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Contenu rédigé par matt
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matt
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Horns [Blu-ray]
Horns [Blu-ray]
DVD ~ Daniel Radcliffe
Prix : EUR 20,89

5.0 étoiles sur 5 Vénéneux et totalement atypique !, 17 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Horns [Blu-ray] (Blu-ray)
Alexandre Aja, après avoir bâti sa réputation sur des œuvres gores et/ou jusqu'au-boutistes (« La Colline a des Yeux », « Haute Tension »...), poursuit sa carrière outre-Atlantique en adaptant le premier roman du fils de Stephen King : « Horns ». Un choix bienvenu, le français s'étant jusqu'à maintenant spécialisé dans les remakes (« Piranhas 3D », « Mirrors »...).

L'histoire suit Iggy Perrish, qui, après avoir été accusé du meurtre de sa compagne, voit avec stupéfaction deux cornes pousser sur son crâne. Mais il découvrira vite que ces appendices monstrueux produisent des effets pour le moins étranges sur son entourage...

Difficile de classer « Horns » dans un genre particulier, tant il oscille entre les registres. Il bascule ainsi sans coup férir de l'horreur au thriller, de la comédie au drame et vice-versa. L'exercice, déjà difficile dans un livre, aurait pu relever du pur gâchis au cinéma.
Pourtant, Aja parvient à maintenir son film sur cette ligne de crêtes : créer une osmose entre toutes ces genres, et ne jamais sombrer dans le ridicule. Ce mixage permanent m'a agréablement surpris, me menant dans un labyrinthe d'émotions au sein duquel on ne peut savoir si la scène suivante fera pleurer, rire ou frissonner.

Pourtant, l'ambivalence ne s'arrête pas là. Les cornes, symboles évident de l'enfer et du mal à l'état pur, nous font d'abord nous demander si Daniel Radcliffe appartient bien toujours à notre monde. Ou du moins, s'il n'est pas en train de devenir un démon... voir pire ! Puis, ces protubérances monstrueuses amèneront les personnes en contact avec lui à avouer leurs pensées les plus viles et secrètes. Les premières révélations, involontaires et scabreuses, surprennent tout d'abord, et m'ont poussé à me demander s'il s'agissait bien d'une scène vécue par Perrish, ou tout simplement fantasmée. Encore une fois, le réalisateur brouille les cartes, nous forçant à ne pas rester passifs devant l'écran.

Même constat concernant l'(anti)-héros de « Horns », qui est tout sauf irréprochable. Fumant, buvant, jurant, Iggy Perrish n'hésite pas à utiliser ses pouvoirs pour amener un groupe de personnes à s'entretuer (et Aja de livrer une violente décharge, l'espace de ces quelques minutes, contre les médias vautours). Daniel Racliffe, qui continue ici à casser l'image d'un Harry Potter encore trop collé à lui, prend donc beaucoup de risques, prouvant qu'il est un acteur bourré de talent et d'envie de découverte. Une envie de découverte commune avec le personnage qu'il incarne, qui mettra à profit ses nouvelles capacités pour découvrir l'identité du meurtrier véritable. Peu de surprise en revanche de ce côté, on devine vite qui est le coupable : une raison qui a d'ailleurs poussée l'auteur à lever rapidement le voile du secret dans son livre. Mais qu'importe, le metteur en scène fait oublier les clichés et les évidences par un mouvement de caméra habile, par une phrase bien sentie ou une musique entêtante, mais surtout en immergeant le spectateur dans un autre point marquant du long-métrage : son atmosphère.

L'action se déroulant uniquement dans une petite bourgade nichée entre un lac et des montagnes sauvages, l'unité de lieu force une promiscuité gênante entre les protagonistes, desquels tout espoir de vie meilleure semble stoppé par les sommets rocailleux avoisinants. Même constat concernant les scènes romantiques en plein bois : les arbres, anciens et couverts de mousse, évoquent l'univers des contes de fées, mais aussi l'atmosphère d'un boudoir moite, propice à toutes les confessions. Une ambiance (et plus globalement une œuvre) qui ne peut être comparée qu'au David Lynch de « Twin Peaks » et de « Blue Velvet » et au Sam Raimi de « Intuitions ». La référence à Lynch étant voulue par Aja, ce dernier nous dévoile avec habilité une intrigue à tiroir, qui, bien que le coupable soit couru d'avance, n'en demeure pas moins passionnante et menée à un rythme inhabituel, les fulgurances étant rapidement brisées par des moments de calme. Comme si, au fil des secrets avoués, Radcliffe voulait courir vers une conclusion implacable mais ne pouvait que faire du sur place, englué dans la toile d'araignée sordide que constitue sa ville.

Cet univers claustrophobique est vu aussi à travers les yeux de Perrish petit garçon, de nombreux flash-backs nous dévoilant l'enfance des protagonistes. A ce titre, le scénario saccage le mythe de l'enfance magique, les nounours détruits à la grenade étant le symbole de jeunes esprits déjà fissurés et sujet à la cruauté. Le troisième et ultime paradoxe de « Horns » résulte donc de ce constat : des enfants qui ne croient plus en rien, mais qui, devenus adultes, se mettent à embrasser des rêves puérils comme celui de l'Amour éternel.

