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Fab Free

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Burning Your House Down
Burning Your House Down
Prix : EUR 13,99

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Dishonest boogie man, 17 novembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Burning Your House Down (CD)
A quoi ça sert le rock ? A nous fabriquer une mythologie de sensations vraies et de détestations saines dans les années 15/20. Donc ça nous sert plus à rien le rock. Enfin, si, accessoirement, on peut l'utiliser pour atomiser la baraque d'un kon qui craint. Passé un certain âge, le seul animal qu'on traque est son voisin. Too much class for the neighbourhood ? Ben faites le vide autour de vous. La tactique est simple. Vous vous introduisez nuitamment chez le quidam (cinq heures c'est le moment idéal, même le chien ronfle). Vous glissez cette galette dans le lecteur tous potards tournés à fond et vous vous éclipsez. Vous allez au bout de la rue, vous allumez un clope et vous observez le bruit et la fureur. Sourire narquois et satanique de rigueur.
Que du bonheur. Garanti !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (22) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 8, 2011 11:01 AM CET


OK Computer
OK Computer
Prix : EUR 6,99

34 internautes sur 41 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le disque des années quarante, 22 octobre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : OK Computer (CD)
Dans un premier temps je n'écoutais ni ne jouais plus de rock. Je ne composais plus de chansons. Retraite. Fin de party ? La musique classique était un puit sans fond. Debussy, Schubert, Poulenc, Purcell, Schumann, Britten, Stravinsky, Reich, Dutilleux, Boulez, Varèse, Bach, Haendel, Schütz... Le jazz un grand espace vierge peuplé peu à peu de pianistes drogués et fous. Forever Monk... Me parvenaient encore quelques échos. J'avais écouté les Strokes. Les avais trouvé intéressants mais peu inspirés. Et puis j'étais tombé par hasard sur le classement des cent meilleurs disques rock établi par les lecteurs du NME. « Revolver » était, naturellement, classé numéro un. Mais il partageait la plus haute marche avec une autre galette. Cela s'appelait « OK Computer », par un groupe nommé « Radiohead ». Je l'avais acheté. Je me souviens très bien de la première écoute. Je conduisais, vitres ouvertes. J'avais trouvé cette musique plutôt laide, au mieux prétentieuse, au pire fade et inhabitée. Je crois bien que je roulais vers Saucats. J'avais réitéré l'expérience plusieurs fois, sur notre chaîne. Mais l'impression initiale demeurait. « Paranoïd Android » me paraissait particulièrement vaniteux. Je ne supportais pas « Airbag » et n'aimais pas ces arpèges de guitare évanescents, façon « Durity Column ». Tout juste mon oreille avait-elle accroché à ce beau morceau, au milieu du disque, « Karma Police », ainsi qu'à une autre plage (mais laquelle était-ce, la 7ème, la 9ème, la 11ème ?).

On était en 2001 et l'odyssée de l'espace venait de s'écraser contre la vilaine face du réel comme deux châteaux de cartes s'écroulant de 400 mètres de haut.

Dans un deuxième temps, j'avais renoué avec le rock'n roll. Ces disques me parlaient à nouveau. Et de quelle manière ! White Stripes, Libertines, Franz Ferdinand, The Kills, Giant Sand, Arcade Fire, Wilco, Rancid, Dandy Warhols, Kings of leon, Kaizer Chief, Weezer, Queens of the stone age, Sufjan Stevens... A l'époque, nous dévorions les coffrets de « Six feet under » jusqu'à point d'heure. C'était devenu une addiction. Je me souviens de cette magnifique scène finale de la saison quatre. Tous réunis dehors, apaisés. Il fait nuit et ils font un grand feu de joie avec les objets encombrants de leur passé. Claire pose deux baffles sur le rebord de la fenêtre et elle passe « Lucky », cette magnifique chanson, celle-là justement que je ne parvenais pas à situer. J'avais fini par l'apprivoiser ce disque. « Paranoid Android » c'était pas si mal finalement, et même mieux que ça. Ces guitares évanescentes formaient une texture aérienne, « subterranéenne », qui avait fini par charmer mes sens. Et il y avait de si belles chansons. « Lucky , « Karma police » bien sûr. Et la voix de Thom Yorke sur « Exit music »...

