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Contenu rédigé par Emerek
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Emerek
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1914-2014: L'Europe sortie de l'Histoire ?
1914-2014: L'Europe sortie de l'Histoire ?
par Jean-Pierre Chevènement
Edition : Relié
Prix : EUR 19,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 « L'Europe ne se relèvera pas sans l'énergie créatrice de ses nations » (p. 53), 6 avril 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : 1914-2014: L'Europe sortie de l'Histoire ? (Relié)
Jean-Pierre Chevènement est, sans conteste, l'un des hommes politiques français de ces cinquante dernières années, ayant à ce point allié des convictions fermes et fortes à une culture politique impressionnante. Sans doute, ses convictions viennent-elles justement de sa culture politique, de même que - cela on peut le supposer - cette culture s'est-elle construite sous l'influence de ses convictions. Trois thèmes dominent chez Chevènement : la République, la Nation et l'Europe. Dans sont précédent livre, La France est-elle finie ?, il traitait de la Nation ; dans celui-ci, il traite de l'Europe, encore que dans les deux, il traite en réalité des deux sujets. Toujours est-il que dans « 1914-2014 - L'Europe sortie de l'histoire ? », s'il s'intéresse à l'Europe, ce n'est pas tant, cette fois, de sa construction progressive, de son fonctionnement et de ses politiques, mais plutôt de ses racines, de sa raison d'être ainsi que de son devenir. On pourra être surpris du parallèle qu'esquisse le titre intriguant de l'ouvrage : ce rapprochement qui est fait entre les années d'où surgit le premier grand conflit mondial et la période actuelle qui voit l'Europe à la croisée des chemins. Ce « parallèle instructif » est pleinement revendiqué par l'auteur (p. 35). Il s'agit bien pour lui d'étudier attentivement l'issue guerrière de la première mondialisation en 1914 et d'en analyser les causes profondes, pour tenter de répondre à l'interrogation : « quel sort la seconde mondialisation, effectuée depuis 1945 sous l'égide américaine, réserve-t-elle à l'Europe dans un monde que domineront de plus en plus les Etats-Unis et la Chine ? ». Il y a beaucoup de matière dans ce livre, à la fois livre d'histoire et livre politique. Plusieurs thèses même s'y mêlent. J'en ai repéré au moins trois :
1) Ce ne sont pas les nations - et encore moins les peuples - qui sont responsables de la Première guerre mondiale, ni de la Seconde d'ailleurs. Chevènement estime, quant à lui, que la première grande boucherie du XXe siècle résulte plutôt des thèses pangermanistes, promues par une minorité élitaire de politiques et d'industriels allemands, cherchant à contester l'hégémonie britannique et à s'étendre sur l'Europe continentale.
2) C'est la critique des nations, accusées de bellicisme, qui a servi de lit idéologique à une construction européiste, technocratique, coupée des peuples et, estime l'auteur, « docile aux orientations venues de Washington » (p. 41). Un homme, en particulier, aurait joué un rôle déterminant dans cette orientation : Jean Monnet qui a beau avoir été panthéonisé n'en est pas moins l'une des bêtes noires du Ché.
3) Dès lors, et « paradoxalement, la `construction de l'Europe' s'est révélée le plus sûr moyen d'accélérer son déclin » (p. 122). En dépit de la doxa ambiante, l'Europe n'a été grande à travers l'histoire que par ses nations. « Chacune a apporté quelque chose d'unique au patrimoine de l'humanité : la Renaissance italienne, les rêves de découvertes des navigateurs portugais, la splendeur hispanique, la peinture flamande, le parlementarisme britannique, les Lumières et la Révolution françaises, la musique et la philosophie allemandes, le roman russe, etc. » (p. 51). Et ce n'est que par ses Nations que l'Europe pourra vaincre les défis qui s'élèvent aujourd'hui face à elle.
À brasser tant et tant de sujets, Chevènement est parfois quelque peu rapide. On aimerait en savoir un peu plus sur son projet de « monnaie commune » qui, avec la description qu'il en fait dans l'ouvrage, n'emporte pas, en l'état, la conviction. Il paraît aussi toujours très désinvolte et décevant vis-à-vis des questions écologiques... En revanche, il y a une vigueur dans l'écriture et une finesse dans l'analyse qui font de chacun de ses ouvrages un grand plaisir de lecture. Celui-là, en tout cas, mérite d'être lu par tous ceux qui s'intéressent à l'Europe, refusent les diktats actuels - « t'es contre Bruxelles, t'es contre l'Europe » - et pensent, au contraire, qu'une autre Europe est possible.


