Profil de Didier Lalli > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Didier Lalli
Classement des meilleurs critiques: 336
Votes utiles : 781

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Didier Lalli
(TESTEURS)    (TOP 500 COMMENTATEURS)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
California Breed
California Breed
Prix : EUR 16,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Sacré Glenn..., 16 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : California Breed (CD)
Une fois de plus je me régale des découvertes musicales faites grâce au webzine. Comme souvent, je teste en voiture le CD d'un groupe inconnu de moi, en allant bosser. J'essaye de tester (au moins un morceau) tous les CD que nous recevons, avant de les dispatcher à mes vénérés chroniqueurs. Et California Breed, ça ne me dit rien, même si j'aime bien cette pochette, mais le CD n'était accompagné d'aucun press-kit explicatif. Je suis particulièrement impressionné par ce nouveau groupe dès la première écoute. Quelle maturité ! Ca sonne clairement années 70, j'aime, et je me dis que le chanteur est excellent et qu'il sonne un peu comme Glenn Hughes. Après le troisième morceau, je me dis que le tout sonne un peu Led Zep, notamment du côté de la batterie, et que je continue d'être sacrément impressionné. Heureusement un feu tricolore vient à mon secours et me permet de récupérer la pochette pour en savoir plus. Et là, surprise ! C'est bien Glenn Hughes ! Et re-surprise, c'est Jason Bonham aux fûts ! Tout s'explique alors. Et je réalise que California Breed est le combo issu du split de Black Country Communion. J'avais juste oublié.

Glenn Hughes avait prévenu qu'il continuerait l'aventure sans Joe Bonamassa qui refusait de tourner et n'était plus très disponible, ni très motivé. Glenn avait déjà accepté de faire le troisième album, Afterglow, qu'à la condition de tourner ensuite, mais le manager de BCC (et aussi celui de Bonamassa) revient sur sa promesse. Glenn est furax, il veut continuer BCC avec un autre guitariste (Satriani, ou Zakk Wylde étant même partants !), mais le manager en question, toujours lui, lui rappelle qu'il ne possède pas le nom, c'est à lui et Joe et qu'ils refusent de le vendre. Bonjour l'ambiance ! Glenn est hyper furax et décide de lâcher l'affaire et de partir remonter un projet avec Jason. Aux côtés de nos deux retraités de BCC, on trouve un jeune guitariste du nom de Andrew Watt, recommandé à Glenn par Julian Lennon. Pour les curieux et fans de BCC, sachez enfin, et ça a une certaine importance, qu'il n'y a pas de claviers dans California Breed, donc exit Derek Sherinian, le père Hughes est passé en mode commando, un power trio. Au final, ça n'est pas pour me déplaire. Aux manettes on trouve un certain Dave Cobb qui a fait, depuis Nashville Tennessee, un sacré bon boulot aux manettes avec beaucoup de prises live. Tout cela est bien expliqué dans l'interview que donne Glenn dans Bassiste Magazine No54.

Bref, dès le premier morceau, The Way, on se dit que si certains chanteurs ont des soucis avec leur voix en vieillissant, surtout dans les aigus (Ian Gillan, David Coverdale, Robert Plant, Klaus Maine pour n'en citer que quelques uns), Glenn lui, du haut de ses soixante-trois ans, n'a aucun souci de ce côté là. Incroyable ! Le morceau est assez typé Led Zeppelin, avec un Jason Bonham, assez monstrueux. Le petit nouveau, Andrew, balance une bonne grosse dose de riffs assez vintage sur ce morceau. Par contre sur Sweet Tea, la guitare d'Andrew se fait plus grunge, et il envoie un bon solo, on sent que le jeune n'est pas là que pour faire dans le vintage, et qu'il apporte sa pierre à l'édifice. On revient à du plus Zeppelinien avec Chemical Rain, un excellent morceau, plus calme, où la performance de Glenn au chant est carrément atomique ! C'est assez lancinant, les lignes de basse claquent, le couplet est calme sur fond de guitare acoustique. Quand on entend une intro de batterie comme celle de Midnight Oil, on se dit que de un, Bonham a vraiment étudié dans les moindres détails le son de son défunt père et que de deux, ça doit être tellement génial de jouer avec lui. On est tenté de dire que n'importe quel petit riff de gratte devient une tuerie. C'est le cas, je trouve ce morceau réussi, d'autant qu'il surprend encore dans son refrain avec des chœurs qui lui donne un petit air de Rolling Stones pas dégueu.

All Falls Down est un petit moment de calme, à la guitare acoustique sur l'intro, où Glenn montrer encore ses talents de chanteur. C'est une belle ballade, bien placée dans la tracklist, rien à dire. En plus, Andrew dévoile encore son style dans un chouette solo. Ca repart de plus belle avec une série de morceaux plus grunge dans leurs riffs, et dans lesquels on sent encore l'implication d'Andrew. C'est plus heavy et sombre que du BCC, sans chichi, sans fioriture, "in your face" comme on dit. Glenn y explose vocalement. Etonnant comme ils passent un morceau comme Spit It Out, presque de pop anglaise, avec même un petit piano honky tonk. Au moins c'est varié. Invisible revient à du heavy presque Sabbathien, mais bien chanté (non... pas la tête, je rigole...). C'est surtout le gros riff qui fait penser à Black Sabbath, le reste pas tant que ça. Bien sympa, en tout cas. J'aime beaucoup Scars, qui groove sa mère, un peu bluesy et dans lequel Glenn s'éclate au chant et à la basse. Ca sent la jam session en studio. L'album finit sur un Breathe qui démarre à l'acoustique avec un chant encore exceptionnel. C'est bon et un poil planant. The Voice, c'est lui putain, ne cherchez plus les mecs...

En plus d'être une des meilleures voix de la scène metal, Glenn est un hyper créatif, il est déchainé et il a encore beaucoup de choses à dire. Et c'est pas de sombres histoires de nom de groupe qui vont l'empêcher de composer et de partir en tourner dans le monde défendre, sur scène, ses morceaux. La retraite c'est pas son truc. Dommage pour ceux qui ne l'ont pas compris et tant mieux pour ceux qui l'apprécient (moi, nous, ...). Il annonce déjà la couleur : il tournera à la rentrée avec California Breed et s'ils n'ont encore qu'un album, peu importe, il jouera aussi des reprises de Deep Purple, de Led Zeppelin et de... Black Country Communion ! Eh oui, car c'est lui qui a composé quasiment tous les morceaux de BCC, et ça personne ne le lui enlèvera.

