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Contenu rédigé par Roger Dominiqu...
Classement des meilleurs critiques: 34
Votes utiles : 4102

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Commentaires écrits par
Roger Dominique Maes (Bruxelles)
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   

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Symfoni 6/8
Symfoni 6/8
Proposé par Giant Entertainment
Prix : EUR 23,76

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Tennstedt... candide?, 30 avril 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Symfoni 6/8 (CD)
Beethoven, "Symphonies n°8 et 6", London Philharmonic Orchestra, Klaus Tennstedt (1985-1986), 1 CD EMI, 1991, pas de notice.

L'oeuvre vit dans la partition, disait le grand Edwin Fischer, elle y dort, l'interprète doit l'éveiller "en l'embrassant, sans la brutaliser".
Un bon conseil dans une belle image: le baiser du prince à la belle endormie. On ne reprochera pas à Klaus Tennstedt de l'avoir donné
avec trop de fougue ou d'emportement ce baiser; il n'a pas froisé sa robe, ni dérangé sa coiffure.
Respect et mesure, voilà ce qui caractèrise ces deux interprétations.

Cela donne une huitième blanche et noble, aux sonorités polies, mais sans abus de legato, dont Tennstedt souligne -non sans droits- le
néo-classicisme (au sens architectural du terme), la belle ordonnance parfois répétitive, comme une colonnade...

Pour la sixième, le chef se montre-t-il trop sage? Face à tant de Pastorales opulentes, ou même théâtrales, celle-ci, dans sa robe virginale,
paraîtra-t-elle candide?
Encore une fois il faut prendre l'interprétation pour ce qu'elle est, "être attentif, tout simplement, à ce qu'une œuvre dit du seul fait qu'elle
existe", suivant l'excellent avis de Wolfgang Rihm. Donc, à condition bien sûr que la technique soit irréprochable, qu'aucune violence
n'est faite à l'oeuvre, prendre l'interprétation pour ce qu'elle est, entendre ce qu'elle dit, et jugée la cohérence de ses choix.

Cette Pastorale est jeune, rafraichissante, parfois languide, même le vent de l'orage ondule, tourbillonne plutôt pour enjôler que détruire
et troubler (on sait que Beethoven voulait évoquer non peindre, encore moins décrire, les scènes dont il a fait mention pour chaque
mouvement), et la candeur, d'ailleurs relative, cette impression de gentillesse, qui se dégage des choix de Tennstedt n'est pas faiblesse ou
platitude: sa Pastorale est une fille de seize ans, si l'on veut -reproche-t-on à l'adolescence d'avoir la peau fraîche et les yeux clairs?-,
elle est le printemps... et le printemps est toujours nouveau s'il n'est pas original.

Enregistrées dans les mythiques studios d'Abbey Road à Londres par un LPO superlatif, deux bellles versions de ces symphonies 6 et 8
que j'ai écoutées à plusieurs reprises avant d'en parler, autant par plaisir que par peur de me laisser entrainer par un enthousiasme peu
fondé... et que des commentateurs plus avisés pourraient me reprocher.


Beethoven : Les 5 Concertos pour piano
Beethoven : Les 5 Concertos pour piano

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Beethoven, Brendel, Haitink...un accomplissement., 30 avril 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : Les 5 Concertos pour piano (CD)
Beethoven, "Concertos pour piano n°1 à 5, Fantaisie chorale pour piano, choeur et orchestre", Alfred Brendel, London Philharmonic
Orchestra, Bernard Haitink, (1975-1977), 3 CD Philips, 1992, pas de notice.

Il y a la perfection, et il y a l'excellence. La perfection est technique, l'excellence artistique. Sans l'art, une technique parfaite n'est guère
qu'une machinerie, et sans une technique suffisante, l'art qu'une vélléité. On sait cela, seule la combinaison aboutie d'une technique et
d'un art mène à l'excellence. Celle-ci peut prendre plusieurs voies, avoir plusieurs formes, porter plusieurs noms : Backhaus ou
Rubinstein, Kempff ou Pollini, Gilels ou Katsaris, Perrahia ou Zacharias, Pirès ou Argerich... Elle porte ici celui de Brendel et celui de
Haitink, deux artistes accomplis dont le dialogue est à son tour un accomplissement.