Madame Bovary de Flaubert, Gustave (2006) Poche
Madame Bovary de Flaubert, Gustave (2006) Poche
par Gustave Flaubert
Edition : Poche

4.0 étoiles sur 5 Un grand classique, 16 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Madame Bovary de Flaubert, Gustave (2006) Poche (Poche)
Il est bon, de temps en temps, de lire ou de relire tel ou tel « classique ». De Flaubert, je n'avais jamais eu l'occasion de lire « Madame Bovary », mais gardais un excellent souvenir de ma lecture adolescente de « Salammbô » et, quelques années plus tard, des « Trois contes ». « Madame Bovary » est, certes, un indiscutable grand classique et se lit avec plaisir et intérêt, mais, pour être sincère, je dois dire qu'il ne fait pas partie des livres qui m'aient totalement transporté. C'est peut-être tout simplement le thème général - l'adultère sur fond d'ennui provincial et de pruderie du temps - qui n'a pas suscité la parfaite adhésion. Bien sûr, la fameuse « ironie flaubertienne » est pleinement efficace ; surtout, le style de Flaubert est incomparable. On est constamment admiratif de la musicalité de l'oeuvre ; de cette poésie en prose qui nous charme au détour d'une phrase (« Comment voulais-tu que je vécusse sans toi ? » - p. 367) ; des changements de rythme ; du mot justement choisi pour le sens, mais aussi, et surtout, pour son apport à l'harmonie de la phrase. Somme toute, un grand moment de lecture.


Voyages en absurdie : Chroniques
Voyages en absurdie : Chroniques
par Stéphane de Groodt
Edition : Broché
Prix : EUR 15,11

3.0 étoiles sur 5 Le chroniqueur Degroodt ;-), 23 février 2014
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S'il y a beaucoup de trouvailles dans ces chroniques, on se dit aussi que l'humour de Degroodt doit beaucoup à son débit, au ton employé et aux mimiques. L'oral l'emporte largement sur l'écrit, selon moi. Et donc pour le livre, à consommer avec modération : deux ou trois pages, de temps en temps, quand on a deux minutes devant soi. En continu, cela risque de lasser rapidement. Et puis, à la page 70, « cette keynote qui a lieu dans la silicon valley ou `vallée du pléonasme' en français », j'aurais plutôt écrit « vallée de l'oxymore », mais bon...


Au revoir là-haut - Prix Goncourt 2013
Au revoir là-haut - Prix Goncourt 2013
par Pierre Lemaitre
Edition : Broché
Prix : EUR 21,38

5.0 étoiles sur 5 Le pied de nez de l'homme sans visage, 9 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Au revoir là-haut - Prix Goncourt 2013 (Broché)
« Cet homme sans visage adressait au monde un gigantesque pied de nez » (p. 408). Telle est peut-être la phrase du livre qui résume le mieux l'ensemble. C'est l'histoire d'une gueule cassée et de son copain, mutilé de l'âme quant à lui, qui imaginent une fantastique arnaque. Ils ont tous deux été victimes d'un officier, Pradelle, avide d'honneur et surtout de pognon, mais s'en prennent à la guerre. « Tout ça (...) c'est d'abord la faute à la guerre. Sans la guerre, pas de Pradelle » (p. 305) dit la gueule cassée. Leur arnaque côtoie les malversations de Pradelle et a pour toile de fond les copinages entre grands patrons et pouvoir d'État. Quand la gueule cassée, artiste, crée de vrais dessins pour de faux monuments, l'autre ampute les coûts des inhumations de poilus avec des cercueils d'1m30...
« Au revoir là-haut » est autant un récit psychologique qu'une fresque sociale et politique. C'est l'histoire d'un jeune artiste, homosexuel, qui meurt trois fois, tué par son père - glacial - qui le refuse tel qu'il est ; par la guerre - qui lui arrache la moitié du visage - ; et par... chut ! Pas de révélation prématurée... cette troisième mort libérant l'artiste. C'est aussi l'histoire de victimes sociales : d'Albert, le copain de la gueule cassée, une personne falote et tremblante qui tremblera davantage encore de retour des tranchées et sous le poids de l'arnaque que son acolyte a fomentée ; de Pauline, la jolie bonne qui voudrait tant vivre autre chose ; de Madeleine, soeur de l'artiste défigurée, qu'elle croit mort, et épouse cocufiée sans vergogne de Pradelle ; de Merlin, le fonctionnaire sale et puant, glauque et antipathique, mais, en définitive, honnête et scrupuleux. C'est l'histoire de prédateurs aussi : Péricourt, le grand patron, le père glacial... ; Pradelle, le bel officier sans âme ; le grotesque Labourdin qui s'écoute parler et pelote, dès qu'il le peut, les petites domestiques... Et toutes ces histoires se mêlent en un récit bien construit, qui maintient constamment l'attention, où l'humour sous toutes ses formes - lyrique, désabusé, vitriolique... - n'est jamais loin, tandis que la guerre, qui dès les premières pages du livre, est sur le point de se finir, demeure pourtant à jamais présente, discrète et sournoise, sous le récit comme dans les descriptions : « Vieux, il serait un front labouré comme un terrain de manoeuvres au-dessus d'une béance carmin » (p. 542). Un très beau livre que je recommande vivement.


