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Contenu rédigé par Didier Lalli
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Commentaires écrits par
Didier Lalli
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Hellfest 2012
Hellfest 2012
Prix : EUR 20,23

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Mais pour qui ?, 18 mai 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hellfest 2012 (CD)
Une compilation est par principe un exercice très difficile. Déjà pour un groupe c'est pas évident, les morceaux choisis ne sont pas toujours ceux attendus par les fans. Parfois les compilations étant des exercices imposés par les labels lors d'un basculement de l'artiste, elles oublient des pans entiers de la carrière d'un artiste. Bref, en général, c'est pas forcément un cadeau et c'est souvent réservé aux amateurs peu éclairés d'un groupe. Les compils multi-groupes représentent encore une étape supplémentaire dans la difficulté, à savoir comment couvrir tous ces styles différents que représente le terme "metal", sans irriter les uns ou exaspérer les autres ?

Et bien la réponse est que ce n'est pas possible. Et cette compilation Hellfest 2012 en est une preuve de plus.

Imaginez vous la scène : mon collègue FlorentV (la vingtaine, fan de metal extrême) et moi même (bientôt cinquante, fan de metal prog et de hard rock), sommes dans la même bagnole (c'est arrivé) pour aller voir un même concert (on a fait Sepultura ensemble par exemple, ou Ultra Vomit) et que nous écoutons cette compil. Voilà ce que ça donnerait :

Didier (effaré !) : "Oh purée, c'est quoi cette daube qui commence l'album là ? Je zappe..."
FlorentV (de sa voix grave) : "Tu délires ? C'est excellent, c'est Napalm Death..."
Didier (ébobie !): "La vache, c'est encore pire la suite, c'est quoi cette caricature ? Je zappe..."
FlorentV (il est grand, il va me taper) : "Non laisse, ça défonce c'est Cannibal Corpse..."
Didier (soulagé, il m'a pas tapé) : "Ah ! Ca c'est bon, A tout le monde de Megadeth, d'ailleurs j'ai déjà l'album..."
FlorentV (gavé) : "Mouais, Megadeth c'est pas mal, mais celle-là bof..."
Didier (surpris) : "C'est quoi ce truc ? Regarde la pochette ?"
FlorentV (éteint) : "King Diamond, ouais on zappe ?"
Didier (souriant) : "Ah bien ça, c'est archi connu, les chiens le sifflent, c'est Blue Oyster Cult..."
Florentv (écoeuré) : "Ah ouais, mon père aime aussi (il dit ça comme si son arrière-grand-père écoutait aussi), on zappe, c'est naze..."
Didier (dubitatif) : "Pas trop mal."
FlorentV : "Ouais, pas trop mal (c'est Biohazard)"
Didier (souriant) : "Ah ouais cool, un Gotthard avec le pauvre Steve Lee..."
FlorentV (regavé) : "On s'en tape non ? On zappe ?"
...
etc, etc, etc, si au final sur deux CD et trente-quatre morceaux on trouve, allez, quatre morceaux en commun, c'est le bout du monde.

Pour moi, impossible d'écouter sans zapper certains trucs qui passent pas du tout (mais alors du tout), et j'imagine que ça sera pareil avec FlorentV (même si tout ce dialogue a été inventé... sans son accord en plus). Ca sera juste la liste des titres qui changerait.

Donc pour moi, il y a les morceaux que je connaissais déjà et que j'avais souvent déjà dans ma CDthèque (dix), ceux que je n'aime pas du tout (dix-sept) et n'aimerai jamais, et au milieu quelques découvertes que je vais quand même citer: King Diamond (je ne suis pas sûr d'aimer la voix pour tout dire mais ma curiosité est piquée), Biohazard, Lizzy Borden, Crashdiet, Dimmu Borgir (ce morceau est pas mal, mais je ne crois pas que j'aime grand chose d'autre), Amon Amarth (morceau pas mal même si j'ai du mal avec le chant), Saint Vitus, Discharge... et voilà.

Est ce que ça va changer mon programme au Hellfest 2012 ? Euuhhh non en fait, sauf peut-être pour Biohazard.

Autres points importants que je soulève :

'Pourquoi une compilation avant un événement ? N'est-ce pas mieux d'immortaliser de bons moments live de l'édition 2012 par une compil que nous achèterions comme un souvenir de guerre ?
'Pourquoi ne pas avoir regroupé le metal extrême sur un CD et le metal non extrême sur l'autre, histoire de pouvoir écouter un CD en entier sans rien zapper, ou de partager avec mon pote FlorentV ?
'Pourquoi certains groupes et pas d'autres ? Je crois que je préfère rester naif, je ne veux pas connaître la réponse...
'Pourquoi ne pas avoir sorti des morceaux récents des groupes choisis ? Je veux dire, Molly Hatchett n'a plus le même chanteur depuis Flirting With Disaster (1979), Blue Oyster Cult n'a plus les mêmes musiciens depuis Burning for You (1981) et que dire de Uriah Heep et son Easy Livin' (1972) ? C'est un peu tromper le public je trouve, cette façon de faire. C'est d'autant plus idiot que tous ces vieux groupes ont des albums récents.
'Pourquoi un morceau de 8mn25 d'Edguy (groupe que j'aime bien), un plus court aurait mieux convenu sur une compil comme ça. Quel choix étrange !
'Et enfin, pourquoi tout court ? Le Hellfest serait il "bankable" tout à coup ? Ca fleure bon l'opportunisme.

Un dernier truc marrant que j'oubliais. Certains CD contiennent un ticket d'or (cf "Charlie et la Chocolaterie", pour les incultes), dix tickets au total, pour un pass trois jours et une rencontre avec Cannibal Corpse (euh, non merci...) et tous contiennent un patch Hellfest à coudre sur ton blouson en jean (trop bien !)

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Destructive by Nature
Destructive by Nature
Proposé par Edealcity
Prix : EUR 19,99

5.0 étoiles sur 5 Destructif !!, 18 mai 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Destructive by Nature (CD)
Oonnnnne
Waaaaaayyyyy
Miiiiiiiirrrrroooooooorrrr