Déroutant et rempli d'émotions, d'actes et d'atmosphères antinomiques, « Horns » se voit conclu par une vision à la fois belle, gore, poétique, biblique et tragique. Une manière de clôturer en beauté ce long-métrage de grande qualité, ovni rejoignant par ses dernières phrases un début qui prend alors une signification totalement nouvelle. Envoûtant.


Les Aventures de Ford Fairlane
Les Aventures de Ford Fairlane
DVD ~ Andrew Dice Clay
Proposé par Expédition sous 24H
Prix : EUR 6,72

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une pépite injustement méconnue., 30 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Aventures de Ford Fairlane (DVD)
Non, vous ne rêvez pas : la comédie rock'n'roll qui se trouve actuellement devant vos yeux est bel et bien réalisée par Renny Harlin !
Alors en pleine gloire suite aux succès du « Cauchemar de Freddy » et de « 58 minutes pour vivre », le metteur en scène finlandais décida de s'octroyer une pause cinématographique entre deux films d'action burnés. Et de mettre en scène, dans l'intervalle, ces « Aventures de Ford Ferlaine ».

Totalement fou, le long-métrage accumule à la minute un nombre impressionnant de répliques débiles et de personnages idiots. Tant et si bien que l'on se demande, dès les premiers plans, si l'humour absurde est voulu ou s'il s'agit d'un involontaire nanar ! Que l'on se rassure cependant, Harlin revendique le fait qu'il s'agit d'une comédie et nous le fait vite savoir – que ce soit par des noms stupides (« le détective rockeur ! »), des seconds rôles déjantés (mention à Robert « Freddy Krueger » Englund), d'un scénario sans queue ni tête, d'un prétendu koala vivant si mal fait qu'il déclenche des fous rires à chaque apparition, et encore et toujours, par des répliques formidables de niaiserie.

Malheureusement, « Les aventures de Ford Ferlaine » (à l'instar des « Aventures de Jack Burton », de John Carpenter) fut un flop total à sa sortie. Si bien que Renny Harlin revint au film d'action trois ans plus tard, avec l'excellent « Cliffhanger ». Échaudé par l'expérience, il ne remit ensuite plus jamais les pieds dans le registre comique. Dommage, tant il semble s'y sentir à son aise !

Il n'est néanmoins pas trop tard pour réhabiliter ce film méconnu : si vous appréciez ce genre d'humour et si vous voulez rire un bon coup, n'hésitez surtout pas !


Edge of Tomorrow  [Ultimate Edition - Blu-ray 3D + Blu-ray + DVD + Copie digitale] [Ultimate Edition - Blu-ray 3D + Blu-ray + DVD + Copie digitale]
Edge of Tomorrow [Ultimate Edition - Blu-ray 3D + Blu-ray + DVD + Copie digitale] [Ultimate Edition - Blu-ray 3D + Blu-ray + DVD + Copie digitale]
DVD ~ Tom Cruise
Prix : EUR 25,99

8 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un blu-ray de qualité au service d'un excellent divertissement., 30 octobre 2014
Tom Cruise semble se sentir de plus en plus à l'aise dans le registre de la science-fiction. Après l'excellent « Oblivion » en 2013, le revoici en tête d'affiche d'un nouveau film du genre, réalisé cette fois-ci par Doug Liman (« La Mémoire dans la Peau », « Mr and Mrs Smith »...).

Reprenant le principe de la boucle temporelle (qui a déjà donné naissance à quelques classiques, tels « Un Jour sans Fin »), « Edge of Tomorrow » nous place dans le cadre d'une Terre dévastée par un race extra-terrestre meurtrière. Dés le début du film, les forces humaines unissent leurs dernières ressources pour une contre-attaque à grande échelle, corollaire du débarquement de 1945 en Normandie. Mais, comme de bien entendu, les choses ne seront pas si faciles qu'elles en ont l'air...

Débutant pratiquement par l'assaut sur les plages françaises, « Edge of Tomorrow » nous offre quelques belles séquences de batailles, pas des plus novatrices mais en tout cas efficaces. Sans atteindre de ce point de vue la fluidité des mouvements de caméra que Joseph Kosinski avait obtenu dans « Oblivion », le film se rattrape par deux points : le rôle de Tom Cruise, plein d'humour, et l'ingéniosité du scénario.

D'un côté, Cruise, - épaulé par l'impeccable Emily Blunt et par le truculent Bill Paxton (ses répliques machistes de sergent maître font mouche à tous les coups !) - trouve ici un rôle qui, dans un premier temps, est à contre-emploi. Major planqué et poltron, il devra affronter malgré lui la réalité d'un conflit qu'il n'a vu jusqu'ici que de très loin. Puis, au fur et à mesure qu'il revit la même journée, il apprendra à s'ériger en véritable bête de guerre, œuvrant cependant toujours dans l'ombre et n'étant jamais un héros du peuple – boucle temporelle oblige. Il est donc facile de s'identifier à lui, puisque, à son instar, nous ignorons d'abord tout des méthodes d'attaques aliens.

