Profil de Roger Dominique Maes > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Roger Dominiqu...
Classement des meilleurs critiques: 16
Votes utiles : 3005

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Roger Dominique Maes (Bruxelles)
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
Born to be bad
Born to be bad
DVD ~ Loretta Young
Proposé par Expédition sous 24H
Prix : EUR 4,26

3.0 étoiles sur 5 La morale des nantis..., 21 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Born to be bad (DVD)
"Born to be Bad", Lowell Sherman, 1934, NB, bonne copie, VOST seulement.

Letty, jolie jeune femme, vit d'expédients (euphémisme) avec le fils qu'elle a eu d'amours sans lendemain. Lorsque le garçon est renversé par un camion, elle croit sa fortune faite; le patron de la société de transport (Cary Grant) crachera au bassinet... à moins que sensible à ses charmes, celui-ci ne divorce pour l'épouser.

Moins connu que son remake de 1950 (en français "La Femme aux maléfices"), avec une Joan Fontaine à contre-emploi mais très convaincante -il est vrai que c'est alors Nicholas Ray qui est aux commandes-, cette version de 1934 souffre d'une réalisation ramassée, comme si Lowell Sherman (1885-1934), qui s'est fait dans le cinéma un nom obscur, avait été pressé d'en finir, ou de faire tenir son film dans moins de soixante minutes (était-il prévu comme film d'avant-soirée, comme cela se pratiquait dans ces années-là?); toujours est-il que le réalisateur néglige une règle de basse, à savoir qu'il faut savoir laisser filer certaines scènes, permettre au spectateur de jouir de son émotion de quelque nature qu'elle soit. Or Sherman coupe dès que l'image est explicite, non privant de son charme ou de sa force. Ce n'est pas parce que l'on a compris que le couple va s'embrasser qu'on ne veut pas voir leur baiser... Regarder un film, ce n'est pas qu'assister, c'est aussi s'identifier. Il y a autant de maladresse à faire trop court qu'à faire trop long.

Ceci dit le film n'est pas sans atouts. L'histoire, toute datée qu'elle soit, est solide, la séduction de Loretta Young, -joues rondes, énorme bouche aux lèvres épaisses, gros yeux à fleur de tête, et une silhouette de liane- est étrange mais certaine, tandis que Cary Grant, pas toujours employé au mieux de ses moyens -la faute à cette réalisation hâtive?-, mais beau comme c'est pas permis, grand, que dis-je? immense -ah, cette stature, cette démarche, ce port de tête, et ce sourire éblouissant, ce regard qui en dit toujours plus long!- est d'une classe folle, franc comme l'or et l'air de n'être jamais dupe, pas plus des autres que de lui-même... en un mot, Cary Grant, il n'y en eut qu'un!

Au-delà de sa forme, ce qui me gêne le plus dans cette histoire, c'est son message : ce "regardez comme nous sommes bons, nous les riches, et comme vous êtes mauvais, vous les pauvres, tant que vous ne restez pas à votre place !"
Or, moins que "née pour être mauvaise", Letty a été à l'école de la vie, et celle-ci lui a appris qu'elle ne fait pas de cadeau, et que ce n'est pas avec des scrupules que les nantis se sont hissés où ils sont. Elle veut sa part du gâteau, dans un pays où le gâteau est au premier qui se sert, tout le monde sait cela!... Alors ce couple jeune, riche et beau (Cary Grant et Marion Burns) qui, derrière la façade de sa luxueuse villa, à l'ombre de grands arbres, et dans la fraîcheur dégagée par la piscine, donne à Letty une leçon de morale et de générosité, et fait qu'elle retourne travailler dans la bouquinerie de ses débuts pour quelques dollars par semaine, me donne un peu mal au coeur... Mais sans doute, vais-je trop loin dans l'extrapolation.


Haendel - Rodelinda
Haendel - Rodelinda
Proposé par musikdrehscheibe
Prix : EUR 63,08

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Une "Rodelinda" tour à tour anorexique et en surcharge pondérale., 19 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Haendel - Rodelinda (CD)
Haendel, "Rodelinda" (1725), La Stagione, Michael Schneider, 1991, 3 CD Deutsche Harmonia Mundi, notice et livret en italien, anglais et français.

