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Contenu rédigé par ambroise01
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ambroise01

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La Splendeur des Amberson
La Splendeur des Amberson
DVD ~ Joseph Cotten
Proposé par Meganet France
Prix : EUR 9,87

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une mise en scène de génie, un film à la saveur balzacienne, 16 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Splendeur des Amberson (DVD)
Je ne connaissais jusqu'alors Orson Welles (1915-1985) que de nom. "La Splendeur des Amberson" ("The Magnificent Ambersons" - 1942 - second film de Welles après "Citizen Kane"), d'après un roman de Booth Tarkington, malgré la mutilation scandaleuse dont il fut victime, est à n'en pas douter un chef-d'oeuvre du septième art.
Eugène Morgan (Joseph Cotten) revient dans sa ville natale après vingt ans d'absence. Lors d'un bal donné par la riche famille des Amberson, il retrouve son amour de jeunesse, Isabelle (Dolores Costello), qu'il aime toujours. Sa fille Lucy (Anne Baxter) tombe amoureuse de George (Tim Holt), le fils d'Isabelle. L'histoire est alors celle de la déliquescence d'une riche famille aristocratique au début du XXè siècle.
Sur les circonstances de l'oeuvre, je ne dirai que peu de mots (voir les autres commentaires). Welles commença à travailler pour la RKO à partir de 1939 ; mais celle-ci, plus soucieuse de spectacle que de génie, amputa le film de 42 minutes ; une autre fin fut tournée par Freddie Fleck et Robert Wise.
Le cinéma américain propose généralement des figures de duo amoureux ou de trio marivaudien ; on a ici affaire à un original quatuor. Mené à un rythme alerte, riche en trouvailles visuelles, en jeux d'ombre et de lumière, servi par une mise en scène exceptionnelle, "The Magnificent Ambersons" offre des séquences d'une rare beauté : citons, pour exemples, les quinze premières minutes, avec une succession rapide de plans, constituant un prologue très original ; la première longue scène, le bal, où l'on se voit se (re)former deux couples ; ou encore la séquence du traîneau, qui dégage une atmosphère magique.
Film balzacien, à coup sûr : la prépondérance du thème de l'argent, l'anatomie des passions (notamment de la relation mère / fils), la peinture critique d'un milieu social indiquent une proximité avec l'oeuvre du grand romancier français. Mais peut-être également film plus désenchanté : les propos du major Amberson semblent bien reprendre la sagesse de l'Ecclesiaste (Qo, 1, 2 : "Vanité des vanités et tout est vanité"). Un film mutilé certes, donc infidèle à toutes les intentions du réalisateur, mais malgré tout un très grand film.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 11, 2015 10:36 PM CET


Three Times (Zui hao de shi guang) (2005) (VOSF)
Three Times (Zui hao de shi guang) (2005) (VOSF)

8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Sensualité et émotion, 13 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Three Times (Zui hao de shi guang) (2005) (VOSF) (DVD)
J'avais vu "Three times" à sa sortie en 2005, le film m'avait fait une très forte impression, et j'ai eu envie de le revoir...
Le réalisateur taïwanais Hou Hsiao-Hsien (né en 1942) livre avec "Three times" (2005) un film éblouissant, porté par un exceptionnel duo d'acteurs (Chang Chen et la sublime Shu Qi). Servi par une photographie splendide et une musique toujours bien adaptée aux époques diverses visitées par le cinéaste ainsi qu'aux sentiments des personnages, "Three times" raconte l'histoire - y a-t-il une ou trois histoires ? - d'une "métempsycose amoureuse".
1966 - c'est "le temps de l'amour". Un conscrit engage une relation épistolaire avec une jeune fille rencontrée dans une salle de billard, perd sa trace avant de la retrouver. L'émotion naît du jeu de regards, de la pudeur des personnages, mais aussi de la musique - ainsi du fameux morceau "Rain and Tears" d'Aphodite's Child qui prend aux tripes.
1911 - c'est le "temps de la liberté". Les personnages sont enfermés dans les normes de la société de l'époque. Une courtisane essaie de se marier avec un journaliste, mais celui-ci, alors qu'un vent de révolte souffle sur Taïwan, part continuer son combat politique en Chine. Hou Hsiao-Hsien, pour cette partie du film, fait le choix du muet - d'un muet somptueusement coloré.
2005 - c'est le "temps de la jeunesse", mais surtout de l'errance et du monde moderne où les repères manquent. Jing est partagé entre l'attirance qu'elle a pour un photographe (à la pudeur de 1966 succède la primauté des rapports physiques) et ses sentiments pour sa petite amie. Internet, l'alcool, les discothèques, le chaos urbain : autant d'éléments qui signalent la coupure avec le monde naïf et enchanté des années 1960 (les "meilleurs moments" du réalisateur, qui reconnaît l'aspect autobiographique du récit).
Hsiao-Hsien revisite l'histoire de Taïwan en même temps que son propre cinéma, nous entraîne dans un voyage esthétique à travers des figures de l'amour. C'est une caméra en état de grâce, sensuelle qui guide le spectateur dans ce monde de signes - mots, regards, musique, images. Un coup de coeur !


