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Contenu rédigé par Roger Dominiqu...
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Commentaires écrits par
Roger Dominique Maes (Bruxelles)
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   

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The Beauty of Ballet.
The Beauty of Ballet.
DVD ~ Various Composers
Prix : EUR 23,93

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Pour connaître The Australian Ballet., 28 mars 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : The Beauty of Ballet. (DVD)
The Australian Ballet, "La Fille mal gardée", "Giselle", "Coppélia", "Manon", "Spartacus", entre 1986 et 1995, 5 DVD Opus Arte, 2006-2014.

Les origines de the Australian Ballet remontent au Borovansky Ballet, une compagnie fondée dans les années 40 par le danseur tchèque Edouard Borovansky (1902-1959), qui avait dansé dans la compagnie d'Anna Pavlova et qui, lors d'une tournée l'ayant amené en Australie, se fixa à Melbourne, y créa une école de danse en 1939, et bientôt sa propre compagnie.
Après la mort de Borovansky, la danseuse anglaise Peggy van Praagh en prit la direction, et réussit à en faire le ballet national australien, recevant des subsides fédéraux, qui prit le titre de "The Australian Ballet", en 1962
Basée à Melbourne, la compagnie, hors ses tournées internationales, se produit principalement à Sidney (Sidney Opera House), à Brisbane et à l'Adelaide Festival Center. Elle est avec l'American Ballet Theatre, une des compagnies les plus actives au monde, donnant plus de 200 représentations par an, avec cette belle devise : "Préserver la tradition, oser être différent".

1 - Ferdinand Hérold , "La Fille mal gardée", (1828), John Lanchbery, chorégraphie de Frederick Ashton (1959), The Australian Ballet, Orchestra Victoria, Noel Smith, 1989.

Créé au Grand Théâtre de Bordeaux le 1er juillet 1789, le ballet fut remonté en 1828 sur une musique de Ferdinand Hérold. Nous la voyons ici dans la chorégraphie de Frederick Ashton: un succès total lors de la création londonienne de 1960, et qui ne s'est jamais démenti.
David McAllister, dans le rôle de Colas, n'a pas une forte présence, mais il possède la technique, la ligne, et assure les sauts et les portés avec une vaillance et une sûreté que son physique plutôt menu ne laissait pas prévoir. Quant à Fiona Tonkin, elle possède toutes les qualités de danseuse et d'actrice requises pour le rôle de Lise, fraicheur, légèreté, espièglerie, tandis que les rôles comiques de la veuve Simone et d'Alain sont très bien assurés.
Une captation qui ne peut égaler celle de Londres (avec Marianella Nuñez et Carlos Acosta), mais les solistes et l'Australian Ballet rendent justice à un ouvrage tout de fraicheur et de drôlerie bon-enfant. Le public de Melbourne ne s'y trompe pas qui leur fait un triomphe.

2 - Adolphe Adam, "Giselle", (1841), chorégraphie de Julet Perrot et Jean Coralli, et Marius Petipa (1884), The Australian Ballet, Victoria Orchestra, Noel Smith, 1986, 1 DVD Opus Arte 2006.

La médiocrité de l'image télévisuelle de 1986 est telle qu'il faut faire un effort pour suivre le ballet jusqu'au bout, malgré l'intérêt des prestations de Christine Walsh et de Kelvin Coe, tous les deux excellents. Dommage!

3 -Léo Delibes, "Coppélia" (1870), chorégraphie de Petipa-Ivanov-Cecchetti (1894) reconstituée par Peggy van Praagh, The Australian Opera and Ballet Orchestra, Noel Smith, 1990.

Nous sommes gâté avec ce ballet en DVD: la poétique version "1870" de Pierre Lacotte (authentique, autant que possible, mais réduite et allégée), captée à l'Opéra de Paris avec Charline Giezendanner et Mathieu Ganio; celle de Sergeyev et Ninette De Valois (1954) avec le Royal Ballet, Leanne Benjamin et Carlos Acosta, version assez terre-à-terre mais très drôle; les relectures de Patrice Bart ou d'Eduardo Lao, et enfin celle-ci, tout au premier degré, mais qui reproduit, par l'entremise de Peggy van Praagh, fondatrice et "âme de l'Australian Ballet", la version Petipa-Ivanov-Ceccheti.
Chacune de ces captations a ses qualités et quelques défauts; mais comme les qualités concernent la chorégraphie et son interprétation, tandis que les défauts sont techniques (décors, éclairages, pour Londres, ou grain de l'image et réalisation pour celle-ci), elles sont donc toutes à voir et à revoir.

