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Marguet
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La maison de l'Arbre joueur
La maison de l'Arbre joueur
par Lian Hearn
Edition : Broché
Prix : EUR 8,50

1.0 étoiles sur 5 Incompréhensible, 18 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La maison de l'Arbre joueur (Broché)
Les premiers chapitres commencent bien... Une jeune japonaise s'initie à la médecine auprès de son père, médecin réputé du domaine Choshu. Puis très vite le Japon bascule dans une guerre fratricide, dont l'exclusion (ou non) des étrangers est en jeu. On peut regretter la pléthore de personnages qui rendent le roman à peu près illisible (c'est qui, lui, déjà?....), et les termes japonais utilisés, mais non traduits!

La couverture est jolie, mais je vous le déconseille.


La part de l'autre
La part de l'autre
par Eric-Emmanuel Schmitt
Edition : Broché
Prix : EUR 21,80

5.0 étoiles sur 5 Et si Hitler n'était pas un monstre?..., 17 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La part de l'autre (Broché)
« Les gens disent qu'ils détestent Hitler, mais demandez leur si c'est le peintre ou l'écrivain qu'ils n'aiment pas, et ils resteront cois. » S'il est important pour apprendre à exprimer son gai désespoir de connaître l'auteur de cette phrase (Pierre Desproges), il est tout aussi utile de connaître Eric-Emmanuel Schmitt, ou plutôt de lire son livre intitulé « La Part de l'autre ». Plus pour se creuser les méninges que pour faire de l'humour, encore que... les larmes ne sont jamais très loin du rire.

Avant de devenir dictateur, Hitler a voulu être peintre. Il a tenté d'intégrer l'Académie des Beaux Arts de Vienne en 1908, mais hélas pour l'humanité ! car il aurait sans doute causé moins de dégâts en tenant des pinceaux plutôt que les rennes du pouvoir, le jury viennois l'a recalé.

D'où la question hautement pertinente que pose l'auteur : que serait devenu Hitler, et par conséquent le monde entier, si l'Académie de Vienne en cette matinée du 8 octobre 1908 avait accepté, et non pas refusé, d'intégrer le jeune étudiant en son sein ?...

Et nous découvrons sous nos yeux ébahis, les parcours croisés de deux Adolf Hitler : le dictateur parkinsonnien, hystérique et sanguinaire, sexuellement perturbé et frustré, et un Adolf Hitler imaginaire et imparfait mais humain, peintre reconnu, adolescent timoré soigné par Freud, témoin du mouvement des surréalistes et ami d'André Breton...

Ce que la vie nous a donné et ce que nous en faisons, sont les deux forces qui font de nous ce que nous sommes. Les deux Hitler du livre ont vécu la même enfance, mais n'ont pas connu les mêmes échecs, et surtout, ils n'ont pas tiré les mêmes enseignements de leurs échecs. C'est ce que souligne ce roman. Ce qui le rend génial. Ce qui dérange, aussi : car en rappelant qu'Hitler n'était qu'un homme, et rien de plus qu'un homme, banal voire même médiocre, E. E Schmitt nous rappelle en même temps qu'il aurait pu faire d'autres choix, et devenir quelqu'un d'autre. Que les actes seuls sont monstrueux, jamais les hommes. Et que nous aussi, nous pourrions un jour devenir autre.
« En montrant qu'Hitler aurait pu devenir autre qu'il ne fut, je ferai sentir à chaque lecteur qu'il pourrait devenir Hitler. »
Pari gagné.


Madame Bâ
Madame Bâ
par Erik Orsenna
Edition : Broché
Prix : EUR 7,90

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un roman qui en dit long, 7 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Madame Bâ (Broché)
Marguerité Bâ, femme malienne d'ehnie Soninké demande un visa pour la France.
Elle remplit une à une chaque partie du formulaire 13-0021 (nom, prénom, situation familiale, motif du séjour, etc etc), et en profite pour raconter sa vie.

Pour dénoncer, en bloc :

L'indifférence de la France à l'égard des anciens combattants africains, les tarifs pratiqués par Air France, la corruption, les démarches tortueuses pour obtenir un visa, les magouilles africaines et les inepties françaises, le trafic lié aux dieux du foot (des gamins africains plus ou moins kidnappés par des businessmen français qui les poussent à s'entraîner sans relâche... quitte à les abandonner ensuite sans aucun scrupule s'ils ne donnent pas satisfaction. Pour une star du foot, combien de gosses ainsi livrés à eux-mêmes ?...), l'aide internationale complètement inutile neuf fois sur dix, et la volonté incoercible d'une bonne partie de la population malienne de migrer vers le Nord.