Fallait pas chercher des noises à papi Glenn !

Retrouvez cette chronique, et bien d'autres, sur notre webzine, auxportesdumetal.com
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 24, 2014 1:20 AM MEST


Kxm
Kxm
Prix : EUR 16,06

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 KXM ? On Aime !, 14 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Kxm (CD)
Il me fallait un électrochoc pour me sortir de ma torpeur musicale printanière. Et cet électrochoc a pour nom étrange KXM. Je serais probablement passé à côté, comme tout le monde, sans le petit pitch du label qui rappelait aux nullos de mon genre, que KXM étaient les lettres de Korn, King's X et Lynch Mob ; car, vous l'aurez compris, des membres de ces trois combos se sont regroupés pour former ce nouveau super groupe. Des membres, je disais donc, et pas des moindres puisqu'on trouve au chant et à la basse Dug Pinnick (King's X), à la guitare George Lynch (Dokken, Lynch Mob) et à la batterie Ray Luzier (Korn). La présence de Dug est pour moi l'attrait essentiel de cet album, alors que je le glisse dans le lecteur de ma bagnole. Grossière erreur ! Certes, j'adore le chant de Dug, entre soul et gospel, chargé à bloc d'émotion, mais je dois reconnaître que je suis aussi scotché par le jeu de Ray ! Vingt dieux, je suis pas super fan de Korn, mais je n'ai jamais entendu une telle présence dans aucun de leurs albums. Dans le mix de KXM, c'est un élément essentiel. Tout aussi essentiel est le jeu subtil de George, plutôt au service des morceaux et des deux autres lascars que dans un rôle de guitare hero m'as-tu-vu. On frôle le power trio parfait ! La production est excellente et le son énorme.

L'album attaque par un morceau étonnant, Stars, où on reste scotché par la batterie tribale (épaulée par des percus). Le chant de Dug est génial, même si je comprends que certains n'apprécient pas ce côté complainte qu'il utilise. Sur le couplet sa voix est filtrée. Sa basse est lourde à souhait, et le riff du père Lynch excellent, même si je trouve la gratte un poil en retrait.
Plusieurs morceaux dont ce premier font quand même beaucoup penser à du King's X, et les fans du trio texan apprécieront quasi instantanément cet album. Cet effet est dû bien sûr au fait qu'on retrouve la voix et la basse de King's X mais aussi probablement la patte de Dug à la composition. Reste que les deux autres musiciens apportent leur touche et que cette touche est particulièrement flagrante au niveau de la batterie, très impressionnante tout au long de l'album. Les sept premiers morceaux forment un ensemble des plus réussis et particulièrement jouissif, avec quelques pièces essentielles. Par exemple, Rescue Me qui sert de single, mid tempo, lourdingue, appuyé par une bonne batterie et une grosse basse. J'aime aussi beaucoup Gunfight, assez original, et dont les plans de batteries sont particulièrement travaillés. Le refrain est une tuerie. Never Stop est une ballade bluesy fort agréable, assez Stonienne dans l'âme, dans lequel un piano sympa fait son apparition. Les chœurs de femmes sur le refrain sont aussi bien amenés.

La foi est un thème récurrent dans les compos de Dug, et le morceau Faith Is a Room nous le rappelle. C'est un des meilleurs morceaux de l'album, à mon avis. Le duo basse/batterie envoie une rythmique des plus lourdes sur l'intro et le refrain, c'est très réussi. I'll Be Ok est ce qui se rapproche le plus, à mon sens, du style King's X. Très inspiré, avec un jeu de batterie des plus alambiqués. Difficile de ne pas reprendre à tue-tête: "I'll be okkkkkk". La méthode Coué que ça s'appelle, et il me semble qu'on en a bien besoin en se moment. Pour terminer la séquence, on tombe sur Sleep qui sonne aussi pas mal King's X, avec les membres du groupe qui reprennent le refrain en chœur, répondant à Dug. George balance un bon solo bluesy bien agréable.

Les deux morceaux qui suivent, Love et Burn, sont pour moi le moment le plus faiblard de l'album. C'est moins original et surtout il me semble que sur des riffs plus heavy (Burn), Dug n'a pas forcément la voix la plus adaptée. Dans ces deux morceaux, George est plus en valeur, Dug plus en difficulté. Do It Now me semble déjà plus réussi, Dug se sort les tripes côté chant. Ca le fait bien.
Human Friction, qui est le morceau le plus long de l'album, sonne plus heavy (plus Dokken aussi) mais contrairement à Love et Burn, le résultat me semble bien plus réussi. Le morceau final, Tranquilize, est un petit instrumental groovy à souhait et qui conclut en beauté cet album.

Pour moi, super groupe il y a quand le résultat est supérieur à la somme des talents présents dans l'affaire. Et c'est le cas ici. Chaque musicien semble s'être transcendé par la présence des deux autres et le tout transpire la créativité par tous les pores. Tous se placent au service du trio, aucun ne tire la couverture à soi. L'album déborde de spontanéité, on sent la jam session plus ou moins organisée, on devine les textes écris sur des coins de table, à l'arrache, même si les thèmes abordés sont des sujets sérieux comme la foi (Faith Is a Room), la drogue (Never Stop) ou la violence conjugale (Sleep).

Bref, on signe en bas de page et on en redemande...

