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Contenu rédigé par Beauchne
Classement des meilleurs critiques: 371.019
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Commentaires écrits par
Beauchne

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Les dragueurs
Les dragueurs
DVD ~ Jacques Charrier
Proposé par ABCINE
Prix : EUR 19,00

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 dragueur, 23 juin 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les dragueurs (DVD)
Ca va, tu te foule pas trop pour la critique du 1er film de Jean-Pierre Mocky; "les dragueurs"

A moins que tu ne sois rédacteur sur le site dvdrama, mais je ne t'ai jamais vu.

Et je ne sais pas pourquoi "indigeste" (?)

Et les 2 étoiles ne sont pas vraiment justifiés, peut-être par rapport à la technique du DVD qui souffre comme tu l'as dit, enfin comme dvdrama l'a dit. Pour ma part, mon édition est presque parfaite et malgré quelques contrastes pas forcément bien gérés, le noir et blanc est lumineux, un peu trop ?

Niveau bonus, oui c'est vrai que c'est le strict minimum, mais bon, chez le Jean-Pierre, on ne peut pas demander plus, Pathé ne s'engage vraiment pas trop dans ce genre de passion qu'est le cinéma de Jean-Pierre Mocky.

Concernant le film ? Une pépite qui ne ressemble à aucun autre film de l'époque. Une oeuvre intense et satirique, interdite à l'époque mais néammoins adulé par la critique. Un portrait au vitriol d'une galerie de personnages hors normes, caricaturés (les fameux "monstres" de Mocky qui s'affirmeront tout au long des années 60 avec Bourvil, Francis Blanche, Michael Lonsdale), pied de nez à la nouvelle vague. Surtout, un film inclassable et qui compte parmi les oeuvres de "rues"; influences des américains & tout particulièrement Martin Scorsese.


Le Très véritable groupe Machin en compile
Le Très véritable groupe Machin en compile

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Machinerie, 7 juin 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Très véritable groupe Machin en compile (CD)
Tous les matmatha, tryo, sinsemilia etc etc ont écoutés dans leur tendre jeunesse le groupe Machin et Hubert Félix Thiéfaine; pour avoir des racines musicales comme telles. Mais, comme ils le disent si bien "je ne suis pas breton et le regrette un peu". C'est vrai, ils ne sont pas breton, comme moi je ne suis pas franc comtois, mais ce groupe précurseur et visionnaire du folk moderne mélangé au blues-rock ("Si j'étais moins phalocrate") ou aux tendres ballades qui touchent aux sublime : "Ma mie", la quatror aurait bien pu devenir un sacré phénomène, à leur sauce bien entendu. Mais à l'heure actuelle, Machin reste à jamais une référence pour les jeunes groupes amoureux de ce style franchouillard du terroir (oui ! oui !) et on dit bien entendu merci à l'Hubert Félix d'avoir joué avec eux un bon 5 ans avant de s'envoler seul, avec des ailes d'albatros et de géant. On peut dire que Tony Carbonare est un des plus grands bassiste de France comme on peut dire aussi, l'un des arrangeurs français les plus primés dans la profession.

Réécoutez Machin dans cette compile qui tombe à pique et faites comme eux, devenez des folkeux...Mais le rock reste tout de même natureleux !!! En prime, une version très "celte" de "la concoillote" !

Bonheur.


BBH75
BBH75

13 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Joue du trombonne ! NON de la guitare !, 19 mai 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : BBH75 (CD)
Mesdames et messieurs, voici le jeune homme qui nous a inventé le rock français en ce début d'années 70. Le grand Jacques tourne largement hard et trouve un nouveau public avec ce premier véritable disque. Des 8 titres, rien à jeter, du vagabondage poétique abracadabrant mais néammoins réaliste de "Paris New-York, NY Paris" entre blues cradingue et punk au rock intrépide gorgé de guitare de "Boxon", BBH75 est une pure bombe qui éclate dans les oreilles des chers français qui n'étaient pas encore habitués à un tel monument vif, rapide, acéré et brutal. Entre poésie surréaliste et instrumentation limitée aux simples instruments standards anglo-saxon (les pionniers quoi) : guitares, basse, batterie, Higelin mérite tous les applaudissements mais ne trouve malheureusement pas le succès. Le disque deviendra mythique avec les années et aujourd'hui, autant le dire, il n'a pas vieilli ! C'est un mythe, un culte que nous autres français, nous sommes fiers. C'est notre coco à nous, notre disque absolu de rock'n'roll. Et quel plaisir que ce genre soit amorcé par Higelin, suivi de près par Nino Ferrer puis plus tard, Hubert-Félix Thiéfaine...