Dans un rôle très éprouvant pour une jeune danseuse, Lisa Pavane, performante et stylée, sensible et finement drôle, est la Swanilda de tous nos rêves, parfaitement jolie, mettant autant de sensibilité que d'esprit dans sa technique irréprochable. Greg Horsman dans le rôle de Franz, moins parfaitement beau que sa partenaire, mais joliment proportionné, et surtout admirable danseur, est fluide, naturel, sans rien de maniéré, tandis que Colin Peasley donne d'un Coppélius plus pathétique qu'inquiétant, une très belle interprétation.

Les seuls reproches à faire à ce spectacle délicieux, et troublant, servi par des danseurs émérites auquel le public de Sidney fait un triomphe, vont au grain un peu gros de l'image, aux décors, très proches de ceux de Paris, mais un peu pâlichons, et à la la réalisation hachée de Virginia Lumsden.

4 - "Manon", musiques de Massenet, chorégraphie de Sir Kenneth MacMillan (1974), The Australian Ballet, Adelaide Symphony Orchestra, Nigel Smith, 1995.

Première création de Kenneth MacMillan qui avait succédé en 1970 à Frederick Ashton comme directeur artistique du Royal Ballet, "Manon" qui devrait être annoncé sous le titre "L'Histoire de Manon", les héritiers de Massenet ayant obtenu qu'on ne puisse utiliser le titre de l'opéra de leur aïeul, est un ballet d'une lisibilité parfaite, sans que jamais la danse, et sa pureté, ne soit sacrifiée à l'anecdote: si l'oeuvre est aisée d'accès, elle est sans facilité. Excellent peintre des caractères et des situations, MacMillan invente à chaque instant. Utilisant le langage classique, tout le langage classique, il l'enrichit brillamment de tournures nouvelles, c'est étonnant mais évident, comme spontané, car jamais appuyé ou répétitif, ni racoleur, ni abscons. Chaque personnage possède son expression propre: le caractère, la psychologie est, pourrait-on dire, "en mouvement".
Quant aux divertissements, jamais trop longs, ils ponctuent le drame, l'aèrent, sans le déséquilibrer, ils viennent à propos, l'allègent d'une pointe d'humour, ou en accentuent l'ironie cruelle. Le ballet respire naturellement, il vit .

Mais un chef-d'oeuvre n'apparait pleinement comme tel que s'il est excellemment interprété. Heureusement, c'est le cas ici. Justine Summers et Steven Heathcote forment un couple idéalement complémentaire, danseurs-acteurs pertinents, d'une justesse et d'un naturel qui ne négligent jamais l'élégance, subtile équilibre: elle, blonde, jolie, un petit nez en trompette, et de grand yeux aérées, légère, gracile, femme-enfant, biscuit de Sèvres; lui brun, la mâchoire forte, grand, parfaitement charpenté, avec des mains superbes qui prolongent le mouvement et le parachèvent, mais l'oeil sombre, inquiet, et si tendre -dès lors attendrissant- sous toute cette franche virilité...
Lescaut (Nigel Burley), sa maîtresse (Lynette Wills), images du roué, cynique et entremetteur, et de la courtisane désabusée, tous les deux très beaux, très troubles, et danseurs émérites, sont la face sombre des amants, de ce couple désassorti, malmené mais radieux... comme le roman de Prévost est la face noire de cet âge de la prétendue "douceur de vivre".

L'image télévisuelle assez bien définie, et la réalisation ne trahit pas trop la chorégraphie.

5 - Katchatourián, "Spartacus", chorégraphie László Seregui, The Australian Ballet, Victoria Orchestra, Ormsby Wilkins, 1990.

