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Contenu rédigé par Pierre Dulieu
Classement des meilleurs critiques: 230
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Commentaires écrits par
Pierre Dulieu (Bruxelles, Belgique)
(TOP 500 COMMENTATEURS)   

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Histoire du jazz en Belgique
Histoire du jazz en Belgique
par Marc Danval
Edition : Broché
Prix : EUR 29,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Histoire et préhistoire, 20 juin 2016
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Histoire du jazz en Belgique (Broché)
Histoire et préhistoire

Le livre remonte loin, très loin, jusqu'à des évènements qui n'ont qu'un lien ténu avec le jazz comme la découverte du Mississippi par un Belge au XVIIe siècle. Viennent ensuite le Congo et l'héritage de l'Afrique, l'inévitable inventeur Adolphe Sax, le ragtime, les expositions de Bruxelles, et les premières visites des orchestres américains sur le sol belge... A ce rythme, il faut quelques 130 pages pour atteindre les années 40 et les premiers grands jazzmen nationaux comme Stan Brenders, Jean Omer et Fud Candrix dont les analyses et les apports sont un peu trop vite expédiés à mon goût. Viennent ensuite des chapitres consacrés à un club mythique, au festival de Comblain-La-Tour, à l'école liégeoise, et dans un souci d'équilibre typiquement belge, à Anvers en tant que métropole du jazz. Quelques pages sur Toots Thielemans et c'est fini, le reste du livre à partir de la page 245 (jusqu'à 359) étant consacré à un abécédaire de mémoire semblable à d'autres qui ont déjà été publiés ailleurs (sur papier et sur internet). A la place de ce mini-répertoire, on aurait apprécié une évocation du légendaire club Travers qui a tant fait pour le jazz, ainsi qu'une étude plus détaillée du contexte musical et des acteurs majeurs liés aux années 70, 80 et 90 avec des chapitres et des anecdotes à propos de Philippe Catherine, Michel Herr, Pierre Van Dormael, Jeroen Van Herzeele, Fabrizio Cassol et Aka Moon, Laurent Blondiau, Frank Vaganée et d'autres qui ont modernisé le jazz belge et l'ont porté vers ce qu'il est aujourd'hui : une musique improvisée, plurielle et métissée, qui échappe largement au cadre un peu serré de son pays d'origine. En dépit de ces remarques et de quelques autres lacunes (manquent aussi notamment les échanges et collaborations avec les pays voisins ainsi qu'une discographie au-moins sélective se rapportant au texte), ce livre bien écrit qui fourmille de détails nouveaux et souvent intéressants indiquant la passion de l'auteur pour son sujet, reste un ouvrage dont la lecture est recommandée à tous les amateurs de jazz vivant dans le plat pays.


Folklore
Folklore
Prix : EUR 16,99

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Prog et légendes, 18 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Folklore (CD)
"Commençons où tout a commencé" peut-on lire dans la présentation officielle de Folklore. Le neuvième album en studio du groupe de Bournemouth ne rompt ni avec sa passion ni avec les thèmes qui ont sous-tendus leurs œuvres précédentes: raconter des histoires du passé, des légendes enfouies, des croyances populaires qui ont laissé une trace rémanente dans les mémoires et dont on ne sait trop si elles sont vraies ou pas. Prenez le poétique London Plane par exemple: quelle grande idée de raconter l'évolution de Londres à travers les siècles vu de la perspective immobile d'un platane centenaire, arbre symbolique de la cité. Ou Wassail qui renvoie à un rituel païen consistant à chanter dans un verger pour s'assurer que la récolte des pommes sera abondante et le cidre meilleur. Ou encore Along the Ridgeway et Salisbury Giant (qui, bien que séparés sur le compact, constituent en fait les deux parties d'une même chanson), une évocation de la plus ancienne route d'Angleterre le long de laquelle fleurissent d'innombrables récits comme celui du géant de Salisbury qui, à l'époque médiévale, parcourait la ville lors des processions organisées pendant le solstice d'été. Tout ceci en dit long sur la préparation et la qualité des textes qui sont sans équivalent dans la musique progressiste passée et actuelle. Mais Big Big Train sait en plus comment les mettre en valeur dans des écrins musicaux lumineux inspirés par la longue tradition du rock symphonique .