Retrouvez cette chronique, et bien d'autres sur notre webzine, auxportesdumetal.com
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 24, 2014 8:42 PM MEST


Three Lions
Three Lions
Prix : EUR 12,42

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 3 Lions > 1 ASIA, 14 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Three Lions (CD)
J'avoue que je n'écoute pas beaucoup de Hard FM, aussi appelé AOR (Album-Oriented Rock), et pourtant j'ai eu envie de prendre ma plume et de vous causer de ces trois lions. Alors qui donc sont ces Three Lions en question ? Bien que ça soit un premier album, éponyme, on ne peut pas dire qu'on ait affaire à des jeunes loups, mais plutôt à des musiciens aguerris avec déjà une certaine bouteille (j'ai pas dit des vieux) et tout droit venus de Grande-Bretagne. Par exemple Vinnie Burns, le guitariste, est passé par Ten, Dare et Asia ; son pote Greg Morgan aussi par Ten et Dare. Par contre, on a un newbie en la personne de Nigel Bailey, au chant et à la basse.
Le tout sonne très mélodique, entre Asia, Foreigner, Magnum et une pointe de Gary Moore. Les compos sont bien gaulées et on se laisse facilement captiver par certains refrains. Par exemple, c'est avec la vidéo du premier morceau Trouble In A Red Dress que j'ai été séduit par la recette pourtant pas nouvelle. Non pas que le clip ait un intérêt quelconque, loin de là, mais le refrain est super accrocheur, et la guitare m'a fait penser à Gary Moore, ce qui est plutôt pas mal. Le chant de Nigel est excellent, particulièrement adapté au style, son jeu de basse assez classique, mais de bon augure sachant qu'il est aussi chanteur. Certains morceaux sont très imprégnés de Foreigner, c'est le cas de Hold Me Down. C'est bien fait, et on ne peut qu'approuver en secouant la tête en rythme. C'est aussi le cas de Twisted Soul et de son intro de piano et ses riffs à la Scorpions. C'est Vinnie qui assure le piano, ça risque de plus être possible en live, mais bon. C'est une ballade énervée. On trouve d'autres ballades énervées comme Don't Let Me Fall mais on trouve aussi pas mal de ballades calmes, caractéristiques du style, comme Winter Sun, Made For One Another ou encore Two Hearts Beat As One, particulièrement mielleuse... euh pardon, romantique, à la Foreigner, avec des chœurs un peu cucul. On remarquera aussi la ballade orientalisée Kathmandu, qui fait plus nord africain que népalais, mais bon, on va pas chipoter. C'est bien chanté, l'ambiance fait penser aux tunisiens de Myrath qui auraient eu un coup de mou. Dans le style Magnum, on trouve Just A Man, avec le même son de clavier. Gentillet et pas innovant pour un sou, mais pas désagréable. Les deux morceaux les plus pêchus, Hellfire Highway et Holy Water, permettent à l'album de ne pas tomber dans l'abus de mid tempo et de ballades. Les deux sont assez réussis. Et le travail de Vinnie à la guitare est très bon.

L'album se termine sur une ballade instrumentale Sicilian Kiss, plutôt classique, rappelant Gary Moore ou même Santana. On note que la ligne de basse est assez sympa, comme quoi quand il ne doit plus chanter, le Nigel se lâche sur ses grosses cordes. Encore un petit souci géographique, mais il me semble que ça sonne plus espagnol qu'italien sur la fin, mais bon je pinaille.

Au final, nous avons peut-être bien là l'album que les déçus des derniers Asia attendaient. Ceux de Foreigner aussi, et on ajoutera dans le lot ceux pas convaincus par le dernier Magnum. Tout ce petit monde, lassé de leurs groupes favoris qui tournent en rond depuis quelque temps devrait donner sa chance à ce trio de lions : c'est bien frais, bien agréable comme dirait l'autre. Au fait, si on tournait une suite à Top Gun, je crois qu'on tient la BO.

Retrouvez cette chronique, et bien d'autres sur notre Webzine, auxportesdumetal.com


Les Mensonges
Les Mensonges
par Karen Perry
Edition : Broché
Prix : EUR 21,00

3.0 étoiles sur 5 Pas évident..., 13 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Mensonges (Broché)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Le sujet me semblait bon, et je m'attendais effectivement à pas mal de psychologie et relativement peu d'action, ce qui est le cas. Perdre un enfant doit être une difficile épreuve pour un couple, surtout si la responsabilité d'un des parents est en cause. Mais bizarrement, je n'ai pas réussi à vraiment rentrer dans l'histoire. J'aime pourtant bien cette façon d'alterner des chapitres vus par lui, et d'autres vus par elle, mais ici, ça rend l'histoire plus décousus puisque chacun y va de ses flashbacks sur l'époque Tanger, et introduit souvent de nouveau personnages. Pierre Lemaitre maitrisait totalement l’exercice dans "Robe de Mariée". C'est bien écrit, mais au final je n'ai pas vraiment pu me retrouver en tant que parent dans ce récit et c'est dommage.


Furiosity
Furiosity
Proposé par marvelio-france
Prix : EUR 7,49

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un monstre !, 8 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Furiosity (CD)
Quand j'ai entendu le nom de Monster Truck, ça m'a de suite plu. Ca m'a rappelé un jeu vidéo marrant auquel nous jouions avec les enfants plus jeunes. On avait même le volant "Force Feedback", une autre époque... J'ai pensé que c'était un groupe de gros rock sudiste comme j'aime. Comme son nom l'indique, c'est bien un groupe de hard rock, sudiste, bluesy à souhait, j'avais bien senti le truc. Par contre, question géographie, c'est un zéro pointé. Ces gars-là ne sont pas du sud des USA mais du Canada, de Hamilton dans l'Ontario plus exactement. Le groupe se compose de Jon Harvey (basse et chant), Jeremy Wilderman (guitares), Brandon Bliss (claviers), et Steve Kiely (batterie). Ce Furiosity est leur premier album, après deux EP. L'album est sorti déjà l'année dernière aux USA, mais il ne resurgit chez nous qu'aujourd'hui. Il n'est jamais trop tard pour bien faire, écoutons-nous ça.

L'intro de Old Train est marrante, puisqu'ils attaquent sur le passage d'un train à vapeur. Dès les premières mesures, on apprécie le chant et le lourd jeu de basse de Jon. C'est puissant, la basse et la guitare sont à l'unisson sur un riff qui arrache tout. Je trouve que le couplet fait penser à celui de Smoke On The Water, un vrai petit air de famille. D'ailleurs, à plusieurs reprises, j'ai trouvé qu'il y avait clairement une influence Deep Purple chez nos amis canadiens. Vous l'aurez compris, on est dans le bon hard rock, un peu sudiste, dont les racines remontent vers la fin des années 70. C'est à la fois vintage, avec un son moderne et puissant. C'est pas le morceau The Lion qui me fera mentir. Gros riff, bonne voix, refrain accrocheur, on tient la formule idéale, dont le succès a déjà été moult fois démontré. Si la basse et la guitare sont bien en place, je trouve les claviers un peu en retrait, en tout cas sur ces premiers morceaux rentre-dedans. Sur Power To The People, la voix fait penser à Chad Kroeger, le chanteur de Nickelback. Sweet Mountain River aurait bien pu être entendu sur une scène californienne dans les années 70, en première partie de Jimi hendrix par exemple. L'intro est parfaite, et pour faire encore plus vintage, on a même droit à un excellent petit break.

