme s'en trouve décuplé. Luis Llosa sait en effet filmer la forêt vierge et les dangers qu'elle recèle, parvenant sans peine à rendre crédible son projet.

Enfin, les scènes de guerre en elle-mêmes sont réussies. Entre tirs éloignés et combats rapprochés, l'action est prenante et correspond à ce qui se faisait de mieux en ce début d'années 90. Qui plus est, le conseiller militaire desdites scènes (et entraineur de Berenger et Zane) est Dale Dye, lui-même ancien tireur d'élite et également conseiller sur Platoon, Outrages, Piège en Haute Mer ou encore Spy Game. Un souci de réalisme guerrier probant à l'écran, notamment lors des séquences durant lesquelles les héros se fondent dans le paysage, adoptant ses spécificités et attendant le meilleur moment pour appuyer sur la gâchette.

En conséquence, Sniper constitue une excellente surprise, doublée d'un excellent film de guerre. A posséder sans hésiter dans sa dvdthéque (malgré le fait que l'édition dvd soit des plus basiques) !


La ferme de la terreur
La ferme de la terreur
DVD ~ Sharon Stone
Prix : EUR 11,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Un Wes Craven médiocre., 20 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La ferme de la terreur (DVD)
A la suite des classiques que constituent La Dernière Maison sur la Gauche et La Colline a des Yeux, Wes Craven réalise en 1981 La Ferme de la Terreur. Se déroulant en pleine campagne américaine, l'histoire met en scène un jeune couple vivant à proximité des Hittites, communauté intégriste qui ne voit pas d'un bon œil la vie moderne que mènent leurs voisins (comprenez : ils ont un tracteur et ne portent pas d'habits noirs). A la suite du meurtre mystérieux du jeune marié, deux amies viendront rejoindre l'héroïne dans sa ferme pour la soutenir. C'est alors que des événements de plus en plus étranges arriveront au malheureux trio...

En choisissant de placer son thriller horrifique en rase campagne et en pleine communauté Hittite (ni plus ni moins que des Amishs), Craven fait un choix judicieux, qui plus est peu exploité par le Cinéma jusqu'alors. Les espoirs étaient donc grands pour cette Ferme de la Terreur, qui semblait partie pour constituer un trio gagnant avec les deux précédents films du réalisateur. Pourtant, en tant que cinéphile, la satisfaction n'a pas été au rendez-vous pour moi.

Tout d'abord, Wes Craven fait le choix de mélanger deux genres : l'horreur (comprenant onirisme et slasher), et le giallo (via la main gantée de noir, le couteau et la vision subjective). Idée encore une fois originale, si le giallo italien n'avait pas déjà été si connu du grand public. La pierre fondatrice du genre datant de 1963 (La Fille qui en Savait Trop), cette sous-branche du thriller connue deux décennies dorées, à savoir les années 60 et 70. Nombre de ces films ayant été des succès autant critiques que commerciaux (Je Suis Vivant, Torso, L'Homme Sans Mémoire, L'Emmurée Vivante...), le spectateur est donc déjà au fait de leurs principaux clichés. Mais néanmoins, après des longs-métrages aussi habiles et machiavéliques que Les Frissons de l'Angoisse ou La Maison aux Fenêtres qui Rient (que Wes Craven n'a pu ignorer à l'époque), ce dernier revient, dans La Ferme de la Terreur, aux bases les plus élémentaires du giallo, sombrant dans tous ses pièges et ne lui donnant en aucune façon un nouveau souffle. Pour quiconque en ayant vu un minimum, le meurtrier peut-être débusqué très rapidement, le scénario perdant donc tout suspens... Craven, concernant le côté thriller de son projet, arrive donc avec vingt ans de retard.

D'un point de vue horrifique cette fois-ci, le réalisateur mélange séquences oniriques (qui sont elles réussies) et slasher. Sous-genre à la popularité de masse toute nouvelle à l'époque (Halloween, qui lui même s'inspire de Black Christmas, date de 1978), il est ici largement exploité par des situations convenues que nous ne connaissons que trop bien (les portes non verrouillées, les scènes de sexe dégénérant en scènes de sang...). Certes, il était normal, à l'aube des années 80, de vouloir suivre la tendance. Mais ce serait oublier les deux films précédents de Wes Craven, qui, pour leur part, constituèrent de véritables séismes cinématographiques. Ce que La Ferme de la Terreur n'est en aucune manière, les prises de risque scénaristiques y étant totalement absentes.