Proposé ici dans la chorégraphie de Lázsló Seregui (1929-2012), chorégraphe hongrois dont ce fut le premier travail pour l'Opéra de Budapest en 1968, et non dans celle, bien connue, de Youri Grigorovitch, ce "Spartacus" est, pourrait-on dire, plus psychologique que celui éminemment "politique" du chorégraphe soviétique. Mais si ce dernier est souvent déclamatoire, son discours manichéen, illustré de symboles forts, reste constant. Ici, le fil du récit se relâche trop souvent, mais Seregui a réussi à enrichir (d'une conscience) le personnage de Crassus, caricature de la "puissance impérialiste-fasciste-esclavagiste" chez Grigorovitch.

On retrouve dans les rôle principaux, Steven Heathcote (le Des Grieux de "Manon") en Spartacus, Lisa Pavane (la Swanilda de "Coppélia") en Flavia, Greg Horsman dans le rôle de Crassus et Fiona Tionkin, dans celui de Claudia, tous excellents; si l'esthétique des décors a mal vieilli, la réalisation est bonne et l'image correcte.

Un packaging de cinq captations, déjà parues séparément en 2006, inégales techniquement, mais qui donnent une idée de l'Australian Ballet dans les années 80 et 90, une compagnie digne d'être comparée aux plus grandes.


Manon
Manon
DVD ~ Jules Massenet & James Macmillan
Prix : EUR 14,28

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le chef-d'oeuvre de MacMillan., 26 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Manon (DVD)
"Manon", musiques de Massenet, chorégraphie de Sir Kenneth MacMillan, Australian Ballet, Adelaide Symphony Orchestra, Nigel Smith, 1995, 1 DVD Qpus Arte, 2006.

Kenneth MacMillan, successeur de Frederick Ashton à la tête du Royal Ballet, donne toute sa mesure avec ce ballet créé à Coven Garden en 1974. Ecrite sur des musiques de Massenet, arrangées et orchestrées par Leighton Lucas, l'oeuvre n'utilise aucun thème de l'opéra éponyme. Les héritiers du compositeur obtiendront pourtant par voie de justice que le ballet soit titré "L'Histoire de Manon", comme si la confusion était possible, et bien inutilement d'ailleurs puisque le titre "Manon" s'est quand même imposé. C'est désormais un classique du ballet narratif moderne.

D'une lisibilité parfaite, sans que jamais la danse, et sa pureté, ne soit sacrifiée à l'anecdote, si l'oeuvre est aisée d'accès, elle est sans facilité. Excellent peintre des caractères et des situations, MacMillan invente à chaque instant. Utilisant le langage classique, tout le langage classique, il l'enrichit brillamment de tournures nouvelles, c'est étonnant mais évident, comme spontané, car jamais appuyé ou répétitif, ni racoleur, ni abscons. Chaque personnage possède son expression propre: le caractère, la psychologie est, pourrait-on dire, "en mouvement".
Quant aux divertissements, jamais trop longs, ils ponctuent le drame, l'aèrent, sans le déséquilibrer, ils viennent à propos, l'allègent d'une pointe d'humour, ou en accentuent l'ironie cruelle. Le ballet respire naturellement, il vit .

Mais un chef-d'oeuvre n'apparait pleinement comme tel que s'il est excellemment interprété. Heureusement, c'est le cas ici. Justine Summers et Steven Heathcote forment un couple idéalement complémentaire, danseurs-acteurs pertinents, d'une justesse et d'un naturel qui ne négligent jamais l'élégance, subtile équilibre: elle, blonde, jolie, un petit nez en trompette, et de grand yeux aérées, légère, gracile, femme-enfant, biscuit de Sèvres; lui brun, la mâchoire forte, grand, parfaitement charpenté, avec des mains superbes qui prolongent le mouvement et le parachèvent, mais l'oeil sombre, inquiet, et si tendre -dès lors attendrissant- sous toute cette franche virilité...
-Manon, au fond, est la plus forte, dans son amoralité... et toujours sincère. L'amour ou le luxe? Non, l'amour et le luxe! Dès qu'elle est rassasiée de l'un et que l'autre lui manque... elle alterne, spontanément. La vie n'est-elle pas un repas? Ne change-t-on pas de plats durant le dîner ? Les hommes sont des sots avec leur vanité, leurs exclusives!
Si on ne savait Manon innocente, son injuste sort nous émouvrait-il autant?

Lescaut (Nigel Burley), sa maîtresse (Lynette Wills), images du roué, cynique et entremetteur, et de la courtisane désabusée, tous les deux très beaux, très troubles, et danseurs émérites, sont la face sombre des amants, de ce couple désassorti, malmené mais radieux... comme le roman de Prévost est la face noire de cet âge de la prétendue "douceur de vivre".

