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Contenu rédigé par Gérard BEGNI
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Commentaires écrits par
Gérard BEGNI (Toulouse, France)
(TOP 500 COMMENTATEURS)   

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Hindemith:Mathis der Maler
Hindemith:Mathis der Maler
Prix : EUR 35,27

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Trois oeuvres majeures de Hindemith admirablement interprétées par Abbado et le Philharmonique de Berlin, 26 mai 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hindemith:Mathis der Maler (CD)
Hindemith avait créé une théorie lui permettant de définir une polarité dans sa musique, équivalent moderne de la tonalité. ET effectivement, sa musique sonnr « tonale » à nos oreille. Il serait passionnant – amis hors de propos ici – de comparer les principes posés par Hindemith pour créer une musique « tonale » au XX° Siècle et ceux posés par Schoenberg pour créer une musique atonale.

MATHIS LE PEINTRE, SYMPHONIE

Comme Berg avec Lulu, Hindemith a tiré de son opéra Mathis le peintre (qui évoque Grünewald) uns suite d’orchestre formée de trois pièces qu’il intitula ‘symphonie ». Ils suivent le plan classique vif/lent/vif.

Le premier mouvement « Concert des anges » (9 minutes) ne sait pas résister aux sollicitations de son titre et tisse un contrepoint serré mais léger et aérien, avec deux thèmes principaux. Le second mouvement « mise au tombeau » (5 minutes) est mélodique, avec une section centrale aux cuivres. La troisième section, la plus complexe, « Tentation de Saint Antoine (13 minutes)»est formée de sections d’écriture, de tempi et de caractères variés. L’écriture est d’une grande fermeté.

NOBOILISSIMA VISIONE

Nobilissima visione est une suite orchestrale tirée du ballet homonyme composé en 1937 d'après les fresques du peintre Giotto dans la chapelle de Santa Croce à Florence.

Introduction et rondo. Cette belle musique à la forme transparente n’appelle pas de commentaire particulier.

Marche et pastorale. La Marche, chez Hindemith, n’a rien à voir avec les chefs d’œuvre ‘verticaux’ écrits par Prokofiev. Chez lui, elle est combinaison polyphonique de courts motifs rythmiquement articulés. ON conçoit que la marche puisse progressivement s’infléchir vers ‘quelque chose’ d’autre par évolution de ces motifs et de leur rythmique. C’est ainsi qu’Hindemith réalise l’improbable transformation d’une marche en une pastorale.

Passacaille ; Voilà Hindemith à son affaire dans cette forme éminemment contrapuntique dont J.S. Bach nous a donné l’impérissable chef d’œuvre. Le thème est énoncé aux trombones fortissimo. Hindemith ne se prive pas de sonores tutti d’orchestre, semblant clamer sa joie de mordre la « dure noix du contrepoint » (Heinrich SCHÜTZ) alternant avec des passages plus analytiques, où nous entendons crisser les dissonances que permet la théorie tonale d’Hindemith.

METAMORPHOSES SYMPHONIQUES SUR DES THEMES DE WEBER.

IL ne s’agit pas de thème et variations, où le(s) thème(s) de Weber seraient exposé(s) dans la première section et varié(s) dans les suivantes. Chaque section « métamorphose » plusieurs thèmes. Il faut noter que le langage néo-tonal d’Hindemith assimile naturellement le langage tonal romantique de Weber, plus facilement que par exemple la chanson populaire dans le Septuor de Schoenberg voire le choral de Bach dans le Concerto pour violon de Berg (ceci ne constituant évidemment pas une critique de ces œuvres). Chacune des métamorphoses dure 4 minutes environ, sauf la deuxième, « Turandot Scherzo », qui en dure sept. La fusion stylistique est très réussie et l’œuvre est réellement agréable à écouter.

INTERPRETATION

Abbado à la tête du Philharmonique de Berlin nous donne une version exemplaire, très transparente et expressive de ces œuvres parfois touffues. La prise de son est de bonne qualité.


Sonates et Ballets
Sonates et Ballets
Prix : EUR 17,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 UN chaînon majeur de la musique instrumentale vénitienne, 26 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sonates et Ballets (CD)
Après les oeuvres instrumentales souvent polychorales de Gabrieli (inspirées par l'architecture et les pratiques de St Marc de Venise), quelques compositeurs ont assuré la transition de la musique instrumentale vers le triomphe du baroque vénitien (Vivaldi, Albinoni.....). Le grand génie de Saint Marc, Monteverdi, avait révolutionné la musique vocale mais ne s'était pas intéressé à la musique instrumentale (sinon pour l'accompagnement de ses grandes oeuvres vocales). Legrenzi est un de ces compositeurs de transition, probablement le plus important.