En ce qui concerne cette "Rodelinda" enregistrée en public par Michaël Schneider en 1991, je suis à 98% d'accord avec le commentaire de Luis Cajaroy, qui a trouvé pour la définir une expression sans appel : "c'est mou du genou".
J'ai donc beaucoup hésité à écrire une chronique de mon cru. Qu'avais-je de plus à dire ?... Si je le fais c'est pour rendre hommage à Christoph Prégardien que je trouve un des ténors baroques les plus admirables qu'on ait pu entendre; s'il manque un peu de mordant, quel beau timbre, quelle clarté, quelle pureté dans l'élocution... voilà un noble usurpateur, un peu trop noble peut-être, mais après tout, Grimoaldo montre assez vite la qualité de sa conscience et, à la fin de l'ouvrage, une véritable grandeur de caractère, donc il n'y a pas de véritable contradiction entre la noblesse de la voix et la vilénie du personnage, vilénie relative d'ailleurs, car davantage due à l'influence de son éminence grise, Machiavel en action, Garibaldo, qu'à la nature profonde de Grimoaldo. J'aime beaucoup Joseph Kaiser et Kurt Streit dans ce rôle, qu'ils investissent d'une forte présence, mais aucun des deux n'a le style de Prégardien: voilà un chanteur!

Barbara Schlick, malgré beaucoup de qualités, nous offre une Rodelinda "première communiante", jolie, mais sans relief, loin de la souveraine, de la mère, de l'épouse, frappée par le destin, mais au caractère trempé que j'espère entendre. Reconnaissons qu'il faut beaucoup de métier pour cacher la fatigue de la voix sous les traits de la jeunesse et de l'innocence, mais cette fillette effarouchée n'est pas le personnage.
Gotthold Schwarz m'a un peu surpris par la clarté de son timbre dans un personnage aussi noir que Garibaldo, mais la voix est belle, et le rôle est incarné, cela suffit à faire de lui le deuxième atout de cette captation, car hélas! le reste de la distribution déçoit sans appel. L'Unulfo de Kai Wessel n'est pas à la hauteur, et souffre de la comparaison avec la désormais inoubliable interprétation de Iestyn Davies que l'on conserve dans l'oreille... L'Eduige de Claudia Schubert est insignifiante, chantant les notes, oui, mais sans conviction aucune, tandis que le Bertarido de Cordier, non dépourvu de technique, manque totalement de stature et vocale et interprétative.

Quant à la direction de Schneider, elle hésite entre la mollesse -les premières mesures de l'ouverture sont à décourager les meilleures volontés- et une vigueur ou épaisseur épisodiques, laissant l'oeuvre partir à vau-l'eau; je crois que je préfère encore la version de Nicholas Kraemer, sur laquelle j'ai ironisé: toute pâlichonne qu'elle soit, elle a le mérite de témoigner d'une conception d'ensemble, ou bien sûr celle de l'élégant Alan Curtis qui, à côté de ces deux chefs, passerait pour un foudre de guerre!

Trois étoiles, c'est bien noté, mais c'est en l'honneur de Christoph Prégardien... et de Gotthold Schwarz, chanteur et chef d'orchestre qui, malgré une discographie honorable, n'a guère de notoriété.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 21, 2014 3:57 PM MEST


1066 - tome 1 - 1066 - Guillaume le conquérant
1066 - tome 1 - 1066 - Guillaume le conquérant
par Patrick Weber
Edition : Cartonné
Prix : EUR 16,45

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 1066, sombres pages !‏, 18 octobre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : 1066 - tome 1 - 1066 - Guillaume le conquérant (Cartonné)
Patrick Weber, scénario, Emanuele Tenderini, dessins, "1066, Guillaume le Conquérant", Editions Le Lombard, Bruxelles, 2011, cartonné, 72 pages.

Le choix d'un coloris froid, où dominent les gris, les bruns, les noirs mats, pratiquement tous appliqués en à plat, fait perdre de sa force au dessin vigoureux d'Emanuele Tenderini- dont la première édition donne de beaux croquis d'étude en fin de volume-, il n'est plus que dur; certes les temps sont âpres en ce XIe siècle, rudes sont les hommes, et lourds les enjeux qui opposent Harold le Saxon et le Bâtard de Normandie, mais à trop assombrir le tableau, on rend la lecture de cette BD assez rébarbative, quels que soient l'intérêt d'un récit bien mené et ses qualités historiques. Seule la bataille d'Hastings brille de l'éclat des casques et des épées, de la chaleur du sang...