Chef d'oeuvre de Sir Kenneth MacMillan, et chef-d'oeuvre du ballet narratif moderne, dont les originalités n'ont pas pris une ride -c'est rare!-, un ballet d'une inépuisable beauté. Il est présenté ici avec une image télévisuelle assez bien définie, et dans une réalisation qui ne trahit pas trop la chorégraphie. Cinq étoiles obligatoires!

- On retrouve cette captation dans le coffret de 5 DVD "The Beauty of Ballet".


Un homme marche dans la ville
Un homme marche dans la ville
DVD ~ Ginette Leclerc
Prix : EUR 20,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Zola '49., 25 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un homme marche dans la ville (DVD)
"Un Homme marche dans la ville", Marcel Pagliero, NB, 1950, excellente copie.

Pas un arbre, pas un brin d'herbe, des terrains vagues, des façades hébétées; le port de La Rochelle avec ses cales sèches aux dimensions babyloniennes, et l'océan, son horizon inaccessible, décors de cette histoire d'amour mal partagé... avec, au laid milieu de sa misère, un gosse muet, droit comme un reproche!

Film misérabiliste? Sûrement! Aussi dépourvu de pathos que d'espérance, d'où, à sa sortie, sa condamnation tant par le parti communiste (pour l'abrutissement et l'alcoolisme de dockers a-politisés) que par la Centrale Catholique du Cinéma (pour une peinture crue des appétits sexuels).

Outre ses excellents acteurs (Ginette Leclerc, Dora Doll, Jean-Pierre Kerien, Robert Dalban, Yves Deniaud, André Valmy, et même Fréhel), le film, qui n'évite pas quelques clichés, et dont l'intrigue semble trop prévisible, surprend par une fin atypique, qui laisse le drame irrésolu. Qu'importe, puisque le spectateur, lui, sait! Le haussement d'épaules de Jean en dit long sur un désenchantement absolu.


Symfoni 2/Sospiri Op 70
Symfoni 2/Sospiri Op 70
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 22,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La symphonie "classique" d'Elgar?, 23 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Symfoni 2/Sospiri Op 70 (CD)
Sir Edward Elgar, "Symphonie n°2, Sospiri", London Symphony Orchestra, Jeffrey Tate, 1 CD EMI, 1991.

Richard Strauss voyait en Elgar "un compositeur progressiste", Hans Richter le saluait "comme un des meilleurs compositeurs modernes", tandis qu'Arthur Nikitsch, qui avait créé sa première symphonie à Leipzig, la considérait comme une composition de premier ordre digne de figurer aux côtés de celles de Beethoven et de Brahms. De tels avis pour le moins autorisés font plaisir à l'admirateur d'Elgar, quand il lit si souvent sous la plume de simples critiques que sa musique est "trop délibérément noble dans l'expression", "pas tout à fait sans vulgarité", ou "trop émotionnelle", et bien entendu, "pompeuse".

En 1912, lors de la création de la deuxième symphonie, malgré un accueil du public qui aurait dû le satisfaire (Elgar, qui l'a dirigée, est rappelé plusieurs fois), le compositeur "n'a pas ce sentiment immanquable perçu lorsqu'un public, même anglais, est complètement touché, comme lors de la création du concerto pour violon ou de la première symphonie", écrit William H. Reed, premier violon du LSO, dans sa biographie d'Elgar (1). Le public attend d'instinct de ressentir une émotion de même type, et éprouve de la déception devant une oeuvre différente; le même phénomène s'est passé avec la deuxième symphonie de William Walton. Interprétée vingt-sept fois les trois premières années, l’œuvre remporta toujours un succès, mais ne provoqua jamais cette sorte de fureur triomphale qui salua la précédente, et n'a pass depuis atteint la même popularité.