On était en 2004 et on regardait des photos d'une petite bonne femme en treillis qui tenait des prisonniers irakiens en laisse.

Dans un troisième temps, des chansons me venaient à nouveau. J'étais tombé amoureux de leur musique. J'avais tous leurs disques. Chacun d'entre eux m'avait marqué à sa manière. Sauf « Pablo Honey », leur premier opus, qui ne valait que pour l'exceptionnel « Creep ». Certains avaient mis plus de temps à faire leur nid. « In Rainbows » notamment et sa suite de morceaux apaisés. Mon préféré restait quand même « Amnesiac », le reflet de « Kid A ». J'aimais « Kid A », bien sûr. J'avais beaucoup écouté « The Bends » aussi. Je n'aurais su dire quelles chansons je préférais. Peut-être « Where I end and you begin » ou « There there » dans « Hail to the Thief » ? Chaque été je confectionnais une set liste d'une vingtaine de leurs morceaux. Chaque année la liste changeait. « OK Computer » était leur disque qui me fascinait le moins. Mais « Paranoid android » devenait peu à peu cette symphonie étourdissante de violence intérieure affleurante et « Karma police » avait pris la dimension d'un temple solaire. « Let down », « The tourist » et « No surprises » m'avaient conquis. Mais je n'aimais toujours pas « Airbag », encore moins « Electioneering ». Le disque me semblait déséquilibré, plein de fulgurances mais émaillé de dissonances inutiles.

On était en 2007 et nous entamions ce voyage médiocre et vulgaire au bout de la nuit du Fouquet's.

Dans un quatrième temps je n'ai pas encore cinquante ans. Je m'en fous à vrai dire. J'ai mis la galette l'autre soir. Elle était posée là, au milieu des quelques autres qui tournent par ces temps. PJ Harvey, Dominique A, Allman Brothers, Nike Drake, Arvo Part, Micah P. Hinson, Martial Solal , Nino Ferrer, Raphaël, Antony and the Johnsons, Stockausen. La roue tourne mais « OK Computer » demeure. J'aime les mystères. Le dernier vient de tomber. J'ai adoré « Airbag ». Plus encore « Electioneering ». C'est du rock. Du rock haché, violent dans ses attaques de guitare, mais « ô combien » brillant, vibrant, vivant... Le disque n'a plus de temps morts. Il est désormais monolithique mais ne m'a pas encore révélé tous ses pouvoirs. Il y a tant d'entrées possibles.

On est en 2010, cette décennie aura été hantée par un disque splendide.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (82) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 23, 2011 2:08 PM MEST


Pacific 231
Pacific 231
Prix : EUR 13,99

7 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 En réponse à la dédicace de sister, 8 octobre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pacific 231 (CD)
On va finir par se faire tuer tous les deux...
Bon je vais faire rapide. Si toutes les chansons de cet excellent album étaient du niveau de « Odyssée de l'espèce » (a-t-on jamais entendu plus bel hommage à Bashung et à Manset ?), ou même de « Terminal 2B » (qu'elle est belle celle-là aussi), « Manteau jaune » et « Prochaine station », il serait décrété album de l'année sans problème. « Odyssée de l'espèce » a été, je le rappelle, élue chanson de l'année par la FFF (Fédération Française de Fab). Je ne suis donc pas le seul à en penser le plus grand bien.
S'il n'y avait, à côté de ces quatre bijoux, que des chansons comme « Le bar de la plage » ou « Versailles », ce genre de ritournelles tombées du ciel que lui seul sait trousser, il vaudrait largement ses cinq étoiles.
Mais il y a aussi quelques titres moins heureux, voire un peu... racolos, lâchons le mot. Au premier rang desquels ce fameux « Patriote » que toutes les radios vont déverser pendant des mois et qui est appelé à devenir l'étendard protestataire des boutonneux et de ceux qui pleurent de ne plus en être, comme le fut en son temps « Hexagone » du meilleur client de Pernod Ricard.
Evidemment les grincheux pavloviens ne jugeront le 5ème opus de Raphaël qu'à travers ce titre. Tant pis pour eux.