Beethoven, Brendel, Haitink, une communion, une triade, on tomberait aisément dans le délire théologique, allant jusqu'au mot Trinité,
trois en un, un en trois...

Quand un cycle d'interprétations comble à ce point toutes les attentes du mélomane, mieux! les déborde, le jugement s'abolit, toute
vélléité critique semble dérisoire, on est sans voix, sans les mots pour le dire... ou avec trop de mots, se bousculant, inutilement, car trop
dire, c'est ne plus dire!
Contentons-nous d'accomplissement... ou plus prosaïque, de référence discographique absolue.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 30, 2016 3:10 PM MEST


Beethoven : Les 9 Symphonies (Coffret 5 CD)
Beethoven : Les 9 Symphonies (Coffret 5 CD)
Prix : EUR 23,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Cluytens - Beethoven, le Temple de la Renommée!, 30 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : Les 9 Symphonies (Coffret 5 CD) (CD)
Beethoven, "Symphonies n°1 à 9, Ouvertures de Prométhée, Egmont, Fidélio", Orchestre Philharmonique de Berlin, André Cluytens
(1957-1960),
5 CD EMI 2006 (réédition du coffret EMI sorti en 1995)

La réputation de clarté "à la française" faite au chef d'origine belge pourrait faire craindre un Beethoven excessivement épuré, dépouillé,
dénaturé peut-être, il n'en est rien. La simplicité mûrie de réflexion qui caractérise la direction d'André Cluytens doit s'appeler l'honnêté
intellectuelle. Elle projette l'évidence, avec intensité. Et si toutes les symphonies trouvent ici leur unité organique, les grands moments,
les moments inoubliables sont les 5, 6 et 7èmes, la rigueur de la direction n'en freinant ni le souffle, ni le lyrisme.

Pour la Neuvième, si le premier mouvement semble un peu compassé, les deux suivants touchent à l'excellence, tant par la solidité de la
forme que par l'ampleur du discours: ils comblent profondément et les sens et l'esprit. Quant au mouvement final, Cluytens s'y refuse à
tout dramatisme, et malgré une présence chorale un peu maigre, l'Hymne, illuminé par les voix de Gré Brouwentsijn et Nicolai Gedda, se
déploie grandiose, plus exalté que martial, ce qu'il doit être. Il est vrai, à la décharge des chefs confondant liesse avec frénésie, que le texte
de Schiller et le rythme choisi par Beethoven peuvent prêter à confusion, et pousser au pathos ou à l'effet des esprits moins élevés que celui
d'André Cluytens.

Servie par un Berliner, tout à la fois riche et mordant, une intégrale ni excessive, ni timide, qui réussit un bel équilibre entre dynamisme
et solidité...
La dimension sans le gigantisme, la densité sans la lourdeur. Du grand Art!


Beethoven : les 9 Symphonies (Coffret 5 CD)
Beethoven : les 9 Symphonies (Coffret 5 CD)
Prix : EUR 21,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Cluytens - Beethoven, le Temple de la Renommée!, 30 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : les 9 Symphonies (Coffret 5 CD) (CD)
Beethoven, "Symphonies n°1 à 9, Ouvertures de Prométhée, Egmont, Fidélio", Orchestre Philharmonique de Berlin, André Cluytens
(1957-1960),
5 CD EMI-Erato 2010 (réédition des coffrets EMI sortis en 1995 et 2006).

La réputation de clarté "à la française" faite au chef d'origine belge pourrait faire craindre un Beethoven excessivement épuré, dépouillé,
dénaturé peut-être, il n'en est rien. La simplicité mûrie de réflexion qui caractérise la direction d'André Cluytens doit s'appeler l'honnêté
intellectuelle. Elle projette l'évidence, avec intensité. Et si toutes les symphonies trouvent ici leur unité organique, les grands moments,
les moments inoubliables sont les 5, 6 et 7èmes, la rigueur de la direction n'en freinant ni le souffle, ni le lyrisme.

