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Contenu rédigé par Durand Sébastien
Classement des meilleurs critiques: 375
Votes utiles : 5212
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Commentaires écrits par Durand Sébastien (France)
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5.0 étoiles sur 5
Le vrai trésor c'est cet album, 16 mai 2013
"Le Secret de la Licorne", c'est - supposent Tintin et le Capitaine Haddock - "Le Trésor de Rackham le Rouge". Si ce second album n'est pas tout à fait aussi brillant que le précédent c'est uniquement du point de vue narratif. Il n'y a là qu'une trame quand dans l'autre, elles étaient trois, enchevêtrées de manière magistrale. Mais cette aventure est palpitante et graphiquement, elle permet à Hergé car images d'une grande force et l'une de ses plus belles - si ce n'est la plus belle - couverture : quelle image plus forte en effet que Tintin dans son sous-marin en forme de requin dont Jacques-Yves Cousteau voulait dit-on le même... Quelques autres cases font aussi partie des plus réussies de Hergé. À la fin de cet album, au-delà de Tintin et des Dupondt qui étaient déjà bien définis, on a désormais le Haddock qu'on connaît et qu'on aime (toujours coléreux et un peu alcoolique certes mais moins une épave qu'à ses débuts) et Tournesol. Et bien sûr, le lieu central, le "home sweet home" que va devenir Moulinsart; C'est définitivement avec ces deux albums que "Tintin" trouve ses marques.
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5.0 étoiles sur 5
Trois trames emmêlées pour notre plus grand plaisir, 16 mai 2013
Dans le contexte de l'époque (la guerre) dans lequel Hergé ne souhaite pas se plonger, et bien plus que "L'Étoile Mystérieuse" et ses maladresses (cf. ma critique de l'album), le dyptique "Le Secret de la Licorne" / "Le Trésor de Rackham Le Rouge" est une des plus grandes réussites de Hergé, particulièrement ce premier volume. Sans les paysages exotiques du second album, celui-ci est une magistrale leçon qui mêle trois histoires, trois trames narratives : deux policières (celle de Tintin et le secret proprement dit et celle du voleur de portefeuille, petit malfrat mais qui ca jouer à son corps défendant un grand rôle dans l'aventure) et une historique (la vie du chevalier de Hadoque, ancêtre de notre capitaine). À la jonction des trois se cache une grand révélation. Narrativement, graphiquement, Hergé touche ici à la perfection.
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4.0 étoiles sur 5
La mémoire quand il n'y a plus de mémoire, 14 mai 2013
Ce documentaire poignant revient sur la tragédie vécue par le Cambodge des Khmers rouges. Comme si cela n'avait pas suffi de massacrer les hommes par centaines de milliers, la dictature s'est aussi attaquée à la mémoire cinématographique de son peuple. Bien sûr, le cinéma de ce pays était récent (il n'avait guère existé avant 1960) et était modeste en termes de réussites artistiques comparé à d'autres mais cette suppression de la culture, de la mémoire, n'en est pas moins d'une cruauté terrible. Acteurs exécutés, films irrémédiablement détruits (car en ce temps d'avant le numérique, une pellicule brûlée et c'est souvent toute trace du film qui disparait), on a peine à le réaliser mais les jeunes Cambodgiens n'ont aucune possibilité de comprendre ce qui a formé l'imaginaire de leurs parents. Le documentaire revient sur les derniers survivants, longtemps terrés, et les quelques traces (un extrait par ci, une musique conservée sur disque par là) de cette histoire disparue.
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4.0 étoiles sur 5
Chuperbe album, 14 mai 2013
Bien que situées dans la Gaule romanine (enfin, sauf un petit village etc.), les aventures d'Astérix font le plus souvent fi d'un vrai contexte historique au profit d'un humour échevelé qui était celui de Goscinny. Mais d'une certaine manière, cet album fait exception, interrogeant (à la manière d'un autre héros, Alix) ce qui aurait pu se passer si l'on avait retrouvé le bouclier de Vercingétorix. La Gaule aurait-elle pu se soulever ? Rome aurait-elle pu en tirer un profit encore plus grand ? La question est fascinante mais bien sûr, elle n'est elle même au final qu'un prétexte à une série de péripéties opportunément situées en Auvergne et permettant toutes les fantaisies "linguichtiques". Comme toujours à cette époque, c'est excellemment écrit et excellemment dessiné.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Coup de folie, 13 mai 2013
Aveuglé par les dieux, Héraclès massacre sa femme et ses enfants... qu'il venait de sauver de la mort par Lycos, le roi usurpateur de Thèbes. Le problème avec cette pièce qui n'est pas, et de loin, la meilleure de son auteur, repose sur l'invraisemblance psychologique de ce retournement. Et si Héraclès tue, quel besoin a-t-on de bâtir la première partie où Mégara et les enfants échappent au statut de victimes expiatoires... ce qu'elles redeviennent juste après ? Et tout ça pour quoi ? On ne saisit pas où Euripide veut en venir et on n'éprouve guère d'empathie pour ses protagonistes.