Au programme donc : du funk puissant et décalant; le classique "Mona Lisa Klaxon", le stonien "Chaud, chaud Bizness Show", les ballades poétiques aux arrangements acoustiques imparables, la très bonne "Cigarette", la plus fouillie "Une mouche sur la bouche".

Higelin martèle le rock à grands coups de batteries où la cymbale devient un instrument à part entière : "Est-ce que ma guitare est un fusil?" et s'engage dans un blues meurtri aux accents punk : "Oesophage Boogie ; Cardiac Blues".

Bon, vous l'aurez compris, un disque indispensable à toute discographie qui se respecte. En même temps, si vous êtes novices, poursuivez Higelin en vous procurant tous ses albums jusqu'à 1982. Après, stoppez tout !


Le Piège à cons
Le Piège à cons
DVD ~ Jean-Pierre Mocky
Prix : EUR 22,47

8 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 l'ultimatum, 22 mars 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Piège à cons (DVD)
Enfin ce grand polar à l'humour désespéré sort en DVD ! Il ne manquait plus que lui pour compléter la période "thriller" de Jean-Pierre Mocky. LE PIEGE A CONS est sûrement le portrait le plus interressant et le plus exacerbé sur les révolutionnaires; cette fois-ci, des chomeurs desinvoltes (nous sommes en pleine actualité !). Si Mocky réincarne un personnage au destin trouble et au futur menacé, (sa mort est pleine d'émotions) le film dépeint gravement la société française à l'aube des années 80; une décénnie puérile et mauvaise à souhaits. LE PIEGE A CONS est aussi un grand film méconnu, extrêmement violent et aux dialogues toujours aussi crus et d'une drolerie accablante, la marque de fabrique de Mocky, vous diront certains. Ce qui est vrai, Jean-Pierre Mocky se distingue de ses camarades, au bout d'une vingtaine de films (à l'époque, en 79) il a réussi à s'imposer en véritable auteur qui gène le monde et qui ose cracher sa haine là où les autres hésitent à dire ce qu'ils pensent. Mocky a toujours était le vilain petit canard de la bande, et revoir ses films n'est pas une mince affaire, croyez-moi. Pas de préparations psychologique non, mais lorsqu'on aime le cinéma, il est impossible d'éviter ses films, tant ils sont importants et présentent des jallons obligés dans l'univers du cinéma français; univers si cotoyé et apprécié. LE PIEGE A CONS est pour ma part un de mes films préférés tant la désillusion et le mensonges sont de mise face à la corruption, la violence et les états d'âmes. Pas d'espoir pour personne, c'est peut-être cela la vie ! A en décourager les plus démunis. UN CHEF D'OEUVRE qui ne vieillit pas !
En espérant que le DVD soit aussi interressant que le contenu du film, malgré que celui-ci ne fasse pas parler plus que ça à sa sortie en salles. Mais nous avons l'habitude, voici maintenant 4 vagues de la collection Mocky...autant continuer sur le même chemin, dommage tant l'oeuvre de Mocky représente beaucoup et demeure toujours un sacré mystère !