Anicet ou Le panorama, roman
Anicet ou Le panorama, roman
par Louis Aragon
Edition : Poche
Prix : EUR 6,50

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Les débuts dadaïstes d'Aragon, 6 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Anicet ou Le panorama, roman (Poche)
"Anicet ou le Panorama" est le premier "roman" (si tant est que l'on puisse qualifier cette oeuvre aussi insolite et transgénérique de "roman") de Louis Aragon (1897-1982), et c'est un texte qui, tout en multipliant les références littéraires, porte en lui une grande modernité. Résolument ironique, satirique et parodique, il témoigne de la vigueur de l'esprit dadaïste après la Première Guerre, de son refus de toute compromission, de la révolte - tant sociale qu'esthétique ou philosophique - dont il se veut le vecteur. Pas étonnant, dès lors, que la citation mise en exergue de son oeuvre par Aragon soit une phrase de Tristan Tzara : "L'absence de système est encore un système, mais le plus sympathique". Car c'est bien une vision "désystématisée" du monde qui est proposée ; le principe d'identité éclate en morceaux ; et, à la cohérence, Aragon préfère le collage, la juxtaposition, la superposition, la variété et la subtilité d'un montage quasi cinématographique. Le texte est à la croisée des chemins, il mêle les genres - "Anicet" se présente aussi bien comme un "Bildungsroman" que comme un roman policier - et les écritures. Les métaphores à la saveur surréaliste abondent ; ainsi, "Les épaules d'une femme qui se recoiffe sont plus émouvantes que... les épingle-neige sur le stuc de la cheminée" ou "Gonzalès d'un geste semi-circulaire rapide porta le canon dans sa bouche. Ce fut comme un bouquet de fleurs."
Les personnages, à l'exception de l'héroïne Mirabelle, qui est une figuration de la Femme, possèdent des clefs : ainsi, "dans une auberge d'un pays quelconque", Anicet, figure incontestablement auctoriale, rencontre, ni plus ni moins, Arthur Rimbaud et se tape la causette avec lui ; on rencontre aussi Chaplin, Max Jacob, Cocteau, Breton ou Valéry.
Promenade philosophique, esthétique et amoureuse, "Anicet ou le Panorama" témoigne déjà de cette religion de la femme que les surréalistes clameront haut et fort ; la femme s'identifie à la beauté "nouvelle" ; ainsi, "sous les traits de Mirabelle, c'est une idée qui se cache : la beauté moderne". Le chapitre VIII, "Les seuils du coeur", expose la conception de l'amour qui était celle d'Aragon à l'époque.
A mon avis, les réactions des lecteurs ne peuvent être que variées devant un texte aussi déconcertant ; la prose poétique d'Aragon exaspère, enchante ou... amuse (comme elle m'a amusé). Une expérience singulière de lecture en tout cas...


Le héros sacrilège [Édition Collector]
Le héros sacrilège [Édition Collector]
DVD ~ Raizo Ichikawa
Prix : EUR 19,34