Brigitte Fontaine est ...
Brigitte Fontaine est ...
Prix : EUR 15,09

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 A la claire fontaine, 30 septembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brigitte Fontaine est ... (CD)
Elle est... folle. Bien sûr qu'elle est folle. Et depuis le début. Les génies, les authentiques génies, sont fous, c'est bien connu. Dès son premier 33 tours, Brigitte Fontaine se livre à un déballage surréaliste, effrayant, hilarant. Dès les premières notes, dès les premiers mots, « Il neige des confettis de la cervelle et des radis ».

1968. Jean-Claude Vannier. L'âge d'or de la grande pop française. Ces arrangements d'une richesse extraordinaire qui seront pillés une génération plus tard jusqu'à plus soif par les fabricants de boucles lounges. Prenez « Eternelle », ces choeurs moriconiens, ces congas africains, ces coups de flûte, ces cloches à droite et à gauche et la Brigitte qui « veut être aimée pour son crâne, pour son petit os pariétal ». Prenez « Il pleut », chef d'oeuvre inaugural, à l'atmosphère étrangement triste et langoureuse.

Ele est... c'est aussi la fraîcheur perdue des chansons des années soixante. « L'homme objet », « Comme Rimbaud » : où sont passées les années folles et innocentes? Mais attention, la fille, là, innocente, elle ne l'est pas une seconde. Faut voir comment elle t'envoie valser la ménagère de moins de cinquante : « Toi Blanche Neige, jeune rombière, tendre bobonne, jolie mémère, va donc faire tes tartes à la groseille », une chanson qui ferait passer Catherine Ringer pour une petite coquine avec des couettes.

« Inadaptée » Brigitte ? Elle dit pourtant des choses qui tombent sous le sens : « Je n'aime pas les femmes que l'on jette à la mer avec un chat vivant ». Pas plus que « la cervelle en été salissant les pare-brises » ou « les gens dont la gorge est tranchée et les yeux arrachés ». Nous non plus, Brigitte, nous non plus. Serions-nous fous nous aussi ?

Un disque où rode la mort. Dès les premiers mots, elle est là, compagne vicieuse. Brigitte Fontaine lui parle à la grande faucheuse. Même pas peur. Se foutrait de sa gueule, même.
« Oh ma folie mon cancer
Recouvre-moi de fleurs de fer
Etre cuit pour être cuit autant que ça soit joli »

On finit par « Cet enfant que je t'avais fait » rengaine chantée avec un jeune Higelin dont on reconnaît à peine la voix. Dialogue impossible entre l'homme et la femme. Le premier lui demandant ce qu'elle a fait de l'enfant. Elle faisant mine de résister aux assauts d'un séducteur monté dans sa chambre. « Que disiez-vous ? » Duo sublime sur quelques accords de guitare peu à peu enrobés de choeurs purs et sophistiqués.

Et puis c'est fini. Trente minutes, onze chansons et une question lancinante : où se terre la beauté désormais?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (13) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 13, 2010 11:33 AM MEST


The Clash (1er album)
The Clash (1er album)
Prix : EUR 6,99

5 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le Flash, 8 septembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Clash (1er album) (CD)
Quand on a quinze ans, qu'on adore le rock mais qu'on constate que tous les héros sont soit morts, soit séparés, soit très très fatigués, et que l'avenir s'appelle Ange, Klaus Schulze, Kansas ou Linda Rondstadt, un disque pareil ça vous sauve des eaux saumâtres. Moi, jusqu'à « The Clash » j'avais qu'un regret : ne pas avoir eu quinze ans plus tôt. Je me rêvais sortant d'un disquaire en serrant contre moi un 45 tours avec « Strawberry fields » en face A et « Penny lane » en face B. Ou je me voyais bien dissimuler la pochette de « Sticky fingers » à mes parents. Même pour Ziggy j'arrivais après. Rien à faire... j'avais quinze ans trop tard.