C''est comme ça que démarre le premier morceau de Destructive By Nature, le deuxième album de One Way Mirror (OWM pour les intimes) appelé tout simplement One Way Mirror. Ne le répétez pas car je me fous toujours des rappeurs qu''écoute mon fils, qui passent leur temps à citer leurs propres noms dans leur chansons.
Ce premier morceau reste une tuerie. Il faut le dire. Je ne connaissais rien de One Way Mirror, mais ce Destructive By Nature fait suite à One Way Mirror (l''album cette fois, faut suivre), en 2008. Le groupe est Français, composé de musiciens qui ne sont pas des inconnus puisque au chant on trouve Guillaume Bideau dont l''actualité fait que l'album de son autre projet Mnemic sort presque en même temps. Il œuvrait aussi dans Scarve. Avec lui on trouve les frères Potvin, David et Franck aux guitares, qui sont aussi les guitaristes de Lyzanxia. Changement de lineup pour la section rythmique par rapport au premier album avec l''arrivée de Vincent Perdicaro (Gereral Lee) à la basse et Clément Rouxel (T.A.N.K., Zuul FX) à la batterie, et les départs de Scarviens Loïc Colin et Dirk Verbeuren.
Donc après ce premier morceau qui attire immédiatement l''oreille, mélangeant des influences de Linkin Park assaisonnées de bonnes idées originales (rythmiques lourdes, presque indus, samples, effets électro sur la voix, voix claire alternée voix hurlée, très bon solo de guitare), on tombe on arrêt sur l''intro démente de Face To Face. Fantastique ! J''adore ce morceau, c''est vraiment l''exemple type du metal du 21ème siècle. Réveillez-vous les mecs, ça dépote par ici ! Pour ceux que la référence à Linkin Park effraie, je parlais de Linkin Park, époque Hybrid Theory et Meteora, bien sûr. Après ces deux bombes, le reste est aussi de très bon augure, parfois plus calme (Unexepected, Made In Vain), parfois plus hardcore (It Will Always Be The Same), et plus extrême (que la rythmique de ce Wasted Years défonce !). Parmi ces douze skuds, je note que Guillaume a vraiment une excellente voix, maniant à la fois le chant clair, et le chant hardcore ou même death, il sait tout faire. Son anglais est absolument parfait. Les guitares sont surpuissantes, bien encadrées par une section rythmique de haut vol. L''apport des effets électroniques, dont pourtant je ne suis pas super fan, est ici toujours opportun, et apporte un petit plus qui forge le style de One Way Mirror. On se laisse surprendre par quelques bons solos de guitares, pourtant pas communs dans ce style (One Way Mirror, Straight Into The Wall), ou quelques changements de rythmes bien amenés (Straight Into The Wall, Yes But No). J''ai un faible aussi pour Hypnotized By Utopia, qui me rappelle un peu le chant de Gojira (je vous l'ai dit, il sait tout faire ce Guillaume), et Yes But No hyper entrainant et assorti de très bon choeurs. Seul bémol pour moi, Inner Symphony, dont le chant ne me plait guère.

Clairement taillé pour l''international, on ne voit pas comment un tel groupe ne pourrait pas s''exporter hors de nos frontières avec succès. Ou alors, clairement, certains n''auront pas fait leur boulot (suivez mon regard). One Way Mirror semble avoir trouvé la bonne formule d''un metal puisssant, mélodique et très moderne, le tout formaté par une production aux petits oignons et décoré d''une superbe pochette réalisée pour l''occasion par l''artiste Alain Tréhard.

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Life And All It Entails
Life And All It Entails
Prix : EUR 17,59

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Mouais..., 10 avril 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Life And All It Entails (CD)
A la vache ! pas toujours facile de chroniquer des albums. Surtout dans les style assez techniques et émotionnels que sont le progressif ou le metal progressif. J'avais beaucoup lu de bonnes choses à propos du précédent album d'Enochian Theory, Evolution : Creatio Ex Nihilio (oui je sais tout ça parait bien compliqué), mais jamais entendu d'extraits. D'après les chroniques c'était un excellent album de metal prog et forcément, je me suis dévoué pour m'occuper de celui-ci au titre tout aussi complexe de : Life... And All It Entails...
Derrière ce mystérieux nom de groupe (l'Enochien serait un langage divin parlé par les anges, avec un alphabet, et dont certaines lettres ont été utilisées ensuite par les satanistes), se cache un trio anglais composé de Sam Street (batterie), Shaun Rayment (basse) et Ben Harris Hayes (chant, claviers, guitares).

Premier petit détail étrange, sur la tracklist, le morceau 0, titré Zero Is Also a Number n'existe bien sûr pas sur le CD : humour anglais ! Ensuite ça commence avec un excellent This Aching Isolation qui donne le ton de l'album qui sera très mélancolique, voire dépressif. Sur ce premier morceau on pense de suite aux Polonais de Riverside. La voix de Ben y est pour beaucoup, cultivant une certaine fragilité, assez monocorde. J'aime beaucoup ce morceau tout en beauté fragile. On note quand même que les riffs de guitare sont assez en retrait, baignés par une bonne couche de synthés, rendant les choses moins contrastées et percutantes que je ne l'avais imaginé. Sur le morceau qui suit, on s'enfonce un peu plus dans la mélancolie, avec un Hz (ben ouais, le symbole des Hertz) qui me rappelle la joie de vivre de nos américains de Tool. Non mais sérieusement, c'est le thème de la guitare qui donne cet effet. Encore un chouette morceau, assez orchestré, et émouvant, carrément triste.
Sur le titre en latin Non Sum Qualis Eram ("je ne suis plus ce que j'ai été"), on s'ennuie sec, bruitages, trucs qu'on ne comprend pas, au final quatre minutes douze de remplissage carrément inutile. J'ai beau éplucher la jaquette, je ne trouve pas la clef du mystère. Je vois d'autres titres en latin dans la tracklist, ça m'inquiète. Heureusement Distances remets du baume au cœur, enfin façon de parler car même si c'est très mélodieux, ça reste hyper mélancolique. On note une excellente ligne de basse, un bon piano et un chouette travail de voix de Ben. C'est encore un morceau qui rappelle Riverside (la basse, le break), et que j'aime beaucoup. On enchaine sur Inversions, plutôt réussi avec un sacré bon piano et quelques riffs de guitare qu'on aurait aimé plus appuyés. Bon, revoilà les délires casse-bonbons. Là c'est carrément exaspérant avec une voix de femme qui répète dans un haut-parleur les mêmes paroles sans arrêt. Arrrrrrrggg insupportable ! Si au moins on avait une vague explication ? Encore un titre en latin et une minute trente-huit de gaspillée.
In Times Of Silence ne me convainc guère, ce n'est pas un mauvais morceau, mais il glisse sur moi, sans laisser de trace. Ah, tiens, enfin un choc ! Pile au moment où je me dis que l'intro de For Your Glory, Great Deceiver, me fait penser à Opeth, je me prends le chant death entre les dents. Moins réussi que le chant de Mickael Akerfeld, à mon goût, ça surprend quand même son homme. Je n'aime pas beaucoup ce genre de chant, mais je suis presque content de l'entendre pour briser la léthargie qui m'a gagné. On revient à un chant plus calme avec un titre en latin plutôt sympa, histoire de me faire mentir pour le latin: Nisi Credideritis, Non Intelligetis ("tu ne comprendras pas ce auquel tu ne crois pas"). On croise un peu les styles de Riverside et de Porcupine Tree dans ce morceau. Le phrasé du chant est un peu étrange, mais c'est un morceau des plus réussis de l'album. Le final surprend un peu avec un chant death sur fond de violons cauchemardesques et de tempos atypiques. The Motives of the Machine me rappelle l'album Be de Pain Of Salvation, avec un joli instrumental, mené par une bonne ligne de basse et des interventions de gens qui nous causent de l'être humain. Un peu mystique, mais très agréable. Singularities, après une intro qui semblait violente, est au final assez calme, bien chantée, très orchestrée et accompagnée de petites répliques de voix death et de lointains riffs de guitare. Love est encore un morceau très calme où on peut entendre un bon solo de guitare acoustique, le gros du morceau étant composé d'un piano, de violons et de la voix de Ben.

