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cromagnon

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Que Faire ?
Que Faire ?
par Marcel Gauchet
Edition : Broché
Prix : EUR 12,90

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Convergences critiques et divergences tactiques., 11 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Que Faire ? (Broché)
Il est habituel de louer en Badiou un penseur droit, réaliste et profond, et de dénigrer Gauchet, naïf renégat défenseur d'un système usé et empoisonné par la finance. A moins qu'on ne préfère à l'inverse montrer en exemple l'ex-communiste Gauchet devenu raisonnable conservateur, versus un Badiou dont la pensée serait le prétexte culturel d'une gauche de la gauche désormais en manque de repères théoriques.
Surprenante est donc la mise au jour d'une large zone de convergence entre deux pensées présumées s'opposer. Surprenant que G, si contesté par les bien-penseurs de la gauche anti-libérale, apparaisse comme plus offensif et plus réaliste face à un B. dont l'idéalisme en semble dans ce dialogue au mieux une utopie, au pire une nouvelle esquive pour un communisme historique acculé.
Mais tout compte fait n'est-ce pas G. le plus rêveur des deux, lui qui veut croire les démocraties parlementaires dépêtrables de la gangrène du néolibéralisme financier? Et B., courageux désabusé, à défaut de proposer un projet concret, le plus lucide et en mesure de nous donner l'espoir sinon de lendemains qui chantent, du moins d'un chemin dynamique collectif et généreux extrait des détournements inconséquents et accumulations cupides des "loups de Wall Street" et de la léthargie des complices tacites, aveugles et moutonniers que nous sommes (presque) tous au quotidien?
Quoiqu'on en dise, la transcription d'une joute (un peu trop policée?) de cet ordre, si elle ne fera probablement guère mieux que conforter chaque lecteur dans ses convictions, lui offrira la satisfaction -ou l'illusion paresseuse- de penser, d'y réfléchir... Ainsi que le plaisir, en resituant le politique en tant que processus éthique de subjectivation -et à défaut de nous enseigner comment agir au-delà de la critique- de voir deux frères ennemis s'accorder à peu près sur la naïveté égocentrique de nos représentants et plus généralement sur l'aveuglement agité de nos personnels politiques caniches.


Sept histoires qui reviennent de loin
Sept histoires qui reviennent de loin
par Jean-Christophe Rufin
Edition : Poche
Prix : EUR 5,60

5.0 étoiles sur 5 Petits bijoux, 9 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sept histoires qui reviennent de loin (Poche)
La nouvelle en tant que genre littéraire à part entière n'a jamais été aussi bien représentée. Sept courts récits composent ce petit volume, introduits, construits de façon aussi variée que dynamique, rapide, concise, et visitant ce qui, chez un auteur moins riche d'expériences voyageuses et humanistes que Rufin, n'aurait produit qu'une succession d'anecdotes offre ici un éventail délicieux du talent d'un généreux curieux du monde, un en-cas gastronomique.


Les sources de la honte
Les sources de la honte
par Vincent de Gaulejac
Edition : Poche
Prix : EUR 8,10

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le monde du silence, 6 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les sources de la honte (Poche)
Au croisement du psychique et du social, Gaulejac examine, au travers de cas cliniques croisés dans ses séminaires de parole, les mécanismes de certains déterminants fondamentaux des comportements.
Ici la honte, noeud psychique fait de l'agrégation de traumas, d'imprégnation dans une sourde culpabilité devenue indicible et donc indépassable et anesthésiante, voire paralysante.
Sont démontrés ses liens patents avec la crainte du regard de l'autre, le narcissisme et l'orgueil délétères, et le déficit d'estime de soi qu'ils trahissent; avec la honte sociale aussi, qui entraîne la honte d'avoir honte et le possible sentiment de trahison.


L'histoire en héritage
L'histoire en héritage
par Vincent Gaulejac (de)
Edition : Poche
Prix : EUR 9,15

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Origines, déterminisme et construction de soi, 6 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'histoire en héritage (Poche)
"On ne chante juste que dans les branches de son arbre généalogique" a dit Max Jacob.
Il s'agit bien ici de la question de l'autonomie du sujet, mise à mal par le roman familial qu'explore la psychogénéalogie. Aux prises avec la transmission familiale ou au défaut de mémoire ou de loyauté de celle-ci, l'image de soi s'élabore plus ou moins harmonieusement, confrontée entre autres aux névroses de classe, à l'envie, à la honte et à la haine qu'elles peuvent cultiver.
Comme toujours élaboré à partir de rencontres lors de ses séminaires, le travail du sociologue Gaulejac propose par touches successives le paysage objectif des rouages constitutifs du sujet et de leurs prémisses, et: "pas tant ce qu'on a fait de lui que ce qu'il fait de ce qu'on a fait de lui".