De plus, malheureusement, les héroïnes peinent à s'affirmer et à être crédibles. Bien sûr, Sharon Stone tient pour la première fois un rôle conséquent à l'écran, mais cela n'améliore en rien le jeu d'actrice de Maren Jensen (dont c'est d'ailleurs le dernier film). Principal personnage de l'intrigue, elle ne parvient jamais à rendre authentique la jeune veuve qu'elle interprète (sa réaction face à la mort de son époux est ainsi digne d'une série Z !).

La véritable bonne surprise du film vient alors de la communauté Hittite. Menée par un Ernest Borgnine impérial, elle parvient à s'imposer comme l'élément le plus prenant de La Ferme de la Terreur, magnifiée par la superbe musique composée par un nouveau venu : James Horner. A cette communauté religieuse s'ajoute avec habilité la sous-intrigue touchante d'un jeune homme hittite et de l'une des héroïnes, clôturées par la seule scène sanglante réussie du film.

Enfin, comment ne pas être éberlué par la révélation finale, aussi tirée par les cheveux que confuse ! Bien que l'identité du meurtrier ne fasse pas de doute, trouver une raison aussi absurde à ses actes semble être indigne du futur metteur en scène de Scream. A cette révélation s'ajoute un nouveau twist, imposé lui par les producteurs, faisant passer le film du giallo/slasher teinté de rêves prémonitoires au fantastique le plus pur. Un choix hautement hasardeux, qui achève de plonger le long-métrage dans une médiocrité de laquelle il ne parvient que trop rarement à s'extraire.

Pour certains, La Ferme de la Terreur est une série B mésestimée, prémisses des futurs projets de Wes Craven. Je ne peux nier que certaines idées du présent film seront reprises ultérieurement par le réalisateur (telle la scène de l'araignée), et que certaines prises de vue et jeux de lumières sont réussis (mais sabordés par la médiocre édition dvd Bach). Néanmoins, au vue des éléments énoncés précédemment, je ne peux qualifier ce mélange brouillon de différents genres de réussite. Fort heureusement, Craven retrouvera l'inspiration (et le succès commercial) trois ans plus tard, grâce à un nouveau classique, Les Griffes de la Nuit !


Serial Mother
Serial Mother
DVD ~ Kathleen Turner

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 L'un des meilleurs John Waters., 19 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Serial Mother (DVD)
Bien connu de tout amateur de cinéma bis et transgressif, John Waters réalisa au cours des années 70 nombre de long-métrages politiquement incorrects, trashs et déviants (dont le plus célèbre reste Pink Flamingo, sommet culte de mauvais goût). Épaulé par son égérie travestie, Divine, il mit en exergue les tares de la société américaine et arrosa d'acide sulfurique toute notion de bien-pensante morale. Cependant, à partir de 1988 et de la sortie de Hairspray, le réalisateur, tout en ne se départissant pas de son côté anti-conformiste, mit de l'eau dans son vin. Ses projets ne furent plus interdits aux moins de 18 ans, et devinrent accessibles à un public plus large. L'exemple le plus frappant en est Cry Baby (1990), qui prend pour héros un jeune premier de l'époque, Johnny Depp. C'est dans ce contexte plus assagi que Waters réalise, en 1994, le formidable Serial Mother.

Le casting y est à l'avenant (Kathleen Turner, Sam Waterston, Matthew Lillard et Suzanne Somers en guest-star), tout comme le semble a-priori l'histoire. Turner interprète en effet une mère de famille aimante et pudibonde, aussi attachée à la morale qu'à son exemplaire vie familiale. Mais pour peu que la colère ne la prenne, elle a tôt fait de se transformer en une impitoyable... Serial Mother !

Le réalisateur, masquant son irrévérence derrière un humour très noir et férocement second-degré, se plait avec jubilation, lors de l'introduction, à peindre le portrait idéal de l'Amérique des années 80. On se croirait dans une publicité kitsch et attenante à l'irréalisme, si John Waters ne pimentaient pas ces scènes d'éléments importuns. Une mouche écrasée avec violence, et c'est tout le rêve américain qui s'étiole d'un coup. Ce rêve américain, durant toute la suite du film, sera mis à mal par les fêlures qu'il cache en son sein : entre des adolescents accros aux films gores et porno, une fille nymphomane, des voisins imbéciles et stupides, ou encore des policiers incompétents, c'est toute l'Amérique que Waters tient en joue ! Toujours grinçant, ce dernier va jusqu'à proposer une conclusion qui sonne comme une gifle infligée à l'hypocrisie humaine.