Notons aussi que le bonus track The Fire Around the Lotus est un morceau de Evolution : Creatio Ex Nihilio remastérisé pour l'occasion. C'est un morceau qui alterne les moments calmes et mélancoliques avec d'autres en chant death effrayants. On note au passage que la guitare est beaucoup plus présente et bien plus puissante que dans tous les autres morceaux de l'album (tiens, tiens). J'aime beaucoup ce morceau et me dit que finalement, je ferais peut-être bien de me trouver ce fameux Evolution : Creatio Ex Nihilio.

Au final, je dirais que le compte n'y est malheureusement pas, d'où la difficulté à le chroniquer exprimée au départ. Je n'aime pas avouer une déception et pourtant, malgré les tentatives nombreuses, je dois l'admettre, il y a trop de déchets sur l'album, on s'ennuie sec sur certains passages, on perd le fil, il manque l'accroche que j'espérais. Ou bien je suis passé à côté d'un concept, d'un truc trop complexe, ou je suis trop stupide et c'en est encore plus rageant. L'album file un peu le bourdon, c'est sombre, et globalement un peu mou. Il manque du contraste, des moments chocs, je ne sais pas exactement, mais un petit quelque chose. Peut être tout simplement trop d'accent mis sur les claviers et pas assez sur la guitare. Du coup on est assez loin du metal prog espéré.

Evolution ou faux pas, l'avenir le dira...

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Flying Colors
Flying Colors
Prix : EUR 17,99

18 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 cqfd, 10 avril 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Flying Colors (CD)
La question se pose à nouveau : Obtient-on forcément un bon album en associant des artistes réputés autour d'un même projet musical ? Ce "super groupe", dont je n'avais jamais entendu parlé, est un véritable cas d'école. En effet, on trouve au sein de Flying Colors de sacrés noms, écoutez plutôt : Derrière les fûts, le maître incontesté du metal prog, Mike Portnoy, dont l'actualité est décidément des plus chargée depuis son départ de Dream Theater (un album avec Avenged Sevenfold en 2011, des DVD avec Transatlantic et un album d'Adrenaline Mob, son nouveau combo attendu dans les semaines qui viennent). Aux claviers : Neal Morse, l'ex Spoke's Beard, s'est déjà associé à Mike Portnoy sur le projet Transatlantic, mais aussi sur ses albums solos. A la guitare son homonyme Steve Morse, leader et fondateur des Dixie Dregs, groupe réputé de rock fusion, qui officie au sein de Deep Purple depuis 1995. Son collègue et bassiste des Dixie Dregs, Dave LaRue, se charge de la basse et au chant, et c'est le plus inattendu du cocktail, on trouve un certain Casey McPherson. Le garçon n'a pas le CV impressionnant de ses collègues (surtout en Europe) et il n'officie pas trop dans le milieu du metal prog dont sont issus (plus ou moins) les 4 autres. Lui est plutôt pop/rock, chantant dans un groupe, Alpha Rev, et en solo, avec à son actif un certains nombre de hits popisants, outre-Atlantique. Il joue aussi de la guitare. Etrange mélange que voilà, d'autant que dans le pitch on apprend que tout a été enregistré en neuf jours de travail, ensemble en studio ! Difficile à accepter quand on sait que certains groupes passent parfois des années à pondre un album. L'inquiétude me gagne.

Première constatation après quelques écoutes de la bête : certains artistes sont plus doués que d'autres, et certains mélanges fonctionnent merveilleusement bien. En écoutant un morceau comme The Storm, tout semble si clair, si limpide, si... facile, que je reste sur le popotin.

Côté production c'est un sans faute. Certes, ce sont des grosses pointures et ils ont certainement bénéficié de très bonnes conditions d'enregistrement, mais le résultat sonne parfaitement bien. La patte de Peter Collins (producteur) et Michael Brauer (mixage) derrière les manettes explique une partie du résultat. Côté composition, on sent aussi que le courant est carrément bien passé entre les cinq musiciens. A l'écoute des breaks de Forever In A Daze, ou bien Blue Ocean, par exemple, on ne peut qu'être admiratif (ou écaeuré si on est apprenti musicien). On ressent pas mal l'influence de Neal Morse sur certains morceaux, mais pas uniquement, puisque ce petit côté pop, apporté par Casey, est omniprésent et ô combien rafraîchissant. Les influences sont très variées du coup. Par exemple, si on trouve du pur metal prog à la Neal Morse (Blue Ocean), on trouve aussi des choses plus proches de Muse (Shoulda, Coulda, Woulda), de Coldplay (Everything Changes), ou même des Beatles (Love Is What I'm Looking For). Il faut aussi dire que ce Casey McPherson est un sacré bon chanteur qui semble capable d'enrichir n'importe quelle combo, alors pensez donc accompagné par des cadors comme ceux là !

