|
|
Contenu rédigé par Incognita
Classement des meilleurs critiques: 443
Votes utiles : 278
|
|
Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !
|
Commentaires écrits par Incognita
|
|
|
|
|
|
|
2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
A lire, 1 août 2012
Entre amertume et colère, Jean Clair livre dans ce journal les pensées du jour et de l'heure, ou plutôt de son jour et de son heure. Il paraît incontournable de lui reconnaître une érudition que l'on aimerait contagieuse ! Si seulement... Et quelle aisance dans l'expression ! A le lire, on réalise que l'on connaît rien ou si peu, mais, pour autant, on ne se sent pas méprisé ni écarté. Au contraire, chaque allusion donne envie d'aller creuser le sujet. Certains lui reprochent un regard étroit, notamment sur les femmes. Et, en effet, certaines expressions, certains thèmes laissent penser que Jean Clair regrette la femme telle qu'elle pouvait paraître dans un certain clair-obscur, effacée, éloignée, phantasmée. Mais, et je suis femme, je veux bien croire que Jean Clair n'est pas "l'intégriste" qu'il paraît. Il me semble au contraire qu'il refuse de voir la vulgarité, l'inculture et la barbarie s'installer dans le genre humain, et quel que soit son genre sexuel. Bref, ce petit ouvrage se laisse engloutir sans regret ni hésitation.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5
Et le plaisir ? Et les livres ?, 15 juillet 2012
Si je me suis lancée dans la lecture de cet essai, c'est uniquement pour ce titre intrigant et alléchant : "Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?". Je n'ai lu aucun autre livre de Pierre Bayard. Malheureusement, j'ai vite déchanté car cet essai, qui compte pourtant seulement quelques 162 pages, provoque progressivement un certain ennui. "Comment parler des livres que l'on n'a pas lus" s'attaque à un prétendu tabou en formulant l'éloge paradoxal de la non-lecture. Il faut cependant révéler au commun des mortels que ce prétendu tabou n'en est un que pour les rustres et les ignorants. Cet essai est composé d'une préface, d'un épilogue ; division en trois parties elles-mêmes divisées en quatre sous parties à peu près d'égales longueurs. Les titres de parties sentent le traité de rhétorique classique : "Des manières de ne pas lire", "Des situations de discours", "Des conduites à tenir". L'idée principal de ce livre porte sur la définition même de « lecture ». Pierre Bayard s'attache en effet à montrer, ' avec un certain humour et de nombreux exemples littéraires à l'appui, qu'entre la lecture et la non-lecture d'un livre il existe davantage une différence de degré que de nature. Dès lors, la problématique initiale, inaugurée par le titre même du livre, glisse subrepticement du comment au pourquoi. Autrement dit, ceux qui ouvriraient ce livre en espérant y trouver un manuel destiné à faire d'eux un illusionniste de salon risquent d'être déçus. L'auteur ne nous apprend pas à parler des livres que l'on n'a pas lus, il nous explique pourquoi il est légitime de le faire. L'idée est que la représentation que l'on se fait d'un livre, que la place qu'il occupe dans l'espace littéraire au sein d'une bibliothèque virtuelle, importent plus que le livre lui-même et que pour en avoir une représentation précise, nul n'est besoin de l'avoir lu. Ce qui importe, en dernière analyse, c'est l'apport de cette représentation que l'on s'en fait dans la construction de notre propre individualité. L'idée pouvait paraître séduisante et en soulagera plus d'un, mais il y a un hic. Curieusement, Pierre Bayard occulte totalement ce dont son livre est censé parlé : les livres. Il semble ignorer qu'on ne lit pas de la même manière un roman et un recueil de poèmes, un traité historique et un recueil de contes. Il ne tient pas compte non plus de ce moment unique, rencontre presque charnelle avec autrui, que constitue la lecture d'un livre. Il ne tient pas compte du fait qu'on puisse lire non pour avoir lu, mais pour lire, gratuitement, sans idée de profit à engranger. Par ailleurs, parler de livres dont on ne connait pas le contenu, les nuances, le style de l'oeuvre à laquelle ils peuvent appartenir est aussi le meilleur moyen de faire naitre des idées reçues ou de la désinformation par simple omission ou mauvaise interprétation du peu lu, ou pire encore de ce qu'un non-lecteur en rapporte. On connaît ainsi quelques (grands) auteurs (contemporains ou non) écartés sans même avoir été lus, par le seul fait que leurs idées ont dérangé la doxa du moment. Le rythme de cet essai est finalement assez contre-productif, si l'on peut dire, et il me semble qu'il finit par être peu convaincant, bien que rempli d'exemples et de démonstrations. On finit par se dire qu'au fond on aime surtout parler des livres que l'on a aimés et donc que l'on a lus avec plaisir. Les autres... nous les laissons aux salons des causeurs (qui ne sont pas si souvent des lecteurs) !
