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Contenu rédigé par Legendedessiècles
Classement des meilleurs critiques: 14.321
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Commentaires écrits par
Legendedessiècles (France)

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Once Upon a Time (Il était une fois) - L'intégrale de la saison 4
Once Upon a Time (Il était une fois) - L'intégrale de la saison 4
DVD ~ Ginnifer Goodwin
Prix : EUR 34,19

5.0 étoiles sur 5 Derrière le miroir de la Reine des Neiges, les Ténèbres avancent..., 19 juin 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Once Upon a Time (Il était une fois) - L'intégrale de la saison 4 (DVD)
Cette saison 4 pour Once upon a time est le signe que la série continue de s'approfondir et de s'aventurer vers d'autres univers ...Pourtant à 1ère vue, on aurait pu craindre qu'elle tourne en rond : apparemment la construction narrative semble être une décalque de celle de la saison précédente avec deux arcs a priori centrés sur la venue inopinée d'une nouvelle menace pour les habitants de Storybrooke (la Reine des Neiges dans les 11 premiers épisodes, les "Queens of Darkness" dans les 11 suivants) . En fait ce qui a été fait dans le 3 volet ne réapparaît qu'a travers le reflet du miroir déformant qu'est cette 4e saison embarquée en vérité dans des chemins assez différents. .

Ici les scénaristes prennent un malin plaisir à faire en sorte que toutes les apparences soient trompeuses. L'arrivée d'Elsa laisse penser à un Big Bad de plus mais assez vite in comprend que la Reine des neiges made in Disney en cache une autre (épisode 2) plus directement inspirée du conte originel d'Andersen et campée par la très belle Elisabeth Mitchell. On pourrait penser que le surgissement de Marianne allait ruiner le retour en grâce de Regina et lui redonner envie de renouer avec son côté obscur mais les choses vont s'avérer nettement plus compliquées. On pensait la "sainte Famille" des "Charming" bien à l'abri des séductions des Ténèbres mais certaines révélations vont écorner le stature héroïque des parents d'Emma et ébranler les relations qu'ils parvenaient à développer avec leur fille . Emma-quant à elle- se trouve en proie au doute sur ses pouvoirs (épisodes 7-8) et son statut de Sauveuse -si difficile à reconnaître depuis 3 saisons-s'avère finalement complexe à assumer en parallèle de ses amours assez contrariées avec Crochet et des "fantômes" venus de son passé d'orpheline..On s'imaginait l'amour capable d'éclairer tout le monde y compris le cœur noirci du Darkone mais peut être qu'on se leurrait sur la profondeur de certains attachements (Episode 12) ..Avec cet univers de faux semblants, de quiproquos, d' incompréhensions mutuelles , de mensonges, des secrets cachés derrière les postures, se construisent des intrigues globalement plus sombres alors même que l'emprunte "Frozen" aurait pu laisser penser le contraire: avec son imaginaire emprunt de "folklorisme" scandinave et ses éléments comiques (la maladresse d'Anna, la décontraction de Kristoff) on imaginait que la série allait prendre une tournure plus juvénile. Assez habilement encore, "Once upon a time" sait mêler le propos adulte impliquant une certaine profondeur avec une sensibilité et un référentiel enfantins, Appréciable toujours, cette construction de plus en plus baroque tenant avec les ficelles du "soap" mais imprégnée de langage littéraire élaboré pour une oeuvre grand public (ce que peu de critiques professionnels daignent lui reconnaître): par exemple, la thématique du miroir est distillé de façon intelligente parmi les personnages ou les éléments du récit ( les objets symboliques notamment ) : du retour de Sidney Glass (épisodes 1 à 5) à l'apparition du miroir de Trollden tiré du conte du XIXe siècle (Episode 6) . De même, l'architecture narrative joue sur des parallélismes complexes entre les destins d'Emma , de Regina et de Lily. Enfin, les esprits affûtés s'essaieront à reconnaître les incursions dans la littérature classique en particulier Dos Passos, James Ellroy et F.Scott Fitzgerald (notamment autour du personnage de Cruella Devil campée par une électrique Victoria Smurfit)

On sent au fur et à mesure que la saison avance une volonté d'élargir la palette de la série: si on part de problématiques intimes dominées par la question de la sororité, de l'identité personnelle , on glisse vers des interrogations plus "métaphysiques" (osons le terme !) et sérieuses sur le sens de l'engagement pour le mal ou le bien, sur les lois du destin entre "fatum" et libre arbitre et sur le pouvoir de la littérature. Il est à ce propos plaisant de constater dans "Once upon a time" le rôle central , que l'on donne aux livres et aux écrivains, ces magiciens du monde réel, ces maîtres de l'imagination . Le fil directeur de ce 4e chapitre s'avère donc être la quête pour retrouver l'auteur du livre de contes d'Henry ; auteur détenant ( lui, le "deus in machina "du grand théâtre du monde " qu'est Storybrooke ),les clefs de la destinée des personnages.
Il y a aussi une mise en abîme progressive des histoires contées en passant derrière le rideau du décor comme si on était amené à se poser des questions sur les forces qui tiraient les ficelles et quelque part sur les artisans de la série eux-mêmes. Assez logiquement donc,on comprend dans les derniers épisodes que l'univers d'"Once upon a time" est amené à s'aventurer au delà du périmètre de Storybrooke et des contes pour entrer à plein dans celui des mythes fondateurs médiévaux (la légende arthurienne) et antiques (dieux et héros grecos-latins), jusque là évoqués de façon très ponctuelle; un sacré défi à relever pour la saison 5.


Once Upon a Time (Il était une fois) - L'intégrale de la saison 3
Once Upon a Time (Il était une fois) - L'intégrale de la saison 3
DVD ~ Ginnifer Goodwin
Prix : EUR 24,99