Avec le rythme effréné de Psychics, on monte dans les tours et on pense à Motörhead, surtout sur le break et le solo de guitare, par ailleurs excellent. Comme d'hab, pas besoin de faire compliqué pour faire efficace. Tiens, je réalise que ça fait déjà cinq morceaux, et c'est un sans faute. C'est prometteur.

Oh Lord, est un morceau court, assez groovy, avec un bon riff de guitare. C'est pas souvent que je me retrouve dans la situation de dire qu'une ballade est le meilleur morceau de l'album, mais je doit reconnaître que For The Sun m'a particulièrement plu. Très Led Zeppelin dans l'âme, un peu à la Dazed And Confused, j'ai du mal à croire qu'on peut encore écrire un morceau comme ça, de plus de sept minutes, en 2014, et que ça soit une réussite. Au final, on en a eu dans toutes les décennies des ballades de ce genre, depuis les années 70, et on en aura sûrement d'autres. Ca prend aux tripes, c'est bien chanté, et là on entend bien l'orgue de Brandon. Le travail de la guitare est superbe, notamment sur l'intro. Boogie fleure bon le Texas et Undercover Love fait bien bouger tête et pieds, irrésistiblement, c'est bluesy et l'orgue Hammond donne de la voix. En parlant de blues, Call it A Spade est inspiré des meilleurs blues rock de ZZ Top, un pur plaisir pour les amateurs. Difficile à croire que le groupe n'est pas issu du sud des USA. L'album se termine sur My Love Is True, une ballade encore assez réussie, avec pas mal de choeurs féminin, presque gospel sur la fin. Le chant et la guitare s'accompagnent sur le refrain. Ca fait penser à certaines ballades sudistes de Molly Hatchet.

Bon, pour moi le compte y est. Un excellent groupe, qui sort un excellent premier album, surprenant de maturité. C'est clairement pour les amateurs de hard rock, teinté de blues et aux accents sudistes. On a droit à une succession de morceaux inspirés, parfois courts et rentre-dedans, mais aussi à quelques belles ballades, d'un genre qu'on pensait disparu. C'est certainement vintage, déjà entendu diront les aigris, mais je pense que la qualité est au rendez-vous et que Monster Truck saura trouver, et toucher, son public.

Retrouvez cette chronique, et bien d'autres, sur notre webzine auxportesdumetal.com
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 22, 2014 5:35 PM MEST


DOUBLE DISCO ANIMAL STYLE
DOUBLE DISCO ANIMAL STYLE

4.0 étoiles sur 5 Un groupe avec du caractère, et une sacrée voix !, 28 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : DOUBLE DISCO ANIMAL STYLE (CD)
J'ai découvert Loading Data lors de leur passage à la MJC Picaud de Cannes. Ils ouvraient pour 7Weeks, et j'avoue avoir été assez impressionné, malgré le son pas forcément au top dans la salle. De retour derrière mon clavier, je m'empressais de contacter Patrón, leur chanteur, guitariste, leader pour solliciter une interview, que vous pouvez lire ici. Quelques sympathiques échanges Facebook plus tard, Patrón me met au courrier leur dernier CD en date, Double Disco Animal Style, sorti en 2013, et dont il m'a semblé important de vous parler.

Le groupe Loading Data existe depuis 1999. A l'époque, on parlait de lui comme un des piliers du stoner en France. Enfin, en France, pas uniquement, puisque le Patrón se partage entre la France et les Etats Unis où il a vécu de nombreuses années. Avec la bougeotte du chef, le groupe se retrouve pas mal tiraillé sur le plan du line up. Aujourd'hui, on y trouve Louise Decouflé à la basse, Robin Vieville aux fûts, Pablo Saguez à la guitare et aux claviers et Lo S. Data, alias Patròn à la voix et la guitare. Par contre pour l'album, c'est Patrón qui assure quasiment tout avec juste Robin aux fûts et une flopée d'invités comme Nick Oliveri (ex-Queens Of The Stone Age, ex-Kyuss, Mondo Generator) qui vient chanter un morceau, ou encore Hoss Wright (Mondo Generator) qui vient battre la mesure, et enfin Alain Johannes, qui non seulement est le producteur de l'album (et aussi celui de Queens Of The Stone Age, Them Crooked Vultures et d'autres) mais qui est aussi multi instrumentiste, et participe à certains morceaux. Tout ce petit monde s'est retrouvé à Los Angeles pour bosser sur cet album.

Et je dois dire qu'ils ont fait du bon boulot pour cette galette qui comporte quand même quatorze titres et un bonus. Sans rentrer dans un track-by-track, il faut reconnaitre un certain nombre de points forts. D'abord la voix de Patrón qui est remarquable. Bariton basse, nous explique t-il dans l'interview. Ca fait penser parfois à Elvis, d'autre fois à Dave Gahan de Depeche Mode, bref ça assure un max une voix aussi grave et c'est pas courant. Ensuite la production de l'album est excellente, et il est clair que la patte de Alain Johannes y est pour quelque chose. Enfin encore, les compositions sont sacrément soignées. Il faut dire que six ans ont passé depuis l'album précédent (et second) du groupe, Rodeo Ghettoblaster, ce qui a permis à Patrón, compositeur de l'ensemble, de soigner les détails. Résultat des courses, on trouve un certain nombre de pépites sur cet album. Commençons pas le commencement : Double Disco, dans un style assez stoner est excellente. Le riff est assez hypnotique, le son des grattes assez cradingue, le refrain super accrocheur, la voix a un peu d'effet. Ca le fait bien. Dans les réussites on citera aussi Give The Rat A Name, avec toujours ces riffs impressionnants et un peu mécaniques, et la voix du boss, impériale. Le morceau qui me semble le meilleur sur cet album c'est Butterfly Shelf. Là encore, la voix est grave de chez grave, énorme, le clavier très répétitif, donne un style un peu indus, le tout est original à souhait et mérite votre attention. Sur le break, on pense à du Depeche Mode, étonnant tout ça. En parlant de Depeche Mode, sur So High, je trouve que la comparaison est encore plus évidente. J'aime un peu moins ce morceau pourtant, qui semble avoir un peu de mal à décoller. La deuxième partie de l'album réserve un petit lot de bonnes choses. En vrac, Alright et son riff stoner qui tue est encore une réussite, avec un excellent refrain. J'aime aussi beaucoup le morceau Midnight Situation. La voix est encore incroyablement basse, en mode un peu crooner, et le Patrón risque d'en scotcher plus d'un. Le petit gimmick au clavier est plutôt bien trouvé. Le morceau vous reste collé au bulbe. Enfin, à égalité avec Butterfly Shelf, dans les morceaux les plus réussis, je mettrais On My Heart. Lent, lancinant, hypnotique et presque tribal, c'est original et inspiré. Le morceau est un peu long avec presque dix minutes, mais on ne s'en lasse pas.