|
|
|
|
|
|
|
|
|
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Emotion(s), 15 juillet 2012
Le meilleur "La Traviata" en CD ? Si tel n'est pas le cas pour certains, il manque bien peu. Ileana Cotrubas est une Violetta merveilleuse et spontanée. La passion et la vulnérabilité du personnage sont très bien rendues. On se demande bien qui pourrait égaler la maîtrise émotionnelle et vocale de Cotrubas ici. Domingo chante avec ardeur, et Milnes utilise sa belle voix à bon escient. Avec Carlos Kleiber, l'orchestre joue avec intensité et Kleiber possède un don particulier pour créer une tension dramatique. L'orchestre est extraordinairement vivant sous sa direction. Son sens de la théâtralité donne la sensation d'être à l'opéra, en écoutant ce CD. La voix douce et argentée de Ileana Cotrubas fait vivre une délicate et touchante Violetta. Sa voix est belle - plus belle que celle de nombreuses autres, et parmi les plus réputées. Et son interprétation du rôle vous laisse en larmes, en particulier dans ses duos avec Germont, incomparable Sherill Milnes. Écoutez l'émotion dans sa voix quand elle lit la lettre d'Alfredo (parfait Placido Domingo, avec sa voix chaude...).
|
|
|
|
|
|
|
|
|
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5
Terne, 12 juillet 2012
Ce "Jean De La Fontaine, le défi" a été descendu en flèche par la critique à sa sortie. On est tenté d'en faire autant. Si Deutsch se sort pas trop mal de son interprétation, plusieurs rôles sont traités avec amateurisme (Perrette, Racine, Molière entre autres). Le rythme et les ressorts de l'intrigue manquent souvent de dynamisme ; l'enjeu et la portée de la confrontation entre le fabuliste et ses principaux détracteurs sont assez superficiellement traités. La musique n'est pas adaptée du tout au film. C'est donc un film assez moyen. Le scénario est des plus classiques et certaines scènes souffrent de quelques longueurs. Il manque à ce film une flamme, un manque de rigueur ce qui rend l'ensemble bien pâle et tiède, sans souffle et sans envergure. On l'oubliera donc vite.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
4.0 étoiles sur 5
M'sieur le Président..., 9 juillet 2012
Si l'on en croit le premier épisode de la série, les forces de l'ordre sont ridiculement inefficaces et incompétentes, au début du xxe siècle, les méthodes utilisées étant archaïques. Le mécontentement est général. Sous l'influence de Georges Clémenceau, à l'époque ministre de l'intérieur, surnommé « le Tigre » est créée une brigade de police motorisée dirigée par le commissaire divisionnaire Faivre. elle prend le nom de « Brigades du Tigre ». Les trois policiers que l'on retrouvera tout au long des épisodes (Jean-Claude Bouillon alias Valentin, Jean-Paul Tribout alias Pujol et Pierre Maguelon alias Terrasson, « le Colosse de Rodez ») ne correspondent pas à des personnes ayant réellement existé. Ceci étant, leurs aventures se greffent souvent sur un contexte politique, diplomatique, social, voire scientifique ou sportif, proche de la réalité. Chaque épisode, par sa construction et la bonne cohésion du scénario, tente de donner au spectateur une idée de la vie de l'époque en relatant des faits réels dans lesquels le scénariste a puisé son inspiration. Pour tout ceux qui ont connu la série enfant, c'est un bain de jouvence qui nous est offert là. On retrouve le générique de Philippe Clay ("La complainte des Appaches") avec bonheur, comme si l'air ne nous avait jamais vraiment quitté. Les reconstitutions d'époque sont plutôt réussies. Même les plus jeunes seront emportés par l'ambiance, même si l'on peut regretter que la qualité de l'image puisse rebuter les yeux actuels peu habitués à des images ternes et sans sophistication. On aurait apprécié un bon nettoyage. On ne boudera cependant pas son plaisir. On en redemande même !