Présenté comme une adaptation de la Tapisserie de Bayeux, un album sévère, à réserver aux passionnés d'une époque se dégageant avec peine de la barbarie.


Handel: Flavio
Handel: Flavio
Prix : EUR 32,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une merveille !, 17 octobre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Handel: Flavio (CD)
Haendel, "Flavio", (1723), Early Opera Company, Christian Curnyn, 2010, 2 CD Chaconne, notice en anglais et français, livret en italien et anglais.

Voilà un livret combinant l'ironique et le tragique, comme Haendel n'en avait plus mis en musique depuis "Agrippina" en 1709, qui dérouta le public londonien lors de la création autant qu'il nous déroute aujourd'hui. D'une part une légende moyenâgeuse assez sordide : le roi Flavio (le fils d'une célèbre Rodelinda et de son Bertarido) s'amourachant d'une jeune beauté qu'il jette au couvent après l'avoir possédée (épilogue que le livret nous épargne), d'autre part un jeune homme tuant en duel le père de sa bien-aimée, drame directement inspiré du "Cid" de Corneille. Sur ce livret hybride, l'incomparable mélodiste que fut Haendel a tressé une des plus délectables couronnes d'arias qu'il ait composées... petite merveille d'une grande variété de coloris en demi-teinte que tous les biographes du compositeur tiennent pour un de ses chefs-d'oeuvre, toujours trop ignoré. Ce CD comble donc une lacune, et fort brillamment, la version de René Jacobs ne présentant pas une distribution aussi convaincante que celle-ci.

Si Tim Mead fait, avec les défauts et les qualités qu'on lui connait (aigus pointus, légers manques de stabilité, mais une grande musicalité et un médium de velours), un Flavio très séduisant; si les voix féminines, Rosemary Joshua (Emilia, l'équivalent de Chimène), Hilary Summers (Teodata), Renato Pokupic (Vitige) sont à mes yeux sans reproches, comme le ténor, Thomas Walker, dans le trop court rôle d'Ugone (il n'a qu'un aria au IIe acte), on ne peut reprocher à la basse Andrew Foster-Williams qu'un manque de modération qui dépare quelque peu un ensemble vocal très homogène. Avec la fine et précise direction de Christian Curnyn, tout cela serait déjà bien beau, mais nous avons en prime Iestyn Davies dans le personnage de Guido (l'équivalent de Rodrigue), le rôle le plus riche dramatiquement, et auquel Haendel a réservé de superbes arias. Davies, comme dans toutes ses interprétations, en comprend si intimement la richesse et la beauté qu'il le porte à l'excellence, au point que j'avais envie, vu l'importance du personnage et la qualité de son interprète, d'intituler mon commentaire : "Flavio"? Non, "Guido"!

Même si l'on peut penser que Curnyn ne marque pas assez la différence entre les scènes ironiques et les dramatiques, cet enregistrement n'en est pas moins une merveille!
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (13) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 19, 2014 8:41 PM MEST


Captain Flynn
Captain Flynn
par Claude-Jean Philippe
Edition : Cartonné

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Pathétique et flamboyante énigme.‏, 17 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Captain Flynn (Cartonné)
"Captain Flynn", texte de Claude-Jean Philippe, dessins de Patrick Lesueur, Dargaud, 1989, cartonné, 62 pages.

Cette biographie du mythique Errol Flynn, signée de Claude-Jean Philippe, qui a présenté le Ciné-Club sur France 2 pendant près de 25 ans, est une réussite. Les dessins de Patrick Lesueur y sont pour beaucoup: il a supérieurement saisi le charme, sûr et désabusé, de l'intemporel séducteur...
Mais ce portrait-hommage au héros flamboyant et à l'homme suicidaire ne résout pas l'énigme Errol Flynn... Il ne l'ambitionnait pas. Nul ne le pourrait, pas même l'intéressé qui s'est auréolé de légendes, affublé de fabuleux bobards, grossissant à plaisir un miroir à alouettes auquel le spectateur-gogo, que nous sommes tous, continue de venir se prendre... avec ravissement.