18 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Par delà le Bien et le Mal, 26 février 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Once Upon a Time (Il était une fois) - L'intégrale de la saison 3 (DVD)
Le 3e volet d’Once Upon A Time est enfin sorti et c’est un fait heureux. Malmenée en France par une stratégie d’exploitation assez piteuse de la part de M6 mais aussi par les réticences du grand public du samedi soir, on aurait pu craindre que la poursuite de l’exploration de l’histoire de la bande de Storybrooke soit compromise chez nous. Les craintes ont été dissipées par le transfert de la suite sur 6ter et la publication de ce nouveau coffret en VF, de rouge et de noir vêtu.
Il y avait aussi d’autres interrogations : que la série en se prolongeant encore ne commence à bégayer voire radoter. C’est, peut-on dire, un lieu commun pour toutes les productions télé qui s’installent dans la durée, mais là, cela était particulièrement à redouter. Avec sa mécanique complexe qui tricote son récit en puisant dans les mannes des contes de fées, le danger n’était-il pas de lasser en répétant des formules ?
Fort heureusement, au lieu de recycler des recettes, « Once »continue d’installer son univers, ses codes et ses références en sachant doser le mélange entre éléments familiers et ingrédients nouveaux. On consent encore à avaler de bonne grâce la potion concoctée par Kitsis et Horowitz parce qu’elle est diablement réussie. Déjà ,concernant sa structure narrative, Once upon a Time se partage pour la première fois de façon nette entre deux cycles identifiés -diffusés sur ABC d’ailleurs à un trimestre d’intervalle- : les 11 premiers épisodes nous sortent de relatif huis clos du Maine pour retrouver le monde supposé enchanté de Peter pan à Neverland. Les 11 suivants suivent la « yellow brick road » d’Oz et la terrible Sorcière de l’ouest ,campée par la tonitruante Rebecca Mader. il semblerait que l'univers de "Wicked " de Gregory Maguire ait été convoqué pour donner vie à ce protagoniste o combien marquant ( A noter par contre que le dos de la pochette ne semble parler que du 2e arc )... la série y gagne une densité narrative et un rythme plus soutenu que lors de la précédente livrée puisque Emma et les autres se retrouvent successivement confrontés à deux ennemis redoutables incarnant chacun une menace majeure. Outre que la transition entre les deux histoires est finement pensée, le choix est fait d’explorer deux contes particulièrement riches et singuliers, liés, au moins, par une thématique essentielle : aller au-delà de la réalité et des champs du possible par l’imagination. On appréciera qu’au milieu de tout cela, des éléments d’autres « fairytales » soient intelligemment intégrés comme Raiponce ou la Petite Sirène tandis que les clins d’œil aux adaptations fameuses d'Oz et de Pan mais aussi à des classiques du cinéma populaire (de Retour vers le Futur...à Star Wars ! ) alimentent le côté gentiment baroque des arcanes de notre cher "Il était une fois".
Que ce soit géographiquement, temporellement ou psychologiquement, « Héros et vilains » s’aventurent aux limites du monde de la série ainsi que de leurs possibilités. Le « pays Imaginaire » s’avérera être un piège vénéneux à plus d’un titre : les héros les plus courageux s'y retrouveront malmenés par les coups pendables et vicieux d’un Peter pan manipulateur, cynique qui sait voir et utiliser les faiblesses, les secrets–mêmes les mieux enfouis-de ses adversaires… un Peter Pan qui retrouve l’essence première que lui avait donné son créateur : celui d’un être sans émotion autres que jouées… Le jeune Robbie Kaye s’acquitte de façon convaincante de l’incarnation du garçon « sans âge » et sans scrupules à l’espièglerie malveillante.
Tout au long de ces péripéties, les clivages Bien/Mal semblent perdre toute stabilité et se recomposer sans cesse . La philosophie qui préside au déroulement de l'ensemble de l'histoire trace un plan clair: qu'ils soient conditionnés par les circonstances heureuses ou malheureuses,leur éducation, le poids des héritages, Gentils et Mauvais choisissent leurs destinées et ne sont pas condamnés par une quelconque fatalité à y être rangés indéfiniment. Cela est posé dès l’épisode 1 où ,mus par le désir de sauver le « petit prince » Henry enlevé par deux sbires de Peter (cf la saison de la saison 2) la Sauveuse et ses héroïques parents, la Méchante Reine, le Pirate et le Ténébreux sont amenés à coopérer …et cela non sans douleur ni tensions…On assistera au fur et à mesure du développement des intrigues à des évolutions certaines voire durables chez certains personnages mais sans balayer toute ambiguïté, double jeu ou possibilité de revirement. Parmi les dites évolutions, celles de Rumpelstilskin et de Regina s’avèrent des plus passionnantes à suivre dans le contexte d’une saison où ils se retrouvent tous les deux liés respectivement aux deux grands opposants (ce qui nous éclaire davantage encore quant à leurs personnalités). Leur devenir est au fil des épisodes comme mis en parallèle avec celui de Peter et de Zelena comme si quelque part la Reine et le "Dark One" devenaient plus ou moins les véritables héros de l’histoire. De leur côté, les héros « conventionnels » se retrouvent face à des déconvenues mais les affrontent non sans dignité ni esprit du sacrifice : L’amour de Blanche Neige et du Prince va subir des épreuves tandis qu’Emma semble plus que jamais se débattre avec sa crise d’identité. Celle-ci trouvera une partie de sa résolution dans le double épisode final (Ép 21 et 22), qui conclue de façon rocambolesque cette saison haute en couleurs et laisse espérer un 4e chapitre de la même tenue.

PS: A noter que le coffret comprend peu de bonus (toujours en version sous titrée) notamment 3 épisodes avec commentaires audio,un petit reportage sur les "Wicked Villains", sur Ariel, un bêtisier et 6 scènes coupées ma foi, plutôt intéressantes. Esthétiquement réussi , il utilise comme chacun peut voir un visuel ancré dans la promo depuis la saison 1 ; visuel qui met en avant Regina...peut être un signe supplémentaire que "the Evilqueen" est un personnage de plus en plus central et une petite allusion aux nombreuses connexions et "rollbacks" faits sur le 1er chapitre.


American Horror Story : Coven - L'intégrale de la Saison 3
American Horror Story : Coven - L'intégrale de la Saison 3
DVD ~ Evan Peters
Proposé par Idstock
Prix : EUR 21,99

1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La Ronde du Sabbat, 5 février 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : American Horror Story : Coven - L'intégrale de la Saison 3 (DVD)
Une rencontre fortuite peut être une rencontre heureuse...C'est un peu au hasard d'un prêt amical que je suis entré la 1ère fois dans cette assemblée de sorcières (en anglais, "Coven") .Pensant qu'en fait j'allais visiter la "Maison de l'Horreur" (Saison 1), j'ai donc abordé en premier ce qui était déjà le 3e volet de la Série horrifique phare de la chaîne Fox : j''imagine que ça m''a donné un regard un peu différent sur cette saison que les aficionados jugent visiblement d'une façon plus mitigée'. Y a-t-il lassitude de leur part face aux aspects très « exercice style » de la série ? Toujours est-il qu''après avoir visionné dans le sens inverse les 3 saisons, c'est bien celle estampillée N°3 que j''ai trouvé la plus convaincante.
En se plaçant dans une école de sorcières, Coven choisit sans doute un théâtre d'action moins anxiogène qu'un vieil asile psychiatrique ou même qu'une demeure maudite. Dont acte. Il n'empêche qu''American History 3e du nom est animée d'une délicieuse folie furieuse , défiant sans complexe les lois de la nature : la résurrection, l'au-delà, la voyance, le dialogue avec les morts, les pactes avec le démon les secrets de l'immortalité' C' 'est carnaval -au sens originel- ici : tout semble permis à ses femmes aux pouvoirs exceptionnels qui incarnent en chair et en os les fantasmes de puissance de tout un chacun. 'Les magies noire et blanche tendent à repousser les limites du possible ...donc, mort/ vie, bien/ mal s''entremêlent plus qu''ils ne s''opposent dans un univers où la satisfaction de ses désirs et l''instinct de survie fait transgresser les codes de l''honneur, les amitiés circonstancielles voire même les liens du sang.
On nous propose donc 11 épisodes comme autant de morceaux d'un délire macabre où l''histoire danse le Sabbat avec frénésie.Le ton qui prédomine est celui d'un l''humour noir des plus sombres où on sent que scénaristes, producteurs et acteurs jubilent devant la mise en œuvre de ce spectacle à l'esthétique hautement maîtrisée. Cette approche a l''avantage de faire de ce formidable bric à brac dramatique, de ce patchwork de références cinématographiques, historiques, littéraires et même mythologiques (le Minotaure, Tirésias) un ensemble qui paradoxalement se tient grâce à sa dimension parodique et satirique. Il semblerait que sans concertation ni influence mutuelles revendiquées, les auteurs et réalisateurs se soient retrouvés plutôt au diapason avec LES SORCIERES DE ZUGARRAMURDI d'Alex De La Iglesia.
Bien plus que Murder House et Asylum, Coven joue avec les peurs d'un monde puritain, fustigé, raillé et comme retourné. En tout cas, la Sorcière retrouve l'essence même de ce qu'elle a incarné : un cauchemar pour la société holiste de papa, un démon exorcisant les frayeurs de l''Amérique polissée. 'Faut il y voir l'expression subliminale de la crainte refoulée de disparition de la prédominance des WASP dans une société métissée ? Why not... Paradigme terrible : et si tout ce que l'on pensait avoir brûlé à Salem revenait prendre le contrôle ? Caricature outrancière d'un Vieux Monde Blanc du Sud réduit à son racisme viscéral, le personnage historique de l''odieuse tueuse en série Delphine Lalaurie -campée par l''immense Kathy Bates-, se retrouve de façon improbable à notre époque et se fait malmener avec délectation par les principaux protagonistes. Réduite à une « immortelle impuissance », elle se voit infliger un rôle de servante de la jeune Black ,Queenie, et dans une des scènes d'un humour vachard et croustillant en vient à visionner de force la série « Racines ». Exorcisme des vieux démons toujours vivaces de l''Amérique , la question raciale est donc un des fils directeurs du propos. Avis aux machos, le mâle dominant 'et à travers lui la société patriarcale chère aux conservateurs-en prend ici pour son grade : Le goût assumé de l'inversion fait camper un mini monde dominée par un matriarcat implacable : dans cette « ruche » d''abeilles tueuses, les hommes sont réduits au stade de faire valoir mutilé , d''objet sexuel veule, d''expérience de torture ou de bourreau transformé en victime (cf.les personnages du tueur de jazz ou des chasseurs de sorcières). Mais la cible principale de Coven semble être cette jeunesse sans âme du monde post moderne, façonnée par un imaginaire industriel fait de fantastique préfabriqué (cf les éléments mi acides mi hommage à l''encontre d''Harry Potter, Charmed; la reprise en mode moqueur de certains stéréotypes des films gore pour ados etc.) et mus par une irrésistible envie de célébrité . le personnage de Madison Montgomery- campée par E.Roberts-semble en être l'incarnation. au vitriol de cette génération Y dont Zoe (Taissa Fermiga), Misty (Lily Rabe) et les autres sont chacune à leur façon des électrons libres.En définitive, cette saison sait faire la part belle à l'autodérision: tout le monde en prend plein la poire et c'est tant mieux !