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Eloge de la liberté, 5 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le héros sacrilège [Édition Collector] (DVD)
Kenji Mizoguchi (1898-1956) réalise en 1955 "Le Héros sacrilège", l'un de ses deux films en couleur (avec "L'Impératrice Yang Kwei Fei"), d'après le roman de Eiji Yoshikawa. L'histoire narrée a lieu à une période charnière de l'histoire du Japon, au XIIè siècle : les moines et les nobles perdent leur pouvoir au profit de la classe guerrière des samouraïs.
Nous sommes ainsi plongés au coeur des luttes pour le pouvoir entre différents clans. Tadamori, chef du clan Taïra, a du mal à être considéré à sa juste valeur par la cour. Kiyomori, le fils de Tadamori, découvre qu'en réalité il n'est pas le fils de celui-ci, mais sans doute l'enfant illégitime de l'Empereur défunt, qui était l'amant de sa mère, une courtisane. Sa vie va s'en trouver bouleversée.
"Le Héros sacrilège" est un véritable film politique au propos radical. Il met l'accent sur l'oppression d'un système sur l'individu et affirme, face au mensonge, à l'illusion, à l'inauthenticité et à la corruption, la valeur suprême de la liberté : Kiyomori assume sa bâtardise et devient le héros contestataire de toute forme de pouvoir, qui n'accepte pas de voir son comportement déterminé par autrui ou des valeurs fausses. Comme à son habitude, le réalisateur japonais représente les hommes comme des êtres peu sûrs d'eux et soumis finalement à leur propre condition. Si "Le Héros sacrilège" est bien un film historique à grand spectacle (Mizoguchi a bénéficié de moyens importants), c'est aussi et peut-être surtout un film éminemment politique, la lutte sociale et politique se doublant d'une lutte intérieure. La beauté formelle de l'oeuvre ne laisse pas insensible, le réalisateur opte pour une extrême stylisation des couleurs qui font du film une merveille visuelle.
S'il offre une réflexion intéressante et plaît aux esthètes, le film manque peut-être de force émotive, à la différence de "L'Intendant Sansho", dont la fin peut amener jusqu'aux larmes.
Un très beau Mizoguchi, que les admirateurs du réalisateur ne manqueront pas d'apprécier !


Contre Ératosthène
Contre Ératosthène
par Lysias
Edition : Poche
Prix : EUR 9,20

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un modèle d'éloquence judiciaire, 29 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Contre Ératosthène (Poche)
Lysias (vers 440 - vers 375) fut l'un des grands noms de l'éloquence grecque classique. Le "Corpus Lysiacum" compte 34 discours, dont le plus célèbre est incontestablement le "Contre Eratosthène". Prononcé en 403 av. J.-C., ce discours contribua pour beaucoup à forger la réputation de Lysias, qui était un logographe (c'est-à-dire un écrivain de discours judiciaires destinés à être prononcés par le client en personne) professionnel. L'orateur, qui, du fait de son statut de métèque, n'avait donc pas le droit de s'exprimer en personne, obtint spécialement l'autorisation de se défendre par lui-même ; c'est à la première personne du singulier qu'il parle.
Il s'agit pour lui de faire punir Eratosthène, l'un des tyrans du régime des Trente (404-403), coupable de deux crimes : il porte la responsabilité de la mort de Polémarque et de la spoliation des biens de sa famille. Le maître de l'éloquence judiciaire qu'est Lysias procède avec une grande habileté, et très vite, le procès pour meurtre se double d'un procès politique. Face à la cruelle oligarchie des Trente, l'orateur défend les valeurs de la démocratie athénienne.
Le plan de l'oeuvre est clairement identifiable : après une "narratio" d'une grande vivacité (§ 1-36), le réquisitoire politique se déploie (§ 37-80), et, enfin, une très belle péroraison (§ 81-100) clôture harmonieusement le discours. Un discours dont le fonctionnement est d'une efficacité redoutable, garantie par à un pathétique sobre et sans emphase et par l'usage d'une rhétorique limpide qui va droit au but.
L'oeuvre présente deux intérêts principaux : un intérêt littéraire (Denys d'Halicarnasse fait de Lysias un "modèle d'atticisme") et un intérêt historique, car elle constitue une source majeure pour qui s'intéresse à la période trouble et douloureuse des Trente (on ne manquera pas ainsi de remarquer les divergences entre Lysias et Xénophon dans la perception du personnage de Théramène)
Un classique de l'éloquence antique.


Mon chemin
Mon chemin
DVD ~ Béla Barsi
Proposé par DaaVeeDee-fr
Prix : EUR 25,59

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Intéressant sur le plan esthétique mais au final peu emballant, 29 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mon chemin (DVD)
"Mon chemin" (1965 - "Igy jöttem"), le troisième film du réalisateur hongrois Miklos Jancso, n'a guère soulevé mon enthousiasme. J'ai été bien davantage séduit par "Psaume rouge" que j'ai vu il y a peu.
En 1945, à la fin de la seconde guerre mondiale, un Hongrois, Joseph, est fait prisonnier par les soldats soviétiques (rappelons que la Hongrie de l'amiral Horthy s'était alliée en 1938 aux puissances de l'Axe et était entrée en guerre contre l'URSS en 1941, avant d'être occupée par les Allemands en 1944, puis par les Soviétiques à la fin de la guerre). Joseph est envoyé dans une bâtisse isolée afin d'aider un jeune soldat à collecter du lait pour l'armée. L'amitié va succéder à la méfiance.
Presque dix ans après l'insurrection populaire de Budapest, le cinéma hongrois est en voie de libéralisation. Si Jancso opte pour une esthétique réaliste, celle-ci n'a rien de socialiste. Il ne s'agit pas de se conformer à des normes et à une idéologie, mais bien plutôt de proposer une vision personnelle du monde. Ce n'est pas encore le temps de l'abstraction et du symbolisme (parfois jugé outrancier) qui caractériserons ultérieurement l'oeuvre du cinéaste. Le rythme du film est délibérément lent (sans doute trop), le choix du noir et blanc intéressant, et l'émerveillement saisit parfois (mais pas assez souvent) le spectateur dont les yeux sont aimantés par certains plans incontestablement sublimes (on ressent l'amour profond du réalisateur pour cette plaine hongroise filmée de manière si sensuelle). Une réflexion sur l'absurdité de la guerre nous est proposée.
Mais l'ennui guette souvent, et le voyage lyrique emballe peu. Une oeuvre au final pas vraiment indispensable.


