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Contenu rédigé par Cassiopée
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Cassiopée "W" (St Etienne France)
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Au commencement était la mer
Au commencement était la mer
par Maïssa Bey
Edition : Poche
Prix : EUR 7,10

5.0 étoiles sur 5 Bouleversant, 21 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Au commencement était la mer (Poche)
Ce livre est un bijou. Porté par une écriture poétique, posée, ne sombrant jamais dans le pathos, l’auteur nous dévoile un pan de la vie de Nadia…. Frêle, fragile, mais volontaire, cette jeune fille se découvre femme sous les regards d’un homme. La complicité qu’elle vivait avec la mer, le vent et les éléments qui lui fouettaient le visage, activaient son sang ….. elle les rencontre avec Karim…. Il la fait exister, vivre, rêver …… Il lui apprend à conjuguer le verbe aimer à tous les temps……

Au commencement ce sont la mer et le soleil qui caressent son corps, son esprit, son cœur, avides d’une autre vie, de sensations que Djamel, le frère aîné, veut éteindre. Parce que Nadia, elle n’a pas le droit, elle doit faire ce qu’on lui dit, ce qui est décidé et que sa famille juge bon pour elle. Ne pas courir tête nue sur la plage, ne pas se promener….Ne pas vivre, ne pas penser, obéir ? On est en Algérie et Maïssa Bey nous fait ressentir tout le poids familial et celui des traditions.

Mais Nadia a soif de prendre en main son destin, de choisir, d’agir et le regard que lui lance le fils des voisins la rend belle, heureuse…..
« Elle a tant attendu ces instants.
Elle a tant attendu, qu’au plus fort du bonheur ce n’est jamais vraiment le bonheur. »
Mais a-t-elle le droit dans le contexte où elle vit de décider ? Peut-elle choisir ?

Ce roman est empreint de délicatesse, de discrétion, les mots nous sont offerts, nous sont donnés pour comprendre ce que vit Nadia mais jamais l’auteur n’en fait trop. Le dosage est subtil, les situations posées en quelques lignes et ce qui n’est pas écrit se devine aisément. C’est sans doute là, la force de ce texte, nous apporter in et off toute une palette d’émotions… Ce qui n’apparaît pas dans les phrases est sous jacent, c’est une histoire d’atmosphère palpable sans être pour autant décrite et exposée….. Il y a des phrases sans verbe, d’autres sans sujet et pourtant toujours le ton est juste, comme si chaque mot se suffisait à lui-même….
« Tout un été au bord de la mer ! C’est un peu comme un rêve. Un rêve si fragile qu’au matin, on ose à peine ouvrir les yeux et les fenêtres sur l’immensité saisissante et bleue de la mer et du ciel confondus. »

C’est un livre qui m’a bouleversée tant il présente une situation actuelle, difficile à accepter, à comprendre. Le sujet est grave mais le propos est rédigé avec l’intelligence du cœur et si le tragique habite les pages, Nadia rayonne car elle ne baisse jamais les bras.


Au commencement était la mer
Au commencement était la mer
par Maïssa Bey
Edition : Poche
Prix : EUR 8,00

5.0 étoiles sur 5 Bouleversant....., 21 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Au commencement était la mer (Poche)
Ce livre est un bijou. Porté par une écriture poétique, posée, ne sombrant jamais dans le pathos, l’auteur nous dévoile un pan de la vie de Nadia…. Frêle, fragile, mais volontaire, cette jeune fille se découvre femme sous les regards d’un homme. La complicité qu’elle vivait avec la mer, le vent et les éléments qui lui fouettaient le visage, activaient son sang ….. elle les rencontre avec Karim…. Il la fait exister, vivre, rêver …… Il lui apprend à conjuguer le verbe aimer à tous les temps……

Au commencement ce sont la mer et le soleil qui caressent son corps, son esprit, son cœur, avides d’une autre vie, de sensations que Djamel, le frère aîné, veut éteindre. Parce que Nadia, elle n’a pas le droit, elle doit faire ce qu’on lui dit, ce qui est décidé et que sa famille juge bon pour elle. Ne pas courir tête nue sur la plage, ne pas se promener….Ne pas vivre, ne pas penser, obéir ? On est en Algérie et Maïssa Bey nous fait ressentir tout le poids familial et celui des traditions.