En effet, Si Coven moleste l'hypocrisie de l'Amérique conformiste, il ne s'embarque pas a contrario dans l''éloge d'un ordre libertaire. Si il raille l'hypocrisie de la bien-pensance matinée de bigoterie , il n'épargne pas non plus les enfants du monde dérégulé : Coven égratigne avec morgue l''hédonisme soixante huitard et les artifices de la société du spectacle . Jessica Lange retrouve avec le personnage de Fiona Goode (la "Suprême") le schéma de ses précédentes rôles pour AHS, une gloire en décomposition.' Mais ici, ce crépuscule d''une quasi-déesse sait être traité avec une gravité et une densité remarquables par cette actrice d''exception. C'est le chant de cygne -noir- d''une époque qui , avide de jouissances, se damnerait pour l'élixir de l'Eternelle Jouvence. C'est la revanche, par delà ce chaos apparent, des Lois de la nature qui s'imposent à tout un chacun et rappellent qu'on ne défie pas impunément la Mort.


Indiana
Indiana
par George Sand
Edition : Broché
Prix : EUR 7,70

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Osez George Sand !, 22 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Indiana (Broché)
Ah! George Sand...un paradoxe, presque un syndrome ...Impossible de ne pas trouver de ci de là quelque éloge outrée pour la "grande figure " , le salut pompeux à l" Immortelle "(selon le mot-hommage un brin vitriolé de Victor Hugo), la révérence de convention au "symbole", le désir plus ou moins convaincu de « panthéonisation » de la "muse" que toute bonne disciple du féminisme contemporain ne récite que comme une figure imposée. Bien sûr, on aime le mythe, on énumère avec un poil de voyeurisme salace le tableau de chasse des amants de la femme libérée (ce n’est pas la littérature biographique qui manque là-dessus de Guillemin à Chalon …Bref on contemple cette existence o combien fascinante comme si elle illustrait la célèbre maxime d'Oscar Wilde: "j'ai mis mon talent dans mon œuvre mais mon génie dans ma vie". En soi, George Sand semble la cible d'un pacte tacite consistant à accorder plus de valeur au « roman de sa vie » qu’à ses créations romanesques. On ne s'étonnera pas vraiment que la bibliothèque de la Pléiade ne consacre à "La Bonne Dame de Nohant" que deux volumes à une partie de ses œuvres autobiographiques. Misogynie larvée ou pas, on aime à souligner surtout l'instant de folie vénitien (en réalité assez burlesque) avec Musset ou les caresses maternantes adressées à un Chopin, comme des moments où la présence d'Aurore Dupin valoriserait le génie de l'auteur de "Lorenzaccio" ou celui du compositeur des "Nocturnes". Il y a derrière cela, sans doute, le poids des persiflages de son temps qui se sont installés tels des arguments fantoches. Mais une fois laissé de côté ces préjugés, qu'en est-il vraiment de la romancière, infatigable et inventive jusqu'à la boulimie ?

George Sand est sans doute la femme de lettres la plus prolifique de notre littérature ainsi qu'une des plus inspirée ...Mais probablement aussi une des plus injustement sous-estimée. Il y eut bien des plumes fameuses pour célébrer son Génie (Flaubert, Claude Roy, Henry James Proust, Alain) mais on a retenu celles qui lui ont affublé une réputation de "pisse copie », eu égard à l'encombrante fécondité de son inspiration, Les sarcasmes de Baudelaire à l'encontre de "la bonne grosse bête" au "style coulant" n'y sont pas pour rien sans doute. Cette "vache à écrire"(Nietzsche) ne semble pas avoir résisté aux assauts des tenants de cette Subversion, établie en doxa, à partir des jugements de ces (éminents) pontes. Surnage donc, plus ou moins, au-dessus de l'oubli quelques contes et romans champêtres socialo-humanistes entrevus au collège comme des morceaux de bravoure d'une littérature « propre sur elle ».
Voilà précisément pourquoi une lecture d'Indiana peut s’avérer des plus enrichissantes pour apprécier le talent de la belle Aurore dont l’écriture naturelle et généreuse s’exaltait avec l’adresse instinctive d’un génie en éclosion. Lire ce roman c’est retrouver l’œuvre qui en 1832 fit entrer son auteur(e) au premier plan de l'actualité littéraire. S'imposait alors le nom mystérieux de George Sand comme celui d'un écrivain qui devait compter parmi ses plus illustres semblables... Un livre qui avec beaucoup de finesse et de spontanéité maîtrisée établit la jonction entre l'aspiration réaliste d'un Balzac et les ambitions d’une idéaliste à la recherche de sa « théorie ». L’équilibre est ici trouvé entre présenter le monde tel qu’il est et envisager celui qu’il pourrait être ; équilibre aussi finement posé entre les emprunts autobiographiques et les saillies de l’imagination. L’héroïne soumise à sa condition d’épouse tend peu à peu à s’émanciper et, nature sensible, se heurter aux joies et aux déceptions des inconstances amoureuses. Traversée de forces contraires, alternant entre force et faiblesse, Indiana la jeune fille au teint halée se débat entre les pesanteurs sociales et les pièges du cœur humain.
Ce roman établit une partie des canons du génie sandien qui préfère « donner à voir » que décrire, qui ressent plus qu’il analyse et qui fait espérer plus qu’il ne constate. Les personnages bien campés dans une certaine complexité comme les rebondissements nombreux donnent de la vigueur à la lecture. Le style clair et frais est empli de cette énergie créatrice libérée d’elle-même qui sait chanter l’amour véritable et admirer la beauté des êtres tout en regardant la vérité des choses. ..Tout cela est fait avec une retenue et un art de la suggestion qui n’empêche ni des moments d’évidente sensualité ni d’importantes hardiesses. Il faut mesurer ce qu’il a fallu d’audace à cette grande Dame des Lettres pour dénoncer les effets ravageurs d’un conformisme social sur l'union maritale mais on peut aussi savourer l’élégance de la manière dont l’ensemble est construit…Élégance et mesure qui n’ont rien du suranné ni du timoré de « ce siècle-là » …mais qui pourraient bien être une inspiration aux actuelles « Scandaleuses », devenues les vraies conformistes d'aujourd'hui