Errol Flynn, comme tous les auto-destructeurs, déclarait, mais on sait ce que valent ces déclarations de noceurs invétérés qui prétendent faire la leçon à monsieur-tout-le-monde: "La grande différence entre moi et la plupart des hommes, c'est qu'ils sont prudents. Pas moi. Je ne l'ai jamais été, ni le serai jamais."
Il y a toujours eu deux sortes de courage et de lâcheté, antinomiques. Le courage de l'instant, le seul reconnu comme tel, et le courage au jour le jour, l'endurance, qu'on appelle négativement la résignation. En regard de ces deux courages, il y a toujours eu deux lâchetés: celle devant le danger immédiat, et celle devant la vie, ses exigences quotidiennes et... le vieillissement. On a l'une ou l'autre. On brûle la bougie par les deux bouts, ou l'on en protège la flamme pour qu'elle dure le plus longtemps possible.
Toute forme de courage sous-entend sa forme de lâcheté, et inversement; on n'est jamais aussi intrépide qu'on le croit, ni aussi couard qu'on se le reproche. Par ailleurs, quel est ce courage qui consiste à se fuir dans l'alcool, à s'y noyer, littéralement? Flynn a déclaré un jour, boutade de plus, mais significative : "L'une des plus grandes blagues est que la vie commence à quarante ans. A cet âge-là vos cheveux tombent, vous perdez vos dents, vos os commencent à vous faire mal et vous vous réveiller en vous sentant sale. Je le sais, voici trop longtemps que j'ai quarante ans."* Avouant ainsi que lui qui craignait tant de vieillir et voulait à tout prix y échapper, était vieux avant l'âge. Le temps l'avait rattrapé au fond d'un verre... A moins d'un accident, ou de se tirer une balle, le temps nous rattrape toujours! "Mieux vaut vingt ans comme un lion, que soixante comme mouton", dit un vieux proverbe italien! D'accord, mais il faut mourir à vingt ans, après c'est trop tard.

Il semble, à tort ou à raison -vu de si loin comment apprécier un être qui échappa même à ses proches?- que la vie de Flynn ait été totalement dépourvue de la plus petite once, sinon de bonheur -l'acteur aurait sans doute ris le premier de cette notion-, du moins de satisfaction durable: du plaisir, beaucoup de plaisir, oui, matériel et physique, mais pas un instant où l'homme semble avoir été capable de s'arrêter et de jouir de ce qu'il avait reçu et acquis: de sa beauté, de son pouvoir de séduction, de ses succès, de sa fortune.

Je ne suis pas "psy", et ne voudrais pas l'être, et ne chercherai pas les causes de cette course à l'abîme que fut la vie d'Errol Flynn, ni comment cet homme si peu conventionnel, tête brûlée, égoïste et volage, presque anti-social, qui ne croyait à rien, pas même en lui-même ou en l'intérêt de ce qu'il faisait, a pu incarner au cinéma, et de manière aussi convaincante, aussi radieuse, et pour toujours, ce qu'il n'était pas, l'homme parfait, le héros emblématique, le coeur d'un seul amour...
Peut-être fallait-il qu'il fût aussi menteur pour être aussi convaincant à l'écran! Si cynique pour y être aussi crédible! Si désabusé pour y être aussi allègre! Si noir pour y briller d'un tel éclat!...
Est-ce l'in-importance qu'il attachait aux êtres, aux choses, et à lui-même, qui lui a permis d'être, et comme personne n'aurait pu les incarner, Robin Hood, le Captain Blood, Mylord Essex, ou le major Geoffrey Vickers? Croyons-le !

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
* Cité par Eric Leguèbe "Errol Flynn", Solar, 1981, p. 60.


Homme aux clés d'or (L')
Homme aux clés d'or (L')
DVD ~ Pierre Fresnay
Prix : EUR 20,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un personnage hors-normes..., 14 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Homme aux clés d'or (L') (DVD)
"L'Homme aux clés d'or", Léo Joannon, NB, 1956, bonne copie.

Je n'ai pas toute la filmographie de Pierre Fresnay en tête, mais il me semble bien que ce rôle d'Antoine Fournier soit le meilleur que le cinéma lui ait donné -oui, meilleur encore que celui de "Monsieur Vincent", ou du médecin du "Corbeau" car, plus varié: il passe ici d'une bonté un peu naïve à la colère noire, de la haine au dépit, du mépris à la générosité. Il est tout l'humain -ses faiblesses comme ses valeurs- avec une rare intensité, dans le personnage de ce professeur d'anglais accusé injustement d'avoir voulu abuser d'une de ses élèves (Anne Girardot, déjà plus que parfaite dans son premier film), et qui, réduit à refaire sa vie comme portier d'hôtel, retrouve les artisans de sa déchéance quelques années plus-tard descendus dans le palace monégasque dont il tient les "clés d'or". L'heure de la vengeance a-t-elle sonné ?