Mais Nadia a soif de prendre en main son destin, de choisir, d’agir et le regard que lui lance le fils des voisins la rend belle, heureuse…..
« Elle a tant attendu ces instants.
Elle a tant attendu, qu’au plus fort du bonheur ce n’est jamais vraiment le bonheur. »
Mais a-t-elle le droit dans le contexte où elle vit de décider ? Peut-elle choisir ?

Ce roman est empreint de délicatesse, de discrétion, les mots nous sont offerts, nous sont donnés pour comprendre ce que vit Nadia mais jamais l’auteur n’en fait trop. Le dosage est subtil, les situations posées en quelques lignes et ce qui n’est pas écrit se devine aisément. C’est sans doute là, la force de ce texte, nous apporter in et off toute une palette d’émotions… Ce qui n’apparaît pas dans les phrases est sous jacent, c’est une histoire d’atmosphère palpable sans être pour autant décrite et exposée….. Il y a des phrases sans verbe, d’autres sans sujet et pourtant toujours le ton est juste, comme si chaque mot se suffisait à lui-même….
« Tout un été au bord de la mer ! C’est un peu comme un rêve. Un rêve si fragile qu’au matin, on ose à peine ouvrir les yeux et les fenêtres sur l’immensité saisissante et bleue de la mer et du ciel confondus. »

C’est un livre qui m’a bouleversée tant il présente une situation actuelle, difficile à accepter, à comprendre. Le sujet est grave mais le propos est rédigé avec l’intelligence du cœur et si le tragique habite les pages, Nadia rayonne car elle ne baisse jamais les bras.


La montagne en sucre
La montagne en sucre
par Wallace Stegner
Edition : Poche
Prix : EUR 13,00

5.0 étoiles sur 5 Et au loin l’horizon…. Si loin….., 12 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La montagne en sucre (Poche)
Harry Mason, appelez le Bo, a tout pour lui : une carrure impressionnante, un sourire éclatant, un bon coup de fusil et une ambition démesurée. Il est prêt à conquérir le monde, à aller toujours plus loin, vers cet horizon qui semble plus ensoleillé, plus beau mais qui se dérobera chaque fois qu’il s’en rapprochera. C’est un homme qui voudrait réussir, mais qui a du mal à se stabiliser, il a besoin de nouveaux projets, d’aiguillons permanents pour avancer…. Est-ce qu’il n’est pas né à la bonne époque, est-ce qu’il en « veut trop » ? Toujours est-il que lorsqu’il croit « être arrivé », un grain de sable s’installe dans les rouages et tout est à recommencer…. Il n’aime ni les défaites, ni les échecs, Bo, cela le rend hargneux, injuste avec les autres car il n’aime pas se sentir en position de faiblesse. Il veut donner, sans cesse, l’image d’un Homme, avec un grand H, qui maîtrise tout (situations et personnes), qui fait face…. Mais trop souvent, il se précipite, soit dans des mauvais coups, flirtant avec l’illégalité, soit dans des prises de risques mal mesurées et il se retrouve avec un fiasco de plus sur les bras…. Avant d’essayer de rebondir avec un autre plan, un autre défi. Mais si seulement il réfléchissait et anticipait avant de prendre des décisions …..

Il est chanceux, Bo, il a épousé, Elsa, une femme, exceptionnelle, qui passera toujours au second plan pour lui offrir, à lui, le meilleur, malgré son caractère dur qu’elle n’apprécie pas lorsqu’il dépasses les limites…. Elle reste droite, suit sa ligne de conduite et si besoin lui tient tête, l’obligeant à prendre conscience de ses manques. « Elle fait le deuil de ses aspirations, mais jamais d’elle-même. »
C’est elle qui tient tout à bout de bras, agissant dans l’ombre, affichant sans cesse son sourire rassurant pour les enfants, un calme olympien face aux crises de son époux et réussissant à créer un foyer dans des conditions de vie précaires dont elle s’accommode avec sagesse.
Le problème, avec Bo, c’est qu’il oublie vite. Les leçons de la vie ne lui servent que peu car il les occulte et passe à autre chose…. Il retombe régulièrement dans ses travers et il gâche souvent des occasions de mener une vie heureuse, rangée…. Comme si la simplicité lui faisait peur, il faut qu’il bouge, qu’il reparte toujours plus loin…. Pourtant, on le sait tous, l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs…. Et le temps passe inexorablement.…

