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Contenu rédigé par Reich Claude
Classement des meilleurs critiques: 9.103
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Commentaires écrits par
Reich Claude "Claude Reich"

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La Mort à Venise
La Mort à Venise
par Thomas Mann
Edition : Poche
Prix : EUR 4,60

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Orphée à Venise, 12 janvier 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Mort à Venise (Poche)
Magnifique nouvelle, ce court livre qui raconte la lente déchéance d'un écrivain en fin de carrière qui, s'il a rencontré le succès matériel, se rend compte qu'il est passé à côté de la vraie beauté, celle qui foudroie et va au- delà de la raison, fut inspiré à Thomas Mann, de son aveu même,par une série de petits événements de sa vie réelle.

La poésie s'y mêle au mythe (ainsi la splendide scène de l'arrivée à Venise sur une inquiétante gondole rappelle-t-elle la traversée antique du fleuve des enfers), l'influence de Nietzsche se retrouve dans le conflit entre Apollon (la beauté du jeune garçon, Venise ville des arts...) et Dionysos (le choléra qui menace, le vieux dandy débauché sur le bateau...), entre la sérénité du beau et la violence de la passion, l'esthétique de Schopenauer est là également (la beauté comme foudroyante vérité ultime au- delà de la raison), et, finalement, omniprésente, la mort paraît, progressivement, comme si l'auteur la considérait comme l'inévitable conséquence de la création.

Un grand livre que l'on complètera utilement avec son adaptation cinématographique par Visconti.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 14, 2013 7:59 AM CET


La peinture de Manet, suivi de "Michel Foucault, un regard"
La peinture de Manet, suivi de "Michel Foucault, un regard"
par Maryvonne Saison
Edition : Broché
Prix : EUR 20,30

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Dire n'est pas voir, 27 avril 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La peinture de Manet, suivi de "Michel Foucault, un regard" (Broché)
Ce livre est le seul témoignage qui nous reste d'une conférence que Foucault a donnée plusieurs fois dans divers pays, celle-ci ayant été enregistrée à Tunis. Le philosophe, par l'analyse approfondie de plusieurs tableaux de Manet tels que le Balcon, le Bal Masqué à l'Opéra ou un Bal aux Folies Bergères, y continue sa réflexion sur la représentation et sur l'écart qui existe entre l'énoncé, le discours, et le visible (réflexion entamée quelques années plus tôt dans les Mots et les Choses) ce que l'on voit, ici la peinture, le tableau comme objet matériel qui se donne à voir (la peinture-objet) en même temps qu'elle est une représentation de l'invisible (non pas ce qu'on ne peut pas voir, mais ce qui est caché). La démarche de Foucault s'articule autour de trois grands thèmes, l'espace, la lumière et la place du spectateur et, en peu de mots il parvient à montrer comment Manet est le premier des modernes en ce sens qu'il libère la peinture, art du visible par excellence, du carcan illusoire du discours et du narratif qui l'emprisonnait depuis la Renaissance.

Un texte lumineux, suivi de plusieurs études et interprétations de divers commentateurs, dont une passionnante comparaison avec les textes de Bataille et de Fried sur le même Manet.


Paul Klee : Polyphonies
Paul Klee : Polyphonies
par Collectif
Edition : Relié

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La musique de la peinture ou la peinture de la musique?, 20 décembre 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Paul Klee : Polyphonies (Relié)
Superbe catalogue d'exposition qui aborde un thème pourtant déjà longuement étudié dans diverses publications (Paul Klee: Painting Music, aux éditions Prestel, par exemple), ce livre est rempli de bonnes reproductions en couleurs de nombreuses oeuvres rarement exposées. Le texte étudie en détail et de manière exhaustive les relations de l'artiste - lui-même musicien de haut niveau - avec cet art abstrait par excellence qu'est la musique. Une intéressante intervention de Pierre Boulez complète l'analyse et fait de cette publication un ajout de qualité à la pourtant déjà très riche littérature sur Paul Klee.


L'Ambition de Vermeer
L'Ambition de Vermeer
par Daniel Arasse
Edition : Broché

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le mystère Vermeer, 28 août 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Ambition de Vermeer (Broché)
Surpris par les commentaires négatifs des autres lecteurs de ce livre, je tiens a apporter une note plus positive apres sa lecture.

