Profil de Incognita > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Incognita
Classement des meilleurs critiques: 443
Votes utiles : 278

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Incognita
(TOP 500 COMMENTATEURS)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
Rannoch Moor : Journal 2003
Rannoch Moor : Journal 2003
par Renaud Camus
Edition : Broché
Prix : EUR 30,88

5.0 étoiles sur 5 L'espace et la lumière, 19 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rannoch Moor : Journal 2003 (Broché)
Rannoch Moor ou l'Ailleurs... L'étendue isolée, la lumière, l'absence des autres et aux autres. Un espace comme ceux que Renaud Camus espère, attend, appelle de ses vœux.

Ce tome du Journal camusien n'est pas celui que je préfère, mais il "écrase de sa vérité" tant de livres d'époque mal écrits, mal ficelés pourrait-on dire, et sans intérêt que l'on ne peut que lui rendre l'hommage qu'il mérite.

Rannoch Moor nous ressasse les obsessions camusiennes : le saccage des paysages, l'effondrement civilisationnel, la fin d'une culture du sens et des sens, la perte des codes qui offraient à l'Autre sa place, la meilleure place, celle qui permet de le rencontrer. Sans oublier l'humour et l'amour qui balaie tout sur son passage, en Camusie.

L'omerta médiatique qui pèse sur cet homme et cet auteur, dont le courage est inversement proportionnel aux lâches attaques bien-pensantes dont il fut et est encore l'objet, sans même avoir été lu (un comble !), soulève la honte et la colère de n'importe quel lecteur honnête.

Il va sans dire qu'on continuera de soutenir avec force cet écrivain et la littérature avec.

Agatha Christie : la maison du péril
Agatha Christie : la maison du péril
DVD ~ Antoine DULERY
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 4,90

3.0 étoiles sur 5 Plutôt réussi, mais sensation qui reste à vérifier, 18 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Agatha Christie : la maison du péril (DVD)
Adapté du roman éponyme d’Agatha Christie, et tourné de juin à juillet 2009 en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais, "La maison du péril" se situe en 1936. Lors de ces premiers congés payés, Larosière décide de prendre des vacances. Il s'ennuie tellement qu'il est sur le point de repartir lorsqu’il rencontre Jo, une jeune et très séduisante styliste au charme ravageur, qui fait tourner la tête de tous les hommes qu'elle croise, et qui est la cible d'un mystérieux tueur. Le commissaire, ravi d'avoir une affaire à se mettre sous la dent, décide de la protéger et fait venir Lampion qui se fait engager incognito comme homme à tout faire... Larosière tombe fou amoureux de la troublante jeune femme et pour une fois, perd tous ses moyens. Mais le tueur redouble d’audace et, pendant le feu d’artifice du 14 Juillet, la cousine de Jo reçoit une balle en plein coeur, par erreur…

Il est vrai que David Suchet campe à la perfection Hercule Poirot auquel il s'est totalement identifié (de même que pour Hugh Fraser le capitaine Hastings). Et c'est ainsi que j'ai le plus grand mal à imaginer un détective autrement que sous ses traits. Mais j'ai tout de même bien aimé le parti-pris d'originalité de l'adaptation française car, justement, elle nous épargne une énième version classique, sans grand intérêt lorsque l'on a déjà vu toutes celles qui existent déjà.

Cela dit, je comprends fort bien que cela déstabilise et choque les puristes fidèles à l'esprit de la romancière britannique, qui peuvent considérer ces changements fantaisistes comme une espèce de trahison envers elle.

Hormis cette remarque, je dois dire que j'ai plutôt passé un gentil petit moment à visionner cet épisode, qui était pour moi le premier de la série. Je n'hésiterai pas à en regarder un second pour confirmer ou infirmer une sensation plutôt positive. Les interprétations ne sont pas toutes du meilleur niveau, mais on se laisse emporter par l'ambiance. A priori favorable à vérifier, donc.