Ce roman se décline en dix parties, permettant, si nécessaire, de faire un bond plus ou moins important dans le temps. On y voit les choix de Bo mais aussi la façon dont Elsa maintient l’idée d’une famille unie pour leurs deux fils…. Ecrit en style narratif à la troisième personne du singulier, il arrive que quelques pages s’adresse à l’un ou l’autre, employant le « Tu » d’une lettre ou d’un monologue. On ressent alors la présence du « vagabond de la mémoire », de celui qui porte « l’histoire familiale » comme un étendard. « Il était un chasseur d’enfance, un explorateur des événements oubliés et des épreuves d’autrefois, un vagabond de la mémoire. »
Le style est beau, lyrique et épuré, le vocabulaire soigné. Le tout empreint de poésie. C’est une façon d’écrire qui me ravit et j’adore (merci au traducteur) ! Je ne me suis pas ennuyée une seconde à suivre pendant des décennies, Bo, sa femme et leurs enfants.


Quand la neige danse
Quand la neige danse
par Sonja Delzongle
Edition : Broché
Prix : EUR 20,90

5.0 étoiles sur 5 Le froid vous prend dans ses rets....., 12 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Quand la neige danse (Broché)
Ne vous fiez ni au prénom de l'auteur, ni à la couverture, ni à l'intrigue'.non, il ne s'agit pas d'un polar nordique de plus ! Et pourtant, tous les ingrédients sont présents pour égaler les maîtres du suspense scandinaves'..

Lesquels ? La météo fraîche pour ne pas dire glaciale( mais l'intrigue se déroule au Nord de Chicago et pas en Scandinavie). Des personnages atypiques, avec une part d'ombre importante, au caractère complexe et dotés d'un passé trouble, très torturés pour certains. Des policiers volontaires, opiniâtres, aux relations parfois peu aisées car d'autres vecteurs que l'enquête entrent en jeu. Et bien sûr, une écriture parfaitement maîtrisée avec de nombreux rebondissements. Il ne faut d'ailleurs pas rater une miette des indices donnés par l'auteur pour bien tout comprendre (il faudrait presque tenir un arbre généalogique sur une feuille de papier annexe).

On est donc au cœur de l'hiver, là-bas, à Crystal Lake et plusieurs petites filles ont disparu sans que personne n'en comprenne les raisons. Pas de demande de rançon, pas de courrier, rien de rien. Seuls le froid extérieur (on est en février, les lacs sont gelés, la neige et le verglas accompagnés d'un vent glacial n'incitent pas à sortir) et intérieur (les parents des enfants ont le cœur pétrifié et ne ressentent plus la chaleur tant leur vie s'est figée le jour du « malheur ») règnent, en maître, sur les journées qui s'écoulent'..

Et puis, un jour, un événement déstabilisant, dérangeant, va venir apporter un élément qui déclenchera des réactions diverses et variées mais surtout une suite d'investigations de la part des gens à qui avaient été confiées les recherches. En effet, le docteur Joe Lasko, comme d'autres parents, va recevoir, par la poste, une jolie poupée de porcelaine habillée comme son enfant disparue ! C'est, bien entendu, particulièrement morbide, mais au-delà de l'acte, il se demande s'il faut voir dans cet envoi, un message caché et lequel'. D'autant plus, que son frère, Gabe, réapparaît, et que ce dernier n'est pas très « net »'. Ce serait si facile s'il était le coupable, les choses seraient réglées rapidement et on n'en parlerait plus'.

Mais l'auteur et le lecteur ne peuvent pas se contenter d'une telle facilité sinon il n'y a plus de thriller'. Ce sera donc beaucoup plus travaillé et comme je l'écrivais plus haut, il ne faudra rien perdre de ce qui est écrit ou suggéré pour comprendre et démêler l'écheveau formé par cette histoire. En effet, comme souvent dans ce genre de récits, une des principales raisons des situations actées dans le présent sera à trouver dans le passé. Si parfois ce dernier tend à se faire oublier, il n'est est pas moins vrai qu'il forge les hommes d'aujourd'hui et de demain'. Je suis toujours étonné, même si je le conçois (puisque c'est ainsi, assez souvent, dans la « vraie vie »), de voir que ce qui a régi une enfance, puisse influencer autant le « ici et maintenant « . Ce qui me rend triste, c'est ce côté « explications et fatalité » du style : « ben, oui, je suis un monstre d'horreur mais il ne pouvait pas en être autrement, regardez mon enfance »'.. C'est quelque chose qui me dérange profondément. Je referme la parenthèse.