Dans un style vivant et clair, s'appuyant sur une analyse fouillée des principaux tableaux de Vermeer (l'Art de la Peinture. La Leçon de Musique, la Dentellière...), l'auteur nous livre une étude originale dont le but est de montrer que Vermeer, loin d'être un simple peintre de genre a vocation moralisatrice, ou encore un maitre de la lumière (comme le definissent la plupart de ses admirateurs depuis sa "redécouverte" au milieu du 19eme siècle), est d'abord un artiste conscient de sa valeur et qui entend proclamer au monde la supériorité de la peinture sur tous les autres arts en tant que révélatrice de la vérité du monde. Vermeer, quand il peint, veut d'abord montrer que l'artiste est celui qui dévoile, qui révèle, qui montre mieux que tout autre, et le but de Daniel Arasse est de déchiffrer ce "mystère Vermeer" en répondant a la question suivante: comment le peintre fait-il pour réussir mieux que tout autre son entreprise de dévoilement alors que sa peinture ne perd jamais son aura mystérieuse?

J'ai, pour ma part, trouve ce livre passionnant, d'une érudition jamais ennuyeuse, ponctue par des passages que je qualifierais de brillants.


Lolita
Lolita
par Vladimir Vladimirovich Nabokov
Edition : Poche
Prix : EUR 8,40

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La séduction par les mots, 6 juin 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lolita (Poche)
Lolita est un livre dérangeant, oppressant, magnifique. Un narrateur dont on ne sait jamais s'il aime l'objet de son désir et dont nous, lecteur, sommes l'objet constant de la séduction, une séduction qui passe par les mots, par l'esthétisation de situations pourtant abjectes (pédophilie, viol...). On se surprend à éprouver de la sympathie pour cet "immonde Humbert Humbert" (le mot est de Nabokov dans son interview à Apostrophes en 1976). Les thèmes du livre sont cachés, mais omniprésents, au-delà de l'évidence de l'innocence menacée: l'éternité contre l'éphémère, l'amour contre le désir, l'imagination contre la réalité, l'art contre les étouffantes conventions...Ce livre est bien cette "montagne d'imagination" au sommet de laquelle l'auteur attend le lecteur actif pour une rencontre inoubliable. C'est aussi un passionnant jeu de piste où Nabokov multiplie les références littéraires, les clins d'oeil et invite véritablement le lecteur à rester aux aguets à chaque ligne (qui,par exemple va prêter attention à la première et fugace apparition physique de l'infernal double de Humbert, l'inquiétant Quilty?). Un des livres les plus importants de la littérature du XXème siècle.


Jude l'obscur
Jude l'obscur
par Thomas Hardy
Edition : Poche
Prix : EUR 7,10

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un couple maudit dans l'Angleterre victorienne, 15 mai 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jude l'obscur (Poche)
Ce livre est une tragique critique du mariage dans l'Angleterre victorienne. L'histoire de Jude et de Sue, une véritable descente aux enfers de deux personnages purs écrasés par une société rigide, intolérante et enquilosée par des siècles de convenance, est celle d'un homme et d'une femme impuissants face à la force, non pas du destin, mais des préjugés: préjugés contre le pauvre qui ne peut, ne doit pas sortir de sa condition spirituelle (et non pas seulement matérielle)de pauvre, préjugés contre le couple qui s'aime mais qui vit hors mariage (le contrat étant plus important que les sentiments), enfin préjugés contre la différence, la différence de celui qui refuse d'entrer dans le moule de cette société qui ne souffre aucune révolte.

Un livre dont le pessimisme peut aujourd'hui paraître exagéré, mais qui reste un magnifique plaidoyer pour la condition de la femme (plaidoyer écrit par un homme), le personnage de Sue étant parfois considéré comme la première figure féministe de l'histoire de la littérature.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 14, 2013 8:02 AM CET


Orlando
Orlando
par Virginia Woolf
Edition : Poche
Prix : EUR 6,10

13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Fausse biographie, vraie quête., 1 mai 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Orlando (Poche)
Orlando est une fausse biographie. Fausse parce qu'elle prend comme sujet un personnage fictif, qui n'a jamais existé; fausse également parce qu'une biographie relate en détails les actes principaux d'un personnage historique: or ici, ce ne sont pas des actes qui sont relatés, mais des pensées, des attitudes (Orlando entrain d'écrire, Orlando communiant avec la nature...), les actes ou événements (naissance, mariage, publication d'un livre, etc) ne prenant que très peu de place dans le récit..