La nouvelle idéologie dominante : Le post-modernisme
La nouvelle idéologie dominante : Le post-modernisme
par Shmuel Trigano
Edition : Poche
Prix : EUR 14,06

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Très intéressant mais une thèse insuffisamment démontrée, 26 janvier 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La nouvelle idéologie dominante : Le post-modernisme (Poche)
Certes, l'ouvrage est tout à fait intéressant et traite de thèmes importants : l'affaiblissement de l'État/Nation, les effets pervers de la mondialisation, la glorification sans limites de l'altérité, etc., avec des prises de position auxquelles, personnellement, j'adhère pour l'essentiel. De surcroît, l'analyse est souvent très bien menée, avec quantité de formules qui font mouche ; par exemple, sur la remise en cause de la Nation : « L'humanité prend la place de la nation démocratique comme cadre de la Cité au point que la citoyenneté doit être reconnue à qui la demande » (p. 65), ou sur le devenir de la démocratie : « la `post-démocratie' (...) pourrait bien être ce qui reste de la démocratie quand on délaisse sa procédure au profit de son utopie » (p. 112), ou encore sur le mantra du `vivre ensemble' : « Le slogan des bureaucraties européennes du `vivre ensemble' exprime bien qu'il ne s'agit plus `d'être' ensemble » (p. 135), et bien d'autres... À ce compte-là, on se dit qu'il ne devrait pas y avoir de problème pour accorder les 4 ou 5 étoiles d'Amazon.
Pourtant, quant à la thèse qui constitue le coeur de l'ouvrage, je suis resté sur ma faim. En effet, il me semble que l'idée selon laquelle le post-modernisme serait la nouvelle idéologie dominante, et à ce titre, responsable des différents problèmes qui viennent d'être rapidement évoqués, cette idée donc ne me paraît pas suffisamment démontrée. Sans doute, le choix d'un bref essai (141 pages) n'était-il pas le support idéal pour une telle démonstration ; ce que l'on gagne en concision et en vivacité a pour corollaire des développements argumentatifs certainement incomplets.
Ainsi, pour être plus précis dans ma critique :
1) on voit mal en quoi les caractéristiques dites de la « métaphysique » post-moderniste seraient de nature à s'inscrire dans le contenu de l'idéologie dominante. Par exemple « l'extension de l'humain » aux autres animaux supérieurs et qui conduit à ce que les spécialistes appellent « l'antispécisme » est ultra-minoritaire en France, même s'il commence à bien émerger dans les pays anglo-saxons. Il en est de même pour ce que l'auteur appelle « le post-humain » ;
2) les processus permettant de passer des traits principaux du post-modernisme (ou de la métaphysique qui y serait rattachée) aux diverses traductions sociétales n'apparaissent pas clairement : quels liens avec la mondialisation, le délitement des Etats-Nations, l'apologie de l'Autre, les droits de l'homme supplantant les droits du citoyen, etc. : cela ne va vraiment pas de soi et surtout les formes sociétales en question pourraient être, assurément, bien mieux appréhendées par d'autres registres explicatifs, notamment la diffusion sans partage du libéralisme économique qui rend bien compte de la mondialisation, du haro sur l'Etat, etc. ;
3) à cet égard, on est surpris que traitant de l'idéologie dominante, S. Trigano n'accorde qu'une place très limitée à l'idéologie économique ultra dominante que constitue le libéralisme économique ; avec ce paradoxe que l'élite économique est le premier groupe dominant de l'idéologie mentionné, mais sans que la pensée économique libérale n'apparaisse, en tant que telle, comme une composante essentielle de cette idéologie ;
4) enfin, si effectivement la méthode de la « déconstruction » est mobilisée par l'idéologie dominante pour tenter de montrer que la nation serait « une invention, une création artificielle, une narration qui a crée [sic] un univers mental, et donc une réalité que l'on peut déconstruire et dont on pourrait se libérer » (p. 84), après tout, il serait de « bonne guerre » d'en faire de même avec le concept opposé de mondialisation, présenté par l'idéologie dominante, comme un processus quasi-naturel et allant de soi, alors qu'on peut très bien démontrer la dimension proprement politique de sa constitution et sa possible réversibilité (voir notamment le livre stimulant de Jacques Sapir La démondialisation sur la question). Autrement dit, la déconstruction est une arme à double tranchant tout autant à même de servir et de malmener l'idéologie dominante.
Somme toute, je me demande si pour déceler les origines de l'idéologie dominante dont nous parle Shmuel Trigano, plutôt que de se tourner vers le post-modernisme, une meilleure piste ne serait pas offerte par ce qu'on appelle parfois le « libéral-libertarisme » : libéralisme économique conjugué à la promotion d'un individu sans devoirs et s'affranchissant des règles, le tout mâtiné de cette « bonne conscience » que génère la « mauvaise conscience » (face à l'étranger, le pauvre, le délinquant...) transcendée.