Pour la Neuvième, si le premier mouvement semble un peu compassé, les deux suivants touchent à l'excellence, tant par la solidité de la
forme que par l'ampleur du discours: ils comblent profondément et les sens et l'esprit. Quant au mouvement final, Cluytens s'y refuse à
tout dramatisme, et malgré une présence chorale un peu maigre, l'Hymne, illuminé par les voix de Gré Brouwentsijn et Nicolai Gedda, se
déploie grandiose, plus exalté que martial, ce qu'il doit être. Il est vrai, à la décharge des chefs confondant liesse avec frénésie, que le texte
de Schiller et le rythme choisi par Beethoven peuvent prêter à confusion, et pousser au pathos ou à l'effet des esprits moins élevés que celui
d'André Cluytens.

Servie par un Berliner, tout à la fois riche et mordant, une intégrale ni excessive, ni timide, qui réussit un bel équilibre entre dynamisme
et solidité...
La dimension sans le gigantisme, la densité sans la lourdeur. Du grand Art!
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 30, 2016 3:35 PM MEST


Symphonies Nos 1 à 9
Symphonies Nos 1 à 9
Prix : EUR 65,29

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Cluytens - Beethoven, le Temple de la Renommée!, 30 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Symphonies Nos 1 à 9 (CD)
Beethoven, "Symphonies n°1 à 9, Ouvertures de Prométhée, Egmont, Fidélio", Orchestre Philharmonique de Berlin, André Cluytens (1957-1960),
5 CD EMI, 1995, notice en français.

La réputation de clarté "à la française" faite au chef d'origine belge pourrait faire craindre un Beethoven excessivement épuré, dépouillé,
dénaturé peut-être, il n'en est rien. La simplicité mûrie de réflexion qui caractérise la direction d'André Cluytens doit s'appeler l'honnêté
intellectuelle. Elle projette l'évidence, avec intensité. Et si toutes les symphonies trouvent ici leur unité organique, les grands moments,
les moments inoubliables sont les5, 6 et 7èmes, la rigueur de la direction n'en freinant ni le souffle, ni le lyrisme.

Pour la Neuvième, si le premier mouvement semble un peu compassé, les deux suivants touchent à l'excellence, tant par la solidité de la
forme que par l'ampleur du discours: ils comblent profondément et les sens et l'esprit. Quant au mouvement final, Cluytens s'y refuse à
tout dramatisme, et malgré une présence chorale un peu maigre, l'Hymne, illuminé par les voix de Gré Brouwentsijn et Nicolai Gedda, se
déploie grandiose, plus exalté que martial, ce qu'il doit être. Il est vrai, à la décharge des chefs confondant liesse avec frénésie, que le texte
de Schiller et le rythme choisi par Beethoven peuvent prêter à confusion, et pousser au pathos ou à l'effet... des esprits moins élevés
que celui d'André Cluytens.

Servie par un Berliner, tout à la fois riche et mordant, une intégrale ni excessive, ni timide, qui réussit un bel équilibre entre dynamisme et solidité...
La dimension sans le gigantisme, la densité sans la lourdeur. Du grand Art!


Beethoven : Les 9 Symphonies. Pittsburgh SO, Steinberg.
Beethoven : Les 9 Symphonies. Pittsburgh SO, Steinberg.
Prix : EUR 30,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 William Steinberg, tonique!, 25 avril 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : Les 9 Symphonies. Pittsburgh SO, Steinberg. (CD)
Beethoven, "Symphonies n°1 à 9", The Pittsburgh Symphony Orchestra, William Steinberg (1961-1965), 5 CD Universal - XXI, 2011,
pas de notice.

De tous les chefs, allemands, autrichiens, hongrois, (Klemperer, Szell, Leinsdorf, Walter) émigrés aux Etats Unis dans les années trente
pour les sinistres raisons que l'on sait, William Steinberg (né Hans Wilhelm Steinberg à Cologne le 1er août 1899) n'est pas le plus connu,
et l'orchestre de Pittsburgh, qu'il a dirigé de 1952 à 1976, n'est pas aussi célèbre, du moins pour les Européens, que ceux de Cleveland,
Boston ou Los Angeles.
Pourtant, cette intégrale est mieux qu'intéressante, peut-être pas indispensable à qui posséderait déjà la vaste panoplie des Furtwängler,
Böhm et Karajan, Walter, Cluytens et Szell, Toscanini, Giulini et Abbado, et les pièces isolées de Reiner, Mitropoulos, Boult, Kempe, Tennstedt...
mais souvent passionnante. Steinberg a ce répertoire dans le sang!