A serious man
A serious man
DVD ~ Michael Stuhlbarg
Prix : EUR 9,99

3.0 étoiles sur 5 Un dibbouk ?!, 1 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : A serious man (DVD)
Dans un village d'Europe de l'Est, un mari voit sa femme assassiner avec un pic à glace le rabbin qu'il a invité car elle est certaine qu'il s'agit d'un dibbouk.
1967. Larry Gopnik, professeur de physique dans la petite université de Minneapolis, vient d'apprendre que sa femme Judith allait le quitter. Elle est tombée amoureuse d'une de ses connaissances, le pontifiant Sy Ableman.
Arthur, le frère de Larry, est incapable de travailler et dort sur le canapé. Danny, son fils, a des problèmes de discipline à l'école hébraïque, et sa fille Sarah vole dans son portefeuille car elle a l'intention de se faire refaire le nez.
Pendant ce temps, Larry reçoit à la fac des lettres anonymes visant à empêcher sa titularisation, et un étudiant veut le soudoyer pour obtenir son diplôme tout en le menaçant de l'attaquer pour diffamation. Et sa superbe voisine le tourmente en prenant des bains de soleil entièrement nue...
Luttant désespérément pour trouver un équilibre, Larry cherche conseil auprès de trois rabbins. Qui l'aidera à faire face à ses malheurs et à devenir un mensch, un homme bien ?
Lorsque son avocat, qui se prétendait son ami, lui envoie ses honoraires, Larry se décide à accepter le pot de vin de l'étudiant coréen et lui attribuer la note C qui lui permet de passer. A peine la note écrite, le téléphone sonne : le médecin a les résultats de ses radios : ils sont terriblement mauvais. Pire encore, une tornade s'approche et va atteindre l'école de son fils.

Les films des frères Coen sont souvent drôles, cérébraux, hermétiques et nihilistes, attentifs à la souffrance humaine mais allergiques à la sensiblerie. Bref, ce sont des films juifs.

Avec "A Serious Man", les Coen ont ouvert un chapitre nouveau dans leur filmographie, offrant un de leurs longs métrages les plus personnels (d'aucuns le prétendent pour partie autobiographique). Et un des plus hermétiques aussi avec son vocabulaire yiddish omniprésent et non sous-titré. La principale qualité du film, qui est de ne rien résoudre, risque aussi de provoquer la perplexité en dépit d'éclairs de génie (par exemple une prodigieuse séquence d’accident en montage parallèle).

"A Serious Man" dévoile surtout une moralité déjà palpable dans certains films des frères Coen : le monde est cruel et indéchiffrable. C'est peut-être ce nihilisme patenté qui empêche de s'abandonner complètement aux œuvres des frères Coen. Il suintait aussi dans "No Country for old men", mais avec une tension dramatique beaucoup plus poignante et une réalisation formelle plus "universelle", moins esthétisante.

Mais peut-être la véritable clé de ce film se situe-t-elle dans la citation qui sert de préambule : « Accepte avec simplicité ce qui t’arrive » ?

La Petite fille au bout du chemin
La Petite fille au bout du chemin
DVD ~ Jodie Foster
Prix : EUR 12,99

3.0 étoiles sur 5 Epoustouflante Jodie Foster, 1 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Petite fille au bout du chemin (DVD)
En 1976, la jeune Jodie Foster est déjà connue pour ses nombreux rôles au cinéma et à la télévision. Incroyable enfant actrice, elle amorce cette année-là un virage adulte. Elle n'a que 13 ans et apparaît dans le légendaire "Taxi Driver", affolant Robert de Niro, ses fans et l'ensemble des cinéphiles. Elle récidive quelques mois plus tard dans cette "Petite fille au bout du chemin", adapté du roman éponyme de Laird Koenig.

On le confirme : le film est bancal mais la performance de Foster est hallucinante. Ryn (Jodie Foster donc) est une jeune anglaise de 13 ans, vivant retirée avec son père, poète de son état, dans une maison au bord de la mer, au Canada. On apprend vite qu'ils viennent de la vieille Europe, fuyant une ambiance peu propice à l'inspiration poétique. Dès la première image, on suit Ryn, entre enfance et adolescence, mais gérant seule la maisonnée. Tandis que le père taquine la muse, Frank (Martin Sheen, excellent comme à son habitude) tente de taquiner Ryn. C'est qu'il aime les jeunes, Frank, les très très jeunes même... Satyre bourgeois, Frank traque les jeunes filles et ne peut que sentir sa libido s'affirmer à la vue de cette délicate Anglaise, sauvageonne et affirmée. Ryn ne se laisse pas démonter et évacue sans ménagement le pathétique prétendant. Mystère néanmoins : le papa poète n'apparaît pas. Ryn vit seule, totalement seule, fait les courses, passe à la banque...