Sans temps mort, avec un style très addictif, Sonja Delzongle nous entraîne dans un tourbillon où le mot ennui n'existe pas. D'une piste à une autre, elle nous égare vers certaines possibilités avant de nous remettre sur la bonne route jusqu'à un final terrifiant et glaçant '..


Au paradis des manuscrits refusés
Au paradis des manuscrits refusés
par Irving Finkel
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Les mal aimés au paradis, 5 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Au paradis des manuscrits refusés (Broché)
Le titre et la quatrième de couverture, ainsi que la photo de l’auteur (par son côté fantaisiste) m’ont séduite. Pour le contenu, je serai plus mitigée. Disons que je l’ai trouvé irrégulier. Certains passages m’ont beaucoup amusée, d’autres moins. On sent que l’auteur a eu du plaisir à écrire ce manuscrit, qu’il a tout fait pour créer des personnages atypiques, des relations sortant de l’ordinaire, mais parfois la « sauce » a moins bien pris. J’ai essayé de comprendre pourquoi. Etait-ce dû à un manque de rythme ? A un manque d’actions ? Au début du livre, les dialogues sont nombreux, par la suite un peu moins. J’ai préféré la partie où ils sont plus discrets, sans doute parce que cela laisse la place à autre chose : le caractère des intervenants plus finement abordé, des faits plus détaillés….

Dans les points positifs, l’atmosphère est délicieuse, un tantinet « vieille Angleterre », un peu surannée, truculente par certains côtés. La rencontre avec Moustique et son compère est un vrai régal. Comme de plus, elle arrive en milieu d’ouvrage, elle tombe à point pour relancer l’intérêt. C’est d’ailleurs dès ce passage que j’ai plus « accrochée » à ma lecture. Comme quoi, un peu, beaucoup d’humour et ça repart.

L’écriture est à la mesure du roman. Elle retrace parfaitement l’atmosphère évoquée et le dérangement (dérèglement pourrait-on dire) dans toute une organisation pointilleuse lorsque les intrus débarquent. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Tout irait bien s’il n’y avait pas ces visites impromptues apportant des foucades que les occupants des lieux ne souhaitent absolument pas. Ceux qui ont créé ce lieu ont écrit un règlement précis et ils veulent s’y tenir.
« Comment faire comprendre que seuls relèvent de notre responsabilité les rejets réels et attestés, garantis de préférence par une fiche de lecture bien dénigrante ? »
Il n’est pas question, pour eux, de faire de la place à n’importe quel type de recueil. Seuls les vrais rejetés, prouvant leur intégrité, seront accueillis. Et les nouveaux venus débarquent avec leurs idées, leur curiosité, essayant d’espionner, modifier, etc….

Une lecture harmonieuse dans l’ensemble malgré quelques baisses de régime….


Opération  Rastreador
Opération Rastreador
par Blanca Miosi
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

5.0 étoiles sur 5 Dualité....., 5 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Opération Rastreador (Broché)
Ancré dans une actualité brûlante, le récit de Blanca Miosi est une réussite. Une intrigue à la fois simple et complexe de par sa structure et ses protagonistes, une place pour l’amour et en toile de fond les choix de chacun et comment ils sont profondément liés à notre histoire personnelle.