Dans le rôle de la mère de famille, Kathleen Turner fait des merveilles, tour à tour religieuse, généreuse, insultante, furieuse, meurtrière, folle et brillante. Créant la surprise, elle montre ici avec brio ses multiples facettes d'actrices, n'hésitant pas à se salir les mains en accomplissant des méfaits pour le moins inattendus (tout de même, tuer quelqu'un avec un gigot !). A ce titre, John Waters rend un hommage poussé à sa propre jeunesse, passée à Baltimore (tout ses films, y compris celui-ci, s'y déroulent), tout d'abord par le personnage de Matthew Lillard, adolescent passionné de films d'horreur (dans lequel l'on ne peut que reconnaître le réalisateur), puis par certains long-métrages horrifiques ayant marqués ses jeunes années (dont Blood Feast, premier film gore de l'histoire du Cinéma).Légèrement sanglant, Serial Mother l'est donc. Mais le second-degré prend vite le pas sur le glauque, et il est rapidement impossible de ne pas rire devant des situations toutes plus rocambolesques les unes que les autres.

Bien sûr, Serial Mother ne plaira pas à tous. Mais pour peu que l'on apprécie l'humour noir et irrévérencieux, il est donc à voir impérativement !

Concernant l'édition dvd, aucun bonus n'est malheureusement proposé. De plus, l'image, bien que correcte, n'est pas exempte de points noirs (particulièrement visibles durant le générique d'introduction). Mais ce détail mineur ne gênerait en rien la vision du long-métrage, si le doublage n'était pas si mauvais : la voix-off annonce des indications différentes de celles écrites, mais surtout, « mummy », terme affectueux pour « maman », est traduit par... « mamie » ! Privilégiez donc la version originale sous-titrée, vous y serez gagnants !


Poseidon
Poseidon
DVD ~ Kurt Russel
Proposé par KAPPA MEDIA
Prix : EUR 7,20

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un film catastrophe spectaculaire., 18 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Poseidon (DVD)
Deux ans après Troie, Wolfgang Petersen renoue avec le grand spectacle, en mettant en scène Poséidon, remake de L'Aventure du Poséidon, sortie en 1972.

L'histoire, simple mais percutante, traite du paquebot Le Poséidon, renversé par une vague géante. Un petit groupe de passagers tentera alors d'atteindre la surface, en remontant à travers les différents niveaux du bateau... et en bravant milles dangers !

Réunissant un excellent casting (Kurt Russell, Josh Lucas, Richard Dreyfuss, Kevin Dillon, André Braugher et Fergie en guest-star), Wolfgang Petersen parvient à réaliser un film catastrophe terriblement prenant. Pourtant, ce dernier ayant eu une durée imposée de 1h30, l'exercice s'avérait périlleux. Mais le réalisateur, mettant en œuvre tout son savoir-faire, parvient, d'une part, à rendre relativement crédibles ses héros en usant de demi-mots plutôt que de longues scènes d'expositions (durée oblige), et, d'autre part, à livrer un long-métrage duquel la tension n'est jamais absente. Car une fois passées les scènes d'introduction, concises mais révélatrices des personnalités des personnages centraux, la catastrophe nautique donne lieu à des scènes terriblement anxiogénes, les péripéties s'enchainant sans aucun temps morts. Difficile dès lors de ne pas éprouver stress, tension et claustrophobie devant Poséidon, les périls à affronter au cœur de cette immense coque métallique en train de sombrer arrivant à un rythme réellement effréné !

Enfin, les effets spéciaux, magnifiques, constituent l'une des forces primordiales du long-métrage. Mais ces derniers ne seraient rien sans le talent de Wolfgang Petersen à les filmer. Usant de prises de vue aussi superbes qu'efficaces et de travelling démentiels (la scène du générique d'introduction est à elle seule un summum), le réalisateur nous offre un remake qui, sans atteindre le niveau de développement psychologique de l'original, n'en est pas moins un spectacle réussi, tant sur le plan technique qu'immersif. Comptant également dans sa filmographie Das Boot et En Pleine Tempête, Petersen se classe donc, avec Poséidon, parmi les meilleurs metteurs en scène de l'océan et de ses dangers.

A ce tire, il est par conséquent fort regrettable que Poséidon ait été un naufrage commercial lors de sa sortie, et que la présente édition dvd soit des plus basiques. Un making of conséquent aurait été en effet des plus intéressants !