Dès le titre éponyme, Folklore, on est conquis par l'arrangement somptueux qui mêle harmonieusement cuivres et cordes aux instruments rock traditionnels ainsi que par la mélodie mi-celtique mi-orientale qui n'est pas sans rappeler l'art d'un Peter Gabriel (à partir de l'album So). Ecrite par le chanteur David Langdon, la musique est moins prog que folk-pop-rock et c'est d'ailleurs le cas pour toutes les compositions dont il est l'auteur. Mais qu'importe, Folklore, Wassail et Winkie n'en sont pas moins empreints d'une réelle nostalgie tandis que Telling The Bees séduit par sa fraîcheur, ses ornementations à l'orgue, et le chant particulièrement expressif de son auteur. Les morceaux les plus prog sont par contre dus à la plume du bassiste Greg Spawton. Le discours y est plus sinueux, les changements de rythme plus fréquents et les passages instrumentaux plus nombreux sans toutefois jamais mettre en péril la cohérence, à la fois mouvante et ferme, des chansons. Parmi les plus réussies figurent le tandem Along the Ridgway / Salisbury Giant et The Transit of Venus Across the Sun qui bénéficie d'un envoûtant arrangement de cuivres précédant la partie chantée et, en finale, d'une autre section instrumentale, portée par les guitares, qui glorifie la montée dans le ciel de l'étoile du soir et le pouvoir de l'amour qu'elle symbolise.

La pochette présente le corbeau (Grimspound par Sarah Louise Ewing) traditionnel des récits médiévaux mais on aurait bien vu à sa place une illustration du pigeon Winkie, un singulier messager des temps modernes qui, pendant la seconde guerre mondiale, permit, suite à un vol épique, de retrouver un équipage de bombardier perdu en mer. C'est bien là la seule petite remarque qu'on peut faire à cet album dont la perfection (qui va du graphisme à la production en passant par le travail purement musical) n'a d'égale que son indicible beauté. On envierait presque l'alchimie singulière de ces musiciens qui, une fois de plus, sont parvenus à extraire de la riche histoire de leur Angleterre natale les mots, les images et les émotions qui définissent ce qu'ils sont aujourd'hui.


Bluezzin T Il Dawn
Bluezzin T Il Dawn
Prix : EUR 20,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Bleu profond, 19 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bluezzin T Il Dawn (CD)
Il y a bien longtemps, la chanteuse à la voix intense Natalia King était aux portes de la gloire et puis, la vie l'a rattrapée d'une façon ou d'une autre et elle est tombée dans une faille temporelle de sept longues années. Pour ressurgir en 2014 du Sud de la France avec Soulblaze et aujourd'hui avec ce Bluezzin T'il Dawn, un cinquième album qui suinte encore le blues et la soul mais de manière différente, plus introspective, plus profonde aussi. D'origine dominicaine, elle est venue du barrio comme elle aurait pu venir d'un ghetto sud-africain tant son style singulier évoque la grande Nina Simone. Déjà, la pochette d'un bleu monochrome saisissant impressionne: l'expression est tendue, concentrée, tournée vers l'intérieur, traduisant l'émotion qui traverse ses compositions. Toutes sont ancrées dans le blues en laissant filtrer des pans d'incertitudes, de souffrances et de petits bonheurs. Natalia s'accompagne à la guitare et ça aurait pu suffire mais elle a préféré s'entourer d'un quintet apportant des colorations jazzy à ses chansons et c'est encore mieux. Quand le saxophone de Xavier Sibre s'enroule autour de sa voix sur Insatiable, c'est à Billie Holiday qu'on pense, ses fêlures, sa vulnérabilité, ses lumineuses romances et son air fragile. D'ailleurs, elle lui emprunte aussi l'un de ses plus fameux titres: Don't Explain dont elle donne une version habitée, peuplée par les notes haut-perchées d'un piano en errance. Plus loin This Time Around mettra en exergue les qualité vocales de Natalia King, sa décontraction, ses inflexions bluesy, sa facilité d'élocution et, toujours, cette impression que douceur rime forcément avec douleur. Baby Brand New sonne comme du jazz pur avec une introduction bluesy de trois minutes qui se métamorphose ensuite en un rythme basé sur le fameux Take Five de Paul Desmond, écrit pour le quartet de Dave Brubeck, dont la mélodie finit par émerger. Remontant plus loin encore dans la musique noire, le minimaliste You Came & Go a des accents de gospel amplifiés par des chœurs qui vont crescendo. L'album se clôture sur Little Bit of Rain, une ballade écrite par Fred Neil (l'auteur de Everybody's talking, la chanson fétiche de Macadam Cowboy enluminée par l'harmonica de Toots Thielemans). Avec son texte à propos d'une possible séparation et sa trompette bouchée qui pleure dans la nuit calme, la nostalgie cristallise comme le givre en hiver. Belle conclusion pour un disque hors du temps et des modes qui saura toucher les cœurs de ceux qui savent écouter.