Jusqu'à « The Clash ». Ce qui frappait d'emblée (et encore aujourd'hui), au-delà de la hargne et de l'urgence, c'était l'identité et la maturité de cette musique. Il était impossible de rattacher le style Clash à une quelconque école. Ces trois là (il manquait Terry Chimes sur cette pochette sublime) se pointaient avec leurs propres repères solidement plantés dans les ghettos pourris d'un Londres sale et déclinant et brandissaient leurs morceaux comme des étendards révolutionnaires. En vérité, on se contrefoutait de leur idéologie. Ce qui comptait, c'était la musique, rien que la musique, encore la musique. Et il y avait de quoi faire dans ce 33 tours. Aucune chanson ne ressemblait à l'autre. Et chacune d'entre elles loin de s'épuiser à l'écoute, gagnait en profondeur et en révélation. « Janie Jones », « What's my name », « Police and thieves », « Career opportunities » devenaient de petits temples. Impossible de décider quelle chanson était la meilleure. Impossible de s'arracher à l'écoute du disque. Il y avait une promesse extraordinaire qui allait être confirmée par la fameuse trilogie des singles suivants (« Clash city rockers », « Complete control », « White man in Hammersmith palais »), puis déçue par leur second LP « Give'em enough rope » avant de se concrétiser de manière inespérée avec « London calling ».

« The Clash » reste le disque le plus important pour la plupart des punks parce que c'est celui qu'ils ont le plus aimé. Et même si le discours de Strummer nous gonflait, même si leur posture manquait d'humour, même s'ils sont toujours restés mauvais sur scène (la bonne blague ça : les Clash un grand groupe de scène... ça vaut Springsteen sauveur du rock), quand bien même, « The Clash » demeure, pour moi, le premier des grands disques.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (22) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 16, 2010 7:06 PM MEST


Fresh Fruit for Rotting Vegeta
Fresh Fruit for Rotting Vegeta
Proposé par Expédition Express
Prix : EUR 19,60

7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pol Pot blues, 1 septembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fresh Fruit for Rotting Vegeta (CD)
Worm était passé au local de répète après onze heures. En retard comme d'habitude et avec un disque à nous faire écouter. Je sais pas comment il faisait Worm, mais il avait toujours les disques avant les autres. Et il n'était jamais à l'heure. Ce soir-là, il emmenait le 33 des Dead Kennedys. Des punks californiens, nous apprit-il (ah bon yen avait dans le pays de la grosse soupe et des gens cool ?? De Linda Rondstadt ? De l'Hotel California ?).
On s'est installé tous les trois autour de l'électrophone et on a mis le disque. Evidemment on s'est pris « Kill the poor » dans la gueule. Pas à dire, ça dépotait. La voix chevrotante de Jello Biafra et ses paroles cruelles et ironiques, ça pouvait que nous plaire. On avait l'impression que c'était plus crade que nos groupes fétiches mais qu'en même temps ça se tenait mieux. Et puis qu'est-ce que ça speedait... « When ya get drafted », « I kill children », « Funland at the beach »... ces mecs jouaient à 300 à l'heure. On ne serait jamais capables de refaire ça. Didier pourrait peut-être. Moi j'aurais du mal à suivre. Mais Worm, non. Il était encore plus mauvais que moi (et puis il faudrait qu'il se décide un jour à changer sa pùtain de corde de ré).
Bon tout ça pour dire qu'on écoutait le disque et que cela modifiait instantanément nos perspectives. « California über alles », pfff abasourdis qu'on était ! Si on voulait jouer ces trucs il allait falloir bosser un peu plus.
Et puis il s'est passé cette chose énorme : le teppaz a attaqué la treizième chanson, « Holiday in Cambodia ». Vous imaginez ça, vous ? Trois keupons parigots fiers de ne savoir rien faire en terminale qui tombent, comme ça, sans préparation aucune, sur l'ultime morceau punk, le trou noir de l'ironie violente, la dernière seconde avant le big band ? Le coup parfait de l'avant et de l'après.
Ce qui s'est passé ensuite ? Pendant un certain temps on a écouté le morceau en boucle. Et puis on s'est fait saigner les doigts pendant des plombes pour le refaire. Je dois dire, sans trop me vanter, que finalement j'y arrivais pas mal. Faut dire que c'était gratifiant de balancer ces accords de basse en intro. Didier s'est fait les muscles lui aussi. Worm par contre il a pas suivi. Il ne changeait toujours pas sa pùtain de corde de ré et arrivait toujours plus tard, toujours avec un nouveau disque. Alors un jour on l'a viré. Ou il était tellement en retard qu'il n'était plus là. Je sais plus. En tout cas, on a passé une petite annonce dans Rock'n folk et un soir on a vu débarquer Sonia, pile poil à l'heure. Elle a sorti sa gratte, branché ses pédales de distorse et de réverb, tripoté les potards de l'ampli et balancé en enfilade les arpèges et les riffs de « Holiday in Cambodia », comme ça, juste pour tester le son. Avec Didier on s'est regardé en pensant la même chose : « Pourvu qu'elle veuille bien de nous ».
Sonia... Tout ça c'est grâce à « Fresh fruit » finalement.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (16) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 8, 2010 9:45 PM MEST