De l'autre côté, le script parvient à éviter la redite et à développer en permanence de nouveaux pièges et rebondissements. Difficile par conséquent de s'ennuyer devant ce film, chaque retour en arrière étant l'occasion de nouvelles découvertes et de nouveaux plans. J'ai apprécié également le fait que Liman joue parfois avec le spectateur comme avec ses personnages. Il ne nous dévoile en effet pas toujours si les passages qui se déroulent devant nos yeux ont déjà été vécus par le passé, ou non : l'attention et l'intérêt s'en trouvent donc décuplés.

Film à la fois de guerre et de science-fiction, « Edge of Tomorrow » constitue en conclusion un excellent divertissement, sans temps mort et à l'esthétique soignée. Probablement la meilleure réalisation de Doug Liman à ce jour.
Et, cerise sur le gâteau, le blu-ray est des plus soigné : en plus des nombreux bonus, sa piste DTS-HD fera les beaux jours de votre installation !


Fury [Steelbook]
Fury [Steelbook]
DVD ~ Brad Pitt
Prix : EUR 14,99

18 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un très bon film de guerre, malgré certains clichés., 29 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fury [Steelbook] (Blu-ray)
De « Fury », je n'avais entendu parler que des frasques de Shia Labeouf, qui, pour mieux s'immerger dans son rôle, refusait de se laver et s'arracha lui-même une dent (!).
Le résultat en valait-il cependant la peine ?

Globalement, nous pouvons dire que oui. S'inspirant d'une histoire vraie survenue durant les derniers jours de la Seconde Guerre Mondiale (période peu traitée au cinéma), « Fury » est le nom donné à un tank américain par son équipage. Le film suit le quotidien de ces quatre hommes, exténués par des années de guerre, et de la jeune recrue qui les rejoindra.

Le réalisateur David Ayer sait aller droit au but et ne pas s'encombrer de fioritures – comme il l'a déjà prouvé avec « Bad Times », « Au bout de la nuit » et « End of watch ». D'emblée, l'introduction nous plonge dans la crasse et l'horreur du conflit, via une vision tout à la fois très stylisée, répugnante et marquante. La première moitié du long-métrage est ainsi totalement nihiliste, faisant parfois penser au « Croix de Fer » de Sam Peckinpah et au « Requiem pour un Massacre » de Elem Klimov. Tout contribue à ce sentiment d'agonie d'humanité, la boue, les visions gores, les personnages épuisés tant mentalement que physiquement et l'absolu jusqu'au-boutisme des combats, nous plongeant avec crédibilité dans un univers au sein duquel la moindre faiblesse doit être mise de côté. A ce titre, les affrontements entre blindés sont les meilleurs que je n'ai jamais vu à l'écran, la virtuosité de la réalisation s'alliant à la rapidité et à la brutalité des impacts.

Pour personnifier l'ambivalence de ce groupe de soldats, hommes devenus animaux au fil des morts amoncelés sur leur chemin - mais pour lesquels nous éprouvons de la compassion - , il fallait un groupe d'acteurs aussi talentueux que capables de s'immerger dans des rôles ingrats.
En star du film, Brad Pitt fait des merveilles au point de disparaître derrière son personnage. Couturé de cicatrices, couvert de boue et nuque rasée, il livre ce qui est sans doute sa meilleure performance à ce jour. En lui, j'ai retrouvé ce qui rend si mémorable les anti-héros des autres longs métrages de Ayer. Comme le Keanu Reeves de « Au bout de la nuit » et le Christian Bale de « Bad Times », il est au bout du rouleau, véritable bombe à retardement sur le point d'exploser à tout moment. Loin d'être l'irréprochable sergent américain auquel nous sommes habitué, Pitt doute au contraire de son leadership, faisant rejaillir son désarroi et ses peurs dans les bouffées de ses cigarettes - lorsqu'il ne le fait pas en tuant de sang-froid. A ses côtés, le reste du casting est tout aussi engagé, avec une mention spéciale à Logan Lerman (le jeune héros de "Percy Jackson") et à Jason Isaacs (Lucius Malefoy dans les "Harry Potter"), qui se trouvent ici bien loin de leurs rôles grand public.
La crédibilité est donc de mise pour tous, tant dans les jeux d'acteur que dans la psychologie des personnages. Il est probable que les semaines passées en camp d'entraînement militaire et les rencontres avec des anciens combattants ont contribuées à forger ce souci de réalisme...

Cependant, les stéréotypes s'immiscent dans « Fury » dés sa seconde moitié. Les dialogues deviennent plus convenus, et le final, même s'il est véridique, n'esquive pas un préjudiciable sentiment de déjà-vu. Heureusement dés lors que l'ultime bataille est filmée avec maestria, les splendides jeux de lumière et la férocité des séquences d'assaut faisant passer la pilule du cliché.

Bien que n'étant pas le film de guerre ultime, « Fury » est donc un long-métrage hautement recommandable. Il a au moins le mérite de s'attacher à un aspect peu connu de la Seconde Guerre Mondial, tout en en proposant une vision politiquement peu correcte.