Once Upon a Time (Il était une fois) - L'intégrale de la saison 2
Once Upon a Time (Il était une fois) - L'intégrale de la saison 2
DVD ~ Ginnifer Goodwin
Prix : EUR 29,99

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La magie continue, 8 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Once Upon a Time (Il était une fois) - L'intégrale de la saison 2 (DVD)
Nous avions quitté Storybrooke alors qu'Emma venait de briser le "Sort Noir "et par là-même découvrait sa véritable et improbable ascendance. L'équilibre entre les mondes réel et féerique, construit autour d'un parallélisme depuis le départ, commence à s'affaisser: les deux univers qui se répondaient par des correspondances subtiles dorénavant vont interagir plus nettement l'un sur l'autre. Après un premier chapitre efficace et se suffisant presque à lui-même, le second inaugure un temps des incertitudes et de la confusion interne entre les deux identités des principaux protagonistes. "Once Upon a time" ouvre dès lors un champ vaste de perspectives et de vues : via les puits, miroirs, haricots magiques et autres boussoles d'or, les frontières entre les dimensions s'ouvrent et laissent les idées des scénaristes se développer à foison. Que l'on se rassure, la maîtrise de l'écriture permet de garder le cap et d'éviter les errances souvent mortifères pour l'intérêt du spectateur ; surtout lorsque les séries commencent à se prolonger.
« Once upon a time » suit alors une sorte de mue au rythme de l'élévation progressive d’Emma à son statut d’ héroïne ;ceci lui faisant vivre en quelque sorte une espèce de « maturation inversée »: d' une enquêtrice/sheriff engagée dans une investigation aux consonances assez policières, Mlle Swan se métamorphose doucement en personnage principal d'une quête aux aspects nettement plus fantastiques et chevaleresques ( l'apparition dans la trame des références à la Table Ronde ne sont certainement pas fortuits) . Quelque part, le pistolet cède la place à l’épée princière ce qui ne va pas aller sans un certain nombre de cas de conscience pour la donzelle quelque peu désorientée dans ce chaos temporaire. L'acceptation de soi passe ici par celle de l'existence d'une magie (re)venue animer les murs de la petite cité du Maine mais aussi perturber l'esprit pragmatique et intuitif de notre blonde "Sauveuse". Tour à tour, expression de l’amour ou transfuge du pouvoir, symbole de la force de l’imaginaire ou manifestation de la foi, la magie est presque la véritable héroïne de cette saison 2 haute en couleurs.
Le développement de l'histoire se fait notamment par la poursuite des destinées et l'approfondissement de la psychologie des personnages de l'intrigue précédente alors même que les statuts narratifs et les clivages établis vont être davantage remis en cause. Bien sûr, la fin de la malédiction commence à ramener quelques fins heureuses. Toutefois, Les problématiques restent nombreuses et celles qui touchent à la famille demeurent des matrices de l'histoire en cours : particulièrement chez les traditionnels "Méchants » auxquels les téléspectateurs accrochent particulièrement. Regina est tiraillée entre sa volonté d'être une bonne mère pour Henry et son hostilité de longue date avec les "Charming" ; en même temps elle voit sa propre mère-la terrible Cora « Queen of Hearts »- jouer les troubles fêtes pendant toute la première partie de la saison et notamment parvenir à la rejoindre dans le monde réel. Rumpelstilskin – la cheville ouvrière des arcanes de la série- se retrouve à la croisée des chemins entre son ambition de retrouver son fils Baelfire, sa romance avec Belle et son désir de puissance. De leur côté, les « Gentils » ne sont eux-aussi pas au bout de leurs peines. Bien qu’ayant retrouvée l’amour de son prince, Blanche-Neige ne va pas être ménagée : la princesse aux cheveux d'ébène s'efforce de recréer non sans douleur et émotion (cf épisodes 1 à 4) des liens avec sa fille perdue alors même qu’elle se retrouve confrontée aux relans de sa propre noirceur.

On pourra apprécier aussi l'apparition de nouvelles figures qui voient d’autres univers venir enrichir la série : Thèmes et personnages de la Belle au Bois dormant puis de Peter Pan intègrent peu à peu « Once » et ce, grâce à un casting encore une fois bien inspiré : Citons par exemple Colin O Donoghue qui est une capitaine Hook au charme vénéneux tandis que Sarah Bolger (vue dans « les Tudors ») campe une Aurore de toute beauté. N’oublions pas non plus que la série se pense comme une réinvention donc continue à créer ses propres personnages . L’un de ceux apparu dans la saison 1 va connaitre un regain d’intérêt: il s’agit de Baelfire dont on cherchait ,l'année précédente ,l’identité au sein des habitants de Storybrooke. Le second chapitre va lui donner une nouvelle incarnation, adulte cette fois, en la personne de Michael Raymond-James (doublé en VF par le très expressif Mark Lesser–la voix d’Alex dans Buffy !). Baptisé Neal Cassidy pour ce monde ci, (référence malicieuse au héros de Jack Kerouac) Bae est plus ou moins malgré lui devenu un passeur entre les mondes et un maillon essentiel de la saison.