Se déroulant sur plus de trois siècles durant lesquels Orlando change de sexe, ne vieillit que de 20 ans (passant de 16 à 36 ans), et poursuit tout au long du récit un seul vrai rêve, celui de devenir poète, le livre est une vivante réflexion sur la relativité des frontières entre les deux sexes, sur le rôle de la femme dans la société, sur le temps qui passe sans passer, sur les limites du langage comme outil de communication (les mots se trouvant souvent dans l'incapacité de décrire les pensées, les désirs, l'amour, les états d'âmes du personnage, de l'aveu même de son pseudo-biographe qui en vient d'ailleurs à laisser un paragraphe entier en blanc en guise d'aveu d'impuissance du mot ), mais aussi sur la création artistique: car ce livre est la description d'une quête, de la naissance de la vocation jusqu'à la réalisation du rêve, le fil conducteur étant la longue élaboration, on pourrait dire la maturation, du poème "le Chêne", qu'Orlando met 300 ans à créer et dont le lecteur, étrangement, ne connaîtra jamais le texte (là encore, les mots ne sont pas ce qui compte...).

On pourrait facilement faire un parallèle avec la Recherche de Proust, elle aussi le récit de la naissance et de la maturation d'une vocation artistique, le livre lui-même en étant le résultat. Orlando est donc un livre riche, profond, difficile parfois, écrit dans un style qui cependant peut agacer le lecteur par son caractère ampoulé qui entraîne quelques longueurs.
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Le Loup des steppes
Le Loup des steppes
par Hermann Hesse
Edition : Poche
Prix : EUR 6,10

5 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un livre de son temps, 2 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Loup des steppes (Poche)
Je ne sais pas si ce livre est une oeuvre géniale. Il est intrigant, parfois prenant, mais aussi parfois longuet (la scène du théâtre magique, qui rappelle certains tableaux de George Grosz ou de Max Beckmann, notamment par le jeu des miroirs). C'est une recherche du moi, ou plutôt des multiples moi qui font une personnalité. Je dirais que c'est une oeuvre de son temps et de son lieu (les années 1920 et la République de Weimar en décomposition), une oeuvre onirique (le récit entier peut être interprété comme un rêve), une oeuvre où la psychanalyse a sûrement sa place, mais aussi un texte qui, à mon avis, souffre de la comparaison avec d'autres grands livres introspectifs de la littérature de langue allemande du XXème siècle (le Docteur Faustus de Thomas Mann, l'Homme sans Qualités de Musil...).


Contes du jour et de la nuit
Contes du jour et de la nuit
par Guy de Maupassant
Edition : Poche
Prix : EUR 3,90

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Des contes plus de la nuit que du jour, 21 décembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Contes du jour et de la nuit (Poche)
L'amour, la mort, l'étrange, l'argent, la ville, la campagne, la Corse, la Normandie, la jalousie, l'honnêteté, le couple...dans le désordre, on trouve tout cela dans ces contes, courts (souvent 4 ou 5 pages) vifs et pleins de surprise, dont beaucoup recèlent une part d'autobiographie et desquels sourd une imperceptible angoisse, sûrement celle de l'auteur devant une réalité qui le fuit...


Intelligence avec l'ennemi : Le procès Robert Brasillach
Intelligence avec l'ennemi : Le procès Robert Brasillach
par Kaplan Alice
Edition : Broché
Prix : EUR 8,90

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Oui, les mots peuvent tuer..., 27 octobre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Intelligence avec l'ennemi : Le procès Robert Brasillach (Broché)
Ce livre est une passionnante galerie de portraits, des portraits qui sont ceux des divers participants au procès Brasillach, Me Isorni pour la défense, Marcel Reboul pour l'accusation, ainsi que les quatre membres du jury et, enfin, bien sûr, l'accusé lui-même. Ayant eu accès à de nombreux documents d'archives, l'auteur décrit dans le détail et (presque) sans passion ce procès symbole de l'épuration et sa personnalité centrale, aussi complexe que son époque, écrivain souvent mièvre en même temps que critique assassin et pamphlétaire haineux (contre les juifs, les communistes, les gaullistes).

Ce n'est pas le moindre mérite de ce livre que de réussir à montrer la continuité de l'appareil judiciaire français de la IIIème République à Vichy puis à la IVème République. Rien ni personne n'est totalement blanc ou noir à l'époque; les hommes qui ont jugé Brasillach, officiaient déjà sous Vichy et avaient fait serment de loyauté à l'égard du Maréchal Pétain. Eux pouvaient arguer du fait qu'ils avaient simplement fait leur métier de magistrat; Brasillach, lui, était allé beaucoup plus loin, mais a aussi eu la malchance d'être jugé parmi les premiers, pour l'exemple et sans doute pas pour les meilleures raisons (son antisémitisme haineux et viscéral ainsi que ses dénonciations et ses véritables appels au meurtre dans Je Suis Partout n'étaient pas la véritable raison d'être de son procès, comme le montre l'auteur, le principal chef d'accustaion étant la trahison). Comme disait Talleyrand, "la trahison est une question de date"...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 15, 2013 4:29 PM CET


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