L'Argent
L'Argent
par Charles Péguy
Edition : Poche
Prix : EUR 9,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 2014 : centenaire du décès de Charles Péguy, 18 janvier 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Argent (Poche)
Et oui, cela va faire 100 ans que Charles Péguy, lieutenant de réserve, est mort au champ d'honneur, à la veille de la bataille de la Marne, tué d'une balle au front. Plus que jamais, c'est donc le moment de découvrir ou de redécouvrir son oeuvre ; une oeuvre sans doute méconnue, en dépit, et paradoxalement, de la célébrité de son auteur. « L'Argent » passe pour être l'un de ses écrits les plus marquants. On y trouve un Péguy engagé, polémiste même, passionné dans la défense de ses valeurs, passionné jusqu'à la violence. Un Péguy attaché corps et âme à l'école républicaine - lui qui de condition modeste avait été repéré par son instituteur, son « maître » plutôt, pour poursuivre des études -, mais très critique de « La Sorbonne » (« Il fallut que je vinsse à la Sorbonne pour découvrir (...) ce que c'est un maître qui en veut à ses élèves ; qui sèche d'envie et de jalousie, et du besoin d'une domination tyrannique ; précisément parce qu'il est leur maître et qu'ils sont ses élèves » - p. 82) ; un Péguy nostalgique de « l'ancienne France » (certes non de l'Ancien Régime), celle des Français durs à la tâche, mais heureux et chantants ; un Péguy qui s'attaque virulemment au capitalisme tentaculaire, coupable « d'étranglement économique (...), cette strangulation scientifique, froide, rectangulaire, régulière, propre, nette, sans une bavure, implacable, sage, commune, constante, commode comme une vertu, où il n'y a rien à dire, et où celui qui est étranglé a si évidemment tort » (p. 29-30), qui s'attaque du même coup à la bourgeoisie capitaliste qui a tout infecté - « Elle s'est infectée elle-même et elle a infecté le peuple, de la même infection » (p. 38) - ; un Péguy farouchement républicain, mais aussi farouchement opposé au « parti politique socialiste (...) entièrement composé de bourgeois intellectuels » (p. 40) ; un Péguy animé d'une haine inouïe à l'égard particulièrement de Jaurès, accusé de tous les torts et sur lequel l'écrivain déverse un tombereau d'insultes : « l'homme qui a infecté le radicalisme et le socialisme et le dreyfusisme » ; « cette espèce de Mac-Mahon de l'éloquence parlementaire » ; « ce tambour-major de la capitulation » (p. 45) ; Péguy en vient même à demander « pardon au lecteur de prononcer ici le nom de M. Jaurès. C'est un nom qui est devenu si bassement ordurier que quand on l'écrit pour l'envoyer aux imprimeurs on a l'impression que l'on peut tomber sous le coup d'on ne sait quelles lois pénales » (p. 44-45). Le style peut parfois sembler désuet, certains sujets abordés paraîtront sibyllins au lecteur d'aujourd'hui (par exemple les querelles intestines aux écoles normales), mais « L'Argent » demeure un témoignage intéressant d'un penseur à la fois exigeant et flamboyant, fauché par la guerre.


