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Contenu rédigé par FRANCOMME Bruno
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Commentaires écrits par
FRANCOMME Bruno

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Bonjour paresse : De l'art et la nécessité d'en faire le moins possible en entreprise
Bonjour paresse : De l'art et la nécessité d'en faire le moins possible en entreprise
par Corinne Maier
Edition : Broché
Prix : EUR 12,00

36 internautes sur 45 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 La première qui dit... la véééééé-ri-tééé..., 7 août 2004
... elle doit être électrocuée !
Bonjour Paresse est plus sérieux qu'il en a l'air. Ce n'est pas un "coup de gueule" à la mode ou un pamphlet rigolo sans lendemain, c'est une méthode de décryptage de la grande entreprise... et une recette imparable. A la psychanalyse, C. Meier emprunte l'art de dire ce qui est caché. Elle décrit la difficulté croissante à masquer une réalité de plus en plus évidente : avec le développement toujours plus pointu des techniques et de l'informatique, il ne reste plus que des tâches secondaires. Alors, chahutée par des marchés incontrôlables, la grande entreprise développe un cancer de l'encadrement, et le soigne par la soviétisation : on invente des projets, on commande des audits, on sollicite mille conseillers... et on fait comme si tout allait bien ; on abuse du charabia, on noie tous les poissons, réels ou imaginaires, et on s'efforce de passer inaperçu. L'auteure propose d'aller jusqu'au bout de cette logique, de se désengager sans en avoir l'air, et d'attendre que le système s'écroule, de faire oeuvre d'inertie.
Ce qui est amusant, c'est qu'attendre que tout s'écroule, paralyser le système pour l'obliger à s'écrouler, semble aussi être devenu la résolution inconsciente et collective des européens à l'égard du capitalisme, qu'ils expriment par un recours quasi-systématique à l'alternance politique.
En tous cas, le livre se lit bien, l'analyse est fine.


Voyage au bout de la nuit
Voyage au bout de la nuit
par Louis-Ferdinand Céline
Edition : Poche
Prix : EUR 9,70

161 internautes sur 176 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pourquoi lire Voyage au bout de la nuit, 2 août 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Voyage au bout de la nuit (Poche)
Voyage au bout de la nuit. Inutile d'imaginer un parcours initiatique alambiqué vers une lumière salvatrice. Point d'aube ici, c'est " Voyage au fond du trou ", la tête la première. Il faut bien y réfléchir avant de lire le texte, réfléchir à ce qu'on est capable de voir et d'entendre à propos de sa propre misère, de la misère humaine et de ses impasses. Toutes les positions de repli méticuleusement démontées à mesure qu'on les imagine, il ne reste que le vide. Inutile de jeter un coup d'œil au manège lumineux qui étourdit ses foules et d'hurler à l'exagération en espérant quelque écho. Inutile de chercher dans les souvenirs un bonheur cohérent, ce ne sont que des répits saupoudrés : si la forêt est belle de loin, il suffit de s'approcher pour constater qu'il n'y a pas une feuille qui ne soit déchirée, tâchée, parasitée, promise à une pourriture omniprésente, quelques mètres au dessous.
On pourra toujours faire semblant de croire qu'il ne s'agit que de divagations haineuses et ordurières d'un écrivain fasciste et aigri : c'est une généreuse porte de sortie qu'il offre à tous ceux qui préfèrent continuer dans leur monde de carton-pâte. " Voyage au bout de la nuit " est un miroir qui se lit.
La guerre est au commencement, comme le début d'une vie, absurde bien sûr la guerre. Mais ce n'est pas une absurdité académique ou lyrique dont il est question, c'est l'absurdité par la tripe, par la peur, par la lâcheté. Une fois débarrassée de l'amour propre du narrateur, ce n'est plus la sienne propre, de peur, ce n'est plus sa lâcheté, on la reconnaît cette lâcheté universelle face à la mort, on sait bien que c'est la sienne aussi, qui qu'on soit. Tout le monde sait d'instinct que les héros sont des malades mentaux, ou des lâches tellement plus lâches que les autres qu'ils sont pressés d'en finir. Et puis, il y a les grands stratèges qui envoient les uns se faire tuer, les autres se faire fusiller, juste pour continuer, durer, au nom d'un patriotisme hallucinatoire. Et puis, il y a les civils, qui sont d'accord avec tout le monde, alternativement...
Où est la vérité, dans les récits grandiloquents des livres d'Histoire, dans les réclames nasillardes des actualités officielles, ou bien dans la vase gorgée de sang où se noient des jeunes gens terrorisés ?
Le récit quitte la guerre, mais la paix, la guerre, c'est du pareil au même, car pour les pauvres, c'est toujours la guerre. La différence, c'est qu'en temps de paix, ils se battent entre eux pour paraître moins pauvres, se battent pour offrir aux riches de plus gros gâteaux dont il tombera peut-être de plus grosses miettes. Ce n'est pas le moindre des désespoirs, la condition des pauvres, intemporelle, les pauvres dont on ne sait s'il faut les plaindre pour la malédiction qui les frappe, ou les abandonner à leur servilité incurable. C'est peut-être cela qui impose de garder à Céline à l'écart : il n'aime pas les pauvres dont on a tant besoin pour travailler et faire la guerre, il ne sait pas les flatter. C'est plus probable en tous cas que ces histoires d'engagement politique bien commodes. Quand les pauvres vont à l'école, on ne va pas leur gâter l'esprit et le courage avec des horreurs défaitistes et pour tout dire, négatives.
Aujourd'hui, rien n'a changé, le manège tourne juste un peu plus vite. De la nausée viendra peut-être l'envie de lucidité. De cette lecture, sûrement.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 7, 2016 3:33 PM CET


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