Ce disque nous donne une vision large de sa production. IL est fascinant d'entendre comment des restes de la fin de la Renaissance, héritées principalement de Gabrieli, se fondent dans la dialectique baroque naissante. L'interprétation est de tout premier ordre.


Mathis le peintre
Mathis le peintre
Prix : EUR 14,49

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Trois oeuvres majeures de Hindemith admirablement interprétées par Abbado et le Philharmonique de Berlin, 25 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mathis le peintre (CD)
Hindemith avait créé une théorie lui permettant de définir une polarité dans sa musique, équivalent moderne de la tonalité. ET effectivement, sa musique sonnr « tonale » à nos oreille. Il serait passionnant – amis hors de propos ici – de comparer les principes posés par Hindemith pour créer une musique « tonale » au XX° Siècle et ceux posés par Schoenberg pour créer une musique atonale.

MATHIS LE PEINTRE, SYMPHONIE

Comme Berg avec Lulu, Hindemith a tiré de son opéra Mathis le peintre (qui évoque Grünewald) uns suite d’orchestre formée de trois pièces qu’il intitula ‘symphonie ». Ils suivent le plan classique vif/lent/vif.

Le premier mouvement « Concert des anges » (9 minutes) ne sait pas résister aux sollicitations de son titre et tisse un contrepoint serré mais léger et aérien, avec deux thèmes principaux. Le second mouvement « mise au tombeau » (5 minutes) est mélodique, avec une section centrale aux cuivres. La troisième section, la plus complexe, « Tentation de Saint Antoine (13 minutes)»est formée de sections d’écriture, de tempi et de caractères variés. L’écriture est d’une grande fermeté.

NOBOILISSIMA VISIONE

Nobilissima visione est une suite orchestrale tirée du ballet homonyme composé en 1937 d'après les fresques du peintre Giotto dans la chapelle de Santa Croce à Florence.

Introduction et rondo. Cette belle musique à la forme transparente n’appelle pas de commentaire particulier.

Marche et pastorale. La Marche, chez Hindemith, n’a rien à voir avec les chefs d’œuvre ‘verticaux’ écrits par Prokofiev. Chez lui, elle est combinaison polyphonique de courts motifs rythmiquement articulés. ON conçoit que la marche puisse progressivement s’infléchir vers ‘quelque chose’ d’autre par évolution de ces motifs et de leur rythmique. C’est ainsi qu’Hindemith réalise l’improbable transformation d’une marche en une pastorale.

Passacaille ; Voilà Hindemith à son affaire dans cette forme éminemment contrapuntique dont J.S. Bach nous a donné l’impérissable chef d’œuvre. Le thème est énoncé aux trombones fortissimo. Hindemith ne se prive pas de sonores tutti d’orchestre, semblant clamer sa joie de mordre la « dure noix du contrepoint » (Heinrich SCHÜTZ) alternant avec des passages plus analytiques, où nous entendons crisser les dissonances que permet la théorie tonale d’Hindemith.

METAMORPHOSES SYMPHONIQUES SUR DES THEMES DE WEBER.

IL ne s’agit pas de thème et variations, où le(s) thème(s) de Weber seraient exposé(s) dans la première section et varié(s) dans les suivantes. Chaque section « métamorphose » plusieurs thèmes. Il faut noter que le langage néo-tonal d’Hindemith assimile naturellement le langage tonal romantique de Weber, plus facilement que par exemple la chanson populaire dans le Septuor de Schoenberg voire le choral de Bach dans le Concerto pour violon de Berg (ceci ne constituant évidemment pas une critique de ces œuvres). Chacune des métamorphoses dure 4 minutes environ, sauf la deuxième, « Turandot Scherzo », qui en dure sept. La fusion stylistique est très réussie et l’œuvre est réellement agréable à écouter.

INTERPRETATION

Abbado à la tête du Philharmonique de Berlin nous donne une version exemplaire, très transparente et expressive de ces œuvres parfois touffues. La prise de son est de bonne qualité.