Gone Girl [Blu-ray]
Gone Girl [Blu-ray]
DVD ~ Ben Affleck
Prix : EUR 19,99

14 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un thriller de haut vol., 22 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gone Girl [Blu-ray] (Blu-ray)
Après « Millénium », David Fincher appose avec « Gone Girl » une nouvelle pierre de taille à son genre de prédilection : le thriller. Il contribua en effet à hisser le genre vers des sommets rarement égalés depuis, avec des films aussi percutants et marquants que « Seven ». Digne héritier d'Alfred Hitchock (comme lui, il n'utilise pratiquement que des plans de caméra classiques, donc intemporels, transcendés par des scénarios possédants l'intelligence de ceux du Maître du Suspense), Fincher sait pourtant distiller dans ses œuvres une critique plus ou moins sous-jacente, mais toujours acerbe, du monde dans lequel nous vivons.

Avec « Gone Girl », le réalisateur s'essaye au thème du couple en prenant pour base le roman « Les Apparences », de Gillian Flynn.
Le postulat, d'une simplicité étonnante (une femme disparaît dans des circonstances troubles et les soupçons se portent sur le mari), aurait pu donner en d'autres mains un insipide ragoût de bons sentiments mâtiné de doutes et d'hésitations. Mais pas ici. Ici, David Fincher brouille les psychologies, les motifs, les personnalités et les visions du monde, livrant un passionnant et hypnotisant patchwork à la montée en puissance aussi précise qu'implacable. Personne n'étant vraiment ni blanc ni noir au regard de la moral, et surtout pas les médias vautours, nous découvrons à travers le prisme des regards des multiples protagonistes différentes réalités. Fascinant exercice que de tenter dés lors de démêler le vrai du faux, un dialogue ou un geste confortant puis faisant vaciller nos certitudes – jusqu'à ce qu'un twist insoupçonnable (et ils sont nombreux !) redistribue à nouveau les cartes. Je n'ai donc pas pu rester passif face à « Gone Girl ». Sans cesse, le cerveau du spectateur est mis en éveil, fait qui contribue grandement à ce que les 2h30 du film défilent à une rapidité proprement étonnante.

Mais le metteur en scène dissèque également avec une plume acerbe et un regard noir les relations conjugales, montrées ici sous leur jour le plus sombre. Manipulation, domination, incompréhension et dialogues affutés ouvrent à coups de scalpel la sacro-sainte institution du mariage, qui se voit ici présentée sans fard et sans pincettes - au-delà même de l'aspect thriller du long-métrage. Les acteurs principaux participent grandement à la crédibilité de ce couple a priori idéal, mais en réalité en pleine déliquescence.
Rosamund Pike (déjà vue dans « Jack Reacher ») apporte ce qu'il faut d'ambiguïté à son rôle d'épouse pour que, rapidement, elle devienne une femme trouble et complexe, tandis que Ben Affleck livre l'une de ses meilleures prestations dans le rôle du mari. Une prestation qui devrait enfin lui faire retrouver grâce auprès des cinéphiles les plus pointilleux : le temps du jeune premier d' « Armageddon » et du justicier de « Daredevil » est loin, et le comédien a prouvé avec le temps qu'il était d'une part un très bon acteur, et d'autre part un excellent réalisateur (« The Town » et « Argo » pour preuves).

« Gone Girl » se voit enfin parfaitement synthétisé par son affiche française, qui voit, brisée par des barres de logos télévisés, la petite silhouette noire d'Affleck surmontée par un nuage s'évaporant dans un ciel bleu, duquel émerge une paire d'yeux. Homme dont les médias ne montre que la partie qui les arrange et soumis à des faits aussi difficiles à saisir qu'à appréhender...

N'hésitez pas à plonger dans les méandres de ce très grand film, vous ne le regretterez pas.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 7, 2014 7:00 PM CET


Malibu shark attack
Malibu shark attack
DVD ~ Renee Bowen

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Des requins lutins de pacotille., 5 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Malibu shark attack (DVD)
Attention, voici ce qu'il convient d'appeler un nanar : rien n'est réussi dans ce Malibu Shark Attack !
Les acteurs jouent très mal, le réalisateur semble filmer avec ses pieds tant les plans sont insipides, les requins (lutins, pour se démarquer) sont terriblement mal fait et les dialogues, d'une nullité sans nom, se payent en plus le luxe d'être interminables.
Ajoutez à ceci un tsunami de 1m30 de haut (qui semble mettre 30 minutes à atteindre les côtes...), une blessure qui n'en finie plus d'être recousue (et qui disparaît pratiquement durant le reste du film), une fausse alerte lamentable ("ah non, c'était une branche qui a heurtée notre abri"... L'abri en question se trouvant au milieu d'une masse d'eau dépourvue du moindre arbre), et vous aurez compris que Malibu Shark Attack vaut le coup d'oeil pour rire un bon coup, mais ne vaut pas que l'on dégaine pour autant sa carte bancaire.