Thirst
Thirst
DVD ~ Park Chan-Wook
Proposé par MEDIA PRO
Prix : EUR 7,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Chef-d'oeuvre ?, 16 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Thirst (DVD)
Réalisé par Park Chan-Wook (dont le film le plus emblématique reste Old Boy), Thirst reprend un thème que le Cinéma s'est toujours plu à explorer (le vampirisme), pour en proposer une variation intelligente et, par la même occasion, pour délivrer un message d'amour au Septième Art. Inutile ici de déflorer une intrigue plus profonde qu'il n'y paraît, pour nous attarder au contraire sur les messages et références intrinsèques à celle-ci.

Traitant dans Thirst du vampirisme comme d'une maladie contagieuse (dont le sang à son origine demeure inconnu), Park Chan-Wook se place donc à l'opposé des films actuels de vampires pour adolescents. Ici, pas de bellâtres ni d'êtres immortels ressemblant à des rocks stars. Au contraire, le manque de sang frais crée des putrescences épidermiques, visions répugnantes de créatures que l'on ne peut que plaindre.

En prenant pour héros de son histoire un prêtre, le réalisateur enfonce également son pieu dans le cœur de nombreux interdits et tabous sociaux. Song Kang-Ho (personnage central de The Host), magistral dans le rôle dudit prêtre, est un personnage dans la droite lignée des héros de Chan-Wook : tourmenté et solitaire, il est un orphelin sans racines qui pratique son métier sans foi.

Face à lui, Kim Ok-Bin, révélation du film, interprète une jeune femme elle aussi perdue et malheureuse, qui allumera dans l'âme de Kang-Ho le feu brûlant de la Passion. Rencontre de deux êtres en marge de la société, Thirst reprend donc un thème classique à tout récit de vampires, mais parvient à le magnifier en le transformant en expérience sensorielle de tous les instants. Partout, les sens des protagonistes sont en éveil, que ce soit par des pieds nus qui courent sur le bitume ou par les premières étreintes charnelles, transcendées par la caméra du réalisateur.

De plus, ce dernier possède un talent indéniable pour trouver et filmer des images et situations insolites mais ô combien poétiques, transformant son long-métrage en un tableau cinématographique devant lequel s'agitent les désirs humains. La scène de la flûte, de laquelle s'échappe brutalement un sang rougeoyant se répandant sur un sol d'un blanc immaculé, est ainsi un summum visuel, aussi inattendu que très bien filmé. Dès lors, impossible de se reposer sur des idées préconçues et des clichés, le film alternant magistralement immobilisme troublant et fulgurances sanglantes.

Ce sens des situations insolites est également présent, comme dans de nombreux films du sud-coréen (on pensera au final de Lady Vengeance), dans les caractères des Hommes. Ici, cet insolite touche à l'absurde, la famille d'adoption de la jeune femme n'étant composée que d'imbéciles égocentriques. En résulte un humour proche de la tristesse, sentiments pourtant contradictoires mais que Park Chan-Wook parvient à unir avec le talent qui lui est propre. Car Thirst, au final, est un film traitant avec poésie des contradictions, morales et sociales. Mais plus encore, il est un vibrant hommage à l'Amour, cet Amour qui fait commettre des folies, mais également l'amour visible que le réalisateur porte pour le Cinéma Classique (au delà du fait que le scénario reprend la trame principale de Thérèse Raquin, roman naturaliste de Zola). En effet, comment ne pas reconnaître (entre autres) dans la scène de la barque, un hommage non dissimulé à Une Place au Soleil, classique de Stevens datant de 1951 ? Le long-métrage est ainsi empreint de l'essence des histoires d'amours maudits, si typiques de l'Hollywood des années 40 et 50 (pour n'en citer que quelques unes, Le Facteur Sonne Toujours Deux Fois, Baby Doll, ou, plus tardivement, Lolita). La femme, tout d'abord innocente et objet de désir, porte en elle la pomme du Mal, et devient progressivement un objet de menace.

Mais là ou Chan-Wook réussit un tour de maître, c'est en traitant toutes ces influences sans dénigrer l'une au profit de l'autre, parvenant à unifier en un ensemble beau, triste et nostalgique, des éléments a priori peu compatibles : la Mort, l'Amour, la Religion, la Passion, le crime, le vampirisme, l'absurde, la poésie et la Beauté. Un patchwork superbement traité, rehaussé par une photographie sublime, une musique qui l'est tout autant...et un final divin.