Mon chemin / My Way Home ( Így jöttem )
Mon chemin / My Way Home ( Így jöttem )
DVD ~ Zoltán Gera
Proposé par DaaVeeDee-fr
Prix : EUR 29,99

3.0 étoiles sur 5 Intéressant sur le plan esthétique mais au final peu emballant, 29 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mon chemin / My Way Home ( Így jöttem ) (DVD)
"Mon chemin" (1965 - "Igy jöttem"), le troisième film du réalisateur hongrois Miklos Jancso, n'a guère soulevé mon enthousiasme. J'ai été bien davantage séduit par "Psaume rouge" que j'ai vu il y a peu.
En 1945, à la fin de la seconde guerre mondiale, un Hongrois, Joseph, est fait prisonnier par les soldats soviétiques (rappelons que la Hongrie de l'amiral Horthy s'était alliée en 1938 aux puissances de l'Axe et était entrée en guerre contre l'URSS en 1941, avant d'être occupée par les Allemands en 1944, puis par les Soviétiques à la fin de la guerre). Joseph est envoyé dans une bâtisse isolée afin d'aider un jeune soldat à collecter du lait pour l'armée. L'amitié va succéder à la méfiance.
Presque dix ans après l'insurrection populaire de Budapest, le cinéma hongrois est en voie de libéralisation. Si Jancso opte pour une esthétique réaliste, celle-ci n'a rien de socialiste. Il ne s'agit pas de se conformer à des normes et à une idéologie, mais bien plutôt de proposer une vision personnelle du monde. Ce n'est pas encore le temps de l'abstraction et du symbolisme (parfois jugé outrancier) qui caractériserons ultérieurement l'oeuvre du cinéaste. Le rythme du film est délibérément lent (sans doute trop), le choix du noir et blanc intéressant, et l'émerveillement saisit parfois (mais pas assez souvent) le spectateur dont les yeux sont aimantés par certains plans incontestablement sublimes (on ressent l'amour profond du réalisateur pour cette plaine hongroise filmée de manière si sensuelle). Une réflexion sur l'absurdité de la guerre nous est proposée.
Mais l'ennui guette souvent, et le voyage lyrique emballe peu. Une oeuvre au final pas vraiment indispensable.


L'Heure suprême [Blu-ray]
L'Heure suprême [Blu-ray]
DVD ~ Janet Gaynor
Proposé par Art Cub
Prix : EUR 12,50

5.0 étoiles sur 5 L'amour fou !, 14 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Heure suprême [Blu-ray] (Blu-ray)
Frank Borzage (1893-1962) a trente-trois ans lorsqu'il entreprend de tourner "Seventh Heaven" ("L'Heure suprême", 1927) ; ce n'est plus un débutant, il a déjà cinquante-cinq longs métrages derrière lui. Nous sommes alors au début de la deuxième période de la carrière (1927-1940) de Borzage, celle de ses oeuvres majeures. "L'Heure suprême", film le plus célèbre du réalisateur, est assurément l'un des grands chefs-d'oeuvre du cinéma muet. Adaptation d'une pièce d'Austin Strong, écrivain tombé dans l'oubli, "Seventh Heaven" est l'histoire d'une rencontre, avec des personnages humains et émouvants. Borzage nous montre ici son amour pour les pauvres, les miséreux, les petites gens du lumpenproletariat.
Paris, quartier de Montmartre, année 1914. Chico (Charles Farrell), égoutier, envie le nettoyeur de rue qui a la chance de voir la lumière du soleil ; non loin de là, la jeune Diane (Janet Gaynor) se fait battre par sa soeur que l'alcool et la misère ont rendue folle. Chico se prend d'affection pour Diane et, quand celle-ci est arrêtée par la police, la fait passer pour sa femme. Diane s'installe chez Chico, mais la guerre va séparer les tourtereaux, car Chico doit partir pour le front.
Film proprement éblouissant, "L'Heure suprême" refuse tout naturalisme, lui préférant une atmosphère magique et quasi mystique. C'est l'histoire d'une ascension, d'une montée vers la lumière de deux êtres unis par les liens d'un amour total. L'escalier qui mène à l'appartement de Chico, situé au septième étage d'un immeuble, est une sorte d'antitype de l'échelle de Jacob. Il symbolise la montée au paradis.
Le mélodrame quotidien est transfiguré et l'amour exalté, sublimé. Ce qui caractérise celui-ci, c'est sa force transcendante. A l'amour fait face la guerre - le réalisateur avait une véritable haine pour celle-ci, les scènes de bataille sont tournées par John Ford. Cette opposition est magnifiquement mise en images par la longue séquence médiane du film, où le spectateur voit d'un côté l'intérieur, l'appartement, foyer de l'amour, de l'autre l'extérieur, la rue, la foule acclamant les troupes partant pour le front. Borzage joue beaucoup sur les contrastes.
On ne doit pas s'étonner que les surréalistes aient apprécié au plus haut point "L'Heure suprême" ; le film met en scène le miracle de l'amour fou, total, "télépathique" et inconditionnel. L'ultime scène, d'une rare puissance, en est l'illustration.
En somme, un classique à connaître absolument !