Pour se faire une idée d'une intégrale des symphonies de Beethoven, on peut commencer par écouter la 6e et la 7e, elles servent de
mètres-étalon - la neuvième se plaçant tout à fait à part. Si le chef convainc dans ces deux pièces, sauf accident, il ne décevra pas ailleurs.
Mais ici je me suis appliqué à écouter dans l'ordre.

La Première, bien propre, comme une jolie jeune femme de 1800 en tenue de promenade, laisse craindre une intégrale sage et pâle,
mais dès la Deuxième, on sait à quoi s'en tenir. Energie, générosité, tempis choisis et soutenus, un orchestre juste et souvent beau, un
son parfois rugueux, mais pas trop. Si la Troisième manque un peu de densité, de profondeur -non sans accidents du
côté des cuivres- privant l'oeuvre de sa dimension "prométhéenne", les incontestables réussites sont la 5e et la 7e même si leur fougue peut
paraître un peu prosaïque, brutale même, sans cette liesse dansante de la Septième... ce grain de folie heureuse qui la caractérise.

Toute la tendresse du monde est dans les premières mesures de la "Pastorale", mais un rien suffit à gâcher ces "impressions
joyeuses ressenties en arrivant à la campagne": Steinberg n'a pas choisi le tempo idéal pour les traduire. Il suffit d'être un peu trop rapide,
comme ici, pour en chasser la fraîcheur, la luminosité... en briser la candeur bucolique. L'oeuvre semble un peu malmenée, et se termine dans
la précipitation, il en résulte une impression de sécheresse et de brutalité: la peur du sentimentalisme ne doit pas faire taire le sentiment.
La Huitième massive, comme bétonnée, est virile jusqu'à la caricature, mais impressionnante, et dans la Neuvième, moins hiératique
qu'à l'habitude, sécouée, anguleuse, Steinberg détache des éléments de l'orchestre, comme pour nous en faire entendre
la structure, mais ce n'est pas une dissection, l'ensemble reste cohérent, quoique chahuté: de très bons solistes amènenent
un "Hymne à la Joie" assez agressif et parfois dur à l'oreille, ce qui est un manifeste contresens...

En somme, Steinberg ne s'égare jamais, ni ne s'essouffle; il sert l'oeuvre comme il croit devoir la servir. Mais son image de Beethoven
est celle que l'on en s'est faite longtemps, le vieux Dieu de la Montage, orageux et colère, ou mieux, tout à la fois ce Jupiter
tonnant et sa créature révoltée, Zeux et Prométhée... la foudre et la lumière!
- Beethoven n'est-il que ce colosse?
Avec autant de grandeur et de puissance, il y a chez Szell plus de transparence, et chez Reiner plus de tranchant...

Si ce n'est pas l'intégrale pour île déserte -je ne pourrais choisir si je n'avais qu'une option!- elle est souvent passionnante, c'est
un cycle enlevé, dont la force emporte les réticences comme un fleuve ses galets, et qui laisse une impression tonique.


Mozart : Symphonies n° 35, n° 40 et n° 41
Mozart : Symphonies n° 35, n° 40 et n° 41
Prix : EUR 9,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Szell, Olympien!, 21 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mozart : Symphonies n° 35, n° 40 et n° 41 (CD)
Mozart, "Symphonies n°35, 40 et 41", Cleveland Orchestra, George Szell, (1961/64/68), 1 CD Sony, 2002.

Hormis pour la Haffner, enlevée à si grande vitesse que certains instrumentistes (les cuivres) n'arrrivent pas à suivre le rythme
effréné du mouvement final, ce qui finit par blesser l'oreille et lasser l'esprit, dans la 40 et la 41èmes (celle-ci bénéficiant d'une
prise de son plus onctueuse que les deux autres), George Szell engendre un Mozart en diamant, taillé, tranchant, éblouissant,
qui n'est que force et rigueur, sans aucune mollesse ou fausse suavité.
Image d'une créature olympienne sortant toute vive de l'orchestre, comme Athéna tout armée du crâne de Zeus...
Unique, incomparable !