Le premier morceau, Blue Ocean commence avec les musiciens qui rigolent et discutent avant d'attaquer. L'ambiance semble très décontractée. Ca fait vraiment, genre, ils se tapent un petit baeuf pour rigoler. Ceci dit la ligne de basse de Dave LaRue est énorme et le refrain immédiatement accrocheur. Les chaeurs sont assurés par Mike et Neal. La voix lead sonne pas mal comme Neal Morse aussi, même s'il semblerait que ça soit déjà celle de Casey. On n'a pas beaucoup d'explications sur les albums en promo donc il n'est pas facile de savoir. Même remarque au niveau des compositions, même si là, sur ce morceau, le style Neal Morse est palpable. Steve Morse possède un toucher de guitare magique et nous gratifie d'un solo magnifique. Mike et Dave assurent une rythmique en or massif, c'est sûrement une évidence pour tout le monde mais ça rend quand même ce morceau absolument jouissif, jusqu'au final particulièrement réussi. On change de registre avec ce morceau très proche de Muse, Shoulda, Coulda, Woulda. Plus heavy et tout aussi réussi, on comprend rapidement que cet album sera multi-styles. Si, dans le premier morceau, le doute plane un peu sur qui officie au chant lead, ici, pas de doute, c'est Casey et c'est excellent. Dans un petit break, et dans le final, Mike Portnoy nous rappelle qu'il est un bien un boss absolu. Retour tout aussi réussi au metal plus prog avec ce Kayla, qui explique probablement le pourquoi du comment du choix de Casey McPherson : il sait juste tout faire au chant. Il se balade et livre un maximum d'émotion dans un large spectre de styles. La patte de Neal Morse marque aussi ce morceau, où Steve Morse vient poser un excellent solo, sacrément inspiré. The Storm est un des meilleurs morceaux de cet album, à mon goût. Le refrain est imparable, la voix de Casey très émouvante bien accompagnée de contre-voix en chaeurs. Un véritable tube en puissance pour radio rock outre-Atlantique, avec un puissant jeu de batterie et un très bon solo de guitare. Si je me laissais aller, je dirais même qu'il y a quelque chose de Rush dans ce morceau (le toucher de guitare de Steve rappelle celui d'Alex Lifeson, la basse de Dave celle de Geddy Lee et le jeu de Mike celui de Neal Peart). Forever In A Daze est encore une occasion pour Dave LaRue de montrer ses talents de bassiste et de grooveur. Il balance un groove fantastique, un peu slappé, qui déménage et sert de cadre au reste du morceau, assez heavy. On y trouve un excellent break un peu jazzy, toujours mené par la basse, le refrain reste très accrocheur et la voix de Casey rappelle un peu Sting. Même si le morceau Love Is What I'm Looking For fait penser aux Beatles, le piano de l'intro est assez proche de celui de Supertramp, c'est un morceau très rock, intéressant et assez loin du reste de l'album. Sur Everything Changes on entre de plain-pied dans la ballade langoureuse. La voix de Casey se fait plus aigüe, violons, guitare acoustique. Ca reste une ballade, même avec un break très Supertramp et un bon solo de Steve Morse, on sent que Neal Morse n'est pas loin dans la composition du morceau, même si le ressenti global est plutôt typé Coldplay. Plus trop metal tout ça ! D'autant qu'après cette ballade, ils enchaînent sur une autre ballade, sympa, mais bon, avec Better Than Walking Away, ça fait beaucoup. Je trouve que celle-là est assez mal placée. Heureusement, avec All Falls Down, on repart à donf, encore avec un morceau assez typé Muse. Le boulot de Mike à la batterie et de son collègue Dave à la basse est impressionnant, quelle section rythmique ! Fool In My Heart est encore une espèce de ballade, et oui, un peu plus pêchue, presque country. Au chant, Casey se lâche, à la guitare, Steve aussi. Je la trouve au final plus réussie que les deux précédentes. On termine avec Infinite Fire, plus prog dans l'âme, et transcendée par une basse magique. Le style est vraiment Neal Morse, presque Yes, même à la fin, le break guitare / piano sur fond de basse de malade est excellent, Mike envoie du lourd, on termine véritablement en beauté cet album.

Au final, je suis très agréablement surpris par cet album qui débarque sans crier gare, et sans renfort de promotion. C'est un véritable plaisir à écouter, et à réécouter. Le talent de chacun des musiciens explose dans ce savant assemblage, très réussi et fabuleusement bien produit. On ne peut qu'applaudir des deux mains l'initiative d'avoir réuni ces musiciens. Très accessible, ne nécessitant pas plus de deux écoutes pour être convaincu, le résultat est finalement supérieur à la somme du talent de chacun des individus : CQFD.

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Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 11, 2012 8:47 PM MEST


King of the Sugarcoate
King of the Sugarcoate
Prix : EUR 24,05

5.0 étoiles sur 5 The King..., 31 mars 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : King of the Sugarcoate (CD)
L'Australie, ses kangourous, ses surfeurs, et ... son hard rock bien sûr ! Des clichés bien connus. Un peu moins connu, par contre, c'est ce nouveau groupe prometteur que nous classerons dans le rock progressif et qui se nome The Sunpilots.

L'histoire du groupe démarre à Sydney en 2006, à l'initiative de Raj Siva-Rajah (d'origine Sri Lankaise) au chant et de Bob Spencer à la guitare. Ils sortent un EP en 2006, qui reçoit un très bon accueil et passe en radio (la chance, ils ont des radios qui s'intéressent au rock, là-bas). Ils sortent leur premier album Living Receiver en 2008 au travers de leur propre label. En 2009 le bassiste Justin Kool les rejoint puis en 2011 c'est le batteur Tom McGirr qui vient compléter la formation. Les récompenses pleuvent après la sortie de leur album et ils tournent à travers l'Australie pour se faire connaitre et ça marche bien. Ils décident alors de s'attaquer à un deuxième album, plus abouti, plus progressif et qui sera un album concept. C'est ce King of the Sugarcoated Tongues, dont il est question aujourd'hui.

L'album terminé, toujours autoproduit, ils décident de le promouvoir en partant sur les routes d'Europe. En 2010/2011 ils arpentent donc le vieux continent à bord d'un mini bus, et commencent à marquer les esprits partout où ils passent : en Allemagne, Autriche, Suisse, Pologne et même en France où ils sont supportés par une belle campagne promotionelle de La Grosse Radio. J'en profite pour remercier La Grosse Radio (Hacheff en particulier), puisqu'en jouant sur leur site, j'ai gagné deux places pour le concert des Sunpilots à Grasse, et que ce concert m'a permis de découvrir un groupe formidable, des musiciens talentueux et des hommes d'une gentillesse incroyable. Lors de ce concert de Grasse, dans la minuscule salle du LocalSud, les Australiens, coincés entre deux groupes locaux, ont délivré un show superbe comme si nous étions des milliers et eux les têtes d'affiche. Je ressortais très impressionné par leur prestation, et avec leur nouvel album dédicacé sous le coude. L'album n'était alors pas distribué ailleurs qu'aux concerts. Finalement un label le propose en sorties d'avril, comme quoi, finalement, tout s'arrange. A noter que l'album est, morceau après morceau, mis à disposition en téléchargement gratuit sur le site du groupe et via certains partenaire promotionnels, dont La Grosse Radio (encore eux) pour la France. Donc il est facile de se faire une idée de la bête.