Le Mécontemporain : Péguy, lecteur du monde moderne
Le Mécontemporain : Péguy, lecteur du monde moderne
par Alain Finkielkraut
Edition : Poche
Prix : EUR 5,89

5.0 étoiles sur 5 Péguy revisité, 16 janvier 2014
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L'esprit de système régnant, il est fréquent que soient mobilisées deux catégories manichéennes pour classer les diverses personnalités : les « infréquentables » et les « inattaquables ». Parlant de patrie, de tradition et même de race, il n'est, dès lors, guère surprenant que Charles Péguy soit renvoyé à la première catégorie, faisant l'objet, en l'occurrence, de critiques véhémentes (Bernard-Henri Lévy, Tzvetan Todorov...). Le livre d'Alain Finkielkraut a alors pour dessein de dépeindre avec plus de mesure et de nuance le parcours de cet écrivain si singulier qu'est Péguy. Rappelant son attachement au peuple, à l'école, à la patrie porteuse des Lumières, à sa position de dreyfusard, Finkielkraut tente de montrer que Péguy n'est pas cet affreux personnage qui se complairait « dans l'enfer idéologique du XXe siècle avec les monstres les plus effrayants » (p. 115). Mais, pour autant, Finkielkraut n'est pas complaisant. Les outrances de l'homme de lettre ne sont pas passées sous silence, lui qui verrait bien Jaurès « dans une charrette et un roulement de tambour pour couvrir cette grande voix » (p. 207) ; c'est assez détestable et indiqué comme tel par Finkielkraut. Demeure, somme tout, un homme et un écrivain d'une grande complexité, mais aussi d'une grande richesse, et plutôt disposé à défendre des valeurs qu'une doctrine, moins encore un parti ou un clan. Au total, un livre intéressant permettant de mieux appréhender un écrivain paradoxalement tout à la fois célèbre et méconnu.


La Voie du chamane 
Un manuel de pouvoir & de guérison
La Voie du chamane Un manuel de pouvoir & de guérison
par Laurent Huguelit
Edition : Broché
Prix : EUR 22,80

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Introduction au chamanisme, 7 janvier 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La Voie du chamane Un manuel de pouvoir & de guérison (Broché)
Ce livre est le premier que je lis sur le chamanisme, une approche à laquelle je n'avais pas eu l'occasion de m'intéresser jusqu'à présent, quand bien même elle m'intrigue depuis bien longtemps. Ainsi, me fallait-il un premier ouvrage qui puisse servir d'introduction et m'appuyant sur diverses références, notamment les commentaires d'Amazon, j'ai pensé que celui de Michael Harner pouvait convenir. Globalement, je n'ai pas été déçu par un tel choix et d'emblée, je peux dire que cette lecture invite à aller plus loin, que ce soit en termes de lectures supplémentaires, mais aussi et surtout, d'expérimentations. Les premiers chapitres, en particulier, sont tout à fait stimulants : tout spécialement le récit par Harner de sa propre initiation chamanique. À cet égard, le rapprochement qu'il établit entre certains éléments du « voyage » effectué et plusieurs versets de l'Apocalypse de Jean n'est pas l'aspect le moins impressionnant de sa narration.
Il est vrai, mon intérêt s'est quelque peu émoussé dans la suite de la lecture, par exemple lorsque l'auteur aborde certains aspects moins importants (par exemple les jeux et les concours dans l'univers chamanique)... Par ailleurs, même si je peux parfaitement comprendre le souci d'empirisme mis en avant par l'auteur - et propre, j'imagine, au courant chamanique dans son ensemble - le fond rationaliste qui existe en moi s'est trouvé un peu insatisfait de l'absence totale de tentative d'explication, quelque en puisse être le registre, des phénomènes suscités dans le cadre du travail chamanique : on imagine bien qu'il puisse y avoir stimulation de zones particulières du cerveau (notamment via les rythmes nés du tambour), mais est-il possible d'en dire davantage ? En définitive, c'est là sans doute une raison supplémentaire pour tenter de progresser dans la découverte de ce courant ancestral...