Sachant éviter le manichéisme grossier mais assumant une dose certaine de « romantisme », la création d’ABC, malgré des effets spéciaux un peu surannés, parvient à conserver un charme étonnant Plus que des recettes ou des assauts d’esthétismes, il semble que tout cela soit motivé par un travail tout aussi patient qu’inspiré ; travail qui témoigne d’un savoir-faire quelque peu perdu dans la capacité à rassembler les différents niveaux de lecture d’une production. Si l’enthousiasme du public français s’est quelque peu émoussé dès fin 2013 ; de l’autre côté de l’Atlantique, les audiences conséquentes ont permis à « Once upon a time » de s’augmenter d’une 3e, 4e puis une probable 5e saison ! De quoi déjà continuer à suivre le bateau ivre de l’imagination jusqu’à Neverland…


Le Suicide français
Le Suicide français
par Eric Zemmour
Edition : Broché
Prix : EUR 22,90

33 internautes sur 43 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Cassandre, 22 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Suicide français (Broché)
E. Zemmour s'est construit en une vingtaine d'années une solide réputation de polémiste qui lui a permis de se tailler une place pour le moins ambivalente dans le monde journalistique: héraut d'un certain anticonformisme pour les tenants d'une France oubliée, méprisée d'un côté et repoussoir idéal des autoproclamés "progressistes, humanistes" chevelus de l'autre. On ne sait jusqu'à quel point le sieur Eric se délecte de cette stature de pourfendeur cathodique ni jusqu'où il le cultive sciemment. La fréquentation régulière de son travail journalistique et littéraire permet d'établir d'entrée de jeu que le bonhomme dispose d'une culture livresque conséquente en amoureux de Belles Lettres et de l'histoire qu'il est. A ceux qui s'interrogeraient sur son statut et donc sur sa légitimité, on peut rétorquer que ce "Suicide français" n'a pas vocation à être un ouvrage universitaire ni une somme programmatique ... Zemmour ne se dit ni historien, ni sociologue ou encore psychanalyste. Il revendique, en "Honnête Homme"(réalité oubliée des hommes qui se disent professionnels de la pensée aujourd’hui) de faire un essai, genre de vieille tradition inscrit chez nous dans la littérature d'idées depuis l'éminent Montaigne. Sans doute se verrait il bien héritier de son modèle, François Mauriac, quand on sait qu'il porte au plus haut le célèbre Bloc-Notes de celui-ci.

A lire ce volume conséquent, on peut constater le sérieux d'ensemble d'un propos référencé , contrairement à ce que tentent d'imposer certains cris d'orfraie de chroniqueurs aussi surpayés que peu scrupuleux sur le plan intellectuel...L’honnêteté intellectuelle d’ailleurs, qui n’étouffe pas vraiment les aboyeurs de tout bord serait de ne pas forcément se focaliser sur les quelques erreurs de relevés statistiques, assez coutumières du genre essai…mais là, l’indignation en la matière est pour le moins hémiplégique. Ainsi sur l’immigration et les transformations sociales, le fond du propos sonne juste en s’appuyant sur les travaux de la directrice de recherche de l’INED Michèle Tribalat ,le sociologue Christopher Caldwell ou l'excellent géographe Serge Guilluy. En tout cas, cet ouvrage qui se découpe en 83 items réunis sous 3 périodes mérite surtout d’être lu dans sa globalité. La thèse décliniste , inspirée par JC. Michéa et P. Murray,embrasse tout le et tient à démontrer un délitement général, progressif mais hétérogène du pays. Péché d’origine identifié : les idées furibardes de mai 68, vraie fausse révolution dont la propagation paradoxale (malgré la défaite factuelle en juin) n’a cessé de se faire au détriment de la nation et des éléments structurant de la société. En cela, Mr Z cherche là à faire synthèse de sa pensée qu'il choisit de présenter par le biais de commentaires annualisés faisant presque "articles" et abordant toute sorte de thématiques. Par exemple, des choses a priori légères comme la parution de chansons ("Lily" de Perret, "les Divorcés" de Delpech, "Comme ils disent "d'Aznavour, "Le Petit Jardin" de Dutronc par exemple), de films, de séries ou des résultats sportifs sont vus comme des symptômes plus ou moins signifiants de telle ou telle évolution sociologique et culturelle. Cela amène l'auteur à retracer par une mise en perspective depuis 1970 (la mort du Général) un cheminement complexe… Nous ne sommes pas dans un énième avatar de la mécanique théorie du complot ,qu'un résumé caricatural aurait tendance à vouloir imposer, et ce par des gens qui n’ont pas suffisamment d’intégrité pour au moins lire le livre qu’ils critiquent. Sur le complot permanent, laissons cela pour les âneries faisandées de Soral and Co car ici, pas de "deus ex machina" ni de marionnettiste tout puissant qui tire seul les ficelles ...mais une somme de forces agissantes plurielles, hétéroclites présentées néanmoins comme convergentes dans leurs résultats. L'analyse politique, littéraire sont tout de même les lignes forces de l’ouvrage d’un homme qui, à défaut de spécialiste, semble se poser en intellectuel c’est-à-dire un homme se faisant profession de penser le monde. Observateur avisé, averti, il prend des allures de briseurs d’icônes et le plus étonnant c’est que la France semble vouloir le suivre.

On pourra noter le caractère sain du succès de cet essai, pourtant voué aux gémonies par l’essentiel de la sphère médiatique (qui il faut le dire, « prend cher » dans l’argumentaire du bonhomme). En effet, ce pavé dans la mare bienpensante a le mérite de lancer ou de remettre dans la lumière des débats sur d’éminents sujets tant politiques qu’historiographiques, donc d’élever le niveau sur des questions de haute tenue. On pourra déplorer l’absence de fond d’une classe médiatique –le Nouvel Obs en tête-peu habituée à faire dans la dentelle de la pensée nuancée. Pour preuve, la virée en polémique les lignes écrites sur la paradoxe français de la participation de Vichy à la Shoah (p 87 à 94) .Avant lecture, difficile d’y voir clair dans une pléiade d’articles farcis aux syllogismes et aux détournements dignes des sophistes d’antan. Plus intéressant est toutefois la mobilisation de pointures historiennes (Berstein, Azema, Kaspi etc.); historiens qui somme toute ont réagi à la phrase polémique mais qui ne contredisent pas vraiment le fond de la véritable analyse (l’ont-ils lu d’ailleurs au moment où on leur demande de réagir ? rien n’est moins sûr). En effet, dans les 8 pages, on ne lit pas que « Vichy a sauvé des juifs » ; phrase extirpée dans le contexte particulier d’un débat télévisuel et sur laquelle on s’est mis à gloser jusqu’à la nausée. Le propos écrit est infiniment plus mesuré. On a encore un peu plus la preuve que ce genre de plateau n’est pas très propice à la restitution d’une pensée complexe surtout que « l’histoire du passé qui ne passe pas » demande la prudence, la pondération et le calme de la réflexion. Ainsi, rendons justice à ce « Suicide Français » : non, Eric Zemmour qui scande ses pages de son admiration pour De Gaulle (pétainiste bien connu !) n’a pas le vœu-ni explicitement ni à mot couvert- de réhabiliter le « mal absolu » vichyste ni d’élever un buste au Maréchal Pétain. Zemmour met surtout en lumière le dévoiement des thèses de l’historien Paxton qui finit par renforcer une culpabilisation mortifère via le discours qui s’élabore à partir de lui. C’est moins directement les centaines de pages de Paxton que ce que la société –via Serge Klarsfeld, historien tard arrivé, pour le moins orienté par son paradigme mémoriel-en a compris et ce qu'elle s'est construite comme histoire officielle... histoire privée de débats. On rappellera quand même que de nombreux historiens (Marc Ferro Pétain, Antoine Prost, François Delpla entre autres) ont secoué au fil de leurs analyses certaines certitudes « paxtoniennes » fondées un peu trop sur les archives allemandes. Mais Zemmour s’appuie sur les travaux de Robert Aron Robert Aron. Histoire de Vichy : 1940-1944. Ce a été fait en équipe par Robert Aron et Georgette Elgey, Raul Hilberg La destruction des Juifs d'Europe (Tome 1)et Léon Poliakov LE BREVIAIRE DE LA HAINE. Le IIIème Reich et les juifs: on pourrait les juger anciens mais les évolutions de la recherche historique ont montré que sur de nombreux sujets revenir à des sources anciennes pouvait ne pas être idiot . Tout de même, il se réfère à de plus récents comme ceux de l’historien franco-israélite Vichy et la Shoah Enquete Sur le Paradoxe Français qu’il a le mérite de mettre subitement dans la lumière.