Parlons du contenu maintenant. Et bien déjà on peut confirmer que le style a bien évolué depuis ce Living Receiver un peu mollasson à mon goût. Le virage vers une musique progressive est des plus réussi. L'album raconte une histoire, une sorte d'opéra rock, dans une société futuriste, post apocalyptique, à la recherche d'un nouvel ordre, de sécurité et de libertés. Les morceaux se mettent en place parfaitement bien, totalement contrôlés par la voix de Raj, époustouflante. Par moment son style est un peu celui de Steve Hogarth (Marillion), avec certaines extravagance qui rappellent aussi celle de Daniel Gildenlow (Pain Of Salvation), le tout restant unique (en live, le côté théâtral de Raj rend les choses encore plus fascinantes). Difficile d'extraire un morceau en particulier de ce savant assemblage à écouter de bout en bout, mais je dirais simplement que sur 3 Minutes To Midnight, on découvre la superbe voix de Raj, sur King Of The Sugarcoated Tongues, la très bonne basse de Tom le géant chevelu, et sur The Captain la guitare subtile de Bob. Question compo, si tout est plutôt réussi, je suis particulièrement séduit par le morceau Sex And TV, qui commence très calme, et dont l'intensité va crescendo, en délivrant une tonne d'émotion, et surtout Rain, mon morceau préféré au sein de ce petit bijoux d'album. Dans ce morceau, la voix vous retourne totalement, petits frissons garantis, notamment dans le petit break, superbe. Je ne peux pas terminer sans mentionner le travail de voix de Raj sur The Piper's Mirror et surtout sur Exodus, tout simplement énorme: refrains puissants, couplets calmes, voix de dingue. A découvrir, vite, mais là je vous dis vraiment vite !

Ces gars là sont excellents, ils délivrent un rock, progressif, hyper accessible, subtil et plein d'émotion. Ils ne demandent qu'un petit peu de votre attention. L'Emotional ROI (Return On Investment comme on dit dans le business) de cet album est énorme, alors écoutez vite les morceaux gratuits sur leur site, et le 27 avril, faites un beau geste, dégotez-vous la galette (la pochette est sympa en plus), montrez que vous êtes sensibles aux Sunpilots, en attendant d'aller les voir en live.

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Welcome To The Crossroads
Welcome To The Crossroads
Prix : EUR 10,55

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 On se lève tous pour ... Koritni, 25 mars 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Welcome To The Crossroads (CD)
Un nouveau Koritni, c'est toujours une bonne nouvelle. Je suis l'évolution du groupe depuis ses débuts, et je les ai vus plusieurs fois en concert ces cinq dernières années quand ils traînaient souvent dans les environs de Peymeinade (06). C'est donc un de mes petits protégés dans cette catégorie de musique qui me convient particulièrement, je veux parler du bon vieux hard rock type années 80, ou old school comme on dit aujourd'hui. Par contre, pour ceux qui débarquent et auraient raté les épisodes précédents, Koritni est un groupe australien dans la pure tradition AD/DC, qui porte le nom de son excellent chanteur Lex Koritni. Il est entouré d'Eddy Santacreu, notre Français émigré en Australie depuis un bout de temps, et de Luke Cuerden aux guitares, et de Chris Brown et Matt Hunter (respectivement batterie et basse). Le line-up est stable depuis le départ et c'est aujourd'hui qu'arrive ce troisième album de Koritni, faisant suite au très bon Game Of Fools. Tellement bon, d'ailleurs, qu'il place du coup la barre assez haute. Coté pochette, on reste dans le trip du dernier opus avec un dessin de Mark Wilkinson. Coté prod, c'est aussi la continuité avec Mike Fraser, même s'il est épaulé cette fois-ci par Dan Leffler et Dean Maher et surtout par Lex, qui passe aussi aux manettes. Petite nouveauté, par rapport aux albums précédents, avec quelques invités de marque, puisqu'on trouve Jeff Scott Soto qui vient pousser la chansonnette au coté de Lex sur Down At The Crossroads qui ouvre l'album, alors que c'est le collègue australien et chanteur d'Electric Mary, Rusty Brown, qui vient lui donner la réplique sur Better Off Dead. On note aussi la présence de Jeff Waters (Annihilator) qui vient balancer du solo sur TV's Just A Medium.

Sur les douze morceaux de l'album on trouve quelques perles de hard rock australien. Par exemple le premier morceau, Down At The Crossroads, avec son intro de slide. Dès les premières notes, on se sent à l'aise. Le refrain vous accroche grave, repris en chœur par tout le team. Le break est génial, d'un simplicité rare, rythme de bucheron, grosse basse et Lex qui se lâche crescendo, irrésistible. J'aime beaucoup aussi le Party's Over, dans un style un poil plus pop, qui pourrait rappeler Nickelback, en mieux, notamment coté voix. Le refrain accroche bien, le solo un peu dissonant à mon goût fait forcément tendre l'oreille. Comment résister à TV's Just A Medium ? Je vous le demande. Refrain génial, rythme soutenu, et solo de malade par l'invité de marque Jeff Waters qui vient balancer la gomme plusieurs fois. Le deuxième solo est particulièrement réussi. A la base c'est un blues, speedé, au final c'est le pied ! Vivement le Hellfest les mecs ! Plus calme sur le départ, mais tellement bien chanté, Sometimes est un morceau assez atypique. Il est assez long, presque sept minutes, mais surtout il commence de manière plutôt poussive, mais passe la seconde après un solo particulièrement bien réussi, vers les quatre minutes. On avait déjà eu ce genre de chose avec le Tornado Dreaming de l'album précédent. Force est de constater que c'est un formule qui marche bien, ca devrait aussi faire des étincelles en live. Mon morceau préféré sera probablement l'irrésistible Let's Go Crazy. Si vous ne tapez pas du pied là-dessus, votre cas est désespéré. Le solo que je devine d'Eddy, est superbe, je l'imagine déjà sur scène, lever bien haut son manche, penché en arrière. Seule la fin abrupte, me choque un peu, pourtant, je devrais être content moi qui milite au LCFMED (Ligue Contre les Fins de Morceaux en Decrescendo), mais là c'est un peu too much, ça sonne pas naturel. Koritni tente aussi des trucs comme avec Take It Like A Man, et une étonnante intro sudiste, presque country, même si le reste du morceau est plus classique, il montre une énorme prestation de Lex au chant, un solo de guitare slidée qui rappelle de bons souvenirs Rose Tattoo-esques et un final au banjo (on dirait) fort sympatoche.

Les autres titres, sont loin d'être mauvais. Par exemple le solo de Better Off Dead est particulièrement réussi. Je note d'ailleurs une certaine progression dans les solos des deux grateux depuis le début, certains solos dans cet albums sont des tueries, sans compter celui de Jeff Waters. Dans Sydney In The Summertime, où Lex semble œuvrer pour l'Office du tourisme de Sidney, même si le morceau semble moins original, le refrain passe bien et on ne s'ennuie jamais. Dans Money Talks It Says Goodbye, c'est déjà entendu (par Koritni), mais le break et le solo sont excellents.

On trouve aussi quelques ballades, ou power ballades, dont ils se sortent finalement assez bien. Par exemple Hold On, qu'on connait déjà dans sa version acoustique (disponible sur No More Bets). C'est assez bateau coté parole (accroche toi à tes rêves baby, '), repris par les chœurs, mais la voix de Lex fait, une fois de plus, toute la différence.