Jodie Foster porte de bout en bout le long-métrage de Nicolas Gessner, qui effectua une carrière honnête principalement à la télévision. Sans elle, cette histoire intrigante mais mal ficelée se serait perdue dans les profondeurs de l'oubli cinématographique. L'éditeur LCJ, discret mais riche d'un catalogue de 1000 titres issus de théâtre et de la télévision, remet ces jours-ci ce titre à l'honneur. Le passeur se devait de s'y arrêter.

La mise en scène, assez minimaliste et sans effort. La photographie est assez terne alors que les rivages canadiens auraient mérité un peu plus d'amplitude et de lumière. Tout est fait de pluie et d'intérieurs assez moches et pâlots.

Nous pousser à revoir "Taxi Driver" est sans doute l'intérêt premier de cette cette "Petite fille au bout du chemin"... Et cela suffit à le rendre sympathique !

Saving Grace
Saving Grace
DVD ~ Brenda Blethyn
Proposé par valounoa
Prix : EUR 13,00

3.0 étoiles sur 5 Divertissement sans prétention mais agréable, 1 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Saving Grace (DVD)
Grace est heureuse dans son adorable cottage. Passionnée de jardinage, elle mène une vie réglée et tranquille. Son mari meurt et elle découvre avec stupéfaction qu'il n'a laissé que des dettes. Acculée par les créanciers, sur les conseils de son jardinier, elle troque ses magnifiques orchidées pour la culture de la marijuana. Même si sa nouvelle production est exceptionnelle, il faut la vendre. S'improviser dealer n'est pas de tout repos. Stupéfiants changements en perspective pour elle et les habitants de son petit village de Cornouailles !

Ses « Sweet heaart ! » nasillards nous avaient emballés dans "Secrets et mensonges" (de Mike Leigh). "Saving Grace" est avant tout un plaisant prétexte pour retrouver,­ et en pleine forme,­ Brenda Blethyn, prix d'interprétation à Cannes 96.

Très Darjeeling et gazon, voilà une petite comédie typically british, avec tenancier de pub et épicières vieilles filles plus vrais que nature. La bonne idée était évidemment de plonger ce petit monde dans l'univers de la « fumette » : à la clé, donc, quelques séquences très drôles. On se régale également à découvrir une verdoyante et magnifique Cornouailles et une série de portraits gentiment croqués.

La première partie est plus intéressante que la seconde qui s'effondre un peu dans une loufoquerie moins fine et trop prévisiblement happy end.

Dans l'ensemble, on passe un gentil moment de détente.

Dictionnaire insolite de la Norvège
Dictionnaire insolite de la Norvège
par Ingrid Van Houdenhove
Edition : Broché
Prix : EUR 10,45

4.0 étoiles sur 5 Plaisant, 28 avril 2013
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dictionnaire insolite de la Norvège (Broché)
Ce petit livre est fort recommandable. D'abord parce que sa présentation est sobrement et esthétiquement réussi. Ensuite parce qu'on y découvre des dizaines d'informations originales et souvent amusantes sur l'histoire et la culture (au sens le plus large) de ce pays assez méconnu.

On le lit vite mais avec un plaisir répété à chaque entrée classée par ordre alphabétique.

S'en munir, à côté des guides plus renommés, pour se rendre dans ce splendide pays qu'est la Norvège.

Pays basque: Biarritz, San Sebastián, Bilbao
Pays basque: Biarritz, San Sebastián, Bilbao
par Lara Brutinot
Edition : Broché
Prix : EUR 13,78

4.0 étoiles sur 5 Satisfaite, 27 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pays basque: Biarritz, San Sebastián, Bilbao (Broché)
De retour du pays basque, je tiens à indiquer que ce guide, édité chez Gallimard Loisirs, a parfaitement rempli son office.

Il étudie cette région, tout à fait agréable et aux paysages sauvegardés le plus souvent, par zones géographiques. Préférez-vous... participer aux fêtes de San Fermín à Pampelune ou faire du surf à Biarritz ? Admirer le musée Guggenheim de Bilbao ou randonner dans la forêt d'Iraty ? Visiter le musée de la Paix à Gernika ou déguster des pintxos à San Sebastián ?

On peut donc se laisser guider porter par ses envies avec ce guide de voyage en couleurs (avec ses photos issues du magazine Geo et ses cartes et plans), qui propose des conseils, des informations touristiques, des adresses de charme et des idées de balades, de visites et de loisirs. Ce Géo Guide du pays basque est pratique et facile à lire et contribue efficacement à élaborer un séjour réussi ; il comprend aussi des informations sur Biarritz, San Sebastian et Bilbao.