J'ai un peu de mal avec le chant de Nick Oliveri, le guest sur Hanging Low, qui n'a rien à voir avec le style du groupe. Ca sonne plus punkisant, j'accroche moins. Je suis pas non plus fan du très répétitif Round 'n' Round, dont le son de la guitare est un peu irritant.

Le groupe sort aussi des sentiers battus avec par exemple cet étrangeté qu'est Teeth & Tongue. Difficile à décrire, ça plaira peut-être pas à tout le monde, moi j'accroche bien à ce genre de petit délire. Autre étrangeté dont le thème semble emprunter à l'hymne à la joie de Beethoven, Mezzoven (jeu de mot ?). La voix de Patròn semble doublée sur les une minute quarante-et-une de cet autre morceau un peu délirant. Not Gonna Take It est une autre bizarrerie dont Loading Data semble avoir le secret, entre musique de cirque et bande son de dessins animés, c'est encore un intermède de une minute vingt-deux des plus originaux. L'album contient aussi un bonus track des plus étonnants, Palinka. Ca sonne comme une parodie des années soixante, avec des chœurs graves et des chœurs aigus, qui viennent épauler Patrón qui, pour le coup, descend encore dans des fréquences incroyables. Il est accompagné d'un piano et de la batterie, il n'y a aucune guitare. On se croirait dans un épisode de Happy Days, qui aurait invité Capitaine Caverne pour le goûter.

Je vous recommande cet album et ce groupe si vous ne le connaissez pas déjà. Une preuve de plus que le problème du rock en France n'est pas un problème de groupes ni de créativité. On a des tonnes de groupes excellents, et dans toutes les catégories. C'est juste un problème d'audience. Et pendant que 98% du pays reste fidèle à ses (a)variétés pouraves, les groupes en questions crèvent la dalle. C'est moche !

L'album est en écoute dans sont intégralité sur le Bandcamp du groupe.

Retrouvez cette chronique, et bien d'autres, sur notre webzine, auxportesdumetal.com


In My Soul
In My Soul
Prix : EUR 13,99

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 On s'endort un peu..., 23 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : In My Soul (CD)
Robert Cray nous avait lâché un petite bombe en août 2012 avec son Nothin But Love. J'avoue avoir bien craqué pour cet album, et forcément j'ai envie de vous parler de In My Soul qui lui fait suite. D'autant que ça part fort, avec You Move Me, un blues mid tempo, à la ligne de basse génialissime, et piano bien sympa. Robert balance sa voix frêle, souvent soul, et ses petits plans de guitare lead tout au long du morceau. C'est très inspiré, et on se dit que le bonhomme est en pleine crise de créativité de la soixantaine, car au final ça fait moins de dix-huit mois que l'album précédent est sorti. On aime ce genre de crise. Pourtant, il y a eu un peu de changement dans le Robert Cray Band, puisqu'il acceuille un nouveau batteur, Les Falconer, et retrouve son ancien clavier d'il y a vingt ans, Dover Weinberg. Par contre, Richard Cousins est toujours fidèle à son poste de bassiste. Je suis content, car le morceau suivant est un peu plus R&B (de l'époque, pas la fiente de maintenant), avec une superbe section cuivre. Ca groove, quand le blues se fait plus sexy. Il s'appelle Nobody's Fault But Mine (une reprise d'Otis Reading). Ha là je sens que ça va coincer, avec mes metalleux extrêmes, je vais les perdre ici-même, c'est sûr ; car Fine Yesterday est un morceau calme, plus soul, un peu jazz même, le solo fait penser à du George Benson. Et le malheur, c'est que le morceau suivant est un blues lent, qui va difficilement couvrir vos ronflements. Pourtant, Your Good Thing's About To Come To An End (une autre reprise de la grosse époque de la Memphis Soul) est un petit bijoux de blues lent, avec cuivres et la complainte du petit Robert (pas pu la rater, celle-là) vous prend aux tripes. Ouf ! on se réveille avec I Guess I'll Never Know, qui groove sa mère, encore ponctué de cuivres. Hold On est un morceau encore un peu calme, plus soul que blues. Même remarque pour What Would You Say, les fans de Marvin Gaye seraient surpris et devraient y jeter une oreille. Si vous aimez les ambiances hippies des années soixante-dix, pantalons patte d'eph moulants, chemises à fleurs et cheveux longs, je crois que Robert vous a dédié un petit instrumental : Hip Tight Onions ; vintage et sympa. Deep In My Soul est un blues lent (de plus), dont le chant incroyable et le solo pourraient bien vous toucher en plein cœur, si vous en avez un, bien entendu. Pour les connaisseurs, c'est encore une reprise de Bobby "Blue" Bland. L'album promo comportait un bonus, Pillow, toujours très lent, plutôt soul, sympa, très bien chanté, on se croirait presque dans un gospel.

Au final, je comprends le titre de l'album. Je m'attendais à un autre brûlot de blues rock, et je tombe sur un hommage à la Soul Music (In My Soul). Suis-je bête ? Globalement, je suis encore emballé par le travail de Robert Cray et son Band. Sa voix est douce, soignée, émouvante, son style de guitare original. J'avoue quand même avoir une petite préférence pour Nothin But Love, surtout parce qu'il me semble plus blues, plus pêchu que celui-ci qui est plus lent, plus soul. Mais les deux albums se complètent bien. Il me reste encore une mission : aller le voir sur scène, lors d'un festival de blues/jazz d'été. Le top !