Ce que tente de faire Madame Bâ, afin de sauver son petit-fils Michel, kidnappé par des maniaques du football.

Du grand Orsenna ; on retrouve son désir de tout vouloir classer, catégoriser ; de répondre à cette perspicace question : « qu'est-ce qu'une femme ? » (qu'il se posait déjà dans son roman intitulé « Longtemps », que j'ai trouvé largement moins bien), son vocabulaire, son humour et sa finesse.


Le Fléau
Le Fléau
par Stephen King
Edition : Broché
Prix : EUR 31,00

5.0 étoiles sur 5 Une pointe de philosophie..., 7 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Fléau (Broché)
Quand je pense à tous les livres de Stephen King qu’il me reste à lire, j’ai la certitude d’être encore heureuse, et tant pis si je paraphrase Jules Renard.

Le Fléau est un roman qui commence avec, comme personnage principal, un virus (appelé Le Grand Voyage, ou La Super Grippe) créé par les Américains au début des années 1990 pour parer à une éventuelle guerre bactériologique. Dès les premières pages du roman, on comprend qu’un gros problème est survenu au sein de la centrale militaire qui a mis au point cette maladie, car d’une façon ou d’une autre, le virus a commencé à se répandre parmi le personnel de la centrale et, lorsqu’on apprend qu’il s’avère contagieux à 99%, on mesure l’ampleur du pépin.

Passage magnifique, splendide, presque cinématographique tant on se représente l’action, lorsque King décrit la façon et à quelle vitesse le virus se propage au sein de la population américaine, voyageant d’individu en individu, de voiture en voiture, d’Etat en Etat. On le voit, littéralement.
Dans ces conditions, l’Humanité est quasiment condamnée, car très peu survivent, dont une petite série de personnages principaux, et toujours des anti-héros hyper attachants (une ex star du Rock misogyne, un vieux professeur de sociologie, un sourd muet, un attardé mental, un ancien ouvrier d’une usine de calculatrices, une femme enceinte et un chien !)

Cette vision de fin du monde rappelle « La Peste » d’Albert Camus, « Malevil » de Robert Merle (et éventuellement « Les Hommes Protégés », du même auteur).

Dans ce monde post-apocalyptique, tout devient dangereux : plus de lois, plus d’Etat, plus de morale : les femmes redeviennent des proies faciles pour les brutes, on meurt d’une appendicite car il n’y a plus de médecins, on pille les magasins, un accouchement par le siège équivaut à une condamnation à mort.
Tant bien que mal, les hommes se réorganisent et tentent de recréer l’Amérique. Deux zones se distinguent : la zone du Bien, et la zone du Mal (ben oui, c’est un roman américain !)

La zone du Bien est co-gouvernée par une vieille dame de 108 ans, prêtresse et qui cite le Bon Dieu dans toutes ses phrases. Ses amis (nos anti-héros, donc) essaient de rétablir une Démocratie, mais King nous fait quand même bien comprendre que c’est vachement dur dans un pays où les armes étaient en vente libre et qui maintenant sont à la portée du premier plouc venu (j’aime bien ce petit côté militant, chez Stéphenou !)
Et la zone du Mal gouvernée par un Dictateur qui n’est ni plus ni moins qu’un démon, avec des pouvoirs magiques, des dents de requin et des yeux de belette. Et qui crucifie les gens sur des poteaux électriques, entre autres petites choses.
Et les deux camps vont devoir s’affronter…

La grande question que pose ce bouquin en 3 volumes est la suivante (car Stephen King est Maître de l’horreur et de la fiction, avec un cœur de philosophe) : l’Humanité n’apprend-t-elle donc jamais de ses erreurs passées ?...

Et il y répond, modestement, en nous faisant comprendre qu’en fin de compte, le Fléau, c’est l’Homme.