Unstatic
Unstatic
Prix : EUR 14,99

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Du jazz plein de soul, 26 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Unstatic (CD)
En préalable, il est bon de rappeler deux choses à propos de Manu Katché. La première est qu'il fut longtemps le batteur des stars comme Peter Gabriel, Sting, Tracy Chapman, Joni Mitchell ou Jan Garbarek mais que ça ne l'a pas empêché de créer sa propre musique. La seconde est qu'après un premier essai pop-rock encore impersonnel (It's About Time, 1992), il s'est rapidement imposé dans le monde du jazz en créant pour ECM une musique originale qui croise avec bonheur les subtiles mélodies glacées de la Scandinavie et les rythmes chauds hérités de ses ancêtres ivoiriens. Son nouvel album Unstatic ne fait rien d'autre que poursuivre dans la même veine sauf que le batteur compositeur a étoffé les ingrédients de son menu et essayé de nouvelles épices, ce qui est largement suffisant pour que l'on succombe une fois de plus à sa nouvelle production.

En effet, à son quartet de base incluant Jim Watson aux claviers, Tore Brunborg aux saxophones et Luca Aquino à la trompette, il a cette fois ajouté la jeune contrebassiste norvégienne Ellen Andrea Wang qui vocalise aussi avec le leader sur le mélancolique Blossom. Sa contribution est réjouissante surtout sur les compositions les plus rythmées qui n'auraient jamais sonné ainsi en son absence. Sur quelques morceaux comme City, Jim Watson troque ses claviers habituels (piano et orgue) contre un piano électrique Wurlitzer qui fit les beaux jours des années 60 (c'est avec lui que Ray Charles enregistra son fameux What'd I Say) et qui apporte un côté funky réjouissant. Mais la plus grande surprise du répertoire est d'avoir invité sur cinq morceaux le tromboniste et grand maître européen du jazz R&B, le Suédois Nils Landgren qui, en duo avec Aquino, constitue une mini section de cuivres, une première dans un album de Manu Katché. Son groove souple et naturel est immédiatement reconnaissable sur le titre éponyme, sur Rolling et sur Introduccion en forme de salsa. Sinon, le répertoire est d'une belle variété avec comme constantes la saveur des mélodies et la frappe stylée du leader, gorgée de soul, qui fait sonner la musique comme en rêvent tous les batteurs du monde. N'oublions pas de mentionner les rôles clés du saxophoniste Tore Brunborg, dont le jeu au départ très scandinave à la Garbarek s'affirme de plus en plus comme une voix originale, ainsi que du trompettiste italien Luca Aquino dont la sonorité veloutée, et parfois trafiquée, évoque au gré des plages aussi bien Tomasz Stanko, que Nils Petter Molvaer ou Paolo Fresu. Sur le dernier titre, Manu Katché présente ses musiciens un à un comme dans un concert. Une idée originale qui témoigne incidemment de sa fierté d'avoir à ses côtés un tel panel de talents. Savamment dosé sur le plan de l'énergie, des climats et des sonorités, Unstatic se révèle au final être l'un des projets les plus captivants de Manu Katché. Le genre de disque dans lequel on entre facilement et dont on a bien difficile à ressortir.