Hercule [Version longue - Blu-ray + DVD]
Hercule [Version longue - Blu-ray + DVD]
DVD ~ Dwayne Johnson
Prix : EUR 25,07

24 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un mythe revisité avec générosité et sens du spectacle., 11 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hercule [Version longue - Blu-ray + DVD] (Blu-ray)
Lors de la campagne promotionnelle de « Hercule », Dwayne Johnson clamait haut et fort qu'il était « né pour incarner ce rôle ».
Simple phrase choc ? Mots imposés par l'équipe marketing ? Ou tout simplement ego s'exprimant face au fait de jouer un demi Dieu ?
Rien de tout cela. Car l'ancien catcheur rêvait bel et bien depuis son enfance d'interpréter ce personnage mythologique. Au point de contacter le réalisateur Brett Ratner (« Rush Hour », « X-Men 3 »...), hors de tout processus de casting afin qu'il l'engage. Rapidement enrôlé, The Rock s'est alors fortement impliqué dans le projet, allant jusqu'à choisir en collaboration avec le metteur en scène les autres acteurs et actrices – John Hurt (« Alien »), Joseph Fiennes (« Stalingrad »), Rufus Sewell (« La Légende de Zorro »), etc. Mais aussi en s'imposant un entrainement musculaire intense, et en réalisant des prouesses physiques impressionnantes. Jugez plutôt : lorsqu'il se libère des chaines qui l'entravent, il ne s'agit pas d'effets spéciaux, mais bien d'une performance live ! La scène nécessita huit prises, l'acteur s'étant évanoui sept fois sous l'effort à fournir...

« Hercule » étant l'adaptation d'un roman graphique scénarisé par Steve Moore, nous passerons sur la polémique due au contrat malhonnête qui empêcha l'auteur d'empocher le moindre centime de droit d'auteur, pour nous attacher au film même.

Sa principale qualité, en plus de The Rock, tient au fait que Ratner ait su – et pu – retranscrire en 1h38 l'esprit des péplums populaires d'antan. Héros charismatique et musclé, scénario simple (malgré un twist bluffant), contrées exotiques, combats à grande échelle, monstres et acolytes sympathiques participent à cet effet. Mais sans que jamais pourtant l'ensemble ne se révèle insipide ou idiot.
Tout d'abord, car le réalisateur met le spectateur en permanence dans le doute : Hercule est-il ici, oui ou non, le demi-fils de Zeus ? Certains faits contribuent à nous faire penser que oui, alors que d'autres ne semblent être que des légendes habilement colportées. Ensuite, car les seconds rôles sont réellement attachants, tant par l'humour que par le drame (mention spécial à l'un des amis du héros, rendu muet par les traumatismes qu'il a vécu). Enfin, car les batailles sont d'une générosité et d'un réalisme étonnant pour ce genre de blockbuster : le sang coule abondamment, les cadavres s'amoncellent et sont montrés dans toute leur horreur glaciale et ni les femmes ni les enfants ne sont épargnés. Le cinéaste ne commet donc pas les erreurs de nombre de long métrages à grand spectacle contemporains, en ne cachant rien des dommages que la guerre inflige, tant du côté civil que militaire. Mais paradoxalement, il est parvenu en même temps à me faire revivre le sentiment enthousiasmant éprouvé durant mon enfance, lorsqu'un surhomme jetait à terre, d'un coup titanesque, quatre adversaires d'un coup. Un équilibre fragile, qui est pourtant trouvé ici ! J'ai ainsi rapidement oublié les dialogues plutôt cliché et la relative linéarité du script, pour me laisser entraîner avec un plaisir indéniable dans cette aventure héroïque.

De plus, ne sombrant aucunement dans l'effet de mode qui suivit « Spartacus » et « 300 », avec, d'un côté, des combats dans l'arène (cf « La Légende d'Hercule » de Renny Harlin) et de l'autre, des environnements entièrement numériques, Ratner nous livre un univers hautement crédible.
Les personnages sont couverts de cicatrices, les casques, armures et boucliers sont bosselés, les éclairages intérieurs sont souvent à la chandelle ou à la torche, et la plupart des villes et villages sont sales. Bref, le réalisme est bien là, y compris dans les paysages et dans les décors (beaucoup de ceux-ci ayant été construits « en dur »). Ceci m'a donné le sentiment agréable de me retrouver devant une production non dominée par les logiciels informatiques, d'où un plaisir presque nostalgique qui en est ressorti.
Cet aspect réaliste est enfin rehaussé par les tragédies vécues par Hercule, qui le rendent faillible et hantent sa mémoire. Le personnage s'inscrit donc bien dans la lignée des grands mythes antiques, ce qui prouve à nouveau que le long-métrage n'est pas qu'à destination des adolescents.

Sans user de shaky cam ni de plans surdécoupés, le réalisateur film son histoire avec une ampleur et un sens épique indéniable, en usant avec à-propos des talents du grand directeur de la photographie Dante Spinotti (qui magnifie grâce à l'éclairage certaines séquences – telle celle des geôles), et en enveloppant le tout dans une musique puissante, qu'il est surprenant de voir surgir des partitions de Fernando Velazquez (jusqu'alors plutôt habitué aux films d'horreur : « L'Orphelinat », « Mama »...).