Là-dessus réside la force et la faiblesse du livre d’E.Zemmour : si Mitterrand croyait aux « forces de l’esprit », lui croit que l’idéologie est partout. Or, la forme choisie qui a le mérite pour le lecteur de pouvoir prendre des chemins de traverse, l’amène à reprendre comme une litanie certaines thématiques ; certains commentateurs assez malveillants y verront des « obsessions ». Cohérent, le propos peut céder quelquefois à la redite que pouvait éviter un regroupement de certains morceaux. Les 3D (déconstruction, dérision, destruction) sont déclinés à satiété au terme de chapitres qui prennent plutôt l’aspect de chroniques allongées, genre qui semble avoir parfois un peu trop imprégné le style de l’auteur. Or, dans le souci de vulgariser tout en taillant son sujet en tranches, Zemmour tire « trop directement » sur certains aspects s’exposant de temps en temps aux interprétations fallacieuses. Mais ces raccourcis sont des choix après tout qui peuvent se justifier.

On a beau jeu de vouloir à tout prix voir dans le trublion des « Néo-conservateurs » un chevalier servant de la dame Le Pen. Il est vrai que le bonhomme revendique indirectement un fond de barrésisme (la terre et les morts) qu’il semble fier de partager avec l’homme du 18 juin, celui du 10 mai et vraisemblablement celui du 21 avril. C’est vrai qu’il a bien envie de se faire le héraut du « pays réel » qui se désespère d’être entendu d’un pouvoir jugé de plus en plus confisqué et éloigné. En tout cas, il est révélateur des crispations d’un système qui se cabre ; certains de ses contradicteurs caressant l’idée qu’une censure de ces idées-là pourrait être salutaire. Assurément, Zemmour, en amoureux sincère d’un pays en souffrance qu’il sait aussi célébrer avec lyrisme, veut comprendre ce qui arrive. Assurément, il n’est pas optimiste sur ce qui s’annonce…mais faut-il brûler Cassandre quand elle annonce que la guerre de Troie aura bien lieu ?
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At Last
At Last
Proposé par lise et ses cd
Prix : EUR 10,99

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Blue Moon in New York, 31 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : At Last (CD)
Cyndi Lauper est restée pour beaucoup associée à ce qui est grosso modo une décennie de part sa petite pelletée de hits fameux et son personnage, à tout point de vue, haut en couleur(s). On l'a beaucoup comparée -chronologie oblige- à Madonna et peu à peu, on l'a doucement oubliée.
Sa carrière s'est mies à suivre les chemins sinueux de ses rencontres et de ses envies tandis que le grand public se mettait en goguette peu à peu avec d'autres popstars plus ou moins éphémères. Après des expériences diverses, elle est repartie en studio puis sur les routes avec ce "At Last" dont l'idée peut sembler curieuse pour une artiste accoutumée -tout en restant "mainstream"-à sortir des sentiers battus. Certains diront qu'il fallait relancer la machine en douceur; d'autres -moins bien intentionnés-verront là un opportunisme mercantile de fin d'année. c'est peut être oublié qu'il y a dix ans, sortir un album de reprises ne signifiait pas forcément le jackpot..;Rod Stewart ou Carlos Satana s'y étaient essayé avec succès certes mais ce format n'avait guère la faveur des maisons de disques , pas encore chahutées par la crise systémique à venir. pour cause d'a priori,on aurait toutes les raisons de se détourner d'un album qui propose des standards usés à la corde comme "If you go away" , "la Vie en Rose" ou "Unchained melody".Rappelons néanmoins que Miss Lauper a su montrer par le passé qu'elle était une interprète remarquable lorsqu'elle s'entichait de reprendre le travail des autres : elle l'a prouvée en s'emparant avec talent du "What's going on" de Marvin Gaye et d"'Iko Iko" en 1985 ou quand elle adaptait "le monde est stone" pour Tycoon en 1992. Mais la tâche pourrait sembler insurmontable lorsqu'on s'attaque en même temps à des titres sillonnés par E.Fitzgerald, D.Warwick("Walk on by"), E.James, Piaf , Smokey Robinson, Benny Goodman, Sinatra, Aretha Franklin, Nina Simone("My baby just cares for me " créeé par Eddie Canto ou "Don't let me misunderstood"dont on a gardé aussi en mémoire la version de"The Animals" ),etc.

Et pourtant...Grâce au travail d'un producteur avisé (Russ Titelman) épaulé par une équipe technique chevronnée (notamment l'ingénieur du son Ted Jensen) l'éternelle fille du Queen's devient une lady de Manhattan dont les chansons revisitées sont devenues des tenues de soirée cousues main. En effet, il se dégage une grande harmonie de ce disque très "new york sound"où les arrangements musicaux de bon aloi, évitant le "old school" scolaire faisandé ou le maniérisme branchouille, s’ouvrent à l'acid jazz et au blues élémentaire. Cyndi nous embarque au fil de cette voix douée aussi bien pour les acrobaties les plus trépidantes que pour les caresses les plus langoureuses, dans un club musical de la grosse pomme où tous ces classiques convergent et créent un climat subtil et émouvant. . Elle féminise à merveille la ballade immortalisée par les "Righterous Brothers" ..elle se montre endiablée sur "Stay", mutine sur "Until you come back to me" (une des plus jolies réussites de l'album de part sa sobriété)... tout à la fois fragile et profonde sur l'inénarrable chanson titre de Glenn Miller. Quand on entend le superbe"Makin' Whoopee (tiré de la comédie musicale du même nom datant de 1928)"chanté avec Tony Bennett, on en vient à se demander pourquoi "cette fille qui voulait juste du fun", n' a pas été tentée par une aventure à Broadway...un jour peut être. En tout cas, une chose est sûre: cet "At last" n'est certainement pas un disque pour rien: malgré son caractère feutré, il .ne retire rien de la spontanéité naturelle de la chanteuse dont il exprime même l'essence du talent...et dont il est à ce jour l' oeuvre la plus équilibrée et la plus aboutie.


Once Upon a Time (Il était une fois) - L'intégrale de la saison 1
Once Upon a Time (Il était une fois) - L'intégrale de la saison 1
DVD ~ Ginnifer Goodwin
Prix : EUR 29,99