Aux côtés de Pierre Fresnay et d'Annie Girardot, plus garce que jamais, mais garce amoureuse, c'est la richesse de son personnage, il convient de mentionner le "jeune premier", comme on disait encore à l'époque, Gil Vidal, garce lui aussi, garce au masculin, ce sont les pires, démon à face d'ange, manipulateur de cette intrigue où le sordide et la noblesse s'affrontent et se détruisent... plus joli que vraiment beau, pas très viril, sans être efféminé, trop blond et trouble, ambigu en tout cas, et se jouant de sa séduction avec une habileté de roulure.
Dommage que l'acteur n'ait pas tenu ses promesses (il avait en face de lui Alain Delon et Jean-Claude Brialy et s'égara dans le roman-photo et le cinéma de série B italien), car il avait d'excellents atouts, mais il ne faut pas faire beaucoup de films pour recevoir son passe-port pour l'immortalité: grâce à celui-ci, et dans un moindre registre car le personnage était très lisse, grâce au rôle du fiancé de Sophie Daumier dans "A pied, à cheval et en voiture", les cinéphiles se souviennent de son attachant visage... et de son indéniable talent.

Pour en revenir au film, on peut faire quelques reproches à la mise en scène de Léo Joannon (également auteur du scénario original), notamment aux premières séquences qui manquent un peu d'allant, mais dès la prétendue tentative de viol, le film trouve son rythme et un suspens d'autant plus sûr qu'il est très particulier, bâti sur la personnalité de cet homme aux clés d'or, vraiment hors normes.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 16, 2014 1:13 PM MEST


120, rue de la Gare
120, rue de la Gare
DVD ~ René Dary
Proposé par cinéphil
Prix : EUR 39,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Une impasse ...!‏, 14 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : 120, rue de la Gare (DVD)
"120 rue de la Gare", Jacques Daniel-Norman, NB, 1946, bonne copie.

A l'inverse de la commentatrice qui déplore la trahison faite à l'esprit et à la forme du roman initial, ne connaissant pas l'oeuvre de Léo Malet dont ce film se prétend inspiré, j'ai voulu le prendre pour ce qu'il semble promettre, une enquête policière agrémentée de la présence pétillante de la toute jeune et jolie Sophie Desmarets (une des meilleures actrices françaises, et la plus médiocrement employée par le cinéma!)
Mal m'en a pris! Même avec la meilleure volonté du monde, il est impossible de trouver la moindre qualité à ce long métrage: réalisation molle, intrigue filandreuse, acteurs surjouant en permanence (Ah, ce René Dary* en Nestor Burma!)...

La "Rue de la gare" est une impasse !

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
* Heureusement pour sa mémoire, il a été choisi pour être Riton, "p'tite tête de hérisson", le pote de Gabin, dans le mythique "Touchez pas au grisbi" !


Purcell : Music for Queen Mary
Purcell : Music for Queen Mary
Prix : EUR 7,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 God save the Queen!, 12 octobre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Purcell : Music for Queen Mary (CD)
Henry Purcell, "Music For The Queen Mary",Academy of Ancien Music, Choir of King's College, Cambridge, Stephen Cleobury, 2005, 1 CD EMI Classics 2006, notice et textes en anglais.

Fille ainée du duc d'York, futur Jacques II (le dernier roi Stuart), et de sa première épouse, Mary avait épousé le stadhouder des Pays-Bas, Guillaume d'Orange. De confession protestante, elle fut choisie, pour régner sur le Royaume-Uni lorsque la révolution de 1688 eut chassé Jacques II, dont les sympathies catholiques irritaient tant le peuple que le parlement. Rare exemple dans l'histoire d'une fille usurpant le trône de son père, Mary II gouverna conjointement avec Guillame III de 1689 jusqu'à sa mort due à la variole, en 1694. Guillaume, régulièrement en campagne sur le continent, bataillant contre Louis XIV qui avait donné asile à Jacques II et à sa famille, se reposait sur Mary des soins du gouvernement. Souveraine efficace, et respectée, sa mort fut ressentie comme un drame national.