Peste & Choléra Prix Fémina 2012
Peste & Choléra Prix Fémina 2012
par Patrick Deville
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

5.0 étoiles sur 5 Conte historique, 6 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Peste & Choléra Prix Fémina 2012 (Broché)
"L'Histoire", dit J.Barnes, "est la conviction issue du point de rencontre entre les imperfections de la mémoire et les insuffisances de la documentation"
Une biographie n'est-elle pas, ainsi, toujours subjective? Si le sérieux documentaire et le souci historique aident l'historien à y échapper, on pourra constater à la lecture de ce livre à quel point un "lâcher-prise" imaginatif peut en la matière apporter davantage qu'une sèche érudition -fût-elle agrémentée d'une réflexion élargie- et favoriser l'empathie enrichissante du transport romanesque.
La passion de Deville pour la vie exceptionnelle et les mille curiosités de son héros, dont le déroulement et les décors géographique et historique sont valorisés par la construction hasardeuse et anti-chronologique, le style et la poésie qui habillent son récit, nous entraîne de plus en des vagabondages comparatifs qu'il tente avec d'autres grands promeneurs mythiques tel Rimbaud, qui nous ouvrent sur une vision plus large de ces destinées surprenantes et géniales et leurs probables prémisses.
Deville ne se contente pas des faits: entre le conteur et l'historien non conventionnel, il les justifie et les dépasse.


Le Temps de l'espérance : Reportages 1919-1929
Le Temps de l'espérance : Reportages 1919-1929
par Joseph Kessel
Edition : Broché
Prix : EUR 10,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Quels débuts !, 6 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Temps de l'espérance : Reportages 1919-1929 (Broché)
Le manque d'hommes à la fin de la Première Guerre, absents ou disparus, donne au très jeune et dynamique Kessel la chance de se voir confier ses premiers reportages. Et à son premier talent, cet appétit de grand curieux cosmopolite et cette chance -qui n'est que le regard sans préjugé que l'on porte sur ce qui vous advient- de s'exprimer.
Ces témoignages sur les évènements contemporains qui ont forgé le siècle sont autant de cartes postales historiques.
Anglophone, Kessel est envoyé en Irlande où il pénètre le Sinn Fein clandestin et témoigne de l'indignité de la présence anglaise. Russe, il rencontre quelques grands exilés tsaristes. Juif, il visite la Palestine et les premières implantations qu'a permis le terrorisme sioniste anti-turc et anti-anglais, s'enthousiasme pour les balbutiements courageux de ce pays qui n'exclut alors aucun natif. Aviateur, il accompagne les pionniers de l'Aéropostale...
Son désir de comprendre et sa belle bougeotte se manifestent dans un style vif et entraînant qui véhicule déjà, avec un lyrisme parfois un peu daté, la subjectivité d'un honnête homme, d'un éclaireur: celle d'une généreuse intelligence du monde que confirment les courtes introductions à chaque reportage insérées par l'auteur à l'occasion de leur réunion dans cette édition.


La Vallée des rubis
La Vallée des rubis
par Joseph Kessel
Edition : Poche
Prix : EUR 7,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Grand tourime, 6 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Vallée des rubis (Poche)
Grand reporter et grand écrivain, Kessel nous enrichit toujours, tant il sait parfaitement évoquer et nous révéler les images que font naître sa passion de la découverte.
Celles de Bombay, de Calcutta, et de cette Birmanie optimiste des débuts de l'indépendance, restée primitive mais heureusement bien différente de celle qu'Orwell l'anti-colonialiste et apprenti socialiste avait décrite 25 ans auparavant; celle qui anime, autour de la légende de ses pierres précieuses et dans un savant mélange de roman d'aventure et de reportage, le contraste toujours présent entre le dénuement accepté des uns et l'insolente richesse des opiniâtres chanceux à qui succéderont des tyrans dignes des rois qu'avaient autrefois remplacés les anglais avides.
Mieux qu'un film: un voyage en fauteuil (de première classe).


Une histoire birmane
Une histoire birmane
par George Orwell
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

5.0 étoiles sur 5 Common indececy, 6 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une histoire birmane (Broché)
L'expérience militaire du jeune Orwell en Birmanie transposée ici constitue sans nul doute un des fondements de l'évolution de sa pensée politique ultérieure.
Dans ce roman réaliste à coloration clairement autobiographique nous est dépeinte la médiocrité écoeurante et cupide de l'occupation coloniale anglaise, basée plus que toute autre (la France d'Indochine se voyait une mission civilisatrice qui atténue les excès commis en son nom) sur l'exploitation méprisante des "nègres" et la mise en coupe sans scrupules des richesses de leur terre. Stupéfiant!
Ce n'est certes pas de la grande littérature mais l'intérêt documentaire de ce texte de jeunesse compense largement une trame romanesque et un style encore un peu balbutiants.