La femme de nos vies
La femme de nos vies
par Didier Van Cauwelaert
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un fast-food littéraire bien agréable, 1 juillet 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La femme de nos vies (Broché)
Jürgen Bolt est un enfant allemand pendant la seconde guerre mondiale : légèrement simplet et mal-aimé de sa famille, il ne parle qu'à ses vaches. Ses parents décident de le vendre à l'hôpital d'Hadamar, où s'apprêtent à être exterminés, au gaz, des enfants handicapés physiques ou mentaux, inutiles aux visées aryennes du IIIème Reich. Parmi eux, David Rosfeld, un petit génie juif et épileptique de dix ans, incollable sur la physique nucléaire... Une Allemande SS, Ilsa Shaffner, convainc ses collègues nazis de ne pas tuer le petit David qui peut aider l'Allemagne à se procurer la bombe atomique.
Problème : David Rosfeld refuse d'aider les nazis responsables du massacre de ses parents, et renonce à sauver sa peau. Par conséquent, il décide d'échanger sa place avec Jürgen Bolt, qui est donc sauvé, mais qui devra à tout prix se faire passer pour un surdoué...

Livre à la mode, (disponible dans toutes les gares), l'écriture bâclée parvient à nous faire oublier la richesse de la langue française... Les lecteurs occasionnels seront ravis, les lecteurs avertis seront déçus.
Cela dit, l'histoire ne manque pas de piquant, certaines situations sont carrément cocasses (être contraint de se faire passer pour Juif afin de survivre dans l'Allemagne nazie, c'est tout de même original).
Le tout constitue un conglomérat de formules gnan-gnan « vous faîtes pleuvoir parce que vous avez peur du soleil », sympathiques « Carpe Diem, devise des Epicuriens. Cueille le jour, mais pas pour en faire des confitures », des évidences toujours bonnes à rappeler « il arrive qu'on soit responsables des malheurs qu'on subit comme de ceux qu'on provoque » .

Un livre qui se lit vite et bien. Et qui s'oublie, sans doute, aussi facilement.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 28, 2013 7:40 PM MEST


La fille sans qualités
La fille sans qualités
par Juli Zeh
Edition : Broché
Prix : EUR 11,70

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Retour sur La banalité du Mal, 29 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La fille sans qualités (Broché)
D'un côté, le style est lourd. Carrément lourd: métaphores et comparaisons plus ou moins oniriques à chaque coin de phrase, on s'y noie. On pourrait raconter la même chose en un nombre beaucoup plus restreint de pages.

De l'autre côté une histoire sombre, non pas immorale mais amorale: l'histoire de deux adolescents (un garçon, une fille) qui harcèlent sexuellement un de leur professeur et le font chanter grâce à des photos pornographiques qu'ils détiennent. Non par méchanceté pure (les deux ados ne sont certes pas méchants, mais pas franchement sympathiques non plus), mais parce que, nés à la fin des années 1980 et fruits de leur époque "amorale", ils considèrent qu'il n'existe pas plus d'inconvénients à faire le mal que le bien. Et parce qu'ils désirent mettre en pratique la théorie des jeux de John Nash (théorie connue par tous ceux qui ont fait de l'économie ou qui ont vu le film "un homme d'exception"). Lors de la lecture du livre (écrit par une Allemande, est-ce un hasard?) on pense beaucoup à Hannah Arendt et à sa théorie sur "la banalité du mal".

J'ai préféré, de loin, le livre de la même auteure intitulé "Corpus delicti".


Les naufragés de l'île Tromelin
Les naufragés de l'île Tromelin
par Irene Frain
Edition : Poche
Prix : EUR 7,10

5.0 étoiles sur 5 Un prélude cruel à l'abolition de l'esclavage, 15 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les naufragés de l'île Tromelin (Poche)
Attention, histoire vraie !

En 1761 dans l'Océan Indien, un vaisseau français avec à son bord une pleine cargaison d'esclaves fait naufrage sur une île méconnue. Les rescapés Blancs et Noirs tentent de survivre tant bien que mal, et au-delà des préjugés raciaux, ils unissent leurs forces afin de construire un navire qui leur permettrait de fuir ce petit caillou perdu au large de Madagascar. Mission réussie : l'équipage français prend la fuite, sans les Noirs, mais promet de revenir les chercher sur un navire plus grand qui pourra les accueillir tous.

15 ans s'écoulent avant que les capitaines Blancs daignent de nouveau s'intéresser au sort des esclaves délaissés, et les secourir...

En plein XVIIIème siècle où, en parallèle de la traite négrière, émergent tout doucement des pensées antiesclavagistes, l'histoire des naufragés de l'île de Tromelin s'est hissée au rang de véritable légende pour les milieux marins, guerriers, négriers, scientifiques et humanistes de l'époque. Au point que Condorcet lui-même reprendra l'histoire de ce naufrage pour militer en faveur de l'abolition de l'esclavage, qui sera adoptée au lendemain de la Révolution Française.