Ce CD comprend :
"Come, ye sons of Art" - Ode for the Birthday of Queen Mary (1694)
"Praise the Lord, O Jerusalem"
"Love's goddess sur was blind" - Ode for the Birthday of Queen Mary (1692)
Music for the Funeral of Queen Mary (1695)
Funeral Sentences
Funeral Anthem of Queen Mary (1695)

Je souhaitais dans mon commentaire sur son CD "Rivals" que David Hansen nous donne assez vite un récital d'airs de Haendel ou Purcell pour qu'on puisse juger de ses capacités sur un matériau musical plus solide que les arias acrobatiques d'un Broschi ou d'un Vinci. Or il l'avait déjà fait, en partie du moins, avec ce disque consacré aux musiques composées par Purcell pour des anniversaires de la reine Mary et pour déplorer sa mort.
A 23 ans (l'enregistrement date de 2005), brillance des aigus, chaleur des graves, médium charnu, maîtrise du souffle, avec une élocution claire, mais que le travail pourra encore rendre plus précise et subtile, voilà un chanteur qui, s'il ne s'égare pas dans la pyrotechnie gratuite, et continue à travailler la qualité, à approfondir son art auprès des meilleurs compositeurs, nous promet de belles heures musicales.
Tim Mead, qui répond à David Hansen dans "Sound the trumpet", est un peu "pointu", comme toujours, mais ne manque pas d'atouts: son timbre si reconnaissable, de beaux éclats cuivrés, convenant parfaitement à cet air "fanfarant", et un médium ample et chaud qui m'enchante à chaque fois que je l'entends.
Que je n'oublie pas de mentionner la voix souple et chatoyante de la soprano Kate Royal -la bien nommée- dont l'air "Bid the virtues" est exemplaire, et le jeune Joe Adam, membre du King's Collège, qui interprète "Praise the Lord" avec une pureté angélique, comme il se doit, mais aussi une justesse qu'on ne trouve guère que parmi les jeunes choristes anglais.

L'Academy of Ancient Music est égale à sa réputation (rien que l'introduction de "Those eye, that form", ou la marche qui fait suite au "Drum processionnal" ouvrant la musique funèbre : musique qui, comme peu d'autres, donne le frisson du sanctuaire, mystère du trépas, et... grandeur du deuil!)
Quant au choeur d'enfants du King's College de Cambridge, il chante sur les branches fleuries de son arbre généalogique : c'est la tradition, oui, mais la tradition telle qu'on la conçoit en Angleterre, passionnément entretenue -rien à voir avec une quelconque routine-, toujours vivante et intimement vécue.

Seule la prise de son, bien que je ne sois pas un audiomane exigeant, et que j'aie difficile à appréhender les sources de ce genre de problème, me semble discutable: il y manque de l'ampleur, cette lointaine résonance qui donnent aux sons toute leur stature... Petit bémol pour un CD qui rend magnifiquement justice au génie de l'Orpheus Britannicus.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 14, 2014 8:00 AM MEST


Francesco Manfredini: 12 Concerti, Op. 3
Francesco Manfredini: 12 Concerti, Op. 3
Prix : EUR 20,74

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Manfredini, un Bolognais à Monaco., 12 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Francesco Manfredini: 12 Concerti, Op. 3 (CD)
Francesco Manfredini, "Concerti op. 3", Les Amis de Philippe, Ludger Rémy, 1998-99, 1 CD CPO 2000, notice en allemand, anglais et français.

Francesco Onofrio Manfredini n'est presque plus connu que pour son concerto de Noël, intitulé "Pastorale per il santissimo Natale", le numéro XII, et dernier, de ses concerti op. 3, régulièrement enregistré en même temps que ceux de Corelli, Torelli et Vivaldi.
Né en 1684, élève de Giuseppe Torelli, maître de l'école bolognaise de violon, il occupa à partir de 1711, le poste de maître de chapelle du Prince Antoine Ier de Monaco. Dans son livre consacré à Monaco et à ses princes (Perrin, 1996), Alain Decaux écrit à propos du prince, séjournant sur le Rocher durant la guerre de succession d'Espagne: "Ce qui manque le plus à Antoine, ce sont les théâtres de Paris et leurs coulisses. Sa seule passion, désormais, est la musique. D'année en année, il acquiert un nombre incroyable de partitions et conserve comme une relique une canne ayant appartenu à Lully. Tout le monde au palais chante ou joue d'un instrument. Antoine ira jusqu'à faire venir sur son Rocher une troupe de chanteurs, un orchestre et un corps de ballet. "Nous musiquons du matin au soir, mande-t-il à son cousin le marquis Doria, et les journées nous paraissent courtes; O dolce vita!" C'est pendant ces années-là que Manfredini composa ses douze concerti, qu'il ne manqua pas de dédier au prince de Monaco lors de leur publication en 1718.
On n'a pas réussi à déterminé combien de temps le compositeur resta au service de la cour monégasque, mais c'est, de longtemps revenu à Bologne, et comme maître de chapelle de la cathédrale San Filippo, qu'il meurt en 1762.