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3.0 étoiles sur 5
La fin d'un monde ?, 13 mai 2013
Si l'irruption d'un météore fait craindre à Tintin la fin du monde, pour Hergé c'est aussi l'album de la fin d'un monde. Écrit pendant la guerre, "L'Étoile Mystérieuse" oppose deux équipes, celle des gentils avec Tintin, celle des méchants avec Bohlwinkel (aux traits qui sont une évidente caricature nauséabonde) pour être les premiers à planter leur drapeau sur l'île. Les albums suivants seront ostensiblement libres de toute référence politique et temporelle, ce qui n'est pas plus mal... "L'Étoile Mystérieuse" est aussi la première incursion de Tintin dans la science-fiction. L'aventure en garde un goût d'étrange qui n'est pas ce que je préfère (mais ça n'engage que moi) de l'univers d'Hergé.
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3.0 étoiles sur 5
L'amour au temps du Sida, 13 mai 2013
Au début des années 80, un jeune gay rejoint un club de strip-tease pour hommes d'Amsterdam et tombe amoureux d'un des artistes. Leur couple sera mis à rude épreuve quand l'un des deux est frappé par le Sida. Ce film collectionne d'abord les points négatifs : néerlando-germanique, il est joué en anglais comme un de ces feuilletons télé qui, à force de coproductions européennes (euro-pudding), en perdent toute saveur. Et la première moitié du film ressemble à un mauvais remake de "Magic Mike" ou de "Maison Close" (même s'il les prédate en réalité), c'est-à-dire la vue de l'intérieur d'une maison, mi de spectacle mi de passe. Autant de prétextes un peu faciles pour se rincer l'oeil avec quelques beaux jeunes gens en grande partie dénudée. Pourtant, le film se transforme peu à peu dans sa seconde partie en drame et connaît ses moments poignants. Il a surtout le mérite de nous rappeler la terreur qui s'empara de la communauté homosexuelle - et des médias à sensations - lors de l'apparition de ce qu'on nommait alors "cancer gay". L'incompréhension de ceux qui en étaient frappés, l'inéluctabilité de la mort à cette époque où les trithérapies ne fonctionnaient pas encore, et le rejet de la société et même des autres gays. C'était il y a une trente ans et toute une génération s'en trouve fauchée. Mettant aussi un terme à bien des histoires d'amour.
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4.0 étoiles sur 5
Deux de la Légion..., 13 mai 2013
Même si l'album est un peu long à démarrer (bien sûr, voir Obélix tomber amoureux de Flabala et perdre tous ses moyens est amusant mais cela sert surtout à "filer" quelques planches), dès que nos deux héros cherchent à s'engager dans la légion romaine, l'aventure devient extrêmement drôle et formidablement écrite. De la critique de la bureaucratie à celle de l'entraînement militaire et des différentes ethnies rejoignant la légion (on pense bien sûr à notre propre légion étrangère) et conservant la graphie propre à leur langue, jusqu'à faire céder César lui-même. Et Obélix aura bien prouvé son désintéressement, même amoureux.
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4.0 étoiles sur 5
Retour au bout du monde, 13 mai 2013
Dans ce beau film contemplatif de Carlos Sorin, un homme débarque dans une petite ville de Patagonie, venu chasser le requin... et retrouver sa fille; Pourquoi est-il parti, pourquoi revient-il, peut-on reprendre les choses là où on les a laissées ? Dans de splendides paysages argentins, Sorin n'apporte pas tant de réponses qu'il nous laisse nous imprégner de ce climat du bout du monde où l'on dit peu mais où on n'éprouve pas moins.
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4.0 étoiles sur 5
Mille milliards de mille sabords, Haddock entre en scène !, 13 mai 2013
Décors arabes pour changer un peu, certes, mais histoire déjà vue (le trafic d'opium), vu le contexte chargé (la guerre) dans lequel Hergé écrit ce 9e album, il ne prend guère de risques avec un sujet exotique et loin des préoccupations bleges du moment. Mais c'est évidemment une excellente aventure en soi et un album d'anthologie puisqu'il marque la rencontre entre Tintin et celui qui va devenir son meilleur ami, et un père de substitution, le capitaine Haddock. Dans ce volume, ce dernier porte en lui tous les défauts qui ont fait sa célébrité mais à la puissance 10, notamment son alcoolisme. Vu le succès du personnage, Hergé ira en l'édulcorant peu à peu. Sauf pour ses célèbres insultes cela va de soi. Dans le désert, quand Tintin et Haddock affrontent les Berabers, on trouve l'une des cases (planche 38) les plus fameuses de Hergé, une des rares dont cet éternel insatisfait était fier. Elle représente un groupe de guerriers dont l'un est couché et vise nos héros, un autre se redresse, un troisième se retourne, un quatrième s'enfuit etc. On peut aussi bien n'y voir qu'un seul Beraber qui, tel un personnage de dessin animé, vivrait toutes ces situations consécutivement. C'est une situation cinématographique où le mouvement est rendu... en une seule case ! Un exemple merveilleux du talent de dessinateur, quasi d'animateur, de Hergé. Un authentique maître de la bande dessinée.
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