|
|
|
|
|
|
|
|
|
4.0 étoiles sur 5
We few, we happy few!, 30 juin 2012
1414. Henry, jeune roi d'Angleterre décide, sur les conseils de l'archevêque de Canterbury, de faire valoir ses droits à la couronne de France. Il réunit une vaste armée mais doit, avant d'embarquer, déjouer un complot ourdi par quelques uns de ses plus proches compagnons. Une fois sur le sol français, les troupes anglaises progressent sans rencontrer de grande résistance et assiègent bientôt Harfleur... Ce film est l'une des adaptations cinématographiques des pièces de théâtres de William Shakespeare et, élément notable, c'est le premier film de Kenneth Branagh en tant que réalisateur ; il y est également scénariste et acteur principal. On est admiratif devant ce bijou , oeuvre d'un débutant. Branagh a fait quelques arrangements du texte original, mais la force de l'écriture est intacte. Les costumes sont admirablement exécutés. La musique ne décolle véritablement qu'à partir des préparatifs de la bataille. Le but du compositeur était certainement de rester en retrait jusqu'à ce final aux proportions plus épiques et guerrières, soulignant la psychologie du personnage principal et de ses différents sentiments l'opposant au roi de France. Le magnifique "Non Nobis, Domine" ou le somptueux thème solennel. La fin du film m'a paru un peu faible par rapport à la lente mais efficace montée en puissance jusqu'à la bataille d'Azincourt, royalement rendue. On peut aisément parier que s'il était possible de voir le film sans le dialogue, l'essence de chaque scène serait tout de même palpable. Un film qui mérite d'être vu et revu. "We few, we happy few, we band of brothers. For he to-day that sheds his blood with me Shall be my brother..."
|
|
|
|
|
|
|
|
|
3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Pour les inconditionnels d'O. Marchal, 24 juin 2012
En voulant raconter, en s'inspirant de l'histoire des véritables gangsters du "gang des lyonnais" sévissant en France dans les années 70, à la fois de la naissance d'une association de malfaiteurs dans les années 60, son ascension, sa chute en plus d'une trame contemporaine "fil rouge" censée résonner comme un épilogue à cette aventure humaine, Marchal a visé très haut en termes de narration. Trop haut peut-être. Il en résulte une bobine au rythme étrange, montée parfois comme une très longue bande-annonce, où la trame principale se voit constamment ponctuée de flash-back qui auraient mérités à eux seuls un film entier ! En y regardant de plus près, on pourrait dire que le problème des Lyonnais est qu'il tente de "condenser" des enjeux psychologiques et dramaturgiques similaires à ceux de Michael et Vito Corleone dans "Le Parrain 2" (pour ne citer que la plus évidente des références) dans un même film. Un pari suicidaire... Dès lors, même si la magie se créée par instant (le face à face Vidal-Bastiani autour d'une entrecôte est peut-être l'une des scènes de l'année), on sortira du film un peu frustré. La limite du film, c'est que la nostalgie de la loyauté est l'unique enjeu. Certes le casting solide, les gueules creusées, la fatigue qui se dessine, tout cela est crédible et précis. Ce polar possède la force tranquille du cinéma de papa au réalisme un brin magnifié par un connaisseur de la crème du crime. Ces Lyonnais apparaissent ici comme des mauvais garçons de bonne compagnie. Le film brasse tout un pan du cinéma populaire français auquel Jean-Pierre Melville, Jacques Becker ou Henri Verneuil ont donné leurs lettres de noblesse. Amitié, trahison et émotion. Le Gang des Lyonnais vu par Olivier Marchal, est une déclaration d'amour sans faille au genre du polar que l'ancien flic devenu cinéaste a dans la peau. Les habitués de la