Dernier point, je n'ai rien compris au vingt-deux secondes de Now a Word From Our Sponsors, un zapping entre plusieurs stations radio, faut qu'on m'explique. C'est peut être juste l'intro de TV's Just A Medium et je me triture le ciboulot pour rien. Ils ont quand même pas une entreprise de pompes funèbres comme sponsor, si ?

Pour moi, il n'y a pas photo, Lex est le meilleur chanteur du circuit hard rock, et Koritni un des meilleurs groupes, si ce n'est le meilleur représentant actuel de cette mouvante de hard rock efficace, pas révolutionnaire pour un sous, mais franchement jouissif. Au lieu d'attendre bêtement le prochain Airbourne, donnez une chance à Koritni, vous ne pouvez pas être déçus.

PS : Ne les ratez pas au Hellfest, même si c'est le matin : « on se lève tous pour ... Koritni ! »

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Beauty & The Beast
Beauty & The Beast
Proposé par Meganet France
Prix : EUR 11,89

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La Belle et... l'Orient !, 13 mars 2012
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En 2011 pas mal de musiques typée Metal oriental nous sont parvenues. On connait bien Orphaned Land, Myrath, ou encore Arkan, qui ont eu la bonne idée de tourner ensemble en 2011 et nous faire découvrir du Metal teinté de sonorités orientales. Par contre, on est passé complètement à côté du groupe libanais, The Kordz, qui a sorti son premier album Beauty & The East (élégant jeu de mot) en 2011 dans certains pays mais dont la promo de sortie n'arrive qu'aujourd'hui en France. Quelle grossière erreur ! Je remercie le label de cette re-sortie qui nous permet de rattraper la boulette.

Évidement le Metal libanais, peu d'entre nous connait, et bien grâce à cet album de The Kordz, nous nous coucherons tous moins bête. Le groupe est donc originaire de Beyrouth, formé vers la fin des années 90, puisqu'il existe depuis plus de 12 ans avec un line up assez stable autour d'un noyau dur composé de Moe Hamzeh (chant), Mazen Siblini (claviers), Nadim Sioufi (guitare) et aujourd'hui rejoints par Alan Azar (guitare), and Nadim Abou Chakra (basse). Ils se sont forgés une solide réputation dans leur pays, en le sillonnant et en assurant des concerts toujours de grande qualité. Ils ont même joué dans les zones de guerre, pour les troupes de l'ONU (ça force le caractère, j'imagine).

Leur premier album, Beauty & The East, est donc distribué en France et je dois reconnaitre que l'on tombe assez facilement sous le charme de cet album, dont le style oscille entre metal prog, rock parfois même teinté de pop, avec souvent cette petite pointe d'épice venue tout droit du Sud de la Méditerranée. La prod est assurée par Ulrich Wild (Deftones, Static X, '), et le chant est assuré dans un anglais parfait. Explications détaillées !

L'album attaque avec une intro plutôt électro avant d'attaquer un morceau pas si oriental que ça, Deeper In. On est immédiatement sous le charme de la voix envoûtante de Moe. Superbe ! Le son est excellent, le refrain archi accrocheur, vraiment pro. Question instru, le piano sonne particulièrement bien je trouve, rendant l'ensemble particulièrement bien équilibré et l'influence oriental plutôt absente (sauf un peu la voix). Sur Nothing Or Everything, le morceau suivant, même remarque, difficile de croire le groupe originaire de Beyrouth (sauf peut être les claviers), le son est extrêmement moderne, pêchu, assez orchestré, très bien rythmé. Moe utilise un poil de radio box sur sa voix. Il faut attendre l'intro d'Insomnia Kid pour entendre les premiers sons vraiment orientaux, avec ici, des percus, et des violons. Le résultat est intéressant, « best of both worlds » comme on dit chez les anglo-saxons, plus de doute, on est dans le Metal oriental. La voix de Moe, est encore assez impressionnante, on trouve un petit break oriental, il y en aura d'autres. Etonnant sur Get Behind, Moe sonne un peu comme Ozzy, et on repart vers l'occident avec un morceau assez heavy, fort bon aussi. Seuls les claviers viennent faire balancer le mix un peu vers l'orient.

Le morceau qui donne le titre à l'album, nous emmène carrément dans une visite de Beyrouth côté cour, au travers d'instruments typiques à cordes (à l'accordage si spécial) ou à vent (sorte de flûtes) et de chants tout aussi typiques (sorte de prières).

Last Call, qui enchaine, est un morceau surprenant que l'on pourrait décrire comme du Metal-disco-oriental, ou du Abba version Metal oriental. C'est au final assez réussi, aussi on imagine même des gens danser sur ce morceau.

Après ce moment divertissant on arrive à une ballade, Save Us, qui semblait assez banale au départ, mais qui s'avère être un sacré bon morceau, une belle mélodie, mise en valeur par la voix chaude de Moe, accompagnée d'une guitare acoustique, et d'un piano. Le refrain est des plus réussis. Le morceau s'excite, pour livrer un très inspiré solo de guitare. Très bien fait tout ça. D'ailleurs toutes les ballades de l'album (en particulier The Garden, où Moe se transcende une fois de plus), sont de très bons morceaux, très mélodieux, et prouvant une très grande capacité de composition.

Pour définir ce que veut dire Metal oriental, il suffit d'écouter un autre excellent morceau qu'est Don't You Wait, assez pêchu, franchement Metal, mais dont le solo est assuré par un instrument traditionnel à vent (dont le nom m'est inconnu mais qui sonne un peu comme un biniou) lors d'un petit break bien amené. C'est le choc des cultures, la tradition au service du modernisme, c'est très agréable et ça change des sonorités habituelles. Et si vous ne comprenez toujours pas, essayez The End, où l'Orient s'invite au milieu d'un morceau mid tempo, plutôt Kashmir-esque. Une autre réussite pour qui veut bien ouvrir ses esgourdes à des sons différents.

Bref, vous l'aurez compris, encore une belle découverte, comme on aimerait en faire plus souvent. Pas de passage à vide dans cette beauté venue de l'Est, qui comporte tout de même seize titres (même ce Nic-o-Teen un peu détonnant qui clôt l'album sur une note plus punk rock). Les gars (les filles aussi), retenez ce nom : The Kordz. Non pas parce qu'il vient d'un pays exotique pour le Metal (je n'écris pas pour le guide du routard à ce que je sache), mais parce que cet album est excellent et laisse présager de très bonnes choses, pour peu qu'on s'intéresse un peu à leur cas, et que d'autres chances leur soient données de nous étonner : Concerts en Europe, deuxième album, je dis oui et encore oui, et vite en plus. Messieurs les labels, faites votre boulot !