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Réenchanter le monde, 16 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Once Upon a Time (Il était une fois) - L'intégrale de la saison 1 (DVD)
Voilà sans nulle doute une idée sortie de nulle part : faire une série pour adultes dont "la matière première "serait les contes des fées...La chose peut être tout à la fois convenue ou casse gueule de par l'immense prégnance de ses récits qui ont bercé notre enfance et nous ont appris à appréhender le monde par un langage spécifique de personnages, de style et de symboles. Nous avons tous une idée précise de ces histoires qu'elles nous aient été transmises par la lecture des grands conteurs comme les frères Grimm, Andersen , Perrault , Madame de Villeneuve (la Belle et la Bête) ,Lewis Carroll, Carlo Collodi, j.M Barrie, D.Smith... ou bien plus souvent qu'elles nous soient présentes à l'esprit sous leur forme-disons-édulcorée et animée par Disney .Bien sûr, Le début du XXIe siècle étant celui des adultes heureux de prendre de temps à autre le chemin de la régression comme des enfants poussés à devenir au plus vite des adolescents ,il y a clairement de quoi "ratisser large": c'est sans doute ce que sont dits les hommes d'ABC - éminente chaîne US, partie du grand conglomérat surpuissant Disney-qui ont accepté de soutenir le concept des deux producteurs farfelus Adam Horowitz et Edward Kitsis, ces éternels Peter Pan . Bien sûr, l’idée de faire venir les contes dans notre Réalité avait déjà été pensée notamment dans le comics Fables (où le principe d’un huit clos relatif avait été posé ) tandis que Disney avait déjà planché sur un long métrage baptisé « Il était une fois » …Mais rien n'était gagné d'avance ...le public visé s'avère large et familial, …or ce n’est pas une partie si aisée que lui convenir puisqu’ "Once Upon a time " devrait s’efforcer de plaire dans un secteur très concurrentiel (celui des séries TV)aussi bien aux adultes –"vieux enfants occasionnellement tentés par la replongée dans des univers familiers" peut-être mais aussi devenus très exigeants-, qu’aux « jeunes » gavés de divertissement, repus d'imaginaires commandés et avides de sensations fortes.

C'est là que se trouve le tour de force de cette série qui s'adresse à tout ce beau monde en même temps qu’elle parvient à séduire, interpeller, questionner et émouvoir tout à la fois. En 22 épisodes, se dessinent et se réinventent les 'fairytales" qui ,tissés entre eux par un scénario intelligemment pensé, forment un objet original et cohérent…le point fort de cette saison est indiscutablement l’écriture de la trame qui arrive à bien digérer ses éminentes références et articuler avec malice les intrigues basculant entre la « Forêt enchantée » (le monde des contes) et « Storybrooke (sorte de« Twin Peaks fantasy » dans laquelle presque tous les personnages se retrouvent à vivre, privés de leurs souvenirs mais dotés d’une identité « réelle », en fait assez liée à leurs caractéristiques et fonctions narratives originelles) . Le nom de la ville annonce la couleur : on va nous conter des histoires, nous transformant peu à peu en gamin curieux dont les yeux s’écarquillent au fur et à mesure que se tournent les pages –pardon, les épisodes-de ce conte moderne sans cesse renouvelé. Le conte, loin d’être un récit gravé dans le marbre sous une forme univoque, se réécrit en fonction des besoins de son temps et c’est cela même qui participe de leur immortalité : c’est une matière d’une incroyable souplesse pour celui qui la manie ; une arabesque que l’imagination peut tordre, étirer à satiété...les artistes de renom comme Tchaïkovski ou Jean Cocteau en leurs temps ne s’en sont pas privés :A leur suite quelque part, les scénaristes apportent leur touche mais tout cela sans trahir le fondement de ces histoires, renouant même parfois avec l’esprit original de celles-ci .
Et finalement oui, on adhère aux multiples péripéties, aux avancées qui nous prennent à contre pied, aux variations de tons entre policier et fantastique qui tiennent en haleine. On se prend à aimer des personnages admirablement travaillés et campés par un excellent casting. Sur ce point, mentions personnelles pour Lana Parilla qui donne vie à une « Evilqueen » implacable et torturée tandis que Ginnifer Goodwin campe peut être la meilleure Blanche Neige jouée à ce jour, innocente, vaillante mais aussi complexe. ..
Chose remarquable, « Once Upon A Time » se paie le luxe d’être un objet moral et intelligent, qui peut amener, l’air de rien, celui qui veut bien s’y prêter à certaines réflexions... les contes sont des livres à plusieurs niveaux de lecture ; on le sait au moins depuis les travaux des psychanalystes, Bruno Bettelheim en tête. Restant fidèles à la nature de leur source première, Les scénaristes ont bien voulu intégrer différents niveaux de compréhension : l’histoire de blanche Neige pose la question essentielle du mal et de la famille. Celle du petit chaperon rouge( nommé ici Ruby), qui a bien digéré les analyses de l’auteur de "Psychanalyse des contes de fées", questionne les équilibres entre Conscient et Inconscient. En tout cas, toutes convergent autour de la quête de soi, de l’abandon et du manque d’amour qui est au cœur de l’histoire de l’héroïne : Emma Swan, la fille que Blanche Neige et le Prince ont dû abandonner et qui peut briser la malédiction … Emma mère biologique du jeune Henry qu’elle a abandonné à son tour..Henry devenu l’enfant adoptif chéri de Regina Mills (la Méchante Reine) et parti rechercher sa véritable maman.
Storybrooke, c’est un peu notre monde : mesquin, répétitif et désespérément planté dans la grisaille du quotidien, où nous cherchons du sens et balbutions à le trouver….où les fins heureuses n’arrivent pas très souvent dans une quête du bonheur aussi chaotique que la forêt de Dante…où les envies de grandeur et de sublime se heurtent aux riches puissants (la Reine et Rumpelstilskin, respectivement maire et propriétaire de la ville) comme aux bassesses humaines (le mythe du prince charmant traité avec une ironie amère sous les traits du falot David Nolan-campé par Josh Dallas et ses adorables fossettes ! ). Et pourtant, « Once upon a time » ,le temps d’un simple divertissement bien conçu,nous lance des bouteilles à la mer : toute fatalisme, tel une malédiction, peut être vaincu.. Il y a, en nous, des êtres merveilleux, des princes, des fées, des nobles âmes qui peuvent enrayer le processus et trouver leur fin heureuse .En tout cas, pour moi ,modeste spectateur, lorsque souffle la tornade mauve dans le dernier épisode, c’est bien la magie qui est de retour.
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Beyonce
Beyonce
Prix : EUR 8,99

11 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Révolution marketing: la "montagne" du buzz accouche d'une "souris" artistique, 25 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beyonce (CD)
Voilà donc le buzz musical le mieux orchestré de l'année...une baudruche énorme qui a affolé les compteurs de ventes digitales que des centaines de milliers d'addicts ont engendré lors du lancement surprise de Beyonce 5e du nom. L'ayant entendu et vu intégralement , j'ai l'impression qu'elle a pris l'idée de départ de Gaga de vouloir faire une synthèse de l'art pop avec une volonté de tirer sur une image plus "expérimentale" (à la façon du très peu modeste "20/20 expérience" de Timberlake)...la réalisation et la mise en ventes sont par contre bien plus subtiles et malignes que celles de la Lady...tout est ici calculé au millimètre près(ce qui fait selon moi les défauts d'une qualité) avec une multitude de messages subliminaux à toutes ces consœurs: On pourrait appeler l'album "Kaleidoscope" tant il est pluriel ...c'est que contrairement à miss Applause , Beyonce entend nous démontrer par le son et l'image (The Visual album ) qu'elle est la pop music à elle tout seule en apposant son nom sur ce patchwork léché et produit à l'extrême bardé de références artistiques censées rappeler qu'ici, on est censé faire du haut de gamme...