Les Orients de l'être
Les Orients de l'être
par Ramesh-S Balsekar
Edition : Poche

5.0 étoiles sur 5 Une référence incontournable de l’Advaïta Vedānta, 3 janvier 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Orients de l'être (Poche)
Ce livre est probablement l’un des plus représentatifs du courant de l’Advaïta Vedānta. Sa lecture est indispensable pour celles et ceux qui veulent s’initier ou mieux connaître cette approche de la philosophie indienne. L’ouvrage est de Ramesh Balsekar, mais il reprend essentiellement les enseignements de son guru, maître spirituel éminent du Vedānta, Nisargadatta Maharaj (1897-1981). D’ailleurs, le titre de l’édition originale en anglais est "Pointers from Nisargadatta Maharaj", autrement dit "Indications de NM", bizarrement adapté en français avec un titre qui ne veut pas dire grand-chose "Les Orients de l’Être" et un sous-titre "Renforcer son évolution spirituelle", plus étonnant encore dans la mesure où, contrairement à la signification de cet intitulé, le lecteur est invité, page après page, à se libérer de l’identification à un individu supposé indépendant et sujet à la volition. "Il n’existe personne pour accomplir le moindre progrès" dit même NM (p. 229).
Je me souviens avoir lu, il y a une trentaine d’années, Sois!: Entretiens avec Sri Nisargadatta Maharaj (1978-1980). Cette lecture, pour être intéressante, ne m’était pas moins apparue quelque peu rébarbative. Peut-être étais-je trop jeune et/ou trop pressé. Les années passant, je me retrouve plus attentif à la pensée de NM, mais il est vrai que tout l’art de Ramesh Balsekar est de reprendre très fidèlement les propos de son Maître tout en les transposant dans un langage peut-être plus accessible au lecteur, notamment occidental. En de très courts chapitres, assurant ainsi un texte suffisamment aéré, l’auteur développe les thèmes propres à l’Advaïta Vedānta : l’Absolu non manifesté, la Conscience, l’apparition manifestée, l’identification illusoire à cette manifestation, la libération comme affranchissement de cette identification… Moi qui aime prendre des notes au fil de mes lectures, j’en ai rempli de nombreuses pages de mon carnet, tant les phrases remarquables foisonnent dans le livre. Si l’ouvrage paraît largement fondé sur la répétition – ce que déplore un commentateur d’Amazon –, il joue plus précisément sur de très subtiles variations d’une page à l’autre. Le lecteur vigilant observera que, fréquemment, une question abordée dans un chapitre est reprise plus complètement et plus précisément au chapitre suivant qui s’achève par une question, elle-même reprise dans le chapitre suivant, etc. Quant aux trois dernières pages du livre « Toute la Vérité », elles résument, en termes poétiques, l’intégralité de la philosophie dispensée par le Maître et son disciple. Cependant, comme le dit Nisargadatta Maharaj lui-même, et donc en lui laissant le mot de la fin : "Aucune vérité ne demeure vérité dès l’instant où elle reçoit une expression. Elle devient un concept !" (p. 169).


Connaissance du soi
Connaissance du soi
par Shri Shankaracharya
Edition : Broché
Prix : EUR 6,56

5.0 étoiles sur 5 Aux fondements de l’Advaïta Vedānta, 21 décembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Connaissance du soi (Broché)
Ce petit livre (66 pages !) nous offre quelques courts textes réputés provenir du grand fondateur de l’Advaïta Vedānta, Adi Shankara (ici mentionné sous son autre nom Shri Shankaracharya). Ce sont là quelques joyaux représentant à merveille le sens général de cette philosophie non duelle. Le plus connu des trois présentés est probablement l’Atmabodhi (« Connaissance du soi »), texte remarquable qui, en définitive, dit l’essentiel sur l’Advaïta Vedānta. Chacune de ses 68 strophes est d’une grande portée spirituelle. Par exemple : « 17 – Bien que le soi soit en tout temps et dans toutes choses, il ne peut brille nulle part, sauf dans la conscience, tout comme une réflexion ne peut apparaître que sur une surface polie » (p. 22) ou « 29 - La nature du soi étant la connaissance, elle ne dépend, par la connaissance d’elle-même, d’aucune autre connaissance, de la même façon qu’une lumière n’a pas besoin d’une autre lumière pour se révéler » (p. 24). À lire, relire et méditer…


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