Thirst, littéralement « soif », peut donc tout autant s'appliquer à ses héros qu'à son réalisateur : soif d'innovations tant visuelles que scénaristiques, soif de Cinéma et d'hétérogénéité culturelle.
Alors certes, le long-métrage est difficile d'accès : mais pour peu que l'on prenne le temps de s'y immerger, le voyage est dépaysant, surprenant et reste longtemps en mémoire.
Le Prix du Jury cannois, en 2009, est donc amplement mérité pour Park Chan-Wook, réalisateur poète qui réussit le tour de force d'apporter du sang frais à un genre exploité jusqu'à la corde. Bravo !


Brosse à lustrer Saphir Small
Brosse à lustrer Saphir Small

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un excellent produit., 15 juin 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brosse à lustrer Saphir Small (Vêtements)
Idéale pour lustrer ses chaussures en cuir, cette brosse, en bois et crin de cheval, fait 14 cm de longueur et est, d'un bout à l'autre, pourvue de deux longues encoches. La prise en main est donc optimale.
Un produit, par conséquent, à recommander.


Unstoppable
Unstoppable
DVD ~ Denzel Washington
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 6,08

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Imparfait... mais redoutablement efficace !, 15 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Unstoppable (DVD)
Unstoppable, sorti en 2010, se base sur un scénario des plus simples : deux cheminots, l'un au bord de la retraite (Denzel Washington) et l'autre, jeune, arrogant et venant d'arriver dans la compagnie ferroviaire (Chris Pine), vont tenter l'impossible pour stopper le train 777, qui contient une grande quantité de produits toxiques et est laissé en marche - et sans conducteur !

Un script par conséquent on ne peut plus basique pour Tony Scott, dont c'est ici le dernier long-métrage avant son tragique suicide. Ainsi, à trop rouler en terrain connu -le film d'action-, le réalisateur s'embourbe malgré lui dans quelques ornières malencontreuses.

La première d'entre elles est cette habitude plus ou moins inspirée et prise depuis Man on Fire, de filmer avec une image en permanence découpée en plans très courts et aux couleurs retravaillées. Ici, plutôt que de présenter l'introduction de manière traditionnelle (donc relativement stable), Tony Scott fait le choix hasardeux et peu adéquat de filmer dès les premières minutes de façon épileptique. L'univers de Domino justifiait un tel parti pris. Mais en aucun cas, il ne l'est ici : aucun enjeux importants n'ayant encore été révélés et l'histoire n'ayant pas encore vraiment démarrée, l'impression prématurée de se retrouver dans un clip sans buts réels et fatiguant pour les yeux est bien présente (ainsi que la certitude que le temps de l'immobilisme des Prédateurs, son premier film, est bel et bien révolu !).

Le deuxième travers du film est le sentiment, parfois bien présent, que la prise de risques n'est pas qu'absente uniquement pour le réalisateur. Concernant la musique, Harry Gregson-Williams (The Town, Rock...) en est à sa neuvième collaboration avec Scott. C'est dire si les deux hommes se connaissent. Malheureusement, cela ne va pas, dans le cas présent, dans le sens d'une grande innovation : Gregson-Williams fait du Gregson-Williams. Il livre donc un score efficace, mais sans aucune innovation. La remarque s'applique également à Denzel Washington : lui en est à sa cinquième collaboration avec Tony Scott. S'étant seulement coupé les cheveux, il ne cherche aucunement à s'immerger dans son rôle, mais joue du Denzel Washington, livrant donc le minimum syndical. Heureusement dés lors que l'acteur est naturellement sympathique !
La surprise vient alors de Rosario Dawson, mais surtout de Chris Pine. L'une, qui vient de sortir du familial Percy Jackson, est parfaite, jouant tout en tension et en nerfs une chef de gare, tandis que l'autre, vedette un an auparavant du Star Trek d'Abrams, parvient à briser avec talent son image de jeune premier -et de Kirk. Looser, volontiers rentre-dedans et sans langue de bois, il interprète à merveille son rôle, et mène véritablement l'ensemble à bout de bras.