Généreux, intègre et homérique, « Hercule » est donc, de mon point de vue, un film à voir. Film qui constitue de toute évidence le summum de la carrière de Brett Ratner à ce jour, et, probablement, l'un des meilleurs rôles de Dwayne Johnson.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 13, 2014 3:52 PM CET


Sharknado
Sharknado
DVD ~ Tara Reid
Prix : EUR 16,70

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Inénarrable Sharknado..., 26 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sharknado (DVD)
N'y allons pas par quatre chemins : les personnes désirant voir un film sérieux, effrayant ou aux effets spéciaux bluffants apposeront au présent film un zéro pointé, et ne devraient certainement ne pas mettre plus de un euro dans l'achat du dvd/blu-ray – voir ne pas l'acheter du tout. En revanche, les personnes appréciant les nanars en tout genre ne pourront que rire d'un bout à l'autre de ce que l'on pourrait qualifier de ratage complet, et apprécieront chacune des minutes de ce naufrage cinématographique.

En effet, rien n'est réussi dans Sharknado ! Au hasard et pêlemêle : les acteurs surjouent en permanence, les effets spéciaux - à l'exception notoire d'un bras arraché - sont tous intégralement ratés, les répliques sont pathétiques, les scènes d'action totalement improbables (mais pourquoi le héros décide t-il de descendre en rappel d'un pont pour aller examiner un bus semblant vide ?? Et comment peut-il avoir avec lui du matériel d'alpinisme, alors qu'il est barman à Los Angeles ?...). Notons de plus que la production ne se donne même pas la peine de donner un minimum de crédibilité à des séquences pourtant on ne peut plus basiques : pour exemple, lorsque les protagonistes principaux sont en voiture, le bruit du moteur n'a pas été ajouté en post-production, et derrière toutes les vitres se trouve un écran blanc. Le personnage principal conduit-il ? Est-il à l'arrêt ? Où va t-il ? Des questions que l'on finit vite par arrêter de se poser devant cette belle pitrerie, le seul élément notoire de ces scènes de conduite étant les baquets d'eau qu'un stagiaire déverse à intervalle régulier sur le véhicule...
Comment également ne pas notifier ici l'épique moment où un vieil ivrogne brise la vitre d'une autre voiture en la heurtant mollement avec le coussinet d'un tabouret de bar ? Ou encore lorsque notre héros de surfeur hurle « Sortez de l'eau ! »... alors qu'il est le seul avec son ami à y s'y trouver.
De tels passages sont légions dans Sharknado, jusqu'à un final dont je ne dirai rien afin de ne pas gâcher le sentiment d'abberation qui vous habitera alors !

Produit par la chaîne télévisée Syfy pour un petit million de dollars, ce long-métrage a cependant vite vu le succès lui sourire du fait de son humour involontaire, au point d'avoir droit à une sortie en salle aux USA.
A vous de juger maintenant de cet étalon du navet, qui parvient à montrer en 1h30 toutes les erreurs à ne pas commettre en réalisant un film ! Un véritable sommet du genre.


La Planète des Singes : L'Affrontement [Blu-ray]
La Planète des Singes : L'Affrontement [Blu-ray]
DVD ~ Andy Serkis
Prix : EUR 18,99

16 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une réussite majeure., 14 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Planète des Singes : L'Affrontement [Blu-ray] (Blu-ray)
Parvenir à pratiquement se hisser, qualitativement parlant, au niveau de « La Planète des Singes » de 1968 : voilà ce à quoi parvient « La Planète des Singes : L'affrontement, » huitième volet de la prolifique saga.

A l'origine de ce classique en devenir, Matt Reeves, fan incontesté de cet univers post-apocalyptique et déjà réalisateur d'un film où l'humain perdait de sa suprématie : « Cloverfield ». S'étant assis sur le siège de réalisateur laissé par Rupert Wyatt (qui refusa d'aller plus en avant pour cause de temps de tournage trop réduit par la production), Reeves parvint à imposer ses vues à la Twenty Century Fox : ne pas situer l'action dans un futur trop lointain, et prendre le temps de développer les étapes de la naissance de la civilisation simiesque.
Force est de constater que le résultat final est à la hauteur, voir dépasse, les espérances les plus téméraires.

Faux remake de « La Bataille de la Planète des Singes », le film se situe huit ans après « Les Origines ». Les singes et les humains vivent dans l'ignorance l'un de l'autre, ne sachant s'il existe des survivants de l'autre race. Chacun tente bâtir son univers sur une Terre revenue à l'état sauvage, jusqu'au jour ou une rencontre imprévue à lieu...

Techniquement parfait, « L'affrontement » offre les effets de motion capture (dit « mocap ») les plus élaborés qu'il nous ait été donné de voir. Avec, en fer de lance, la performance hallucinante d'Andy Serkis en César, l'acteur prouvant une nouvelle fois qu'il est le maître incontesté de ce domaine des effets spéciaux (rappelons qu'il a déjà incarné King Kong, le Capitaine Haddock, Godzilla et Gollum). Jamais des singes n'avaient été ainsi représentés si parfaitement à l'écran, le tournage presque intégral en environnement naturel ajoutant au sentiment d'immersion dans l'existence de nos proches cousins – devenus ici, par un malheureux concours de circonstance, nos plus impitoyables ennemis.