Symphonie N 27, Op. 85 En Do Min., Concerto Pour Violoncelle Op.66 En Do Min.
Symphonie N 27, Op. 85 En Do Min., Concerto Pour Violoncelle Op.66 En Do Min.
Prix : EUR 20,68

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 DEUX OEUVRES MAJEURES DE MIASKOWSKY, 25 mai 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Symphonie N 27, Op. 85 En Do Min., Concerto Pour Violoncelle Op.66 En Do Min. (CD)
MIASKOWSKY

Miaskovsky est né en 1881 et mort en 1950. d’un cancer. IL a donc successivement connu la période avant-guerre, la période ‘futuriste’ encouragée par Lounatcharski, et la dictature du ‘réalisme socialiste’ imposée par Staline et ses sbires. Quoique amide Prokofiev, son œuvre se situe dans la continuité de celle de Tchaïkovski qui l’impressionna beaucoup. C’est un compositeur prolixe: on lui doit entre autres 27 symphonies et 13 quatuors à cordes. Son style conservateur lui permit de traverser sans ennuis notables la période du ‘réalisme socialiste’ jusqu’en 1947, où il connut une accusation de ‘formalisme’ avec les meilleurs compositeurs de son époque.

LA 27° SYMPHONIE

L’œuvre—la dernière symphonie de son auteur— est en trois mouvements selon le schéma traditionnel vif/lent/vif. La composition de l’orchestre est absolument classique, avec les bois par trois.

Elle dégage un parfum indéfinissable de légende.

Le premier mouvement comporte des passages en tutti, mais met en valeur les instruments graves: basson, clarinette basse, cor anglais, grave de la flûte, et ce dès le départ. Ces timbres ne quitteront plus notre oreille. Le mouvement lent commence lui aussi dans le grave, mais c’est d’une manière inattendue celui des cuivres qui résonne, imprimant au mouvement un parfum de solennité. Le troisième mouvement, quant à lui, complète cette atmosphère légendaire par un caractère martial sans la moindre outrance ou vulgarité. Les trois mouvements se complètent merveilleusement pour dégager ce parfum insaisissable dont nous parlions.

LE CONCERTO POUR VIOLONCELLE

C’est peut-être la page la plus connue de Miaskovsky. Elle est conçue de manière logique mais originale en un mouvement (relativement) lent suivi d’un mouvement rapide. L’œuvre n’est pas de celles où l’orchestre est là comme faire-valoir du soliste. IL joue un rôle très important. L’œuvre serait presque une symphonie concertante, n’étaient les deux belles cadences de chaque mouvement

Le premier mouvement est d’un beau lyrisme sans effusion romantique déplacée. C’est une page de grande tenue.

Le second mouvement n’épouse pas la forme rondo sonate des concertos classiques de Mozart, Beethoven, Mendelssohn, Brahms. C’est en fait une sorte de longue ballade qui se marie heureusement au lyrisme du premier mouvement.

L’interprétation du violoncelliste Alexandre Ivashkin et l’orchestre symphonique d’Etat de la Russie sous la direction du Valeri Polyansky nous donnent une version parfaite de ces deux belles et grandes œuvres. La prise de son est très bonne.

Si Paris vaut bien une messe, Miaskovsky vaut bien un CD. Celui-ci, comprenant sa dernière symphonie et son très beau concerto pour violoncelle, est idéal pour combler une éventuelle lacune.


Poulenc: Dialogues des Carmélites
Poulenc: Dialogues des Carmélites
Prix : EUR 9,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le chef d'eouvre de Francis POULENC avec la vréatrice du rôle principal., 23 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Poulenc: Dialogues des Carmélites (CD)
En dépit des nombreuses œuvres que nous a laissées Francis POULENC, dont beaucoup sont des chefs d’œuvre, il est difficile de contester la première place au "Dialogue des Carmélites".

Cette version est historique. Elle compte du reste Denise DUVAl dans le rôle principal. Denise DUVALL était une amie de POULENC. Elle avait assuré la création de ce rôle, ainsi que celles d'autres œuvres, Parmi les autres étoiles interprètes de cet enregistrement, notons Régine CRESPIN.

Il y a une "force tranquille" dans la manière dont Denise DUVAL interprète son rôle qui justifie pleinement - si besoin était - le choix et la confiance de Francis POULENC.

Peut-être trouvera-t-on ce disque vieilli, la prise de son quelque peu ancienne, etc . IL est incontestable que l'opéra a gardé une renommée enviable et que de jeunes talents se sont attachés à lui et lui donnent une vie nouvelle. IL n'empêche. Cet enregistrement fabuleux a un cachet d'authenticité qu'on ne saurait lui enlever,, et c'est cela qui nous le rend précieux entre tous.