On y trouve donc un panorama complet de la région, un large choix de visites culturelles et de sites naturels, ainsi que des articles thématiques signés par des spécialistes. Des centaines d'adresses utiles, des idées de loisirs, toutes les infos indispensables avant de partir et sur place, des plans de villes et des cartes de la région.

Cette collection compte une quarantaine d'autres titres. Lui trouver une petite place dans son sac de voyage paraît incontournable.

La Dame de Fer
La Dame de Fer
DVD ~ Meryl Streep
Prix : EUR 8,99

3.0 étoiles sur 5 Trop superficiel, 21 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Dame de Fer (DVD)
Décédée le 8 avril 2013, à l‘âge de 87 ans, Margaret Thatcher, fille d‘épicier déterminée à faire tomber les barrières sociales et s’imposer en politique, a inspiré la réalisatrice britannique Phyllida Lloyd.

Sorti en décembre 2011 au Royaume-Uni, le film “The Iron Lady”, la dame de fer, livrait un portrait intime de Margaret Thatcher à travers le prisme de sa mémoire. Margaret Thatcher, première et unique femme Premier ministre du Royaume-Uni (de 1979 à 1990), autrefois capable de diriger le royaume d’une main de fer, vit désormais paisiblement sa retraite imposée à Londres. Agée de plus de 80 ans, elle est rattrapée par les souvenirs. De l’épicerie familiale à l’arrivée au 10 Downing Street, de succès en échecs politiques, de sacrifices consentis en trahisons subies, elle a exercé le pouvoir avec le soutien constant de son mari Denis dont le personnage fantôme accompagne en permanence Margaret Thatcher dans le film, et a réussi à se faire respecter en abolissant toutes les barrières liées à son sexe et à son rang. Dans le film, on la voit revivre son entrée à la Chambre des communes, s’imagine chef de guerre héroïque pendant la guerre des Malouines et s’entend discourir lors de meetings.

Meryl Streep a été choisie pour incarner celle qui jusqu‘ici fut la seule femme à diriger le gouverment britannique, et ce, d’une main de fer. L’actrice américaine, qui adopta pour le rôle l’accent anglais, l’impeccable brushing, et le ton juste de l’intransigeance, a reçu en 2011 l’oscar de la meilleure actrice.

Mais jamais il n’est vraiment question du Premier ministre qu’elle était. Jamais le film n’amène le spectateur à comprendre comment une femme née dans un milieu modeste réussit à gravir les échelons de la politique anglaise avec des idées libérales et conservatrices.

La réalisation est soignée, les costumes sont bien taillés, mais on reste dans l’apparence. « La Dame de fer » ne rend finalement compte que des moments les plus « marquants », évitant d’aborder la réflexion politique de Margaret Thatcher. La voix fluette et les dents en avant, Merlyl Streep incarne avec virtuosité « the grocer’s daughter » (la fille de l’épicier). Le seul point fort de ce « biopic » inachevé.

Au final, on obtient un biopic typiquement américain qui célèbre la réussite personnelle et le parcours d'un personnage mais occulte la dimension historique et politique, pourtant indissociable de ce personnage hors du commun, aussi détesté qu'adulé.

On regrette ce traitement superficiel et on reste sur sa faim.

Big Fish
Big Fish
DVD ~ Albert Finney
Prix : EUR 9,99

4.0 étoiles sur 5 Un autre réel, 12 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Big Fish (DVD)
Edward Bloom était-il un affabulateur ou a-t-il vécu toutes les aventures qu'il se plaît à raconter ? Son fils, quant à lui, aurait aimé avoir un père moins fantasque et plus présent. Condamné par un cancer, Edward devra s'expliquer pour reconquérir un fils qui ne demande qu'à le connaître vraiment. Will a toujours entendu Edward, son père, raconter des histoires. Son enfance a été bercée par les incroyables récits épiques de celui qui en contant les fabuleux épisodes de sa destinée, a toujours fasciné et enchanté ceux qu'il rencontrait. Aujourd'hui, Will n'en peut plus. Bientôt père lui-même, il voudrait enfin connaître l'homme qui se cache derrière ces fables. Alors qu'Edward n'a plus que quelques jours à vivre, et après trois ans de distance entre eux, Will entame son propre voyage, à la recherche de son père.