maison Marchal ne seront pas dépaysés : la virilité exacerbée, la violence qui ne l'est pas moins, les acteurs trogne à la bardbe de trois jours (...) Ces "Lyonnais" ont un goût de déjà vu. Mais si l'on aime les amitiés viriles des gangsters à l'ancienne, ce "grand pardon" à la mode gitane se laisse voir. Au fond, on espérait peut-être voir un "Parrain" made in France. Il faudra se "contenter" d'un bon film de gangsters, sombre, fort bien interprété et qui confirme qu'Olivier Marchal sait créer des personnages comme personne en France. Et quoi qu'on en dise, entre "Gangsters", "36", "MR-73" et ce film, Marchal a su créer une saga "flics et voyous" très cohérente, qui a sa place dans l'histoire du polar français. A ne pas mettre devant tous les yeux, et notamment ceux des enfants : quelques scènes violentes pourraient choquer.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Une bonne série, 20 juin 2012
Encore une série policière !!!! Oui mais... celle-ci se passe fin du XIXe-début du XXe siècle et au Canada... Toronto 1892. William Murdoch est un jeune et brillant inspecteur qui résout des enquêtes criminelles à l'aide de techniques scientifiques d'avant garde, de l'analyse des empreintes au premier détecteur de mensonges. Son approche originale suscite les moqueries de ses collègues policiers et le scepticisme de son supérieur, mais William Murdoch est souvent le seul à trouver la piste du criminel. Sa meilleure alliée est Julia Ogden, ravissante médecin pathologiste, à l'esprit vif, qui n'a de cesse de se battre contre les préjugés de la société. Une bonne série qui ne manque pas d'intérêts autant dans les enquêtes que dans le jeu d'acteurs. Rafraîchissante, c'est le terme. Ces aventures de Murdoch avec sa clique ont un petit air de Sherlock Holmes bien agréable à suivre... Il me semble cependant qu'elle manque un peu de piquant et de suspense. Pour ce qui me concerne, Hercule Poirot, interprété par David Suchet, est largement meilleur. Mais on passera un gentil petit moment avec Murdoch. A ne pas bouder, donc.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
A lire sans modération, 10 juin 2012
Orwell est surtout connu pour "1984". Pourtant, il est un autre ouvrage de cet auteur, que l'on doit lire si l'on veut saisir toute l'ampleur de sa critique du totalitarisme. Il s'agit de "La ferme des animaux". Ce roman publié, pour la première fois en 1945, sous le nom d'Eric Blair ' le véritable patronyme d'Orwell - est une utopie à l'humour grinçant. Ce qu'il y a de remarquable, dans cette fable animalière, c'est qu'elle parvient à décrire, en peu de pages, la genèse du communisme soviétique et les inévitables dérives du communisme. "La ferme des animaux" se situe dans l'étude du phénomène totalitaire. Elle est une analyse du processus révolutionnaire et de l'impossibilité de la pensée de gauche à s'incarner dans les faits. La ferme des animaux a pour cadre une exploitation agricole anglaise, dans laquelle les animaux ont la faculté de parler. Parmi ces animaux, le groupe des cochons se distingue par l'intelligence. L'un des cochons, surnommé Sage l'Ancien (mélange de Marx et de Lénine), est l'idéologue de service. Le discours de Sage l'Ancien fleure bon le socialisme de tous les temps. Il excite le ressentiment, dans le présent, et promet une vie meilleure dans le futur. Après son discours fondateur, Sage l'Ancien meurt et la révolution a lieu. Le fermier Jones est renversé. Un triumvirat, composé de trois jeunes cochons - Napoléon (Staline), Boule de Neige (Trotski) et Brille-Babil (Zinoviev ?) - s'empare des rennes du pouvoir. Les trois cochons proclament l'"animalisme" idéologie officielle. Ils édictent sept commandements, parmi lesquels on