Les 12 concerti pour instruments à cordes et basse continue, sont divisés en trois groupes: les quatre premiers sont des "concerti di ripieno", à savoir des concerti grossi où il n'y a pas à proprement parler de solistes; les quatre suivants des concertos pour violon et orchestre, tandis que les quatre derniers sont composés pour deux violons solistes et basse continue.

"Les Amis de Philippe", orchestre réuni par Ludger Rémy pour interpréter Carl-Philip-Emmanuel Bach, d'où son nom, et ses contemporains, donne de ces oeuvres une bien meilleure version que l'orchestre Capella Istropolitana (chez Naxos) : palette claire et opulente, franchise des attaques, avec un zeste d'acidité... un grand orchestre.

Ce CD, même s'il n'est pas récent, reste, que je sache, un des deux seuls -et le meilleur- à présenter l'entièreté de concerti qui peuvent se placer sans rougir aux côtés de ceux de Haendel, il est donc recommandable.


Georg Friedrich Händel: Great Oratorio Duets [Hybrid SACD]
Georg Friedrich Händel: Great Oratorio Duets [Hybrid SACD]
Prix : EUR 20,57

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'accord parfait !, 11 octobre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Georg Friedrich Händel: Great Oratorio Duets [Hybrid SACD] (CD)
Haendel, "Great Oratotio Duets", Carolyn Sampson, soprano, Robin Blaze, contre-ténor, The Orchestra of the Age of Enlightenment, Nicholas Kraemer, 2005, 1 CD BIS Records AB, 2006, notice en anglais, allemand et français, textes des duos en anglais.

Sans Luis Cajaroy, et l'excellent autant qu'enthousiaste commentaire qu'il lui a consacré, je n'aurais sans doute jamais découvert ce récital de duos tirés des oratorios anglais de Haendel; je lui dois une bien belle reconnaissance dont je m'acquitte ici.

Il a tout dit du couple "en osmose", ce sont ses mots, que forme Carolyn Sampson et Robin Blaze, ils sont en duo, non en compétition, personne ne tire la couverture à soi, ils sont au service de l'oeuvre, c'est l'accord parfait.

Carolyn Sampson, une des chanteuses attitrées de Robert King, est bien connue, et justement admirée, le contre-ténor, Robin Blaze, un peu moins, et c'est fort regrettable car il mérite d'être placé au niveau des meilleurs, je parle des Andreas Scholl, Philippe Jarrousky, Bejun Mehta, Iestyn Davies, tant pour la beauté du timbre que pour l'exquise qualité de l'interprétation.

- Je dois maintenant faire un aveu, qui ne sera peut-être pas inutile aux autres auditeurs de ce CD que je souhaite nombreux: à la première écoute, j'ai éprouvé comme une désillusion. Cela me semblait parfait, oui, mais un peu ennuyeux, comme peut l'être précisément la perfection avec... son équilibre, son ni trop, ni trop peu, son juste milieu. L'accord de ces deux voix, sinon même une certaine similitude entre elles, compte tenu des différences de tessiture, disons alors leur homogénéité, dans cette suite de duos, m'a paru monotone... Suis-je si accoutumé aux effets clinquants, aux ornementations racoleuses, qu'instinctivement je les attende dans ce répertoire? Il faut le croire. Mea culpa! Un petit d'effort d'écoute, de qualité d'écoute, m'a été demandé, mais comme il a été récompensé! et avec quel plaisir, plaisir au sens le plus noble, je goûte aujourd'hui ce disque dans toute sa plénitude!... J'en souhaite autant à tous ceux qui le découvriront.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 11, 2014 5:10 PM MEST


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20