Solo
Solo
DVD ~ Jean-Pierre Mocky
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 15,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Iconoclaste, 22 mars 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Solo (DVD)
"Solo" est à la fois un film exceptionnel et magnifique. Au lieu de tremper un saut de violence machinalement choquant, Jean-Pierre Mocky donne la parole aux émotions de ses personnages, pour la plupart caricaturés dans un monde gangrené à la suite de la révolution des étudiants de mai 68 ; une date dans l'histoire de France à ne pas nier ! Si Mocky manque d'audace dans certains propos, il se déchaîne dans des dialogues corrosifs à faire pâlir Michel Audiard. A la fois rapide dans une mise en scène millimétrée et réfléchie dans le choix de l'action, le réalisateur se met en scène avec fougue et virulence. C'est pour cela qu'il incarne un personnage de justicier, un violoniste à la mercie des bourgeois, comme son frère qu'il tente de protéger à la suite d'un raid meurtrier lors d'une soirée mondaine. Il ne le verra jamais lors de son aventure dans la nuit urbaine et sera abattu sans précédent.
Revenons au début de ce film magistral et important dans l'histoire du thriller français :
La première scène, en plus d'être extrêmement violente pour l'époque, donne le ton au reste du récit. A bas la bourgeoisie ! Même si l'interprétation n'est pas très subtile; on a longtemps reproché à Mocky sa mauvaise qualité de prestations, l'ambiance est pesante et là pour nous faire réagir. Le message est clair et trente cinq ans plus tard, le film n'a pas trop vieilli et se voit sans problème.
"Solo" réside aussi dans la machination de ses adversaires. Mocky est un homme simple, voleur de bijoux, pas au bon endroit ni au bon moment. Cela va très vite, l'essentiel est gardé sur pellicule et le film se déroule la nuit durant. La police met très vite la main sur le gang de révolutionnaires, emmené par le frère de Mocky, Virgile Cabral, qui a trucidé tous les bourgeois de la soirée précédente. Tout part de là.
Durant une heure trente, "Solo" se distingue des autres films français. Jean-Pierre Mocky, habile dans son personnage court après la mort pendant tout le film, se fondant dans un univers qu'il connaît mais qu'il n'ose pas approcher. Les étudiants sont devenus fous, ils se croient tout permis et leur audace n'a d'égard que leur amour-propre.
Même si le succès fut immédiat, "Solo" traîna longtemps dans les archives pour ses passages à la télévision. La censure fut encore virulente face au cinéaste. Mais qu'importe le film est devenu culte. Nous ne sommes pas loin de la réalité chez Mocky et durant toute la décennie 70, il sera méprisé par un pouvoir de l'image qui n'a pas l'habitude de voir les choses primaires de notre société sous un angle étudié. Jean-Pierre Mocky ose cracher où les autres essuient, il tire à boulets rouges un message clair et inventif, révolutionnaire et anarchiste. Et rien que ça mérite l'attention des jeunes cinéastes. "Solo" n'est qu'un exemple de bravoure qui se distingue par sa mise en scène enlevé, vive et véloce. Par son scénario extrêmement pointilleux qui consiste à décrire tout un paysage de vengeance, la nuit, dans un port du Havre puis dans une gare, à Reims. Des personnages à l'humour noir trempé de violence verbale, un Vincent Cabral en roue libre et un flic (splendide Henri Poirier) à l'intelligence formelle. Tout un monde qui embrase l'univers américain du film noir. Le cinéma français avait ce don de savoir nous faire réagir, et même si Jean-Pierre Mocky rend un certain hommage à Henri Decoin ou Jules Dassin, il nous transporte dans son propre univers machiste et insolent. Quand il se la joue violent, il dépeint aussi bien un tableau brossé à l'huile de mensonges qu'une France " d'en bas " à l'équilibre réactionnaire entre le bien et le mal. Dans le cas contraire, Mocky a tout comprit et se place du côté du mal pour redresser le bien. Chose faite dans le magnifique "l'albatros" où son personnage côtoie et dénonce un certain circuit politique corrompu mais audacieux.
Pour en finir avec "Solo", j'ai le bonheur de vous annoncer qu'il s'agit d'une des plus belles partitions musicales de tous les temps.


L'ombre d'une chance
L'ombre d'une chance
DVD ~ Jean-Pierre Mocky
Proposé par Meganet France
Prix : EUR 7,50

9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pied de nez, 21 mars 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'ombre d'une chance (DVD)
Un grand film sur la désillusion d'un personnage solitaire, escroc et puéril interprété par Mocky lui-même. Au delà des apparences, "l'ombre d'une chance" n'est pas un film érotique -malgré plusieurs scènes "hard". Ce film de Jean-Pierre Mocky, un de ses meilleurs, renifle bon les années 70 avec les décors faits de bric et de broc. Point fort de cette production rare du cinéma français; la provocation anarchiste de l'auteur, l'humour noir et l'habillage policier de la chose. Sorte de série noire hippie post-68, "l'ombre d'une chance" reste un essai efficace malheureusement trop méconnu du grand public -comme l'ensemble de l'oeuvre de Mocky et qui présente peut-être le meilleur miroir reflechissant de la société moderne de l'époque. Un très grand film sur le pouvoir de la solitude et la multiplication des chairs. Une influence pour Cronenberg et Scorsese.
Le DVD, bien que d'excellente facture au niveau technique; une image agréable au grain naturel et un son en mono d'origine sans souffle, ne présente pas les bonus que j'attendais -surtout sur un film aussi rare. Malgré l'interview interressante de sir Mocky, il n'y a pas de suppléments dignes de ce nom -mise à part peut-être les revues de presse ainsi que les photos (photos que l'on peut trouver chez les antiquaires ou spécialistes en cinéma, je les ai).
1973 - France - 1h37 - Interdit aux moins de 16 ans