Mais ce qui frappe avant tout dans ce long-métrage, ce qui fait sa force et sa singularité, c'est son scénario. Car oui, contrairement à la majorité des blockbusters actuels qui se contentent d'une mince et souvent plate intrigue, prétexte à des effets spéciaux à la limite de l'overdose, ce « Planète des Singes » propose un canevas scénaristique brillant ! Pour preuve, le film réussit le tour de force de nous faire oublier que nous sommes en train de regarder une simple fiction, pour nous immerger corps et bien dans son histoire. Et ce, sans s'appuyer sur des stars mondiales (la majorité du casting, parfait soit dit en passant, ne dira rien au grand public), ni sur des débordements pyrotechniques. Le jeu des acteurs et actrices (singes y compris) y est évidemment pour quelque chose, de même que le tournage dans des forêts moussues aux pluies glaciales. Mais avant tout, c'est le message intrinsèque qui fait mouche, et ne peut que tous nous toucher.

Tout d'abord, Matt Reeves développe avec talent et en prenant le temps nécessaire à une exposition claire mais jamais niaise, chacune des deux civilisations. Celle en devenir des primates, qui tente de se construire sans répéter les erreurs des humains, et celle des hommes, qui cherche à maintenir l'étincelle d'humanité qui lui reste. Chacune, au final, cherchant à survivre. Puis, à la suite de la rencontre entre les deux races, de nombreux thèmes sont abordés et approfondis (chose suffisamment rare de nos jours dans un film de cette ampleur pour mériter d'être soulignée !). Sans trop en dévoiler, l'empathie peut être considérée comme la thématique centrale, avec en parallèle de multiples réflexions sur la famille, la confiance, l'ignorance ou encore la peur d'autrui.

Cependant, ce qui frappe dans « L'affrontement » est l'absence de méchant tout désigné. Chaque personnage appuie ainsi ses actes sur son expérience antérieure, bonne ou mauvaise. Et nous place donc dans une position ambivalente : qui aimer, et qui détester ? Sans jamais nous donner de réponse préfabriquée, mais nous laissant au contraire le soin de nous forger notre propre opinion, le réalisateur ne prend jamais le spectateur pour un imbécile. Par exemple, pour développer la psychologie de ses protagonistes et mettre en place les relations complexes qui s'instaurent entre eux, ce dernier privilégie régulièrement aux dialogues (qui sonnent d'ailleurs toujours justes) des moments de silence, où les regards et les corps peuvent s'exprimer dans toute leur finesse. Ici, une vieille photo ou des yeux embués en apprennent souvent plus qu'une longue tirade. Reeves a bien compris le pouvoir du non-dit, l'utilisant à bon escient et le rehaussant par un montage exemplaire et des prises de vue splendides.

Cerise sur le gâteau, s'ajoutent à toutes ces qualités des visions pour la plupart inoubliables : un assaut nocturne totalement immersif (et montrant bien mieux l'horreur des conflits que la plupart des films de guerre actuels), un cavalier simiesque chevauchant sa noire monture au ralenti devant un mur de feu, une cité qui aurait eu sa place sur l'île du Crâne de King Kong, et j'en passe, tant le long-métrage en regorge.

Se concluant par une fin au goût de cendre, « La Planète des Singes : L'affrontement » acquiert enfin une curieuse mise en abîme à l'heure du sanglant conflit Israëlo-Palestinien. Et prouve par la même que son message est bel et bien universel et intemporel, gage d'une œuvre intelligente et fine, aussi bien écrite que jouée et réalisée.

Malgré quelques petits raccourcis aisément pardonnables et un titre français peu adéquat (le titre original, bien plus évocateur, étant « L'aube de la Planète des Singes »), le long-métrage peut donc se targuer de s'élever à un niveau qualitatif qui n'avait pas été atteint depuis 1968 au sein de cette saga. Et mérite à ce titre de faire entendre, par moments, les quelques notes du thème musical du classique de Schaffner.

Gageons que la suite soit d'aussi haute volée, la réalisation - et cette fois-ci le script - étant remis entre les bonnes mains de Matt Reeves !
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Transformers : l'âge de l'extinction [Combo Blu-ray 3D + Blu-ray + DVD] (Blu-ray)
Tout d'abord, n'y allons pas par quatre chemins : la VF Dolby Digital 5.1 est une honte, et ne rend aucunement justice à l'excellence audio originelle de Transformers 4. Encore une fois, le cinéphile français est pris pour une vache à lait !
En dehors maintenant du lamentable travail de l'éditeur français, voici mon modeste avis sur le film lui-même :

Suite au semi-échec du pourtant excellent No Pain No Gain (qui, au regard de la filmographie de Michael Bay, pourrait presque passer pour un film d'auteur !), le réalisateur de Bad Boys renoue avec sa lucrative et explosive franchise : Transformers.

Faisant suite au troisième volet (et non pas reboot comme il l'avait été un temps annoncé), L'Âge de l'Extinction se déroule cinq ans après la bataille de Chicago. Les Autobots n'ont désormais plus la grâce du gouvernement américain et sont traqués sans pitié. Pourtant, les périls qui menacent de s'abattre sur la Terre les feront à nouveau sortir de l'ombre, accompagnés cette fois-ci par un inventeur raté, sa fille et son petit ami.