Mais malgré ces bémols, taxer Unstoppable de sans intérêts serait oublier que Scott est passé maître dans le domaine du film d'action (citons Le Dernier Samaritain, Le Flic de Beverly Hills 2, Top Gun...). Il fait donc ici ce qu'il sait faire de mieux : livrer un divertissement sans temps morts et extrêmement efficace. Ce qu'Unstoppable est incontestablement, film mené sur les chapeaux de roues et ne laissant que peu de répit au spectateur. Car passé son introduction clipesque, le long-métrage peut-être assimilé au train 777, prenant de plus en plus de vitesse et devenant de plus en plus prenant au fil des minutes. Bien qu'aucune situation ne soit inédite, l'adrénaline et la tension s'invitent donc progressivement dans le film, pour ensuite ne plus le quitter jusqu'à un final démentiel. Enfin, Tony Scott parvient, en plus de son sens des péripéties haletantes, à retranscrire avec crédibilité le quotidien des cheminots : le film sent la graisse et le cambouis, et gagne par conséquence en crédibilité ce qu'il perd en images hachées.

Au final, Unstoppable est donc un dernier projet non exempt de défauts, mais qui parvient à les surpasser pour devenir un redoutable film d'action.
Ainsi, sans être du niveau du film référence en la matière, Runaway Train, il vaut assurément le détour !


Le Monde (presque) perdu
Le Monde (presque) perdu
DVD ~ Will Ferrell
Prix : EUR 11,70

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Une comédie réjouissante, dotée d'effets spéciaux bluffants., 15 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Monde (presque) perdu (DVD)
Adaptation d'une série télévisée des années 70 (Land of The Lost), Le Monde (presque) Perdu confronte un scientifique demeuré (Will Ferrell) au succès inespéré de sa machine a voyager dans le temps et l'espace. Épaulé par une jeune scientifique (Anna Friel, vue dans Limitless) et par l'idiot du village (Danny McBride, également présent dans Date Limite et Tonnerre sous les Tropiques), il devra tenter de survivre dans un monde mystérieux où se mêlent dinosaures, aliens et hommes-singes.

A la lecture d'un tel script, le pire semblait être à envisager. Pourtant, malgré la pluie de Razzie Awards auxquels il fut nominé (ainsi que son flop commercial notable), Le Monde (presque) Perdu s'avère être une comédie débridée, doublée d'un excellent film d'aventure aux effets spéciaux irréprochables !

Le côté « monde perdu » est ainsi artistiquement une réussite, alternant déserts, forêts tropicales, volcans, bêtes féroces, dinosaures et extra-terrestres (au look forcément rétro, vu la série originelle). Le chef décorateur étant Bo Welch (Beetlejuice, Men in Black, Thor...), l'immersion est instantanée, et l'on ne peut qu'apprécier à sa juste valeur la qualité du travail réalisé. Car, malgré son titre français racoleur, Le Monde (presque) Perdu est loin d'être une comédie aux moyens étriqués. Doté d'un budget de 100 millions de dollars, il est réalisé par Brad Silberling (qui connait bien l'univers fantastique, ayant auparavant été aux commandes de Casper, ou encore des Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire), et, côté équipe technique, comprend également Michael Giacchino à la musique (Ratatouille, Star Trek, Mission Impossible 4, John Carter...). Du beau monde, donc.
De plus, grâce au financement énorme dont est pourvue la comédie, les effets spéciaux y sont spectaculaire, tant pour la faune que pour la flore. Cela faisait ainsi longtemps que je n'avais pas vu de dinosaures si réalistes !

Alors certes, transposer 43 épisodes en 1h45 de film n'est pas chose aisée, d'où des situations et des personnages sans réels liens entre eux et qui se croisent de manière plus ou moins inspirée au gré de l'intrigue. Mais, malgré une première impression de patchwork légèrement brouillon, la multitude de péripéties et de lieux traversés donne vigueur et dynamisme à l'ensemble. Bref, on ne s'ennuie pas une seconde dans ce monde fantastique !

Enfin, concernant le côté « comédie », ceux qui n'aiment pas d'ordinaire l'humour de Will Ferrell, ne devraient pas plus l'apprécier ici que dans ses autres comédies. Pour les autres, l'acteur fait un one-man show des plus jubilatoires, enchainant bêtises sur répliques stupides (la scène du moustique vaut à elle seule le détour !), et ne démérite donc pas face à ses précédents succès. A ses côtés, Anna Friel apporte la touche féminine récurrente à nombre de comédies, tandis que Danny McBride semble prendre un plaisir fou à donner la réplique à son partenaire masculin, et à jouer un sombre crétin... plus perspicace qu'il n'y paraît !

Le Monde (presque) Perdu est donc un achat hautement recommandable pour tout amateur du Frat Pack, et plus largement, d'humour américain, tant d'un point de vue comique que d'un point de vue de la grande et inespérée qualité visuelle et immersive de ce monde oublié !


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