Chostakovitch: Lady Macbeth de Mtsensk
Chostakovitch: Lady Macbeth de Mtsensk
Prix : EUR 9,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 INEGALABLE, 21 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chostakovitch: Lady Macbeth de Mtsensk (CD)
Version inégalable de Lady Macbeth de Mtensk, qui suscita l'ire de Staline (artilce de la Pravda "un galimatias au lieu de musique") et ne fut jamais représenté à nouveau, marquant le début des persécutions - heureusement uniquement morales - des musiciens fidèles au "réalisme socialiste" et de la presse aux ordres contre Chostakovitch. Staline avait d'ailleurs été plus sensible à l' "immoralité " du livret qu'à l'aspect 'progressiste' de la musique. Chostakovitch révisa son oeuvre plus tard pour en faire "Katerina Ismaïlova", seule version représentée et enregistrée (à quelques exceptions près, dont celle de Myung Wung Chung) de nos jours (que j'ai eu le bonheur de voir et d'entendre à l'opéra Bastille).

Voilà donc, sous la baguette de Rostropovitch et le voix de Galina Vichnevskaîa entre autres, la version originale, pluscrument réaliste, de "Lady Macbeth de Mtensk". Auuditeur, attends-toi à un chef d'oeuvre !!!!


Bach, j.s. 6 favourite cantat
Bach, j.s. 6 favourite cantat
Prix : EUR 12,40

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 6 CANTATES FAVORITES?, 21 mai 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach, j.s. 6 favourite cantat (CD)
Le titre de cet album est à relativiser. Si les six cantates interprétées ici sont merveilleuses, le titre de 'favorites' reste discutable;

- un premier cercle d'amateurs connaît certainement 'Herz und Mund und Tat uns Leben' BWV 147, la cantate qui contient le choral 'Jésus demeure ma joie' (et non Jésus, que ma joie demeure qui est un contresens) et' Wachet auf' BWV 140, qui contient le choral du Veilleur (transcrit par Bach dans les chorals Schübler)
- un second cercle connaît certainement 'Ein feste Burg ist unser Gott' BWV 80 et 4Jesu, der du meine Seele' BWV 78
- En revanche, pour beaucoup d'entre nous, 'Liebster Gott, wann ich streben' BWV 8 et 'Jauchzet Gott in allen Landen' BWV 51 restent de l'ordre des merveilleuses découvertes.

Que dire d'autre?

IL y a deux extrêmes dans l'art d'interpréter ces cantates. la première, très analytique, met en valeur le contrepoint et les lignes instrumentales; la deuxième, très synthétique, cherche plutôt à reconstituer un timbre d'ensemble, dans lequel les lignes individuelles viennent harmonieusement s'insérer. Bien entendu, il s'agit de deux extrêmes, impossibles à réaliser. Ils servent essentiellement à caractériser l'approche sonore de ce monde d'une immense expressivité.

L'interprétation donnée par Joshua RIFKIN et le Bach Ensemble sur instruments d'époque tient un juste milieu tout en penchant vers la vision synthétique. Cela ne veut pas dire que les lignes solistes (hautbois, flûtes notamment) ne se détachent clairement du fond sonore. Les trompettes sont plus intégrées. L'interprétation vocale est excellente et bien dans l'esprit de l’interprétation du timbre des cantates.

Au demeurant donc, une excellente version de ces six cantates (plus ou moins 'favorites') qui mérite bien de constituer le fond d'une discothèque où les cantates de Bach tiennent la place qu'elles méritent.


Sonate 1,Printemps 1+2 Cahier,
Sonate 1,Printemps 1+2 Cahier,
Proposé par thebookcommunity_fr
Prix : EUR 62,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 D’AUTHENTIQUES CHEFS D4OEUVRE DE MILHAUD POUR LE PIANO, 20 mai 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Sonate 1,Printemps 1+2 Cahier, (CD)
Milhaud était violoniste, et on sent bien à son œuvre que sa sensibilité était instrumentale. Néanmoins, il laissa quelques chefs d’œuvre pour le piano, dont les plus connues sont les « Saudades do Brasil », également orchestrées. Ici, nous avons affaire à d’authentiques chefs d’œuvres pour piano moins connus.