Ce sont deux frères, deux hommes maintenant, qui devraient, à défaut de s’aimer, se respecter, ou du moins respecter les décisions qu’ils prennent en leur âme et conscience. C’est sans compter sur la jalousie, le mépris, l’arrogance également de l’un par rapport à l’autre…. Rien n’est aisé lorsque les intérêts divergent dans une même famille et on se dit que ce qu’évoque l’auteur n’est pas sans exister dans la vie de tous les jours. La droiture de l’un, le fanatisme de l’autre et aussi la femme, le meilleur ami …. qui se trouvent au milieu et qui ne savent plus sur quel pied danser…enfin c’est ce qu’on imagine…. En réalité, c’est beaucoup plus « travaillé ». Blanca Miosi n’a pas oublié la part d’ombre de chacun, et le fait qu’on n’est jamais blanc ou noir, que les nuances sont là et déstabilisent ceux qui pensent que tout est acquis…. Chacun des individus croisés dans cet opus a ses secrets et même le premier couple présenté, comme follement amoureux, se révélera surprenant….
Jouant sur tous les tableaux : guerre, trahison, amour, amitié, l’auteur nous emmènera au sein des réseaux d’Al-Quaïda, là où certains ont trouvé l’idéal qui leur manquait dans la vraie vie… Puis de l’autre côté, près de ceux qui luttent, qui essaient de démanteler tout cela….

Avec une écriture vive, à la mesure du rythme qu’elle donne à son écrit, elle nous entraîne à la découverte de ces hommes et quelques femmes aux personnalités déterminées, pointues. Les dialogues démontrent les ressentis de chacun face aux événements et la façon dont sont déterminées les options choisies.

C’est une lecture complète, sérieuse avec des questions importantes et un sujet grave d’actualité traité ici avec brio et doigté.


Soilhas Ribeiro
Soilhas Ribeiro
par Joseph Ingrassia
Edition : Cartonné

5.0 étoiles sur 5 Limpiabotas....., 4 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Soilhas Ribeiro (Cartonné)
Il souffre de phocomélie, Soilhas et il habite Bogota. Il a une vie simple, il fait tout pour que ceux qui le croisent ne soient pas effrayés par son handicap. Lui, sa différence fait partie de son quotidien et il s’en accommode. Ce qu’il fait ? Il cire des chaussures, avec application, presque de l’amour car il apprécie le travail bien fait. Il confie le peu d’argent qu’il gagne à un prêtre et parfois il rêve… Lorsque son pécule sera assez important, il essaiera d’avoir pignon sur rue. Un petit commerce rien qu’à lui, où il sera heureux… Mais ça, c’est ce qu’il espère sans trop y croire….

Plusieurs événements vont bouleverser le jeune homme et sa destinées va prendre un autre chemin que celui auquel il avait pensé…. Lui qui a tout donné pour son labeur, va se retrouver à tout donner pour les autres. Son altruisme, sa bonté, son sens de la fraternité vont lui ouvrir d’autres horizons…. Tous ceux qu’il va ainsi croiser changeront profondément. Le contact avec Soilhas leur permettra de recentrer leurs choix, leurs priorités mais à quel prix ?

C’est un roman où les blessés de la vie sont nombreux mais l’auteur ne sombre pas dans le misérabilisme. C’est un livre de rencontres, d’espérance en l’homme. L’écriture est belle, sobre et lumineuse, elle renvoie chaque lecteur a sa propre histoires, à ses choix de vie….

Lire Soilhas Ribeiro, c’est apercevoir un rayon de soleil un jour de pluie et sourire, c’est mettre du baume sur une plaie et sentir que ça va mieux, c’est se laisser toucher au cœur par un petit bout d’homme qui aimait les autres plus que lui-même…..


Je vis je meurs
Je vis je meurs
par Philippe Hauret
Edition : Poche
Prix : EUR 17,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Je ne suis pas un héros...., 29 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Je vis je meurs (Poche)
Il m’est arrivé de trouver que des personnages de roman manquaient singulièrement de consistance, de vie, d’âme…. Et bien, cette fois-ci, ce n’est pas le cas… Hauts en couleur, fort en « gueule » , Serge, Franck, Janis et José n’ont rien à envier à personne côté caractère … Et ce qui est fortement intéressant, c’est que les deux premiers, plutôt du style « lavette » vont finalement se révéler et se redresser…. Certains ont besoin d’un aiguillon pour changer et avancer et ces deux là l’ont trouvé …..