Retrouvez cette chronique, et bien d'autres sur notre webzine, auxportesdumetal.com


St Georges Day/Live Manchester
St Georges Day/Live Manchester
Prix : EUR 9,99

10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 St Georges, priez pour nous, pauvre hardos..., 23 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : St Georges Day/Live Manchester (CD)
Je sais, vous allez tous me dire : "un Saxon live, on en a déjà des tonnes et celui-ci n'en est qu'un de plus". Eh ben je vous réponds : "Non monsieur !"

Car, premièrement, le son est excellent et deuxièmement, la setlist est phénoménale puisqu'on y trouve les meilleurs morceaux de leur dernier album, Sacrifice, que je trouve personnellement plus réussi que d'habitude et bien sûr les éternels hymnes de Saxon que tout le monde connait. La combinaison des nouveaux et des anciens titres n'a jamais aussi bien marché. Et que troisièmement, quand on est un peu en panne de musique (il y en a tellement à découvrir) comme je l'étais, retrouver des vraies valeurs comme ça fait un bien fou. Quatrièmement, ben... c'est Saxon quoi ! Je sais que pour les gens de mon âge, ce groupe a une saveur particulière qui leur rappelle leur dix-sept ans.

Pour moi cet enregistrement a un petit truc en plus puisque j'avais eu le bol d'être à l'Empire O2 de Londres le soir de leur passage avec The Quireboys. Cet enregistrement n'est pas la date de Londres et Biff l'explique entre deux morceaux, ils voulaient sortir un peu des classiques et ont choisi la date de Manchester et la salle du Ritz. Malgré tout, la setlist est similaire et ça me fait un chouette souvenir. On notera aussi que cet album ne sortira qu'en double CD, pas en DVD.

Par quoi commencer ? La foule scande "Saxon ! Saxon !" évidemment, sur l'intro symphonique de Sacrifice. Et puis ils envoient la purée, un peu avec les grumeaux sur le départ, mais ça se tasse assez rapidement. Sacrifice est un excellent morceau qui mérite largement d'ouvrir un de leur set. Je note quand même que Nigel Glocker, le batteur, a toujours une frappe de mule assez impressionnante, le bougre a soixante-et-un balais quand même et il va cogner comme ça pendant deux heures. Puisqu'on est en pleine tournée de l'album Sacrifice, ils continuent sur leur lancée avec le plus lancinant mais tout aussi efficace Wheels Of Terror. Après il est l'heure de fêter les trente ans de Power And The Glory, pas besoin de vous faire un dessin, ça déchire. Il faut reconnaitre que si les cheveux de Biff sont devenus blancs, sa voix ne l'a pas lâché, c'est beau. Il faut dire aussi que des riffs comme ceux de ces morceaux sont de tels bijoux qu'ils ne sont pas prêts de s'émousser : "can you feel the power ! can you feel the glory" ! Tu parles Charles ! En plus Biff profite du fait que c'est St Georges Day (23 avril), une des plus anciennes commémorations dans le pays en l'honneur de St Georges, patron des Saints Anglais, sous la bannière duquel la plupart des croisades eurent lieu. Made In Belfast, du dernier album, vient ensuite, rien à dire, ça le fait.

Après un petit laïus sur le fait qu'ils ont préféré Manchester plutôt que l'éternel Londres pour passer le St Georges Day ce qui, bien sûr, flatte le public, ils attaquent un ancien Rock 'N' Roll Gypsy. Après, comme au concert de Londres auquel j'ai assisté, Biff, en vrai showman, fait croire au public que la setlist leur appartient. Biff propose des titres et tout le monde répond en gueulant. Biff envoie ce qui était prévu. Dans le tas il y en a toujours un stock qui aura eu raison de toute façon. Filou ce Biff ! On a droit donc a And The Bands Played On, ancien, mais toujours aussi bon et ça permet à la foule de balancer quelques "ho ho ho", bien placés. A noter sur ce premier CD, un Conquistador de plus de huit minutes, sur lequel l'infatigable Nigel cale un solo de batterie. Comme souvent sur CD, dispensable. J'aime bien aussi le mid tempo de The Broken Heroes, qui va crescendo, monter en puissance et délivrer un max d'émotion. Le premier CD se termine par Guardians Of The Tomb, encore un extrait de Sacrifice, et encore une fois, une bête de course sur scène.

Après une première heure sur ce CD, on veut savoir comment ça finit, et donc on s'enfile le second CD, normal.

Ca continue avec Biff qui fait des blagues pour faire deviner le prochain morceau : En deux mots, que les jeunes ne doivent jamais oublier. Certains gueulent Never Surrender, il rigole et dit pourquoi pas Motorcycle Man ? C'était bien sûr Never Surrender. Après je suis un peu déçu, car ils jouent le reprise de Ride Like The Wind de Christopher Cross (en version plus bourrin, bien sûr), mais sans Spike des Quireboys, comme ils l'avaient fait à Londres. Dommage. Evidemment c'est Crusader qui fait un effet bœuf en ce jour de gloire à St Georges. Ca chante un peu, mais c'est pas monstrueux non plus, Biff doit assurer le reste. Ce qu'il fait très bien jusqu'au bout du CD d'ailleurs. Un petit dernier extrait de Sacrifice, Stand Up And Fight, et si après ça vous ne pensez pas que Saxon fait dans le chant guerrier moderne, alors c'est désespéré pour votre niveau d'anglais. Encore un bon apport de ce dernier album à la vaste carrière du groupe.

Mais ensuite les gars, c'est l'enchainement que j'appelle : patate-banane ! C'est à dire qu'au fur et à mesure que les cinq derniers morceaux défilent, on se choppe une grosse patate et à la fin on a la banane pour un bon moment. Faut dire : Dallas 1 PM, les gars, mon morceau préféré du groupe, rarement joué en plus, un monstre, en deuxième lame, 747 (Strangers In The Night), puis Wheels Of Steel si des fois quelques chose repoussait, mais comme on est jamais trop sûr, on envoie le duo Strong Arm Of The Law + Denim And Leather et avant que la poussière ne retombe sur vos carcasses fondues, un petit Princess Of The Night. K.O !