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Perpectives
Perpectives
Prix : EUR 17,88

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Vive les champis !, 10 mars 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Perpectives (CD)
Lord Of Mushrooms est un groupe que l'on va qualifier de metal progressif pour donner un idée générale du style musical de cet album, même si par moments, on touche plutôt au rock progressif. Je dois dire qu'au départ, mon œil est attiré par le fait que les deux fondateurs du groupe sont de Nice et que le groupe est déjà chez un gros label et pas forcément des plus spécialisés metal prog, ce qui force la curiosité. En creusant, on découvre aussi que le chanteur de LoM (pour les connaisseurs), n'est autre que le brésilien Gus Monsanto, qui doit apprécier les terres du midi puisqu'on se rappelle déjà son travail avec Adagio. Autour de Julien Negro (basse), Laurent James (guitare) et Gus, on trouve les deux italiens Luca Mariotti (claviers) et Marco Talevi (batterie) pour, donc, un line-up assez cosmopolite et tout à fait prometteur.

Je suis instantanément tombé sous le charme des LoM. D'abord la prod. Un truc de dingue ! Soignée aux petits oignons, un son recherché, contrasté, une grosse basse, des riffs de gratte contrastant avec un magnifique jeu de piano et un bon batteur. Ma seule remarque fût, au départ, de trouver la voix un peu plate, lointaine, mais quand je réécoute l'album aujourd'hui (et avec grand plaisir), je ne retrouve pas cette première sensation. En deuxième lieu, ce qui m'a vraiment emballé de suite, c'est aussi la qualité des compositions. Le travail est énorme, soigné, peaufiné, et rien ne semble avoir été laissé au hasard. Je suis particulièrement sensible au jeu de piano clair de Luca, qui contraste avec les riffs percutants de Laurent, ça me cause vraiment. C'est particulièrement le cas sur un morceau comme Circles On the Water, particulièrement réussi. Mais aussi sur le morceau qui ouvre l'album Imago. Dans ce morceau, introduit par une super ligne de basse / batterie, le travail de piano me fait penser un peu au piano qu'on retrouve dans Pain Of Salvation (gros accords plaqués dans le refrain). Le piano de Grace (Dedicated To) est aussi bien mis en valeur, toujours contrasté par un son de guitare de ouf.

Les refrains de pratiquement tous les morceaux sont très accrocheurs (Imago, Warmth In The Wilderness, Grace (Dedicated To')), on trouve de nombreux changements de rythmes (Circles On the Water, Raindrops On My Wings), et de bons petits breaks. Tous caractéristiques d'un bon album de metal progressif.

Coté chant, j'aime beaucoup ce que fait Gus qui prend, il me semble, pas mal de risques. Des parties chantées presque façon rap, d'autres murmurées, plus subtiles' tout y passe. Un bon exemple de cette panoplie est le morceau Grace (Dedicated To'). Il se lâche et on sent que le gusse (sans jeu de mot) semble très à son aise dans la formation. On le trouve aussi très bien en place dans son registre plus classique.

Dans l'interview de James, je demande si Dream Theater est un grosse influence. Visiblement la question agace un peu, pourtant à l'écoute de Warmth In The Wilderness ou The Missing Link et même Raindrops On My Wings, je suis plongé dans du Dream Theater, première époque. Par la musique, excellente, le son des claviers, les riffs de la gratte mais surtout la voix de Gus, tellement proche de James LaBrie sur ces morceaux. Saisissant. J'imagine qu'il y a pire comme comparaison, enfin pour moi, l'influence reste flagrante.

Le morceau, Red Queen's Race, est un excellent instrumental que je classe dans les meilleurs de l'album, même si j'aime beaucoup ce que fait Gus sur le reste des morceaux. J'espère qu'il ne m'en voudra pas, mais ce morceau reflète parfaitement les qualités techniques et les talents de compositeurs de l'équipe de LoM. Un morceau mystérieux se cache à la fin de Circles On The Water, c'est un petit morceau planant, moment étrange et zen.

J'aime aussi beaucoup les mix de styles dans Nyx's Robe, sur une base très metal prog, belle voix, joli piano, gros riffs, mais avec un surprenant break jazzy : ces gars là savent tout faire. Le morceau que j'ai le plus aimé, Awaken, a des petits airs de Pain Of Salvation. C'est une pure réussite, qui me fait donner le coup de cœur. Je suis plus réservé sur le bonus track Falling, qui commence un peu mollement mais qui évolue très bien.

Au final, je reste assez épaté par un tel album et par ce groupe dont j'ignorais l'existence il y a encore quelques jours. Cet album est plus metal prog que rock prog, ce qui pourrait bien surprendre certains qui connaissaient l'album précédent. Je pense que bon nombre d'amateurs de metal prog vont découvrir là une petite perle rare ou que, au moins, cette chronique aura piqué leur curiosité.

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Not The Weapon But The Hand
Not The Weapon But The Hand
Prix : EUR 19,00

15 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Beauté, douceur et magie..., 27 février 2012
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Steve Hogarth est le chanteur de Marillion (stop ! je vous arrête de suite, pas d'histoire à propos de Fish, le "vrai" chanteur, Steve est là depuis 1989 et plus de 12 albums, il mérite quand même le titre de chanteur de Marillion, il me semble...). Richard Barbieri, lui, est le claviériste de Porcupine Tree depuis l'origine du projet. Ils collaborent sur un petit joyau de progressif du nom de Not The Weapon But The Hand qu'ils signent de leurs deux noms. Auparavant, ils avaient déjà travaillé ensemble sur le projet solo de Steve appelé tout simplement H (sur l'album Ice Cream Genius). La collaboration n'a pas été facile étant donné les agendas chargés des deux groupes Marillion et Porcupine Tree en 2010, mais elle a quand même eu lieu, avec Richard proposant des instrumentaux très inspirés à Steve qui y a posé des paroles et bien sûr, sa voix. Quand j'ai pris en charge cet album, j'avoue être passé totalement au travers. Il faut dire que je n'était pas d'humeur pour écouter ce genre de musique. Les nerfs, le boulot, ça n'était pas le bon moment et je repoussais le projet plusieurs fois. Et puis un soir, plus calme, je tentais à nouveau l'expérience, casque Bose sur les oreilles, un bouquin et direction le canapé. Et tout à coup, l'impression n'est plus la même. Les mélodies me touchent au plus profond, la voix de Steve est superbe, qu'il chante, susurre ou chuchote, il vous interpelle, par moment il vous arracherait presque une larme tellement ses mélodies sont belles.