La première sonate a été écrite en 1916. Milhaud n’avait que 24 ans. Elle est de la forme vif/lent/vif . Les mouvements vifs sont d’écriture assez massive. Le mouvement lent est une délicieuse pastorale, aux belles inventions harmoniques et mélodiques. Milhaud corrigea plus tard quelques maladresses de jeunesse dans les mouvements extrêmes.

Les six pièces (deux cahiers de trois pièces) qui constituent ‘Printemps’ (1920) ne sont pas des évocations pastorales, si fréquentes chez Milhaud, mais une sorte de ‘défense et illustration’ de la bitonalité. L’écriture rappelle celle des « Inventions » de J.S. Bach : elle est le plus souvent à deux voix, qui s’épaississent parfois en accords ou s’adjoignent une troisième. Dans cette écriture translucide, motifs et tonalités s’échangent avec clarté entre les voix. Certaines influences extérieures sont parfois perceptibles : ainsi la superposition de deux accords de quartes peut faire penser à Schoenberg. Cette écriture cristalline fait de « Printemps » un véritable manifeste de la bitonalité telle que Milhaud la comprenait – une bitonalité qui finit généralement par se résoudre dans l’ordre tonal.

Les trois pièces d’ « Automne », nettement postérieures (1932), ne sont pas de la même veine. Légèrement plus longues, Milhaud leur a donné des titres : Septembre, Alfama, Adieu. Sans rien perdre des acidités et des frôlements de la clarté l’écriture bitonale, nous avons ici des morceaux plus évocateurs. Alfama est même une pièce de virtuosité, ce que n’était pas Printemps, techniquement à la portée d’un bon amateur doué.

Les quatre sketches datent de l’installation de Milhaud aux USA, en 1941. Eglogue est comme un prélude à l’éclosion mélodique de Madrigal. Qaunt aux deux dernières pièces, Alameda et Sobre la Loma, elles rappellent l’attachement de Milhaud aux mélodismes et rythmes sud-américains – le premier dans un ton plutôt sombre, le second plutôt clair.

La sonatine est une œuvre du dernier Milhaud (1956), dont elle possède la clarté et la transparence. Cette courte œuvre ( à peine plus de 7 minutes) est divisée en trois mouvements classiques vif/lent/vif. Toutefois, sa simplicité est toute de façade. Elle est remplie de subtilités qui ne se laissent pas découvrir à la première écoute, mais c’est un plaisir renouvelé que de réécouter cette œuvre transparente et limpide pour mieux en pénétrer les arcanes.

En résumé, un disque de petits chefs d’œuvre parfait, interprété avec délicatesse, finesse et sensibilité par le pianiste Billi Euidi


Quatuor "Ainsi la nuit" / Quatuors n°2 "Time Zones" & n°3
Quatuor "Ainsi la nuit" / Quatuors n°2 "Time Zones" & n°3

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Dutilleux et Dusapin superbement servis par les Arditti, 19 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Quatuor "Ainsi la nuit" / Quatuors n°2 "Time Zones" & n°3 (CD)
Deux générations, mais des musiques proches par l’expression et la quête de liberté : voilà ce que les Arditti nous offrent ans une interprétation hors de pair dans ce CD.

LE QUATUOR « AINSI LA NUIT » DE DUTILLEUX

Assez court (environ 17 minutes), ce quatuor est composé de différentes sections et interludes selon le plan suivant :

Introduction / Nocturne
Parenthèse 1 / Miroir d’espace
Parenthèse 2 / Litanies
Parenthès3 Litanies 2
Parenthèse 4 / Constellations
Nocturne 2
Temps suspendu

Ces sections sont de ce fait courtes : certains interludes durent moins d’une minute.

Le quatuor est écrit dans un langage très personnel. Si la forme est condensée, la matière musicale est comme éclatée, alors que dans ses œuvres orchestrales Dutilleux nous avait habitués à un discours plus continu. Il faut certainement attendre « Mystère de l’instant » pour retrouver une telle écriture.

Pour autant, les influences se font sentir. La plus évidente est celle du plus important auteur de quatuors de la première moitié du XX° Siècle, Bartók. Plus évasivement, j’y ressens l’influence de Webern, celui de l’op. 5 notamment. IL y a (peut-être par hasard) une cellule commune avec l’op. V/1 de Webern ; Dutilleux joue avec son écriture en moiroir. Au-delà de l’anecdote, j’y vois l’influence des petites pièces accolées.
Dutilleux nous livre ici un quatuor exigeant, qui compte certainement parmi les chefs d’œuvre du genre au XX° Siècle.