Into the Silence
Into the Silence
Prix : EUR 17,01

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le silence des morts, 14 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Into the Silence (CD)
Sans parenté avec le contrebassiste qui porte le même nom que lui, le trompettiste israélien Avishai Cohen est par contre le frère des saxophonistes Anat et Yuval avec qui il joue dans le groupe "3 Cohens". Pour son premier disque en leader chez ECM (pour qui il a toutefois déjà enregistré dans le passé au sein du quartet de Mark Turner), Cohen a réuni une nouvelle formation comprenant le pianiste Yonathan Avishai, le bassiste Eric Revis et le batteur Nasheet Waits, plus le saxophoniste ténor Bill McHenry sur la moitié des six titres. Dédiée au père du trompettiste mort en 2014, la musique est plus nostalgique et introspective que d'habitude, témoignant d'une immense tendresse envers le disparu. Le jeu lyrique, mélodique et tout en retenue du leader fait bien souvent penser à un Miles Davis hypersensible surtout quand il utilisait une sourdine. Magnifiquement épaulé par ses complices qui se sont imprégnés de son état d'esprit (en particulier le pianiste à qui l'on a laissé le dernier mot sur Life And Death - Epilogue qu'il interprète seul au piano), Avishai Cohen, sans aucune parole, fait l'éloge du disparu et rumine sur son absence en évitant toute forme de tristesse déplacée. Enregistré en trois jours en juillet 2015 aux Studios La Buissonne dans le Sud de la France, et bien sûr produit par Manfred Eicher, Into The Silence sonne peut-être comme une autre production typique du label munichois, présence, pureté et réverbération comprises, mais c'est encore une réalisation magnifique qui inspire et élève l'esprit.


Last
Last
Prix : EUR 21,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Poésie musicale, 5 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Last (CD)
Tous les albums de Frequency Drift ont une histoire, une atmosphère, et un visuel particuliers qui les rendent uniques comme des pièces de collection. Après les ambiances fantomatiques du superbe Ghosts (2011) et la nostalgie hantée de Over (2013), voici Last, un album conceptuel plutôt sombre où il est question d'un personnage regardant d'anciennes photographies et imaginant, à travers ces instantanés, des histoires fictives traversées par un canevas d'émotions diverses comme la solitude, le bonheur, la vengeance ou la déception. Des sentiments épars qui sont alors traduits en musique dans ce que le groupe appelle un effet cinématique. Il ne s'agit pas ici d'une simple bande sonore destinée à accompagner des images mais plutôt d'une musique qui se substitue à un film entier en tentant de raconter par elle-même une histoire, d'où les multiples changements de rythme, d'harmonie et de mélodie censés évoquer le fil d'un récit en perpétuel développement. Et ça fonctionne, surtout si, en écoutant la musique, on lit les textes et on feuillette le livret abondamment illustré. Shade, à propos de la disparition d'un enfant jouant sur une plage, en est, entre autres, une illustration parfaite par son maelstrom de petites scénettes musicales très différentes qui s'emboîtent l'une dans l'autre pour composer une fresque variée à la fois triste et dramatique.

Sur un plan purement musical, le groupe allemand se singularise par l'emploi d'instruments peu utilisés dans le monde du rock comme la harpe, le thérémine ou le xylophone qui sont associés à d'autres plus traditionnels comme les guitares, batterie, basse, claviers et mellotron. Les vocaux sont désormais assurés uniquement par Melanie Mau dont la voix haut-perchée évoque parfois Renaissance et sa chanteuse Annie Haslam. Tout n'est pas non plus que velours ou coton dans ce disque où tonnent quelques rares orages comme sur Traces ou Treasured, orages toutefois vite emportés au profit de nuances plus calmes. Quant aux différentes sections au sein d'un même morceau, elles sont de temps à autre en opposition, créant ainsi des tensions volontaires au gré des changements harmoniques. Essentiellement conçue, en collaboration avec la harpiste Nerissa Schwarz, par le multi-instrumentiste Andreas Hack, fondateur et principal maître à penser de Frequency Drift, la musique est d'abord collective, composée et arrangée comme une œuvre classique, même si quelques rares improvisations émergent de temps en temps, comme les solos de guitare joués par Martin Schnella sur Diary et Treasured.

Ni moins bon, ni meilleur que ses deux prédécesseurs, Last est simplement une nouvelle grande réussite qui nécessite encore de multiples immersions ainsi qu'une totale disponibilité de l'auditeur. Par contre, le groupe a évolué vers un rock symphonique plus complexe, plus abstrait, et sous-tendu par des réflexions, des perceptions, et beaucoup d'idées. Or, comme disait l'écrivain Edgar Allan Poe: "la musique, quand elle est combinée avec une idée plaisante, c'est de la poésie. Sinon, c'est simplement de la musique."