L'album forme un tout très agréable, on retient quand même ce premier morceau Red Kite, plus de sept minutes totalement magiques, où on a vraiment l'impression de voir le cerf-volant rouge de Steve tant il est convaincant. L'ambiance du morceau est envoûtante, tout en douceur, menée par un joli piano et la voix de Steve, sur fond de multiples sons, bruitages. Question prod, c'est aussi une belle leçon. Dans A Cat With Seven Souls, la grosse basse rythme un peu plus le morceau, on en prend plein les oreilles, on ne sait plus où donner du tympan. En parlant de basses, signalons les participations de Danny Thompson à la contrebasse, de Arran Ahmun et Chris Maitland à la batterie et Dave Gregory à la guitare et à la basse. Le morceau Crack est assez intéressant, avec une ambiance un peu psyché, un chant trafiqué, sur plusieurs couches, avec au final un morceau très entrainant et addictif. J'adore aussi le morceau Only Love Will make You Feel. L'ambiance est un peu tribale, presque world music, proche de Peter Gabriel, mais avec la pureté et la voix de Steve posée sur un refrain magnifique. C'est encore un assez long morceau de plus de huit minutes et c'est tant mieux. Le dernier vrai morceau (le dernier de une minute vingt-cinq est une conclusion de l'histoire plutôt déclamée), Lifting The Lid, change pour une ambiance paisible et tropicale, une pluie douce nous recouvre doucement. Un concentré de beauté.

Beauté, douceur et magie. Ces trois mots résument tout à fait cet album. Que vous soyez amateur des morceaux calmes de Marillion (album Essence par exemple), ou fan des ambiances de Porcupine Tree, ou tout simplement à la recherche d'un moment de douceur intense, d'un véritable câlin musical, cet album est fait pour vous.

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Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 11, 2012 8:49 PM MEST


The empty frame
The empty frame
Prix : EUR 20,75

5.0 étoiles sur 5 Du metal core haut de gamme..., 13 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : The empty frame (CD)
Malrun est un groupe Danois fondé en 2003 par Jacob Løbner (chant) et Mads Olsen (guitare). Petite note pas banal, le premier est avocat, le second toubib. Les rejoignent Lars Reese à la basse (lui-même photographe), un autre guitariste et un batteur. Après avoir joué dans les bars de leur Jutland natal, ils décident de passer aux choses plus sérieuses. Ils changent de nom pour Malrun et changent de second guitariste et de batteur. Le guitariste Patrick Nybroe et le batteur Mikkel Johnsen s'engagent dans l'aventure. Ils sortent un premier EP, Longest Road to Rome, (produit par Tommy Hansen) en avril 2007, puis un second, Beyond (produit par Tue Madsen et Jakob Olsen) en mai 2008 et enfin leur premier album, Beauty In Chaos, en 2010. Aujourd'hui nous recevons leur nouvel album, The Empty Frame, produit par Jacob Hansen (Volbeat et d'autres) dans un style à la fois pêchu mais aussi très mélodique à la croisée de Killswitch Engage (pour le pêchu), ou plutôt de Times Of Grace, dont je m'étais déjà régalé il y a pile un an, et de Staind ou même System Of A Down par certains côtés (voix et chaeurs sur le couplet de Moving Into Fear par exemple). Il serait un peu simpliste et rapide de les classer dans le style hardcore à mon goût. Dans le son de Malrun, on retient de suite la puissante et chaude voix de Jacob. C'est clair que le gars possède une voix qui défonce, autant en voix claire qu'en chant hurlé. On trouve aussi quelques growls mais ils sont assurés par Lars. Ensuite, le deuxième atout du son Malrun, c'est la puissance de ses riffs de guitare et de la basse. Souvent assez complexes, servis par une excellente production, ils apportent de la puissance pure au mix final. Troisième atout, dans un style musical quand même plus que surchargé, c'est clairement la qualité des compos, et notamment des refrains imparables et super accrocheurs que nous livre le combo.

L'album commence par un petit instrumental sympa (ils nous avaient déjà fait le coup sur Beauty In Chaos), qui enchaine sur le premier morceau, Shadowbord, qui balance la sauce de suite avec un refrain en chant clair et un couplet hurlé. Le résultat, assez typé hardcore (le plus hardcore de l'album probablement), est plutôt bien fait avec un bon break et un très gros travail du duo batteur/bassiste. Néanmoins le morceau n'est pas des plus original, encore une fois, dans ce style, on a pléthore de choix, se démarquer n'est pas aisé. On se rassure avec l'excellent Moving Into Fear, dont le refrain pête tout, excellent contraste chant clair, chaeurs hurlés. Jacob assure un max au chant. Pas de repos pour Mikkel, aux fûts, qui fait un travail de titan (ou de bûcheron). Le solo de gratte est aussi assez atypique des formations hardcore, façon détournée de dire qu'il est fort réussi. Ca sera mon morceau préféré. Pas le temps de respirer qu'ils nous cueillent avec un morceau plus mélodique, New Blood, fort réussi, car c'est un peu ça la recette de Malrun, du hardcore mélodique (si, si, c'est possible). Encore un beau refrain, une excellent prestation de Jacob au chant et des autres qui ne lâchent rien, les riffs sont vraiment très puissants, ca me rappelle bien le Times Of Grace sur ce coup là. Même approche avec un Sink Forever Down, encore plus mélodique, tube radio US potentiel. Enormes riffs de gratte dans le petit break, façon ballade musclée, avec une chouette intro en arpège qui monte en puissance et en émotion. Le morceau est assez court et finit, je trouve, un peu brutalement.

Les morceaux s'enchainent bien avec quasiment pas de temps faibles. Je note vraiment de bonnes choses côté voix sur Strip Show of An Angel, et encore ce petit côté System Of A Down sur le chant clair de The Lyapunov Exponent ou celui de The Iron March. Sur ce dernier, assez speedé, les contrastes chants clairs / hurlements sont excellents, le duo basse / batterie est à l'honneur. Le refrain d'un Bloody Mary est, une fois de plus, imparable, quand à celui de Into The Sun, il est aussi fort sympathique et démontre un côté de Malrun un peu plus progressif et changeant. C'est encore un atout. Le morceau final, Yoke Of Stone, est une bonne illustration du style à la fois hyper puissant et mélodique de Malrun. Un dernier petit mot pour la power ballade Pariah, qui a aussi tout pour elle : le refrain, le chant, les chaeurs, le riff. N'étant franchement pas un gros fan de ballades, je dois quand même le reconnaitre : ces gars là sont méga inspirés.

Malrun c'est du metal moderne taillé pour plaire au plus grand nombre, skaters, émo, coreux, autres metalleux, le genre de groupe qu'on aimerait voir défoncer les planches d'une petite scène de France avant que le marché américain s'en empare à jamais. Attention tout de même, ils aeuvrent dans un style hyper saturé, où la médiocrité d'un album serait fatal. Ca n'est pas le cas de cette galette, profitons-en. Les progrès réalisés depuis l'album précédent sont indéniables, je pense que je tiens là mon album hardcore de l'année, comme l'année dernière, avec The Hymn Of A Broken Man,de Times Of Grace. Voilà qui est réglé !

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