Un récit prenant et cruel, comme le sont souvent les histoires vraies.


Fortune carrée
Fortune carrée
par Joseph KESSEL
Edition : Poche
Prix : EUR 5,30

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Une histoire prenante, 9 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fortune carrée (Poche)
L'histoire de 3 héros plus ou moins sanguinaires (Igricheff, un Kirghize sans foi ni loi, Mordhom un Breton qui joue au dur mais un tantinet sentimental si on creuse un peu, et Philippe, un Français naïf, riche et valeureux) qui crapahutent dans un Yémen du début du siècle, puis en Ethiopie... Un roman ancré dans son temps, très colonial (on est encore dans le mythe du «bon nègre »), et très bien écrit (normal, c'est du Kessel...). Beaucoup d'actions, et pas mal d'hémoglobine (et vas-y que je te crève les yeux et que je t'arrache le cœur...), on ne s'ennuie pas.
Un vocabulaire "local" un peu difficile cependant (excepté pour celles et ceux qui savent d'emblée ce que sont un "chaouch", une "sotnia", un "boutre" et des "djebels"...)


Mars: «Je suis jeune et riche et cultivé ; et je suis malheureux, névrosé et seul...»
Mars: «Je suis jeune et riche et cultivé ; et je suis malheureux, névrosé et seul...»
par Fritz Zorn
Edition : Poche
Prix : EUR 8,00

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Les bonnes manières tuent!, 25 mai 2013
Ce récit est un récit de vie : celle de l'auteur, Fritz Zorn, un fils de millionnaire élevé en Suisse allemande parmi la société bourgeoise, à qui on a enseigné les bonnes manières qui conviennent à sa classe sociale. De trop bonnes manières, qui vont le rendre extrêmement malheureux, névrosé, et mourant d'un cancer à trente ans à peine.
En effet, Fritz Zorn n'a jamais appris à dire zut à ses parents, ni à contredire qui que ce soit. Il n'a jamais appris à se forger une opinion sur n'importe quel sujet, car cette opinion risquerait de « déranger » les autres, et qu'il est considéré comme impoli d'exprimer son désaccord avec autrui. On ne lui a jamais parlé de sexualité car « ça n'est pas convenable », et devenu adulte, il ne connaît rien sur la question. Il n'a jamais appris à se faire des amis, car un excès de politesse soutenu rend impossible le rapprochement et la complicité avec d'autres personnes.
Quelques mois avant de mourir, Fritz Zorn décide d'écrire sur les méfaits de son éducation extrêmement bourgeoise et « comme il faut », qui, selon lui, est directement responsable de l'apparition de sa maladie. Il le dit lui-même : « J'estime que quiconque a été toute sa vie brave et gentil ne mérite rien d'autre que d'attraper le cancer. Ce n'en est que la juste punition. »


Prémonitions
Prémonitions
DVD ~ Sandra Bullock
Proposé par odyssees-numeriques
Prix : EUR 9,99

12 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Surprenant !, 27 mars 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Prémonitions (DVD)
J'ai regardé ce film hier à la TV, complètement par hasard car je n'en avais jamais entendu parler. J'ai pensé que le film pouvait être bien car j'aime bien Sandra Bullock, une des rares actrices américaines à ne pas être sophistiquée.
Je n'ai pas été déçu.
Un beau matin, une femme au foyer américaine mère de 2 enfants apprend la mort de son époux d'un accident de la route. Tristesse, annonce à ses filles le drame. Bon.
Le lendemain, Linda (c'est son nom) se réveille et oh ! surprise, son mari est vivant. Le surlendemain, il est mort de nouveau...
Linda pense devenir folle mais, prise dans une spirale infernale qui mélange temps passé et futur, elle se rend compte qu'elle voit l'avenir... et que, comme Cassandre, elle ne voit que des malheurs auxquels personne ne croit lorsqu'elle tente d'en parler. Du coup, elle va tenter de sauver son mari de l'accident de route qui l'attend. Mais il n'est pas facile de changer le destin...

Si on ne sait pas à quoi s'attendre, le début du film laisse présager un film d'horreur... il n'en est rien, mais l'ambiance du début est carrément glauque pour ensuite adopter un registre plus doux.

Une intrigue très bien ficelée avec une Sandra Bullock remarquable.


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