Y'en a un qui a quelque chose à ajouter ?

Retrouvez cette chronique, et bien d'autres, sur notre webzine, auxportesdumetal.com
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 24, 2015 11:16 PM CET


Bang! (Édition Limitée)
Bang! (Édition Limitée)
Prix : EUR 21,00

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Bang, dans ta chetron!, 23 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bang! (Édition Limitée) (CD)
Ceux qui connaissent les Suisses de Gotthard savent déjà que le groupe, touché par la tragédie de la mort accidentelle de leur chanteur leader Steve Lee, était revenu malgré tout avec un nouvel album et un nouveau chanteur. Pari risqué, mais pari réussi puisque le nouveau chanteur, Nic Maeder, avait assuré un max sur Firebirth, le nouvel album. Il s'était avéré aussi un garçon absolument charmant quand je l'avais rencontré à Montpellier, et un sacré chanteur sur la scène du RockStore. Bref, tout bon. Restait à confirmer que tout ça était bâti sur du costaud et pouvait durer. Et donc je suis ravi aujourd'hui de vous présenter ce Bang! (dans ta gueule) car, oui, la réponse est : ça va durer ! Car ce Bang! (dans ta face) est une pure continuité de Firebirth. Vous avez aimé le virage (forcé) du groupe, vous allez continuer à aimer. Vous n'aviez pas aimé ? Aïe ! Faudra peut-être quand même réessayer, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

L'album attaque dans le lourd avec Bang! (dans ta tronche), qui dégage les cages à miel. La voix de Nic est excellente, il case même des petits clins d'œil en français, la classe. Le son est massif, le son du piano est assez vintage, j'aime beaucoup. Le reste du groupe chante le refrain, et Nic répond. Propre et archi efficace. Petit solo de guitare sympa et pas trop encombrant, et hop emballé, c'est pesé ! Trop facile j'ai presque envie de dire. Get Up N'Move... vient me rappeler qu'ils peuvent encore faire mieux. Tempo plus enlevé, orgue typé Hammond toujours vintage, un groove de dingue, un chant superbe, des chœurs, un petit côté années 70/80 qui me plait. Ouah !! Ca vous éclaircit le ciboulot, on y voit beaucoup plus clair dedans. Ca donne envie de se lever et de bouger... c'est le titre ? Ah ben ouais...
Vous allez me dire : "ouais mais il y a trop de ballades"... mais attendez les mecs, il y a ballades et ballades, et les ballades suisses, c'est de la bonne ballade, élevée en pâturages d'altitude, dans de belles montagnes enneigées, arrosée de vin blanc fin et agrémentée de fromage goûtu. Bref pas de la fiente, Feel What I Feel est le premier exemple et il y en a plusieurs (quoi ? plusieurs ballades ?? Chut derrière !). Beau chant, mélodie magnifique, super solo de Leo, la totale. L'enchainement avec C'est La Vie, une autre ballade est un poil questionnable, mais bon, c'est un morceau attachant, un peu franchouillard (le titre, l'accordéon), mais qui pourrait rendre les Scorpions archi jaloux, au point de mettre un terme à leur retraite, pour venir fumer ces petits Suisses qui se permettent de marcher sur leurs plate-bandes.

On reprend du rythme avec Jump The Gun, 100% good vibes et gros groove. Nic fait des miracles avec son chant. Le son du piano continue d'être énorme. On ne perd pas le rythme avec une autre tuerie, Spread Your Wing, où l'ambiance est carrément années 70, genre vieux Whitesnake, génial encore. Coverdale sort de ce corps ! Même ambiance pour I Won't Look Down, qui fait penser plutôt à un petit Kashmir de vous savez qui. Robert sort de ce corps ! Mais ils sont combien là dedans ?

Bon les gars, je continue ou bien ? Déjà sept morceaux et pas le moindre petit truc à reprocher, vous voulez quoi d'autre ?

Bon alors je continue, car My Belief est encore un bon morceau, bien écrit, avec encore un gros riff, un bon piano rétro, une excellente voix. Le mélange parfait semble avoir été trouvé par les Suisses de Lugano. Ha ? Une ballade, encore ? Maybe est, en effet, une ballade, chantée en duo avec la chanteuse américaine Melody Tibbits. Pas mal, un peu dans le style de We Are The World, qu'on peut chanter facilement avec des millions de gens pour une grande cause. C'est bien fait, joli piano et les deux voix qui se complètent bien. Avant que je ne dise que c'est la troisième ballade et que je commence à envisager d'émettre, éventuellement, une petite ébauche de reproche, je me prends le bluesy et lancinant Red On A Sleeve dans la façade. Je craque pour ce morceau, génial, le plus réussi de l'album pour moi. Encore des ambiances vintage comme je les aime, un petit changement de rythme, et Nic au mic, qui défonce tout. Euh... je viens de dire que Red On A Sleeve, était mon morceau préféré, mais en fait je dois dire que What You Get qui le suit, est aussi mon morceau préféré. Mais mince, c'est pas possible ! Comment faire ? Je ne sais plus mais le morceau est rapide, énervé même, le refrain est une tuerie (de plus), le travail de guitare / claviers superbe, et le chant... déjà dit vingt fois. Heu, attendez, j'ai le droit de changer encore ? Car en fait le morceau génial c'est Mr Ticket Man, j'adore ! Un morceau bluesy sur le thème des PV, ça me cause, je ne sais pas pourquoi... Un riff de bûcheron et une voix d'ange : la sauce Gotthard. On finit avec Thank You, et je fais mon sourire narquois du mec qui va dire du mal d'une grosse ballade (quatrième de l'album) de presque onze minutes, langoureuse à souhait, avec orchestre et tout le tintouin. Mais voilà, l'émotion du chant de Nic me coupe le sifflet et non seulement je vais fermer ma gueule et écouter religieusement mais en plus, je vais verser une petite larme, tellement c'est bien ficelé et bourré d'émotions. Une femme ou une elfe, j'hésite, viens chanter sur ce morceau aérien et super classe, tout comme le magnifique solo de Leo qui, une fois de plus, donne tout ce qu'il a.

Bon je fais quoi alors ? Ca fait quand même treize morceaux et je n'en vois pas un qui pourrait jouer le premier rôle du maillon faible à dégager.