Monsieur N [Édition Collector]
Monsieur N [Édition Collector]
DVD ~ Philippe Torreton

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un des meilleurs films sur le Grand N., 21 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Monsieur N [Édition Collector] (DVD)
"Monsieur N", Antoine de Caunes, 2003, VF et VOST.
Ce commentaire apparaîtra sous la version simple, et l'édition collector: celle-ci comporte un fascicule rédigé parThierry Lentz
sur les principaux personnages, et un DVD de bonus: coulisses du tournage, galerie de photos, et un documentaire sur
Napoléon à Sainte-Hélène commenté par le Consul Honoraire de France, Michel Martineau, intéressant malgré une
image médiocre.

Napoléon est-il mort sur son rôcher maudit?
S'en est-il échappé?
A-t-il ainsi gagné son ultime bataille?
Et aurait-il fini sa vie en Amérique, sous le nom de Mister Abell (comme Abeille?!), propriétaire d'une plantation, et marié
à Betsy Balcombe, sa petite fiancée de Sainte-Hélène? (1)
Voilà des questions bien séduisantes!

L'Empereur l'a dit: "La passion des hommes pour le merveilleux est telle qu'ils sont prêts à lui sacrifier la raison." (2)

En jouant habilement des pseudo-énigmes de Sainte-Hélène pour créer une intrigue et un suspens, le grand mérite
du film - son intelligence, disons-le-, est de ne pas imposer de thèse. C'est à un Anglais, Basil Heathcote -le seul
personnage inventé de "Monsieur N", mais synthétisant plusieurs officiers chargés par Hudson Lowe de la surveillance
du "général Bonaparte"-, qu'est laissée la responsabilité de déductions plus ou moins hasardeuses ou audacieuses,
auxquelles lui-même ne veut ni souscrire totalement, ni totalement renoncer. Entre l'évasion et la mort de Napoléon,
Heathcote se refuse à choisir, car choisir serait devenir raisonnable, et, dit-il, "je ne souhaite cette prison à personne."
Voilà qui est tout à fait digne de ce "goût du merveilleux auquel on sacrifie la raison", mais aussi de cet immense
rêveur réaliste qu'était Napoléon ... et qui, vaincu, exilé, mourant, refusa d'être prisonnier de la raison.

Avec des dialogues pointus -"L'amour c'est comme le pucelage, dès qu'il saigne, c'est qu'on l'a perdu", énonce
Albine de Montholon-, la reconstitution de la vie délétère des exilés est presque parfaite, l'image est somptueuse,
et la distribution, dominée par le Napoléon de Philippe Torreton, exemplaire.
Complice avec le mystérieux Cipriani (délectable Bruno Putzulu), impérial, bougon ou paternel avec Gourgaud,
Bertrand et Montholon (Frédéric Pierrot, Rochdy Zem, Stéphane Freiss), dominant de tout son prestige et de toute
son intelligence un Hudson Lowe (excellent Richard E. Grant) qui a tout de suite atteint son "seuil d'incompétence",
il est délicieusement libertin avec Albine (Elsa Zylberstein), ou tendre et attendrissant avec Betsy (Siobàn Hewlett)...
Jamais on ne vit meilleur Napoléon au cinéma : non seulement il est raisonnablement ressemblant, mais mieux, il est
crédible, fidèle à son image et sachant en rire, grand homme et homme tout court! ... Sachant nous apporter une
nouvelle preuve de l'étroite parenté qui existe chez Napoléon "entre une intelligence supérieure et l'ardeur des affections
généreuses", comme Betsy Balcombe l'a elle-même écrit dans ses souvenirs.

Un film que j'avais admiré à sa sortie en 2003, mais que je craignais de revoir, mes connaissances sur Napoléon et
Sainte-Hélène s'étant accrues en 13 ans, mais qui m'a enthousiasmé à nouveau.

Thierry Lentz considère "Monsieur N" d'Antoine de Caunes et "Les Duellistes" de Ridley Scott comme deux des
meilleurs films "sur" Napoléon. Je suis fier de partager son avis.
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(1) Betsy épousa bien en 1821 à un certain Edward Abell, mais le mariage ne fut pas heureux. Séparée, elle vécut à
Londres en enseignant la musique, et resta en contact avec la famille Bonaparte, notamment le futur Napoléon III, qui
la sauva de la misère lorsqu'il fut au pouvoir.