No More Heroes
No More Heroes
Prix : EUR 6,99

9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 We couldn't be heroes, 27 août 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : No More Heroes (CD)
Formellement, les Stranglers n'avaient pas grand-chose de punk. Ils savaient jouer. Ils composaient des chansons variées et étaient dotés d'une solide culture classique (Doors, King Crimson). Certains avaient les cheveux longs et yen avait même un qui portait une moustache (or il n'y a rien de plus antinomique qu'un punk et une moustache).

Pourtant ils étaient considérés comme un des quatre fers de lance du mouvement avec les Pistols, les Clash et les Jams. C'est que les Stranglers étaient dotés d'un bassiste sévèrement Burnel. Prénommé Jean-Jacques, le quidam avait, lui, tout du punk. Du punk inquiétant même (il faut l'avoir vu dessouder un spectateur à la Mutualité pour se faire une idée de la tendresse immanente du bonhomme). La marée chaussée niçoise eut également fort à faire quand nos Anglais y déposèrent un soir leurs amplis.

Bref, les Stranglers n'étaient pas punks au sens Damned du terme, à savoir branleurs et rigolards. Ils étaient aussi méchants que leur musique était hargneuse et ils prenaient leur affaire au sérieux. Mais elle en valait la peine cette affaire. Car cette hargne s'exprimait à coup de chansons toutes excellentes, voire emblématiques, et était enrobée dans une pâte sonore remarquable faite d'une basse surexposée et de boucles de farfisa héritées directement de la bande à Manzarek. Quant au chanteur, Hugh Cornwell, il éructait ses paroles « explicites » avec un aplomb très réjouissant.

Tous les groupes punks avaient sorti un second album très rapidement après leur premier essai. Et tous s'étaient plantés (Jam, Buzzcoks, Sham 69, Generation X entre autres). Tous sauf les Stranglers qui, six mois après le pourtant formidable « Rattus norvegicus », nous assénaient ce « No more heroes» dont le titre éponyme deviendrait un des étendards du mouvement des cheveux à crêtes.

Avec cet opus rempli de pépites (formidables « Dead ringer », « Bring on the nubiles », « Bitching »), les Stranglers plantaient leur dernière banderille punk et s'apprêtaient à suivre un parcours aventureux, sinueux, mais toujours inspiré, foncièrement honnête et très classieux, ce qui vous pose une carrière, quand même. Un parcours émaillé de titres qui ont marqué leur époque (« Golden brown », « Always the sun », « Midnight summer dream », « Skin deep » la liste est longue).

RIP
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Help Myself (Nous Ne Faisons Que Passer)
Help Myself (Nous Ne Faisons Que Passer)
Prix : EUR 1,29

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Aide toi, le Roussel t'aidera, 25 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Help Myself (Nous Ne Faisons Que Passer) (Téléchargement MP3)
Et moi j'affirme que des chansons comme celle-là ça fait juste trop de bien par où ça passe.
Trop fort Gaétan! T'as même réussi à squatter le portable de mon grand...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (10) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 30, 2010 9:23 PM MEST