La mégalomanie est poussée à son comble alors qu'elle n'est paradoxalement pas lourdement claironnée comme le fait mlle Germanotta ("attention je vais révolutionner le monde de l'Art mais je ne le dis pas trop ..comme ça je passerai pour plus fine que l'autre gourde"). Nous avons donc en 14 titres ,avec en parallèle 17 clips, l'ultime étape du "Me,Myself and I "de "Queen bey" qui n'en finit plus de voir le monde à travers son miroir...aujourd'hui, "je fais mon Sign O the Time" semble t' on entendre derrière chaque titre..peut être un peu piqué au vif de l'accueil plutôt mitigé du "number 4", madame jay-Z veut frapper fort... alors on référence(de Chirico , Dali ..), on fait des featuring choisis pour être classieux sur la planète mainstream (Frank Ocean,Drake)...et on pille tout...la nu soul des années 90 (notamment Eryka Badu sur "Partition" et D'Angelo sur "No Angel") la Madonna de Justify my love et Bedtimes stories (pour le coup, ça va être dur de ne voir un fleurt-plagiat pour la vidéo de Haunted ), Mickael Jackson, Prince, Bjork, Pink ("Pretty Hurts"), le disco crasse de Donna Summer ("Blow"), la Janet Jackson de Velvet Rope ("Mine")..le temps d'un shoot, on fait des clins d'oeil au clip de Fantasy de Mariah ou on se fait le visage de Shakira...Mi-quintessence (la soul classique de "Heaven"), mi-expérimentations avec en fait pas mal de redites des deux derniers opus...le tout est visuellement ramené à du sexy en diable, du porno chic (une énième dance sur barre façon Crazy Horse), du trash mais façon papier glacé pour Vogue ou Vanity Fair (faudrait pas faire peur aux promoteurs tout de même)...Les 17 videos -en fait- tournent beaucoup autour du derrière de la belle dans une esthétique Vintage, Aubade, ou urbaine(comme ça , on ratisse bien tout)...la surprise aurait été de faire des clips où Beyonce apparaisse méconnaissable ou s'efface devant la prétendue profondeur de sa musique (mais ça, c'est clairement pas envisageable)...tout de même, comme Be a bien compris que pour faire "chef d'oeuvre", il faut se voiler d'une certaine sobriété passant pour anticonformiste (ah, elle est incollable sur les codes, Be !), elle risque de couvrir ce "bel" et long effort musical d'une pochette noire (quelle simplicité! quelle classe! jamais personne n' y avait pensé avant elle !!!)

Donc madame attend déjà les superlatives louanges qu'elle s'est préparée à recevoir avec une spontanéité qu'elle ne sait visiblement plus que feindre depuis belle lurette (elle sera tellement raccord avec les adeptes du selfy)...perso, je salue la minutie, la préparation, la justesse du calcul mais je reste insensible à cet objet froid , écrasé par ses intentions et soucieux de construire en kit une "Légende" qui n'a pas envie d'attendre pour être panthéonisée..une sorte de palais de la reine des neiges en carton où toute chaleur, émotion directe ou sincérité apparaissent impossibles.
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Le secret
Le secret
Prix : EUR 6,99

5 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Précieuse Ridicule, 26 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le secret (CD)
Revenue de son périple d'Europe de l'est, la grande star internationale Lara Croakert Fabian nous apporte une super autoproduction à peu près aussi savoureuse et légère que le klug et les doubitchous de Mr Preskovic.
il est clair qu'elle fournit là un opus plus élaboré que les derniers A.Bent, M.Pokora ou l'horrible Génération Goldman et qu'elle a travaillé, beaucoup travaillé sur cet album intime,fouillé ambitieux. En vérité, je trouve que le résultat est incroyablement confus et prétentieux.Il y avait pourtant de bonnes intentions comme celles de tricoter toutes les chansons entre elles ..mais comme souvent avec Lara depuis un bon moment , il ne tient pas vraiment ses promesses.
Ecoutez pourtant le teaser de l'album : "inclassable, épique, déroutant, envoutant,..." Après s'être immergé un peu dans la mélasse de ces quelques 17 titres, on a presque envie de rire tellement le commentaire est outrancier surtout pour un disque se voulant malgré tout populaire.
Lara cherche à innover dans le périmètre très quadrillé de la pop/variété française et voudrait nous emmener au delà de ce qu'elle a déjà produit mais, malheureusement elle ne va pas au bout de ses envies. De nombreuses artistes de variété ont essayé de s'évader dans des univers moins confinés. Certains se moquent d'Alizée mais elle au moins est allée au bout de sa démarche : elle a fait un vrai disque d'electro ("Une enfant du siècle") qui s'est d'ailleurs bien vautré. Pour prendre un autre exemple- artistiquement plus abouti celui-ci-; en 1995, F.Hardy faisait du VRAI rock alternatif avec le Danger qui a eu du mal à séduire. Là on a un un espèce de machin violoneux ventripotent et boursoufflé qui veut nous montrer que Lara "auteur-productrice -interprète" sait tout faire : c'est pas du lyrique mais ça veut en avoir l'air, c'est pas de la pop mais ça en utilise des recettes, ça ne se veut plus de la "variet" mais ça a en a le goût, c'est pas de l'acid jazz ou du r'n'b mais ça veut être urbain (le titre "Danse"), c'est pas du trip hop mais ça se veut planant ("Le secret", "Amourexique") , y' a du rock façon Evanescence ("Un ange est tombé " ou "Je t'appelle"....merci Céline Dion d'avoir fait Taking Chances) et puis des Streisanderies ("Mirage" et I'm W-A")-"genre" dans lequel elle est tombée depuis quelques galettes déjà ...Bref,c'est un fourre tout musical qui voudrait surprendre, déstabiliser pour séduire en 2e ou 3e écoute mais au lieu de cela , il consterne ... un beau disque volontariste où on calcule, où on arrange mais où toute spontanéité et chaleur véritables sont écrasées sous le poids des intentions.
Les textes se trouvent être à l'image de l'ensemble : assez lourds, verbeux et bavards ("Il est Lune"), beaucoup de bruits pour pas grand chose: sur le fond, "il faut assumer sa différence, apprendre à s'aimer pour aimer les autres, vivre en harmonie avec la nature, s'ouvrir au monde parce que les voyages, oh oui c'est enrichissant"...de l'enfilage de perles donc avec du charabia pour la forme ("Quand deux ils se touchent/tous nos sens se souviennent " ????) . Lara Fabian apprend à mettre son moi intérieur en lumière et s'ouvre à la spiritualité : à 42ans, elle a découvert pèle mêle la psychanalyse, la relaxation, le fengshui et voudrait bien poser en intellectuelle. Seulement, elle risque de ne plaire ni aux bobos amateurs de Lou Doillon pour qui elle restera attachée à "Je t'AIMMMME" ni vraiment enchanter sa fanbase.

Cet album de retour se devait de rassembler un peu son public (8 ans sans disque de chansons originales françaises tout de même). En fait, elle ne se met pas tant en rupture d'ailleurs puisqu'elle ressasse beaucoup les formules de Nue et 9 ( cf le 1er single "deux ils deux elles" ..un titre entre "la Différence", "la lettre" et "Tu es mon autre" ) en ayant perdu l'efficacité qu'elle avait su trouver dans (l'excellent) "Immortelle" ou Ave maria par exemple... Même lorsque Lara joue la carte du sobre , de l'élégance (les très réussis "Mon Désir" ou " ce qu'il reste" en duo avec elle-même) on sent qu'elle fait un peu sa Joni Mitchell(qu'elle déclare révérer) : il y a trop d'effets, trop de manières qui ruinent tout avec en prime une diction souvent effroyable. Qu'elle écoute le dernier Kate Bush : un modèle de sobriété et d'émotion maitrisée.

Cet album censé être celui de la maturité reste, de mon point de vue, celui de l'errance.
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