Alors que la première symphonie donne l'impression (fausse mais persistante) d'un immense et même thème évoluant de manière organique dans une atmosphère de grandeur et de noblesse, avec des éclats, certes, mais sans rudesse, plus amples que violents, et quelques moments d'une tristesse absolue comme durant l'adagio... laissant le sentiment d'une oeuvre enveloppante, rassurante, la deuxième, plus classique de conception, paraît moins unie de fond: les quatre mouvements sont clairement différenciés, le schéma rythmique très évident, alternant des tensions qui ne sont pas sans agressivité avec des éléments plus festifs, pour autant que le chef sache privilégier cet aspect (Yehudi Menuhin avec le Royal Philharmonic Orchestra), ou lyriques (Jeffey Tate dans cette version-ci).

Contenant "Sospiri", pudique plainte pour orchestre à cordes, harpe et orgue, un CD qui permet d'apprécier à sa juste valeur, servie par un orchestre somptueux et un chef inspiré, cette deuxième symphonie, oeuvre d'un orchestrateur "magnifiquement moderne" et inventif, ayant su transmuter ses influences: le chromatisme wagnérien, la rigueur formelle d'un Saint-Saëns, la franchise mélodique d'un Delibes, qu'il admirait énormément, pour faire de ses compositions majeures des oeuvres "elgariennes", immédiatement reconnaissables, et anglaises, typiquement, malgré l'absence de toute référence à des thèmes populaires.
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(1) William H. Reed, "Elgar As I Knew Him", 1936.


Rimsky-Korsakov:3 Symphonies
Rimsky-Korsakov:3 Symphonies
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 33,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Pages du "Livre des Merveilles"., 21 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rimsky-Korsakov:3 Symphonies (CD)
Nikolaï Rimsky-Korsakov (1844-1908), "Trois symphonies, Capriccio espagnol, Grande Pâque russe", Gothenburg Symphony Orchestra, Neeme Järvi, 1987, 2 CD DG 1988.

Sens de la mélodie, brillance de l'orchestration, et un fameux tempérament, tout Rimsky-Korsakov est déjà dans cette irrésistible première symphonie (1865, révision 1884), trop rare au concert, comme au disque, et qui, créée sous la baguette de Balakirev, l'inspirateur, le maître despotique et adoré de Rimsky-Korsakov, connut un grand succès; elle était la première symphonie "russe" de l'histoire, celles d'Anton Rubinstein, produites avant elle, étant, au mieux, des symphonies allemandes.

La Symphonies n'2, "Antar", (1868, révision 1897), nommé "suite symphonique" par l'éditeur, est aussi bien un poème symphonique qu'une fresque symphonique tant le mouvement et la couleur, les climats et les rythmes changent, étonnent, troublent et séduisent; partition héroïque et sensuelle, aux senteurs pimentées, aux langueurs oniriques... un voyage sur les ailes du phénix, une des meilleures pages du "grand livre des merveilles" qu'est l'oeuvre de Rimsky-Korsakov, suivant la juste expression d'André Lischke, et que l'on rêve de voir chorégraphiée, tant la parenté avec "Shéhérazade" est évidente, et nombreuses ses possibilités scéniques.

Le 3ème symphonie (1873, révision 1886), une oeuvre, à l'écriture un peu crispée, composée alors que Rimsky-Korsakov, l'autodidacte, recevait par correspondance des cours de contrepoint de Tchaikovsky, témoigne qu'un excès de préoccupations techniques a brimé l'inspiration, et plus encore le naturel, mais dans le scherzo, si proche du folklore russe par son rythme à cinq temps, le compositeur se retrouve, et nous le retrouvons, aussi, égal à lui-même, comme dans "La Grande Pâque russe" (1888), avec son style de "grande fresque nationaliste", tellement en accord avec l'époque, et somptueusement visuelle.

Le Gothenburg Symphony Orchestra, sous la baguette de Neeme Järvi, qui le dirigea de 1982 à 2004, confirme qu'il est bien "un des meilleurs orchestres du monde" (The Guardian).


Nureyev/Bruhn : Complete Bell Telephone Appearances
Nureyev/Bruhn : Complete Bell Telephone Appearances
DVD ~ Compilation
Prix : EUR 26,52

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Erik et Rudolph, le danseur sage et le danseur fou ?, 21 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nureyev/Bruhn : Complete Bell Telephone Appearances (DVD)
"Rudolf Nureyev - Erik Bruhn, Their complete Bell Telephone Hour Performances (1961-1967)", The Bell Telephone Hour Orchestra, Donald Voorhees, 1 DVD VAI, 2002, 83 minutes.