Serge, il a la soixantaine, il vit ou plutôt il laisse la vie s’emparer de lui. Une partie d’échecs de temps en temps, de vieilles chaussettes, un caleçon qui baille…. Pas le genre d’homme qui attire… Un peu désabusé, un quotidien sans fantaisie et sans écart. C’est un retraité qu’on ne remarque pas, tout à fait « transparent »…. Il faudra une rencontre, des circonstances particulières pour qu’il prenne son destin en mains et se réveille de ce long sommeil …

Franck dépense trop (au poker), boit trop, drague mal, se lave peu, n’entretient ni son linge, ni son intérieur, et n’assure pas correctement son rôle de père…. Il a une « régulière » qu’il voit de temps à autre. Elle aimerait plus mais lui, il a peur de s’engager, de se poser…. Je crois qu’il est conscient qu’il véhicule une certaine forme de « médiocrité » mais il ne fait rien pour lutter et encore moins pour s’en sortir… Pourquoi ? Parce qu’une fois qu’on a le doigt dans la spirale, elle nous entraîne…. Et celle qu’il a choisie le pousse vers le bas, pas vers le haut…..

Mais il faut croire en l’homme !!! Et l’auteur nous engage à travers ses mots à conjuguer le verbe espérer à tous les temps. Il est long le chemin vers la rédemption, vers l’accalmie(car celle-ci inquiète lorsqu’on a toujours pris des risques dans sa vie). Il est douloureux de se résigner à prendre une autre route que celle de la facilité pour devenir un homme qui peut se regarder dans une glace sans craindre son reflet…. Mais il n’est pas interdit d’essayer….

C’est avec une écriture droite, franche, parfois légèrement teintée d’humour (notamment dans les descriptions) que l’auteur nous emmène dans un univers parisien. On est dans des quartiers où certains dealent, d’autres planquent pour coincer les premiers, sans oublier ceux qui consomment… Ce ne sont pas des gros malfrats qu’on croise dans ces pages, plutôt des jeunes qui se sont laissés aller à tremper dans de petits business où l’argent semble plus facile et où les dangers pimentent les semaines d’un peu d’adrénaline…. Le contexte est réduit au minimum, ce sont les hommes et les femmes qui emplissent les pages, ils sont là, palpables avec leur part d’ombre, leur façon d’être, leur décisions ….

J’ai beaucoup apprécié cet opus, le style de l’auteur, le côté très réaliste et vivant de ses personnages. Le langage direct parlé par la plupart des individus ne s’embarrasse pas de fioritures. C’est comme dans la vraie vie, les faits sont là, il faut agir et il arrive qu’on n’ait pas le temps de réfléchir ou seulement après, quand c’est trop tard pour regretter ou se dire qu’il aurait pu en être autrement…. J’ai trouvé Serge de plus en plus beau au fil des pages, bien sûr physiquement, mais surtout dans son âme…. Ce n’est pas aisé de devenir une « belle » personne et la route de Serge sera semée d’embûches avant qu’il devienne quelqu’un … Mais on le comprend tellement, nous qui sommes tous, si souvent, en quête de reconnaissance…..


Insoumis
Insoumis
par Patrick S Vast
Edition : Broché
Prix : EUR 15,90

5.0 étoiles sur 5 Jusqu'au bout de la vie....., 29 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Insoumis (Broché)
Il s’aimaient d’amour tendre, les tourtereaux, Jean et Noëlle, comme ces jeunes couples des années soixante à qui la vie souriait. La guerre d’Algérie arrive, les recrues se font parmi les jeunes français et lui, le bel amoureux doit partir se battre là-bas. A quoi bon « épouser »un combat qui n’est pas le sien, qui lui semble flou ? Pourquoi quitter son pays alors que tout va très vite être fini (c’est ce qu’on lui dit) ? Et puis il y aura forcément une amnistie permettant aux insoumis de sortir de leur cachette et de reprendre le cours de leur vie quand tout sera rentré dans l’ordre …. Jean n’a pas choisi cette situation, faire son service militaire, d’accord, puisque c’est obligatoire mais aller au front pour une cause qui n’est pas la sienne et risquer de ne jamais revenir, non ! Alors il décide d’être insoumis et de se terrer en entendant l’accalmie…. Noëlle a peur mais elle le comprend….

Le temps passe, les événements s’enchaînent, pas vraiment comme les jeunes gens les avaient envisagés. S’il est besoin, ce roman nous rappelle qu’on ne maîtrise jamais tout, ni le cours de son destin, ni les actions collatérales qui en changent la direction…. Jean sera confronté à des situations qui lui échappent, obligé d’agir vite, parfois sans réellement réfléchir….