Psaume rouge
Psaume rouge
DVD ~ Lajos Balázsovits

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La caméra en mouvement, 12 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Psaume rouge (DVD)
Miklos Jancso (né en 1921) est l'un des réalisateurs hongrois majeurs. Avec "Psaume rouge" en 1972, il signe un film magnifique. Il met en scène les révoltes paysannes hongroises de la fin du XIXè siècle. Dans la "puszta", la grande plaine hongroise, des ouvriers agricoles, aux conditions de vie misérables, en viennent à lutter contre leurs seigneurs. Jancso fit des études d'ethnographie, qui ont fait naître en lui un grand intérêt pour la musique et les chants folkloriques, qui rythment "Psaume rouge" et en constituent comme une scansion.
Ici, pas véritablement d'histoire, de trame narrative. Le sujet, c'est l'homme prisonnier de l'Histoire. L'oeuvre est un poème politique, au lyrisme révolutionnaire marqué ; c'est par un langage symbolique qu'elle acquiert son sens historique. La lutte des classes et la fraternité dans la révolte sont au coeur des enjeux "sociaux".
A propos des techniques filmiques, Michel Estève parle à juste titre de "dilatation et resserrement de l'espace dans le cadre du grand écran", du "mouvement constant de la caméra et des personnages", de la "composition picturale des plans (26 plans-séquences)", du "refus d'une continuité dramatique". La sublime photographie et le caractère résolument chorégraphique du film en font une splendeur visuelle. La primauté de l'écriture et de la forme sur le fond peuvent susciter chez le spectateur de l'irritation, ou bien ... de l'émerveillement - et c'est mon cas. La beauté radicale des images, qui évite l'écueil du formalisme, a emporté mon adhésion. Un bijou à découvrir !


Lucrèce Borgia
Lucrèce Borgia
DVD ~ Edwige Feuillère

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Au bout de l'ennui, 30 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lucrèce Borgia (DVD)
Rome, fin du XVè siècle. César Borgia, le fils de l'indigne pape Alexandre VI, souhaite ruiner et éliminer les grandes familles rivales de la sienne. Pour cela, il se sert de sa soeur Lucrèce en la mariant à plusieurs reprises puis en assassinant les époux de celle-ci. Alexandre VI va mener la révolte...
Film historique, "Lucrèce Borgia" (1935) est loin d'être la meilleure réussite d'Abel Gance. Les scènes d'orgies ou encore les formes d'Edwige Feuillère (jouant Lucrèce) ne parviennent pas à sauver le film, au demeurant bien pâle et terne. Les acteurs surjouent leur rôle (en particulier l'irritant Gabriel Gabrio en Alexandre VI), manquent incontestablement de naturel. L'un d'entre eux retient notre attention : Antonin Artaud (avec sa voix si caractéristique) incarnant l'exalté Savonarole. N'oublions pas que "Lucrèce Borgia" était bien à l'époque une oeuvre commerciale, l'un des ces "films alimentaires" destinés à assurer la survie de Gance. Un film loin d'être indispensable...
En bonus, "Autour de Lucrèce Borgia" (12') où le journaliste Philippe Quinconneau revient brièvement sur la place de "Lucrèce Borgia" dans l'oeuvre et la carrière de Gance.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 8, 2014 3:16 PM MEST


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