"The Bell Telephone Hour", était une émission en couleur de la NBC, associant musique classique, ballet et variété, qui fit les beaux soirs de la télévision américaine, chaque semaine, de 1959 à 1968. Ce DVD rassemblent les apparitions qu'y firent Erick Bruhn et Rudolph Noureev entre 1961 et 1963. Seule la "Scène du balcon" de "Roméo et Juliette" est de 1967, et c'est curieusement la captation la plus médiocre, avec d'horribles distorsions du son et une image nébuleuse.
Présentés par des speakerines parées comme des reines, et dans des décors télévisuels qui ont aujourd'hui un charme désuet, nos étoiles dansent avec quelques unes des plus célèbres ballerines de l'époque, Maria Tallchief, Carla Fracci, Sonia Arova, Svetlana Beriosova et Lupe Serrano.
Malgré l'intérêt, souvent passionnant des témoignages, il est manifeste, comme dans toutes les captations de danse classique en studio, que les danseurs ne sont pas dans leur élément: ces grands oiseaux ne sont pas fait pour une telle cage; cela reste trop formel, bridé, l'émotion manque souvent, et il y a beaucoup de petits accidents...

Voici le détail des prestations:

Erik Bruhn :
1/ "Don Quichotte", Minkus, Petipa, "Grand Pas de Deux" avec Maria Tallchief (6/1/1961)
2/ "Le Lac des cygnes", Tchaikovsky, Petipa, "Pas de Deux du Cygne noir", avec Sonia Arova (4/2/1963)
3/ "Coppélia", Delibes, Bruhn, "Pas de Deux", avec Sonia Arova (19/11/1963)
4/ "Roméo et Juliette", Prokofiev, Bruhn, "Scène du balcon", avec Carla Fracci, (22/9/1967)
5/ "La Sylphide", Lovenskjold, Bournonville, "Grand Pas de Deux", avec Carla Fracci (22/10/1962)

Rudolph Nourrev :
1/ "Le Fête des fleurs de Genzano", Helstged et Paulli, Bruhn d'après Bournonville, "Pas de Deux", avec Maria Tallchief (19/1/1962)
2/ "Le Corsaire", Drigo, Noureev d'après Petipa, "Pas de Deux", avec Lupe Serrano (24/9/1962)
3/ "La Esmeralda", Drigo, Noureev d'après Petipa, "Pas de Deux de Diane et Actéon", avec Svetlana Beriosova (24/3/1963)
4/ "Le Lac des cygnes", Tchaikovsky, Petipa, "Pas de Deux du Cygne noir", avec Svetlana Beriosova (8/10/1963)

Réunir ces deux danseurs a pour nous aujourd'hui un double sens: représenter deux aspects majeurs de la danse classique masculine. Avec une dizaine d'années d'écart (Bruhn est né en 1928, Noureev en 1939), ces deux immenses danseurs (Noureev disait de Bruhn qu'il était le plus grand) apportent dans les mêmes rôles, l'un le classicisme, la noblesse un peu froide de la perfection stylistique, l'autre ce grain de folie électrisant qui fait qu'il a rendu la danse classique soudain accessible, parlante, pour un autre public. Le deuxième aspect de cette réunion -même si Erik et Rudolph ne dansent jamais ensemble-, c'est, sans le vouloir, de saluer une grande histoire d'amour, celle qui, avec tous les hauts et tous les bas qu'on imagine, a uni les deux danseurs pendant 25 ans...

Il est toujours simpliste de créer des oppositions : danseur sage, danseur fou. Des artistes de la trempe et de l'intelligence de Noureev et Bruhn ne se laissent pas étiqueter si facilement. Le titre de mon commentaire n'était qu'un question. Pour vouloir ou pouvoir les regarder d'un oeil neuf. Car face à l'un comme à l'autre, on a envie de parler de spontanéité, mot inapproprié semble-t-il pour un art aussi codifié que la danse classique, mais c'est pourtant le "miracle" des plus grands danseurs, que cette capacité de transcender la technique, de donner à croire qu'ils inventent ce qu'ils ont appris si longuement et avec tant d'effort.
Les danseurs classiques sont des héros.