Premier opus de ce qui s'annonce comme une nouvelle trilogie consacrée aux jouets Hasbro, le film met en scène de tout nouveaux personnages humains. Mark Wahlberg incarne ainsi l'inventeur hurluberlu (son chien mécanique est totalement risible !), tandis que Nicola Peltz (Bates Motel) et Jack Reynor (The Delivery Man) donnent vie à la fille du héros et à son petit ami. En remettant à zéro le casting, il est probable que Bay ait voulu éviter que le public ne se lasse du chassé-croisé amoureux, très convenu, entre Megan Fox et Shia Labeouf – les dérapages continuels de ce dernier n'aidant de plus en rien à le reprendre dans l'aventure.
Le point commun entre les deux protagonistes principaux se trouve en revanche dans leur caractère de losers fantasques, véritable faire-valoir à la puissance des robots géants. Robots qui, après avoir fait passer le personnage de Labeouf du statut d'adolescent à celui d'homme, permettront à Wahlberg de prouver à sa fille qu'il est digne d'être un père. En évinçant ici la traditionnelle romance héros/héroïne, et en la remplaçant par une relation père/fille, le metteur en scène choisit de prendre le contre-pied de la plupart des blockbusters actuels.

Mais de là à dire que Transformers 4 transcende les scénarios de ses trois prédécesseurs, il y a un fossé que je ne franchirai pas. Ainsi, là ou No Pain No Gain mettait en valeur des anti-héros consistants de par leur vacuité - scénaristiquement voulue -, L'Âge de l'Extinction accumule cliché sur cliché. De l'inventeur désargenté à sa fille blonde et belle qui rêve d'une meilleure vie, en passant par le petit ami bellâtre, le camarade idiot et le machiavélique méchant, rien n'est bien novateur. Une volonté de ne pas déstabiliser le public adolescent en brisant les canons du genre ? Sans aucun doute. Mais après tout, qu'importe ? Bay ne s'est jamais targué d'être un Bergman, et les personnages s'apprécient comme un plaisir caché : on sait tout d'eux par avance, mais on en vient à aimer leur côté burlesque.
Le casting est à ce titre impeccable, tous semblant s'en donner à cœur joie au cœur de ce grand défouloir tant scénaristique (le script est parfois trop alambiqué) que visuel.

Car la plus grande force de ce quatrième volet réside, et cela va de soit, dans ses Transformers.
De nouvelles créatures métalliques étant introduites au cœur de l'intrigue, elles n'auront de cesse que de tenter de détruire les robots que nous connaissons déjà bien, Optimus Prime en tête. En résultent de gigantesques combats à grande échelle, tant sur le territoire des Etats-Unis qu'en Chine (le long-métrage est une co-production américano-chinoise, le but évident étant de ne pas passer à côté du milliard de potentiels spectateurs chinois). Il en découle des séquences novatrices (les fameux dinobots sont utilisés à bon escient) et d'autres semblant au contraire lorgner involontairement du côté d'autres super-productions hollywoodiennes (le moyen d'attaque du vaisseau extraterrestre ennemi se rapproche dangereusement du Man of Steel de Zack Snyder). Mais toujours, le spectaculaire prime sur ces considérations, et l'on se trouve rapidement embarqué à bord de ce jouissif grand huit pyrotechnique.

En effet, Michael Bay ne s'est jamais trouvé aussi à l'aise qu'en filmant des destructions de masse, et nous le prouve une nouvelle fois. De plus, il semble totalement assumer le côté bigger than life de son film, et prend visiblement son pied à enchaîner scènes dévastatrices (l'attaque de Hong-Kong) sur cascades démentielles (toutes les courses-poursuites). Comme si, retombant en enfance, le réalisateur montrait sur grand écran ses rêves de bambin, tant dans leur aspect ludique que terrifique (l'exploration du vaisseau ennemi tient presque du film d'horreur !).

Enfin, comment ne pas noter que, pour la première fois, un Transformers se trouve pratiquement propulsé au rang de film épique, entre des créatures ancestrales et des visions proprement chevaleresques, telle Optimus Prime chevauchant un gigantesque dragon de fer et partant à l'attaque d'un ennemi plus puissant et plus nombreux. Le plaisir du spectateur s'en trouve donc décuplé, plaisir encore augmenté par la qualité des effets spéciaux.
Tous sont en effet parfaits, du plus petit détail d'arrière plan au plus grand robot, la 3D native et les prises de vue en IMAX ajoutant à la qualité visuelle de l'ensemble. Et, une fois n'est pas coutume, cette si décriée 3D est ici utilisée avec raison, apportant souvent un réel plus aux prises de vue. Mais surtout, elle oblige Bay à ne pas surdécouper ses plans (défaut récurrent de la première trilogie), les combats étant maintenant lisibles et fluides, et par conséquent encore plus impressionnants.

Pour conclure, L'Âge de l'Extinction est, de mon point de vue, le meilleur Transformers à ce jour, parvenant de plus et contre toute attente à renouer avec l'esprit des productions Amblin 80's, en mêlant rire et action, mort et peur.

A savourer à tout âge !
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