trouve : "Aucun animal ne dormira dans un lit, aucun animal ne boira de l'alcool, tous les animaux sont égaux", etc. Une fois aux commandes, les cochons apprennent à lire et assoient leur pouvoir sur leur supériorité intellectuelle. Rapidement, ils détournent la démocratie à leur profit et manipulent les foules bêlantes. L'absence d'intervention du peuple animalier dans les débats conduit à la dictature. Progressivement, le cochon Napoléon évince son rival Boule de Neige et instaure un régime de terreur grâce à sa meute de chiens féroces. La suite du récit reprend, de manière cocasse, certains thèmes de "1984". Notamment : l'abrutissement des masses, la dilution de la mémoire collective et la réécriture permanente de l'histoire. C'est le cochon Brille-Babil qui est chargé de cette tâche. Au fur et à mesure de la transgression des principes de l'animalisme par les cochons dirigeants, celui-ci réécrit les sept commandements. Ainsi, sous sa plume, deviennent-ils : "Aucun animal ne dormira dans un lit avec des draps. Aucun animal ne boira de l'alcool à l'excès". Et le plus savoureux : "Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres." Par ce tour de passe-passe, la terreur porcine est assise et les pauvres animaux se retrouvent dans une situation pire que sous le fermier Jones. Le livre s'achève sur le constat désabusé que les cochons ne sont pas meilleurs que les hommes et que rien ne change en ce bas-monde. C'est un livre dont des collégiens ou lycéens pourraient tirer le meilleur usage sous la houlette d'un professeur éclairé. Et n'importe peut y trouver des traces visionnaires des régimes politiques actuels dans de nombreux pays. A lire absolument.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
4.0 étoiles sur 5
Belle découverte, 10 juin 2012
Très beau film, pudique,tendre et sensuel narrant la difficulté de la reconstruction après le tsunami de 2004 et l'histoire d'un amour impossible entre une jeune femme prisonnière de son village et un homme fuyant son passé et venant de Bangkok . Les ravages du tsunami sont là, d'abord imperceptibles. Puis, à mi-parcours du film, le mot lui même est prononcé, et peu à peu le danger s'installe. C est très touchant et totalement déprimant malgré cette belle musique qui vous enveloppe. Voici un premier film réussi qui, après un début contemplatif, envoûte lentement le spectateur grâce à une belle qualité de la photographie, des plans magnifiques qui ne s'attardent pas trop sur les cicatrices du tsunami et une musique hypnotique. Même s'il faut du temps pour que l'imprégnation se fasse, le film va crescendo pour rendre cette histoire d'amour poignante. Les deux acteurs principaux sont amateurs (l'un est musicien, l'autre guide touristique dans la "vraie vie"). Anchalee Saisoontorn est belle et vraiment touchante, et par ailleurs magnifiquement mise en valeur. Les scènes d'amour entre ce couple perdu sont justes, sans équivoque et pudiques (ainsi de la belle et courte scène de séparation où la jeune femme arrange la chambre du locataire et celle où son corps se meut dans le lit vide). Enfin, on ne peut oublier les dernières scènes de "Wonderful town", terribles, mais filmées avec poésie, notamment avec cette vision du fleuve enveloppant les souvenirs et les corps. Si Assarat n'exhibe pas trop les conséquences physiques de la catastrophe, on la remarque sur les visages détruits et le comportement des personnages. Un supplément nous livre une interview intéressante du réalisateur. J'ose une comparaison qui s'est imposée à moi au fil du visionnage : Assarat filme à la manière d'un Haneke. Et c'est, à mes yeux, un compliment et l'expression d'un espoir pour les films à venir de ce jeune réalisateur.
|
|
|