"Big Fish" peut au premier abord déconcerter les admirateurs de Tim Burton. Certes, Edward Bloom rejoint la galerie des personnages solitaires et fantasques, en décalage vis-à-vis de la société qui comme Pee-Wee, Edward aux mains d'argent, Ed Wood, et même Batman n'accèdent au bonheur qu'en assumant ce décalage vis-à-vis de la société. Certes, des plans de son nouveau films citent ses chefs d'œuvres passés : les pavillons de banlieue où chacun tond sa pelouse ou la main mécanique qu'il vend rappellent Edward aux mains d'argent et la forêt maléfique semble un prolongement de celle où mourut le cavalier sans tête de Sleepy Hollow. Mais le héros n'est pour une fois pas un adolescent mais un père, et, surtout, la structure du film est moins limpide que d'habitude, et peut-être d'allure moins fantastique qu'habituellement.

De flash-back en flash-back, Tim Burton s'enroule autour d'un vieillard assimilé à un gros poisson pour prôner la possibilité de transfigurer le réel et, mieux encore, de transmettre cette morale de père en fils. Un humour léger, pince sans rire et décalé flotte constamment sur le film (à l'image du plan final du saut du poisson singeant la grâce du dauphin). Il permet surtout de mettre en place la constante économie de moyen du film.

Big Fish est inégal, un peu bancal. L’alternance entre les scènes familiales mélodramatiques et les trouées oniriques en flash-backs peine à trouver son point d’équilibre. Cette absence de fluidité ne nuit pourtant pas durablement à la réussite du film. Entre les affabulations héroïques du père et le réalisme contrit du fils, on craint longtemps que le film ne choisisse la résolution la plus consensuelle. Le dénouement est plus subtil. Le film trace une ligne médiane. Burton dénude alors les mécanismes de la fiction, jamais totalement imaginée, jeu retors de travestissement avec des faits avérés.

Big Fish est l’auto-analyse d’un conteur, une méditation un peu désabusée sur l’acte de raconter une histoire et la lente combustion de ceux qui mettent tant d’énergie à ce qu’on y croie. Un film touchant en somme.

Les Frères Grimm
Les Frères Grimm
DVD ~ Matt Damon
Proposé par DVDMAX
Prix : EUR 6,20

3.0 étoiles sur 5 Inachevé, 11 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Frères Grimm (DVD)
A l'aube du XIXe siècle, Jacob et Will Grimm gagnent leur vie en profitant de la crédulité des villageois soi-disants attaqués par des forces occultes. Leur lucrative entreprise cache cependant un petit secret : les deux frères se contentent de combattre les monstres diaboliques que leurs complices animent grâce à d'ingénieux trucages... Pris à leur propre piège, les voilà sommés de mettre hors d'état de nuire un mystérieux kidnappeur d'enfants qui sévit dans un hameau isolé. Avec la très belle Angelika, ils vont découvrir que la forêt lugubre renferme un terrible secret, un monde de magie et de sortilèges peuplé des plus incroyables créatures…

"Les frères Grimm" est une adaptation très libre des contes de fées de notre enfance qui se déroule dans l'Allemagne occupée par les troupes napoléoniennes. Will et Jake Grimm, incarnés par Heath Ledger et Matt Damon, s'ingénient à monnayer la crédulité de leurs compatriotes en réalisant exorcismes et autres chasses aux sorcières, jusqu'au jour où ils doivent faire face à un véritable ensorcellement en la personne de Monica Bellucci, transformée par Terry Gilliam en reine odieuse mais sublimement belle. Forêt enchantée, méchante reine obsédée par son miroir, course avec le petit chaperon rouge : Terry Gilliam mélange et intervertit allègrement les contes les plus célèbres pour créer une comédie épique sur fond de lutte du bien contre le mal.

Les décors sont magnifiques, que ce soit la forêt ou le village, les acteurs corrects mais on s'ennuie quand même pas mal dans ce film. L'histoire n'a rien de passionnant même si l'idée de départ était plutôt bonne : de gentils personnages a priori sympathiques et versés dans les contes manipulateurs et escrocs… Confus, le montage rend illisible certaines scènes d'action et le script d'Ehren Kruger digère avec difficulté les références à des contes précis (Le Petit Chaperon rouge, Hansel et Gretel, etc.). MaisLes Frères Grimm comporte aussi de grands moments de cinéma picaresque.

Terry Gilliam plongé dans l'univers des Grimm, ça ne pouvait qu'être jouissif, envoûtant, fascinant, voire grinçant ; on se souvient bien sûr de "Brazil" par exemple. Il y a comme un arrière-goût d'inachevé à la fin du visionnage.

Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20