Je l'avais dit et vous ne m'avez pas cru. Vous ne vous êtes pas méfiés, et vous voilà fort dépourvus. Eh oui, j'avais dit qu'avec Firebirth, Gotthard Saison 2 venait de commencer et que Nic était le nouvel homme de cette saison et que la saison serait longue. Je ne me trompais pas. Gotthard c'est de la dynamique ! Un album essentiel pour les fans de Gotthard, de Europe, de Pretty Maids, et pas mal d'autres super groupes de hard rock européens, tous toujours en super forme d'ailleurs.

Et vivement la tournée de l'automne, qu'on puisse allez goûter du live Bang! (dans ton lard)

Retrouvez cette chronique, et bien d'autres, sur notre webzine, auxportesdumetal.com


Démon
Démon
Prix : EUR 15,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Gazpacho... à consomer sans modération, 5 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Démon (CD)
Je connaissais Gazpacho depuis pas mal de temps déjà. J’avais adoré les albums Night et Tick Tock, mais un peu lâché depuis. Ils sont norvégiens et proposent depuis 2003 une musique résolument progressive et particulièrement originale, mêlant parfois électronique et musique folklorique pour obtenir un savant mélange. Au final, leur seul but est la recherche d’un esthétisme absolu, souvent minimaliste, qui touche l’auditeur en plein cœur. Pour cela, le groupe bénéficie d’un certain nombre de cordes à son arc. D’abord un chanteur assez incroyable, Jan Henrik Ohm, à la voix plutôt basse et très émouvante. Pour l’épauler, on trouve Jon-Arne Vilbo (guitares), Thomas Andersen (claviers), Lars Erik Asp (batterie), Kristian Torp (basse) et Mikael Krømer (violon, mandoline). Sur cet album sont aussi crédités Stian Carstensen (accordéons et banjos) et Charlotte Bredesen (chœurs). L’autre aspect étonnant de Gazpacho est que chaque album, ou presque, aborde un thème. Ils parlaient de Saint-Exupéry dans Tick Tock, et cette fois-ci, pour leur huitième album, le thème est celui d’un vieux grimoire découvert en République Tchèque qui raconte la traque sur plusieurs siècles du "démon" ; ouvrage écrit par un auteur inconnu à la longévité surprenante. Une partie des paroles de l’album est carrément extraite du grimoire aujourd’hui conservé dans une bibliothèque de Prague, principalement pour les étudiants en psychiatrie (ah oui, quand même !). Vous l’aurez compris l’ambiance est des plus pesante, grave, noire, et même possédée sur le dernier morceau. En principe, il n’est pas facile de parler d’un morceau en particulier dans un tel album, pourtant je vais quand même essayer.

On trouve quatre morceaux, pour une durée de (seulement) quarante-cinq minutes avec un placement assez surprenant puisque le morceau fleuve I've Been Walking est découpé en deux parties, placées en première et troisième position avec, au compteur, respectivement neuf minutes et quarante-sept seconde et douze minutes et trente secondes. Le dernier morceau, le tout aussi essentiel Death Room, pèse dix-huit minutes trente alors que le deuxième morceau, The Wizard Of Altai Mountain et ses quatre minutes cinquante-deux reste à mon goût le maillon faible de l’album et la seule raison qui me fait hésiter sur la note à attribuer.

I’ve Been Walking Part 1 et Part 2 sont des morceaux superbes. La voix de Jan Henrik est assez basse, mélancolique à souhait, il est souvent à l’unisson du violon de Mickael ou des sons profonds de violoncelle qui ponctuent le morceau. Un des passages les plus émouvants dans la Part 1 est proche de Steve Hoghart et Steve Rothery dans Marillion, on jubile. J’attribue aussi un prix spécial à Kristian et à son jeu de basse, qui nous prouve qu’on n’est pas obligé de faire compliqué pour faire du prog et que son jeu, souvent simple, n’a qu’un seul but : ajouter de la profondeur à la beauté du morceau. Dans Part 2, la mélancolie passe à une étape supérieure, inquiétante, lourde et les extraits d'une cantatrice sur vieux gramophone ne sont pas là pour égayer les choses. On frissonne presque. On note aussi plusieurs interventions de chœurs bien placés qui viennent accentuer cette ambiance étrange et dérangeante. Le final au violon seul, comme déjà entendu sur Night par exemple, est magnifique.

Deathroom, est la dernière étape, le Malin semble posséder cet album, d’ailleurs des bruitages vous font sursauter à plusieurs moments-clefs. C’est un magnifique moment, assez solennel dont les paroles sont extraites du grimoire. L’intro minimaliste est constituée d’un riff de banjo lancinant, de clappements de mains et d’interventions de violons dissonants. Le tout à écouter fort ! Alternance de passages flippants et de passages d’une grande beauté faisant par moment penser à du Radiohead, et à d'autres encore à du Muse. Dans tous les cas, c'est très inspiré.

Reste donc le second morceau The Wizard Of Altai Mountain. Si les deux premières minutes sont passables, le reste est assez difficile à accepter. On semble tout à coup plongé dans le quartier juif de Prague, mêlé à la foule dans un bar à écouter de la musique folklorique yiddish, une polka où violon et accordéon se partagent la scène. Je dois avouer que j’ai plusieurs fois passé le morceau pour retrouver au plus vite le Part 2 de I’ve Been Walking, ô combien jouissif. Je dois avouer je ne suis pas très polka comme mec.

N’êtes-vous jamais allés dans un musée d’art moderne ? A contempler des œuvres en vous disant que n’importe quel gamin de maternelle pourrait faire un barbouillage pareil, alors qu’à côté de vous certains sont en extase et peuvent vous parler de ce "Carré blanc dans un cercle bleu" de quatre mètres sur cinq pendant des heures avec des larmes aux yeux ? Eh bien Gazpacho, c’est pareil. La plupart des gens vont passer à côté et ne pas avoir la patience nécessaire. Je vous confirme qu’à la première écoute, je n’ai pas accroché et que deux semaines plus tard, après une bonne vingtaines d’écoutes, certains passages de I’ve Been Walking me font carrément monter les larmes aux yeux. Inexplicable effet Gazpacho !

Retrouvez cette chronique, et bien d'autres, sur notre webzine auxportesdumetal.com


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20