(2) Sa mère, la pieuse Madame Laetitia, dont la tête, avec l'âge, quelquefois s'égarait, n'assurait-t-elle pas que des anges
étaient venus enlever son fils à la barbe des Anglais?


Collection Film Noir : Je dois tuer (Suddenly)
Collection Film Noir : Je dois tuer (Suddenly)
DVD ~ Frank Sinatra
Prix : EUR 14,60

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un petit film atypique., 21 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Collection Film Noir : Je dois tuer (Suddenly) (DVD)
"Suddenly", Lewis Allen, NB, 1954, VOST seulement, copie moyenne

Dans une petite ville, curieusement nommée "Suddenly" (Soudain), trois hommes prennent en otages les habitants d'une maison
située sur une colline dominant la gare, gare où doit s'arrêter le train présidentiel...

J'ai beaucoup de goût pour ce film, parce que, sauf erreur de ma part, il doit être le premier long métrage américain ayant pour
sujet une tentative d'assassinat du président des Etats-Unis ("The Manchurian Candidate" est de 1962); parce qu'un tel sujet,
en 1954, en pleine Guerre Froide et Chasse aux Sorcières, est bien audacieux; parce que cette petite ville sans histoire,
construite le long d'une voie ferrée, où les trains et les automobiles ne font que passer, est une image de l'Amérique pionnière,
telle qu'elle survit encore après-guerre... parce que le film traite de la confusion, dans l'esprit d'un psychopathe entre héroïsme
et besoin de tuer; parce que Frank Sinatra est à nouveau étonnant de présence et de justesse dans un rôle ambigu et atypique;
parce qu'il est entouré des excellents Sterling Hayden, en shériff, James Gleason, en grand-père-courage, et Nancy Gates,
une jolie veuve de guerre dont le minois rappelle celui de Jane Wyman... parce que la musique de David Raksin ponctue ce
suspens habilement mis en scène par Lewis Allen de la manière la plus efficace... enfin, mais cela est évidemment involontaire,
enfin parce qu'avoir donné ce rôle d'assassin d'un président américain à Frank Sinatra, qui sera un des plus fidèles soutiens
de JFK, a quelque chose d'horriblement ironique, d'involontairement cynique même, a posteriori ... quand on sait ce qui arrivera
à Dallas, dix ans après le tournage du film.


Die Sinfonien 3/8
Die Sinfonien 3/8
Prix : EUR 9,67

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 János Ferencsik, l'inflexible., 19 avril 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Die Sinfonien 3/8 (CD)
Beethoven, "Symphonies n°3 et 8", Orchestre Philharmonique Hongrois, János Ferencsik, (1976-77), 1 CD Delta Music, 1996, notice en anglais et allemand.

János Ferencsik (1907-1984) semble un chef un peu oublié aujourd'hui... en tout cas par les éditeurs. Après avoir travaillé comme répétiteur à Bayreuth, en 1930 et 1931, auprès de Toscanini, dont l'influence se montra prépondérante, sa carrière de chef d'orchestre ne démarra qu'en 1945. Et hormis deux ans à la tête de l'Opéra de Vienne (1948-1950), et quelques tournées, il n'exerça qu'en Hongrie communiste, comme directeur musical de l'Opéra de Budapest, succédant à Otto Klemperer en 1950, et comme chef principal de l'Orchestre d'Etat Hongrois, également appelé "Orchestre philharmonique national hongrois", de 1952 à sa mort en 1984.

Une impression de sécheresse, voire de brutalité, se dégage de l'Eroïca, accentuée par une prise de son souvent étroite: la marche funèbre est moins complainte que colère contenue, le scherzo est dur comme pierre...
Si cet héroïsme dépourvu de lyrisme autant que de violence, tout de froide retenue a quelque chose de cruel qui étonne, dérange, il séduit. Toute cette agressivité concentrée fascine, comme le regard d'un bel animal dangereux.

Quant à la 8ème, elle danse sur la glace...

Un chef "inflexible", qui ne lâche jamais prise, tient son orchestre par le cou, et nous à la gorge... se méfie des épaisseurs et de la grandiloquence, et dont le Beethoven "à la pointe sèche" est tout à fait convaincant.


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