J'veux du live
J'veux du live
Proposé par DVDMAX
Prix : EUR 6,78

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Oh... un regret, juste un., 16 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : J'veux du live (CD)
Désolé. Pas pu résister. Je sais, je sais. Je vais perdre tous mes amis du coin si je continue. Souchon. Et live en plus ? Oui, mais ce live-là est bien meilleur que le précédent. Plus épuré. Comme il faut quoi.
Souchon... Quand on y réfléchit, c'est incroyable le nombre de ses chansons qui sommeillent en nous. Je ne vois guère que les Beatles pour squatter à ce point la conscience musicale de l'homo sapiens sapiens.
Avec en plus ces mots qu'on trouve presque trop faciles, limite racoleurs et qui ne sont que justes. Terriblement proches. Cruels au fond. Tu la voyais pas comme ça, ta vie...
Seul regret pour cette galette, d'ailleurs. Il manque une interprétation épurée, sans cornemuses, du Bagad de Lann Bihoue. Juste une gratte sèche, un tempo plus lent. Mais il a voulu nous épargner la souche. Trop gentil le gars. Moi j'aurais bien aimé être transpercé une fois de plus par ce chant de l'âme meurtrie. Ce réceptacle implacable de nos regrets éternels.


Talents essentiels : Laurent Voulzy - Rockollection, Le coeur grenadine, Le soleil donne
Talents essentiels : Laurent Voulzy - Rockollection, Le coeur grenadine, Le soleil donne
Prix : EUR 9,99

8 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 GrandMa est en bas qui fait du Lolo, 12 juin 2010
Mon premier disque à moi ( je veux dire le premier disque que je me suis acheté avec mon argent personnel à moi tout seul ) c'était les Rubettes. C'était curieux les Rubettes. Comme qui dirait un groupe. Avant je croyais que seul le chanteur comptait. Et puis j'ai lu une interview du guitariste chez le coiffeur. Il brandissait un disque d'un autre groupe en disant que c'était super bien.
Alors je l'ai acheté. Abbey road ça s'appelait.

Après mon petit frère et moi on s'est fait offrir le double rouge. Et puis le double bleu. On a fait le voyage de Yesterday à Let it be en un été !

Après j'ai acheté Made in Japan. Et on mettait très fort Highway star, et Smoke on ze watters, et Child in time, et le solo de batterie ! Alors là, le solo de batterie... A fond ! On a crevé les baffles de GrandMa ! Après quand elle écoutait sa musique religieuse c'était tout saturé. Elle était pas contente GrandMa.

Après, mon frère il a acheté Hello. Et moi j'ai acheté Desire. Même que je crois bien que ça m'a dégoûté à vie du Bob. Y'avait du crincrin partout, berk.

Après on est allé chez cousin Bernard à Martigues. Il avait plein de disques ( au moins quinze ! ) avec des pochettes bizarres. On y voyait des dirigeables allemands en train de brûler, des trucs couverts de toiles d'araignées, des gars qui pissaient sur un bloc de béton, d'autres en feu en train de se serrer la pogne. On a tout de suite été pote avec tout le monde, surtout avec Simone et Garefounkelle !

Après j'ai commencé à lire Rock'n Folk. Avec mon frère on écoutait Feedback le soir. Mon frère il a acheté Hotel California et A trick of the tail. Moi j'ai acheté The Doors, 461 Boulevard et Udü Wüdü.

Après je suis sorti avec une fille plus grande que moi. Elle écoutait que Zappa, Coltrane et le Commandant Beefheart. Elle était un peu bizarre cette fille.

Après j'ai découvert un disquaire qui passait une autre musique. Les Modern lovers, White light, Dr Feelgood, Raw power, Born to be wild ça s'appelait. En vérité, je n'en suis jamais plus ressorti ... J'avais quinze ans.

Tout ça pour dire quoi ? Euh... Oui, voilà : que j'ai découvert les Them, les Mamas and Papas et le Loco Motion grâce à Lolo. Merci Lolo. Le tube de l'été 77 en France. Je passais un séjour linguistique en Angleterre où j'ai effectivement appris à embrasser avec la langue. Retour avec The Clash dans la besace.

Début de l'histoire.

Et la tienne camarade ?
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