Sur fond de guerre d’Algérie, de trahison, de complots, Patrick S. Vast nous expose des personnages attachants pour la plupart. Ave une pudeur toute masculine, à mots choisis, il évoque les sentiments des uns pour les autres, les rapports de force et le poids de l’argent…. Le portrait de Noëlle, toute en force et douceur, est une réussite. C’est une « belle » personne. Comme d’autres femmes que Jean trouvera sur sa route et qui l’aideront, simplement parce qu’elles croient en lui…

J’ai beaucoup aimé la construction du roman, on découvre l’année 2001, puis on passe aux situations des années soixante avec parfois un aller retour en 2001. Les premières pages vous questionnent et donnent le souhait d’en savoir plus très rapidement. L’écriture est précise, directe, avec toutefois une bonne part pour les émotions de chacun. Le fond de l’intrigue, avec une trame historique donne de la consistance à l’ensemble. On retrouve ce qui s’est passé, la musique de l’époque avec un clin d’œil aux bons vieux tubes que nos parents écoutaient, les faits principaux également, comme Mai 68. L’auteur doit aimer la musique car les titres sont toujours sélectionnés avec goût et vous donnent des envies de bande son pour accompagner la lecture. On balaie une quarantaine d’années avec l’atmosphère de cette période. C’est très bien exprimé et on s’y croirait. On pourrait penser que moins de deux cents pages pour parler de tout ce temps c’est un peu juste. Et bien non, pas du tout. Le rythme est bien réfléchi, l’essentiel de l’actualité nécessaire à l’évolution de la situation des protagonistes agencé avec doigté.

C’est donc un ensemble harmonieux, agréable et loin d’être vide de sens que nous propose la toute nouvelle maison d’édition Aconitum. L’air de rien cet opus n’est pas du tout une bluette. Des sujets graves sont abordés et s’ils ne sont pas approfondis, c’est par choix de l’auteur (enfin c’est ce que je pense) pour ne pas alourdir le propos et laisser un texte abordable par tous. Après, ce sera à chacun de répondre s’il le souhaite, aux différentes interrogations qui ne manqueront pas de germer. A commencer par la principale : qu’aurais-je fait à leur place ?


Les Tribulations jubilatoires d'un pissecopie
Les Tribulations jubilatoires d'un pissecopie
par Philippe Gindraux
Edition : Broché
Prix : EUR 32,00

5.0 étoiles sur 5 Je souris, tu ris, nous jubilons….., 28 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Tribulations jubilatoires d'un pissecopie (Broché)
S’il est un livre qui porte bien son titre, c’est celui-ci. Quelle tranche de rigolades à suivre le chemin de l’auteur ! Avec beaucoup d’humour, ce dernier nous fait découvrir les différentes étapes de sa vie de futur puis actuel et enfin ancien journaliste puisqu’il a maintenant choisi d’autres voies. Une petite cinquantaine de chapitres pour évoquer quinze ans d’une vie bien remplie. Nous découvrons comment Philippe Gindraux est entré dans le métier. Essayant de s’introduire dans les grands journaux pour faire des piges dans un premier temps en espérant plus si affinités…. Parlons-en des affinités et des rencontres parfois ubuesques qui auraient pu finir au lit et pas forcément avec la personne souhaitée….

Quelques anecdotes sont encore plus drôles que d’autres : l’entrevue avec Pierre Perret ou Yves Montand aux mains des chinoises alors qu’il « cherchait une femme » à Genève ; sont un vrai régal ….

Ce recueil est écrit avec intelligence, les souvenirs égrenés choisis avec discernement pour que le lecteur soit intéressé, captivé et qu’en outre, il prenne du plaisir devant la cocasserie de certaines situations. Il y a bien sûr les faits qui nous amusent mais le style et le phrasé permettent de faire vibrer les zygomatiques. La présentation de chaque rendez-vous est évoquée en quelques pages, agrémentée de nombreux dialogues qui rendent le texte beaucoup plus vivant et très agréable à lire.

En conclusion, c’est un livre que j’ai énormément apprécié et la plume de celui qui s’est exprimé dans les pages n’est pas étrangère à mon plaisir. Le fond est truculent mais la forme est excellente !


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