River Silver
River Silver
Prix : EUR 21,00

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Des forêts de bambou aux fjords scandinaves, 23 février 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : River Silver (CD)
Le bassiste français Michel Benita a formé son quintette Ethics en 2010 en réunissant autour de lui des musiciens d'origine et de style très différents: le guitariste norvégien Eivind Aarset subjugué par les sonorités électroniques et qui joua jadis avec Nils Petter Molvaer; La kotoïste japonaise Mieko Miyazaki; le trompettiste suisse Matthieu Michel qui a joué entre autre avec le guitariste Serge Lazarevitch; et le batteur Philippe Garcia qui collabora avec Benita aux albums d' Erik Truffaz. Une formation sans œillère donc, ouverte sur le monde avec toutes les possibilités que cela implique. River Silver, qui marque l'entrée d'Ethics chez ECM (mais pas celle de Benita qui a fait partie des projets d'Andy Sheppard sur le label berlinois), poursuit dans la même veine que celle de leur premier disque sorti en 2010: un jazz atmosphérique et voyageur qui se distingue par la fusion de timbres inédits résultant en de somptueuses et singulières textures. La musique coule comme la rivière du titre, serpentant au travers de cultures diverses qui sont phagocytées et intégrées dans le concept. Outre les mélodies originales écrites par le contrebassiste, le programme inclut une composition de la Japonaise pour basse et koto (Hachi Gatsu); un titre folk de Kathryn Tickell, célèbre joueuse de cornemuse originaire de Northumbrie (Yeavering); et une ballade norvégienne du compositeur Eyvind Alnaes (Lykken). Enveloppé dans un léger voile électronique, rehaussé par une contrebasse en état de grâce, soutenu par une harpe japonaise à la sonorité mélancolique, le bugle de Mathieu Michel délivre d'amples et profondes phrases mélodiques qui mettent le monde à sa portée en totale apesanteur. Enregistré à l'Auditorio Stelio Molo RSI de Lugano dans des conditions optimales, River Silver est à nouveau l'une des très grandes réussites à mettre à l'actif de ce producteur visionnaire qu'est Manfred Escher.


Automatic Day
Automatic Day
Prix : EUR 20,10

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Entre art-rock et prog mélodique, 25 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Automatic Day (CD)
Ce groupe basé à Miami joue depuis la fin des 90's un prog mélodique souvent agréable où percent quelques influences de rock classique, dans l'esprit d'autres formations américaines, mais aussi celle de Porcupine Tree. Ce cinquième album, sorti six années après l'excellent Hollow (2007), confirme toutes les qualités de ce quartet qui sait prendre son temps pour écrire de beaux thèmes et les enrober dans des arrangements peaufinés avec soin. Little Atlas est particulièrement à l'aise sur les tempos moyens ou lents qui conviennent bien à la voix de Steve Katsikas, par ailleurs également en charge de tous les claviers vintages entendus sur ce disque (dont le mellotron et le Moog en particulier). Les sept premières chansons, qui tournent chacune autour des huit minutes, impressionnent pas la gestion intelligente de leur dynamique sonore, le groupe parvenant à distiller des contrastes éblouissants mettant en valeur les différentes sections d'une même composition, celles rêveuses s'opposant à d'autres plus intenses. Le guitariste Roy Strattman abat aussi un travail fantastique que ce soit pas ses accompagnements en arpèges (sur Oort ou sur Apathy par exemple), son soutien mélodique, ou pas ses solos courts mais toujours expressifs. L'épique Emily True, dont les textes sont écrits par la poétesse Emily Dickinson, tranche sur le reste par son riff angulaire, son impressionnant mur du son et son côté art-rock musclé qui n'est pas sans évoquer la musique de Blue Oyster Cult. Illusion Of Control est un autre bon moment, combinant déchirures métalliques et passages acoustiques pour finalement installer une atmosphère indécise en clair-obscur, propice à une rumination sur l'illusion de la liberté chez l'être humain. Quant à Darvocet Eyes qui s'étend comme une dérive cotonneuse, c'est encore à Steven Wilson, avec son absinthe et ses drôles de pilules, qu'il fait penser. L'album se conclut sur trois titres plus courts de styles très différents auxquels on ne prête guère attention. Il faut dire que ce qui a précédé a déjà duré près d'une heure et s'est avéré tellement dense que la concentration a fini par se disperser. Sans apporter une quelconque révolution, Automatic Day est un bon album de prog accessible, patiemment ciselé par des artistes davantage intéressés par l'écriture et la construction de leur musique que par des excès démonstratifs et inutiles.