« TIME ZONES » (QUATUOR N°2) DE DUSAPIN

Les « time zones » sont les 24 fuseaux horaires, symboliquement évoqués par Dusapin. Le quatuor ne se compose toutefois pas de 24 sections, certaines ‘time zones » étant télescopées en une seule section. De même, le quatuor n’est parfois pas utilisé au complet : il existe une section pour violon solo, une section pour violoncelle solo, une section sans violoncelle.

La grammaire relative à une « time zone » donnée reste relativement homogène, sans quoi le quatuor pourrait dériver dans l’extrême dispersion et de la cohérence. De même, il existe un principe unificateur au niveau du quatuor. En revanche, l’écriture des diverses sections est suffisamment différentiée pour nous donner un ensemble coloré de sensations. Le langage est extrêmement inventif sans tomber dans l’exceptionnel à tout prix.

La durée de chaque section est typiquement de 2 à 3 minutes. Nous retrouvons ce principe de juxtaposition du quatuor de Dutilleux, dans une œuvre sensiblement plus longue.

QUATUOR N°3 DE DUSAPIN

Ce quatuor se présente en quatre mouvements 3risquant le déséquilibre par trop de symétrie » (Dussapin). Les formes dynamiques y semblent reproduire les processus d’auto-organisation des êtres vivants.

Le cœur du processus est le premier mouvement. Joué à une allure lente pour se muer très vite en un tourbillon serré. Le second mouvement est un adagio évoluant en longues vagues. Le troisième mouvement, de loin le plus développé est une sorte de quête de l’arioso. Le quatrième mouvement a un caractère rythmique et obsessionnel,


Schumann: Violin Concerto
Schumann: Violin Concerto
Prix : EUR 22,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Deus oeuvres attachantes du dernier Schumann, interprétées de manière transcendante., 17 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schumann: Violin Concerto (CD)
Ce disque regroupe deux œuvres du dernier Schumann : le concerto pour violon et le troisième trio en sol mineur op. 110.

Le concerto pour violon et orchestre de Schumann fait partie de ses toutes dernières oeuvres qu'il n'a pas eu le temps de faire éditer, et que le bureau de censure constitué de Clara Schumann, Brahms et Joachim a rejeté. On doit en grande partie sa résurrection .... aux nazis, qui avaient censuré le concerto du juif Mendelssohn et avaient besoin d'un chef d'oeuvre romantique allemand de substitution. L’œuvre, fort belle, a toute l'intimité dramatique des dernières œuvres de Schumann, et il semble qu'elle sorte progressivement de l'obscurité dans laquelle le trio des censeurs l'avaient enfermée. Conçue certainement avec l'aide de Joachim, la partie de violon est somptueuse et fort bien écrite pour l'instrument. L’eouvre est, il faut le reconnaître, un peu compacte. Mais Isabelle Faust - dont le génie n’est plus à démontrer – et l’orchestre baroque de Fribourg savent clarifier cet œuvre et la remettre au rang qu’elle mérite au milieu des grandes partitions schumanniennes.

La troisième trio op. 110 en sol mineur (1851) et dédié au compositeur danois ami Niels Gade. Il souffre de la réputation - à mon sens complètement erronée - qui veut que Schumann ait commencé comme un génie et fini comme un talent. Sous l'effet de la maladie, ses oeuvres ont tendance à se replier sur elles-mêmes, à plonger vers le grave comme les tout derniers `Chants de l'aube' op. 133. C'est ce registre qui est privilégié dans ce dernier trio, d'où un certain sentiment de statisme peu habituel qui déroute les amateurs d'un Schumann plus fougueux ou d'une rêverie moins pesante (au sens psychologique, non musical). Ce trio est pourtant d'excellente facture et ne mérite pas cette réputation. Le passage en majeur du finale, dans la tonalité très haydnienne de Sol majeur, est là pour donner le change. Ces finales virant au ton majeur sont familiers à Haydn, Mozart, Beethoven. Les mouvements en sont :
* Bewegt, doch nicht zu rasch « animé, mais pas trop vite » (en sol mineur)
* Ziemlich langsam « assez lent » (en mi bémol majeur)
* Rasch « vif » (en ut mineur)
* Kräftig, mit humor « vigoureux, avec humour » (en sol majeur)

EN synthèse, ce disque nous offre deux œuvres fort attachantes du dernier Schumann - interprétées de manière transcendante.


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