Noureiev Portrait
Noureiev Portrait
DVD ~ Rudolph Noureiev
Prix : EUR 16,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Pour retrouver Noureev, 19 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Noureiev Portrait (DVD)
"Nureyev", documentaire de Patricia Foy, 1991, -en ANGLAIS sans sous-titres!-, 1 DVD Emi Classics.

Assez stupidement présentée par EMI sans sous-titres d'aucune langue, ce documentaire grand public jette le voile pudique, encore d'usage au début des années 90, sur l'homosexualité de Noureev, sur cette "amitié" avec Erik Bruhn (le plus grand danseur de sa génération d'après Noureev lui-même) qui fut une histoire d'amour, de leur rencontre en 1962 à la mort de Bruhn en 1986, et bien entendu sur le sida, mais telle qu'elle est, cette longue interview de Rudolph Noureev reste intéressante. Son histoire est bien connue, mais c'est lui qui la raconte, et il le fait simplement, sans pathos, sans vanité; et les interventions de Natalia Dudinskaya, avec qui il dansa son premier rôle principal au Kirov, de Magot Fonteyn, bien sûr, qui forma avec lui ce couple improbable et dorénavant légendaire, de Dame Ninette de Valois qui l'engagea au Royal Ballet où il fit ses débuts en février 1962, de Sylvie Guillem, qui créa "sa" Cendrillon à l'Opéra de Paris, sont, comme toujours dans le cas de souvenirs touchant à un personnage admiré, émouvantes... quand bien même elles ne sont pas très originales.

De bons extraits de ballets, mais il en manque beaucoup (affaire de droits, sans doute), émaillent le récit : la variation du "Corsaire", captée lors du concours de 1958, et qui valut à Noureev de pouvoir choisir entre un engagement au Kirov ou au Bolchoï: comme on sait, il resta à Leningrad; les Pas de Deux du "Lac" et de "La Belle", celui, beau et très périlleux, de "Casse-Noisette" avec Merle Parke -première chorégraphie de Noureev-, enfin ses débuts dans le ballet néo-classique et contemporain avec "Marguerite et Armand", le premier ballet composé pour lui et Margot Fonteyn par Frederick Ashton, "Apollo" de Balanchine (1973), l'extatique "Pierrot Lunaire" de Glen Tetley (1977), et "Auréole" Paul Taylor (1978).

Un des renseignements les plus intéressants que Noureev donne concerne la manière qu'avait George Balanchine de travailler une nouvelle partition. Il l'écoutait jusqu'à ce qu'il ait trouvé le tempo qui lui convenait, l'imposait au pianiste, puis demandait à celui-ci de lui jouer le climax final qu'il se mettait à chorégraphier directement avec les danseurs; quand cela était au point, il demandait au pianiste de jouer le climax précédent, qu'il travaillait de même, et ainsi de suite; quand les trois ou quatre climax de l'oeuvre était réglés, il reprenait la partition depuis le début, sachant ainsi vers quoi il allait. "J'ai trouvé cela intéressant et très avisé", dit Noureev. Et cela l'est, en effet, dans le cas d'une danse "pure", non-narrative, comme celle créée par Balanchine.

La fin du documentaire est belle. D'un rocher de cette petite île italienne qu'il possède -l'enfant pauvre est devenu prince, et pas seulement sur scène- Rudolph s'enfonce dans l'eau et nage... un rocher, très vite le dissimule à notre vue.
Moins de deux ans plus tard, il sera mort.
A 54 ans.


Grafin Mariza
Grafin Mariza
Proposé par KELINDO³
Prix : EUR 23,68

3.0 étoiles sur 5 Schramm, Schock, Stolz?, 16 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Grafin Mariza (CD)
Emmerich Kálmán, "Gräfin Mariza" (1924), extraits, Berliner Symphoniker, Robert Stolz, (sans date), 1 CD Eurodisc-BMG, 1994.

Margit Schramm (1935-1996), soprano munichoise, célèbre Outre-Rhin sur scène comme sur l'écran, et partenaire habituelle de Rudolf Schock dans les années 60, (c'est-y pas qu'elle est mignonne sur la pochette avec sa choucroute à la Mylène Demongeot?!), a pourtant la voix un peu maigre pour le rôle de Mariza. La comtesse est une femme, et de caractère, non une jeune fille; la voix de Schramm conviendrait à merveille à Lisa; face au Tassilo, sombre et puissant de Schock -la silhouette de Walther von Stolzing parcourt cette voix- elle manque de chair et de sang, le déséquilibre vocal du couple est flagrant. Dommage!