Comment se psychanalyser soi-même ?
Comment se psychanalyser soi-même ?
par A Roberti
Edition : Poche
Prix : EUR 5,00

1.0 étoiles sur 5 Antilogie trompeuse, 2 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Comment se psychanalyser soi-même ? (Poche)
Parler de "se psychanalyser soi-même" est une ânerie mensongère quand on fait référence, comme le titre l'induit à n'en pas douter, à la technique freudienne.
Car si l'étymologie permet de nommer psychanalyse toute étude de la psyché, le titre accrocheur parle à l'évidence de psychanalyse telle qu'inventée par Freud et dont la verbalisation orale et le phénomène de transfert constituent les éléments fondamentaux qui permettent non seulement de raconter son histoire, mais d'en revivre les aspérités et d'en permettre une nouvelle lecture, ce qui en constitue l'exigence et en réserve le succès aux "allongés": pour ce faire, un livre quelqu'il soit n'aide pas à grand'chose.
Mais tentons l'indulgence: oublions la prétention du titre et prenons plutôt ce petit ouvrage comme un survol rapide à l'usage des curieux de soi trop pressés et peu familiers des théories en la matière: une vague approche qui précisera aux néophytes les grands axes à approfondir vers une véritable démarche d'exploration et d'explication de soi. Ce à quoi le ridicule de certains passages tenant à leur superficialité ordinaire ne manquera pas, espérons-le, de les pousser et comme il faut reconnaître à l'auteur le mérite répété de le conseiller.
Car un sujet aussi vaste traité de façon si condensée font aussi de ce petit livre facile, en plus d'un tissus de banalités, une caricature dont on déplorera les approximations et inévitables raccourcis. Et il faudra une grande patience pour supporter les conseils primaires et recettes aussi risibles qu'éculées qui, au lieu de justifier le titre, en démontrent la coupable naïveté mercantile.


Antoine Bloyé
Antoine Bloyé
par Paul Nizan
Edition : Poche
Prix : EUR 9,95

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Quel ennui !, 2 décembre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Antoine Bloyé (Poche)
"Le plus brillant de nous trois", a pu dire Sartre de Nizan, son condisciple à Normale Sup avec R.Aron.
Si on ne saurait douter de la qualité des convictions humanistes et de la pensée politique et sociale de Nizan, il en va autrement de son talent de romancier...
Car pour cet hommage à la souffrance sociale de son père qu'il a traduite en pensée militante et aux drames intimes consécutifs aux bouleversements techniques et sociaux des années 1875-1914 qui ont donné à beaucoup de ceux qu'ils ont porté le sentiment d'avoir trahi les valeurs de leurs semblables Paul Nizan, bel essayiste mais romancier poussif, utilise la forme surannée d'une fresque sociale comme le XIX° siècle nous en fournit de si belles et dont on retrouve, ici caricaturés, les poncifs démonstratifs les plus lyriques et larmoyants, alourdis par le souci de l'hommage et la probable crainte de n'être pas bien compris.
Fils d'un tout petit bourgeois lui-même issu du prolétariat campagnard, dont l'Instruction Publique a pu faire un normalien brillant et engagé, il compose un credo social en une forme étonnamment démodée, comme un Zola maniéré et redondant. A vouloir trop exprimer, son beau français nourrit un texte foisonnant de descriptions trop condensées qui entendent exposer le drame humain mais d'ou ne ressort qu'un lourd pathos contre-productif. Surprenant quand on voit la manière dont Sartre, si proche à tous points de vue, a su utiliser pour exprimer sa philosophie des fictions qui restent entraînantes même quand les concepts qui les ont justifiées sont remis en question.
Les convictions humanistes et politiques tranchées, pétries de culture classique dans une mouture prolétarienne dont Nizan se voyait un héraut, trace donc l'itinéraire de ses pères, raconte l'origine du sien. Mais, penseur plus que romancier, il emploie bien mal l'outil que sa pensée militante a forgé et nous offre une fresque lyrique dont l'esthétique surannée lui fait rater sa cible.
Plus convaincantes sont à mon sens les dernières pages, celles qui traitent de la solitude et de la mort et qui font de l'ensemble un traité des vanités plus que l'histoire d'une trahison de classe comme il est coutume de le situer.


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