Elysium
Elysium
Proposé par zoreno-france
Prix : EUR 11,58

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une fusion enchanteresse, 16 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Elysium (CD)
Tout comme son alter ego John McLaughlin, le guitariste américain Al Di Meola garde, à l'âge de 61 ans, une totale maîtrise de sa technique de jeu rapide et complexe qu'il affichait déjà sur ses premiers disques dans la seconde moitié des années 70 (Land of the Midnight Sun, Elegant Gypsy, Casino '). Il a aussi gardé son goût pour les espagnolades qui, à l'instar d'un Chick Corea, font partie depuis les débuts de son style de jeu et d'écriture. Son nouveau sextet est sans bassiste mais comprend trois claviéristes ainsi qu'un batteur et un percussionniste (le Marocain Rhani Krija qui a apporté ses marimba, djembe, darbouka, et autres ustensiles), une configuration originale qui procure à sa musique une sonorité singulière fort différente de celle d'un Return To Forever ou du groupe actuel de McLaughlin par exemple. Mais dans l'ensemble, Elysium est un surtout un paradis pour guitaristes. Di Meola y prend en charge toutes les parties de guitare: six ou douze cordes (Guild 12-Strings), acoustiques (Ovation Steel, Martin O18 de 1948), nylon (Conde Hermanos signature cutaway nylon) ou électriques (ses Gibson Les Paul dont celle emblématique de couleur noire), elles se succèdent ou s'entremêlent souvent au sein d'un même morceau par la grâce du réenregistrement multipistes. Son phrasé peut être lyrique et, l'instant d'après, enfiler des chapelets de croches à vitesse stratosphérique pour revenir soudain en un éclair à la mélodie romantique initiale. En plus, ses compositions sont toutes brillantes et fort bien construites, parfois angulaires tout en restant accessibles grâce à un subtil exotisme latin qui les rend si plaisantes à écouter. Ce ne sont en aucun cas, comme c'est souvent le cas en jazz-rock, des successions d'accords ennuyeuses destinées uniquement à mettre en valeur la virtuosité des instrumentistes mais bien de véritables petites miniatures quasi classiques, ciselées et arrangées à la perfection avec un sens remarquable de la construction, de l'espace et des textures, sans parler de leur production immaculée assurée par Di Meola lui-même. C'est un peu ironique que ce soit lui, le guitariste véloce et impénitent qui poursuivait le diable à toute vitesse sur des autoroutes espagnoles, qui remette aujourd'hui les pendules à l'heure en réinventant une fusion moderne où la technique est au service des compositions et pas l'inverse. C'est pour cette raison surtout que cet Elysium, dense, varié et enchanteur, compte parmi ses plus belles réussites.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 28, 2016 10:53 PM MEST


La Quatrième Forme de Satan
La Quatrième Forme de Satan
par Pieter Aspe
Edition : Poche
Prix : EUR 6,60

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Les mystères de Bruges, 12 janvier 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Quatrième Forme de Satan (Poche)
La Quatrième Forme de Satan est une enquête du commissaire flamand Van In, un policier certes intègre mais quand même avec ses démons et ses méthodes très personnelles parfois à la limite de ce que permet la loi. Quant à l'endroit où il évolue, c'est la ville de Bruges. Mais pas la cité médiévale et romantique en forme de carte postale si prisée des touristes, mais bien la Bruges secrète, celle des bourgeois reclus dans les maisons cossues et celle des impasses sombres, des cafés où l'on ne boit que de la Duvel et où se regroupent des adorateurs de Satan, et des fameux canaux où l'on trouve à l'occasion une victime flottant sur l'eau noire. Les dialogues sont vivants et les scènes d'action ne manquent pas, même si tout cela est constamment perfusé par cet humour belge si particulier et souvent critique qui fait à la fois sourire et réfléchir. Pieter Van In et son adjoint Guido Versavel sont natures, décontractés, bon vivants et bougons quand ils ne se prennent pas eux-mêmes en dérision. Certes, ils boivent sec mais ils ont du cœur à l'ouvrage et ils n'abandonnent jamais avant d'avoir trouvé le fin mot de l'histoire. Il y a beaucoup de personnages dans ce récit avec deux conséquences: la mauvaise, c'est on est parfois obligé de revenir en arrière pour savoir qui est qui; et la bonne est qu'il est quasiment impossible de deviner qui est le criminel avant les dernières pages du roman. Pieter Aspe connaît sa ville natale et son mode de fonctionnement sur le bout des doigts et son intrigue a beau être rocambolesque, on y croit. Les touristes seront probablement surpris mais ceux qui connaissent la Belgique, et les Belges en particulier, n'auront aucun mal à s'y retrouver


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