Le miraculé
Le miraculé
DVD ~ Michel Serrault
Proposé par ABCINE
Prix : EUR 28,00

8 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Pelrinage, 21 mars 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le miraculé (DVD)
Jean-Pierre Mocky n'y va pas de main morte dans cette comédie qui met en avant les escroqueries à Lourdes et aussi les trafics que les scandales. Avec un Michel Serrault plus cinglé que jamais face à une Jeanne Moreau en chaleur, "Le miraculé" représente bien ce qu'à fait de meilleur Jean-Pierre Mocky dans les années 80. Une bonne tranche de rigolade à l'humour trash et potache qui ne plaira surement pas à tout le monde et surtout pas aux détracteurs du réalisateur qui ose mille et un genres cinématographiques en y ajoutant sa sauce burlesque et sévèrement perverse.
Le DVD, pas plus complet en supplément que le reste de la vague n°4 permet à l'image, néammoins un bon contraste et une luminosité impeccable. Le son en mono d'origine est clair et dénué de souffle.


Un linceul n'a pas de poches
Un linceul n'a pas de poches
DVD ~ Jean Carmet

10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Nostalgie de la féroce ambiance de la France "d'en bas", 26 janvier 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un linceul n'a pas de poches (DVD)
Glacé, noir, désespéré, pervers à l'érotisme abrupte et extrêmement violent, " Un Linceul n'a pas de poches " est une histoire compliquée, pas très aboutie par rapport au roman éponyme de Horace MacCoy, célèbre auteur américain du best-seller " on achève bien les chevaux ". Jean-Pierre Mocky et Alain Moury adaptent librement (c'est écrit au générique !) le récit et le transposent en France, dans les années 70 en ne conservant que le nom du héro et sa quête de la vérité à travers les lignes d'un journal qu'il écrit pour dénoncer les injustices de sa ville -sa de ville, comme il le mentionne si bien. Jean-Pierre Mocky se met en scène et endosse le personnage de Michel Dolannes, journaliste obsédé par la vérité qui n'hésite pas à démissionner de son quotidien pour lancer un brûlot sans le moindre sou. Il sera aidé par ses proches (dont le commissaire Bude allias Jean Carmet ; magistral) qui deviendront de plus en plus nombreux puis finalement prit en chasse par une bande de communistes, députés d'extrême gauche, d'extrême droite et de fortes personnalités de la ville. La pirouette finale est à saluer, le suspense reste intact et Mocky s'impose en virtuose de la coda !
Sorti un an après le méconnu " l'ombre d'une chance ", le film est lui aussi abattu par la critique et fait un bide monumental. La seule chose qui sauvera le film : la musique qui sera nominée aux Césars 1976. Vite devenu un phénomène (à la trompette, Jean-Claude Borelli), c'est cette petite musique qui aidera financièrement Jean-Pierre Mocky à réaliser d'autres films en changeant finalement de sujet pour éviter la controverse et la censure qui aime à le bannir à chaque nouvelle sortie dans les salles. La critique sociale sera vue d'un œil plus moqueur et amusant (" L'ibis Rouge " /1975).
" Un linceul n'a pas de poches " reste malgré tout une grande œuvre pas totalement maîtrisée par son auteur, délaissé par une interprétation qui tire sur le théâtre, par un humour noir et un registre de langue cru et vulgaire. Dès le début, on est servi par un générique follement excitant ! Mais le point fort de cet ovni cinématographique reste le casting, impressionnant, mettant en scène des vedettes de l'époque dont tous les Michel (Galabru, Constantin, Serrault, Lonsdale) du cinéma français et LA " Emmanuelle " Sylvia Kristel, complètement nue dans sa piscine sous le regard outré de Mocky !
Le film fit sensation à sa sortie en salles et même s'il a un peu vieilli avec les années, il garde toute sa puissance de dénonce, son insolente perversité sur la société de l'époque, les politiciens, les journalistes, les services sociaux, les scandales métaphysiques, la mondaine... Tout est passé au crible par la plume de Dolannes, s'imaginant un chemin à se frayer pour enfin sortir du tunnel de la mythomanie et voir enfin la lumière sur des sujets tabou. Mais où mènent les enquêtes de plus en plus dangereuses, Dolannes se laisse perturber par son ex femme et s'engouffre au sein d'une cabale généralisé qui veut sa peau ; au fur et à mesure que les numéros du " Cosmopolit " paraissent.
Comme à son habitude, Jean-Pierre Mocky laisse tout son talent au profil de décors somptueux plongés dans la nuit et le macabre des rues. L'action se passe principalement dans le noir, pour éclairer ne serait-ce qu'un soupçon d'une part de la vérité qu'il balance au grand jour. La tension est forte pour son personnage, elle se ressert autour de lui et il est finalement contraint de se faire oublier en continuant d'imprimer ses éditions chez un ami de sa copine, Grissom, incarné par Francis Blanche dans son tout dernier rôle. Mais il ne baisse pas les bras pour autant. Il continue à publier le Cosmopolit pour éclairer une nouvelle affaire : le meurtre, déguisé en suicide d'un cheminot écrasé par un wagon. L'affaire est un peu plus complexe car l'enquête abandonnée par la police se rapproche du maire de la ville, Blesh, interprété par le grand Michel Serrault. Culli (Michel Constantin) chef typo dans l'imprimerie du grand quotidien fourni un alibi à Dolannes qui lui sera fatal : le témoin oculaire de ce fameux meurtre. Ayant des relations avec la fille du maire, Dolannes l'épouse de suite (elle qui rêve de " baiser " avec lui) pour pouvoir se rapprocher des magouilles et enfin faire éclater le scandale. La mort du cheminot n'était pas un suicide ! Mais le témoin est vite retrouvé par les hommes de main de Blesh qui torturent atrocement la femme qui détenait la vérité.
Dolannes est véritablement perdu...
Sous couvert de polar, Jean-Pierre Mocky arrose de sel la crudité des images (choquante séquence où ce dernier se fait tabasser) en insultant les hypocrisies d'une certaine France. Ce drame social d'une précision diabolique cache derrière la terrible vérité, des idées de mise en scène, des cadrages pointus, un scénario soigné et un vrai message d'appel à la liberté d'expression. Bien que le sujet soit vaste et depuis assez démodé, le temps a fait son effet sur lui, même si les propos sont encore d'actualité, " Un Linceul n'a pas de poches " reste un classique du film contemporain français au retournement de situation grotesque et implacable !
Une rareté à revoir au plus vite pour s'initier à l'œuvre d'un grand cinéaste incompris et bien souvent le seul à savoir aussi bien gérer policier et grand guignol. C'est l'époque du Mocky bagarreur, qui remplaçait ses cascadeurs pour éviter une rallonge de salaire. C'était l'époque où Mocky s'éclatait le crâne et comptait ses points de suture. C'était un autre Mocky, jeune et introverti dans sa manière de faire du cinéma.
(Film interdit aux moins de 12 ans)