L'intérêt de ce CD d'extraits du chef-d'oeuvre d'Emmerich Kálmán sera donc dans le mémorable Tassilo de Rudolf Schock, étonnant d'héroïsme refoulé dans "Auch ich war einst ein feiner Csárdáskavalier" (une des plus prenantes interprétations qu'on puisse en entendre), et pour la direction tonique de Robert Stolz... même si Dorothea Chryst en Lisa et Ferry Gruber en Kolomán Zsupán ne déméritent en rien.


Henri Vieuxtemps : Concertos pour violon n° 2 et n° 3
Henri Vieuxtemps : Concertos pour violon n° 2 et n° 3
Prix : EUR 7,05

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Vieuxtemps, ou la générosité!, 16 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Henri Vieuxtemps : Concertos pour violon n° 2 et n° 3 (CD)
Henri Vieuxtemps, "Concertos pour violons n°1 et 3", Janacek Philharmonic Orchestra, Denis Brukh, Misha Kelyn, violon, 1 CD Naxos, 1995.

Né en 1820, à Verviers, dans ce qui allait bientôt devenir la Belgique, Henri Vieuxtemps, élève de Bérot pour le violon et de Reicha pour la composition, admiré de Schumann et Paganini, de Berlioz et Wagner, a été l'artisan de la redécouverte du concerto de Beethoven tombé dans l'oubli depuis 1806; l'interprétation qu'il en donna en 1834 (il avait quatorze ans! ) suscita l'enthousiasme, tant pour l'oeuvre que pour son interprète.
Virtuose international, auteur de sept concertos pour violon et de deux pour violoncelle, il aura triomphé à New York comme à Saint-Pétersbourg, fondé l'école russe de violon, enseigné au Conservatoire de Bruxelles, avant de s'en aller mourir en Algérie en 1881.

Vieuxtemps semble appartenir à cette catégorie de compositeurs dont tous les mélomanes connaissent le nom, que les plus grands solistes interprètent, et dont on parle à peine; quelques lignes, pas mieux que condescendantes, dans le Larousse de la musique.

Si les deux concertos présentés ici marquent pour le premier l'influence de Paganini, et pour le deuxième, dans lequel Eugène Ysaïe voyait, avec raison, un grand poème symphonique, celle de Beethoven, ce sont surtout deux morceaux de belle musique, souple, avenante, généreuse, dont les interprètes de ce CD -un orchestre tchèque, un chef américain, un violoniste russe- rendent la séduction jamais facile, la richesse jamais compliquée, avec onctuosité.


Beethoven-Symphonie N 5 en Do Mi Op67-Leonore III Ouverture-Orch.Phil.Vienne-l Bernstein-
Beethoven-Symphonie N 5 en Do Mi Op67-Leonore III Ouverture-Orch.Phil.Vienne-l Bernstein-
Proposé par MMT-France
Prix : EUR 16,14

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Une autre Cinquième?, 12 mars 2015
Beethoven, "Symphonie n°5", "Ouverture Leonore III", Wiener Philharmoniker, Leonard Bernstein, 1980, 1978, 1 CD DG, 1990.

Leonard Bernstein qu'on attend un peu bêtement -car c'est un a priori, toujours détestable ici comme ailleurs- fougueux, dynamique, exubérant, nous présente une cinquième lente et retenue surtout les premier et dernier mouvements... qui laisse perplexe.

Puisque les qualités d'artistes émérites, comme le Wiener et Lenny, ne sauraient être mises en cause, il faut voir dans cette lenteur, cette retenue, cette pudeur, qui marquent leur interprétation, un choix, et le respecter avant d'en juger. La surprise passée, on envisagera cette musique qui semble se mettre en attente au lieu d'aller toujours de l'avant, réfléchissant sur elle-même, introspective, dirait-on, songeuse, éclairée d'un autre jour; et comme il n'est jamais mauvais qu'une interprétation interroge, trouble nos habitudes, surtout encore une fois quand la qualité artistique n'est pas en cause -même si la captation live laisse apparaître d'inévitables imperfections-, on pourra grâce à elle revenir à des versions plus traditionnelles, l'oreille comme... nettoyée?


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