Ville à vendre
Ville à vendre
DVD ~ Michel Serrault
Proposé par MEDIA PRO
Prix : EUR 11,90

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Soupçon, 7 décembre 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ville à vendre (DVD)
Revenant aux codes du fantastique et de l'iréel, Jean-Pierre MOCKY nous offre un film bien plus sage qu'il n'y parait. Du moins lors de la représentation des meurtres tous plus grotesques les uns que les autres. En plus de son casting complet et foudroyant, VILLE A VENDRE est une oeuvre à part dans la filmographie de son auteur; plus proche des A MORT L'ARBITRE et SNOBS que de ses productions années 80 qu'il nous a fourni pendant près de dix ans. Un bon retour aux sources donc avec une pincée d'humour et d'orgueil pour mieux faire digérer le massacre que l'on a en face des yeux. (Int. - 12 ans) / comédie dramatique / 1991 / 1h40


Litan - La cité des spectres verts
Litan - La cité des spectres verts
DVD ~ Marie-José Nat
Proposé par ABCINE
Prix : EUR 14,99

10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La nuit des masques, 7 décembre 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Litan - La cité des spectres verts (DVD)
Chef d'oeuvre du fantastique français, chef d'oeuvre du film lunaire et du bizarre. LITAN est une parution exceptionnelle !!! LITAN mérite tous les applaudissements puisque la recette du cinéma fantastique français et de l'horreur de maintenant ne peut que se rabattre sur cette unique référence hexagonale. Du frisson comme si le vent nous gratté les sens, de la violence en veux-tu en voilà, des personnages à la limite de la carricature (une habitude chez Mocky) et surtout une ambiance orientale malsaine et perverse. Un grand Mocky, un grand film d'horreur et surtout un DVD à la hauteur de toutes espérances ! Un son mono d'origine qui tient la route, dénué de souffle et une copie en bonne et du forme. Un excellent travail au niveau de la réalisation. On aurait voulu plus de bonus; genèse d'un film qui n'en est pas un !


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